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Chroniques du Grand jeu

Poudre aux yeux, fermeté, trahisons, surprises...

14 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Chine, #Asie centrale, #Extrême-Orient

Aujourd'hui, petit florilège de nouvelles internationales qui se rattachent de près ou de loin au Grand jeu et à ses composantes.

  • Syrie

Si les Américains comptaient jouer les gros bras après leur démonstration de force (ou de faiblesse, c'est selon) tomahawkienne, c'est raté. Tillerson n'a rien retiré de son voyage à Moscou et a même dû baisser d'un ton. Il est vrai qu'il y allait les mains vides, s'étant fait désavouer quelques heures auparavant par le G7 qui refusait toute nouvelle sanction contre la Russie voulue par la bande anglo-américaine.

Pire pour l'empire, Moscou est resté très ferme, Lavrov moquant littéralement les "demandes absurdes" de l'administration US, et semble avoir obtenu l'assurance qu'il n'y aurait plus d'autre frappe. Contrepartie : la reprise de l'accord sur la prévention des incidents dans le ciel syrien. C'est intéressant car sa suspension par Poutine, ouvrant la voie à une possible confrontation américano-russe en Syrie, a apparemment beaucoup troublé le Pentagone. Cela pourrait indiquer que les Américains ne se sentent absolument pas en position de force et que les systèmes anti-aérien et électroniques (brouillage des 36 missiles ?) de l'ours ont fait leur petit effet.

Moscou a reçu le soutien des BRICS (dont le Brésil de Temer, tiens tiens) qui condamnent toute intervention militaire illégale en Syrie en dehors du cadre de l'ONU. La réunion tripartite irano-syro-russe de ce jour, quant à elle, a mis les points sur les i de manière très sèche : le bombardement US était "un acte d'agression contraire à la charte de l'ONU" visant "à miner le processus de paix et pousser un changement de régime. Les tentatives de bloquer la proposition russe et iranienne d'établir une commission d'enquête indépendante et impartiale montrent que certains n'ont pas la conscience tranquille".

C'est le moins qu'on puisse dire, puisque le "rapport du renseignement" publié par la Maison blanche sur l'attaque chimique a été grossièrement caviardé et contredit par des experts et des pontes du renseignement. La CIA s'en est apparemment désolidarisée au vu de l'absence de son directeur, Mike Pompeo, lors de la retransmission tomahawkienne (notez que dans cet article, Robert Parry, se basant sur une source, évoque une nouvelle hypothèse : un drone israélien ou saoudien ayant décollé de Jordanie).

  • Etats-Unis

Selon la bonne vieille politique de l'autruche, le Pompée de la CIA, sans doute un peu honteux, préfère regarder ailleurs : l'ennemi est... Wikileaks, qualifié de "service de renseignement hostile" ! Ah d'accord. Pourtant, lui-même citait Wikileaks l'année dernière tandis que son commandant en chef adorait le lanceur d'alertes il y a six mois encore :

Enième retournement de veste de celui qui, hier, a trahi pas moins de cinq (!) promesses de campagne en 24 heures ? Quelque chose ne tourne clairement plus rond sous la tignasse blonde du Donald et son imprévisibilité inquiète ses adversaires mais aussi ses alliés. D'ailleurs, bien malin qui pourrait dire aujourd'hui qui sont les uns et les autres... Plus grand monde ne sait sur quel pied danser, y compris les Démocrates pleurnichards qui commencent peut-être à regretter leur intense campagne de dénigrement sur les liens Trump-Poutine.

Trump dit qu'il n'enverra pas de troupes américaines en Syrie, mais peut-être que si finalement ; Trump dit que les relations américano-russes sont à un plus bas historique mais, quelques heures après, déclare que tout devrait se régler pour le bien de tous et qu'il faut avoir confiance ; Trump dit que l'OTAN est "obsolète" mais qu'elle ne l'est plus. La toupie Erdogan a trouvé son maître...

Ce flot de contradictions et de retournements laisse sans voix sa base, qui garde néanmoins une dernière flammèche d'espérance. Au moment où le président américain se lâche en imprécations contre le "boucher de Damas", notons la retranscription très honnête, favorable même, de l'interview d'Assad donnée à l'AFP par Breitbart, le site de la droite dure qui a été le principal soutien du Donald durant sa campagne. Intelligemment, Bachar (et Bannon derrière) affirme que la frappe US a été décidée par le Deep State et non Trump. Relevez également les nombreux commentaires extrêmement favorables au "Président Assad".

L'océan d'incohérences trumpiennes se voit dans l'auberge espagnole que constitue son administration, où les pro-Israël côtoient les anti-sionistes, les pro-Iran (oui, oui, il y en a) discutent le bout de gras avec les anti-Téhéran, et où l'islamic-lover McMaster, pillier des néocons, a remplacé l'islamosceptique Michael Flynn qui faisait pourtant du lobbying en faveur de la Turquie.

Dans ce panier de crabes, un pôle de stabilité tout de même : la nomination en mars de Fiona Hill au poste stratégique d'assistante du Président pour les affaires européennes et russes. D'abord, c'est une spécialiste de la Russie, y ayant étudié et vécu, et non une illuminée idéaliste et fanatique capable de réduire la terre en cendres pour sauver les "droits de l'homme". Si elle est généralement (très) critique envers Poutine, s'attirant par là les compliments de l'establishment impérial, elle est néanmoins suffisamment honnête pour reconnaître ses qualités, le comparant même à Roosevelt ou De Gaulle.

  • Turquie

Nous avons mentionné Erdogan plus haut. Le sultan est tout émoustillé à la perspective de son référendum du 16 avril, visant à élargir les pouvoirs présidentiels. C'est pour ce vote qu'il est parti dans son délire sur les "nazis" européens et s'est sans doute définitivement mis à dos les euronouilles bien malgré eux. Malgré la mainmise sultanesque sur les médias, les moyens du gouvernement et l'intimidation de l'opposition, le "oui" et le "non" sont au coude à coude dans les sondages. Un "non" constituerait une gifle retentissante pour Erdogollum et personne ne s'est demandé ce qu'il ferait en cas de défaite. Les Turcs semblent lassés de ses crises rhétoriques dont il a d'ailleurs à peu près épuisé la portée.

Son saut de cabri après Al Chayrat fut sans lendemain. S'il croyait à une croisade américano-turco-saoudo-israélienne contre Assad, il s'est une nouvelle fois fourvoyé :

Un autre qui doit se demander pourquoi il s'est tiré une balle dans le pied est le sultan. Euphorique après le bombardement à 100 millions de $ qui a détruit trois canettes et deux poubelles, il se voyait déjà partageant un cheval avec le Donald, entrant résolument dans l'Idlibistan et menant la charge sunnite sur Damas. Depuis, on l'entend moins, lendemain de gueule de bois sans doute. Aux dernières nouvelles, il en est réduit à couper les routes avec la zone kurde de Manbij pour éviter la contrebande. De la haute stratégie, assurément...

Comme nous l'avions averti, la trahison sultanesque n'est pas passée inaperçue à Moscou et un premier tir de semonce vient d'être envoyé : les compagnies aériennes russes ont reçu un avis sur une possible suspension des vols charter à destination de la Turquie. En décrypté : le Kremlin menace au minimum d'assécher à nouveau le flux de touristes russes dont est accro l'économie turque. Et plus si affinité. A suivre...

