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Chroniques du Grand jeu

Un clerc, un bouclier et un delirium tremens

22 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Asie centrale, #Ukraine, #Chine, #Russie

Un clerc, un bouclier et un delirium tremens

Petit panaché de nouvelles...

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades "sadristes" comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu'elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l'après-guerre.

Car Daech est clairement sur le reculoir en Irak où ses jours sont comptés. Les petits hommes en noir ont perdu Tikrit, Ramadi, Fallujah et ne tiennent plus que Mossoul ainsi que des pans de désert. Mais en face, quel joyeux bordel, on trouve tout et son contraire : Irakiens chiites, Iraniens, Américains, Turcs (nous avions parlé de leur présence dans le nord), Kurdes PUK et Kurdes PDK (qui se détestent), PKK même (Sinjar)... Tous combattent ou disent combattre l'EI, mais tous passent leur temps à se tirer dans les pattes.

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l'homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l'invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un "gouvernement de technocrates" sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

A plusieurs milliers de kilomètres de Bagdad, le sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghai, à Tachkent début juillet, a accouché d'une nouvelle fort intéressante. En plus de ce que nous avions déjà évoqué, l'on apprend maintenant que des discussions ont eu lieu sur la possibilité de mettre sur pied un bouclier anti-missile couvrant l'OCS !

Alors bien sûr, ils n'en sont qu'au stade des discussions, le projet pourra rencontrer un certain nombre d'obstacles pour les "petits" pays (en fait, il s'agirait d'un don russo-chinois à l'organisation) etc. Mais potentiellement, c'est énorme. L'OCS se transformerait peu à peu en véritable OTAN eurasienne (le bouclier en question faisant en quelque sorte office d'article 5). Une bulle d'exclusion sur le continent-monde, Spykman doit se retourner dans la tombe...

Un pays qui, lui, ne fait et ne fera sans doute jamais partie d'aucune organisation militaire est l'Ukraine post-Maïdan, inénarrable cirque sans fin. Sautant sur chaque bouée pour éviter de tomber dans le précipice, Tapiocashenko ne sait plus à quel saint se vouer.

Il a bondi de joie après la rupture turco-russe suite à l'incident du SU-24 et s'est mis sur son 31 pour flirter avec Erdogan. Evidemment, la volte-face du sultan a pris notre pauvre Poro totalement de court, il en aurait même avalé ses chocolats de travers. De manière puérile, il a voulu sauver la face en expliquant qu'Erdogan lui avait demandé... la permission avant d'écrire sa lettre d'excuses au Kremlin ! On peut dire tout ce qu'on veut sur le comique de Kiev, mais une chose est sûre : il nous fait rire, ce qui n'est déjà pas si mal.

Et comme tous les grands artistes, il ne s'arrête pas en si bon chemin. Début juillet, il nous a pondu un sermon fanatique sur l'Union européenne qu'on pourrait résumer ainsi : Il n'y a de Dieu que l'UE et Bruxelles est son prophète (excellent titre de Russia Insider). Notons qu'au même moment, les Britanniques votaient le Brexit et Barroso allait se caser chez ses partenaires de Goldman Sachs...

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Anym 25/07/2016 00:57

Pour répondre à un peu tout le monde :
Je vous parle Russie, vous me répondez États-Unis. Soit comme vous voulez, mais lorsque je dénonce les agissements de la Russie, cela ne veut, en aucun cas, dire que j'approuve ceux des États-Unis, dont la politique étrangère a été par le passé (et est toujours ?)et à bien des égards immorale et illégale.

Ce que je souhaitais dire avec la notion d'étranger proche, qu'elle soit russe ou américaine, c'est que cela ne constitue au aucun cas une justification valable en ce qui concerne l'atteinte à la souveraineté d'un pays. C'est même profondément immorale, peu importe le pays qui l'"utilise". Voilà tout.

De plus, est-ce que les agissements scandaleux des USA, en Irak ou ailleurs, justifient ceux de la Russie en Ukraine ou ailleurs ? Non, vous pouvez donc comparer autant de fois que vous voulez la Russie aux USA, les actes immorales et illégales commis par la Russie (ou les USA, vais-je être réellement obligé de le dire à chaque fois, sinon auquel cas, je serais accusé de justifier les actions américaines... ?) restent immorales et illégales.

