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Chroniques du Grand jeu

Pendant ce temps, dans le sous-continent...

15 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Sous-continent indien, #Histoire, #Chine, #Russie, #Etats-Unis

Aujourd'hui à Goa s'est ouvert le sommet annuel des BRICS. Des décisions considérables, des changements tectoniques s'y font habituellement jour, mais le sommet de cette année est quelque peu particulier et pose autant de questions qu'il n'apporte de réponses. Dans sa tentative désespérée (et, à terme, vaine) de conserver son hégémonie, l'empire semble avoir en l'occurrence réussi à partiellement casser la dynamique de développement des BRICS. L'une des rares victoires dont peut se prévaloir Washington ces derniers temps...

Le Brésil a été retourné par un coup d'Etat constitutionnel et la multipolaire Dilma a été poignardée dans le dos par son Brutus à elle, l'informateur de l'ambassade US Michel Temer. Il sera d'ailleurs amusant de voir ce bon petit pion du système impérial côtoyer Poutine ou Xi Jinping, même si une surprise n'est pas impossible. D'autre part, l'aigle essaie depuis des années et avec abnégation de détacher l'Inde du camp eurasien et de la placer sous l'égide de la pax americana. Aussi attend-on moins de ce sommet que de ceux qui l'ont précédé.

Il a lieu alors que la tension indo-pakistanaise, vieux serpent de mer des relations internationales depuis plus d'un demi-siècle, atteint un nouveau pic suite aux incidents du Cachemire il y a deux semaines, faisant une nouvelle fois planer le spectre nucléaire. Là encore, rien de neuf sous les cimes enneigées du K2, le conflit cachemiri dure depuis l'indépendance des deux pays en 1947.

Votre serviteur se donne la parole :

On en connaît l’histoire : une population majoritairement musulmane réclamant son rattachement au Pakistan en 1947, un maharadja hindou souhaitant son rattachement à l’Inde, une partition en deux qui laisse chacun sur sa faim. New Delhi veut récupérer la partie septentrionale ; Islamabad revendique la partie méridionale et instrumentalise les mouvements islamistes qui y mènent la guérilla. Une douzaine de groupes rebelles combattent au Cachemire indien pour son indépendance ou son rattachement au Pakistan, dans un conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. A partir du milieu des années 1990, ces mouvements furent rejoints par des djihadistes étrangers, arabes et afghans, formés au combat en Afghanistan lors du djihad contre les Soviétiques.

Mais ce conflit dépasse le seul cadre territorial ou identitaire. Pour le pouvoir pakistanais, la question du Cachemire permet de mobiliser et d’unir derrière lui une société divisée et de faire passer au second plan l’impéritie économique des différents gouvernements qui se sont succédé. Quant à l’armée, elle justifie par ce conflit son budget colossal. Il faut noter enfin que le Cachemire est également un enjeu hydrographique, le Pakistan, et dans une moindre mesure l’Inde, étant fortement tributaires des rivières qui descendent de ses montagnes.

Sous l’ombre du K2, cet abcès de fixation à la confluence de trois religions – islam, bouddhisme et hindouisme – est également à la croisée de trois puissances nucléaires. Au terme de l’agression chinoise de 1962, condamnée à la fois, fait rare, par l’URSS et les Etats-Unis, Pékin occupa définitivement le territoire indien de l’Aksaï Chin, bande de terre désolée mitoyenne du Cachemire et du Tibet. Le Pakistan a, de plus, cédé à la Chine une partie de son Cachemire septentrional gagné sur l’Inde, sans doute à dessein, afin de compliquer le règlement du conflit, car l’Inde ne peut évidemment pas reconnaître cette cession d’un territoire qu’elle a perdu et qu’elle revendique toujours.

Le conflit cachemiri est inextricable et explosif, assurément l’un des points les plus chauds du globe malgré l’altitude glacée à laquelle il se déroule, et surveillé de près par tous les états-majors du monde. Au-delà du refus de rendre à l’Inde une région qu’il considère comme lui revenant de plein droit, il semble de toute façon impossible que le Pakistan envisage des négociations de restitution du Cachemire septentrional. Celui-ci est en effet devenu, avec le développement des relations avec sino-pakistanaises, un territoire stratégiquement essentiel : c’est le seul point de contact terrestre entre la Chine et le Pakistan, reliés par la fameuse Karakoram Highway, la route la plus haute du monde, par où transitent biens commerciaux et équipements militaires. Et demain, peut-être, le pétrole et le gaz coulant de Gwadar jusqu’au Xinjiang chinois.

On le voit, l'équation est déjà compliquée par la présence d'un troisième acteur - le dragon chinois - alors que l'ombre des deux grands plane derrière. Mais nous y reviendrons plus loin... Sur la genèse historique et géographique du conflit cachemiri, on lira également avec profit cette excellente analyse.

Quelques jours plus tard, au Pakistan, une bombe faisait sauter un train dans la province rétive du Baloutchistan, tuant six personnes. Tout sauf un hasard... Dans l'article pré-cité, j'écrivais :

Le Baloutchistan représente une zone de turbulence et d’instabilité récurrente. C’est un conflit peu connu du grand public occidental – sans doute parce que les insurgés sont d’obédience marxiste et non islamiste - mais qui peut se révéler pour le Pakistan au moins aussi dangereux que les troubles des zones tribales.

Ayant constitué un royaume indépendant par le passé, les Baloutches ont vu d’un très mauvais œil la constitution de l’Etat pakistanais en 1947 et pas moins de cinq guerres insurrectionnelles ont eu lieu depuis, guerres que l’Inde est accusée d’avoir attisées afin d’affaiblir le frère ennemi. New Delhi a en effet tout intérêt à ce que la situation au Baloutchistan s’envenime, faisant ainsi d'une pierre deux coups : empêcher la Chine de s'implanter dans cette zone stratégique (plusieurs expatriés chinois y ont trouvé la mort) tout en déstabilisant le Pakistan, déjà englué dans les zones tribales et au Cachemire.

Car la région est d’une importance immense avec le fameux nœud de Gwadar, port "donné" à Pékin au sortir du Golfe persique et autour duquel se tisse l’alliance stratégique et énergétique entre la Chine, le Pakistan et l’Iran.

Ainsi, Islamabad et New Delhi semblent continuer leur éternel petit jeu de déstabilisations et de coups bas, ce au moment où ils entrent dans l'Organisation de Coopération de Shanghai ! Certes, le couple sino-russe tentera d'apaiser les rancœurs entre les frères ennemis du sous-continent mais ça ne sera peut-être pas aussi simple...

Si les recompositions d'après-Guerre froide furent rapides avec les pays somme toute relativement insignifiants d'Europe orientale ou de l'ex-URSS, il n'en est pas de même avec les mastodontes eurasiatiques. Et certains événements de ce dernier quart de siècle (11 septembre, guerre d'Afghanistan, campagne de l'empire contre l'Eurasie etc.) sont encore venus compliquer la donne, l'immuable loi des vases communicants faisant le reste...

Durant la Guerre froide, les lignes étaient claires : URSS-Inde vs USA-Chine-Pakistan. De ces alliances/oppositions, que reste-t-il aujourd'hui ? Commençons par le plus simple :

Russie-USA :

Facile...

USA-Chine :

La lune de miel américano-maoïste pour faire contrepoids à l'URSS dans les années 60, 70 et 80 est finie. Le dragon est la plus grande perte de l'empire.

Chine-Russie :

Le couple du XXIème siècle, ce blog le documente presque chaque jour. L'hystérie hégémonique US a poussé Moscou et Pékin dans les bras l'un de l'autre.

Inde-Pakistan :

Je t'aime, moi non plus.

Chine-Pakistan :

La symbiose entre ces deux-là est toujours d'actualité. Il se pourrait d'ailleurs que Xi fasse le facteur d'Islamabad et délivre un message à Modi au cours de ce sommet des BRICS. La traditionnelle alliance sino-pakistanaise est même redoublée depuis que Pékin a la folie des grandeurs et entreprend le projet Gwadar que nous avons évoqué plus haut, aussi appelé China-Pakistan Economic Corridor (CPEC). Certains journaux pakistanais l'affirment : cela transformera le pays.

