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Chroniques du Grand jeu

Goebbels peut aller se coucher

5 Janvier 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Europe, #Moyen-Orient, #Histoire

Le boiteux d'Hitler doit se retourner dans sa tombe en voyant le degré de perversion propagandiste de nos bonnes démocraties occidentales depuis 25 ans. L'élève a dépassé - que dis-je ! - écrasé le maître. Certes, cela avait déjà commencé auparavant ("incident" du Golfe du Tonkin etc.) mais le niveau atteint depuis dépasse l'imagination.

Le mot "démocratie" n'est pas anodin ici, car le mensonge en est malheureusement constitutif, du moins en politique étrangère. Lorsqu'un gouvernement démocratique souhaite déclencher une guerre, il doit "travailler" son opinion publique afin de la convaincre du bien-fondé de la chose. Un dictateur n'a pas de ces délicates attentions : il n'a pas d'opinion publique ! Deux-trois petits mensonges pour la forme et c'est emballé. La démocratie, elle, n'a pas cette chance, la pauvre ; ce n'est qu'après une patiente campagne de lobotomisation des esprits et une surenchère dans l'émotion et l'horreur (fabriquées de toute pièce tant qu'à faire) que le public finira par plier. Aussi ne doit-on pas être surpris de l'intoxication orwelienne à laquelle nous assistons depuis un quart de siècle.

Au commencement était le Verbe... et le Koweït. La légendaire affaire des bébés-couveuse reste dans toutes les mémoires :

Les faux bébés koweïtiens

Montage. Pour faire accepter la guerre du Golfe, on invente un massacre de nouveau-nés.

"Je m'appelle Nayirah et je suis une jeune Koweïtienne. J'ai vu les soldats irakiens entrer avec leurs armes dans la maternité de l'hôpital de Koweit City. Ils ont arraché les bébés des couveuses, les ont emportés et les ont laissés mourir sur le sol froid." Les représentants du Comité des droits de l'homme du Congrès américain écoutent ce témoignage terrible dans un silence religieux. L'assistance est médusée devant cette barbarie gratuite de la soldatesque irakienne qui a envahi le Koweït le 2 août 1990. Nul ne demande, ce 10 octobre, à enquêter sur l'identité du témoin. Elle semble si sincère et si bouleversée, et on leur a expliqué qu'il était nécessaire de protéger sa famille restée au Koweït.

Les représentants américains ignorent donc que sous le pseudonyme de Nayirah se cache la propre fille de l'ambassadeur du Koweït aux Etats-Unis et qu'elle participe à la machination montée par le Koweït et les Etats-Unis pour faire accepter à l'opinion publique américaine et mondiale une future intervention militaire. Elle aura lieu en janvier 1991. Pour Washington, il ne suffit pas d'obliger le dictateur irakien à retirer ses troupes du Koweït, il faut casser l'Irak, ce pays trop peuplé, trop riche de ses hydrocarbures, à l'armée nombreuse et qui, dix ans auparavant, a eu des velléités de se doter de l'arme nucléaire. Inadmissible.

Le Koweït, soutenu par le Pentagone et la CIA, a fait appel à une agence de relations publiques, Hill and Knowlton, pour préparer les esprits à l'indispensable guerre. Coût du contrat : 10 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, le très respecté quotidien The New York Times, le premier, rapportera des informations en provenance de l'ambassade américaine au Koweït. Un article explique que, dans un télégramme envoyé au Département d'Etat, l'ambassadeur américain a cité les noms de deux médecins et d'une infirmière qui ont vu des soldats irakiens tuer des prématurés dans un hôpital de Koweit City.

Mal absolu. D'autres témoignages suivront jusqu'à la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 29 novembre 1990. Les membres permanents du Conseil doivent voter une résolution autorisant un éventuel recours à la force militaire en Irak. Ils entendent eux aussi des témoins d'exactions irakiennes, dont un chirurgien qui affirme avoir enterré lui-même une dizaine de nouveau-nés jetés hors de leur couveuse par les soldats. Son témoignage de première main n'est pas mis en doute. D'ailleurs, le président George Bush lui-même n'a-t-il pas fait état, à deux reprises, lors de ses interventions télévisées, de l'affaire des bébés koweïtiens ?

Lorsque Amnesty International et l'Observatoire des droits de l'homme au Moyen-Orient mettront ces affirmations en doute, faute d'avoir trouvé des témoins fiables pour les corroborer, nul ne les écoutera. Les opinions publiques sont convaincues que Saddam Hussein est le mal absolu et que son armée est coupable de toutes les barbaries. L'opération de désinformation a pleinement réussi.

Pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. Outre le déjà affligeant New York Times, notons que nous retrouvons dans cette invraisemblable intox des thèmes bien familiers et actuels : témoignages de "docteurs", érection de l'ennemi en monstre absolu (le "boucher de Damas")...

Passent quelques années au cours desquelles les propagandistes de l'empire reprennent sans doute leur souffle pour repartir de plus belle avec le génocide inventé du Kosovo :

« Quand on connaîtra toute la vérité, je crois qu’elle sera plus dure que tout ce qu’on peut supporter. » Signée Joshka Fischer, ministre allemand des affaires étrangères, cette prophétie lui permit d’imaginer en Yougoslavie une guerre « ethnique du type des années 30 et 40 » (Le Monde, 10 avril 1999). Rudolf Scharping, son homologue de la défense, préféra parler carrément de « génocide » (Le Monde, 3 avril), alors même que le président Clinton n’évoquait qu’une intention de ce type : « des efforts délibérés, systématiques de génocide » (cité par l’hebdomadaire The New Statesmen, 15 novembre). Quand M. Anthony Blair leur emboîta le pas, il ajouta deux adjectifs : « Je vous le promets maintenant, Milosevic et son génocide racial hideux sera défait » (cité par The Guardian, 28 octobre 1999). Ce fut donc « au service du droit, (…) au nom de la liberté et de la justice »(Lionel Jospin, Le Monde, 27 mars) que, pendant soixante dix-huit jours, l’OTAN bombarda la Yougoslavie.

Dans la plupart des grands médias, chacun - à de rares exceptions près - allait broder sur ces thèmes. M. Zaki Laïdi évoque « l’établissement d’une nouvelle liste de Schindler » (Libération, 9 avril). Mme Françoise Giroud écrit : « M. Milosevic purifie. Chacun sa méthode, on doit manquer de chambres à gaz, en Serbie... » (Le Nouvel Observateur, 1er avril). Et quand, à rebours des traditions satiriques libertaires et pacifistes de son hebdomadaire, Philippe Val défend l’intervention de l’OTAN dans Charlie Hebdo (31 mars), il argumente : « Lisons un journal, en remplaçant « Kosovar » par « Juif ». Les troupes de Milosevic organisent des pogroms, détruisent les villages, assassinent les hommes, et contraignent à l’exode femmes et enfants juifs. Qu’est-ce qu’on fait, on intervient, ou pas ? Ah, je sens un flottement, même parmi les pacifistes. A part les équivalents de Céline, de Drieu La Rochelle et des communistes solidaires du pacte germano-soviétique, on décide fermement qu’on ne peut pas laisser faire ça. »

A l’époque, il est vrai, les nouvelles que les dirigeants occidentaux assurent avoir du Kosovo sont réellement terrifiantes. Un responsable de l’administration américaine confie au New York Times (4 avril) : « Il pourrait y avoir cinquante Srebrenica » (soit 350 000 morts). Un autre est cité par le journal télévisé d’ABC (18 avril) : « Des dizaines de milliers de jeunes hommes pourraient avoir été exécutés. » Le département d’Etat annonce le lendemain que 500 000 Kosovars albanais « sont manquants et l’on craint qu’ils n’aient été tués. » Un mois plus tard, M. William Cohen, ministre de la défense, parle de 100 000 disparus, précisant : « Ils pourraient avoir été assassinés »(CBS, « Face the Nation », 16 mai).

Ces chiffres sont promptement repris par la télévision française. Jean-Pierre Pernaut, par exemple, évoque de « 100 000 à 500 000 personnes qui auraient été tuées, mais tout ça est au conditionnel » (TF1, 20 avril). Le lendemain soir, la même chaîne annonce : « Selon l’OTAN, entre 100 000 et 500 000 hommes ont été portés disparus. On craint bien sûr qu’ils n’aient été exécutés par les Serbes (…) Bien évidemment, la preuve de l’accusation reste à faire ». La radio n’est pas en reste : sur France Inter, le journaliste accrédité auprès de l’OTAN répercute avec entrain des informations de l’Alliance selon lesquelles « des centaines de garçons serviraient de banque de sang vivantes, des milliers d’autres creuseraient des tombes ou des tranchées, les femmes seraient systématiquement violées » (20 avril, journal de 19 heures)...