Enfin, quant à la Crimée, Maïdan était, au début du moins, une révolution populaire. Ce n'est pas la CIA qui a fomenté cette révolution. Et vous avez légèrement tendance à l'oublier ou à l'éluder, mais cela doit être en tout bonne foi ? Cette révolution, soutenu par la majorité du peuple Ukrainien, a été réprimée durement par Ianoukovitch, le président démocratiquement élu (Tout comme Erdogan). Cela reste une répression digne d'une dictature.
Ensuite, il y a eu le putsch, qui était bien sûr illégal (comme tous les coups d'état). Était-il pour autant immorale ? C'est à vous d'en juger, mais répondez d'abord à cette question : Si un second putsch (à visée démocratiques) advenait demain en Turquie et réussissait, comment le jugeriez-vous ? Illégal c'est sûr, en serait-il pour autant tout à fait condamnable ? Pour moi, non. Chacun son opinion.

Enfin la comparaison OTAN/étranger proche russe est fausse. L'OTAN est une organisation dont les membres sont libres de quitter ou de rester. De même, les actions et manoeuvres militaires de l'OTAN se font en respectant parfaitement la souveraineté des États membres. L'étranger proche lui, viole parfaitement la souveraineté des états concernés. Cependant, les USA avaient leur étranger proche, non pas en Europe mais en Amérique latine, comme l'a dit observatus geopoliticus.

Pour finir, je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait que "la multipolarité est bien meilleure que l'hyperpuissance". J'ajouterais même que la multipolarité est bien meilleure que la bipolarisation du monde. Il n'y a pas que les États-Unis et la Russie. Loin de là. Et le fait que je juge les actions de l'un immorales, n'implique aucunement que je soutienne les actions de l'autre.

Observatus geopoliticus 26/07/2016 20:13

Oups, ma fourche a langué comme on dit ^^

Stef 26/07/2016 15:23

Oups! Petite erreur entre Pinochet et Allende à la fin de la réponse de notre hôte.
Anym, je n'ai qu'un conseil cordial à vous donner : les USA ont toujours été agressifs, aujourd'hui ça dépasse l'entendement et c'est probablement la preuve d'une grande crise interne pour n'utiliser que des termes choisis. Que la Russie oeuvre dans son propre intérêt, évidemment, et elle ne s'en cache pas, mais, que je sache, elle passe l'essentiel de son temps à répondre aux agressions occidentales, extraordinairement variées (j'espère par exemple que vous avez bien compris que les récentes sanctions sportives contre la Russie étaient organisées depuis déjà un bon moment (conf. l'arrivée de l'ineffable S. Coe à l'IAAF dans des conditions plus que douteuses) uniquement pour tenter de la déstabiliser, de rendre les russes furieux contre leur président et de faire en sorte, surtout, de faire perdre à la Russie l'organisation du prochain mondial de football). Faites-vous une idée en allant bien au-delà de la presse occidentale "officielle", sinon en effet vous pourrez peut-être douter un peu, comme vous le faites actuellement, mais vous ne verrez pas toute la turpitude occidentale actuelle. Il reste que c'est vraiment passionnant d'assister à la fin du règne américain et les premiers vrais sursauts européens contre sa domination (que verra-t-on en premier, la chute du dollar, l'implosion sociale aux USA et l'éclatement de ces derniers, l'implosion de l'UE, l'assassinat de Poutine, l'élection de Trump ou de Clinton?).

