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Chroniques du Grand jeu

Recompositions

28 Janvier 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Amérique latine, #Russie

Le deuxième mandat d'Obama avait sans doute porté à son paroxysme l'affrontement des deux blocs. Entre 2013 et 2015, le système impérial américain, incluant ses dépendances européenne et médiatique, s'est arc-bouté, uni, resserré presque jusqu'à l'étouffement. Un objet trop compressé finit par se fissurer, puis éclater - simple loi physique. Géopolitiquement, cela nous a donné le Brexit et l'élection de Trump.

Nous entrons maintenant dans une ère aléatoire de recomposition, un nouvel ordre mondial que les tenants de l'ordre ancien voient avec horreur et qu'ils tentent désespérément, et avec de moins en moins de succès, de ralentir. Voici venue l'ère des électrons libres, de la restructuration internationale et des nouveaux paradigmes.

Au royaume de Sa Gracieuse Majesté, le Brexit a fait l'effet d'un premier coup de tonnerre. Nous en prévoyions les conséquences :

Cette journée historique aura d'importantes répercussions géopolitiques, même si celles-ci se feront plutôt sentir à long terme. Tout ne changera pas du jour au lendemain, bien que certains éléments puissent survenir plus vite que prévu. [...]

Mais derrière, c'est évidemment l'affrontement entre les deux grands qui se profile. L'ombre du méchant ogre russe, accusé de toutes les turpitudes, plane sur le Brexit. La corporation médiatique nous avait déjà prévenus avec des trémolos dans la voix. A peine vaincu, Cameron n'a pu s'empêcher un commentaire désabusé - "Poutine doit être content" - s'attirant une réponse ironique du maître du Kremlin. L'ancien ambassadeur US à Moscou, Michael Mc Faul, va plus loin : "C'est une gigantesque victoire pour Poutine. Je le félicite pour sa victoire ce soir." (!) [...]

Le maître de l'empire se voit aujourd'hui obligé de déclarer qu'il "respecte le vote britannique" (manquerait plus que ça !) mais les stratèges US l'ont mauvaise. "Le Royaume-Uni et l'Union européenne resteront des partenaires indispensables" a-t-il ajouté. Mais voilà le problème : deux au lieu d'un, et peut-être bientôt trois, quatre, cinq, qui commenceront à partir dans tous les sens, n'écouteront plus que d'une oreille les recommandations de tonton Sam, au lieu d'une structure européenne centralisée noyautée par les Américains. Voilà le souci européen de Washington...

Nous y sommes. Les dirigeants britanniques n'ont pas du jour au lendemain abandonné leur saoudolâtrie ou leur russophobie mais, partiellement libérés de la chape de plomb diplomatico-stratégique du système impérial, ils commencent à s'égailler dans la nature.

En visite officielle aux Etats-Unis, Teresa May a continué sur la ligne de son prédécesseur, mettant en garde contre la Russie et qualifiant l'OTAN de "pierre angulaire de la défense de l'Occident". Mais elle a tout de même mis de l'eau dans son sherry : "Les jours d'une intervention du Royaume-Uni et des Etats-Unis dans des pays souverains pour tenter de remodeler le monde à notre image sont terminés" (quel terrible aveu, en passant...)

Surtout, son excentrique ministre des Affaires étrangères, le pourtant russophobe Boris Johnson, a acté le changement de position de Londres sur le dossier syrien : au clair et sec "Assad must go" a succédé le "Assad can stay". Ce faisant, il n'a pas fermé la porte à une coopération avec Moscou contre Daech.

Nous avons, il y a peu, analysé en détail les recompositions de l'ordre international liées à l'arrivée de Trump à la Maison Blanche, aussi est-il inutile d'y revenir. Relevons toutefois quelques nouvelles récentes et importantes, évidemment passées sous silence dans notre bonne vieille presse. Selon un journal libanais (donc non confirmé), le Donald aurait qualifié Assad d'"homme courageux combattant le terrorisme" lors d'une conversation avec le président égyptien Sissi.

Si c'est vrai, les Saoudiens doivent en perdre leur djellaba... Plus sérieusement, c'est un exemple éclairant de la complexification de la refonte des relations internationales à laquelle nous commençons à assister : Trump "aime" Assad, Trump aime Israël (discussions sur le déménagement de l'ambassade US à Jérusalem), Assad et Israël se détestent. Vous avez dit noeud gordien ?