Dans les tribunes d’intellectuels favorables à l’OTAN, l’indicatif va vite remplacer le conditionnel. Magistrat, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice, président du « comité Kosovo » et membre de la rédaction de la revue Esprit, Antoine Garapon déclare : « On ne peut pas mettre sur le même pied le probable millier de victimes serbes et les centaines de milliers de Kosovars massacrés » (Télérama, 23 juin). Il retarde déjà sur les discours officiels : la guerre gagnée, les estimations occidentales du nombre de morts albanais passent de six à cinq chiffres. Le 17 juin, le Foreign Office britannique déclare que « 10 000 personnes ont été tuées dans plus de 100 massacres » ; le 25, le président Clinton confirme le chiffre de 10 000 kosovars tués par les Serbes (cité par The Nation, 8 novembre). Nommé représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, M. Bernard Kouchner parlera, le 2 août, de 11 000 Kosovars exhumés des fosses communes - le Tribunal de La Haye démentira dans la journée. Même Le Monde diplomatique affirmera bien imprudemment à la « une » de son numéro d’août que « la moitié des 10 000 victimes présumées ont été exhumées ».

Or, neuf mois après l’entrée de la KFOR au Kosovo, rien, dans les conclusions des envoyés du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) comme des autres organisations internationales, n’est venu étayer l’accusation de « génocide ». Sauf à banaliser ce terme, en en faisant le simple synonyme de « massacre ».

(...)

Deux mois plus tard, John Laughland confirme dans The Spectator (20 novembre) : « Même si l’on estime que tous [les 2018 cadavres retrouvés par le TPIY] sont des Albanais assassinés pour des raisons ethniques, c’est un cinquième du nombre avancé par le Foreign Office en juin ; un cinquantième du nombre avancé par William Cohen en mai ; et un deux cent cinquantième du nombre suggéré par le département d’Etat en avril. Et pourtant même cette appréciation n’est pas justifiée. Premièrement, dans la grande majorité des cas, les corps étaient enterrés dans des tombes individuelles et non collectives. Deuxièmement, le Tribunal ne dit pas quel est l’âge et le sexe des victimes, sans parler de leur nationalité. Les causes de mort violente étaient nombreuses dans la province : plus de 100 Serbes et Albanais ont été tués lors d’attaques terroristes par l’UCK albanaise depuis le début de son insurrection en 1998 ; 426 soldats serbes et 114 policiers du ministère serbe de l’intérieur ont été tués pendant la guerre ; l’UCK, qui avait des dizaines de milliers d’hommes armés, a aussi subi des pertes, comme l’attestaient, dans les villes du Kosovo, les faire-part annonçant leur mort au combat ; et enfin plus de 200 personnes sont mortes depuis la guerre en marchant sur des bombes à fragmentation de l’OTAN qui n’avaient pas encore explosé. »

Mme Del Ponte, le procureur du TPIY, poursuit John Laughland, « insiste sur le fait que le chiffre [de 2 108] n’est pas un décompte définitif des victimes ni même un recensement complet des morts. (…) En fait, elle implique que le nombre final de cadavres pourrait être plus élevé lorsque les exhumations sur les « lieux de crimes » restants reprendront au printemps. Paul Risley [le porte-parole de Mme Del Ponte] explique que les exhumations ont été reportées « parce que le sol est gelé ». Or, il n’y a pas eu de gel au Kosovo et le sol n’est pas gelé : le jour où cet article était écrit (15 novembre), il pleuvait fortement sur la province et la température était de 10 degrés. On peut soupçonner l’arrivée de l’hiver de servir de prétexte pour repousser de plusieurs mois la question embarrassante du faible nombre de cadavres, dans l’espoir que les gens oublient. »

Le 22 novembre 1999, l’hebdomadaire américain Newsweek publie à son tour un article intitulé « Mathématiques macabres : le décompte des atrocités diminue ». On y lit : « En avril dernier, le département d’Etat américain disait que 500 000 Albanais ethniques avaient disparu au Kosovo et craignait qu’ils ne soient morts. Un mois plus tard, le secrétaire à la défense William Cohen affirmait à un journaliste de télévision que « près de 100 000 hommes en âge de porter les armes » avaient disparu. « Ils pourraient avoir été assassinés », disait-il. Après la fin de la guerre (…), l’OTAN a produit une estimation beaucoup plus basse du nombre d’Albanais tués par les Serbes : juste 10 000. Maintenant il apparaît que même ce chiffre, malgré quelques véritables atrocités commises par les Serbes, pourrait être un peu trop élevé. »

Les journalistes Daniel Pearl et Robert Block enquêtent à leur tour à Trpeca. Publié le 31 décembre à la « une » du Wall Street Journal, leur article choque - au point que le quotidien se rattrapera, le lendemain, avec un éditorial embarrassé justifiant malgré tout la guerre de l’OTAN. « A la fin de l’été, écrivent les reporters, des histoires d’installation de crémation comparable à celles des nazis étaient si répandues que les enquêteurs envoyèrent une équipe de trois gendarmes spéléologues français rechercher des cadavres dans la mine. Ils n’en ont trouvé aucun. Une autre équipe a analysé les cendres dans le fourneau. Elle n’a trouvé aucune dent ni autre signe de corps brûlés. Au Kosovo, au printemps dernier, les forces yougoslaves ont fait des choses atroces. Elles ont expulsé des centaines de milliers de Kosovars albanais, brûlant des maisons et se livrant à des exécutions sommaires. (…) Mais d’autres allégations - meurtres de masse indiscriminés, camps de viols, mutilation des morts - n’ont pas été confirmées (…). Des militants kosovars albanais, des organisations humanitaires, l’OTAN et les médias se sont alimentés les uns les autres pour donner crédibilité aux rumeurs de génocide. »

Pour expliquer une telle distance entre information et réalité, Pearl et Block insistent sur le rôle joué par l’UCK. « Un ancien correspondant de radio, Qemail Aliu, (…) et cinq autres journalistes se cachaient avec l’UCK dans les montagnes centrales du Kosovo, utilisant des téléphones portables pour s’informer auprès des commandants régionaux de la guérilla. Les émissions de radio étaient juste assez puissantes pour atteindre (…) Pristina, où un correspondant traduisait en anglais les reportages pour le site Internet de Kosova Press, l’agence de l’UCK. Quand le campement de la guérilla avait de l’électricité, M. Aliu écoutait les briefings de l’OTAN à la télévision. « Souvent, nous avons vu Jamie Shea parler à propos du nombre de morts, et c’étaient les chiffres donnés par Kosova Press », dit-il. »

Pour décrire ce qu’ils qualifient d’« obsession des tombes collectives », Pearl et Block donnent l’exemple de Ljubenic, un pauvre village de deux cents maisons à l’ouest du Kosovo. « Le 9 juillet, sur la base d’un « rapport d’opération » des Italiens, le major néerlandais Jan Joosten mentionne, durant un briefing de presse à Pristina, la découverte d’une tombe de masse où pourraient se trouver 350 corps. Les journalistes, explique-t-il, « ont commencé à faire leurs bagages pour partir à Ljubenic avant même la fin du briefing ». Le lendemain, à Londres, l’Independent proclamait : « La plus grande fosse commune contient 350 victimes ». (…) En fait, les enquêteurs ne trouvèrent aucun cadavre dans le champ. » Sur les affiches imprimées par l’UCK en guise de mémorial figurent soixante-cinq noms.

La presse allemande, elle aussi, a su prendre du recul. Le 10 janvier dernier, dans le Spiegel, Erich Follath constate au terme d’une longue enquête : « Pour remporter des succès sur le front de la propagande, les dirigeants démocrates de l’Ouest ont de temps en temps eu recours à des moyens douteux. Le ministre allemand de la défense se fait particulièrement remarquer par son utilisation inconsidérée de nouvelles sensationnelles. » Et de raconter comment « début avril, Scharping parle d’"indications à prendre au sérieux sur des camps de concentration au Kosovo ". Que le stade de Pristina ait été transformé en camp de concentration avec 100 000 hommes, voilà qui, d’emblée, ne paraît pas digne de foi aux experts. Des images prises par des drones allemands de surveillance réfutent d’ailleurs rapidement les affirmations de propagande du chef UCK Thaci. » Le même ministre recommence en exhibant, le 27 avril, « une nouvelle preuve des atrocités commises par les Serbes : les images d’un massacre de Kosovars. Il s’avère rapidement que l’agence de presse Reuters a déjà publié, trois mois auparavant des photos aussi horribles de ce massacre commis dans le village de Rugovo (…) Selon Reuters, les morts n’étaient pas des civils, mais des combattants de l’UCK, tués pour venger la mort d’un officier serbe. » Démenti, M. Scharping continuera néanmoins « à présenter comme des faits les récits horribles des victimes : les assassins « jouent au football avec des têtes coupées, dépècent des cadavres, arrachent les fœtus des femmes enceintes tuées et les font griller. » »

(...)