Au sortir du Golfe persique, à deux pas de l'Iran lui aussi en marche vers l'intégration eurasiatique, cette route stratégique doublée de pipelines transportera le gaz et le pétrole moyen-oriental en Chine via les somptueux décors himalayens, évitant la mer et la capacité de nuisance de la puissance maritime.

Coloriez le Pakistan et l'anneau eurasien se referme, la boucle est bouclée... D'autant plus qu'au centre, se trouvent les -stan d'Asie centrale, membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai et parties  prenantes des routes de la Soie chinoises et/ou de l'Union eurasienne russe.

 

 

Jusqu'ici, ça va. C'est maintenant que les complications commencent...

Inde-Russie :

L'alliance traditionnelle de la Guerre froide a largement survécu et les deux pays coopèrent toujours militairement, énergétiquement, diplomatiquement, financièrement (dédollarisation). 70% de l'armement indien est d'origine russe et nous apprenons d'ailleurs aujourd'hui que Moscou fournira ses fameux S-400 à l'Inde, la mettant au même rang que la Chine et au-dessus de l'Iran (qui n'a bénéficié "que" de S-300). La Russie est, avec le Japon, le seul pays de la planète à tenir annuellement un sommet bilatéral avec New Delhi. Bref, l'amitié indo-russe est là pour durer et il y a plus de chance qu'un homme mette le pied sur Pluton que de voir ces deux-là se placer dans des camps opposés. Sauf que...

Inde-USA :

Depuis plus de quinze ans, Washington travaille l'Inde pour tenter de la retourner. Cela avait déjà commencé sous Clinton (le mari), puis l'inénarrable "guerre contre le terrorisme" de Bush (le fils) avait pu faire croire à l'Inde que les Américains étaient sérieux. Soyons justes : l'AfPak post-2001 est sans doute le seul endroit du monde où Washington a réellement lutté contre le djihadisme/islamisme/terrorisme, et pour New Delhi, c'est tout ce qui comptait. A mesure que le double-jeu pakistanais apparaissait au grand jour, le rapprochement entre les Etats-Unis et l'Inde était inévitable. Ca ne va pas encore très loin mais quelques signes dérangeants sont apparus ces dernières années.

En 2009, l'empire avait fait pression sur l'Inde pour qu'elle abandonne l'IPI, gazoduc Iran-Pakistan-Inde déjà dans les cartons, et choisisse à la place l'aberrant TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde). Alors certes, la situation a un peu évolué depuis :

L'accord sur le nucléaire iranien et la levée des sanctions ont pour conséquence de faire revivre le projet saboté par Washington de gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI). Dans leur volonté d'isoler l'Iran, les Américains avaient réussi à détourner l'Inde du projet en 2009 et tentaient de promouvoir l'invraisemblable TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) censé passer au beau milieu des Talibans sans que ceux-ci ne s'en rendent compte. Trêve de délire et retour à la réalité, l'Inde est maintenant de nouveau intéressée par l'IPI et le projet fait sens.

Mais le fait que New Delhi ait pu, comme de vulgaires eurocrates de Bruxelles, succomber aux mirages énergétiques promus par tonton Sam laisse rêveur...

Et il y a deux mois, un accord inédit a été signé entre les marines des deux Etats. Pas de panique à bord, ce LEMAO autorise seulement les navires à faire relâche et à se ravitailler dans les ports du partenaire en cas d'exercices militaires ou de mission humanitaire et ne stipule en aucun cas le déploiement de troupes sur lesdites bases. M'enfin, tout de même... On sait très bien comment fonctionne l'entrisme de l'empire et sa politique des petits pas.

Russie-Pakistan :

Ce rapprochement a peut-être allumé quelques lumières rouges au Kremlin. Deux semaines après la signature du LEMAO, Moscou et Islamabad annonçaient une grande première, à savoir des exercices militaires conjoints. Quelle révolution copernicienne par rapport aux années 80, quand le Pakistan, main dans la main avec les Saoudiens et les Américains, armait et envoyait moudjahidins et djihadistes tuer du Soviétique. Ou quand il sortait de son chapeau les Talibans contre Massoud, désormais soutenu par les Russes ! Après l'ivresse, la gueule de bois : quinze années de guerre dans les zones tribales et d'attentats partout ailleurs semblent avoir ramené sur terre Islamabad, revenue de ses chimères islamistes. Le rapprochement avec Moscou est finalement dans la logique des choses...

Cependant, derrière la scène des soldats russes faisant leur petit footing à Rawalpindi (là-même où Ben Laden s'était caché au grand jour, nouvelle ironie), l'on peut voir un avertissement subliminal du Kremlin à New Delhi. Nous aussi, on peut vous emm... C'était dans les tuyaux depuis quelques années déjà et c'est également peu ou prou confirmé par un officiel pakistanais qui explique que c'est le resserrement des liens américano-indiens qui provoque le rapprochement de son pays avec la Russie. Apparemment, le message est passé et la Nouvelle Delhi n'a pas trop bien pris la chose. Mais la millénaire sagesse indienne sait bien qu'on ne peut avoir le curry et l'argent du curry...

USA-Pakistan :

Les anciens meilleurs amis du monde (soutien US à la dictature islamiste de Zia dans les années 70, aux généraux moudjahidinisés dans les années 80, talibanisés dans les années 90) ont divorcé. A croire que Washington ne peut s'accommoder que de régimes flirtant avec le djihadisme et que le Pakistan quelque peu "désislamisé" d'aujourd'hui ne l'intéresse plus...

Toujours est-il que les relations sont en berne et que des membres du Congrès travaillent même à une proposition de loi qualifiant le Pakistan d'Etat sponsorisant le terrorisme. Décidément, après l'Arabie saoudite, le Congrès veut couper l'Amérique de tous ses petits copains fondamentalistes. Pour être honnête, les termes employés dans le texte sont marqués au coin du bon sens, mais cette loi a quarante ans de retard ! Après avoir utilisé jusqu'à la corde le Pakistan et les différentes nébuleuses islamistes sous son contrôle, l'empire du chaos jette ce qui ne lui sert plus, alors même que ce pays commence à se normaliser.

Chine-Inde :

Pour compliquer encore un peu les choses, les relations entre les deux poids lourds asiatiques, traditionnellement adversaires, s'améliorent. C'est notamment dû à la personnalité de Modi, aux affaires depuis 2014 et fervent admirateur du modèle chinois. Les dernières années "américanisantes" de Singh ont été réorientées vers un renforcement de la coopération eurasiatique, notamment avec Pékin.

Elu Premier ministre, Modi avait attendu deux mois pour réserver sa première visite officielle à l'étranger à l'importantissime sommet des BRICS de Brasilia (là où fut prise la décision de créer la banque des BRICS et après laquelle éclata, ô douce coïncidence, la crise du MH17 au-dessus de l'Ukraine). Ajoutons aussi que, d'une certaine façon, le LEMAO signé en août était en discussions depuis dix ans et n'est pas son œuvre.

Toutefois, les sujets de discorde avec le dragon restent légion, notamment l'alliance sino-pakistanaise, et ce n'est pas le réchauffement brûlant de la question cachemirie qui fera penser le contraire.

 

Ainsi va le Grand jeu dans le sous-continent, de l'infernal binôme indo-pakistanais à la sourde lutte entre l'empire maritime et le duopole eurasien. Là comme ailleurs, les Etats-Unis sont en net recul, ayant perdu presque deux (Chine et Pakistan) pour gagner un tiers (Inde). Peut-être le plan sino-russe au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai consistait-il à amener chacun son poulain - le Pakistan pour Pékin, l'Inde pour la Russie - et les réconcilier sous l'égide eurasienne. Régler ce conflit presque immémorial serait une belle réussite pour l'OCS et la chose est loin d'être irréalisable ; déjà, nous avons assisté à une intégration inimaginable il y a encore peu. Mais les vieux antagonismes sont toujours prêts à se réveiller et le système impérial ne se privera de jouer dessus afin d'enrayer son déclin.

