Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques du Grand jeu

Or, gaz & soie

18 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Sous-continent indien, #Economie, #Chine, #Gaz, #Europe

Quittons brièvement le Moyen-Orient où le sultan a difficilement gagné son référendum, ce qui pourrait fragiliser sa position dans une Turquie maintenant divisée comme jamais (nous y reviendrons) et où les Sukhois pilonnent les djihadistes modérés à l'ouest d'Alep en vue d'une offensive (partielle ou générale ?) de l'armée syrienne, et promenons-nous au coeur du continent-monde en train de naître.

Sberbank, la plus grosse banque russe, a l'intention de créer une structure permettant l'importation directe d'or russe par l'Inde sans passer par les intermédiaires financiers habituels. Voilà une information moins bruyante qu'un Kalibr mais qui vaut son pesant de métal jaune... Car en filigrane se devine l'objectif final : se passer du dollar, pilier indispensable de la puissance américaine.

A rapprocher de ce qui s'est récemment passé entre l'ours et le dragon :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l'étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l'Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l'établissement d'un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l'éventualité de paiements commerciaux en or !

Cela fait un certain temps que l'ours et le dragon nous mijotent quelque chose avec le métal précieux. Il y a deux ans, nous écrivions :

La Russie poursuit sa boulimie d'or, achetant tout ce qui passe à portée de main. Depuis deux ans, Vladimir Goldfingerovitch rachète l'or sur le marché, laissant les analystes dans une délicieuse expectative. Pour certains, il se prépare à la guerre économique menée par les Etats-Unis. Pour d'autres, c'est bien plus énorme : il force les Américains à revenir à la convertibilité dollar-or abandonnée en 1971.

Le Kremlin ne cache plus son intention de faciliter les transactions en or pour les échanges au sein des BRICS, dont les compagnies investissent d'ailleurs dans les champs aurifères sibériens. Les BRICS pesant à peu près autant que le G7 - environ un tiers du PIB mondial pour chacun-, un abandon du dollar (qui a déjà commencé avec le commerce en monnaies locales) serait dévastateur pour l'empire US.

Notons par ailleurs que Gazprom commencera ses livraisons de GNL à l'Inde en 2018, dans la foulée de ce qui s'était décidé l'année dernière à Goa, sommet pas si inutile que ça finalement... Certes, la voie maritime est potentiellement sujette aux interférences impériales, mais un pipe continental est pour l'instant très difficile à mettre en oeuvre.

Pour New Delhi, un passage via le territoire du frère ennemi pakistanais semble exclu en l'état actuel des choses. Des ouvertures avaient été faites à la Chine pour un gigantesque gazoduc russo-sino-indien mais ce genre de projet prend du temps et rien de concret n'existe encore. On se contentera de GNL pour l'instant.

Le dragon, justement. 28 (!) chefs d'Etat et de gouvernement assisteront le mois prochain à Pékin à un sommet consacré aux routes de la Soie - à ma connaissance, c'est un record pour un événement de ce type.

Ce pharaonique réseau allant d'un bout à l'autre de l'Eurasie, dans lequel les Chinois ont déjà investi 50 Mds de $ et qui intéresse jusqu'à l'Egypte, comprendra voies ferrées, autoroutes, oléoducs et gazoducs, câblages électriques et internet, infrastructures maritimes etc. MacKinder se retourne dans sa tombe...

Vladimirovitch assistera évidemment à la grande fiesta eurasiatique. Les relations entre Pékin et Moscou sont au beau fixe, la coopération toujours plus poussée dans un spectre élargi de domaines, les liens économiques plus forts (la Chine vient de dépasser l'Allemagne comme premier fournisseur de machinerie à la Russie) et les discussions avancent pour connecter les nouvelles routes de la Soie et l'Union Economique Eurasienne.