Comparaison valorisante avec un passé médiatique lamentable, soupçon infamant sur les intentions des analystes critiques : le terrain ainsi déblayé, l’autosatisfaction pouvait s’épanouir. Particulièrement suspectée dans le passé, la télévision fut la première propagandiste de sa propre excellence. Le présentateur du journal de France 2 s’esbaudit : « Depuis le début du conflit, il existe un grand choix de prudence et de modestie de la part de la presse française, et notamment chez nous. Il y a une attitude de vigilance à l’égard de toutes les sources d’informations. Nous avons un traitement radicalement différent de celui de la guerre du Golfe » (L’Humanité, 5 mai). Le directeur de l’information de TF1 fit chorus : « Les images du faux charnier en Roumanie, relayées par toutes les télévisions en 1989, ont créé une prise de conscience sur la puissance du média audiovisuel. Désormais, nous indiquons systématiquement dans quelles conditions nous obtenons les images, avec un effort permanent de rigueur et d’explication (...) La couverture du conflit est plus resserrée, mais plus sobre et plus rigoureuse. »

Le ton ainsi donné, chaque média tressa ses propres louanges. Le Point : « Nous avons évité les erreurs des conflits précédents, il n’y a eu ni désinformation, ni naïveté spectaculaire dans le suivi du Kosovo. La vigilance vis-à-vis des informations fournies par l’OTAN a été constante. » L’Express : « On a envoyé beaucoup de reporters sur place. On a essayé de donner une information précise, vérifiée, et de jouer notre rôle en fournissant l’analyse et la mise en perspective du conflit. » LCI : « Aujourd’hui, on sait prendre du recul. Par rapport à Jamie Shea, le porte-parole de l’OTAN, on relativise. On met tout en doute, puisqu’on ne peut rien prouver, on s’en tient à l’émotion des récits. » RTL : « On a appris deux choses : pas de glose pour occuper l’antenne sans informations et un soin extrême dans la façon dont on répercute ces informations en donnant précisément leur source. » Le Monde : « Ayant en mémoire les pièges dans lesquels étaient tombés certains médias lors de la guerre du Golfe, la rédaction se méfiait de la communication officielle (...) Montrer, expliquer, débattre : malgré quelques hésitations inévitables face à ce genre d’événement, Le Monde a largement rempli son contrat. » Le Journal du dimanche : « Echaudés par la guerre du Golfe, les médias français peuvent être cités en exemple, qui font - pour les deux camps - la traque à la désinformation. » La Tribune : « Nos médias ont bien raison d’être d’une prudence de lynx face à toutes les entreprises de désinformation. »

Franz-Olivier Giesbert eut beau dénoncer dans un éditorial le « bourrage de crane otanien » (Le Figaro Magazine, 17 avril) et Marianne fustiger à plusieurs reprises une « otanisation » de l’information, le consensus autocélébrateur devint à ce point contagieux qu’il déteignit sur quelques-uns des rares périodiques hostiles à la guerre. L’hebdomadaire Politis concéda imprudemment : « On est loin cette fois de l’unanimisme patriotard de la guerre du Golfe, et des confrères tenant micro sous le nez d’experts militaires en uniforme » (1er avril.) L’Humanité embraya : « Exit la guerre grand spectacle, le règne de l’information en continu synonyme de directs creux, les dérives journalistiques répétées. Les journalistes rendent compte de la guerre du Kosovo de manière beaucoup plus précautionneuse que lors du conflit irakien » (8 avril).

« Précautionneuse », le terme est assurément trop fort. Même si, pour être efficace, la manipulation doit tenir compte de la conscience de la manipulation et emprunter d’autres recours que les ruses éventées du passé. Avec une candeur presque émouvante, le correspondant de France Inter à Bruxelles auprès de l’OTAN expliqua ainsi : « Je pense n’avoir jamais été manipulé ou alors je l’étais tellement bien que je ne m’en suis pas rendu compte. (…) En gros, mentir ne sert à rien car tôt ou tard, tout se sait (…) Je n’ai pas perçu autre chose que des erreurs [de l’OTAN] qui ont été, loyalement je pense, corrigées. Et aussi, certains scrupules qui ne pouvaient que les desservir, c’est-à-dire, après chaque frappe sur une cible autre que celle qui était souhaitée, le temps nécessaire à l’enquête militaire et technique interne. Pour dire : « Hé bien oui, c’est bien nous qui avons démoli tel hôpital ou tel pont au moment où un convoi de chemin de fer s’engageait sur ce pont » » (Conférence, Press Club de France, Paris, 28 juin 1999.)

Dans ce dernier cas d’espèce, on sait à présent que l’OTAN a accéléré le film des images du train s’engageant sur le pont pour pouvoir prétexter la « bavure ». Et on sait aussi comment l’organisation atlantique manipulait la presse : « Pour les bavures, nous avions une tactique assez efficace, explique un général de l’OTAN. Le plus souvent, nous connaissions les causes et les conséquences exactes de ces erreurs. Mais pour anesthésier les opinions, nous disions que nous menions une enquête, que les hypothèses étaient multiples. Nous ne révélions la vérité que quinze jours plus tard, quand elle n’intéressait plus personne. L’opinion, ça se travaille comme le reste » (Le Nouvel Observateur, 1er juillet 1999).

A la fin de la guerre, Bruxelles pouvait donc se déclarer satisfait. M. Shea avoua même : « Beaucoup de journalistes sont venus me dire ces jours-ci qu’ils avaient apprécié les efforts que nous avions faits pour les informer » (LCI, 15 juin 1999). A Washington, on n’avait pas davantage eu motif à se plaindre. Pour M. Richard Holbrooke, l’un des architectes de la politique américaine dans les Balkans : « La couverture médiatique du New York Times, du Washington Post, de NBC, CBS ABC, CNN et des magazines a été extraordinaire et exemplaire » (Cité par Znet, 27 mai.)

On avait déjà entendu un de ces adjectifs enthousiastes lors de la guerre du Golfe. Le 26 mars 1991, sur CNN, M. Marlin Fitzwater, alors porte-parole de la Maison Blanche, n’avait-il pas reconnu : « Le président Bush trouve que la couverture médiatique de ce conflit est extraordinaire » ?

Grotesque lyrisme droit-de-l'hommiste ("l'humanité s'est effondrée à Alep") , mensonges éhontés, auto-congratulation de la presse, dénigrement inquisitorial des voix discordantes etc. Toute ressemblance avec des faits existants serait purement fortuite, n'est-ce pas...

Ce blog a suffisamment documenté la crasse désinformation de la journaloperie sur l'Ukraine ou la Syrie pour y revenir en détail. La dernière en date ne manque toutefois pas de sel : il s'agit pour les médias d'ignorer purement et simplement le blocage et l'empoisonnement de l'eau potable par les rebelles "modérés", mettant en danger les cinq millions d'habitants de Damas. Ce qui frise la tentative de crime contre l'humanité est tout simplement passé sous silence. L'ONU n'est pourtant pas amusée.

Sur une note plus légère quoique tout aussi imbécile, le Washington Post, torchon propagandiste s'il en est, est revenu sur ses accusations contre des hackers russes qui auraient piraté une compagnie électrique américaine (!) Ah non, finalement, c'était pas eux, sorry. Mais si, entre-temps, cette absurdité a pu convaincre quelques lecteurs de l'inénarrable "danger russe", c'est toujours bon à prendre.

Les cons osant tout comme dirait Audiard, ce sont ces mêmes médias qui hurlent au complotisme des "fake news", à la "propagande russe" et s'étonnent de ce que la confiance du public atteigne un plus bas historique. Comprennent-ils au moins ce qui se passe ? Pas sûr...

Si les retournements de veste de Time à propos de Trump sont pathétiquement amusants,

le système en décapilotade avancée semble vouloir doubler la mise dans un ultime effort. En Allemagne, le dernier journal indépendant est dans l'oeil du cyclone et Merkel commence à montrer certaines tendances führerines... En France, la médiatitude est trop saoudisée/américanisée/bruxellisée/les-trois-en-même-temps pour espérer une quelconque remise en question et, il y a quelques billets de cela, un fidèle lecteur avait d'ailleurs retranscrit l'hallucinée profession de foi auto-satisfaite d'un journaliste radio quasiment persuadé d'être en mission pour le Bien. Indécrottable.

Plus inquiétantes sont les nouvelles provenant d'outre-Atlantique. En digne successeur de Bush Jr, Obama a signé fin décembre le National Defense Authorization Act (NDAA) qui, comme son nom ne l'indique pas, concerne également la guerre de l'information. A été subrepticement inclus dans le NDAA le Countering Disinformation and Propaganda Act. Quand on connaît la fidélité toute relative du système impérial pour la vérité et l'information - on en a vu quelques exemples plus haut -, il y a de quoi s'inquiéter.

Naissance du Ministère de la Vérité ou, sous son petit nom orwellien, Miniver ? Après tout, Goebbels avait bien son Propagandaministerium...

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alaamiah clean 13/07/2017 17:12

Im grateful for the blog article.Thanks Again. Want more.

Yom 09/01/2017 20:32

Occupé à d’autres choses pendant une semaine et demi, je rattrape mes lectures en retard et découvre aujourd’hui seulement, soit quatre jours après sa publication, ce billet.

Observatus, vous recevez régulièrement des louanges pour tout ce que vous faîtes sur ce blog. Plus encore que des louanges, ce sont des remerciements que je vous adresse pour ce morceau de bravoure que constitue ce billet en particulier.

Au delà des principes généraux que vous y exposez, propres à légitimiter une certaine méfiance envers nos média, le travail de documentation que vous avez effectué, avec les dates précises des changement de discours et les démentis tardifs, discrets et commodément oubliés, vont faire de ce billet une référence dont je compte personnellement très concrètement me servir dans certaines discussions avec mon entourage.

Observatus geopoliticus 09/01/2017 22:20

Je ne mérite guère ces louanges, cher Yom. Je ne fais que citer des sources (notamment Halimi sur le Kosovo).

la grive 07/01/2017 19:58

>OG"... il s'agit pour les médias d'ignorer purement et simplement le blocage et l'empoisonnement de l'eau potable par les rebelles "modérés"..."
C'est assez ahurissant et on ne peut qu'imaginer la couverture médiatique si al Quaeda avait contaminé les captages de toute autre capitale du monde.

