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Chroniques du Grand jeu

Sous le pont Mirabeau, coule la Caspienne...

5 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Asie centrale, #Russie, #Gaz, #Histoire, #Etats-Unis, #Caucase, #Chine

... vienne la nuit, sonne l'heure, les jours s'en vont, le gaz demeure. Quittons momentanément le Moyen-Orient en incandescence ou l'empire en proie à une élection qui pourrait tout bouleverser, et promenons-nous avec Apollinaire du côté de la Caspienne.

Le satrape turkmène, le spectaculairement nommé Gurbanguly Berdymukhamedov, a rendu une visite aussi inopinée que mystérieuse à Moscou, sa deuxième seulement depuis qu'il est à la tête de son pays. "Elu" président en 2007, il remplaça alors un autre grand excentrique, le turkmenbachi Niazov, qui était allé jusqu'à renommer le mois d'avril du nom de sa mère et dont les lumineuses réflexions étaient attentivement étudiées dans toutes les écoles. Rodin n'a qu'à bien se tenir...

Cela n'empêchait évidemment pas les Etats-Unis et leurs toutous eurocratiques, par ailleurs tellement amoureux des droits de l'homme à ce qu'on nous dit, de courtiser le liderissimo d'Achgabat. Les gazoducs doivent y être pour quelque chose...

Avec la Russie, l'Iran et le Qatar, le Turkménistan fait en effet partie du carré d'as de l'or bleu, dont les fabuleuses réserves de gaz représentent jusqu'à 2/3 des réserves mondiales selon certaines estimations. Dès la chute de l'URSS, les Américains, soucieux d'enfoncer un coin au coeur du Heartland, ont vu dans le pays des Turkmènes une carte à jouer pour leur grand projet de désenclavement des richesses énergétiques de la Caspienne. N'est-ce pas Dick Cheney, futur vice-président de Bush junior et grand pétrolier devant l'éternel, qui déclarait en 1998 :

« A ma connaissance, l'émergence soudaine d'une région comme la Caspienne en tant qu'acteur stratégique n'a pas d'équivalent historique. »

Le plan US consistait (et consiste toujours si tant est qu'il se réalise un jour) à créer deux routes d'évacuation - une à l'ouest et l'autre au sud-est (en bleu sur la carte), court-circuitant comme de bien entendu la Russie et l'Iran et divisant l'Eurasie :

La route ouest, vieux serpent de mer, est connue aujourd'hui sous le nom de corridor caspien, auquel font toujours semblant de croire les euronouilles. Seul problème et de taille : pour que le gaz turkmène suive le chemin du BTC et aille alimenter l'Europe via l'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, il faudrait construire un pipeline sous-marin, ce que refuse absolument deux des cinq pays riverains, à savoir la Russie et l'Iran.

Votre serviteur suit avec intérêt chaque Sommet de la Caspienne qui réunit, outre Moscou et Téhéran, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan et le Turkménistan, donc. On y discute de divers points et, lors du sommet de 2014, Poutine a réussi l'exploit de couper l'herbe sous le pied de l'empire en faisant signer un accord interdisant toute présence militaire étrangère autour de la Caspienne. Bye bye OTAN... Quand on sait qu'au temps de sa splendeur, Washington avait déclaré la zone d'importance stratégique nationale, envisageait d'établir une base en Azerbaïdjan et pensait plus généralement pouvoir détacher l'Asie centrale de Moscou, on mesure la dégringolade impériale.

En mars 1999, au moment même où les premières bombes s'abattaient sur la Serbie et quelques jours avant que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ne deviennent membres de l'OTAN, le Congrès américain approuva le Silk Road Strategy Act, ciblant ni plus ni moins huit ex-républiques de l'URSS - les trois du Caucase et les cinq -stan d'Asie centrale. Derrière la novlangue de rigueur, le but était de créer un axe énergétique Est-Ouest et d'arrimer fermement ces pays à la communauté euro-atlantique. Dans le collimateur, même si cela n'était pas dit explicitement : Moscou et Pékin.