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simplet 21/10/2016 14:02

Ceci n'est absolument pas dans l'esprit polémique précédent, mais au contraire, abonde plutôt dans votre sens cher Observatus.
http://www.insolentiae.com/il-ne-faut-pas-sinquieter-de-la-recente-depreciation-du-yuan/

Votre avis?

Observatus geopoliticus 21/10/2016 19:08

Ah, je note que "son système financier est bien mieux ancré que beaucoup d’autres économies majeures" hé hé ^^
Sur la monnaie, les Chinois sous-évaluent le yuan depuis bientôt deux décennies, au grand dam des Américains, dont le déficit commercial atteint des proportions abyssales. Cette nouvelle dépréciation du yuan ne doit donc pas vraiment inquiéter les Chinois... D'autant plus que leur dette publique reste relativement mesurée (au contraire de la dette privée qui explose mais qui est libellée en yuans).
Sauf que... Pékin joue désormais les premiers rôles (BAII, routes de la Soie etc.) et qu'elle ne peut plus se permettre de trop laisser flotter sa monnaie.

simplet 19/10/2016 15:29

Caricature de réponse peu aimable, cher Observatus.
Vous m’avez demandé d’autres chiffres. Je vous les ai proposés.
Vous avez vos réflexions et vos constats, je les estime. J’en attends pas moins de vous qui êtes l’orateur, moi le public, vous le professeur, moi l’élève méritant sinon de l’écoute, mais aussi du respect.
Je vous ai livré des chiffres de toutes obédiences. Inclus ceux de la presse qui manipule comme elle l’entend et toujours dans le même sens, du tout va bien.

Il ne peut pas y avoir de susceptibilité à ménager dans un débat où seul prédomine un échange d'idées argumentées.

Vous reconnaîtrez que :

Sont indiscutables ceux du BDI (Baltic dry index de Bloomberg)
Sont indiscutables les difficultés économiques de certains secteurs comme les mines, les transports maritimes.
Ces derniers sont des indicateurs précieux du niveau de l’économie.

Je n’ai jamais contesté que la Chine a été, est et reste l’usine du monde. Ce que je voulais indiquer, c’est que le reste du monde étant très malade, cela avait un écho dans les carnets de commandes. Y compris dans ceux de l’usine du monde. Il est difficile de nier cette évidence.

D’où la volonté des autorités de diriger certaines productions industrielles vers l’économie intérieure. La première étant le bâtiment.

D’où des difficultés sociales commençant par ci, par là et particulièrement dans les campagnes, comme chez nous.

Après, l’importance de cette évolution reste à débattre et est loin d’être définitif.

Encore une fois, pour le bien de tous, je souhaite que vous ayez raison.

Le choix d’en douter m’appartient et n’est point sot.

Pour vérifier mes dires, je vous suggère ces liens :

http://www.connaissancedesenergies.org/situation-energetique-de-la-chine-150521
http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND

Kirato Sum 18/10/2016 22:50

"et le projet fait sens" Traduction littérale de l'anglais, très en vogue dans le monde du management mais qui n'a aucun sens en Français. Bien à vous.

Observatus geopoliticus 19/10/2016 21:23

Je place ici le commentaire de Kirato Sum :

Amusant en effet, bien que nous ne soyons plus en 1808 et que les usages évoluent au cour du temps (en bien ou en mal). Je note cependant que c'est "faire sens avec" et pas faire sens tout seul dans votre exemple, ce qui est sensiblement différent.
D'autre part, les libertés que s'autorisent les poètes ne sauraient constituer la base d'un langage, bien au contraire !
Enfin, en français, on dit "ça a du sens", ou "ça n'a pas de sens". En anglais on dit : it make sense. Et effectivement une action a du sens, elle n'en fait pas, cela ne veut...rien dire ! Ma grand-mère disait aussi : "je vais faire un peu d'ordre". Mais là non plus, on ne fait pas d'ordre : on range ou on ordonne.

Et ma réponse :

Cher Kirato, vous avez beau tourner la chose dans tous les sens, il n'en reste pas moins que cette expression existe en français depuis plusieurs siècles et je vous l'ai prouvé.
Quant à votre dernier argument, il est quelque peu bancal. Beaucoup d'expressions existent avec le verbe "faire" suivi d'un substantif sans article : faire peur, faire fureur, faire sens... L'idée est de donner/transmettre/créer la chose sur l'objet. Faire peur = créer un sentiment de peur chez quelqu'un ; faire fureur = transmettre un sentiment de fureur/passion chez le public ; faire sens = donner du sens à quelque chose... C'est tout à fait logique.
Bien à vous

Observatus geopoliticus 19/10/2016 00:43

C'est vous qui paraissez être l'esclave du globish, l'ami... Vous connaissez l'expression en anglais mais pas dans votre propre langue ! Etonnant.
Sans vous citer le poème du XVème siècle d'Arnoul Gréban qui emploie déjà l'expression, plusieurs ouvrages du XIXème l'utilisent et "Les Principes généraux et raisonnés de la grammaire françoise" (1806) le confirment : https://books.google.fr/books?id=qeEFAAAAQAAJ&pg=PA497&dq=%22faire+sens%22&hl=fr&sa=X&ei=E2YPT6q-OMLu2gXh8uHPAg&ved=0CDcQ6AEwAThk#v=onepage&q=%22faire%20sens%22&f=false
On utilisait encore "françois" au lieu de "français" que l'expression existait déjà. Bien avant le monde du management ou la mode des anglicismes, donc...
Et tant que nous sommes dans les corrections, je vous signale amicalement que les adjectifs de nationalité ne prennent pas de majuscule. Il convient d'écrire "en français" et non "en Français".

simplet 18/10/2016 16:34

Cher OG.
En complément
Petite information me concernant: à la bonne époque, je chargeais de 150 à 200 boîtes par mois sur huit mois saisonniers. Pendant une dizaine d'années. Depuis l'Europe et d'Afrique. Destinations: différents ports chinois. Ceci pour vous dire une certaine expérience à ce sujet.

simplet 18/10/2016 13:26

Bonjour Observatus,
-« "Sornettes de la croissance à 8%" ? Avez-vous d'autres chiffres ? »

Ben oui
Selon le FMI, ce n’est déjà plus que 6.9 en 2015. Le FMI acquis comme tout le monde le sait à la philosophie économique du tout va bien comme notre cher pilote de scooter.
Également, de temps à autre des aveux accidentels de la presse classique :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/08/26/20002-20150826ARTFIG00293-les-statistiques-hasardeuses-de-pekin-renforcent-l-incertitude-sur-la-chine.php
ou encore au détour de quelques pages du net :
https://asialyst.com/fr/2015/07/22/chine-manier-les-statistiques-avec-des-baguettes/
En réalité, si, je dis bien si la Chine avait 1.5 à 2 points de PIB, ce serait déjà une très belle performance. Ce qui n’empêche que ce PIB crée déjà du chômage chez elle.
Pour vous convaincre de l’invalidité de ces chiffres, puis-je vous indiquer de consulter des publications de chiffres et faits irréfutables car en provenance non pas d’Etats ou de programmes de prévisions économiques officielles relayés par une presse aux ordres et de pseudo experts mais de bilans privés.
Par exemple : BDI ( son indice a tellement chuté qu’il va finir par trouver du pétrole), faillite Hanjin, etc.
Si le tonnage des post panamax est encore d’actualité ( quoi que), le tonnage des panamax le dépasse en destruction. Les chantiers de démolition ne savent plus où mettre les carcasses.
Les tankers naviguent de moins en moins, sont mis à l’ancre un peu partout. Ils vivent comme stockage. Un pétrole peu coûteux et qui ne se vend quand même pas, pléthore de stokage, serait-ce des signes d’une économie vaillante ?
"Les carnets de commande des Européens et Américains sont peut-être vides (ce qui est faux d'ailleurs, le déficit commercial des USA avec Pékin atteignant des records : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20150205trib78cb4ad09/etats-unis-le-deficit-commercial-atteint-505-milliards-de-dollars.html) mais la Chine fournit le monde entier, de l'Irak à la Thaïlande en passant par l'Equateur ou le Mexique (pour citer quelques pays où j'ai vécu)."
Je n’ai jamais analysé ce déficit commercial et je ne sais donc pas de quoi il est constitué. Le connaissez vous. ? Aux pays cités, vous pouvez citer les pays africains où j’y vérifié la même chose. Par ordre alphabétique de A comme Angola jusqu’au Z comme l’ancien Zaïre.
Et alors ? Cela prouve quoi en chiffres réels entre leurs exportations ante 2008 et actuels ?