Mais l'info n'était pas ignorée par tous. Je vous fait part de cet extrait du journal de 7h30 du 3 janvier sur France Inter.

[Hélène Roussel 09'20]"...Plusieurs groupes rebelles ont décidé de quitter la table des négociations...accusent le régime de BAA de violer la trêve en vigueur depuis cinq jours, notamment avec ses bombardements près de Damas. Les sources d'approvisionnement en eau potable, vitales pour 4 mil d'habitants, seraient particulièrement visées."

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-03-janvier-2017

On ne peut qu'admirer l'habilité de la présentatrice qui réussit à renverser complêtement le sens des faits rapportés. L'auditeur retiendra que le "régime" porte la responsabilité de la violation de trêve, alors même que celle-ci ne compte pas les membres de l'ex Al Nusra. Quant aux sources d'eau potable, il faut comprendre que c'est les bombes d'Assad qui les menacent. L'auditeur n'aura pas le temps de s'intéroger sur la logique d'une attaque de l'état sur ses propres puits mais verra ses convictions renforcées par ce petit bruit de fond médiatique.

Observatus geopoliticus 07/01/2017 20:08

@ La Grive
Enorme ! Et ils se plaignent d'être appelés "journalopes"... Ce qualificatif leur va pourtant comme un gant.

Euclide 07/01/2017 13:26

Haut les cœurs theuric,
Moi même, je suis un souvent hors sujet par rapport a Observatus qui estime a juste titre que l' Eurasie est le nouveau le centre de gravité mondiale et pas seulement à cause des tuyaux gaziers ou pétroliers.
Mais, ne jamais oublier que tout ce qui existe sur terre est dû a l'Europe occidental que ce soit dans le domaine de la philosophie politique que celui de la technologie ( invention de l' avion, voiture, chemin de fer , bombe atomique , calculateur, vaccin etc. )
A court terme l'Europe occidental est mal " barré " ( déjà dit) mais elle renaitra . Dans combien de temps, je l'ignore mais elle renaitra .
Bon, ouiquende a tous et toutes.

simplet 08/01/2017 20:57

Cher OG,
Bien évidemment, je n'ai pas la connaissance nécessaire pour passer un examen quelconque d'histoire dont j'ignorais d'ailleurs mon passage obligé sur ce blog.
Aussi, très honnêtement, je ne considère rien en mal que du contraire quand il s’agit de s’instruire et que l’on a la chance d’avoir un pro devant soi.
Nous avons tous nos petites tentations de titiller un peu les marottes de chacun, n'est-ce pas.
C’est différent quand il faut comparer notre vision d’un même pays en ayant des accès et itinéraires professionnels différents. La vérité se situe quelque part entre les visions. Beaux débats en perspectives.
-Quand à la théorie discutée sur le statuaire chinois, j'ai pris connaissance par deux ou trois voies différentes qui mentionnent que l'étude dont question est réalisée par plusieurs chercheurs: anglais et chinois. Un de ces derniers, porte-drapeau malheureusement aurait eu quelques problèmes.
Enfin propagande peut-être. ;-(
Encore une fois, sans connaissance, on ne peut se fier qu'aux déclarations des autres, dont la vôtre en l’occurrence. Noté, je vous crois sur parole.
-Oui, j'ai vu aussi cela sur carte seulement, de l'itinéraire d'Alexandre terrestre et l'autre de sa flotte. Son armée contestait et lui avait des problèmes de financement superbement exposé par Cavaignac et Le rider. Certains émettent l’hypothèse qu'une partie aurait persévéré dans l'aventure vers l'Est. Qu'en croire?
-J'ignorais l'existence de ce royaume gréco-bactrien en Afghanistan. Vous m'obligeriez en me conseillant des ouvrages à ce sujet.
-Bien entendu que les cultures sumériennes babyloniennes et même partiellement grecque était orientale, enfin issue du continent asiatique. L'Europe n'ayant pas l’opulence nécessaire pour les développer.
Mais les frontières continentales sont comparables aux nationales. Quel différence entre catalans espagnols et français, basques, chtimi français( d'ailleurs très limités géographiquement) et belges?
-Ok pour l'origine des Aryens, comme d'autres races d'ailleurs. Turkmènes, sémites, khasares, les langues ouralo-altaïques, etc.
-L’irrigation dont question due en grande partie au courage des grands aventuriers et voyageurs européens. Viking, Vénitiens, Grecs.
- Allez pour titiller encore un peu, n’oublions pas la Somalie supposé être notre berceau. D’ailleurs, je nous trouve bien bronzé.

Observatus geopoliticus 08/01/2017 18:53

@ Simplet
Mon cher, vous parlez à un historien donc il vaut mieux avoir ses références/connaissances bien au point ^^ Or, ne le prenez pas mal mais ce n'est pas le cas dans votre dernier message qui compte un certain nombre d'erreurs/approximations...
- Chaque mois qui passe ne confirme rien. C'est la théorie iconoclaste d'un chercheur comme il y en a eu tant en histoire. Il faut attendre de voir si elle se confirme ou s'infirme.
- Si si, on sait exactement où Alexandre s'est arrêté (je suis même passé à côté du lieu où son armée a refusé de le suivre ; cette rivière s'appelle aujourd'hui la Sutlej). En gros, c'est la frontière indo-pakistanaise et, au nord, l'Ouzbékistan. La pensée rationnelle d'Aristote en Asie, non. Par contre, l'aventure alexandrine n'a pas tout à fait été sans lendemain avec l'étonnant et magnifique royaume gréco-bactrien/gréco-bouddhiste qui a duré deux siècle dans l'actuel Afghanistan.
- Richesse culturelle perse bien sûr. Mais je vous signale que les Aryens ou Indo-Européens n'étaient pas européens au départ ; ils venaient d'Asie centrale.
- Indo-Européens, Attila, migrations turques, Mongols, religions (christianisme, mithraïsme), pénétration commerciale de la Route de la Soie qui a fait découvrir à l'Europe le papier, la poudre, la boussole etc. L'Europe a été irriguée par l'Orient au cours des âges.

simplet 08/01/2017 16:32

Certes, mais chaque mois qui passe confirme cette théorie dont s'offusque la Chine et ses sympathisants. Quitte à rentrer dans la propagande...infirmant cette possibilité.
Outre celle-ci, d'autres pénétrations européennes sont constatées.
Alexandre dont on n'a pas encore situé avec certitude les limites de sa pénétration (Indu kouche?)terrestre, apporta en Asie les notions de la pensée rationnelle d'Aristote.

Egalement les caravanes viking fluviales et les traversées des steppes d'Asie centrale pénétrant loin dans l'est.

Enfin, vous évoquez la civilisation sumérienne. Parlons aussi de l'immense richesse culturelle de la Perse conquérante. Maison des Aryens.

Hormis l'empire mongol, toutes les pénétrations intercontinentales sont d'ouest vers l'est.
Ce n'est pas bénin ni sans avoir laissé des marques ou ramener les faneuse découvertes chinoises.

bozi lamouche 07/01/2017 20:27

ouai on a même inventé l'eau chaude...

Observatus geopoliticus 07/01/2017 20:01

@ Simplet
Attention, ce n'est que la thèse d'un chercheur chinois pour l'instant. Il faut être prudent avec ce genre de chose et attendre la confirmation scientifique.
@ E & Euclide
Je suis assez d'accord avec vous, E ; il convient de se garder de tout ethnocentrisme occidental. La philosophie grecque a elle-même été influencée par ce qui se pensait en Mésopotamie (Gilgamesh >>> la "vie bonne" >>> naissance de la philosophie) ainsi que la politique (organisation des cités-Etat mésopotamiennes où sont apparus des proto-sénats). Loin de moi l'idée de rabaisser le "miracle grec" mais celui-ci n'est pas apparu ex-nihilo.
Quant aux inventions chinoises reprises par l'Occident, elles sont légion comme vous l'avez rappelé : papier, poudre etc. Or chose amusante, les médias parlent parfois "d'occidentalisation" de la Chine quand le mode de vie moderne (et non occidental) se répand et que les Chinois utilisent par exemple la voiture. Mais on ne parle jamais d'orientalisation de l'Occident quand un Français ou un Allemand écrit sur du papier ou fait sauter un pétard...

simplet 07/01/2017 18:56

Chaque année, on découvre les rapprochements entre Asie et Europe. Beaucoup, beaucoup plus tôt que l'on avait imaginé.
dernier exemple: les fameuses armées funéraires du tombeau Quin... inspirée de l'art des artistes grecques au III ème avant JC, dont plusieurs auraient participé à ces remarquables statuaires. Découvertes d'ADN européens l'attestent, autant que la maîtrise de l'art proprement dite. Ce qui met à mal la notion de primauté des inventions tant en Asie qu'en Europe.
Pour une fois qu'une mondialisation est positive, ne la négligeons pas.