Observatus geopoliticus 25/07/2016 02:16

Décidément, Anym... C'est bien la peine que je m'échine à écrire des articles documentés, vérifiés, prouvés si c'est pour voir un lecteur sortir des inepties comme : "la majorité du peuple ukrainien soutenait la révolution du Maidan durement réprimée par Yanoukovitch"... Vous ne lisez donc pas mes billets ni les innombrables liens vers lesquels ils renvoient ?
Une dernière fois, et rapidement :
- le Grand jeu est une lutte à mort entre les Etats-Unis et la Russie. Evidemment que l'un ne va pas sans l'autre. Les Russes n'agiraient jamais comme ils le font s'il les USA ne faisaient pas ce qu'ils font...
- l'étranger proche a toujours existé et existera toujours. Il y a 2 000 ans, Rome avait son étranger proche, les Assyriens et les Egyptiens aussi pour remonter encore plus loin. C'est le propre de toute grande puissance et même de toute entité vivante. Vous-même, vous avez un étranger proche (votre boulanger, votre épicier) ; si demain, votre étranger proche devient ennemi, cela vous perturbera. C'est la même chose pour un Etat.
- la géopolitique n'a pas vocation à être morale, c'est un éternel rapport de force. Mais si vous cherchez absolument à moraliser la chose, alors c'est la Russie qui devrait vous plaire. En effet, elle accepte tout à fait dans son étranger proche des pays indépendants qui ne sont pas alliés (Azerbaïdjan, Turkménistan, Ouzbékistan etc.) Tout ce que Moscou demande, c'est que son étranger proche ne devienne pas ennemi (= entrée dans l'OTAN), comme vous avec votre boulanger. Et c'est justement toute la politique américaine : harceler la Russie dans son étranger proche, la provoquer, tenter de la couper des autres parties de l'Eurasie...
- c'est exactement ce que les Américains ont fait en Ukraine : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/retour-sur-l-ukraine.html. Ils avaient déversé des milliards de dollars (cf. Nuland) pour noyauter la société civile et préparer 2014. Une partie de l'Ukraine était favorable au rapprochement avec l'Occident, l'autre moitié non. Manifestations, apparition des groupes néo-nazis entraînés en Pologne etc. La répression était un false flag, fait reconnu par les familles des victimes ainsi que le ministre estonien des Affaires étrangères. Le président démocratiquement élu d'alors a été renversé (comme Mossadegh, Pinochet et une infinité d'autres avant lui) et le putsch a réussi. A 10 000 km des Etats-Unis, dans leur étranger lointain...

Occulus 24/07/2016 19:27

Bonsoir,

Pour répondre a Anym

Il ne s'agit pas de parti pris, ou d'être en faveur de qui que ce soit. Mais, les faits sont les faits.

A 10 000 km de chez soi, on ne se défend pas, Les U.S n'arrête pas de prendre des excuses et des motifs fallacieux.

Anti missiles pour se protéger des iraniens, Hum, mais l'Iran n'a des missiles que d'une porté e de 4000km max, New york est a 10 000 km et si il le faisait, ils seraient vitrifié dans l'heure par la riposte.

Pour le bouclier en Corée du sud pareil. Les nord coréens réussissent leurs lancements qu'une fois sur 10 et la précision l'ecp est tellement nulle.

Ensuite, vous parlez de notion floue pour définir l'étranger proche utilisée par les russes. Mais, l'Europe n'est elle pas aussi l'étranger proche des américains ? Appelez cela OTAN ou partenariat, il n'y a pas de différence avec I'OTSC.

Donc, pourquoi l'un aurait il toujours tort ou du moins de mauvais argument et l'autre forcement raison. Comparaison n'est pas raison, dit le dicton.

La Crimée, hum et l'Irak par les U.S, c'est bien pire non, car en 2003 il n'y avait aucune légalité,

Bref, soyons juste raisonnable et contentons nous d'observer et de se dire que de la mutipolaraité est bien meilleure que l'hyper puissance

UltimaRR 24/07/2016 23:34

On peut difficilement évoquer le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie sans le mettre en parallèle avec la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, après que l'OTAN se substitua à l'ONU dans la résolution du conflit qui l'opposa à la R.F. de Yougoslavie près d'une décennie plus tôt.

Et si l'on veut balayer devant sa porte, les bombardements de la Coalition en Syrie à laquelle la France s'est ralliée constituent également une violation de la souveraineté nationale (ou ce qu'il en reste).

Pour le reste, vous avez tout dit, Occulus.

Jean 24/07/2016 22:42

"Bref, soyons juste raisonnable et contentons nous d'observer et de se dire que de la mutipolaraité est bien meilleure que l'hyper puissance"
Très juste

Charles Michael 23/07/2016 20:28

Sadr ne représente quand même qu'une petite fraction de la large population shiite en Irak, mais effectivement très active et démonstrative.
Si on se souvient du pétrole principalement dans les zones chiites au Sud et Nord kurdes on comprend facilement que Sadr (seul ?) refuse la direction US des opérations. D'autant que les milices shiites participent cette fois à l'assaut contre Mossul.