Parmi les autres dirigeants présents, relevons le Pakistan (mais pas l'Inde !), l'Italie, la Hongrie, la Pologne, l'Espagne, la Suisse, la Grèce, les cinq -stan, l'Indonésie, Duterte des Philippines et même le Chili et l'Argentine. Quant à la triade euro-vassale de l'empire (Allemagne, France et Royaume-Uni), elle n'enverra que des hauts représentants. Certains semblent toujours n'avoir rien compris au monde qui se profile...

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

serge 20/04/2017 18:58

Je complète mon avis d'hier à l'aune des remarques (un peu long, je regrette):
L'UE est constituée d'environ une dizaine de pays à grosso-modo 50 millions d'habitants, le reste, des bouts à grosso-modo 10 millions. Ce "marché" représente 500 millions de consommateurs mais complètement fractionné. Et d'intérêts divergents puisque issus de souverainetés anciennes dont on voit bien, plusieurs décennies après, que cela reste un bon gros bordel, pas aidé par le seul et unique projet européen qui est la libre circulation des biens et des personnes (sic!).
L'UE n'a aucune ressource palpable, sauf à considérer pour certains le charbon dont on peut dire que ce n'est pas trop l'avenir. Les seuls qui pourraient en avoir sont les british et nous avec nos belles ZEE. Mais comme on n'est pas fichu de les développer (et de les garder), c'est mort pour pas mal de temps. Ce qui fait illusion sont les places financières et les talents. Sauf que les talents se tirent (10 ans de profonde déprime éco) et que les places financières pivotent vers l'est (un truc comme l'OCS, la convertibilité yuan/rouble...). Et maintenant, hors l'Allemagne, plus d'argent (du vrai) sauf à considérer que les QE de la BCE ne sont pas que du PQ.
Les US, depuis WW2, ont considéré l'Europe (puis l'UE après) comme une zone de "prélèvement" (talents, investissements, troupes d'apport militaire...). Et surtout une zone de garde (une sorte de niche à chiens) contre "l'expansionnisme" MacCarthien des "rouges". La pression US actuelle est que dans leur décroissance impériale il est nécessaire de garder au moins la niche à chiens (zone de pression). Voir à ce propos le déploiement en cours des nouvelles bombinettes B61-12 en Italie, puis Allemagne, Belgique, Espagne...
La Russie et la Chine, même pas trop potes (ils ont eu quelques conflits quand même) sont des empires anciens et très patients. Depuis l'époque où chaque pays européen adoptait une ligne propre à leur égard (pro, neutre ou contre), ils ont vu l'UE se construire (un peu inquiétant) puis se déliter (plus rassurant). Et s'appauvrir. Ce qui m'amène à dire que les extrémités des routes de la soie et autres gazoducs sont présentés (pour l'instant avec des formes) comme des compteurs Linky, tu prends au tarif ou t'as pas de jus. La Pologne, la Hongrie et autres, malgré leur éventuel ressentiment historique, ont à peu près compris que l'UE n'avait plus rien à leur apporter, que les US pouvaient leur demander de passer à la caisse pour entretenir les troupes de l'empire sur leur sol sans la même certitude qu'avant de leur possible intervention en cas de coup dur. Donc, ils se préparent à la suite, au moins pour ne pas cailler l'hiver ou pouvoir acheter des frigos. Et nous, comme des cons, on continue de suivre le chef à plumes pour vilipender les "rouges", debout sur notre tas de fumier.
Le réveil va être brutal quand il faudra se connecter en urgence au bout des robinets de l'est (voir l'Ukraine).

Euclide 20/04/2017 13:16

Selon certains sites internet, les 2 énergies du futur pour "décarboner l'Europe" sont le nucléaire civil et le .........gaz.

sapeur 19/04/2017 21:16

La France ne participe pas au sommet... c'est triste,mais tellement prévisible!
Il faut dire qu'entre notre président et notre brillant ministre des affaires étrangères nous ne sommes pas gatés.Leur vision des relations internationales s'arrêtte à Notre Dame des Landes et à la lecture des articles de BHL...
Ce qui m'inquiète c'est que le suivant désigné ne me semble pas beaucoup plus lucide sur ces questions, à croire que la GB, la France et l'Allemagne essaient de gagner le concours "du meilleur toutou des US"

Enlil 19/04/2017 19:57

Après que Mercure ait boudé ma fort modeste Ziggurat, je reviens pour brièvement ajouter quelques interrogations à cette meringue de nuance et de lucidité qu'est ce blog au sein de la fange internet, avec mes salutations cordiales et chaleureuses au Suffète et au Scrutateur pour leur hospitalité (je ne sais pas encore utiliser le "répondre" à la suite des commentaires...).