E. 07/01/2017 16:23

Pour ce qui est de la technologie dite moderne, certes. Mais avant leur eclipse historique, provoquée en partie par l'occident, les chinois ont pratiquement tout inventé avant nous. Imprimerie, boussole, horlogerie, métallurgie, astronomie... Ils connaissaient même la vaccination depuis au moins le XVIème siècle. Et n'oublions pas non plus que sans les compilations des connaissances eurasiennes du temps de l'âge d'or arabe, il n'y a très probablement jamais de Renaissance en Europe. Donc bon. L'histoire des sciences n'est pas géo-centrée, et elle n'est d'ailleurs pas finie. Quand on voit qu'il n'y a pas un agronome occidental qui comprend comment fonctionne l'agriculture en papouasie...

Eric83 07/01/2017 12:29

La propagande fonctionne lorsque les fausses informations ne peuvent être dévoilées. La différence fondamentale avec l'ère pré-Internet et même jusqu'au début des années 2000, c'est que les peuples ne pouvaient se "réinformer" et donc "gobaient" tout.
De nos, grâce au développement d'Internet, des sites de "réinformation" très précieux comme celui de notre hôte et des lanceurs d'alerte tels Wikileaks, les fausses informations et la propagande sont dévoilées et accessibles au plus grand nombre.
Regardez ce "sondage" dont le résultat est sans appel : 83% font confiance à Wikileaks et seulement 17% aux sevices de renseignements.
http://www.zerohedge.com/news/2017-01-06/john-harwood-asks-who-do-you-believe-america-gets-surprising-answer
Les citoyens comprennent de plus en plus qu'ils sont manipulés par le Système et la campagne et l'élection US 2016 auront été des révélateurs sans équivalents de ces manipulations.
Trump, par sa communication directe sur Twitter avec le peuple - squeezant au passage les médias MSM aux abois - joue en quelque sorte au lanceur d'alerte et informe en temps réel, notamment, de la propagande à laquelle se livre l'administration sortante et ses "soldats".
Le Système est en panique et des "démocrates" de haut rang ont récemment lancé des menaces à peine voilées contre Trump suite à ses sorties fracassantes sur les agences de renseignements US.
A mon avis, Trump sait qu'il joue à un jeu extrêmement dangereux en s'attaquant aux agences US mais ses tweets fréquents, tant décriés par le Système, lui servent de "gardes du corps virtuels".
Ces sorties sur la CIA ne plaisent vraiment pas du tout :
http://www.zerohedge.com/news/2017-01-05/trump-transition-team-splits-senior-advisor-former-cia-chief-woolsey

Eric83 07/01/2017 12:56

J'ai oublié un lien :
http://www.zerohedge.com/news/2017-01-04/did-chuck-schumer-just-threaten-donald-trump

Gillesb 07/01/2017 04:39

Dans le meme registre qui consiste a faire croire au rechauffement climatique et l'agenda 21 qui lui est assorti, ce sont les memes commanditaires a l'oeuvre: a savoir d rockefeler et ed d rotchild qui ont mis sur pied la cnuced pour faire l'inventaire de toutes les ressources de la planete pour en prendre le controle.
Www 3 ne sera qu'une etape necessaire pour parachever l'ensemble pour faire accepter le nwo aux masses.
La propagande a laquelle on assiste depuis un quart de siecle n'a pas d'autre fondement.
Nous sommes arrives a l'etape ultime et donc le basculement est forcement pour cette annee; ils ne peuvent plus reculer car un autre calendrier l'impose abant fin 2017.

Gillesb 07/01/2017 04:28

Excellent article.
On peut ajouter que si hitler avait gagne la bataille de russie, il aurait accompli sa mission et nous aurions eu 1989 et le depecage de l'urss a l'identique 45 ans plus tot.
N'oublions pas que le premier President de la commission europeenne walter einstein est celui qui avait concu le plan d'europe unie pour Hitler...

Francois 06/01/2017 21:53

Superbe vraiment, du grand art, et dire que comme tout le monde je gobais leurs conneries... Ca me laisse rêveur, j'ai même fait partie d'amnesty international LOL

Euclide 06/01/2017 19:23

@ simplet post de 17 H 36;
" Comme d'autres font allusion, on ne peut qu'admirer la résistance du général en son temps, face à se troupeau ".
Le génie du général de Gaulle était dans l'exploitation des rapports de force digne d'un Machiavel. Pompidou sans avoir le génie politique n'était pas mauvais non plus. Depuis sa mort, nous n'avons que des présidents comptables ou de présidents assistants sociaux.
A quand le retour de vrai politiques en France " A casa" ? ( a la maison ); J'ai dis çà , j'ai rien dit. ( Coluche).
Fin du HS .

Mundus 06/01/2017 18:21

Salut à toutes et tous,
Une âme charitable pour m'indiquer un lien vers un article ou une vidéo explicative ''objective'' du conflit au Kosovo et des guerres aux Balkans ou du moins m'expliquer en quelques phrases la guerre du Kosovo (si c possible) car je n'y comprends absolument rien...excusez mon ignorance...dure de trouver sur le net des infos sûres. merci!!!

Observatus geopoliticus 07/01/2017 12:49

Bonjour Mundus. Sur la guerre de Yougoslavie (91-95), je pense que vous pouvez plus ou moins lire ce qui s'en dit généralement, la désinformation n'ayant pas encore vraiment sévi. Par contre, la guerre du Kosovo, elle, relève de la grande intox impériale et visait à s'implanter dans les Balkans.

simplet 06/01/2017 17:47

A lire:
https://www.project-syndicate.org/commentary/trump-isolationism-undermines-peace-worldwide-by-nouriel-roubini-2017-01/french

Voilà la prose d'une mec qui n'a à son actif qu'une prétendue prévision sur le crash 2008, évènement prévisible comme une envie de pisser.
Ce mec faisant aussi partie d'une communauté exerçant le même genre de guerre à Hollywood et Wall street que ces coreligionnaires en Palestine. Cette situation étant la mère des toutes les verrues du moyen-orient et utilisée par ceux qui se déclarent comme étant les propriétaires de toutes les énergies fossile du monde.
Ne jamais oublier la déclaration d'un sénateur us dont j'ai oublié le nom: "Il est pas normal que la Russie contrôle la Siberie avec ce qu'elle a dans son sous sol...!"

simplet 06/01/2017 17:36

Etant rarement laudatif, c’est donc avec sincérité que je considère ce billet comme admirable et de plus avec un avertissement honnête qu’est l’allusion à la propagande nazie.
Il est vrai que l’empire des désillusions a produit sa doxa depuis 1940 en démarrant à Hollywood ses films justifiant ses velléités martiales préparées depuis fort longtemps, notamment contre le Japon, puissance thalassique émergente, ensuite complicité avec l’Allemagne nazie devenue elle aussi trop puissante pour finir par la combattre.
S’en suit la longue liste non exhaustive d’ « Observatus insigni intelligens » .
Nous sommes tous un peu coprophage en persistant à lire ou écouter les grands plumitifs autoproclamés ou faisant partie d’une caste. Même si c’est pour en rire.
Comme d’autres y font allusion, on ne peut qu’admirer la résistance du Général en son temps, face à ce troupeau.
Il est également heureux de pouvoir constater que notre époque a au moins un avantage, c’est la ré-information à pêcher ici ou là, par le biais du net.
Ceci étant, qu’est-ce la propagande ?
Une information truquée, mensonge ou l’avis d’un clan ?
De même qu’est-ce un terroriste ?
Un opposant qui sème la terreur ou un résistant qui se bat ?
Cela dépend dans quel camp où l’on se trouve.
Où est la différence entre nos résistants face aux SS et l’opposition irakienne face aux « Marines » ou encore les fellaghas face à nos paras?
De multiples exemples peuvent être cités.
Complexe, non ?

E. 06/01/2017 13:06

Malheureusement, propagande et politique vont de pair, au moins depuis les chefferies. Les moyens actuels donnent l'occasion au pouvoir de matraquer bien d'avantage, il est vrai. Et il est assez logique qu'une offre politique réduite à une opinion unique ait pour résultat une presse unique, et nécessairement imbécile. Ça s'est vu ailleurs, ça se voit désormais chez nous. Plus préoccupant est le début de réaction des "élites" face à ce grave problème (pour eux): "fake news", Miniver, et autres...Le XXIème siècle va être intéressant.

Monertov 06/01/2017 12:19

Ils doivent bien rigoler les maitres de l'univers quand le summum de la "résistance" 2017 consiste à laisser un commentaire sur un site de ré-information.Désolé pour le sarcasme ,mais l'étendue des dégâts étant telle,je me dis qu'on est très ,très mal barrés pour y mettre fin.

