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Chroniques du Grand jeu

Europe 1982 - 1996 - 2016

16 Décembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Russie, #Etats-Unis, #Histoire, #Economie, #Gaz

Alors qu'Alep est libérée et que la machine médiatique pique une crise de nerfs rarement vue (la propagande atteint des niveaux littéralement goebellsiens), penchons-nous aujourd'hui sur un sujet tout différent. Au hasard des lectures, votre serviteur est tombé sur un rapport parlementaire en date du 3 février 2016 portant sur l'extraterritorialité de la justice américaine.

Dans un parallèle entre les impérialismes athénien et US, nous avions vu l'importance de la question :

Dans le domaine juridique, les tribunaux athéniens devinrent progressivement seuls compétents pour les affaires intéressant les citoyens des cités alliées qui allaient désormais à Athènes plaider leur cause. Ce transfert de souveraineté judiciaire n’est pas sans faire penser à l’évolution actuelle avec les amendes infligées à BNP-Paribas ou à la banque suisse UBS. C’est à l’époque de George W. Bush, que les Etats-Unis décidèrent que leurs lois s’appliqueraient à tous ceux qui exercent tout ou partie de leurs activités sur le sol américain, sont cotés sur une bourse américaine, y effectuent des opérations bancaires ou utilisent le dollar pour leurs opérations financières ou commerciales. Sont ainsi visées la quasi totalité des banques et des grandes entreprises mondiales, car le dollar est encore la monnaie dans laquelle se libellent la plupart des contrats commerciaux. Dans la guerre économique qui fait rage, les Américains veulent imposer leur modèle de régulation juridique et le font à travers un chantage relativement simple : si vous voulez vendre ou produire aux Etats-Unis, si vous voulez utiliser le dollar, vous obéissez à nos lois. Et vous adhérez à notre vision du monde… Ces décisions, prémices d’un droit extraterritorial appliqué par l’empire dominant, nous font en fait revenir 25 siècles en arrière.

Cette approche est bien sûr risquée car susceptible de torpiller le rôle du dollar, pilier de l'empire. Mais les Etats-Unis n'en ont cure, tellement cela leur paraît naturel, comme l'explique en introduction le rapport parlementaire en question (p. 15) :

Du point de vue défendu à Washington, la plupart des lois et pratiques que nous qualifions d’« extraterritoriales » – et critiquons en tant que telles – ne le sont pas.

Les États-Unis adoptent parfois des dispositifs délibérément extraterritoriaux destinés à sanctionner des entités étrangères, généralement des entreprises, qui se refuseraient à appliquer certaines de leurs règles, par exemple l’arrêt des « transactions » de toutes natures avec des personnes, entités ou États ciblés comme terroristes ou pratiquant la prolifération nucléaire.

Mais il est notable qu’ils ne considèrent pas comme extraterritoriales les dispositions qui justifient, selon eux, la plupart des sanctions financières infligées ces dernières années à nos entreprises ou nos banques pour des faits de corruption ou de non-respect d’un embargo économique américain : certes ces entreprises étrangères effectuaient à l’étranger les transactions ou les versements de pots-de-vin qui leur ont valu des amendes, mais comme elles ont utilisé les facilités de New-York pour compenser des opérations en dollars, ou bien y sont cotées à la bourse, cela suffisait, du point de vue qui est mis en avant, à les soumettre de plein droit à la loi américaine au même titre que des entreprises américaines. Les juristes américains soutiennent qu’il ne s’agit pas d’une application extraterritoriale de leurs lois, puisque « quelque chose » rattachait toujours les faits en cause au territoire américain. Pourtant, on le verra dans la partie du présent rapport consacrée à l’analyse juridique, ce « quelque chose » est parfois bien ténu et discutable.

Attitude typique d'un empire nombriliste pour lequel les territoires lointains - l'Europe en l'occurrence - doivent naturellement suivre la voie du centre et s'y conformer. Or, cela n'a pas toujours été le cas... En p.119 est rapportée l'affaire du gazoduc sibérien :

Au début des années 1980, la France et l’Allemagne étaient entrées en négociation avec l’URSS pour accroître la fourniture de gaz soviétique à l’Europe occidentale, ce qui passait par la construction d’un gazoduc depuis le gisement d’Ourengoï en Sibérie. Un consortium fut alors constitué, comprenant plusieurs filiales européennes d’entreprises américaines.

Cependant, l’administration américaine était décidée à bloquer un projet qui renforçait la dépendance européenne aux hydrocarbures soviétiques et devait amener des devises à l’URSS. Suite à l’instauration de la loi martiale en Pologne en décembre 1981, le président Ronald Reagan décréta des sanctions économiques contre l’URSS, notamment dans le secteur énergétique, qui s’imposaient également aux filiales américaines à l’étranger. Cela n’empêcha pas la signature du contrat avec les Soviétiques et la Communauté européenne réagit aux pressions américaines par des mesures radicales, comme la réquisition des entreprises qui prétendaient appliquer les sanctions américaines ou la menace de poursuites pénales contre elles.

Après une phase de grande tension, où les États-Unis révoquèrent les licences d’exportation de certaines entreprises européennes, l’évolution de la situation politique (avec la libération de M. Lech Walesa en Pologne) permit un apaisement : les États-Unis levèrent leurs sanctions et rétablirent les licences européennes suspendues.