Ankara est soudain - et pour la 3 427ème fois - tout miel et cherche, selon son ministre des Affaires étrangères, "à coopérer avec la Russie et les Etats-Unis pour regarder vers le futur et trouver une solution au problème syrien". Audiard n'aurait pas mieux dit : les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...

A Moscou, on s'en amuse presque. Interrogée sur les "échantillons de sarin" qui seraient (conditionnel au carré) collectés par les Turcs à Khan Cheikhoun, la belle Maria a répondu qu'ils feraient mieux d'étudier la toxicité de la nourriture qui empoisonne les touristes en Turquie !

  • Vieux continent

Une semaine après le référendum ottoman, les Français sont appelés aux urnes dans un vote crucial pour le futur du système impérial. La possibilité d'une victoire de Le Pen affole la finance comme en son temps, la crise grecque, le Brexit ou l'élection du Donald :

Et depuis que Mélenchon s'invite dans la partie et qu'un second tour Marine-Jean-Luc n'est plus une vue de l'esprit, c'est la peur panique... Est-ce un hasard si, soudain, fleurissent dans la presstituée les soupçons judiciaires assez bancals sur l'une, les articles hystériques sur l'autre ?

                                                                            ***

Merci dans les commentaires de réduire au maximum les échanges politiques. Comme vous le savez, ce blog est apolitique et je ne mentionne les élections françaises que dans l'optique de leurs conséquences internationales.

                                                                            ***

Ailleurs en Europe, le delirium tremens de la grande lutte contre le "populisme" atteint des niveaux record. Le 5 avril, le conseil des ministres allemand a approuvé un projet de loi introduisant des amendes pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros pour les réseaux sociaux refusant de supprimer les « publications haineuses » et « les fausses informations délictueuses ».

Comme on ne sait pas ce qu'est exactement un "message haineux" ou une "fake news", le Ministère de la Vérité pourra sans doute faire son choix. Une chose est sûre : la volaille médiatique, elle, ne sera pas concernée et pourra continuer à débiter ses craques en toute impunité.

D'aucuns diront que Berlin a peut-être mieux à faire en ce moment, notamment avec le scandale de l'espionnage turc sur des opposants en Allemagne, mais Frau Milka ne l'a-t-elle pas asséné elle-même à plusieurs reprises :

Nous voulons des marchés libres et ouverts, l'ouverture des frontières, les valeurs démocratiques, nous ne voulons construire aucune barrière. C'est ça le libre-échange.

On a du mal à voir le rapport entre la démocratie, les frontières ouvertes et le marché, m'enfin... Quiconque ne sera pas d'accord avec le mantra officiel sera-t-il considéré comme un suppôt de la "haine", un produit malsain des "fausses informations". Subira-t-il la foudre d'Angela Soros ?

En Suède, on n'en est plus là. Pour lutter contre le terrorisme après l'attaque au camion-bélier de la semaine dernière, le plus grand journal du pays propose sans rire de... bannir les voitures ! Oh les historiens du futur se pencheront avec effarement sur ces sociétés européennes kafkaïennes, incapables de désigner leur bourreau de peur d'être taxées de "racistes" et prêtes à toutes les circonvolutions pour ne pas avoir à le faire...

Mais rassurons-nous, le gouvernement suédois va éduquer les petites têtes blondes à partir de l'année prochaine : dès l'école primaire, les enfants apprendront à reconnaître les "fake news" et à repérer les sources douteuses.

Gageons que nos Chroniques seront mises sur la liste rouge de Stockholm, ce qui attristera profondément votre serviteur...

  • Irak

Laissons l'Europe à ses mots/maux et retournons au Moyen-Orient où Moqtada Sadr fait encore des siennes. Nous avions parlé de ce personnage sulfureux :

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades "sadristes" comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu'elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l'après-guerre. (...)

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l'homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l'invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un "gouvernement de technocrates" sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

Nos pressentiments ne pouvaient pas être mieux illustrés, car l'ami Motqada vient encore de mettre les pieds dans le plat en appelant Assad à démissionner :

«Il serait juste que le président Bachar al-Assad démissionne (…) et évite au cher peuple de Syrie le fléau de la guerre et l’oppression des terroristes», a-t-il déclaré, dans un communiqué rendu public le samedi 8 avril 2017.
 
Trois jours plus tard, depuis la ville sainte de Najaf où il est basé, à 200 km au sud de Bagdad, il persiste et signe. «J’ai exhorté Assad à partir pour préserver l’axe de la résistance et afin de lui éviter le sort de Kadhafi», a-t-il prédit dans un nouveau communiqué.
 
Même s’il prend ses précautions en défendant «l’axe de la résistance» contre Israël, qui comprend l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, Moqtada al-Sadr est le premier haut responsable chiite à contester ainsi la légitimité du président syrien.
 
Une surprenante offensive frontale contre un des piliers de la stratégie iranienne d’exportation de la révolution islamique. Bien que formé en Iran, Moqtada al-Sadr, dont les miliciens ont combattu les forces américaines en Irak, joue en effet de plus en plus la carte nationaliste.

Il en a même profité pour condamner les représailles américaines contre Bachar al-Assad et exhorter les Etats-Unis et la Russie à se retirer du théâtre syrien.
 
Engagé à la tête d’un vaste mouvement populaire contre la corruption et en faveur de réformes dans le pays, il organise régulièrement des manifestations dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège du pouvoir et du parlement irakien dominés par Téhéran.
 
Moqtada al-Sadr mobilise également ses partisans contre les milices chiites du Hachd al-Chaabi (les Forces populaires de mobilisation), alliées de l’Iran. Il s’en démarque tant en raison de leur engagement auprès d’Assad en Syrie que pour leurs exactions contre les populations sunnites en Irak, sous couvert de lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.
 
Selon le site libanais AlKalima Online, de jeunes Irakiens ont même repris à l’université Al-Diwaniya dans le sud du pays le slogan "Iran, dehors, dehors !" contre Kaïs al-Khazaali, le chef de Aasaeb ahl al-Hak (la ligue des vertueux), venu mobiliser en faveur des milices pro-iraniennes. Un slogan que les partisans de Moqtada scandaient lors des occupations de la Zone verte.

Il ne peut pas ignorer qu'Assad n'est très certainement pour rien dans l'événement de Khan Cheikhoun. Aussi, l'explication est ailleurs et corrobore ce que nous disions de lui l'année dernière. Sa sortie a tout à voir avec des considérations intérieures :

Moqtada al-Sadr cherche à se démarquer du gouvernement irakien et des autres partis chiites au pouvoir depuis 2003. Il  est engagé depuis plus de deux ans dans une campagne anti-corruption et pro-réforme. A coup de déclarations tonitruantes ou de manifestations monstres, il critique la politique irakienne, très alignée sur Téhéran. Le chef chiite se veut Irakien. Et avec cette déclaration, il veut montrer que l'Irak peut être allié de Téhéran mais ne doit pas être son vassal. Un discours nationaliste, son fond de commerce.