Observatus geopoliticus 07/01/2017 12:20

Désolé incorrigible monseigneur Theuric, mais je vous avais prié bien gracieusement et à moultes reprises de ne pas tomber dans une basse discussion politique bien indigne de vous. Aussi, mon doigt a-t-il malencontreusement dérapé et inconsciemment cliqué sur "supprimer" concernant votre message ci-dessous, désormais évaporé dans les limbes. Soyez assuré que, de honte, j'en ai le rouge au front...
Quant à ce message bien plus géopolitique donc intéressant, vous soulevez des points importants, le principal étant le potentiel conflit entre les deux pays les plus peuplés du monde. Je n'ai pas pour ma part de boule de cristal et aurai bien du mal à en prévoir le début ni même s'il aura lieu, tant plusieurs éléments indiquent le contraire. Dans ce contexte, les structures internationales dans lesquelles se retrouvent ces deux pays (OCS, BRICS) auront en tout cas leur mot à dire pour apaiser les passions.

theuric 07/01/2017 05:36

Mais souffrez, Monsieur de l'Observatus, que de ce tremblement de terre d'un empire finissant, deux autres, plus terribles encore, ne viennent tempérer votre belle exaltation.
Le premier est de celui que je ne cesse de répéter, le monde court à sa ruine, terrible, formidable, apocalyptique.
Le second est que les B.R.I.C.A. et, surtout, la grande Eurasie, n'existe que pour contrer et contenir cet empire U.S. devenu instable et extrêmement dangereux, ne sachant pas si Monsieur Trump arrivera en vie le 20 Janvier et si il pourra mener sa politique à son terme.
De toute façon, comme Monsieur Gorbatchev en son temps, les décisions que prendra le nouveau président des U.S.A. ne fera que déstabiliser son pays.
Quand à la grande Eurasie, elle risquerait très bien disparaître dès que le danger que représentait l'empire ne sera définitivement plus.
Or, je le dis et le répète, le principal danger futur se trouve au risque d'une confrontation entre la Chine et l'Inde et, ce, dans une fourchette de temps, à mon sens, entre sept et douze ans, le temps que chacun commence à se refaire une santé économique en interne.
Pour le reste, je n'avais pas mentionné excellent travail que Monsieur Poutine, son équipe et l'armée russe ont accompli au Moyen-Orient, voilà qui est fait.
Février étant le mois où tous les éléments du dynamisme historique actuel pourraient bien converger, des signes ténus le laissant entrapercevoir ( tiens, ce mot là aussi j'aime bien l'écrire).

Bozi Lamouche 06/01/2017 14:34

Bonjour OG
Superbe article .
Je le sais bien que vous ne faîtes pas de prosélytisme..C'était un brin d'humour...un rire jauni, terne, fade...votre article (j'ai eu du mal à aller au bout ) m'a abattu....et derrière ça la perspective évoquée ....
merci pour cet excellent (et indigeste ) récapitulatif ( de mon ignorance passée)...
Mais aujourd'hui les blogs de réinformation existent ...
Bien cordialement

Observatus geopoliticus 06/01/2017 14:06

@ Bozi
Mon cher, je l'avais déjà expliqué il y a quelques mois : je ne m'intéresse pas à la politique intérieure des Etats. De plus, je ne vote jamais et pour personne, comme ça je suis tranquille. De toute façon, j'ai quitté la France il y a trop longtemps pour que ma voix change quoi que ce soit.
Ce qui m'intéresse est la géopolitique, les changements tectoniques de l'échiquier eurasien, donc mondial. De ce point de vue, oui, une victoire de FF ou MLP sera un jour noir pour le système impérial. J'aurais pu y ajouter Mélenchon mais il n'est pas parti pour gagner. Du point de vue géopolitique, MLP ou Mélenchon (et partiellement FF), c'est une seule et même chose. Et c'est tout ce qui nous intéresse ici...

Eiffel 06/01/2017 13:58

Ils rigolent de moins en moins...
-Ils ont dû se résigner à faire élire Trump parce que Bernie Sanders à suscité l'adhésion de 10 millions d'américains. Sans ce mouvement pour la gauche de Sanders, la Clinton aurait gagnée haut-la-main.
-Ils inventent les fables de manipulations russes et de ''fakes-news'', même les grands quotidiens américains sont obligés d'avouer avoir mentis...
-Ils passent des lois en douce menant à la création d'un ministère de la vérité
-Ils criminalisent la liberté d'expression
-Ils instaurent une liste de surveillance des sites alternatifs et des médias russes
-Ils mettent des algorithmes sur les plateformes de réseaux sociaux qui détectent et censurent les publications ''non-conformes'' à leurs mensonges
-Ils prolongent l'état d'urgence jusqu'après une élection présidentielle
-Ils manipulent tellement l'opinion publique que seuls les naïfs les croient encore!

Pas certains qu'on est si mal barrés:
Suffit de se mettre d'accord sur le candidat à la présidence qu'on veut élire, puis de le plébisciter sur toutes les tribunes et même dans la rue.
Facile de créer un mouvement à l'ère Internet!
Juste à se mettre d'accord sur l'heureux élu. Élu par Nous et Pour Nous.
Pas de chichis: on prend le dernier qu'ils (l'élite) voudraient avoir!
La liste officielle des candidats est ici:
http://candidat-2017.fr/candidats.php
Choisissons-en un et lançons le mouvement.
Sinon bien, votez encore une fois pour le moins pire et subissez 5 ans durant...

Hamilcar Barca 06/01/2017 13:45

@Monertov
Cher Monertov
Vous avez peut-être raison, mais: "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de vaincre pour persévérer" (Guillaule d'Orange)

Et même si on est mal barré, ce n'est pas une raison pour ne pas résister, de toutes les manières, même apparemment les moins efficaces.
Faut juste croire à ce que l'on fait, et se dire qu'on est loin d'être minoritaires dans les peuples de l'Empire. Grosse différence d'avec les groupuscules de tendance variées.
Relisez l'histoire de Mao-zédong:et de son parcours, par exemple.

Bien cordialement

Bozi Lamouche 06/01/2017 13:34

Bonjour OG
Le prochain président FF ou MLP...euh c'est censé (nous?) remonté le moral ??
Cdlmt

Bozi Lamouche 06/01/2017 13:27

Bonjour monertov
Oui on a beau savoir, on a beau se douter...cet article fait mal au ventre....du fait de notre passivité de l'époque...une vie sous l'intox des merdias...Cdlmt

Observatus geopoliticus 06/01/2017 12:42

@ Monertov
Ne soyez pas si pessimiste, cher ami. Lire des sites de ré-information, c'est ne plus lire des sites de désinformation. La MSN se casse la figure à une vitesse accélérée : Libération a disparu, les autres sont en crise et ne dépendent plus que des subventions qui ne seront pas éternelles. C'est la même chose ailleurs en Europe, par exemple en Allemagne où les médias dominants ont vu le nombre de leurs lecteurs divisé par deux depuis 2013.
Politiquement, ça donne le Brexit, Trump... Le prochain président français (FF ou MLP) sera russophile et s'écartera partiellement de l'empire. Là aussi, le mouvement est général sur le Vieux continent. Et la tête de l'empire est elle-même traversée de forts courants contraires.
Sans compter qu'à plus grande échelle, le changement tectonique mondial se fait au détriment du système impérial, et la puissance et la richesse partent en Asie, ce qui aura mécaniquement des conséquences sur la "bataille idéologique" en Europe même.

Claude 06/01/2017 09:51

Merci infiniment pour votre travail et pour cet article pour votre info :
Livre : Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, Xenia, 2006.
Préface de Jean-Pierre Chevènement

Que les services spéciaux américains aient prêté la main subrepticement dès 1992, puis officiellement à partir de 1994, à l'armement des milices islamistes de Bosnie est un fait bien connu.

Ce que démontre Jürgen Elsaser, c'est le véritable chaudron du terrorisme islamiste qu'ont constitué les guerres yougoslaves tout au long des années quatre-vingt-dix. Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York, de Madrid le 11 mars 2003, et du 7 juillet 2005 à Londres font tous émerger des personnages qui, à des titres divers, ont été des vétérans des guerres de Bosnie.

Observatus geopoliticus 06/01/2017 14:16

Eh oui, cher Claude, le duopole américano-saoudien dans ses oeuvres : Afghanistan (années 80), Balkans (années 90), Tchétchénie (99-01), Syrie...

Jean 06/01/2017 08:40

Bizarrement les journalistes ne comprennent toujours pas les raisons pour lesquelles ils sont critiqués et parfois insultés
http://www.liberation.fr/france/2017/01/05/comment-journalopes-et-merdias-se-sont-repandus-sur-les-reseaux_1538849

Observatus geopoliticus 07/01/2017 12:42

La récente hystérie médiatique auto-justificatrice est le meilleur symbole de son écroulement.

Yann 06/01/2017 21:11

C'est une épidémie, Slate aussi :
http://www.slate.fr/story/133163/critique-medias-traditions

yann 06/01/2017 17:39

Merci Observatus pour cette chronique.

@Jean
Ça sent la bête blessée et la concertation. Mêmes mots, même rhétorique et forcément des fachos bien sûr, et surtout ne pas se demander pourquoi ces mots sont utilisés. Sur France Inter, ce matin, :
"...
On continue avec des « gros mots »…

Journalopes, merdias, ou le très charmant gauchiasse…si vous êtes adeptes des réseaux sociaux, sans doute avez-vous déjà vu passer ces néologismes injurieux, qui nous sont plutôt à nous, journalistes, assignés et adressés. Dans un article à lire sur le site de Libération, Juliette Deborde nous explique les subtilités de cette novlangue, on aura compris que journalope c’est la contraction de journaliste et salope, je vous épargne les autres définitions. Elle nous retrace surtout l’historique de ces néologismes anti média. Ils ne s’imposent vraiment que depuis 2012. Ils sont colportés par ceux qui se définissent dans leur bio comme des « patriotes », des anti migrant, des soutiens aussi de marine le Pen ou tout à la fois. Et de fait, c’est un vocabulaire qui est devenu un marqueur d’identité pour tous ceux qui gravitent dans la fachosphère. Leur inspiration : Jean Marie le pen, fort inventif en rhétorique anti media depuis les années 80 ; et dans leur viseur donc, les medias traditionnels forcément à la botte du pouvoir, mais aussi le mode de vie et l’idéologie supposés des journalistes, parisiens, de gauche bien-pensants, bref bobos. Dénonciation d’une « caste », globalisée et uniforme, pour en faire un épouvantail idéal. Débordements, injures qui ne sont en rien une vraie critique du fonctionnement des medias mais bien une posture politique populiste. Il ne suffit pas d’inventer des mots pour dire le monde
..."
https://www.franceinter.fr/emissions/la-revue-de-presse/la-revue-de-presse-06-janvier-2017

Observatus geopoliticus 06/01/2017 14:17

Certains sont indécrottables et irrécupérables. L'Histoire montre que quand un système ne s'adapte pas aux nouvelles réalités, il est balayé.