Le secteur minier mondial est chute libre. Particulièrement en Chine dans le charbon autant le sien que celui importé d’Australie et des US. Cela se vérifie par toute l’activité qui tourne autour : le chemin de fer dont les tonnages sont en chute libre et la vente de matériel comme Caterpillar, Komatsu. Aussi par les faillites de nombreuses et importantes sociétés américaines, australiennes qui ne peuvent plus lui en vendre. Le stockage du charbon en Chine crée des montagnes qui concurrence l’Hymalaya ;<
Comme vous le savez certainement, le charbon chinois représente 90% de son électricité industrielle.
Sa production charbonnière -2% en 2014, -12% en 2015, en 2016 1er semestre -9% ! La propagande veut que cela a été remplacé par le renouvelable et l’eau… Bien sûr que non, il s’agit bien de diminution de consommation.

" Les invendus immobiliers sont dus à la folie des grandeurs de construction de logements et même de villes entières ! L'offre excède largement la demande et s'est créée une bulle immobilière, c'est indéniable. Ca ne signifie pas que l'économie est en berne."
Rien de plus faux.
Cette abondance de logements est due à deux choses :
1/les prêts faciles. L’espoir des spéculateurs. C’est fini heureusement
2/ Le bâtiment est le plus gros consommateur de ciment et d’acier. La crise mondiale fait que l’acier ne se vendait plus. La Chine a donc orienté ce marché vers son économie intérieure et la construction. Les résultats sont là. Du coup la production métallurgique a plongé. Le charbon y est lié, naturellement.
"L'immense majorité des Chinois attend avec impatience la fermeture des mines qui rendent Pékin et d'autres villes invivables."
Vous expliquerez cela aux mineurs, leurs familles, ceux qui en vivent. Souvent situés dans les régions pauvres du pays, pas l’opulence des terres de Shangaï ou du Guangdong. De la bande côtière en général.
La pollution n'est pas que le fait charbonnier. Il existe aussi des phénomènes naturels.
"Chaque année, des dizaines de millions de Chinois sortent de la pauvreté, vous ne pouvez pas le nier. Et même un pauvre chinois sera mieux loti qu'un pauvre européen par exemple. Personne ne dort dans la rue là-bas, tout le monde mange à sa faim"
Visitez donc les campagnes, cher ami. Traînez un peu dans les secteurs miniers si on vous l’autorise. Votre avis, j’en suis certain, changera quelque peu. Chez nous la rue est plus confortable que certains logements chinois.
"Sorties de capitaux ? Attention à ne pas vous laisser prendre à la propagande économique de la MSN. Quand un pays s'oppose à l'empire, les officines financières (Soros & co) passent à l'attaque en retirant brusquement leurs capitaux spéculatifs afin de créer un krach. C'est ce qui s'est passé en Russie il y a un an et demi, c'est ce qui s'est passé en Chine au printemps dernier, au lendemain du lancement de la BAII. Soros l'a d'ailleurs déclaré publiquement : il mène une guerre financière contre la Chine."
Vous avez aussi raison, mais pas que la spéculation. J’ai un ami chinois nationalisé australien qui a énormément investi dans sa région natale à Quigyuan, il y retire ses billes. Il m’a expliqué et je n’ai rien compris. Tout ce que je peux vous dire c’est la trouille de l’avenir.
Pour le reste on aura l’occasion d’en débattre, je vous remercie d’avoir pu m’exprimer, même si je suis en désaccord avec vous.
Pourtant j’aurais aimé que vous eussiez raison.
Corialement.

Observatus geopoliticus 18/10/2016 21:00

Bon allez, vous avez raison sur tout... Quand les chiffres vont dans votre sens, ils sont corrects. Quand ils vont dans le sens contraire, ils sont truqués. La Chine bat ses records de vente aux Etats-Unis (contrairement à ce que vous affirmiez) : c'est forcément truqué ! La Chine fournit le monde : c'est pas prouvé. Ok, ok...

Charles Michael 17/10/2016 19:48

Observatus geopoliticus and All,

- sciences pot : , y'avait une pointe de dérision sur cette enseignement, chez moi c'est plutot la rage que les chevilles qui gonfle avec les dernières pontes des Sciences potiches Marie Mendra + Filiu, + Nicolas Tenzer trois ténors de la propagande.
- j'ai personnellement un gros doute sur le destin industriel de l'Inde et encore plus comme concurent de la Chine, évidement les USA sont un gros marché et des gros capitaux. Mais l'Inde a de vrais problèmes structurels, très liés à leur culture magnifique et multiple, mais pas facile à dynamiser, un état central assez faible, des alliances politiques mouvantes.

Wilmotte Karim 17/10/2016 08:42

Pendant ce temps, le CETA risque d'être bloqué par la Belgique.
Ce qui pourrait impliquer la mort du TTIP...

Wilmotte Karim 17/10/2016 20:28

Simplet, c'est un poil plus compliqué que cela.
D'autant qu'en dehors des collabos du MR, tout le monde a voté contre.

simplet 17/10/2016 12:05

C'est un acte d'opposition de la gauche régionale wallonne contre le gouvernement fédéral de droite dure et majoritairement flamand. Ne croyez pas trop au courage de gauche là.

Furax 16/10/2016 22:06

Cher OG, le rapprochement Inde-USA est assez avancé et sérieux. Quand on lit certains sites d'info russes, le ton y est assez pessimiste sur cette question.

Et c'est logique.

On ne peut pas durablement tenir ensemble les 2 géants indien et chinois qui sont structurellement des rivaux stratégique. Certes, l'Inde ne va pas se laisser manipuler grossièrement par la Chine comme un vulgaire pays européen.

Mais l'idée d'embrasser la superpuissance déclinante américaine, la tête de l'empire anglo-saxon qui lui a fait tant de mal au temps de la splendeur britannique, pour s'en servir contre le rival chinois avant de lui sucer la moelle ne peut que séduire l'Inde qui a de la mémoire.

Car une chose est certaine. Dans une étreinte libre entre un pays de 1,2 milliard d'habitants et un autre pays de 320 millions d'habitants, on sait qui va gagner.

Observatus geopoliticus 17/10/2016 19:38

@ Arthur : C'est évident. Disons qu'ils ont décoloré leur casaque pour la rendre US-compatible mais n'en ont pas changé la forme ni la couleur.

Arthur 17/10/2016 19:00

Avec les commandes de S-400 et de frégates d'hier ils ont quand même rappelés qu'ils n'avaient pas encore tournés casaques!

Observatus geopoliticus 17/10/2016 01:09

Oui et non. L'Inde veut "marcher sur ses deux jambes" : se rapprocher des Etats-Unis sans pour autant se couper de l'allié traditionnel russe tout en se rapprochant aussi maintenant de la Chine (nouveauté Modi). C'est la quadrature du cercle, le curry, l'argent du curry et le sari avec !
L'attitude de New Delhi envers les USA est tout de même très ambivalente : un pas en avant, un pas en arrière.
Bien à vous, Furax

simplet 16/10/2016 20:53

@ Theuric

« En fait, en ce moment, tout est possible, du pire au meilleurs. »
Meilleurs ?

Quels sont les éléments qui suscitent chez vous un tel espoir ?

@ OG

Dans vos commentaires, vous décrivez la Chine comme puissance à venir.
J’en doute.
Cela tourne plutôt mal chez eux. Depuis quelques années déjà. Même si c’est admirablement bien dissimulé.
J’ai beaucoup travaillé avec eux et je peux vous affirmer qu’ils sont plus mal encore que les autres puissances. Politique intérieure explosive. cela rajaillera forcément sur l'extérieur comme toujours avec les cocos.