La délicieuse Tulsi, elle, ne se met pas martel en tête. A la stupéfaction de la volaille médiatique états-unienne, elle vient de passer quatre jours en Syrie et a osé rencontrer "le monstre". A son retour, pas repentante pour un sou, elle a doublé la mise sur la nécessité de voter le Stop Arming Terrorist Act avec cet argument de simple bon sens : Beaucoup de Syriens m'ont demandé pourquoi Washington et ses alliés soutiennent les groupes terroristes alors que c'est Al Qaeda qui a attaqué les Etats-Unis le 11 septembre, pas la Syrie. Je ne pouvais rien leur répondre..."

La nouvelle administration débat d'ailleurs de la possibilité de placer les Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Si tel est le cas, c'en est fini de la rébellion  modérément modérée dont l'un des piliers est Ahrar al-Cham, groupe frériste syrien (l'autre étant, comme chacun sait, Al Qaeda). Quant au Qatar, il a du souci à se faire...

Sans surprise, le nouveau conseiller à la Sécurité nationale, le général Michael Flynn, pousse en ce sens. Plus étonnant, le sénateur Ted Cruz, pourtant généralement dans le camp néo-con, a déposé un projet de loi semblable (où l'on voit que la grande recomposition touche également le spectre politique américain). Evidemment, le Deep State s'oppose à cette décision qui saboterait l'instrumentalisation du fondamentalisme sunnite ayant fait les grandes heures du système impérial US.

L'Etat profond, justement. Il n'a pas dit son dernier mot... Des sénateurs préparent un autre projet de loi, visant celui-là à empêcher Trump de lever les sanctions contre la Russie ! Sera-t-on surpris de trouver parmi ces bonnes âmes les habituels suspects, McCainistan en tête ?

Revenons un instant au Moyen-Orient où Erdogan, éternel électron libre et spécialiste d'entre les spécialistes des retournements de veste, semble prendre une nouvelle direction en remplaçant lentement mais sûrement l'islamisme par... l'erdoganisme. Somme toute, la chose est très logique si l'on considère que les évolutions extérieures se traduisent invariablement sur la scène intérieure.

Les bisbilles avec les Saoudiens - qui étaient même vraisemblablement au courant du putsch de juillet sans en avertir Erdogan -, le raccommodement avec Israël (juin) et le lâchage partiel de la rébellion syrienne au profit de la réconciliation avec Moscou, ont jeté les soutiens islamistes du sultan dans un grand trouble. L'assassinat de l'ambassadeur russe à Ankara en décembre est d'ailleurs symptomatique de cette incompréhension grandissante face à ces recompositions interne et externe.

Terminons par l'Amérique latine où le système impérial pensait avoir fait le plus dur avec le putsch juridico-institutionnel destituant Dilma au Brésil et l'élection de Macri en Argentine. A propos de ce dernier, nous disions :

Et puisque nous évoquons le monde multipolaire concurrent de l'Occident américanisé, un mot tout de même sur l'élection de Macri en Argentine. Candidat de la droite libérale, traditionnellement proche des Etats-Unis en Amérique latine, le nouveau président pourrait faire sortir son pays du grand mouvement dans lequel l'avait engagé les Kirchner (alliance avec la Russie et la Chine, future entrée dans les BRICS, dédollarisation...). Macri prétend vouloir maintenir des liens privilégiés avec Moscou. Wait and see...

Nous avions raison d'attendre. Buenos Aires vient de faire une offre pour l'acquisition d'une quinzaine de Mig 29 russes. Sans être fondamental, le fait est significatif : l'Argentine s'est bien gardée de couper les ponts et poursuit sa relation avec Moscou. Et comme, depuis l'élection de Trump, il n'y a plus personne à qui plaire à Washington...

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Chris 31/01/2017 16:26

Ça se précise : 31 janv. 2017 – Des blindés US (de l'administration Trump) pour les forces l'alliance arabo-kurde combattant l’EI
http://www.romandie.com/news/Syrie-les-forces-antiEI-disent-avoir-recu-des-blindes-de-ladministration-Trump_RP/771488.rom

simplet 31/01/2017 15:49

Comme prévu par beaucoup, cela commence à surchauffer aux US et quand chaud aux US, c'est la cagna chez les satellites, les castras européistes.
Voir le long sanglot du violoniste polonais: l'autre Donaldo, Oncle Tusk (un nom de manga,ça)!
Avec le support de la chorale de Fraü ost-panzer milka et son petit kapo M. Schultz.
Une belle séquence géopolitique s'ouvre.