J'ajouterais fort modestement au panorama du Miroir des Léviathans ceci : il faut aussi compter dans le nouvel ordre s'installant le sud-est de l'Asie, en particulier l'Indochine (les états communistes que sont le Laos et le Vietnam, proches de la Chine), mais aussi l'Indonésie de Widodo qui semble s'en être récemment rapprochée, les îles du sud-est se tournant vers le couchant pour la première fois depuis longtemps, brisant la stratégie de containment des américains dont vous avez si souvent parlé dans vos articles précédents.

Le malheureux Mackinder doit en être à faire le Gopak dans sa demeure d'éternité...

Votre travail est vraiment excellent et rare, félicitations. Euphratement votre, le numéro L.

Observatus geopoliticus 19/04/2017 21:13

@ Enlil
Merci à vous, mon cher.
Voilà justement un billet plus ancien qui devrait vous plaire : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/10/divorce-ou-la-strategie-des-chaines-d-iles-en-peril.html
Bien à vous

Vu de Varsovie 19/04/2017 19:38

Concernant la Pologne, malgré tous les défauts du gouvernement conservateur en place, celui-ci semble avoir compris les enjeux et mise sur une plus grande diversité des coopérations. En effet, on aperçoit une ouverture sur la Biélorusse, de l’activité dans des formats comme Visegrad, voire 16+1 (pays d’Europe centrale et Chine : http://www.china-ceec.org/eng/). La Pologne est aussi membre fondateur de l’AIIB (le FMI asiatique) et compte un compatriote dans sa direction. Dans les médias conservateurs, la route de la soie est perçue comme opportunité pour toute la région. La plaine centrale européenne, théâtre d’innombrables guerres par le passé, pourrait enfin devenir un hub florissant grâce à la coopération Europe-Asie.

Observatus geopoliticus 19/04/2017 21:16

@ Vu de Varsovie
Je corrigerais juste une petite chose à ce que vous dites si justement.
"Malgré tous les défauts du gouvernement conservateur en place" : pas "malgré", plutôt "grâce à".
Le gouvernement libéral de Tusk était à la solde de Bruxelles et Washington. Avec ce gouvernement conservateur, les intérêts polonais passent avant ceux de l'empire...

serge 19/04/2017 16:38

Les US étant maritimes, l'organisation terrestre Chine-Russie est son bon complément et là, les porte-avions ne servent pas vraiment. De plus, la proximité des pays très peuplés (Inde, Pakistan) donne naturellement des débouchés potentiels faciles. Par contre l'extrémité ouest (donc nous entre autres) n'a pas grand intérêt pour la Chine et la Russie. L'UE étant vouée aux poubelles de l'histoire, les seuls intérêts sont de racheter ce qui est utile (la Chine est bien lancée). Le reste, perclus de dettes et de populations de taille peu intéressante, ne motive pas. Le seul possible intérêt, d'où la présence de certains pays d'Europe centrale, est d'amener des bouts de tuyaux et des bouts de rails en forme de terminus. Au sens, on met des extrémités, si vous avez les moyens on vous vend quelque chose. C'est donc encore plus lamentable de notre part de ne pas s'intéresser plus fortement. En étant dans le premier wagon, on peut espérer une sorte de sympathie de présent au départ. Dommage, on va être gros jean comme devant...

Yom 20/04/2017 09:48

> Par contre l'extrémité ouest (donc nous entre autres) n'a pas grand intérêt pour la Chine et la Russie.