Si on compare, le gouvernement irakien a appelé à une enquête internationale sur les évènements de Khan Cheikhoun... sans critiquer Bachar el-Assad. Al-Sadr va même plus loin, il cherche à incarner la voix de la réconciliation chiite-sunnite en osant critiquer un allié de l'Iran, un dirigeant soutenu par Bagdad. C'est un leitmotiv chez lui ces dernières années.

Le mois dernier, il osait déclarer que les milices sectaires n'ont pas leur place en Irak. Du miel aux oreilles des sunnites et une provocation pour les milices chiites qui participent à la lutte contre l'organisation de l'EI mais qui ont été accusées de crimes de guerre, comme des kidnappings, des exécutions sommaires et des tortures.

Moqtada al-Sadr ajoutait même qu'il craignait des tensions entre communautés après que l'organisation de l'EI a été vaincue. Car le problème politique irakien reste entier. Il y a un fossé entre les communautés. Moqtada al-Sadr suggère qu'il pourrait faire partie de la solution.

Ainsi, s'il venait à arriver au pouvoir, l'ennemi historique des Américains pourrait paradoxalement compliquer sérieusement l'après-conflit syrien et la reconstitution de l'arc chiite. Quand nous vous disons et répétons que les facétieux Dieux de la géopolitique s'amusent...

  • Afghanistan

Pendant que Vladimirovitch est au Kirghizstan et se félicite des avancées de l'Union Economique Eurasienne (que la Moldavie désormais pro-russe rejoint en tant que membre observateur), Washington a, sous les caméras et flash du monde entier, largué sa "mère de toutes les bombes" sur quelques types en pyjama dans les montagnes afghanes. De manière amusante, ont été vraisemblablement détruit les tunnels construits par ces mêmes Américains dans les années 80 pour aider leurs alliés moudjahidin contre l'URSS. On n'est jamais mieux servi que par soi-même...

Est-ce que cet exercice de com' changera quoi que ce soit au conflit ? Strictement rien. Tonton Sam a perdu la guerre depuis longtemps au royaume de l'insolence où les Talibans occupent peu ou prou la moitié du pays :

D'ailleurs, chose intéressante, cette bombe était destinée, non aux Talibans, mais à l'EI. Les observateurs n'ont évidemment pas manqué d'y voir un avertissement caché à Kim III.

  • Corée

Ca chauffe au Pays du matin calme, même s'il faut se méfier de plusieurs fausses informations qui ont fleuri ces derniers jours (par exemple celle où la Chine menaçait de bombarder des sites nord-coréens).

Ce qui est sûr, c'est que la guerre des mots entre Donald et Kim inquiète Pékin et Moscou qui voient un possible dérapage incontrôlable et sermonnent les deux garnements pour qu'ils retrouvent leur calme. Devant la détérioration de la situation, Air China suspend ses vols en direction de Pyongyang tandis que Kim menace les Etats-Unis d'une "réponse sans merci" en cas de frappe préventive des navires de guerre US stationnés en mer du Japon. A Séoul et Tokyo, on ne doit pas en mener bien large...

Dans l'absolu, la disparition du régime nord-coréen serait une bénédiction pour la Chine et la Russie car cela ôterait le prétexte dont use et abuse l'empire pour conserver ses bases dans la zone. Il y a deux ans, nous expliquions :

Nous sommes évidemment en plein Grand jeu, qui voit la tentative de containment du Heartland eurasien par la puissance maritime américaine. Les disputes territoriales autour des Spratleys, des Paracels ou des Senkaku/Dyaoshu ne concernent pas une quelconque volonté de mettre la main sur d'éventuelles ressources énergétiques ou routes stratégiques, ou alors seulement en deuxième instance. Il s'agit avant tout pour le Heartland, la Chine en l'occurrence, de briser l'encerclement US et de s'ouvrir des routes vers le Rimland et vers l'océan, exactement comme la Russie le fait sur la partie ouest de l'échiquier avec ses pipelines et ses alliances de revers.

La présence américaine en Extrême-Orient est l'héritage de l'immédiat après-guerre (tiens, tiens, justement la période des père fondateurs de la pensée stratégique états-unienne, MacKinder et Spykman). Japon (1945), Taïwan (1949), Corée (1950) : la boucle était bouclée et l'Eurasie cernée à l'est, comme elle l'était à l'ouest par l'OTAN, au Moyen-Orient par le CENTO et en Asie du sud et sud-est par l'OTASE. La guerre froide entre les deux Corées ou entre Pékin et Taïwan sont évidemment du pain béni pour Washington, prétexte au maintien des bases américaines dans la région.

Le double plan de la puissance maritime - diviser le continent-monde à l'intérieur, l'encercler à l'extérieur - a atteint son acmé avec la rupture sino-soviétique de 1960. Un demi-siècle plus tard, que d'eau a coulé sous les ponts... Même s'il reste bien entendu de nombreuses pierres d'achoppement, l'Eurasie n'a jamais été aussi unie (symbiose russo-chinoise, Organisation de Coopération de Shanghai...), rendant caduque la première partie du plan. Quant au deuxième axiome, il fuit de partout.

Pour les Etats-Unis, le sud du Rimland semble définitivement perdu (entrée de l'Inde et du Pakistan dans l'OCS, fiasco afghan), le Moyen-Orient tangue sérieusement (Syrie, Iran, Irak maintenant, voire Yémen). Restent les deux extrémités occidentale (Europe) et orientale (mers de Chine) de l'échiquier où l'empire maritime s'arc-boute afin de ne pas lâcher. La bataille pour l'Europe (noyautage des institutions européennes, putsch ukrainien, manigances balkaniques vs pipelines russes, routes de la Soie chinoises, soutien moscovite à l'anti-système) est en cours. A des milliers de kilomètres de là, en Orient, un conflit jumeau s'annonce dont nous assistons actuellement aux prémices...

Washington utilise donc habilement un conflit ancien et réel (crise coréenne : 1er niveau) pour placer ses pions sur l'échiquier (Grand jeu : 2nd niveau). Contrairement à ce que serinent souvent les bisounours de l'info, il ne s'agit évidemment pas pour les Américains de faire pression sur la Chine pour qu'elle ramène à la raison son encombrant allié nord-coréen ; il s'agit au contraire d'utiliser la déraison nord-coréenne pour contenir la Chine, donc l'Eurasie.

Le but de l'empire est de maintenir un conflit de basse intensité en Asie orientale, suffisamment sérieux toutefois pour conserver les bases US. Mais par son impulsivité, le Donald pourrait bien mettre à mal cette fine stratégie. Qu'un conflit à grande échelle éclate, que le régime nord-coréen tombe et il entraînera dans sa chute le prétexte à la présence militaire américaine qui endigue l'est du Heartland.