Grognard 31/01/2017 00:44

@ Eric83
Bonsoir,
Vous écrivez:
" l'on se rend compte à quelle point ces médias ne sont là que pour véhiculer la propagande du pouvoir."

En fait non.
Ils sont une composante du pouvoir.
Eux aussi montent en chaire pour déclamer leur vérité.
Toute autre - vérité - est forcément frappée d'hérésie.
L'expression grand messe du 20 heures me semble très explicite.

Nous pouvons juste faire la distinction entre les grand prêtres qui fixent la doctrine et les kapos.
Les éxècutants ceux qui mettent les mains dans le camboui pour que le système perdure le plus longtemps possible ; leur laissant le temps d'accumuler encore et encore.
La logique du profit a depuis belle lurette remplacé la déontologie.

Pourquoi voudriez-vous qu'ils participent à l'éclosion d'un nouveau paradigme?
Lorsque l'on se vend c'est toujours au plus offrant.
Sauf lorsque la seule chose qu'il vous reste à monnayer est votre vie.
Ne nous faisons aucune illusion.

geedorah 30/01/2017 16:11

j’aurais plutôt donné comme explications pour le vote trump et brexit les causes suivantes:
de plus en plus d'affaires autour de nos élites (du coup de moins en moins supportées on veut du sang neuf), de plus en plus de paupérisation, et la cerise sur le gâteau, les méchants étrangers qui viennent nous envahir voler nos aides (et nos femmes accessoirement ^^)

Eric83 29/01/2017 10:23

Les propos de Tulsi GABBARD à son retour de Syrie ont été largement médiatisés aux US. Cela n'a rien d'étonnant puisqu'elle membre du Congrès.
En revanche, en France, rien sur les médias MSM. ( En indiquant Tulsi GABBARD en Syrie sur Google, seuls des sites dits "alternatifs" reprennent ses propos ).
Par ce silence coupable, l'on se rend compte à quelle point ces médias ne sont là que pour véhiculer la propagande du pouvoir.
En effet, en quelques phrases, Tulsi GABBARD démonte la propagande scandaleuse véhiculée depuis 2011 par les gouvernements occidentaux pour justifier le renversement du Président élu Assad. La réalité, c'est qu'il n'y a ni "rebelles" et encore moins de "rebelles modérés" mais des terroristes et la guerre menée en Syrie sous l'égide des US est illégale. Ce constat est d'autant plus accablant que c'est celui d'une "démocrate", donc faisant partie des "bien-pensants".
Concernant les orientations de la géopolitique US, il semble clair que les US tentent de diviser le bloc Russie-Chine-Iran. Ces Etats ne sont pas dirigés par des lapins de trois semaines et cette tactique a probablement beaucoup de chances d'échouer.
Cependant, il me semble qu'à la différence de son prédécesseur Obama adepte du poker-menteur, Trump semble vouloir s'asseoir à une table d'échecs face à Poutine.

CharlesMichael 29/01/2017 07:32

Bonjour,
ça y'est le Donald est déchainé: un coup sur les entrées de musulmans et un gros mur avec le Mexique.
notons que ce mur fut commencé sous Bill Clinton, poursuivi par Bush Jr, approuvé en son temps par le sénateur Obama et l'Hillary (Mario Dinuchi - Comité Valmy), concerne de fait toute émigration provenant de l'Amérique Latinne.
Bon j'espère que la coke continuera à passer, ce serait dommage que ce marché soit aussi à la hausse, héhé

Alors le Mexique ? Ronanic Godin pense que ce sera un échec économique (LaTribune repris par les crises) avec retour de baton. L'excellent Stephan Trano (blog sur Marianne) parle des mensonges de Mexico et des responsabilités des gouvernements mexicains successifs sur la paupérisation et fuite de ses citoyens.