Observatus geopoliticus 17/10/2016 19:33

Bonsoir cher Simplet,
je ne peux être qu'en désaccord avec ce que vous écrivez.
- "Sornettes de la croissance à 8%" ? Avez-vous d'autres chiffres ?
- Les carnets de commande des Européens et Américains sont peut-être vides (ce qui est faux d'ailleurs, le déficit commercial des USA avec Pékin atteignant des records : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20150205trib78cb4ad09/etats-unis-le-deficit-commercial-atteint-505-milliards-de-dollars.html) mais la Chine fournit le monde entier, de l'Irak à la Thaïlande en passant par l'Equateur ou le Mexique (pour citer quelques pays où j'ai vécu).
- Les invendus immobiliers sont dus à la folie des grandeurs de construction de logements et même de villes entières ! L'offre excède largement la demande et s'est créée une bulle immobilière, c'est indéniable. Ca ne signifie pas que l'économie est en berne.
- L'immense majorité des Chinois attend avec impatience la fermeture des mines qui rendent Pékin et d'autres villes invivables.
- Chaque année, des dizaines de millions de Chinois sortent de la pauvreté, vous ne pouvez pas le nier. Et même un pauvre chinois sera mieux loti qu'un pauvre européen par exemple. Personne ne dort dans la rue là-bas, tout le monde mange à sa faim.
- Sorties de capitaux ? Attention à ne pas vous laisser prendre à la propagande économique de la MSN. Quand un pays s'oppose à l'empire, les officines financières (Soros & co) passent à l'attaque en retirant brusquement leurs capitaux spéculatifs afin de créer un krach. C'est ce qui s'est passé en Russie il y a un an et demi, c'est ce qui s'est passé en Chine au printemps dernier, au lendemain du lancement de la BAII. Soros l'a d'ailleurs déclaré publiquement : il mène une guerre financière contre la Chine.
- Je vous ai cité les aéroports comme exemple, je ne dis pas que la croissance repose dessus. Evidemment que les nouvelles Routes de la soie ou les chemins de fer suivent (même quand ceux-ci me font mal au coeur, comme le TGV de Lhassa). Les aménagements des villes sont considérables, détruisant d'ailleurs les rares parcelles d'ancien. Si vous avez déjà mis les pieds dans une ville chinoise, avouez-le : en quelques années, on ne reconnaît plus la ville !
- C'est sûr que les Han ne suscitent aucun amour parmi les autres minorités, c'est un euphémisme, surtout chez les Tibétains ou les Ouïghours. Mais ça ne change rien à notre discussion.
- Je n'ai pas compris votre dernière question, cher Simplet
Bien à vous

Observatus geopoliticus 17/10/2016 19:10

Cher Theuric,
je rebondis seulement sur l'une de vos phrases : "montée d'une classe-moyenne adoptant une vie occidentale".
C'est ce qu'on lit souvent dans la médiatitude occidentale ethnocentrique mais rien n'est plus faux. Si vous voyagez et surtout vivez partout sur la planète, vous serez frappé de la non-occidentalisation de la population. Les classes moyennes indienne et surtout chinoise restent fidèles à leur culture, plus que jamais même maintenant que l'Occident a perdu une certaine aura...

simplet 17/10/2016 11:52

Cher Observatus,
Je tiens à m'excuser car ce débat, du moins mes arguments partent dans tous les sens, sans fil. Le principal est que vous aurez compris le sens de ma réflexion à propos de la Chine. L'enthousiasme des vieux, quand même...

simplet 17/10/2016 11:49

Cher Observatus,
Ravi de ce débat contradictoire, ;-{)

- Parce que vous croyez à ces sornettes de 8% de croissance ?
- Quand une économie globale est finie, elle est finie pour tout le monde, producteurs comme cconsommateurs
- Que se passe-t-il donc depuis que les carnets de commandes des clients européens et américains sont vides?
- Informez-vous près des acteurs de terrain qui ont accès aux zones industrielles, vous en serez fort surpris de ce qu’ils vous diront avoir vu.
- Un pays dont l'économie intérieure est censée remplacer l'exportation défaillante et afficher de tel chiffre de croissance, associée donc à l’emploi, n'aurait pas un tel parc de logements invendus.
- Viendront s'ajouter comme je vous l'ai dit les problèmes miniers.

- Comme vous dites 1milliard et demi d’habitants. Classes aisées : 400 millions. Le reste ??? Des chinois contents et heureux ? Qui doivent payer à prix d’or l’accès au travail industriel, qui paient des locations et frais sur les lieux de travail presque égaux à leurs salaires. Les paysans qui sont remplacés doucement mais sûrement par la robotisation ou mécanisation intelligente.

- Pourquoi de telles sorties de capitaux ? Ce ne sont pas des signes de confiance.

Ok, les investissements d'infrastructures alimentent l'économie. Aéroports pourquoi faire. C'est par là que commencera la bérézina comme nos aéroports à nous. J’eus été d'accord avec vous si vous m'aviez dit : route de la soie et chemins de fer.Quelques années Pour le reste, pffft.

Ok pour les Han, je me suis mal exprimé. Même s’il est vrai qu’ils suscitent peu d’amour aux autres ethnies qui ne représente que 10%. J’y reviendrai plus tard en m’exprimant plus clairement.
Han le plus grand groupe ethnique du monde, cela change-t-il quelque chose dans la perception par les autres ? N’ont-ils pas été un tantinet massacrés en Indonésie, combattus en Indochine.
Je m’adresse à l’historien : qu’est-ce l’histoire des Khan mongols ? etc., etc…
Dans l’impatience de vous lire, très cordialement cher Taulier.