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serge 17/04/2017 16:37

Les US n'ont plus aucun choix de futur, Trump ou pas. Ils ont plus de 90 millions de citoyens "sans emploi", des infrastructures à la rue, des bulles financières destructrices successives (internet, CDS, étudiants, voitures, maisons...) et voient le reste du monde sérieusemet se passer d'eux (OCS entre autres). L'arc chiite les angoisse au moyen-orient, les nouvelles routes de la soie leur filent des boutons, sans compter le niveau inquiétant des programmes militaires d'une bonne partie du reste du monde. Donc aucune chance de les voir abandonner leurs bases tout autour des "bad boys", quelle que soit la crise d'humeur que pourrait manifester le proprio des terres où sont posés tous ces braves tuniques bleues. Au contraire même, garder la pression permanente, sous quelque motif que ce soit est une nécessité. Un, cela oblige l'adversaire à garder un oeil. Deux, cela peut permettre d'avoir un léger principe d'ingérence humanitaire à honorer. Trois, c'est moins loin pour déployer des troupes et du matériel, surtout que l'adversaire fait maintenant un peu peur avec les technos atteintes. Et il va falloir que cela booste, la prochaine échéance du plafond de la dette US est dans les tuyaux. Et ça, c'est casse-c...

GEBE 17/04/2017 11:35

Projet du TAP

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/04/grand-projet.des-italiens-se-battent-pour-proteger-leurs-oliviers-contre-un-gazoduc-geant-soutenu-par-vinci-et-la-societe-generale-o

Hamilcar Barca 16/04/2017 16:59

@Madudu

Mon cher Madudu,
Je réagis à votre interrogation. Irak, Syrie, ne sont que des délimitations modernes à l'intérieur d'un vaste ensemble dénommé le "Croissant fertile".
https://en.wikipedia.org/wiki/Fertile_Crescent
(je vous donne le lien sur Eng Wikipedia, l'article étant comme d'hab', bien plus et mieux documenté dans la v. anglophone).

Cette zone de la planète, berceau de nombreuses civilisations dont le dernier avatar est la nôtre, a vu depuis l'aube des temps "civilisés", cad de l'apparition de l'écriture, s'opposer d'abord les cités-états (Akkad contre Sumer) puis les puissances anté-perses vs les Sémites (Elam contre Akkad ou Sumer) avant d'en arriver au choc des empires.

Le premier a probablement été celui des Egyptiens et des Hittites, la métallurgie du fer donnant à ces derniers un avantage technologique certain. La bataille de Qadesh ( 1274 av. J.-C) à qq dizaines de km au SO d'Homs, en pleine Syrie actuelle, a été l'acmé de cette confrontation entre l'Age du Bronze et celui du Fer. C'est très émouvant, quand on est au Krak des Chevaliers, de voir à la jumelle la plaine de Qadesh, et de méditer un brin sur l'histoire de ces lieux.

Ensuite, je ne vais qu'énumérer: Assyro-Babyloniens vs Perses, Perses vs Grecs, Romains vs Parthes, Arabes vs Byzantins, Turcs vs Byzantins, Mongols vs Arabes (le sac de Baghdad - Babylone) par le petit-fils de Gengis Khan et la pyramide de 90 000 têtes coupées), Ouzbeks (Timour-Leng) vs Turcs, Croisés contre Turcs, Kurdes (Saladin) & Arabes, je m'arrête là.

Cette terre en arc de cercle a tout vu passer en plus de 4 millénaires. Je crois - je l'ai déjà écrit ici - aux "pesanteurs historiques".
Le dernier "choc d'Empires" dans cette région a été celui de l'Empire néo-cons, lointain descendant abâtardi de l'Empire Romain, et d'un tyran classiquement assyro-babylonien, Saddam Hussein.
Quant à Daesch et ses séides, ce ne sont que la v. moderne et infiniment plus dispersive des Haschichins, qui ont sévi en Syrie à partir du XIIème siècle. Si les USA, les pétro-monarchies et Israël n'avaient pas voulu jouer au billard à 4 bandes avec ces fous furieux, il y a longtemps que l'on n'en entendrait plus parler.

Face à l'agression de l'Empire néo-cons / libtar escorté de ses vélites, les chiens couchants des républiques marchandes européennes, Hafez-el-Assad et le véritable peuple syrien, enracinés dans cette terre pétrie de sang, de bronze et d'acier, jouent la dernière version d'une tragédie millénaire. Comme à l'époque de ses lointains ancêtres, la Perse, également acteur historique dans la région, est rentrée dans la danse. La Russie et ses 600 ans d'histoire, extérieure au Croissant fertile, est l'acteur émergent qui a endossé les bottes et les chevaux des nomades de l'Asie Centrale, mais cette fois ci pour se battre aux côtés des peuples du Croissant.

Le vent de l'Histoire souffle pour la République Arabe de Syrie.

Bien cordialement

Madudu 17/04/2017 18:44

Je regarde donc tout ça avec attention :)

Observatus geopoliticus 17/04/2017 00:51

@ Hamilcar
Ah Toynbee, évidemment, incontournable !
Sur la Mésopotamie, je conseille le toujours excellent bouquin de Georges Roux, quoique daté (périmé sur la Terre sainte par exemple).
J'ajoute, cher suffète, si vous me permettez encore cette remarque : je vous trouve un peu dur sur les 600 ans d'histoire russe. On pourrait quand même y ajouter quelques siècles...
Historiquement vôtre

@ Madudu
En fait, j'ai pris la conversation en cours.
Pour une première approche ludique mais sérieuse de l'histoire, avant d'aller plus loin en compulsant de vénérables grimoires : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/pays.asp

Bien à vous deux

Hamilcar Barca 16/04/2017 22:42

@Madudu
Cher Madudu,
Si je puis me permettre d'empiéter dans le domaine d'OG, je peux vous conseiller de lire "L'Histoire" d'Arnold Toynbee.
L'ouvrage est certes dépassé sur certains points, mais la vision d'ensemble est magistrale. Libre à vous de creuser ensuite, pour le Proche et le Moyen-Orient les domaines auxquels vous aurez accroché.
Bien cordialement
PS - Je vous souhaite bien du courage si vous vous intéressez aux Hittites :-)

Madudu 16/04/2017 22:10

Vous êtes bien gentils tous les deux mais vous ne répondez pas du tout à mon questionnement ! ^^'

Néanmoins vos interventions me font penser qu'il faudrait que je travaille sérieusement mon histoire, car à l'évidence mon ignorance est profonde.

Observatus geopoliticus 16/04/2017 21:20

@ Hamilcar
Qui de mieux qu'un suffète carthaginois pour nous conter avec verve les riches heures de la Méditerranée et du croissant fertile un peu plus à l'est... Si vous me le permettez, cher Hamilcar, quelques petites remarques factuelles pour la forme, qui n'enlèvent absolument rien au fond de ce que vous évoquez si justement :
- en fait, la vraie période des cités-Etat mésopotamiennes précède Akkad. Ur, Uruk, Kish, Lagash etc. connaissent leur âge d'or aux IVème et IIIème millénaires. Ensuite vient Akkad et son fameux Sargon (env. - 2 300) qui, pour la première fois, unifient la Mésopotamie. La période néo-sumérienne (Ur-Nammu et Shulgi) reprend ensuite le flambeau. Akkad marque donc la fin des cités-Etat.
- Sumer n'était pas sémitique. Les vagues sémites commencent à arriver vers la fin du IIIème millénaire, faisant d'ailleurs beaucoup d'emprunts à la culture indigène sumérienne. Akkad était sémitique, Babylone le sera. Pas Sumer, bien antérieure et que les historiens ne rattachent à aucun autre rameau.
- si tant est qu'on puisse se fier aux sources, on peut considérer que le premier véritable empire fut justement celui de Sargon d'Akkad. La Mésopotamie est unifiée mais plus encore : des expéditions sont lancées vers l'actuel Iran, l'actuelle Syrie, l'actuel Liban même, régions peut-être partiellement conquises.
Bien à vous et merci pour ce merveilleux voyage à travers le temps et l'espace.