Considérant tout ça, je pense que ce mur sera une chance pour le Mexique plus que pour les USA. En fait un rêve protectionniste, rendant sa souveraineté à un pays de 150 millions d'habitants.
Comme le disait le pôëte (mexicain me souvient plus du nom) :
- Pauvre Mexique
si loin de Dieu
si près des Etats Unis.

jef 28/01/2017 18:57

@ Euclide et Theuric. Merci de m'aider à "soulever mes cent kilos" Je promets "de ne plus me répéter, de ne plus me répandre! "Mais si OG nous dégottait le bidule truc pour rectifier ce que vous savez,...
Sur le fond de l'article. J'accorde comme beaucoup ici une grande importance aux mots employés. Le mot de recomposition (au pluriel) m' a semblé particulièrement heureux. Quelque chose se recompose à partir de, autour de.. . Quelque chose se décompose et se recompose..Ces deux processus ne sont pas successifs.
Voilà ce que j'apprécie dans les articles de ce blog et dans les commentaires qui les accompagnent: l'invitation à réfléchir sur notre présent (en devenir, par définition) à partir d'informations solides.

Tibidi 28/01/2017 16:05

Merci pour ces précieuses précisions Hamilcar

Hamilcar Barca 28/01/2017 16:00

@ OG & Tibidi

Bonjour,
Les Fuerzas Aereas Argentinas n'ont jamais été la chasse gardée des Américains ou des Britanniques. Surtout avec le dossier des Malouines qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis plus de 50 ans.

Les avions de combat majeurs des Fuerzas Aereas, au moment de la guerre des Malouines, étaient une trentaine de Douglas A-4 Skyhawk, achetés en deuxième main, près de 60 Dassault Super-Etendard et 39 Dagger, copie israélienne du Mirage 5 (deuxième main également).
A la suite de la chute de la dictature, de la méfiance générale vis à vis des militaires et des crises économiques, les budgets de défense ont été réduits à la portion congrue.
A partir de la présidence Kirchner, les robinets se sont rouverts un peu, mais surtout pour renforcer, équiper et instruire la Gendarmeria Nacional. Afin d'avoir une police militaire de haut niveau, intègre et légaliste. La France a apporté son concours à ces actions.

Les Fuerzas Aereas Argentinas sont totalement tombées en digue-digue. Aucun Etendard ni Dagger ne vole plus, il ne reste plus qu'une vingtaine de Skyhawk totalement dépassés, notamment au niveau des missiles embarqués. Depuis 3 ou 4 ans, les crédits revenant quelque peu, les Argentins essaient de rénover leur aviation. La France leur a proposé de racheter des Mirage 2000, les siens ou ceux qu'elle va reprendre aux Qataris, suite au contrat Rafale. Les Argentins n'ont pas donné suite, probablement parce que c'était trop cher. Même d'occase.

Dans cette optique de caisses quasi-vides, l'achat des Mig-29 prend une autre tournure. Cet avion neuf coûte quand même entre 29 et 40 $ M. Mais les Russes en ont "sur les bras" un certain nombre. Notamment les 12 MiG-29SMT plus 3 MIG-29UBT bi-places d'entraînement vendus en 2008 à l'Algérie et retournés par celle-ci pour de graves défauts. Le procès de sous-traitants qui auraient fourni à l'usine des pièces défectueuses et/ou contrefaites vient de s'achever à Moscou, mais en 2008 les Algériens avaient surtout incriminé des conditions de stockage déplorables d'avions invendus "à queue blanche".
A ma connaissance, ils sont toujours en Russie, et probablement les Argentins ont eu une bonne proposition de soldes.

Bien cordialement

Yom 30/01/2017 12:33

Mince, j’aurais du lire tous les commentaires avant de répondre à Tibidi (je lis les commentaires de bas en haut, conformément à la façon dont le blog les ordonne).

J’appuie donc votre réponse avec tout le poids du savoir académique que m’a apporté l’émission Top Gear …

Madudu 28/01/2017 20:15

Voilà un commentaire solide dont je prends bonne note ! :)

tibidi 28/01/2017 13:34

Merci pour vos billets OG !
Si les Russes commencent à vendre des avions de chasse en Amérique Latine, ceci est important. L'Argentine était la chasse gardée des Anglais et Amerloques. A suivre de près ...

Yom 30/01/2017 12:29

L’Argentine et les anglais ?

Il me semble que perdure pourtant un fort sentiment anti-anglais en Argentine depuis la guerre des Malouines.

Après, j’avoue que mes sources à ce sujet seront plutôt hétérodoxes pour le spécialiste en géopolitique. Il s’agit notamment d’un épisode de l’emission anglaise Top Gear dans lequel les trois (ex)animateurs effectuent un « road trip » au Chili et en Argentine. Leur passage argentin a du être écourté du fait de l’hostilité des locaux. Dans l’emission, on peut même voir le convoi de la BBC se faire caillasser alors qu’il est escorté par la police jusqu’à la frontière chilienne.