Il n'y a aucun projet réaliste d'un Grand Kurdistan (les Kurdes de Mossul d'ailleurs n'en veulent surtout pas), peut-être une région kurde semie-autonome mais à l'intérieur de la Syrie. L'appui des US aux Kurdes syriens est certainement répulsif for Erdogan et tous les Turcs.

@Anym
l'Ukraine est un pays indépendant et souverain.. .bien sur, bien sur... et à votre avis la france c'est aussi un pays indépendant et souverain ?

Observatus geopoliticus 23/07/2016 21:54

Oulah, pas si petite ! Sadr City (entre le tiers et la moitié de la population de Bagdad) est à lui. Je ne mentionne même pas Bassorah, Najaf, Kerbela etc.
Pour le "grand Kurdistan", oui, il faudrait d'abord que les Kurdes soient unis et ce n'est pas pour demain... Kurdes syriens + PKK + Kurdes irakiens du PUK vs Kurdes irakiens du PDK qui tiennent la région autonome du Kurdistan irakien. Et je ne mentionne même pas les Kurdes iraniens qui ont leur propre agenda.

Alaric 23/07/2016 18:20

Intéressant l'héritage du règne de Saddam Hussein et de l'invasion de 2003 : le régime de Hussein réussissait l'exploit de favoriser outrageusement les sunnites dans un pays où ils ne sont qu'une petite minorité .

Son renversement de 2003 par les américains est pourtant mal vu par le chiite Moqtada Sadr qui appelle dès 2004 à attaquer les soldats US .

Au contraire, l'état islamique n'ose pas critiquer trop fort (ils évitent beaucoup le sujet dans leur propagande ) la période Hussein ( pourtant plus ou moins laïque et nationaliste ) car il était bien vu chez les sunnites irakiens qui constitue la base de leur califat ...

Observatus geopoliticus 26/07/2016 21:37

mmm... difficile à dire. Quelle part a le Baath dans l'émergence de l'EI ? On le saura dans cinquante ans quand les archives seront déclassifiées.

Yom 25/07/2016 09:55

« Au contraire, l'état islamique n'ose pas critiquer trop fort (ils évitent beaucoup le sujet dans leur propagande ) la période Hussein ( pourtant plus ou moins laïque et nationaliste ) car il était bien vu chez les sunnites irakiens qui constitue la base de leur califat ... »

Sans compter que l’EI doit beaucoup de ses succès militaires du début à la récupération des anciens officiers de l’armée irakienne sous Saddam Hussein, prèts à faire fi de toute idéologie du moment qu’il est possible d’obtenir un pouvoir de nuisance maximal dans un esprit revanchard.

Anym 23/07/2016 17:53

Les stratèges US doivent attentivement surveiller cette histoire de bouclier de l'OCS... Si cette histoire se concrétiser, l'OCS deviendrait presque une sorte d'organisation concurrente de l'OTAN. J'ai cependant beaucoup de mal à y croire notamment du fait des relations pas très amicales (et c'est un euphémisme) qu'entretiennent l'Inde et la Chine.

On remarquera de plus, dans l'article source, l'hypocrisie du Ministre des affaires étrangères russe (Sergei Lavrov, je crois ?) qui aurait déclaré selon le même article :
"De telles actions [à savoir l'installation d'un bouclier anti-missile THAAD américain en Corée du Sud], peu importe la manière dont elles sont justifiées, ont des conséquences très négatives sur la stratégie globale de sécurité dans le monde [la paix dans le monde], principe auquel l'adhésion de Washington peut être discutée."
Si la mise en place d'un bouclier défensif anti-missile est une atteinte à la paix mondiale, alors qu'est ce que l'invasion et l'annexion d'une région entière (à savoir la Crimée) d'un pays indépendant et souverain ?