theuric 17/10/2016 01:40

L'histoire est une garce ne laissant quiconque au repos.
Ce petit aphorisme de mon cru, avec ce quiconque au milieu que j'adore écrire, montre qu'en ces choses de la politique le mot 'espoir" ne peut avoir de place.
Du moins mauvais au mieux rendrait en cela le plus juste de ma pensée.
Le problème vient de l'effondrement de l'empire U.S. (poil à mazoute).
Certes, il a ruiné tout le monde en tant qu'empire tentaculaire, d'ailleurs c'est çà qui le mène à sa banqueroute, mais, bon an mal an, autant pendant la guerre froide que pendant ses dix années hégémoniques, la paix froide suivie de la pax américana, bien que relative, a eu une base de réalité (encore le choix entre nez et pied, cruel dilemme).
Bon, c'est vrai, ensuite, dès 2001, son délire ne fit que s’amplifier et aujourd'hui nous arrivons à sa fin de parcours ( je ne porte pas de jugement de valeur, un empire agit comme tel, j'aurais plus de reproche à porter sur ceux qui le suivent aveuglément).
Le Saint-Empire-Romain-Germanique nous montre, de par sa dénomination, qu'une disparition impériale, celle romaine d'une puissance tutélaire dans la région, laissant une place vacante, génère le désir d'être remplacé, de prendre sa place.
De devenir calife à la place du calife, en quelque sorte.
Alors, partant de cette idée, sachant quels sont les pays dits des B.R.I.C.A., je me suis dit que parmi ceux-là, certains se verraient bien s'assoir à ce trône bientôt vacant.
J'ai écarté la Russie, non pas par bonté d'âme, mais juste parce que ce pays connaît la difficulté de la domination avec ses anciennes possessions que furent les pays de l'est, un coup ça fait une bosse, comme le disaient les anciens.
Le Brésil et l'Afrique-du-Sud, quand à eux, se satisferont largement de leurs proches voisins, même si la France et le Royaume-Uni risques de se trouver à se confronter à eux (iles des Antilles et Guyane pour le premier, certaines anciennes colonies pour le second, toujours pareil, je ne porte pas de jugement de valeur, ni en bien, ni en mal) (poil à Hannibal, ce qui trompe).
Ensuite, j'ai porté toute mon attention sur la Chine et l'Inde, suis, ensuite, allé voir la proche histoire sur les relations entre ces deux pays et suis allé voir, également, le type de déséquilibre sociaux qui y préexistent.
J'ai découvert qu'en fait ils sont semblables:
-déséquilibre du nombre d'homme et de femme;
-immenses déséquilibres de richesse dans la population (le menton, vous dis-je, le menton);
-relative faiblesse politique;
-modernisation à marche forcée avec la monté d'une classe-moyenne adoptant une vie occidentale;
-revanche à prendre sur les occidentaux;
Enfin, j'en oublie sûrement.
Rajoutez à tout ça le fait que la faillite U.S. sera accompagnée par celle de toute l'économie mondiale, ce qui coupera l'herbe sous le pied de toute cette nouvelle classe-moyenne qui sentait déjà le même parfum de richesse que les occidentaux (déjà en phase de déclassement, en Occident, s'entend) (poil au dent, ce qui me laisse dubitatif).
Tout cela ne peut pas ne pas générer de l'agressivité, mettant en danger des gouvernements et des appareils d'état pouvant fort bien détourner cette agressivité vers ses proches voisins.
Comme je l'ai dit, pour le Brésil et l'Afrique-du-Sud les voisins n'ont pas les capacités de résistance, au pire aurons nous affaire à une domination armée (idée qui, je le conçois, n'est pas preuve d'une grande humanité) (poil à l'ongle du doigt de pied, faute d'Amérique) (l'ongle d'Amérique ah, ah, ah).
En revanche, je ne pense pas que Chine et Inde puisse supporter que l'un de ces deux voisins prenne l'ascendance sur l'autre par une tendance expansionniste.
Là, il est possible de comprendre la politique de la Russie, qui consiste autant à les lier tous deux par des accords commerciaux avec elle et à ce que de mêmes accords se fassent entre ces deux géants, ceci afin d'éviter une confrontation armée dont personne ne peut dire vers quoi cela mènera.
Il est en effet impératif que l'un et l'autre puisse retrouver une phase d'expansion économique le plus rapidement possible, autant en interne qu'entre voisins (poil dans la main).
Bon, il est vrai, contenir l'empire est, dans l'immédiat, d'une grande importance, mais dans le proche futur, endiguer, au sens propre du terme, cette inéluctable agressivité de ces deux mastodontes est indispensable (poil aux râbles, ce qui serait facétieux).
En fait, les diverses mesures de rétorsions occidentales ne peut que servir la Russie pour ce programme, telle que la mise en place d'une carte de paiement hors U.S.A..
Il faut rajouter ici que l'empire, du fait de ses agissements et gesticulations, ne cessent d'affaiblir les instances régulatrices internationales, tant économiques que politique, comme, par exemple, le F.M.I. et l'O.N.U..
Ce qui veut dire qu'elles auront quasiment toutes disparues ou réduites à rien lors de cette faillite généralisée, ne restera plus, dès lors, que les seules relations interétatiques.
C'est cette confrontation possible entre ces deux géants qui me font craindre le pire, n'étant pas sûr que tout le magnifique travail de monsieur Poutine portera ses fruits lorsque la pire faillite de l'histoire surviendra.
Le meilleurs n'étant que tout ce long labeur en porte tous ses fruits.
Et comme le disait le philosophe Foldingue: "Quand le pire n'est pas sûr, il n'est pas sûr que le sûr soit le pire!"
N'est-ce pas?

Observatus geopoliticus 17/10/2016 01:09

@ Simplet : une économie "qui se meure" à 8% de croissance ? Enfin, cher ami, un peu de sérieux... La Chine est la première économie mondiale maintenant, et ça fait un bout de temps qu'elle ne dépend plus seulement des exportations.
Alors bien sûr, il y a des problèmes. Mais n'oubliez pas qu'on parle d'un pays d'un milliard et demi de personnes ! Et il connaît moins de grèves et de mécontentements que la petite France et ses 60 millions d'âmes...
Concernant l'animosité ethnique, je ne comprends pas quand vous dites "pas seulement à l'égard des Han". Evidemment, les Chinois sont han dans leur immense majorité, ils ne vont pas se détester eux-mêmes... Pour les autres minorités, les Ouïghours passent un mauvais moment après les attaques au couteau, c'est vrai. Mais à part les marchands de brochettes de rue dans les grandes villes, ils sont au Xinjiang.
Le principal problème que je vois en Chine est de l'ordre de l'éducation. Les "petits empereurs" (enfants uniques des années 80 et 90) ont grandi et sont assez infects, ce qui peut avoir certaines conséquences sociales.
Bien à vous, mon cher Simplet

simplet 16/10/2016 23:32

Cher Observatus

Chine,
J'y ai constaté il y a deux ans, une progression d'animosité ethnique. Pas seulement à l'égard des Han, mais entre toutes les ethnies que j'y rencontrais dans le Guangdong. Cela m'a encore été confirmé récemment par des amis qui y sont encore et paraît-il de plus en plus virulente. Même chose à Shangaï. De plus, ce qui n'est jamais signalé et pour cause, c'est la multiplication de petites grèves assez violente et réprimée de la même manière. Qu'en sera-t-il avec la fermeture des nombreuses mines? On cite et glorifie les classes riches et moyennes? Cela fait 300 à 400 millions d'âmes. Il en reste un paquet de mécontent. Les campagnes sont atteintes également, car nombre de paysans ne peuvent plus assurer la subsistance de leurs familles, à ce qu'on m'a dit. Quant à la construction des aéroports et construction en général, cela sert à quoi dans une économie qui se meure? Sauf à utiliser des milliers de tonnes d'acier, de ciment de charbon, qui n'ont plus preneur. 60 millions d'appartements invendus. Une économie intérieure qui n' a jamais vraiment prise hormis le cellulaire bon marché. Pour le reste il est vrai qu'ils ne sont pas belliqueux et c'est bien cette situation agressive cela qui inquiète. Infos à recouper, venant de personnes occidentales, jamais très bien considérées. Ils sont très racistes aussi, du moins dans les sphères sociales les moins nanties. Vous avez pu peut-être vous en rendre compte. Moi j'y étais à titre technico-commerciale avec relations triangulées: Chine, France, Cameroun...C'était vraiment pas simple.

Observatus geopoliticus 16/10/2016 21:39

@ Simplet :
Ca tourne mal en Chine dans les colonnes du Monde ou du Wall Street Journal... A noter d'ailleurs que les officines médiatiques de l'empire dans le domaine économique ont commencé leur campagne au lendemain de l'établissement de la BAII, au printemps dernier. Ca ne veut pas dire que tout va bien : il y a une bulle immobilière, de grands conglomérats d'Etat déficitaires etc. Mais enfin, quand on st capable de construire plus de 50 aéroports en trois ans, ça ne va pas si mal...
Quant à la situation "politique explosive", je ne vois de quoi vous voulez parler. J'y ai vécu quelques années il n'y a pas très longtemps (début des années 2010) et je n'ai jamais rencontré peuple plus apolitique et obéissant que les Chinois.

theuric 16/10/2016 17:05

Il est des moments dans la vie des sociétés comme de celle des hommes où les événements se suivent de façon linéaire sans qu'il y ai besoin de choisir entre des éventualités diverses.
Ces périodes sont plutôt prédictives puisqu'à une situation donnée se répond des actions correspondantes.
En revanche, à d'autres moment, les choses deviennent plus difficiles à établir, les éventualités deviennent multiples, complexes, parfois contradictoires, des choix bien pesés ou pas pesés du tout pouvant mener à des situations diverses et dissemblables, suivant les décisions de chacun.
Ainsi, autant jusqu'à il y a peu de temps encore une cohérence d'action pouvait être comprise entre les différents acteurs au Proche-Orient, mais aussi aux U.S.A., en France et en U.E., en Amérique-du-Sud, autant aujourd'hui je vous avoue me perdre en nombreuses conjectures.
Bon, pour l'économie, la messe est dite, la globalisation est moribonde et les informations montrent que le système est sur la voie de son arrêt syndical.
En revanche, en politique, quel qu'en soit le niveau d'échelle, un brouillard d'indéterminisme s'établit.
Ce n'est pas la première fois que cela arrive, loin de là, mais là les enjeux me paraissent cruciaux.
Nous nous retrouvons en effet dans ce moment où les différents acteurs, qu'ils en aient conscience ou non, ont un choix déterminant à faire, et ce seront ces choix qui détermineront la suite future des événements.
Ce champ d'événements potentiels fort qui vient de s'ouvrir me rend le monde quasiment illisible, trop d'éventualités sont en jeu dans des situations de grandes complexités, aux informations parfois plutôt paradoxales (pas ici, non, mais pourquoi donc des commentateurs U.S. de la vie économique étasunienne donnent-ils des chiffres semblant justes avec des interprétations en pourcentage fausses, de 23% à 40% de chômeur, il y a un sacré monde tout de même, et pourquoi sont reprises les mêmes par tous sans réelle vérification?).
Ainsi, à mon sens, le monde est en ce moment en suspend entre des buts de certains acteurs peu clairs et des situations non achevées et en cours de développement.
En fait, en ce moment, tout est possible, du pire au meilleurs.