Sous la Guerre froide, le Grand jeu énergétique, déjà... Mais ce qui frappe, c'est évidemment la réaction furieuse du Vieux continent. La construction européenne, projet américain dès le départ, n'en était qu'à mi-chemin dans les années 80 : CEE non fédérale, institutions sans réel pouvoir, Etats qui avaient encore leur mot à dire etc. Bref, une Europe qui, si elle s'était engagée en catimini sur le chemin de ce qu'elle allait devenir, à savoir une simple succursale états-unienne, n'était pas encore suffisamment intégrée pour suicider les intérêts européens au profit de tonton Sam. Sur l'événementiel de la méchante passe d'armes euro-américaine lors de cette affaire de gazoduc, on pourra lire ceci

Les choses changent partiellement la décennie suivante (p. 119-120) :

En 1996, le Congrès avait adopté les lois dites Helms-Burton et d’Amato-Kennedy qui sanctionnaient délibérément les entreprises non-américaines qui auraient certaines activités économiques à Cuba, en Libye et en Iran. Ce qui était encore la Communauté européenne avait là-aussi réagi vivement (de même que d’autres pays pourtant très liés aux États-Unis, comme le Canada). La réaction européenne avait comporté :

– l’adoption d’un règlement interdisant aux citoyens et entreprises communautaires de se conformer à ces lois (voir encadré infra pour plus de détail) ;

– une saisine de l’OMC (procédure non aboutie car abandonnée) ;

– la recherche d’une solution politique négociée.

De fait, la réaction européenne avait été efficace : lors du sommet Communauté/États-Unis du 18 mai 1998, les deux parties étaient parvenues à un accord sur la levée des procédures contre les entreprises européennes qui étaient dans le viseur de l’administration américaine (notamment Total pour ses investissements en Iran) et des dispositifs durables de dérogation au profit de ces entreprises, en échange d’engagements européens de principe (tels que tenter de dissuader l’Iran d’acquérir des armes de destruction massive).

Nous sommes alors en plein apogée de l'empire US, après la chute de l'URSS et avant le retour de la Russie et de la Chine. Le traité de Maastricht a été approuvé, l'euro et l'Europe fédérale sont dans les cartons, le noyautage systématique des institutions européennes par Washington commence. Si les pays du Vieux continent se défendent encore, c'est avec un seul bras...

Et nous en arrivons à nos années 2010. L'UE n'est plus que le faire-valoir de l'empire qui peut également, deux précautions valent mieux qu'une, se reposer sur ses hommes de paille à la tête des Etats : les fameux partis dits "de gouvernement" (UMPS en France, CDU-SPD en Allemagne etc.) passés au moule des Young leaders. Ainsi, pouvait-on lire en 2012 :

Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six rentrent dans son gouvernement cette semaine.

Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab... Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc.

« Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders » de l’UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste. Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ».

Tous ont été minutieusement sélectionnés et « formés » par ce très élitiste réseau Franco-Américain, inconnu du grand public, sponsorisé entre autres par la banque Lazard. En d’autres termes, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre ce programme phare mis en place par la FAF, la French American Fondation. La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New-York, créée en 1976 conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing. A noter qu’entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).

[...] Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions, ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et du JDD), en passant par Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)…

L'on comprend mieux certaines choses, n'est-ce pas ? La russophobie primaire de l'imMonde ou du Nouvel Oups, l'américanolâtrie d'un Juppé ou d'un Hollande... Mais revenons à notre UE, désormais phagocytée par Washington. Trente ans après la résistance opiniâtre à propos du gazoduc sibérien, on apprend que :

La Commission aura son mot à dire sur les contrats de gaz signés avec des pays tiers

Un accord politique a été trouvé mercredi entre le Parlement et le Conseil européens pour permettre à la Commission d'évaluer au préalable les contrats de fourniture de gaz ou de pétrole entre un pays de l'UE et un tiers, a annoncé l'exécutif européen.

La nouvelle réglementation prévoit qu'un pays membre devra notifier à la Commission les accords intergouvernementaux dans le domaine du gaz et du pétrole avec des pays hors de l'UE avant leur conclusion.

La notification ex ante devient donc obligatoire et selon le nouveau règlement, les accords ne pourront être conclus qu'une fois l'opinion de la Commission connue - et prise en compte le plus possible.

"Un accord entre le Parlement et le Conseil pour permettre à la Commission..." Où sont donc passés les Etats ? 1982 - 1996 - 2016, la gradation est évidente : plus la construction européenne avance, plus la soumission du Vieux continent aux intérêts US est poussée.

Aujourd'hui, ce château de cartes est en péril et ce blog l'a suffisamment documenté ces derniers mois, ce qui ne démonte apparemment pas les jusqu'au-boutistes. Les vassaux de l'empire tentent-ils un dernier baroud d'honneur avant que l'inévitable principe de réalité ne revienne en force ?

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simplet 17/12/2016 14:06

Le hackage supposé par l'ennemi du clan ? Parlons-en et réglons lui son sort, une fois pour toutes.
Ai-je mal compris que ce qui fait débat, sont les moyens et manières?

Nul bruit sur le fond qui est un marais d'embrouilles et d'escroqueries du clan de la Tremblotte de son coquin de mari et du crépu qui transforme le tout en plan à trois! Quoi! L'avenir financier d'Hussein du Potomac est mis en péril ! Diantre ! Impardonnable.