Observatus geopoliticus 24/07/2016 21:36

Anym,
je ne voudrais pas paraître déplaisant mais il est pénible de discuter avec quelqu'un qui a la mauvaise foi chevillée au corps.
Seule la Russie pense la notion d'étranger proche dites-vous... Débarquez-vous de Mars ? Ne connaissez-vous pas la doctrine Monroe (1823, je répète, 1823) qui a fait de toute l'Amérique latine l'étranger "proche" des Etats-Unis : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_doctrine_de_monrOe_un_imperialisme_masque.asp
Des dizaines de coups d'Etat/guerres ont suivi pour y préserver les intérêts états-uniens.
Après la Seconde Guerre Mondiale, Washington a passé la vitesse supérieure : désormais, son étranger proche était le monde entier ! Vietnam, Afghanistan, Irak, Ukraine etc. etc. Très proche en effet... Et vous venez larmoyer sur l'immoralité et l'illégalité russes ? Franchement, vous moquez-vous du monde ?
Pour en revenir à l'Ukraine, ce sont les Etats-Unis qui ont ouvert les hostilités contre l'intégrité territoriale du pays en fomentant un putsch contre un président démocratiquement élu. Point-barre. Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens et avec toute la mauvaise foi que vous voulez, vous n'en sortirez pas. Les Américains ont attaqué la souveraineté ukrainienne, les Russes ont réagi.

Anym 24/07/2016 18:11

Vous admetterez que la défense de la Russie est plutôt curieuse : pour se défendre, elle envahit un pays souverain qui ne l'avait même pas attaqué (pays dont la Russie avait justement promis de ne pas atteindre à sa souveraineté...), tout cela soi-disant "après l'agression des États-Unis aux frontières russes". Il ne faut pas oublier ici que avant d'être des "frontières russes", l'Ukraine est un pays indépendant et souverain...
Mais passons, il est évident que nous n'arriverons pas à nous convaincre. Je ne faisais remarqué ici que l'hypocrisie amusante de Lavrov... (Je n'affirme pas ici que seule la Russie est hypocrite ! Tout le monde l'est plus ou moins dans le Grand Jeu)

Je suppose qu'ils réagiraient à peu près comme la Russie et la Chine, mais je ne suis pas devin malheureusement.

Ce qui me pose problème n'est pas que la Russie prenne des mesures défensives sur son territoire, mais qu'elle prenne de soi-disantes mesures "défensives" (qui peuvent être parfois sans trop de mal être assimilées à une agression) dans son "étranger proche", où elle aurait tous les droits : ingérence, invasion, etc...

Cette notion "d'étranger proche" n'a aucune base légale dans le droit international, et n'a aucun sens, sauf pour la Russie. Au nom de quoi les pays limitrophes de la Russie n'aurait-il pas le droit de choisir entre tel ou tel camp (pour schématiser) ? Pourquoi l'Ukraine ne pourrait-elle pas choisir l'U.E. à la place de la Russie (ce qu'elle a fait d'ailleurs, lors de Maïdan puis lors des élections de 2014, le soi-disant putsch US n'a fait qu'accélérer les choses) ? Je conçois qu'il s'agisse pour la Russie d'une de ses stratégies de "défense", mais cela reste profondément immoral, antidémocratique et illégal au niveau du droit international.

Observatus geopoliticus 24/07/2016 15:00

J'inverserais le problème : après l'agression des Etats-Unis aux frontières russes (putsch), peut-on reprocher à un Etat de chercher à se défendre (Crimée) ?
Question subsidiaire : comment réagiraient vos chers Etats-Unis si Moscou installait un bouclier, disons, à Cuba ou au Mexique ? Bouclier qui peut d'ailleurs facilement se transformer en arme offensive.
Vous pouvez retourner la question dans tous les sens, vous n'y échapperez pas : l'un des deux pays (Russie) prend des mesures défensives, sur son territoire ou dans son étranger proche ; l'autre (USA) est à 10 000 ou 15 000 km de chez lui et passe son temps à harceler son adversaire. Si seulement vous jetiez aux orties votre idéologie ou votre parti-pris, vous verriez ce qui crève les yeux...

Anym 24/07/2016 11:00

Je vous répondrai en citant mot pour mot Lavrov :
"De telles actions, peu importe la manière dont elles sont justifiées [<-- Je tiens à souligner ce passage], ont des conséquences très négatives pour la paix dans le monde"
C'est tout de même assez hypocrite non ?

P.S. : Je ne remettais en cause le fait que ce bouclier peut, en effet, avoir des conséquences néfastes sur la paix dans le monde. Mais, en soit, peut-on reprocher à un État de chercher à se défendre ? Par exemple, pourrait-on reprocher à la Chine et à la Russie de mettre en place ce bouclier pour l'OCS ? Je n'en suis pas sûr...