theuric 16/10/2016 17:10

En fait et en ces temps là, il n'est plus que d'attendre et d'être prêt à toute éventualité, l'essence même de la patience, tout compte fait.
Premier pas vers la sagesse, se dit-il.

simplet 16/10/2016 15:44

Petit clin d’œil à Bouzi. Origine de la confrontation Inde Pakistan ? Hindou et Sikh contre Ligne musulmane, après la décolonisation ( et même pendant la période des condons). Une fois de plus opposition de confessions, cher Ami.
Pour le reste, se rapporter à notre maître à tous: "the" Taulier !

Bozi Lamouche 16/10/2016 22:20

Bonsoir simplet je parlais de la Syrie...et quand je lis chaque article de OG à ce sujet, je n'ai pas l'impression de lire la messe...
Cordialement

Observatus geopoliticus 16/10/2016 21:55

Ha ha, non, je ne suis ni ne prétends être le maître de personne...
Cher Simplet, ce n'est pas pour vous embêter mais je voudrais contre-cligner de l'oeil, car le conflit cachemiri n'est pas totalement religieux. Dans les années 30, les musulmans du Cachemire se sont scindés en deux : la Conférence musulmane (qui prendra en 1947 le parti du rattachement au Pakistan) et la Conférence nationale (qui optera pour un rattachement à l'Inde) alors que le maharadja, lui, souhaite obtenir son indépendance avant de se voir contraint de demander de mauvaise grâce l'aide de New Delhi. Vous voyez donc qu'à un moment donné, on a un groupe politique musulman qui réclame l'union avec l'Inde hindoue tandis que le roitelet hindou, lui, ne veut pas en entendre parler ! Amusant...

Vasco 16/10/2016 11:59

Post-scriptum. Un bel hommage à la multipolarité ce slogan des BRICS présent sur l'affiche.

Madudu 16/10/2016 11:52

En fait les deux territoires, celui du Pakistan et celui de l'Inde, ont besoin de ce passage pour être cohérent : l'Inde pour accéder à l'Asie centrale, le Pakistan pour accéder à la Chine.

Et il est bien compréhensible qu'aucun des deux ne ne puisse se satisfaire d'un passage stratégique sous contrôle étranger.

Voilà donc un problème insoluble dans le contexte actuel, qui ne se posait pas quand le sous-continent indien était un ensemble cohérent, avant la création du Pakistan ...

Finalement c'est un résultat tardif et visible pour encore longtemps des méfaits de la colonisation. L'OCS ne pourra pas y faire grand chose, au mieux elle peut contribuer à atténuer les tensions qui existent entre les deux pays, mais je ne vois pas ce qu'elle peut faire de plus.

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:10

@ Madudu : Oui et non. Concernant l'Inde, ce passage n'est pas vraiment stratégique. Même si elle récupérait la totalité du Cachemire, les pays riverains sont l'Afghanistan (dans sa partie a plus montagneuse, le Wakhan) et la Chine (avec laquelle elle partage des frontières bien plus fluides à l'est de l'Himalaya, du côté du Bhoutan). Ce n'est pas par là que l'Inde aura accès à l'Asie centrale (par nulle part d'ailleurs). Par contre, l'idée de couper la route pakistano-chinoise n'est pas pour déplaire à New Delhi.

Vasco 16/10/2016 11:43

Toutes ces rivalités géopolitiques me rappellent un vieux conflit:

http://suntzufrance.fr/les-royaumes-combattants-de-sun-tzu/

L'Histoire un éternel recommencement ?

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:01

Ah Spengler... Quiconque regarde le temps long ne peut qu'être frappé de la répétition des événements et schémas historiques, cher Hamilcar. Ainsi par exemple, pour comprendre l'empire actuel et ses dépendances (UE), ou même simplement la vie politique française, rien de tel que de se replonger dans l'histoire des deux derniers siècles de la République romaine. L'OTAN est la Ligue de Délos des temps modernes. La guerre syrienne, elle, ressemble furieusement aux Guerres dites de religion de la deuxième moitié du XVIème siècle. etc. etc.

@ Vasco : merci de porter à ma connaissance ce site sur Sun Tzu qui a l'air pas mal du tout.

Hamilcar Barca 16/10/2016 13:10

@Vasco

Bonjour Vasco
"L'Histoire un éternel recommencement ?"

Oui, si l'on adhère à la théorie cyclique de l'histoire d'Oswald Spengler
http://nationalvanguard.org/2015/11/spengler-an-introduction-to-his-life-and-ideas/

OS est un philosophe allemand plus ou moins tombé dans l'oubli car accusé d'avoir inspiré les nazis et de les avoir soutenu, ce qui est faux.
https://en.wikipedia.org/wiki/Oswald_Spengler
http://oswald-spengler-le-retour.e-monsite.com/pages/biographie/oswald-spengler-sa-vie-son-oeuvre.html

Par ailleurs, il faut bien avouer que son ouvrage majeur, "Le Déclin de l'Occident", est touffu et pas facile à lire.
http://solargeneral.org/wp-content/uploads/library/Decline-Of-The-West.pdf

Bien cordialement

gloppasglop 16/10/2016 11:24

Merci OG pour être l'un des seuls à aborder le problême du Cachemire.
Le fait est que ce territoire ethniquement et culturellement tourné vers le Pakistan ne s'est vu rattaché à l'Inde qu'à la suite du caprice du maharajah hindouiste de l'époque et que la guerre Indo-Pakistanaise s'était arrêté sur la promesse d'un referendum qui n'a jamais eu lieu.
Aujourd'hui le Pakistan instrumentalise des groupes de guerilla côté Indien mais il demeure que la population y est réprimé et les fosses communes fleurissent au Jammu-Kashmire Indien.
Il est d'ailleurs intéressant de constater que les Kashmiri Indiens ne jouissent pas de l'empathie de reporters sans frontières au même titre que les Tibetains malgré une situation bien pire.
Et pour qu'on ne me prenne pas pour un apologiste du Pakistan je terminerai en exprimant tout mon soutien au pacifiques populations Kalash de la vallée de Chitral honteusement laissées pour compte par l'état Pakistanais.

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:18

Merci Glop.
Je suis toutefois en léger désaccord avec certaines choses que vous dites. Notamment sur le fait que le Cachemire serait totalement tourné vers le Pakistan. Je recopie ma réponse au message de Simplet :
"Dans les années 30, les musulmans du Cachemire se sont scindés en deux : la Conférence musulmane (qui prendra en 1947 le parti du rattachement au Pakistan) et la Conférence nationale (qui optera pour un rattachement à l'Inde) alors que le maharadja, lui, souhaite obtenir son indépendance avant de se voir contraint de demander de mauvaise grâce l'aide de New Delhi. Vous voyez donc qu'à un moment donné, on a un groupe politique musulman qui réclame l'union avec l'Inde hindoue tandis que le roitelet hindou, lui, ne veut pas en entendre parler ! Amusant..."
Pas d'unité de la population cachemirie musulmane, donc. Sans oublier que toute la partie orientale du Cachemire indien (capitale : Leh) est bouddhiste et n'a absolument aucune envie d'être rattachée au Pakistan !
Ensuite, le maharaja de l'époque était bien moins "capricieux" qu'on ne pourrait le penser. Il voulait avant tout l'indépendance de son royaume. C'est l'attaque de bandes pachtounes en provenance du Pakistan qui l'a poussé, bien à contre-coeur, à demander l'aide de New Delhi et son rattachement à l'Inde.
Enfin, on ne peut absolument pas comparer le sort des Cachemiris à celui des Tibétains (1 millions de morts, des dizaines de milliers de temples détruits, sinisation de Lhassa...)
Bien à vous

Hamilcar Barca 16/10/2016 09:16

@Observatus Geopoliticus

Bonjour OG
Merci pour ce passionnant tour d'horizon qui analyse une situation ....enchevêtrée!