Les même zélateurs de la condamnation que sur ouï-dires de Putine à cette heure, pleurent sur le sort de Snowden.
Les néo-cocus condamnent sans avoir encore rien prouver, les agissements de la Russie, alors qu'ils sont les premiers utilisateurs de cette brave NSA qui elle espionnent amis et ennemis et plus si affinités.
Sur les rives du Potomac qui commencent à ressembler fortement à celles de Dante lors de son premier voyage initiatique, le bon devenu bandit parce qu'il ose s'opposer à la morale que le club néo-cocus démocrates et vautours républicains veulent imposer au monde.
Le monde à l'envers, avec l'aval de nos populations hypnotisées par les médias.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 21:59

@ Simplet
C'était la réponse d'Eric83, pas la mienne.
Pour le reste, mon cher, le dernier billet devrait vous plaire...

simplet 17/12/2016 21:17

Cher O.G.

Je vous remercie de votre attention particulière et des précision apportées.

Cependant, ce qui me met littéralement en rage, c'est le processus employé par Hussein du Potomac et la bande à Mémé.
Détourner l'attention sur les moyens et la manière des révélations au mépris du contenu.

Le problème se situe à mon sens sur les révélations mêmes et démontre l'absence totale d’honnêteté et de moralité dudit clan.

Le vrai délit, c'est le contenu démontrant le comportement pour le moins malhonnête révélé de ces personnes et non pas la manière dont cela a été éventé.

Cela aussi est de l'intox.

Tout comme le comportement actuel de cet abruti nobelisé, qui à quelques jours de son effacement de la politique international, se permet de savonner abondamment la planche pour son successeur et de tout faire pour exacerber le tension entre deux puissances nucléaires.
Encore heureux qu'en face, il y ait un mec plutôt cool.
Qu'aurait été le résultat, si à la place de Vladimirovitch, il y aurait eu une de ces hétaïres autoproclamées démocrates. Nous ne serions plus que poussière.
Cet Hussein là est pire que l'autre lynché et le premier restera sans aucune aucune sanction.
Il reste de fervents complices dans les diverses administrations et donc le danger est loin d'être écarté.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 20:04

Je place ici la réponse d'ERIC83 :
@Simplet
Le "hacking" ( piratage ) attribué aux Russes et même à Poutine himself depuis que l'hystérie et dont s'offusquent Obama, le clan Clinton et le "camp du Bien des démocrates" serait en fait un "leaking" ( fuite interne ). Pour faire simple, la NSA aurait pu identifier le piratage et ne serait pas privée d'en faire état alors qu'elle ne peut pister une fuite interne (ex les infos sorties par Snowden).

Euclide 17/12/2016 13:58

La grande énigme ( pour moi) est qu'Obama est plus intelligent que Georges Bush junior mais je ne comprends pas les raisons qu'il c'est laissé aventurer en Syrie ni que l'US Army c'est dégagé de l'Irak ?

Observatus geopoliticus 17/12/2016 20:05

Je place ici la correction d'EUCLIDE :
Errare: dans ma dernière ligne, j'ai voulu dire que je comprends pas pourquoi les States ne sont pas dégagé du bourbier irakiennes ?
Sans doute les affaires ( business is usual ,)

E. 16/12/2016 19:30

Cher OG,
Comme toujours merci pour l'article. Je suis actuellement l'hystérie complètement hallucinante des médias US concernant l'élection de Trump, et il est clair à mes yeux que les grands électeurs de ce dernier se font violemment tordre le bras pour voter pour un autre ou déclarer que Trump n'est pas qualifié. Croyez vous un tel scenario possible et si il se produisait, émettre une hypothèse sur ce qui se produirait ensuite ?

Observatus geopoliticus 17/12/2016 09:33

Merci, cher E.
Est-ce un hasard si l'affaire du "hackage" sort à quelques jours du vote des grands électeurs ? Je n'ose imaginer le chaos si ceux-ci trahissent le vote populaire. Des millions de gens dans la rue, le Texas qui pourrait demander la sécession... Je peux me tromper mais je ne crois pas que le but du système soit vraiment d'empêcher le Donald d'accéder à la Maison Blanche. Ce serait plutôt de lui savonner la planche et pourrir le début de sa présidence. A suivre de près en tout cas...
Bien à vous

Hamilcar Barca 16/12/2016 15:46

Cher Observatus Geopoliticus

Votre magistral billet donne envie de pleurer à ceux qui, comme moi, ont connu la France de Charles de Gaulle et sa vision, partagée avec Konrad Adenauer, de l'Europe des peuples et des nations, "de l'Atlantique à l'Oural".
Partir de là pour arriver à deux inféodés à l'Empire, un néo-cons (si tant est-il qu'il ait eu vraiment des convictions), N. Sarkozy, suivi par un libtar dépourvu d'épine dorsale (je reste poli), F. Hollande, donne l'idée de la descente aux enfers de notre pays, et au delà, de l'Europe entière.

Je n'ajouterai qu'une chose à votre analyse historique. Le ver était dans le fruit de l'idée européenne dès le début, quand on sait que le "père" de l'UE actuelle est Jean Monnet. Banquier, planqué à Washington, cirant les pompes de Roosevelt qui avait toutes les complaisances du monde pour le régime de Vichy. Si ces fous de Japonais n'avait pas fait Pearl Harbor, cela aurait pu durer jusqu'à? Le libtar pendant de ce neo-cons (pour utiliser les critères actuels) était Saint-John Perse, qui lui faisait la roue dans les salons branchés.