Euclide 16/04/2017 16:56

Pour rebondir sur le post de Theuric et dans la série "Tout va très bien Me la Marquise "
Me Christine Lagarde nous prévient dans La Tribune qu'ils existent des " créances douteuses: ce trou noir dans le bilan des banques européennes "
On a rien a envier avec la finance des States.

Kevin 16/04/2017 16:52

Bonjour,
J'ai toujours du mal à croire cette histoire de tomahawks... Les 20 tomahawks qui n'ont pas atteint leurs cibles sont devenus quoi? Explosés au sol ou en plein vol dans des zones densément peuplées, ça se voit, atteris sans exploser aussi (ces missiles mesurent plusieurs mètre de long, non? )... S'ils ont tous atteint leurs cibles en revanche, le nombre de batiments détruits/de cratères doit correspondre...

Observatus geopoliticus 16/04/2017 20:43

@ Kevin
S'ils ont été brouillés comme cela semble être le cas, ils se sont abîmés en mer.
Ceci dit, je vous renvoie à l'un des billets précédents où ce qui semble être un morceau a atterri dans un jardin de Tartous...

theuric 16/04/2017 04:22

Moi j'sais pas, tout ça, ça m'paraît pas clair, le Trump, ce s'rait comme si il voulait nous détourner le regard de ce qui s'trame vraiment, pas sur l'échiquier politique mais bien économique.
Parce que ce mec, si il veut vraiment faire ses réformes pour que l'empire reparte sur de nouvelles bases, ben il n'a pas d'autre choix que de faire sauter la marmite Wall Street et les banques qui en font le couvercle.
Et c'est marrant, en ce moment, tout un tas de types disent que l'économie U.S. va à la ramasse, et des amerloques en plus.
Là ça pourrait expliquer pourquoi il semble gesticuler, j'vous dis pas comment la bourse U.S. vacille avec les petits bateaux au drapeaux étoilés envoyés dans les environs de la Corée.
40 à 47 pourcents de chômeurs, sans compter les paies à trois balles, comment voulez-vous remonter un pays dans une panade comme celle-là?
Au cric des Q.E.?
Pheu, sans or, c'est juste de la fausse monnaie, et encore, les tontons samiens ont de la chance, je ne vous dis pas si, au lieu de la bourse, tout ce flouze s'était retrouvé dans leur porte-monnaie, à la brouette qu'ils auraient été payer leur mac-crado.
Alors, de newnewdeal, ils peuvent aller se téter les yeux, le Trump, il ne le peut pas, le dollar d'aujourd'hui c'est moins que d'la monnaie de singe, quand au reste, c'est archi cuit, bulle immobilière, bulle automobile, bulle étudiant (gnangnan), bulle de la monnaie, bulle obligataire, bulle boursière, bulle du pétrole de schiste, bulle, bulle, bulle, mieux qu'le poisson de Gaston Lagaffe, dit Bubulle.
Vous allez voir, il y aura aussi quelques petites bombinettes et autres camion fou dans le pays de l'U.S..
Juste histoire d'amuser la galerie.

Eric83 16/04/2017 09:56

@ Theuric
Je partage votre point de vue. Cela fait déjà quelques années que des observateurs indiquent l'effondrement économique et financier inéluctable des US, gonflés à l'hélium du "créditisme".
Depuis quelques semaines, les banksters, les gestionnaires de fonds - et notamment ceux des fonds de pensions des retraités - tirent de plus en plus la sonnette d'alarme.
Même la FED a enfin reconnu récemment qu'il y avait plusieurs bulles et Greenspan a lui reconnu que la seule monnaie étalon est l'or - un comble.
La théorie avancée par certains observateurs que le Deep State allait faire porter à Trump la responsabilité de cet effondrement semble de plus en plus crédible - même si c'est totalement faux car le processus d'effondrement est engagé depuis au moins des années.

Le Deep State - à l'insu du plein gré ou non de Trump - va-t-il pratiquer la politique de la terre brûlée ? Au vu des multiples "démonstrations" de forces militaires US, la question se pose.

michel 16/04/2017 00:54

Bonjour,

Joyeux passage, pâques; de l'ombre à la lumière!
Pas de passion, soit. Restons raisonnable.
C'en est fini de la géopolitique. C'en est fini de la conceptualisation de schémas trafiqués.
Il n'y a plus de démonstration, quelques théorèmes éparses ici et là.
Place à la Réa-réalité, ou le sens cru.
Amour ou haine
Vérité
Merci pour votre intérêt de l'honnêteté

michel 17/04/2017 01:49

Bonjour,

Oui, les "bonnes vieilles lignes géopolitiques" restent pertinace, mais alors pour être des lignes de confrontation. Je crois, en mon fort intérieur, que les "alliances" actuelles n'ont pour objectif que d'aboutir à un chaudron indescriptible.
Je m'explique: La ligne "traditionnelle" des approvisionnements en matières nécessaires au bon fonctionnement d'un peuple, est devenue obsolète.. Les sempiternels conflits opposant intérêts et vitalités, n'ont plus lieu d'être.
Pourquoi? Uniformisation. Le pékin auvergnat mange la même tambouille que le phénicien néolithique. Ou plutôt, le conglomérat mondial ne nous permet, à nous simple quidam, que de suivre une "ligne" inconnue jusqu'alors..
Vous me croyez idéaliste? Et vous auriez raison. Le seul reproche, s'il en est un, que je vous fait, est cette propension au sarcasme. Il n'y a plus d'idiot "utile", seulement des forcenés au "marche ou crève".
Ne nous leurrons pas, le théâtre de Guignol qui nous est "offert", n'a qu'un seul but: notre âme.
Pourquoi? C'est la seule propriété qui nous reste

Observatus geopoliticus 16/04/2017 20:45

@ Michel
Vous allez un peu vite, Michel... Si le Donald a été récupéré par le Deep State, c'est le retour aux bonnes vieilles lignes géopolitiques. Dans le cas inverse, c'est une recomposition des lignes. Mais celles-ci existeront toujours.

Eszwal 15/04/2017 23:50

On a pas fini de veiller au chevet d'un empire qui s'effondre...

Grognard 15/04/2017 19:25

Observatus geopoliticus
15/04/2017 14:14
Bonjour,
Vous avez écrit:
@ Wawa
C'est en ce sens que j'ai mentionné les élections. Le traditionnel bipartisme (UMPS) du système impérial est en voie d'implosion et le représentant "hors parti" du système (le banquier) n'est même pas sûr de faire le second tour.
-----------------------------------------
Un des aspects intéressant de cette élection serait qu'elle permette de prendre un début de mesure de l'influence des réseaux sociaux.
Ce serait un encouragement à celles et ceux qui se donnent la peine dont vous d'apporter un autre éclairage que celui de la ligne officielle.