Concernant les rapports Inde - USA, les choses ont été bien avancées dans le domaine aérien avec les manoeuvres "Cope India"
http://www.globalsecurity.org/military/ops/cope-india.htm
Ces manoeuvres n'existent plus, point à méditer.

Par contre, l'IAF (India Air Force) a participé en 2008 et 2016 aux exercices de combat "Red Flag", le dernier ayant eu lieu ... en Alaska.
http://tinyurl.com/jtntovw
(ce qu'est "Red Flag": https://en.wikipedia.org/wiki/Exercise_Red_Flag)

Donc ceci est à verser à votre dossier des actions de l'Empire en direction de l'Inde, et il faudra voir quelle suite ce dernier pays va donner aux exercices de 2016, après un "break" de 6 ans.

Bien cordialement

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:20

Oui, mon cher Hamilcar, l'Inde danse le tango sur un air de Bollywood : un pas en avant, un pas en arrière... Les signaux sont très contradictoires et c'est un euphémisme.

Charles Michael 16/10/2016 08:48

Excellent exposé ; devrait faire l'objet d'une conférence à Sciences Po , pourrait aider les têtes blondes en route pour l'ENA à relativiser l'importance stratégique du béret franchouillard.

Bon, alors l'Inde ? le géant indécis cerné par les problèmes de voisinage, gros morceau mais contournable.
Et puis l'époque des non-alignés qui a changé et en conséquence sacrément rogné son influence. Elle en a du mal l'Inde à se trouver une stratégie claire.

L'Inde voudrait bien répéter la success strory économique chinoise, se trouver des alliés même platoniques dans son conflit avec le Pakistan, attire les investissements US et UE et ceux de la Chine. Tout ça manque de cohérence et c'est le Bangladesh, ex East Pakistan qu'elle a aidé à devenir indépendant, dont la Chine va financer va développer l'industrie des appareils. Là on sussure du 20 à 40 milliards $ d'investissements qui aidera ce pays tjrs très pauvre et ses maintenant 170 millions d'habitants.
Et puis la diplomatie arrogante de Modi qui permet, encore, à la Chine de devenir bienfaiteur protecteur du Népal, du Bouthan et du Sri lanka. Le jeu plutot stérile et incomodant pour l'Iran de ses services secrets (RAW) en Afghanistan et Balouchistan.
Manque de réalisme.

Heureusement il y a l'OCS et sa régle d'or: pas d'interférence, pas de jugement sur les politiques internes de ses membres. Et les vieilles amitiés datant de l'URSS pour l'Inde, comme pour le VIetnam comme contrepoids à la 'légère' ambition chinoise.
Et puis il y a Bollywood qui écrase Hollywood.

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:25

Oulah, Charles, je vais avoir les chevilles qui gonflent...
Pas sûr que Modi prenne une mauvaise direction. Soyons juste, les difficiles relations avec Ceylan sont anciennes. Quant au soutien financier chinois aux voisins de l'Inde, elles sont permises par le fait que Pékin a commencé sa grande révolution économique dès les années 80, trente ans avant New Delhi.
Mais vous avez raison de pointer le manque de cohérence certain de la politique étrangère indienne.
Bien à vous

Ady85 16/10/2016 00:13

Peut-être tout simplement que l'Inde ne veut pas choisir un camp et souhaite avoir de bonnes relations, à la fois avec le bloc Russo-Chinois et avec les USA..

Henrietta 15/10/2016 23:05

Bonsoir,
Vous êtes peut être calé en géopolitique Observatus, mais un peu moins en aérospatiale. ^^
Un homme sur Pluton, euh... Comment dire ? On ne pourra pas avant très très longtemps. XD

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:33

Ha ha, excellent, Zuglub !

Observatus geopoliticus 16/10/2016 22:32

@ Theuric : je me prends au jeu de vos digressions. Honnêtement, je ne suis pas franchement impressionné par les progrès techniques de ces deux derniers siècles. Certes, il y eu des avancées m'enfin, qu'est-ce qui a fondamentalement changé ? Rien... L'Homme n'est toujours pas foutu d'explorer le fond des mers, encore moins d'aller dans les profondeurs de la terre. Vienne un tremblement de terre (que l'on est incapable de prévenir) et l'humanité s'affole comme une ruche d'abeilles perdues. On a tout juste été capable d'aller sur la lune, incapable de la dépasser...

theuric 16/10/2016 01:30

Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous.
Si nous regardons l'histoire proche, celle de l'aviation, par exemple, entre le moment du premier vol et celui qui vit un coucou traverser l'Atlantique, il ne s'est pas passé vraiment beaucoup de temps, quelques décennies.
Certes, les défis à relever sont importants et ceux dus à la propulsion et à la production d'énergie sont premiers.
Le troisième défi sera de définir si oui ou non la vitesse de la lumière peut être dépassée, quelle qu'en soit la façon, et à un coût énergétique réduit, si oui, ça se fera, si non l'humanité végètera sur Terre et dans sa région proche.
Je ne suis pas calé en science, certes, mais je sens le dynamisme historique humain, je le hume, et je peux vous dire que si nous ne trouvions pas le moyen de nous répandre dans l'espace nous nous déchirerons inéluctablement.
En fait, les voyages spatiaux deviendront mature le jour où la grand-mère pourra rendre visite à son petit fils travaillant dans les alentours de Saturne et pas avant.

alaric 16/10/2016 00:48

c'est justement pour ça qu'Observatus utilise cet évènement comme référence d'improbabilité ^^

Zuglub 16/10/2016 00:05

Tout dépend de l'échelle temporelle. Et à quand les bases de l'OCS sur la Lune et Mars ?

Pour revenir à du plus sérieux, ces alliances emberlificotées ressemblant effectivement à du "hey poto, regarde ce que j'ai trouvé au Sud de l'Himalaya" de la part de l'ours et du dragon, il y a intérêt à ce que les rois de la montagne eurasiennes s'entendent comme cul et chemise et disposent d'une interdépendance économique et militaire à faire baver des eurocrates londonniens, si ils ne veulent pas finir sur le même plan que les Sammies ; à contracter des alliances dans tous les sens et multiplier les pactomanies contraires. Xi et Vladimir jouent un jeu dangereux, qui vaut certes son pesant de riz, deux silos plutonium/hydrogène, les ports Indiens et pakistanais et la sécurité aux frontières indochinoises, iraniennes et d'Asie centrale, c'est pas tous les jours.
Ceci dit, la dépendance militaire du continent paludé à la Taïga lui donne un point d'appui. Ainsi que les deux sièges au Conseil de Sécurité de l'Économie Future qu'occupent Kremlin et Cité Interdite. D'autant plus que l'Inde est seule dans son coin, et qu'elle pourrait comprendre bien vite que c'est concessions au Cachemire et couverture économique en peau d'ours contre obstination aux résultats incertains avec une couronne de plumes de pygargue comme lot de consolation.

Observatus geopoliticus 15/10/2016 23:40

Précisément, ma chère...
L'Inde et la Russie ne rompront pas leurs relations avant très très très très très longtemps.

theuric 15/10/2016 23:04

Si Monsieur Poutine et son équipe parviennent à régler les différents différents de cette région, surtout ceux entre les deux géants, Inde, Chine, avant que le système économique globalisé explose, alors nous éviterons le pire et les difficultés qui suivront n'aurons plus que l’importance qu'elles porteront, ni plus, ni moins.