Tous les deux et leur cour ont passé la guerre à casser du sucre sur le dos du Général et de la France Libre,
pendant qu'à Londres arrivaient pêle mêle intellos et ouvriers, paysans et pêcheurs, militaires et civils, aristos et communistes, juifs et gentils, bref, tous ceux qui au delà de leurs origines et de leurs idées politiques, partageaient la même idée de la France et la même horreur de la fantasmagorie idéologique nazie.

La vision de l'Europe de Jean Monnet a triomphé, ses cendres sont même au Panthéon. Malgré mes 70 ans, j'espère un jour les voir en sortir, maintenant que l'Empire s'effondre en entraînant ses laquais dans sa chute.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 20:13

Nous sommes tous plus ou moins passés par ce stade, cher Kevin. Personnellement, le "réveil" me choque moins car je suis historien de formation et j'en ai déjà vu des vertes et des pas mûres. Personnages historiques portés au pinacle par la médiatitude alors que la réalité était bien moins reluisante (cela va de Galilée à Lucie Aubrac) ou, au contraire, personnages intéressants totalement dé-médiatisés (par exemple Marie-Madeleine Fourcade, plus grande femme de l'histoire de la Résistance française durant la Seconde guerre Mondiale mais passée sous silence car venant de l'extrême-droite).

Kevin 17/12/2016 18:48

Ayant fait ma licence à l'université Jean Monnet, j'ai toujours du mal à accepter que l'université ou j'ai passé 3 ans de ma vie ne porte pas le nom d'un grand homme. C'est peut-être idiot, mais pour moi, Jean Monnet = UE = paix franco-allemande, pour que les guerres mondiales ne se reproduisent jamais. La propagande dès le jeune âge, ça fonctionne à merveille, même sur des êtres qui se veulent indépendants et dotés de sens critique.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 09:56

Mon cher Hamilcar,
je ne crois pas être le seul à trouver votre message émouvant.
Oui, le ver était dans le fruit dès le départ. La construction européenne était dès le début un projet de la CIA, ou plutôt de l'OSS comme elle s'appelait alors : http://www.atlantico.fr/decryptage/schuman-monnet-fondateurs-europe-cia-circus-politicus-christophe-deloire-christophe-dubois-283741.html
http://lesakerfrancophone.fr/lunion-europeenne-a-toujours-ete-un-projet-de-la-cia-comme-le-decouvrent-les-brexiteurs
Dire que ces prostitués que sont Monnet, Schumann & Co ont une rue à leur nom dans chaque ville de France...
Pendant des décennies, l'intégration s'est faite à pas de loup, devant faire face à d'innombrables obstacles, ce qui explique l'image plutôt bienheureuse que l'on a des années 50 et 60. Mais dans l'ombre, les forces euro-atlantiques poussaient, poussaient... 68-70 fut le tournant : les "Bolchéviks-Bonapartistes" sont remplacés par les "Libéraux-Libertaires" et la construction européenne peut passer la vitesse supérieure, abattant l'une après l'autre les entraves. Encore une vingtaine d'années et c'est une autoroute qui s'ouvre devant les intégrationnistes : Maastricht, supranationalité, euro etc.
Mais la "tour de Babel" européiste est construite trop vite, trop à contre-courant de l'évolution du monde. Elle se fissure, commence à s'écrouler...

theuric 16/12/2016 14:41

Par la nature de l'évolution, ce qui est parfais disparaît.
Il en est ainsi de l'impérium américana que de l'Union-européenne, de la société féodale ou de toute autre structure sociale passée, présente et à venir.
Mais le tout s'agit maintenant de savoir à quel stade d'évolution l'empire et l'union se trouvent.
Pour ce qui concerne l'empire, le fait même de l'élection de Monsieur Trump, le Gorbatchev étasunien, montre que la condition impériale des États-Unis-d'Amérique commence sa phase de disparition, celle de sa déliquescence ayant commencé bien avant.
Quand à l'union, elle ne tient et détient son existence que grâce à la puissance impériale, sans cette dernière elle ne peut que disparaître.
Mais là où se trouve le plus grand danger pour les oligarchies concerne l'économie réelle et non pas financière, ni même guerrière.
Pour celle financière, diverses ruses peuvent encore être mise en place pour la faire perdurer encore un peu.
En revanche, pour la réalité économique bien basique, c'est une autre paire de manches (comme il se dirait de Calais à Douvres).
Entre les industries qui se délitent et les peuples et les pays qui s'appauvrissent, ces deux phénomènes étant liés, sans parler des matières premières et de leurs producteurs, ce sont toutes ces infrastructures en déperdition qui emportent vers le fond les banques et le monétarisme débridé, nationaux et internationaux.
D'ailleurs, les britanniques l'ont fort bien compris qui se sont séparés de l'U.E., et s'ils restent dans l'O.T.A.N. ce n'est, à mon sens, qu'en raison de vieux réflexes géostratégiques à l'encontre de la Russie.
Les faiblesses U.S., parvenues aujourd'hui à la morbidité, ne sont pas encore vraiment interprétées et admises à leurs pleines valeurs, que ce soit au Royaume-Uni ou en France, l'autre raison qui fait que l'Albion ne s'est pas encore séparé de l'alliance transatlantique.
Ces faiblesses se supputent (bonjour madame), se pressentent, se transpirent, se subodorent, se flairent, s'entraperçoivent, se devinent, mais pour celui ne devant son existence qu'à celle impériale, en comprendre la disparition en revient à comprendre la sienne, sociale, propre.
D'où les tentations totalitaire européenne courant dans l'air du temps.
Pour en revenir à l'effondrement économique qui vient (oui, je sais, c'est ma marotte, mais franchement, au vu des dégâts qu'il va produire, comment pourrais-je faire autrement que de ne pas en parler pour en avertir au mieux que je peux?).
L'arrêt quasiment total des échanges marchands qu'il produira, génèrera des effets géostratégique dantesques, qu'en sera-t-il, par exemple, de la masse de troufions U.S. bloquée au quatre coins du monde?
Nous pouvons nous demander aussi combien de temps le système de la globalisation heureuse tiendra le coup, parce que suivant sa vitesse de délitement, inconnu parce que la vision porté sur elle est biaisée (vision sur le monétarisme plutôt que sur l'industrie), cette temporalité peut se compter en semaines, mois ou années.
Or, que ce soit en Syrie, au Yémen, en Libye, en Union-Européenne, en France et ailleurs, dès que ce système économique mondialisé sera forclos, la situation en sera entièrement bouleversée.
Pour en finir sur ce chapitre (vilain matou), je me suis amusé, si je puis dire, de rechercher, par moteur de recherche, désindustrialisation mondiale et désindustrialisation internationale, avec les guillemets permettant de bloquer la recherche.
Je ne suis tombé que soit sur mon propre site, soit sur les commentaires que j'ai pu écrire ici ou ailleurs.
Alors, soit je n'ai rien compris à l'affaire, soit existe un problème collectif grave empêchant les commentateurs de la vie économique nationale, européenne et mondiale, de langue française ou en traduction idem, de prendre réellement en compte la réalité de ce qui me semble assurément être les faits.
Même si certains peuvent parler de la monté du chômage ou des dettes des états, des particuliers et des entreprises, que ne soit pris en compte la simple conclusion qui s'impose, une désindustrialisation généralisée incontrôlable, ne cesse, quoi qu'il en soit, de me laisser pantois.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:55

