Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques du Grand jeu

Varia

24 Juillet 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Chine, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Gaz, #Ukraine, #Asie centrale, #Economie

Les BRICS ne perdent pas de temps. Le premier prêt de leur toute nouvelle Banque de développement sera libellé en yuans et non en dollars. Par ailleurs, son président, Kundapur Vaman Kamath, a annoncé qu'elle travaillerait en étroite collaboration avec l'également toute nouvelle BAII chinoise. Ca tombe bien, les deux ont leur siège à Shanghai ! Certains se demandent d'ailleurs si le récent mini-krach à la bourse de Shanghai ne serait pas une tentative de représailles de la part des Etats-Unis, un énième épisode de la guerre économique entre la puissance déclinante qui voit en plus se dérober sous ses pieds l'architecture financière mondiale favorisant le dollar et la puissance montante qui rachète la planète...

Economie toujours : la Russie poursuit sa boulimie d'or, achetant tout ce qui passe à portée de main. Depuis deux ans, Vladimir Goldfingerovitch rachète l'or sur le marché, laissant les analystes dans une délicieuse expectative. Pour certains, il se prépare à la guerre économique menée par les Etats-Unis. Pour d'autres, c'est bien plus énorme : il force les Américains à revenir à la convertibilité dollar-or abandonnée en 1971.

Varia

Au Kirghizstan, c'est Dallas... Alors que l'Etat Islamique a attaqué une base russe il y a quelques jours, alors que les spin doctors de Washington rêvent d'organiser une nouvelle "révolution de couleur" après celle de 2005, le pays vient de dénoncer son accord d'assistance avec les Etats-Unis qui datait de 1993. Le cas kirghize est emblématique de la perte d'influence américaine en Eurasie. Au lendemain du 11 septembre 2001, l'US Air Force avait été autorisée à y ouvrir une base (Manas) pour ravitailler ses troupes en Afghanistan. Une révolution de couleur avait été perpétrée quatre ans plus tard pour y installer un régime ami. Depuis ? Patatras... Plus de base, plus de régime ami et bientôt plus de coopération. Pour Bichkek, avoir de bonnes relations avec ses deux géants de voisins (Russie et Chine) au sein d'une Eurasie qui s'intègre est certes autrement plus important que de croire aux promesses creuses.

En Ukraine, la farce continue. Le Pravy Sektor a fait une petite démonstration de force à Kiev il y a trois jours, demandant la démission du gouvernement. Son chef, Dmitri Yarosch, le "héros du Maidan", a annoncé la tenue d'un référendum sauvage portant sur la confiance au gouvernement. Il est piquant de constater que le grand ennemi des russophones du Donbass et de leur référendum populaire de 2014, va finalement user de la même tactique. Le Pravy Sektor peut-il prendre le pouvoir ? C'est ce que craignent certains, comparant la situation avec l'Allemagne de Weimar : un gouvernement faible, corrompu et noyé dans le chaos économique, face à un mouvement nationaliste sur la montante, pas mouillé dans les magouilles. L'analogie est intéressante mais s'arrête là selon moi. Les néo-nazis ukrainiens ne sont pas très populaires en Ukraine comme le montrent les résultats des dernières élections (Pravy Sektor et Svoboda ensemble ne dépassent pas 10%). Les Occidentaux les ont certes utilisés pour faire le Maidan mais ne les laisseront pas prendre la totalité du pouvoir (quoique...) De toute façon, Poutine n'acceptera jamais une Ukraine aux mains du Pravy Sektor.

Varia

Pendant ce temps, les oligarques du Maidan se bouffent entre eux. Le tristement fameux Kolomoiski, celui qui finance une partie des bataillons nationalistes, porte plainte contre le gouvernement ukrainien et demande 5 milliards de dédommagements (rien que ça...) Le vrai président de l'Ukraine, l'ambassadeur US Geoffrey Pyatt accourt en Transcarpathie pour tenter de calmer les choses après la fusillade de Mukachevo. Mais surtout, la tension remonte d'un cran au Donbass où redoublent les bombardements par les forces ukrainiennes (sans doute pas l'armée régulière mais plus sûrement les bataillons natio ou néo-nazis).

La guerre du gaz, elle, continue. Selon l'ancien ministre grec de l'énergie, l'UE, toujours aussi maso, fait pression sur Athènes pour qu'elle abandonne l'idée de l'extension du Turk Stream en territoire européen, devant passer par la Grèce. Je veux du gaz mais non en fait, je ne veux pas de gaz même si j'en ai besoin... Qui a dit que la vache folle n'avait eu aucune conséquence ?

Partager cet article

Commenter cet article