Enlil 15/04/2017 18:58

Le pire de l’empire, ce sont les Pyrénées où il se trouve : « vérité au-deçà, erreur au-delà », selon l’illustre sagacité auvergnate. A force de contradictions et d’incohérences, voulant être césars, ils n’en deviennent que les légats de Pompée (d’une lumière plus terne vous en conviendrez), avec tous mes respects à Ivanka…

Il n’y a rien de plus onctueux que de voir les atticismes des séides de la propagande officielle être noyés dans la panique d’un coq décapité. Cette époque vaut décidément le coup d’être vécue, n’en déplaise aux futurs Hérodotes.

Pour tempérer ces miennes jubilations, il semble que le règne de la mèche dorée soit placé sous le signe de l’hubris. Je vois que les îles Paracelse sont en jeu, celui-là même disait que la différence entre poison et remède est la dose. Or en dose de bellicisme, la situation me semble atteindre un summum que le canard ne semble pas maîtriser entièrement.

D’où ma question à un million de Washingtons (une énième, ardue, j’en conviens), agréable Scrutateur des Vicissitudes des Léviathans, le halbran maîtrise t’il réellement son auberge espagnole, ou est-ce elle qui le mène ?
La Chine peut-elle réellement renverser en Ippon une telle foucade militaire pour se débarrasser des semi-protectorats yankees de la région ? Est-ce ne serait-ce que faisable ou réaliste ?

Cher OG, il ne vous sera pas difficile de lire sous mes paroles un certain scepticisme vis-à-vis des acteurs raisonnables (ou même de quiconque) de ce conflit de mener sa barque dans quelque direction de leur volonté…

Observatus geopoliticus 16/04/2017 00:51

@ Enlil
Ha ha ha, excellent texte, mon cher, vraiment excellent !

fb67 15/04/2017 18:22

Bonjour à tous,
Interview de Bachar el Assad par l'AFP

Ensuite, les sources d'Al-Qaïda ont déclaré que l'attaque s'est produite à 6h, 6h30 le matin, alors que l'attaque syrienne dans la même région s'est déroulée vers midi, entre 11h30 et 12h. Ils parlent donc de deux événements distincts.

Il y a là comme une contradiction par rapport à tout ce qu'on lit depuis le 04/04

Lien: https://www.legrandsoir.info/interview-de-bashar-al-assad-a-l-afp-texte-integral.html

Euclide 15/04/2017 15:10

Bonjour à tous,
J'avoue être très déçu par le Donald.J'ignorais qu'il soit imprévisible et outrancié, ce n'est pas bon pour l futur. Pour l'humanité, faudrait un dirigeant à sang froid comme in serpent. C'est à dire réfléchi.
Au passage, je n'ai pas reconnu V Poutine en Johnny.
Bonne fêtes de Pâques à tous même si vous n'êtes pas chrétien.

Observatus geopoliticus 16/04/2017 00:45

Réponse de -V- (qui n'arrive pas à poster à cause de ce fameux captcha) :

Bonjour Euclide.

Je n'ai pas beaucoup d'occasions de commenter sur ce blog toujours aussi remarquable par manque de temps, mais je lis toujours articles et commentaires avec le plus grand intérêt. La déception que vous exprimez au sujet de Trump m'inspire une petite réflexion.

Je pense que sous l'influence des médias, et même quand on s'en méfie comme de la peste, nous avons souvent tendance à oublier que les chefs d'états étrangers, même dans les pires dictatures, ne gouvernent pas seuls. C'est particulièrement flagrant en occident en ce qui concerne la Russie, qui est quasi-systématiquement représentée médiatiquement par la seule personne de Vladimir Poutine, comme si l'état et le gouvernement russes n'existaient pas, histoire que l'on se mette bien dans tête que c'est un dictateur qui dirige tout, décide de tout et est responsable de tout. On retrouve, certes dans une moindre mesure, cette tendance à une personnalisation simpliste, manichéenne et infantilisante, pour des chefs d'états occidentaux tels que le président français ou celui des USA qui nous préoccupe actuellement.

L'article du Gatestone Institute qu'OG donne en lien - l'auberge espagnole - dans son article est à ce titre particulièrement édifiant: il donne une description détaillée mais certainement loin d'être exhaustive de ce qui constitue actuellement l'administration américaine. Au delà de l'impression de bazar généralisé, il en ressort surtout de mon point de vue que Donald Trump a, hélas, à peu près autant de marges de manœuvres pour appliquer son programme qu'un président français en période de cohabitation - bon d'accord, j'exagère peut-être un peu.

Et comment s'en étonner puisque le POTUS est loin d'être omnipotent: non seulement Trump est confronté à la capacité d'inertie - et d'ineptie - du deep state, mais de plus il ne dispose pas d'une réelle majorité parlementaire qui soutienne sa politique. N'oublions pas qu'il a réalisé l'exploit d'être élu non seulement contre les démocrates, mais aussi contre une bonne partie de son propre parti. Réunissez les néo-cons des deux bords et vous avez une large majorité pour bloquer ses nominations et ses décisions, imposer un agenda contraire à toutes ses promesses de campagne, et, cerise sur le gâteau, le rendre via les médias responsable des fiascos qui en découleront sans aucun doute, sur l'air de: vous voyez, on vous avait bien dit qu'il était dingue !

Alors je ne sais pas si, à l'heure actuelle, on peut être déçu de Trump. Mais on peut, assurément, constater une crise politique voire de régime, laquelle menace d'ailleurs aussi un certains nombre de pays européens, et être inquiet des dégâts collatéraux possibles lorsque qu'une telle crise touche un pays comme les USA.

PS: Vous noterez, cher Observatus, que j'ai réussi à parler de la présidence française sans évoquer les élections... Bonnes fêtes de Pâques à vous aussi.

Eric83 15/04/2017 14:13

"La terre s'est mise à tourner à l'envers.
Le monde est devenu un grand hôpital psychiatrique où les fous se promènent en liberté.
Chaque pays a élu son chef le roi des fous et pour ne pas que les rois s'ennuient, on leur a donné des jouets; des petits soldats, des canons et des avions à réaction.
Et les rois des fous du monde entier s'invitent entre eux au cours de petits goûters.
Ils se comparent leurs jouets.
«T'as vu mon sous-marin? »
«Et toi t'as vu mon canon comme y tire bien?»
Tous les soirs ils jouent très tard, ils font la bombe; ils poussent leurs petits soldats qui tombent sous les billes.
Quand y' en a plus ils les remplacent.
Parfois les rois fous échangent leurs jouets.
«J'te donne mon pétrole, mais toi tu m'donnes ta bombe à neutrons»
«D'accord, file-moi ton uranium et moi je te prêterai mes petits camions de soldats»
Et puis il y a des rois qui n'ont rien à [échanger.
Ils n'ont pas de jouets, même pas de quoi manger.
A quatre heures, ils ont droit à un petit goûter à partager en trois.
Ils vivent au tiers, c'est le tiers-monde.
Ils traînent derrière eux, au bout d'une ficelle un lapin qui joue du tambour, et en les voyant passer.
Les rois fous du monde entier leur jettent pour s'amuser des petits noyaux d'olives nucléaires.
Et puis de temps en temps il arrive un docteur qui veut soigner les fous.
On l'appelle Prix Nobel de la Paix. On lui met une grosse médaille sur le coeur qui brille au soleil pour qu'on voit bien l'endroit où il faut tirer pour le tuer.
Et la vie continue.
Les rois des fous du monde entier s'entourent de débiles qu'ils choisissent eux-mêmes.
Le premier débile, le débile des finances, le débile des armées, ça s'appelle un gouvernement.
Et dans le monde entier, les débiles donnent des conseils aux rois des fous.
Pour gouverner les cons et les cons cherchez pas, c'est toujours nous.
Mais si les cons du monde entier voulaient se donner la main, on obligerait les fous à ranger leurs jouets, leurs avions, leurs chars et leurs canons et nous pourrions enfin nous promener en paix
sur les jardins de la terre qui sont si jolis quand on y fait pas la guerre...".
Roland Magdane en 1981. On ne peut plus d'actualité.