Cher Theuric, faites violence à votre modestie et donnez donc le lien vers votre site.

grouik grouik 16/12/2016 14:06

@Madudu,en réponse à votre message de 23.58,si effectivement le premier doc relatif à Poutine était navrant,notamment les pignoufs style ravanello,le second pour le coup était équlibré et pertinent,s'ouvrant notamment sur la célébration du 09.05.2015 et sur l'Affront Suprème des Occidentaux au Peuple Russe par leur absence...et par ailleurs,voir sur F2 le fameux "vous rendez vous compte désormais de ce que vous avez fait" de Poutine à l'ONU en septembre 2016,c'est pas banal...Une crise d'honnèteté,peut-ètre??!!

Madudu 16/12/2016 14:40

Je n'ai pas regardé le second, déprimé que j'étais pas le premier.

Vous faites bien de le dire, sinon je serais probablement passé à coté :)

simplet 16/12/2016 13:49

Cela sera plus qu'un baroud et sans honneur. L'actualité récente prouve en continu, que la notion d'honneur est inconnue dans le paradis de ceux qui nous gouvernent. Pour eux, c'est devenu une question de vie ou de mort et c'est la panique à l'idée de l'estocade et la perte de sus pequenos huevos depilados. Jusqu'à présent, leurs premières lignes étaient des mercenaires ou de ce qu'ils considèrent comme sous-peuples. Tous, vous aurez remarqué les défaites ou révoltes répétées et successives (Brexit, Trump, résistance est-ukrainienne, Crimée, retournement de la situation en Syrie avec ses conséquences régionales, révolte Houthis, changement de ton de certains alliés traditionnels. projet eurasia, pour finir avec le comble du comble, un russe qui ose leur mettre au fion ( pas notre broussailleux chauffeur angevin) Bref, ils ont mal de tête. D'où les réactions puériles et désordonnées d'une génération qui n'a connu que la soumission des peuples exo/indigènes datant de l'époque où leur pères étaient les regum mundis, et se trouvent, pour le moment démunis devant cette avalanche de contrariétés. Mais le danger d'une reprise en main ferme par un groupe plus réfléchi et déterminé n'est pas à écarté. Pas gentillement car leur sort est réellement compromis. Ayons un oeil attentif sur la gueguerre des différentes agences américaines, pas encore mises au pas et ayant toujours droit au "touch and go"on du buzz général et cela sous le vif encouragement du crépu du Potomac.

Par ailleurs, cher OG, dans votre longue liste des malfaiteurs créateurs de cette U.E tellement honnie, je me permets de rajouter un membre de choix pour souligner ce que d'aucun considère comme radotage sur le Mitteleurope.

Mite errante qui a permis une réunification donnant l'ascendant de la teutonnie sur l'Europe. S'il n'était mort, il aurait dû être fusillé.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:25

@ Simplet
Excellent !
"D'où les réactions puériles et désordonnées d'une génération qui n'a connu que la soumission des peuples exo/indigènes datant de l'époque où leur pères étaient les regum mundis, et se trouvent, pour le moment démunis devant cette avalanche de contrariétés."
C'est tout à fait cela. Les réactions hystériques des euronouilles font penser aux caprices de morveux capricieux qui n'ont pas eu leur jouet...
Mitterrand, évidemment, mais je ne pouvais citer tout le monde. La construction européenne made in US est un long processus. Schématiquement :
- 1945-1970 : premiers jalons - financement des vendus qui prônent "l'idée européenne"...
- 1970-1990 : mise en place, noyautage - serpent monétaire européen, arrivée des LI-LI au pouvoir, Parlement européen... Cette période n'est pas exempte d'accrocs, comme le montre l'affaire du gazoduc sibérien.
- après 1990 : confirmation - supranationalité, euro, élargissement de la pieuvre...
Bien à vous

Madudu 16/12/2016 19:51

Ce n'est pas très intuitif, mais pour répondre à un message il faut cliquer sur le "répondre" qui si situe immédiatement au dessus du message, par sur celui qui est dessous.