Ils n’avaient pas eu aussi chaud depuis qu’un défi stupide les avaient amenés à circuler en Alabama en arborant sur leurs carrosseries des slogans pro-démocrates, pro-gays et anti musique country … (émission qui permet de voir que les vrais rednecks ne correspondent pas complètement à la caricature sympathique qu’en font certaines séries TV et certains films).

Pendule de Newton 28/01/2017 12:14

Comme d'hab un avant goût délicieux de la recomposition de la géopolitique. Du O.G dans l'art
Les Anglais ont été toujours des mercantilistes, leur seul guide et boussole c'est leur intérêt financier ainsi
*Ils caresseront les saoud et les golfiens (tentative de profiter avec les français des folies et bisbilles de ceux-ci face aux mutations du moyen-orient ) jusqu'à ce que leur finance ne le permettent plus.
*Ils ont besoin de déboucher car avec l'UE s'est parti pour un tango long (les nouveaux débouchés sont les pays qu'ils vilipendaient)
*Ils ont besoin d'un partenaire pour contre-balancer le Brexit, or avec Trump il faudra faire des concessions et se placer derrière lui (l'esprit mercantile le permet de facilement tourner leur veste)
la géopolitique de l'U.K a été financière et l'intérêt ne tient qu'à cela quitte à jouer au plus extrême ( de manière superficielle)

simplet 28/01/2017 11:14

Réflexion au passage:
T. May a été la première à être reçue ou à rendre visite à Donaldo.
Le Brexit à l'honneur.
Ceux mêmes qui devaient subir une longue file d'attente
Quelle honte pour les européanistes psychopathes, tellement dorlolotétés par Barac 'O !

Euclide 28/01/2017 01:50

@ Jef
Comme dit la chanson de Jacques Brel " non, Jef t'es pas tout seul" . Moi aussi, je souffre de ne pas pouvoir revenir en AR pour corriger mes fautes d'inattention après validation. Qu'en pense le Dr Theuric du sitede ce phénomène ou un psychiatrie ?

Plus sérieusement, le billet de notre serviteur renoue avec la géostratégie pour les 20 à 30 prochaines années à venir. Sachant " le combat des chefs" ( USA, Russie et Chine) quelles alliances vont se créer ou se défaire. Où se situera Ankara dans ce grand jeu ? L'Europe occidentale va t'elle imploser ? Pour certains experts , la zone Euro est décédée le 13 Juillet 2015 en refusant d'aider la Grèce.
Dans combien de temps réagira l' Europe face a cette invasion non armée mais aussi déstabilisatrice pour elle qu'est l'immigration ?
Beaucoup de questions et de réponses en suspens.

Yom 30/01/2017 12:11

Bonjour à tous,

Puisque nous en sommes à des remarques de formes, de langage et de méthodes …

Euclide a écrit :
> Plus sérieusement, le billet de notre serviteur […]

Je pense que ce libellé « notre serviteur » fait écho à la formule « votre serviteur » que certains auteurs utilisent parfois pour ce désigner eux-mêmes. Je n’ai jamais remarqué qu’il ait spécialement été employé par Observatus Geopoliticus.

Quand bien même, il me semble qu’une telle formule, quelque peu diminutrice, peut être appropriée quand elle est auto-attribuée dans un élan d’humilité (pas forcément toujours sincère). Il me parait en revanche délicat, sur le plan de l’étiquette, de l’attribuer à autrui.

C’est pourquoi j’emploie pour ma part (et il me semble avoir été suivi par certains) la formule « notre hôte » qui me paraît parfaitement appropriée pour désigner celui qui nous reçoit dans son salon de discussion virtuel.


Hamilcar Barca a écrit :
> Je tape "au kilomètre" en utilisant le Bloc-Notes de Windows (pas Wordpad, le Bloc-Notes)

Comme je vous comprends et vous approuve. J’utilise pour ma part également un éditeur de texte (sensiblement plus sophistiqué que le Bloc Note de Windows, il s’agit de gVim sour Linux).