Il me semble que c’est un peu exagérer.

Malgré tous ces défauts, l’UE est la première économie du monde. Enlevez l’UE et il restera toujours l’Europe.

Je pense que sa population, au contraire de ce que vous écrivez, reste très appréciable, tant quantitativement que qualitativement (je parle là de son niveau d’éducation, n’allez pas me prêter des considérations racistes). Nous sommmes et demeureront l’un des quatres grands pôles du Rimland.

Si nous n’étions pas intéressants, au moins un peu, l’empire maritime ne se démènerait pas autant pour nous détacher du continent monde.

NB : Le rachat de « ce qui est utile », mais non délocalisable, est une stratégie risquée et insuffisante à long terme. Les renationalisations autoritaires et les expropriations, à la faveur de changements de régimes, ça existe.

Observatus geopoliticus 19/04/2017 21:22

@ Serge
Toute la politique de l'empire consistait justement à détourner l'extrémité occidentale, sous la chape de plomb de l'UE, du reste de l'Eurasie. Mais l'UE n'a été faite qu'à moitié : sous le vernis technocratique vassal, les intérêts des pays qui la composent entrent parfois en éruption. Et depuis qu'il n'y a plus vraiment de ligne directrice émanant de Washington...

Kevin 19/04/2017 17:11

"Les seuls intérêts sont de racheter ce qui est utile": effectivement, et c'est en cours: Avoriaz, St Emilion, St Tropez, 8ème arrondissement de Paris, le Mt St Michel... seront bientôt russes, chinois, et qataris.

Kevin 19/04/2017 15:03

Bonjour,
Vous ne prenez pas en compte le fait que les USA dominent les océans avec leurs 10 porte-avions. A titre de comparaison avec les autres grandes puissances militaires, la Chine n'en à qu'un, la France un, l'Inde un, et la Russie un. Donc au jeu de la bataille navale, USA vs Reste du Monde, les USA gagnent haut la main. Donc personne ne transporte quoi que ce soit par la mer sans le consentement de l'oncle Sam...

PS: Le jeu de mot "laminer les aciéries concurrentes" est voulu? Si oui, bien joué ;-)

Alaric 20/04/2017 02:04

Pas non plus un expert militaire mais juste une remarque sur "la suprématie aérienne était le facteur déterminant des guerres" .

En fait on a pas mal de contre exemples , ou plutôt on manque de données car ça fait un moment qu'il n'y a plus eu de guerre inter étatique à grande échelle (à part la guerre iran irak qui date des années 80 quand même ) : en effet lors des guérillas irakienne ( de 2003 jusqu'à nos jours ) , Afghane (pour les soviétiques puis les américains ) , vietnamiennes , etc on s'aperçut que les guérilleros faisaient preuve de résilience et d'ingéniosité pour réduire l'impact de la suprématie aérienne . Tout y passe : dispersion des forces, construction de leurres, mélange avec les civils ...


C'est sans doute différent dans une guerre conventionnelle, mais on manque d'exemples récents

Kevin 19/04/2017 22:11

Bonjour Grognard,
Je ne suis pas expert militaire, loin s'en faut, mais un porte-avion, dans son concept, c'est une île flottante. Un porte-avion permet d'obtenir la suprématie aérienne loin de son pays. Or, jusqu'à très récemment, la suprématie aérienne était le facteur déterminant des guerres, mais comme vous dites, ça a l'air d'être en train de changer radicalement... Avoir un unique porte-avion est utile dans les guerres asymétriques, par exemple pour envoyer quelques rafales se promener dans le ciel syrien. Pour le reste... aucune idée :)

Grognard 19/04/2017 19:50

Bonjour Kevin,

Les porte-avions ne sont plus ce qu'ils étaient.
Ce ne sont que des vecteurs qui transportent d'autres vecteurs que sont les aéronefs.
Depuis il ne vous aura pas échappé le bon technologique effectué par la famille des missiles et autres torpilles à cavitation.