Quand on a vu la première partie, c'est très rassurant de savoir que la seconde est moins déloyale. Parce qu'hier je me suis couché inquiet quand même, devant tant de violence dans la mauvaise foi et dans la manipulation par l'image.

grouik grouik 16/12/2016 17:37

@Madudu,j'oubliais,y est mème évoqué la promesse faite à Gorbatchev,évidemment violée,concernant les limite de l'OTAN vers l'Est..Plus étonnant encore,est évoqué sur le dossier Ukies le fait que les Jihadistes du Bruxellistan ont causé accord économique avec l'Ukraine sans en tenir le moindre compte des accords déja signés avec la Russie..enfin,avant de faire témoigner un "nationaliste" local,un plan fixe sur l'écusson cousu sur le haut de son bras gauche,couleur rouge/noire + trident,donc Praviy Sektor...M'enfin comme d'hab ds le poste,seuls les oiseaux de nuit voient des choses un peu moins stupides....La masse se contentera du plat de m**** servi entre 21.00 et 22.30. Je recommande enfin à notre OG national de revoir ce doc,étonnamment équilibré pour du MSM français...Mais bon,mon Cher,vous avez sans doute pleins d'autres choses à faire! ! ;)

Yann 16/12/2016 13:45

Est-ce que cette prise en main, par les Américains, d'éléments prometteurs destinés à devenir l'élite, correspond avec ce que faisait la Rome antique envers les rejetons des chefs de tribus conquises ?
Puis-je présumer que cela existe aussi pour chaque pays d'Europe ?

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:33

C'est un peu ça, cher Yann. Comme quoi, la situation actuelle renvoie par bien des aspects à l'Antiquité...
Bien sûr, ce programme existe pour les autres pays d'Europe sous d'autres noms.

Jean 16/12/2016 13:31

Passionnant, merci !
"La russophobie primaire de l'imMonde ou du Nouvel Oups"
S'il n'y avait que ces titres! Tous les journaux suintent la même propagande anti russe

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:36

Merci, Jean. Tout à fait d'accord avec Grognard : il faut, tant que faire se peut, ne plus financer la bête. Quand je vais sur leur site, c'est uniquement pour mesurer le degré de propagande, ce qui peut donner une indication sur les directives du système. Mais je le fais avec gêne, car je sais que, ce faisant, je suis en train de financer la pieuvre.

Grognard 16/12/2016 22:33

Il ne faut plus parler d'eux.
Et, surtout ne plus aller sur leur site ni sur leurs blogs affiliés.
Ce sont le nombre de clics qui conditionnent une partie de leur pub.

Yom 16/12/2016 10:54

Intéressant parallèle avec l’impérialisme athénien, ce qui varie un peu les plaisirs avec les parallèles habituellement faits avec l’empire romain.

Dans ce parallèle, la Russie pourrait assez bien tenir le rôle de Sparte :

- Plus « franche du collier » que sa rivale.

- Mauvaise presse conférée par ceux qui ont écrit l’histoire officielle, préférant la « grande et belle démocratie » aux « brutes sanguinaires ».

- Malgré le mal qu’on en dit, on est bien comptant de les voir « monter au carton » quand on se trouve un ennemi commun. Je pense évidemment à 1944/1945, esprit que l’on retrouvera peut être après janvier prochain quand il s’agira, cette fois « tous ensemble », de finir d’écraser Daesh.

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:38

Tout à fait, cher Yom, je fais d'ailleurs succinctement ce parallèle Sparte-Russie dans le lien donné : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/07/guerre-du-peloponnese-et-guerre-froide-2-0.html

Francois 16/12/2016 10:35

Superbe synthèse, un grand merci, vraiment du grand art, l'approche chronologique est imparable, je pense que même les atlantistes les plus convaincus (ceux qui se croient de bonne foie et sont sur de penser par eux même) devraient cogiter un moment en lisant cet article. J'ai beaucoup entendu parler des youngs leaders et de la FAF, mais sans comprendre vraiment leurs liens, je suis maintenant éclairé.
Je travaillais à la bnp quand sont tombées les sanctions, je sortais lentement du conditionnement mental pro américain ordinaire, et j’ai été effaré de voir que les employés de la bnp étaient pour ces sanctions, ils trouvaient ça normal et LEGITIME !!!!!! Aucun sentiment de révolte, rien, les couleuvres des médias étaient gobées au kilo par ces gens instruits… C’était aussi incroyable que consternant.
Merci c'est toujours un grand plaisir de vous lire

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:41

Merci, cher François, c'est un plaisir.
Les youpies du secteur bancaire ne constituent effectivement pas le meilleur public pour réfléchir sur les tenants et les aboutissants géopolitiques. Je suis sûr que l'amende record de la BNP a été reçue par certains avec un enthousiasme tout masochiste...
Bien à vous

Arxhium 16/12/2016 10:33

Poursuivons la guerre médiatique. Elle ne fait que commencer ! À mesure que les vérités se diffuseront, les mensonges et les manipulations des merdia se feront plus violents, mais aussi plus grossiers et par conséquent plus visibles et compréhensibles pour les plus aveugles des gens. Toutes ces pourritures ne peuvent que perdre !