Observatus geopoliticus 23/07/2016 21:58

L'équilibre nucléaire est effectivement le meilleur garant de la paix mondiale en cela qu'il empêche l'un des protagonistes devenu intouchable de se comporter en tyran.
Quant à l'Ukraine, il vous a déjà été expliqué à de multiples reprises que les premiers à avoir porté atteinte à l'intégrité du pays sont les Américains avec leur putsch. La prise de la Crimée est une réaction au coup d'Etat US, rien d'autre. Poutine n'allait certes pas rester les bras ballants...

Jean 22/07/2016 23:22

Cet appel à attaquer les troupes US paraît assez insensé, sauf pour pousser les Américains à quitter définitivement cette région

Observatus geopoliticus 24/07/2016 21:40

Rebonjour Charles et merci de votre commentaire.
Oh non, Sadr City, c'est 2 à 3 millions d'habitants, un véritable Bagdad bis. Et Moqtada y est chez lui. On comprend mieux la pression qu'il fait peser sur le gouvernement irakien.
Pour le stream, je n'ai pas suivi...
Bien à vous

Charles Michael 24/07/2016 05:51

Sadr montre une sure constance. Il avait déjà appelé à l'insurection contre les troupes britaniques dans son fief; baptisé alors Sadr City (400.000 habitants si ma mémoire est bonne).

Observatus:
- vous avez raison, pas si petite, j'aurai du employer ' minoritaire ''.; on se souvient aussi de sa démonstration récente dans la Zone Verte.
- il me semblait, dans le post précédent, avoir parlé de South Stream pas de Turkish.

Evidement je vous félicite et remercie pour ce blog et votre humour.

Observatus geopoliticus 23/07/2016 03:48

Oui, et les menaces viennent d'être réitérées de manière assez crue : http://www.iraqinews.com/iraq-war/al-salam-brigades-we-are-thirsty-american-blood/

bozi lamouche 22/07/2016 23:03

oui il est considéré comme le mahdi...
une réputation d'intégrité et il semble fédérateur..
un cv peu commun dans la région !!!

Observatus geopoliticus 23/07/2016 03:47

Il est d'ailleurs relativement populaire y compris chez certains sunnites ou laïcs.

Ady85 22/07/2016 20:01

Depuis quelques jours je vois sortir une "rumeur" émanant de diverses infos Russes, disant que les US aurait perdu le contrôle de l'EI, laissant donc les mains libres à ces derniers pour lancer leur grande offensive en Europe de l'ouest.

Crédible selon vous ?

Observatus geopoliticus 23/07/2016 22:04

Rebonjour Ady,
je ne suis pas spécialiste de lutte anti-terroriste mais il me semble que le terrorisme 3.0 d'aujourd'hui n'a pas besoin de grande planification, comme on l'a malheureusement constaté ces derniers temps. La destruction inévitable du califat auto-proclamé dispersera dans le monde une nouvelle génération de djihadistes comme cela avait été le cas avec l'Afghanistan après 1989. Donc oui, hélas, une recrudescence d'attaques terroristes en prévision, surtout que le mode opératoire change et devient plus simple. Ceci étant posé, cela dépendra également des gouvernements en place dans les différents pays-cible.

Ady85 23/07/2016 17:50

Observatus : En fait la question que je me pose : ont-ils les moyens de vraiment lancer une offensive générale en Europe de l'ouest , avec des attaques très régulières ?

Que ce soit des petites ou grandes attaques.

Observatus geopoliticus 23/07/2016 03:41

Bonjour Ady,
comme le dit Alaric, ça fait quand même un bout de temps que le divorce américano-daéchique a eu lieu, même si Washington donne encore l'impression de prendre son temps dans la lutte contre l'EI afin de gêner le plus possible Assad.
Par contre, petit point de désaccord avec Alaric : Daech attaque tous et partout, pas seulement les pays de la coalition. Attentats répétés au Bangladesh, en Afghanistan, en Turquie, tentative au Brésil...

Jean 22/07/2016 23:27

@ Alaric
L'Allemagne participe peu à cette coalition pourtant les deux derniers attentats (train et aujourd'hui à Munich) la frappent

Alaric 22/07/2016 21:39

Euh oui ça fait 3 ans qu'ils ne "contrôlent" plus l'EI , qui commence à leur causer beaucoup trop de problèmes (opinion publique, discrédit, menace sur leur sol...) .

Quand à leur grande offensive il s'agit surtout d'une vague d'attentats dans les pays de la coalition .

Sinon super article comme toujours !