Eiffel 06/01/2017 08:36

Bonjour,

Notre ami Observatus n'a pas mentionné les deux plus grandes opérations de propagande du 21e siècle:
-Une fiole de poudre blanche tendue par Collin Powell à l'ONU devant prouver la possession d'armes de destructions massives par Saddam Hussein et permettant la destruction de l'Irak puis par la suite la constitution de l'EI et la destruction de la Syrie.
-La couverture médiatique des attentats du 11 septembre 2001 où l'on proclamait, avant même que les tours s'effondrent, Ben Laden et Al Qaida coupable lançant ainsi l'invasion de l'Afghanistan, la guerre ''contre'' le terrorisme, la guerre du Liban, etc., etc.

Trump s'est abondamment servi du fiasco Irakien dans sa campagne contre l'Establishment politique de Washington.
Advenant le cas où le même Establishment lui causerait trop d'ennuis lors de son mandat, il pourrait laisser ''fuiter'' de nouvelles informations sur les gens impliqués dans les attentats du 9/11 (médias inclus). Informations, qu'à n'en pas douter, les Russes possèdent en masse et en détails et qui ne demandent pas mieux qu'à rendre public lorsque cela sert leurs intérêts...
Cela explique aussi pourquoi il n'a nommé à aucun poste son plus grand supporteur lors de sa campagne, l'ancien maire de New-York; Rudolph Giuliani ainsi que la campagne farouchement antirusse actuellement parrainée par la CIA.
Les accusations de fraude contre Bibi montrent aussi que l'état profond israélien aimerait bien mettre un PM moins vulnérable à la tête de son gouvernement.
Trump à plus de cartes dans son jeu qu'on pourrait le croire à première vue et à tout intérêt à ''jouer'' la Vérité, voilà qui apporte des premières pages beaucoup plus sympathiques!
Je crois que beaucoup de gens sont très nerveux en ce moment et vont probablement faire profil bas ces prochaines 4 années...
Si 2016 était passionnante coté Géopolitique, 2017 sera définitivement une année Politique et pourrait être tout-à-fait surprenante...

Chris 06/01/2017 07:25

J'ai vécu la fin de la guerre d'Indochine, celle d'Algérie, Vietnam, etc...
J'avoue avoir été saisie d'une profonde angoisse par la guerre de l'OTAN en l'Ex-Yougoslavie. La proximité me direz-vous. Mais pas que.
J'ai lu et entendu comme tout le monde la sauce médiatique, les rodomontades et insanités d'un Kouchner et son droit d'ingérence, etc...
Je connaissais cette fédération de républiques depuis plusieurs années, j'y avais des amis serbes, croates, slovènes, macédoines. Ce qu'ils m'en rapportaient ne collait pas. Tout, absolument tout a été monté en neige pour oser l'impensable : attaquer et démembrer.
Une angoisse, une impuissance semblable à l'émotion ressentie face à un accident que l'on voit venir, imparable et qui sera mortel.
Depuis, je n'accrédite plus aucun média ni politicien et prends systématiquement contrepied.
Mes "champions" sont leurs cibles, sachant parfaitement qu'ils ont, eux aussi leurs défauts, mais de loin pas autant qu'on leur en prête.
Fabrique du consentement ? Non merci, sans moi.

Silenoz 06/01/2017 07:01

Merci pour cette remise à plat salutaire .

j'aimerai juste vous demander , quid de Srebrenica ? Le "Auschwitz" de Bosnie ? Car j'ai bien remarqué qu'aujourd'hui l'on ne parle plus de cette "guerre" que par son spectre .

Nom 06/01/2017 13:54

Attention, je ne dis pas que tout est invention et je ne justifie aucun acte. Simplement, j'estime qu'ignorer des détails concernant la situation à un instant clé d'un conflit peut finir dans un bain de sang pour les civils car on se calquera sur une division manichéenne des forces dès cet instant.

Kevin 06/01/2017 13:31

Bonjour,

Je ne connais pas les nombres, j'étais alors un peu jeune pour comprendre les enjeux de cette guerre, mais je connais 2 bosniens qui l'ont vécu et qui m'ont donné des détails horribles à propos des crimes de guerre des serbes sur les civils à Sarajevo. Donc dans ce cas, tout n'était pas inventé par les médias...

Nom 06/01/2017 09:50

Si vous avez quelques heures devant vous, j'avais apprécié la diversité des points de vues que l'on peut trouver ici : http://puissantsetmiserables.fr/2015/11/02/dossier-comprendre-la-guerre-de-yougoslavie-et-donc-les-guerres-actuelles/

Le point important de l'un de ces reportages (je ne sais plus lequel malheureusement) est qu'il est expliqué, en partie, la situation de Srebrenica : en bref les défenseurs de la ville empêchent l'acheminement des denrées à la population et pillent les villages à l'entour. D'où une montée des tensions pour finalement voir l'évacuation de la ville et la "disparition de milliers d'hommes". Le point important reste toutefois le même : aucune mention n'a été faite au départ de la présence de ces forces rebelles aux actes répréhensibles, et les médias se sont donc emballés devant cet encerclement d'une ville sans raison valable. Ce scénario s'est donc rejoué à Alep Est...

RolandT 06/01/2017 02:59

Cela fait belle lurette qu'on a déjà le "MINEFI", pour "Ministère des finances", qui m'a toujours fait penser à ce MINIVER...

jef 06/01/2017 00:42

Tout remonte, en effet, pour la série en cours, à la guerre du Kosovo.
Mais dans Drame en trois actes, Agatha Christie donne à l'origine d'une série de meurtres sur lesquels enquête Hercule Poirot, un très étrange meurtre qui aurait dû passer pour un malheureux accident (un meurtre dont le motif "bizarre" était de répéter (au sens théâtral) ceux que projetait le criminel!)Tel me semble un peu l'affaire du charnier de Timisoara (au tout début de troisième semaine de décembre 1989) qui enflamma le monde entier. En février 1990, le faux fut reconnu par de nombreux journaux de par le monde. Mais, entre-temps, les Ceausescu étaient jugés et pendus (le 25 décembre 1989) sans grande indignation internationale.... Une leçon qui fut retenue de toute évidence par les manipulateurs et autres agences de relations publiques. La presse mainstream, elle, glosa beaucoup en février/mars 1990 de déontologie et d'éthique journalistique.

Observatus geopoliticus 06/01/2017 13:18

Dame Agatha serait effectivement plus utile à la compréhension des enjeux internationaux que bien des "spécialistes" payés rubis sur l'ongle pour débiter leurs énormités.
Eh oui, Timisoara fut un jalon important : le "Bien" (se débarrasser de Ceausescu qu'on ne regrettera certes pas) a eu le dessus sur la vérité. Puis, peu à peu, le Bien est devenu auto-suffisant et s'est résumé au seul bien de l'empire. On connaît la suite...

Lecteur Assidu 06/01/2017 00:19

Cher OG, merci pour ce billet.

Pourriez-vous m'indiquer sur quel billet trouver le témoignage de lecteur dont vous parlez ? Les commentaires sont devenus tellement nombreux que les retrouver est devenu difficile !

Permettez moi aussi de renvoyer les lecteurs de ce blog vers le livre d'Halimi dont sont tirés une bonne partie des textes que vous citez (et qui se trouvent aussi sur le site du Monde Diplomatique, naturellement) : L'Opinion, ça se travaille..., qui traite de la propagande médiatique en allant de la guerre du Golfe à celle plus récente sur les aventures de BHL en Libye. Petit livre accessible et très instructif sur la question !

Kevin 06/01/2017 13:34

Je ne suis pas surpris... France Inter a beaucoup de contenu culturel de qualité, mais le parti pris systématique et le mépris des chroniqueurs pour les avis divergents est parfois agacant...

Observatus geopoliticus 06/01/2017 12:55

@ Lecteur assidu
Je vous avoue que je m'y perds un peu moi-même mais j'ai fini par retrouver le commentaire en question. Il est de Yann dans "Ce nouvel ordre qui se met en place". Y est cité un plumitif de France Inter qui auto-félicite la caste médiatique.
Je n'ai pas eu l'occasion de lire le livre de Serge Halimi mais j'en ai entendu beaucoup de bien. A lire sans aucun doute !

José 05/01/2017 23:58

Fantastique travail de compilation daté et sourcé !!!
Même si l'article est un "échantillon" (normal vu la quantité a traité) , je salue la rigueur de l’œuvre.