Vivement la Grande Purge ! Elle est proche, en réalité !

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7991

Fion, candidat crédible ?! Mort de rire ! Il faut sortir du système pour le détruire de l'intérieur ! Paradoxe des paradoxes. Mais les sachants comprendront. C'est exactement ce qui est en train de se passer.

Les nuisibles devront être poursuivis jusque dans les chiottes

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:43

Certes, mais mesurons notre langage pour qu'il reste de bon aloi... A qui vous adressez-vous en parlant de Fillon (et non Fion) ? Il n'est pas fait mention de lui dans le billet.

Eric83 16/12/2016 10:30

Merci OG pour cette mise en perspective de la soumission rampante et progressive de l'UE aux US depuis plus de 30 ans. La Commission Européenne a pris le pouvoir et impose aux peuples l'agenda des US mais aussi voire surtout celui des globalistes.
Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement entre la politique de l'UE avec la "vision" de l'Europe décrite par RC Kalergi il y a près d'un siècle.
Et "le régime sans visa" que cherche à accorder l'UE aux citoyens Ukrainiens, Géorgiens - pour lequel le Parlement Européen a donné son aval hier - et Turcs - accord en négociation avec la Turquie - conforte cette "vision".
Cependant, nos "zélites" n'ont peut-être pas mesuré le chaos que cela va engendrer dans la période de crise économique - déjà en cours - et financière - à venir.
Je rejoins la Maire de Rome qui dit déjà craindre une "guerre des pauvres".

Le chaos pourrait venir très vite des US tant la pression orchestrée - et soutenue par Obama - pour délégitimer l'élection de Trump est en train de monter. Il semble que la CIA agisse en 2016 aux US comme elle agit à l'étranger pour déstabiliser et/ou renverser des gouvernements...Coup d'Etat en perspective aux US ?

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:45

Je plussoie à propos de l'excellente réponse de Madudu.

Madudu 16/12/2016 19:33

Je me permet de persévérer dans le hors-sujet, car sur le sujet on peut écouter Jacques Sapir dans son excellente chronique sur Radio Sputnik (la seule chose qui soit intéressante sur cette radio ^^) :

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201612021028987542-franois-hollande-mondialisation-protectionnisme-donald-trump/

Eric83 16/12/2016 19:33

@Madudu
Merci pour votre réponse à François, réponse très détaillée bien plus que ne l'aurait été la mienne.

Yom 16/12/2016 16:32

@Madudu
Bravo ! Superbe synthèse, je trouve.

Madudu 16/12/2016 12:09

Il s'agit de ceux qui défendent la doctrine dite néolibérale, qui consiste à abolir les états pour un marché universel (mondial) et "libre et non faussé" (aucune régulation).

Il s'agit des descendants de ce qui a été appelé le "capital apatride", c'est-à-dire les intérêts économiques (surtout financiers en fait) qui ne sont attachés à aucun territoire, à aucune culture, à aucun peuple.

Le seul intérêt du capital est, pour ces gens, de se concentrer toujours plus dans toujours moins de mains. Si ce n'est pas dit comme ça, ça y mène néanmoins de manière inévitable (voir le diagnostique de Marx, toujours d'actualité). Donc oui, avec le temps ça produit des milliardaires, mais tous les milliardaires ne sont pas globalistes.

Il existe des intérêts attachés à des territoires, à des valeurs, à une culture, etc, qui ne coïncident pas avec les intérêts apatrides. Le premier exemple qui me vient à l'esprit c'est évidemment Trump et son entourage, mais il existe des équivalents en Europe (Total, par exemple), en Russie (les oligarques qui se sont soumis à Poutine), et plus largement dans tous les pays du monde.

Le principal avantage pour les insatiables dans l'abolition des frontières (droits de douane, libertés et contraintes dans la circulation des capitaux, des hommes, etc) est qu'il devient alors possible de s'imposer de manière assurée dans la compétition avec les "locaux", ceux qui ne travaillent qu'à l'intérieur des frontières d'une seul état.

Les locaux sont obligés de payer leurs impôts et les diverses cotisations grâce auxquels les états stabilisent et régulent leur économie et les risques auxquels sont exposées les populations.

Les apatrides (souvent des "multinationales", mais toutes n'ont pas des intérêts exclusivement apatrides) peuvent, eux, payer leurs impôts ailleurs (évasion fiscale) grâce à la liberté de circulation des capitaux qui existent dans diverses zones (la zone euro par exemple), et grâce à des vides juridiques judicieusement élaborés à cet effet.

Grâce à la liberté de circulation des hommes, ils peuvent pousser à la diminution du coût du travail. Les immigrations, légales et illégales, sont toujours dans l'intérêt des employeurs (locaux et apatrides) et contre les intérêts des travailleurs locaux. Lorsqu'il existe un taux de chômage significatif le chantage à l'emploi et la présence de populations étrangères issues de la meilleure misère du monde tirent les salaires vers le bas, et le travail au noir permet même d'échapper aux diverses cotisations.