En fait les porte avions ne pèsent plus très lourd face à une puissance de premier rang.
Par contre là ou je partage votre point de vue c'est qu'il est ridicule de n'en avoir qu'un seul.
La Chine devrait se doter d'un second.
Ca peut, a court terme sembler logique au regard du développement de certains ilots.
C'est une façon d'avoir de l'appui feu a courte distance.
C'est aussi une question de "face" nous sommes en Asie et pourquoi pas une des façons d'étudier au plus prêt ou de l'intérieur les failles de ce système d'armes.

wawa 19/04/2017 15:21

mon jeu de mot est tout a fait fortuit, il n'en a que plus de saveur :-))

Kevin 19/04/2017 15:07

Zut, mon commentaire était une réponse à celui de Wawa... :-/

wawa 19/04/2017 14:56

Cette route de la soie me laisse dubitatif. Ce genre de projet pharaonique risque d'avoir du mal a être économiquement amorti (se souvenir des "plantades eurotunel, canal de suez, panama)

physiquement, le transport par mer reste inégalable (hormis gazoduc vs lng justement du fait de la non perte d'energie dans la liquéfaction), il est juste besoin d'investir dans le port de depart et le port d'arrivée, tandis que le rail necessite l'équipement et l'entretien sur toute la longueur. en ce qui concerne le transport de la chine cotière vers l'europe cela sera -til rentable? d'autant que la route du nord (bering cercle artique) pourrait s'ouvrir de plus en plus fréquement l'été si réchauffement.
.
par contre le désenclavement de l'asie centrale est à faire, mais pourquoi se donner la peine de relier l'europe?relier les "multi-stan" a la seule chine serai justement profitable à la seule chine. amha seule la moitié sera construite

Mon impression est que cette ligne est aussi une stratégie chinoise mercantiliste d'écrasement de la concurence des aciéries au niveau mondial : les chinois produisent de l'acier a plein tube a bas cout pour laminer la concurence mondiale. si cette acier trouve un débouché il est vendu, sinon il est coulé directement en rail et posé sur la route de la soie qui ainsi avance sur un ryhtme inverse à la demande internationale d'acier.

avantage pour les chinois :
*laminer la concurence et concentrer les acieries sur son propre territoire.
*désenclaver l'asie centrale en la reliant à a chine, mais pas à l'europe.
*utilisation économiquement non rentable et mais politiquement gagnante de reserves de change
qui ne seront de toute façon honorés (suez et eurotunnel fait faillite economiquement mais sont toujours "utiles").

en me relisant mon commentaire semble confus, mais j'aurai du mal a etre plus clair.

Observatus geopoliticus 19/04/2017 21:24

@ Wawa
Ah mais nous en avons parlé plusieurs fois ici... Enorme gain de temps, sanctuarisation du commerce eurasiatique etc. Les avantages sont réels, ce pour toutes les parties prenantes. Il n'y a que Washington pour faire grise mine...

Kevin 19/04/2017 10:03

Bonjour,

L'Inde a un gros problème: le gaz et le pétrole russe ne peuvent lui parvenir par voie terrestre qu'en traversant soit la Chine, soit le Pakistan. Les relations avec le Pakistan sont éxecrables, et avec la Chine, c'est pas génial non plus. Un pipe-line la traversant lui donnerait un levier supplémentaire pour faire pression sur l'Inde au besoin, et j'imagine aussi que construire un pipe-line à travers des cols himalayens n'est pas une mince-affaire. Ne serait-ce pas un meilleur deal pour l'Inde de se fournir en Iran? Moins de 2000km séparent le detroit d'Ormuz de Mumbai...