Alaric 15/04/2017 23:46

@ Eric83

Attention à l'horloge de la fin du monde qui m'a tout l'air d'être gérée par des bien pensants étant donné qu'elle considère la "montée des nationalismes" comme un "événement dangereux " ...

Eric83 15/04/2017 16:36

@ OG
Nous vivons tout de même une période gratinée avec des fous furieux particulièrement "perchés" comme Trump, Kim III et Erdogan...pour ne citer qu'eux.
La particularité également de la situation, c'est la menace nucléaire potentiellement apocalyptique.
Il nous reste à souhaiter que l'escalade de la guerre des nerfs qui s'est engagée entre Trump et Kim III ne conduise pas au chaos.
L'horloge ne devrait pas tarder à passer à minuit moins une.

Observatus geopoliticus 15/04/2017 15:00

@ Eric
Ah je croyais que ce texte incisif était de vous...
Ceci dit, on peut braire sur la paix comme le faisait Mme de Maintenon mais la guerre a toujours été une composante de l'activité humaine, y compris à l'époque de Cro Magnon. On peut le regretter mais c'est ainsi.

RolandT 15/04/2017 12:33

Juste une petite typo dans cet article remarquable : "circonvolutions" -> "circonlocutions".

Observatus geopoliticus 15/04/2017 13:42

@ Roland
Les deux existent... Je maintiens "circonvolution" qui est plus général et ne concerne pas que le langage.

Yannshik 15/04/2017 11:10

Après sa petite giclée en Syrie, Donald a voulu montrer, en Afghanistan, que c'est lui qui a la plus grosse.
(Pardon
... n'empèche que l'avis d'un vrai psy serait p't-être pas superflu)

Observatus geopoliticus 15/04/2017 13:43

@ Yannshik
En fait, ce n'est vraisemblablement pas lui qui a pris la décision mais les généraux en charge : http://www.foxnews.com/politics/2017/04/14/moab-drop-ordered-by-us-general-trump-approval-not-needed-officials-say.html

astruk 15/04/2017 09:28

Bonjour tous le monde, observatus,

Toujours brillantes vos "interprétations" des faits dans ce théâtre d'ombres...

Récemment je tentais encore, une ultime fois, d'ouvrir les yeux de quelques poteaux au comptoir (en bois) d'un café qui est, selon l'honorable Honoré (de Balzac), le parlement du peuple. Et j'avoue ici volontier n'avoir pas la fibre d'un tribun. Cependant je fus agréablement surpris. En ces temps troublés où d'aucun ne peut réfuter l'idée d'une ère particulièrement mensongère; médiatique, sociale, morale, financière... il semble que les gens veuillent bien ouvrir un peu leurs esgourdes pour y laisser entrer la "lumière".

Un poteau donc affirme avoir lu, vu ou entendu une théorie comme quoi nous pourrions partager la richesse du monde. On prend l'argent des milliardaires que l'on divise entre tous, soit +/- 7 milliards de quidams. Il fait l'unanimité, tout le monde se félicite, trinquons sur une tournée générale, la vie est belle avec de belle idées bisounouresques.

Minute les papillons, que je lance sur un ton grinçant plombant l'ambiance qui se voulait festive et légère à souhait. On peut imprimer des tonnes de papiers c*l, mais pas distribuer à tous les ressources utiles à la réalisation du confort à l'occidentale. Râlé poussé, contestation, affirmation qu'il y a suffisamment d'argent pour tous en ce bas monde. Certes, certes, un peu même le numériser cet argent, un mode virtuel. Mais qu'en est il des vraies richesses; le pétrole, les terres rares, les métaux, l'eau, le bois ? Il y a eu comme un grand froid, quelques secondes de latences, puis ce sentiment qui semble s'être imprimé tant dans les consciences que sur les visages; certes nous pouvons partager, tout partager, mais certainement pas ce qui n'existe pas. Le mode occidental est caduque bien avant d'atteindre le millard d'individus. Partager ce n'est pas prendre au riches, c'est réduire notre part, notamment celle que l'on gaspille allègrement dans une société futile et superficielle.

À lire, sur dedefensa je crois, réflexion sur l'anthropocène avec un parallèle avec l'entropie...


FLECHE2

"Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson.
Alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas" pensée d'un indien de passage.

Bien à vous.

Madudu 15/04/2017 14:45

Pour les amateurs de pensée amérindienne je conseil très chaleureusement "Pieds nus sur la terre sacrée", un petit recueil de discours de chefs amérindiens adressés aux amérindiens ou aux chefs blancs.

Ce n'est pas que du folklore chamaniste désuet, c'est vraiment de la belle pensée d'un grand intérêt, à mettre sur le même plan que de la philosophie antique (et à ne surtout pas lire en post-moderniste "new age" ^^).

Observatus geopoliticus 15/04/2017 13:51

@ Astruk
Belle histoire. A partir du moment où la Révolution Industrielle a été engagée, c'était la conséquence inévitable. Mais là, nous sortons du cadre géopolitique...

Olga 15/04/2017 08:08

Super article dressant un tableau complet des forces en puissance et de la chienlit ambiante. Merci car cela permet de nous y retrouver un peu. Quant aux élections, vous avez raison de ne pas trop en parler car on est pas loin de l'overdose et de l'écoeurement. De toutes façons à l'heure actuelle, personne ne peut dire ce qui va en sortir. Continuez comme ça cher Observatus car vous faites vraiment du bon boulot !

Observatus geopoliticus 15/04/2017 13:52

Merci, chère Olga, nous sommes contents de vous retrouver. Quelques lecteurs se plaignaient de votre absence il y a quelques temps.