J’en profite pour vous glisser une notion pour parfaire votre culture informatique : vous mettez le doigt sur ce qui différentie un « simple » éditeur de texte (Bloc Note, PSPad, (g)Vim, Emacs, Gedit …) d’un logiciel de traitement de texte (WordPad, Word, OpenOffice / LibreOffice …). Le premier ne propose que d’éditer du texte simple, avec des méthodes plus ou moins sophistiquées pour ce qui concerne les possibilités de sélection, copie et remplacement de blocs de texte et éventuellement de coloration syntaxique quand il s’agit de code exprimé dans des langages de programmation. Le second propose la mise en forme du texte (tailles de polices, gras, soulignement …) et l’enregistre dans un format de documents (.doc, .odt …) capable de mémoriser cette mise en forme, mais qui n’est du coup plus du « simple texte » universel.

Pour ceux qui, comme moi, exècrent la bureautique et en particulier les logiciels de traitement de texte, je signale l’existence de méthodes alternatives qui consistent à utiliser un langage de mise en forme intégré au texte lui-même. Ou, mieux encore, un format de balisage structurel/sémantique qui sera interprété par un programme qui se chargera de la mise en forme.

Le plus simple de ces formats et celui que j’emploie le plus souvent est Markdown, qui sert par ailleurs à la rédaction de commentaires sur certains foræ. D’autres, plus connus, sont le HTML et TeX / LaTeX, très utilisés par les mathématiciens pour ces derniers.


theuric a écrit :
> Ici, nous considérons que nous nous devons au bel ouvrage d'écriture

Je suis un peu partagé à ce sujet. Evidemment, il s’agit d’écrire en bon français et surtout pas en SMS.

Mais j’ai par le passé été un adepte des phrases beaucoup trop longues et alambiquées, pouvant contenir jusqu’à cinq propositions. Jusqu’à ce qu’on m’en fasse la remarque et que je m’aperçoive que mes destinataires ne lisaient plus mes « murs de texte ». Aussi je dit : à vouloir trop en faire dans le domaine du beau langage, méfions nous du syndrome des précieuses ridicules.

---

Pour en revenir au grand jeu après cette digression …

theuric a écrit :
> J'émets l'idée que, dorénavant, ce qui devient central c'est ce qu'il se passe au sein des frontières des U.S.A., et, dès lors mais d'une façon moindre, de l'U.E.

Pour ma part, je pense que le point le plus crucial à moyen terme est l’évolution (ou le maintient en l’état) de la relation russo-chinoise. Il me semble que cette relation est le socle de l’intégration eurasiatique encore plus que le couple franco-allemand est censé être celui de la « construction européenne ».

Si la nouvelle diplomatie américaine parvenait à détourner la Russie de son partenaire chinois … Si le peuplement chinois de portions du territoire sibérien louées à la Russie par la Chine venait à créer des tensions entre les deux pays … Si l’énorme déséquilibre de PIB entre ces deux alliés venait à empoisonner leur relation …

Hamilcar Barca 28/01/2017 18:42

Bonsoir à vous trois,

Je souffre (!) également de ne pas pouvoir corriger une fois que c'est incorporé dans le blog. D'autant que tapant avec deux doigts .... pas besoin de vous faire un dessin!
Pour l'orthographe et la typo, j'emploie une méthode que j'utilise d'ailleurs pour d'autres interfaces peu pratiques pour les invalides du clavier.

Je tape "au kilomètre" en utilisant le Bloc-Notes de Windows (pas Wordpad, le Bloc-Notes), avec un "pitch" de police adapté à ma vue, donc + gros que celui de l'interface du blog.
Je relis tranquillement, corrige les coquilles (généralement un vrai parc à huîtres!) je copie et je colle dans Overblog (ou ailleurs, ça dépend ...).
L'avantage du Bloc-Notes est qu'il ne garde ni incorpore aucune mise en forme: au final, le type de fonte et son pitch vont être ceux de l'interface où vous collez votre texte. Très pratique, pe, quand vous avez copié du texte sur un site Web et que vous voulez l'insérer dans un e-mail. Un passage par le Bloc-Notes, et hop, plus de soucis.

Bien cordialement.

theuric 28/01/2017 16:14

Je ne regrette pas vraiment de mes propres erreurs et autres fautes de frappes que je peux laisser passer, mais si il était possible de relire, je n'en serais que plus ravi.
Ici, nous considérons que nous nous devons au bel ouvrage d'écriture, autant pour le respect dû à notre hôte, de celui aux autres contributeurs de commentaires et à soi.
D'où ce sentiment de désagrément d'avoir des difficultés de nous corriger en raison du fin défilement de texte lorsque nous écrivons.
D'un autre coté, cela nous contraint à l'attention, ce qui n'est pas une mauvaise chose.