Observatus geopoliticus 19/04/2017 21:27

Les fameux IPI et TAPI, grands habitués de ce blog : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/11/sous-le-pont-mirabeau-coule-la-caspienne.html

wawa 19/04/2017 15:10

un gazoduc iran-pakistan-inde (vieux serpent de mer en projet) serait économiquement profitable à l'iran, au pakistan (succeptible d'être un grosconsommateur) et à l'inde. il ne poserait pas de problème technique mais suppose une entente politique qui ne va pas de soi et qui en plus est bloquée par les US au niveau du pakistan ( pensez donc laisser l'iran vendre son gaz, n'y pensez pas).

verra -t-on un projet gazoduc sous marin iran -inde passant au large du pakistan, a l'instar de nord-stream qu préfère passer par la baltique, plus cher mais non soumis au saute d'humeur de polonais et des baltes, considérés comme "ingerable" à la fois par les russes et les allemands ????

Azazel 19/04/2017 10:01

Officiellement la France et l'Allemagne ne participeraient pas au sommet du fait de leurs échéances politiques assez chargées, mais bon, c'est pas l'envie qui manque, hein.
http://www.thestandard.com.hk/breaking-news.php?id=87745

Je comprends mieux maintenant les envolées vertigineuses du cours de l'or durant les dernières années, et ma pauvre petite épargne salariale, docilement investie sur des supports très classiques, s'en étrangle de frustration. Malgré tout, si j'en crois vos analyses toujours aussi limpides, c'est loin d'être fini, et il est encore temps d'acheter.

Et tant que j'y suis, je vais aussi stocker du sucre, de l'huile et du riz, sait-on jamais...

Observatus geopoliticus 19/04/2017 13:43

@ Azazel
On se dirige effectivement lentement mais sûrement au retour de l'étalon-or, du moins chez les BRICS, bien plus responsables que les pays développés (mais à l'intelligence atrophiée) du G7, dont la monnaie ressemble de plus en plus à un tigre en papier.

Madudu 19/04/2017 00:24

Ce qui manque encore cruellement à l'Eurasie, c'est l'Europe ^^

Vivement qu'on se débarrasse de l' "Union", et qu'on s'intègre pour-de-vrai dans notre espace géopolitique naturel.

C'est amusant de voir tous ces pays d'UE du Sud, plus la Suisse (très anti-UE), la Hongrie et la Pologne (le délaissé de la mitteleuropa) faire des infidélités collectives à l' "union" allemande !

Ça sent la débandade chez les teutons ^^

Observatus geopoliticus 19/04/2017 13:35

@ Madudu
Sans direction US, le bras européen de l'empire commence à s'étioler... Pas de surprise concernant l'Italie ou la Hongrie participant à ce sommet. Plus étonnant est le cas polonais.

Posadagr 18/04/2017 22:22

Félicitations OG pour cet article et tous les autres toujours magiques !

Si ce plan d'accumulation de l'or accompagné d'une consolidation des échanges en monnaies domestiques et d'un renforcement des institutions bancaires et d'investissements "Brics" s'amplifient on peut mieux comprendre la panique de l'Empire... et les paradoxes (le moins que l'on puisse dire) de la "politique" Potus.
La question à 1 million de ER (Etalon Or ^^) est la suivante :
"Quelle est la porte de sortie de l'Empire autre que celle de la force (provoquer guerre(s) et/ou chaos généralisé et croissant ?? "
Si porte de sortie il n'y a ... les tensions ne font que commencer malheureusement.
(Propositions de porte de sortie sont demandées urgemment ^^ )

Après avoir prié pour un effondrement de l'Empire... d'aucuns pourraient se demander aujourd'hui comment revenir à un statu quo .. faute d'une mort silencieuse de la Bête de moins en moins probable.

Observatus geopoliticus 19/04/2017 13:40

@ Posadagr
Merci, mon cher.
Effectivement, c'est LA question à mille lingots. Deux solutions :
1. l'empire provoque guerres et chaos pour ne pas avoir à rembourser sa dette.
2. une révolution copernicienne a lieu aux Etats-Unis et une nouvelle génération dirigeante prend le pouvoir, diminuant drastiquement les crédits militaires et impériaux pour réduire la dette en prônant l'isolationnisme. D'une certaine façon, l'élection du Donald (même s'il trahit finalement ses promesses) est le premier jalon de cette tendance.
Les optimistes choisiront 2., les pessimistes 1.