La mise en compétition des locaux avec des populations étrangères permet aussi de diviser les pauvres autour d'intérêts contradictoires objectifs. Ce qui est fort utile lorsque les élections ne dépendent que de 10 à 20 % de la population.

Les intérêts respectifs du capital apatride et du capital local convergent pour une part et divergent pour une autre. Le premier ne cherche qu'à maximiser le flux de capitaux qui passe par lui (d'où la propagande constante autour de la mondialisation "heureuse" et inéluctable, puissant mélange) alors que le second dépend beaucoup de la faculté qu'ont un peuple, un territoire et une administration à produire des richesses.

Le libre-échange, contrairement à la publicité qui en est faite, ne maximise absolument pas la production de richesse, il maximise seulement la capacité des parasites à détourner les richesses.

C'est le régime protectionniste (économie libérale à l'intérieur, régulée dans ses relations avec l'extérieur dans l'intérêt des locaux) qui tend à maximiser la production de richesse. C'est lui aussi qui permet d'imposer aux acteurs économiques des régulations qui visent à assurer le long-terme lorsque les intérêts à court et long terme divergent.

Chose qui est évidemment impossible si dans le même temps les locaux sont mis en compétition avec des économies qui sont pas régulées de la même manière.

L'intérêt objectif des populations, quand à lui, converge pour partie avec celui du capital local, mais en aucune partie avec celui des apatrides. Il faut donc être en mesure de distinguer ces trois types d'acteurs et d'intérêts, et savoir derrière qui se ranger au moment opportun.

Sachant que le seul légitime et objectif à long terme, évidemment, est celui des populations et non pas celui, exclusif, du capital.

Francois 16/12/2016 10:57

Bonjour,

J'entends souvent parler des globalistes, il s'agit de qui en fait ? Des milliardaires ?
Merci

fb67 16/12/2016 01:01

Au vu des réformes programmées du code civil français, nous serons bientôt sous le régime anglo-saxon, alors....
http://lesakerfrancophone.fr/quelques-precisions-sur-les-projets-de-reformes-du-code-civil-francais

fb67 17/12/2016 14:24

Oui j'avoue que j'ai un peu peiné à le lire, n'ayant pas la fibre juriste mais çà ouvre des horizons et même des abîmes...
Merci de votre retour

Observatus geopoliticus 17/12/2016 10:50

Je vous avoue que je n'ai fait que survoler, et en diagonale, le lien que vous avez donné. Je le lirai avec plus d'attention.
Merci, FB.

fb67 16/12/2016 23:00

Oui mais un code civil c'est structurant (comme on dit maintenant), et çà peut durer longtemps ( l'actuel date de Napoléon, non?)
L’article que je cite montre des subtilités vraiment vicieuses, rien que dans le choix du vocabulaire (domination de l'anglais, un impérialisme qu'il faudra bien dénoncer aussi)
Merci de votre petite note d'espoir!

Observatus geopoliticus 16/12/2016 02:54

Ce qui est fait peut être défait ; rien n'est éternel, l'Histoire le montre suffisamment. Tout dépendra du rapport de force en Europe au cours des cinq prochaines années.

Ady85 15/12/2016 23:15

Une question que je me pose : quelle sera la politique de Trump vis-à-vis de l'UE ?

Il soutient ouvertement Nigel Farage par exemple, et je me demande si des types comme Bannon, voir Trump lui-même, pourrait être amenés à soutenir des mouvements d'oppositions à l'UE ?

Si l'UE venait vraiment à se retrouver dans une longue phase d'affrontement, à la fois contre Moscou et Washington, qu'adviendra t'il de l'UE ?

Effondrement ou bien un durcissement énorme à venir avec l'Allemagne en conductrice de la fuite en avant ?

Ou bien Trump abandonnera peut-être l'UE (plus ou moins) ?

Observatus geopoliticus 16/12/2016 02:52

@ Ady
Le double noyautage de l'Europe par l'empire (1- institutions européennes, 2- hommes de paille à la tête des Etats européens) est en train d'être doublement détricoté :
1- Brexit, euroscepticisme général
2- montée des partis dits "populistes"
Le durcissement ou effondrement viendra des évolutions prochaines et notamment de 2-.

@ Madudu
C'est tout à fait l'impression que j'en ai, cher Madudu. D'une certaine façon, le système est hors-les-murs maintenant. Moscou est la "troisième Rome", Berlin va-t-il devenir la "deuxième Washington" ? ^^

Madudu 15/12/2016 23:58

J'ai l'impression que le plan maintenant est de tenir les 4 ans (minimum) de Trump à coups de propagande telle qu'on en a jamais connu, une sorte de longue apnée destinée à continuer le suicide alors que plus personne ne nous y contraint, dans l'espoir que ceux qui nous y contraignaient reviennent à la présidence de l'empire.

Je sais, ça paraît invraisemblable au premier abord. Mais force est de constater qu'il n'y a au premier abord rien de rationnel dans l'attitude des élites europe-uniennes.

D'ailleurs les puissances d'argent semblent, au moins pour une partie d'entre elles, accompagner la montée de ceux qui ne veulent pas mourir bêtement (les "populistes").

Fillon, pour ce qui est de la France, me semble incarner une alternative satisfaisante du point de vue de ces puissances d'argents. Il pourrait être une sorte d'équivalent de Theresa May au Royaume-Uni, ou de ce qu'a été Renzi en Italie.

J'ai regardé le docu-fiction qui est passé ce soir sur la 2, spécial Poutine ! Je suis complètement affligé ...