Pour ce qui concerne le sujet, il est à remarquer l'incroyable accélération de la suite d'événements, accélération constante jusqu'à présent.
Ce phénomène, qui, peut-être expliquerait pour partie nombre d'errements, que ce soient ceux de nos eurolâtres américanolâtres ou de Monsieur Erdogan, change déjà grandement la situation géopolitique et géostratégique internationale et, de ce fait, il est possible que, dans simplement cinq ans, les équilibres mondiaux n'aient plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui.
J'émets l'idée que, dorénavant, ce qui devient central c'est ce qu'il se passe au sein des frontières des U.S.A., et, dès lors mais d'une façon moindre, de l'U.E., autant pour des raisons symboliques, économiques que purement géostratégiques.
Mon intuition me susurre que le mois de Février sera, en cela, à bien observer.

jef 28/01/2017 00:49

Comme il est pénible de ne pouvoir corriger ses fautes après validation d'un message!

jef 28/01/2017 00:47

Recompositions, c’est-à-dire jeux de forces opposées et pourtant liées, tendant vers un équilibre relatif (ou déséquilibre relatif) laissant aux un et autres plus où moins de jeu. Le genre de choses qui déjoue tous les calculs (le calcul étant pour le fameux 000...0,1% le sommet de la pensée humaine). La Fédération de Russie a dans cette confrontation de jeux, une carte maîtresse: elle est (re-) devenue aux yeux de nombre de nations et États un partenaire potentiel et fiable (prévisible pour ceux qui la prennent au sérieux et imprévisible pour ceux qui tiennent les principes qu'elle affiche pour simple déclaration verbale).

Hamilcar Barca 27/01/2017 23:01

Cher OG,
Juste une réaction immédiate sur un point de votre billet.
Ayant fait dans un post précédent - et lointain - le rappel de l'efficacité la "flak" Nord-Vietnamienne, j'émets un correctif: ils n'étaient pas si performants que cela, car ils ont manqué le futur sénateur Mc Cain.
On ne leur pardonnera jamais!
:-D
Bien cordialement

Kevin 30/01/2017 21:42

Il me semble qu'il n'y en a pas; des gens ont essayé d'utiliser ça comme argument contre lui, mais lui s'en foutait. D'ailleurs je le comprend: en général, on s'engage dans l'armée pour défendre son pays, et depuis Pearl harbor, son pays n'a pas été franchement menacé... ;)

UltimaRR 30/01/2017 21:30

Cinq ans dans les prisons nord-vietnamiennes, ça vous forge un homme et son caractère.

Et sinon, quelqu'un connaîtrait-il les états de service de D. J. Trump (s'il y a) ?

Kevin 28/01/2017 17:44

D'ailleurs, Mc Cain est consideré comme un héros de guerre et a été décoré (tout comme John Kerry). Trump s'est moqué de lui, en disant de façon sarcastique qu'il suffisait de se faire capturer par l'ennemi pour devenir un héros (ce qui lui a attiré les foudres d'anciens combattants)...

Hamilcar Barca 28/01/2017 00:40

@Alaric
Cher Alaric,
Merci de cette information que j'ignorais totalement.
Je comprends mieux l'opposition farouche du sénateur à tout ce qui est estampillé "russe".
Bien cordialement

Alaric 28/01/2017 00:25

En fait les nord vietnamiens ont abattu son avion avec un SAM-2 . Il s'est éjecté en parachute puis ils lui ont cassé les bras et les jambes tout en le transperçant à la baïonnette . Il a ensuite été prisonnier pendant 5 ans

Un dur à cuir le Mc cain

Ady85 27/01/2017 22:13

Et oui, je crois que notre cher Observatus va encore avoir une année 2017 chargée en analyses :)

D'ailleurs au sujet du BREXIT, est-il possible selon vous que le parlement British désavoue le vote de son peuple en votant contre le BREXIT ? Le vote est prévu la semaine prochaine je crois.

Quelles conséquences cela pourrait-il avoir en Europe ?

Chris 28/01/2017 00:29

Selon mon compagnon britannique, le parlement britannique n'osera jamais retoquer un référendum, tradition démocratique oblige.

Les Britanniques sont intéressés par des marchés, d'où leur adhésion à la CEE. La bureaucratie bruxelloise qui s'est développée les fait gerber...