Je remarque , depuis quelques semaines , que le ton des débats et articles se fait plus nuancé , moins hargneux.Serait-ce l'impact du BREXIT , Trump ou autre élection a venir , qui leur donne des sueurs froides ?

Observatus geopoliticus 06/01/2017 13:10

Merci, cher José. Certains médias étant plus girouettes que fanatiques, il est effectivement probable qu'ils mettront de l'eau dans leur vin. D'autres, par contre, s'enfonceront toujours plus...

Jehan 05/01/2017 23:33

Excellente compilation, pour le moins accablante pour le camps du Bien, à laquelle on pourrait ajouter bien sûr beaucoup d'autres cas, ne serait-ce que pour chaque intervention américaine, en particulier en Amérique du Sud. Le désarroi face à la montée inexorable des "populismes" (conséquence directe à mon sens de l'obligation de suivre la politique néolibérale imposée d'en-haut) va sûrement nous permettre d'assister à de nouvelles tentatives de contrôle de l'information dans les mois qui viennent. Des listes de sites réputés "relai de propagande" ont déjà été publiées par le Washington post : je gage que si le même genre d'initiative fleurissait en France vous seriez dans le top 10 cher OG ! (ce qui serait à n'en pas douter une juste récompense pour la qualité de vos articles)

Observatus geopoliticus 07/01/2017 12:31

@ Hamilcar
Diantre, quelle déception ! Mais pas de panique, je vise le top 100 d'ici trois mois et le top 10 d'ici un an ^^

Hamilcar Barca 07/01/2017 09:28

@Observatus Geopoliticus
Mon cher OG,
Ne laissez pas languir vos lecteurs: la voici, cette liste de "sites conspirationnistes".
Etablie par je ne sais trop qui, et trouvée à partir d'un lien aimablement fourni par ...Mediapart.
https://archive.is/vvpf9#selection-21745.20-21745.23
Dans cet inventaires à la Prévert, "Les Chroniques" côtoient Russia Today, le Ku-Klux-Klan et même l'Eglise Catholique
C'est dire l'oecuménisme du compilateur :-D
Cela étant, vous n'êtes que 728 sur 1200: va falloir bosser!
Bien cordialement

Kevin 06/01/2017 13:42

Felicitations, OG. Vous aurez bientot l'honneur de rejoindre la "fachosphère" aux cotés d'Olivier Berruyer, Etienne Chouard, Michel Collon, et autres voix dissidentes ;-)

Observatus geopoliticus 06/01/2017 12:58

Ha ha, mon cher Jehan, des lecteurs m'ont dit que j'étais sur je ne sais plus quelle liste de "sites conspirationnistes" établie par une officine bien comme il faut. Je ne désespère pas d'atteindre le top 10 ^^

fb67 05/01/2017 23:31

Beurk...
Et on a vécu tout çà en temps réel, à l'époque je m'étais fait avoir, et on a eu la Libye aussi...
Le plus triste, c'est quand on voit le Canard Enchainé, créé il y a bien longtemps pour contrer le "bourrage de crane" faire du Putin Bashing comme un vulgaire Immonde!
Enfin, merci quand même de ce rappel, que je trouve trop bref au vu de la vastitude du sujet

Hamilcar Barca 06/01/2017 17:25

@Kevin
Merci Kevin du compliment (j'en rougis de plaisir), mais ...jamais de la vie!

J'ai un mal fou à penser et à écrire "ex nihilo" sur les sujets comme ceux décortiqués par OG. Je n'ai pas la formation, point. Et comme "Quand on a rien à dire il est inutile de le faire savoir" ... :-)

Par contre - et ça doit être mon passé de 3ème ligne qui me suit à la trace - j'aime bien réfléchir, éventuellement me documenter et finalement écrire "en contre" ou "en soutien" lorsqu'un texte ou une opinion accroche particulièrement mon attention.
Bref, dans le blog de notre ami Observatus Geopoliticus, je suis heureux comme un poisson dans l'eau!

Bien cordialement

Observatus geopoliticus 06/01/2017 13:54

Je ne saurais mieux dire, cher Hamilcar. J'y ajouterais cependant l'intense révolutionnaire intellectuelle des années 90 aux Etats-Unis qui a permis le raz-de-marée néo-conservateur subséquent : fin de l'histoire (par la victoire supposée de la démocratie libérale et l'économie de marché), monde unipolaire... Cette idéologie s'est déversée sur l'Europe au cours des années 2000.

Kevin 06/01/2017 13:48

Fb67, quand on voit ce que Philippe Val a fait de Charlie Hebdo, c'est dur d'etre surpris par quoi que ce soit...

Hamilcar, vous devriez vous aussi lancer votre blog, vous avez un vrai talent pour l'écriture :-)

Hamilcar Barca 06/01/2017 00:51

Mon cher fb67,

Je comprends votre désarroi en voyant que le "Canard", cet emblème de la pensée anti-conformiste et corrosive, a lui aussi succombé à la grippe aviaire qui a emporté toute la presse depuis un quart de siècle.

Lorsque le monde était bi-polaire, de la fin de la guerre à la chute de l'URSS, les choses étaient claires. Vu de Washington, il y avait d'un côté le camp de "la liberté" opposé à celui de la "tyrannie communiste". A Moscou, on défendait les "masses prolétariennes" contre "l'impérialisme US" et la "dictature de l'argent". Un certain Charles de Gaulle avait bien expliqué qu'il existait une 3ème voie, mais lui parti ...
L"intelligentsia" était globalement du côté des prolétaires, même si Budapest 56, Prague 68 et qq autres anicroches du type invasion de l'Afghanistan avaient fait fuir les plus indécis. Il y avait bien aussi les vétérans de l'Anarchie, plus la IVème internationale et ses agités qui pratiquaient l'entrisme et noyautaient les partis dits "socialistes" et les syndicats non communistes, en Europe et ailleurs, mais que pesaient ces blablateurs invétérés face aux PC, leurs appareils et leurs militants?

AMHA, les choses ont commencé à tourner au vinaigre lorsqu'un président américain a décidé d'avoir la peau de l'URSS en déplaçant l'affrontement intellectuel du terrain politico-économique à celui du religieux, donnant à son combat une dimension eschatologique, quasi-zoroastrienne dans son inspiration. L'URSS s'est vue désignée comme l"Empire du Mal" que devaient combattre tous ceux qui étaient épris de Bien. Spenta Mainyu contre Angra Mainyu, "nihil novi sub sole".
Ahura Mazda "Reagan" a gagné son combat, cela a été la fin du Vieux Monde et l'avènement du NWO unipolaire.
L'Empire et ses sicaires neo-cons avaient défait leur vieux rival, mais se devaient d'améliorer la qualité de la marchandise idéologique à fourguer à ses sujets. La religion du "pognon-à-tout-va-qui-ne profite-qu'à-ceux-qui-sont-en-haut-de-l'échelle" était difficilement vendable aux masses et à leurs "élites intellectuelles", globalement désemparées par la fin de "l'espérance communiste", pour reprendre l'expression de Byblos dans un fil précédent.

Heureusement, il y avait la "gauche" américaine et en Europe les socio-démocrates, tous bien connus pour avoir "le coeur à gauche et le portefeuille à droite", selon l'expression qui caractérisait si bien feue la SFIO (au passage officine atlantiste reconnue). Et ces braves gens, attirés par le bon fumet du pognon qui mijotait dans la marmite neo-cons, ont fourni à ceux-ci ce qu'ils cherchaient: une nouvelle religion parfaitement compatible avec le fric.
"Universalisme, valeurs démocratiques, droits de l'Homme, défense des minorités, etc, etc...". Religion à laquelle ont adhéré massivement toutes les bonnes âmes qui grenouillaient dans la gauche non communiste, et particulièrement dans les milieux aisés et "intellectuels".
On leur a même trouvé un nom: les "libéralo-libertariens" (en abrégé anglais, "libtars", que j'utilise non pas par snobisme mais parce que c'est plus court!), alliance du pognon et de la Bonne Pensée.

Et voilà pourquoi, mon cher fb67, le vieil hebdo anar et contestataire est devenu lui aussi un membre de la "Propagandastaffel".
:-(

Bien cordialement

Pelletan Pascal 05/01/2017 23:18

Un commentaire a ce billet ? J'avoue que j'en reste coi. A diffuser partout autour de vous. Le pire c'est que je crois que pas une personne sur cent a meme de lire ce billet n'irait a son terme. Trop long...trop complique...trop fatigant...trop ceci...et trop cela...mal a la tete...
Parfois je me dis que la big three on ne l'aura pas volee.

Charles Michael 06/01/2017 05:35

@Pelletan Pascal
pour une fois je n'ai fait que parcourir ce billet de OG, très bon au demeurant, très juste, mais la lecture de toutes ses manipulations et mensonges, desquelles j'étais tout à fait conscient et devant lesquelles j'étais impuissant, cette lecture réveille donc en moi cette rage et cet immense dégout du monde d'aujourd'hui.
Dissident associal de toujours, de plus en plus anarcho-gaulliste.

@ à tous les déplorables, sans dents, et populistes
ben non, ces épithètes ne m'empécheront pas de me considérer, de vous considérer, comme la réelle élite: celle des résistants