Olga 15/04/2017 08:11

Oups ! LIre "des forces en présence"....

baduy 15/04/2017 08:02

Bonjour cher OG
Je pense que Donald a du se faire rappeler quelques notions elementaires
Il me semble que pour gagner une guerre contre un pays l'écraser sous un déluge de plomb comme savent si bien le faire les autoproclamés gendarmes du monde est certes un efficace préambule mais au final il faut en arriver au stade ou des troupes mettent le pied sur le sol ennemi pour éliminer les "dernières poches de résistance" suivant l'expression consacrée.
C'est là que selon moi ca se complique face a 25 millions de Nord-Coréens élevés dans la haine du GI depuis la plus tendre enfance et psychologiquement préparés à défendre l'intégrité de leur territoire au prix de leur vie contre une agression Yankee, ca pourrait bien être très moche pour les boys (ou les mercenaires supplétifs si utiles pour faire baisser le décompte des soldats morts au combat). A titre de comparaison l'armée Nord Vietnamienne était constituée de paysans formes à la va vite et malgré la semi vitrification du pays aujourd'hui encore des vétérans US se réveillent la nuit en hurlant. Sans compter qu'il n'est pas acquis que l'opinion publique Sud Coréenne fasse bloc longtemps avec une armée d'occupation (Oups de protection) qui part tuer des membres de leur famille de l'autre coté de la ligne, une part de la population se livrant à des actes de sabotage sur l'arrière du front me semble probable
Je pense que les gesticulations actuelles sur la Corée ne mèneront nulle part. L'Oncle Donald joue toute sa stratégie sur le fait qu'il est imprévisible et incontrolable et qu'il vaut mieux ne pas le contrarier dans l'incertitude quand a ce que cela pourrait provoquer mais pas de chance en ce domaine il n'est qu'un petit amateur face a la dynastie des Kim qui, de père en fils, a élevé cette technique au niveau d'un art.
Je confirme que votre captcha m'a fait saigner les yeux pendant la rédaction de ce post.

Observatus geopoliticus 15/04/2017 14:12

@ Baduy
Oui, l'Irak serait de la rigolade comparé à une guerre en Corée du Nord. Et l'intérêt stratégique US est de conserver ce régime à moitié schizo justifiant la présence des bases US.
NB : qu'est-ce qu'un captcha ?

Wawa 15/04/2017 07:36

Un second tour Mélenchon lepen, peut importe le résultat signifierai un divorce complet entre les élites et la population.
.
Désolé j'ai pas pu m'empêcher

Observatus geopoliticus 15/04/2017 14:14

@ Wawa
C'est en ce sens que j'ai mentionné les élections. Le traditionnel bipartisme (UMPS) du système impérial est en voie d'implosion et le représentant "hors parti" du système (le banquier) n'est même pas sûr de faire le second tour.

simplet 14/04/2017 22:25

The question :
Qui a le pouvoir aux States et y-a t'il encore un gouvernement à qui les vrais-cons obéissent?

jef 14/04/2017 22:24

Que pensez-vous, cher OG, des déclarations de Tillerson sur l'Ukraine? Si les déploiements otanesques se poursuivent en Europe de l'Est et rassurent Pologne et pays balte, l'Ukraine semble délaissée par l'administration Trump. Et si nous ne sommes dupes d'un réel engagement US en Syrie, cela ne signifie-t-il pas que nous assistons à un pivot militaire vers l'Asie?

Observatus geopoliticus 15/04/2017 14:47

@ Jef
De toute façon, cher ami, l'Ukraine ne fait et ne fera pas partie de l'OTAN : les Américains ne peuvent y envoyer des troupes comme ça...
A noter tout de même que la tension augmente à nouveau sur la ligne de front : https://southfront.org/tensions-continue-to-rise-in-eastern-ukraine/
Poroclown veut-il nous faire une Khan Cheikhoun ?

Alaric 14/04/2017 22:08

Moqtada Sadr ne fait il pas ici preuve d'une hypocrisie assez phénoménale ? Ses milices n'ont elles pas largement participé au conflit sectaire irakien de 2006-2007 , sous patronage iranien ?

La thèse d'un drone saoudien décollant de Jordanie pour mener le false flag est un peu étrange non ? On a du mal à imaginer que le drone vole peinard sur 300 kilomètres en évitant toutes les défenses syriennes et russes et s'échappe ensuite tout aussi tranquillement

Alaric 15/04/2017 15:01

Un captcha est un dispositif informatique qui permet de vérifier si l'ordinateur qui poste un message sur un forum/blog/réseau social est contrôlé par un humain et non un robot . Un tel dispositif est apparu sur votre blog (sans doute une mesure de l'hébergeur ) il y a quelques jours . Nous devons cliquer sur des images correspondant à un mot clé avant de poster.

Observatus geopoliticus 15/04/2017 14:19

@ Alaric
Je crois que ces accusations de certains chiites sont quand même exagérées. C'est justement Zarkaoui qui, par son invraisemblable violence contre les chiites, a mis fin à cette collaboration possible contre les Américains.
A noter que Zarkaoui est le vrai fondateur de Daech. Déjà à l'époque, il désobéissait à Ben Laden qui, lui, souhaitait une intégration d'AQ parmi les forces locales (un peu comme Daech vs Al Nosra aujourd'hui en Syrie). La séparation formelle entre Daech et AQ interviendra quelques années plus tard.

@ Jef
Moqtada est effectivement une inconnue intéressante dans l'équation moyen-orientale, n'entrant dans aucun cadre pré-établi.
NB : qu'est-ce que ce fameux "captcha" ?

Madudu 15/04/2017 14:10

Je ne connais vraiment pas le sujet du tout, je me lance donc dans un questionnement probablement naïf, voir complètement à coté de la plaque.

J'aime assez depuis quelques temps m'attarder sur les cartes et essayer de mettre en relation les contours des différentes entités politiques (pays, subdivisions infranationales, organisations supranationales) et la géographie (relief, bassins versants, canaux navigables, ...).

Il se trouve qu'il est assez évident qu'Irak et Syrie font partie d'un même ensemble géographique (le bassin du Tigre et de l'Euphrate, l'entre-deux fleuves, la Mésopotamie).

Est-ce qu'il existe un courant géopolitique dans la région qui soit favorable à une unification de cet ensemble, c'est-à-dire à la formation d'une entité politique dont les contours correspondent à la géographie locale ?

Est-ce que le Sadr n'a pas ce genre d'idée derrière la tête pour l'après-guerre ?

Ça pourrait expliquer qu'il anticipe une prise de distance diplomatique vis-à-vis du voisin iranien, qu'il adopte une posture laïc voir républicaine (il faut ça pour rassembler des populations hétérogènes autours de leurs intérêts communs, qui sont en bonne partie déterminés par la géographie, comme en France), et qu'il questionne la légitimité du président de la "République arabe syrienne" (celui-là même autour de qui se fortifie une identité syrienne liée à l'idée de nation syrienne).

jef 15/04/2017 03:01

Je tiens Moqtada Sadr pour un homme sobre parmi des tas ivrognes: un chiite baassite, un religieux qui refuse le combat des civilisations et joue la carte du nationalisme. Et surtout des Etats. Sur le grand échiquier, on le croit simple pion.
@ OG. Votre catcha est une plaie!

Alaric 15/04/2017 01:06

Ah oui maintenant que vous le dites j'ai lu des chiites l'accusant même d'avoir collaboré avec Zarqaoui le massacreur de chiites

Observatus geopoliticus 14/04/2017 22:18

@ Alaric
Sauf si le pays émetteur du drone en question avait assuré les Russes qu'il partait en mission pour "lutter contre le terrorisme" puis avait roulé Moscou dans la farine... Cela pourrait expliquer le coup de fil furieux de Poutine à Netanyahou dans la foulée.
Mais personnellement, je crois plus à la thèse d'un bombardement conventionnel sur un dépôt d'armes rebelle.
Pour Moqtada, oui et non. Je me souviens qu'en 2005 ou 2006 déjà, il avait monté une expédition humanitaro-militaire pour sauver les insurgés sunnites de Faloujah assiégés par les Américains.