Mars 1999 ou la folie des grandeurs américaine... Europe de l'est, Balkans, Caucase, Asie centrale : la Russie serait isolée sur tout son flanc sud et l'Eurasie divisée pour toujours.

C'est tout sauf un hasard si l'Organisation de Coopération de Shanghai fut créée deux ans plus tard, en réaction aux prodigieuses velléités de l'empire. Quinze ans après, où en sommes-nous ? L'Europe orientale est certes passée sous la coupe états-unienne mais pas le Caucase, la Turquie s'éloigne inexorablement, l'Asie centrale est solidement amarrée à l'OCS, le Pakistan est perdu, le couple sino-russe plus soudé que jamais, l'Iran en passe de le rejoindre, l'Afghanistan un indéfinissable merdier ayant coûté des centaines de milliards de dollars pour rien... Sans compter la banque des BRICS, la dédollarisation, l'UE qui tangue, la poussée russe au Moyen-Orient, la perte ou l'éloignement d'alliés traditionnels (Philippines, Israël, Egypte, Irak, Arabie saoudite même). N'en jetez plus ! Guère étonnant que Zbig veuille jeter l'éponge...

Mais revenons à nos petites sauteries caspiennes. Le point d'achoppement entre les cinq pays riverains est le statut à donner à l'étendue d'eau : lac ou mer ? De là découle en effet la possibilité ou non d'y faire passer des pipelines. On comprend aisément que Achgabat et Bakou militent pour un droit maritime s'appliquant intégralement et permettant des négociations bilatérales pour la construction du fameux gazoduc transcaspien. Mais les deux vrais patrons - l'Iran et la Russie - s'y opposent, Téhéran allant même plus loin que Moscou en demandant à ce que toute décision concernant la Caspienne soit prise à l'unanimité. En 2008 déjà, les Iraniens avaient mis leur veto, torpillant de fait le projet Nabucco, arguant du "danger écologique". L'argument prête à sourire mais montre que notre passionnant Grand jeu relève aussi de considérations juridiques (le droit de la mer) ou environnementales.

NB : Sur toutes ces questions du statut de la Caspienne et l'historique de la dispute, on lira avec profit cette excellente analyse.

La route ouest étant quasi certainement définitivement bloquée pour le gaz turkmène (rendant illusoire le corridor sud rêvé par les eurocrates, comme nous l'avons expliqué à de nombreuses reprises sur ce blog), reste la route sud-est, autre mirage s'il en est. Le fameux TAPI, gazoduc devant passer par le Turkménistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde. Celui-ci aussi, nous l'avons évoqué plusieurs fois...

Le projet débute dans les années 90, l'âge d'or de l'empire (ou de la folie impériale) comme nous l'avons vu plus haut. Chose curieuse, c'est une compagnie argentine, Bridas, qui la première en eut l'idée. Très vite cependant, la texane Unocal rejoignait la danse, supportée par les poids lourds du lobbying diplomatico-énergétique US ainsi que par la famille royale saoudienne (présence de Delta Oil dans le consortium). Le petit poucet Bridas réagit alors en s'alliant avec une autre compagnie saoudienne, Ningarcho, alignée sur le prince Turki el-Faisal, le tout-puissant chef des services secrets de Riyad, puis fusionnant l'année suivante avec l'américaine Amoco, elle-même liée à BP.

Voilà qui rééquilibrait singulièrement le poids des lobbyistes. D'un côté, l'alliance Bridas-Ningarcho-Amoco-BP soutenue par Turki, Brzezinski (conseiller d'Amoco !) ou encore James Baker, l'ami de toujours de la famille Bush. De l'autre, Unocal, parrainée par Dick Cheney, le roi Fahd, Kissinger (conseiller d'Unocal !), Hamid Karzaï (futur président afghan) ou Armitage. L'establishment américain mais aussi saoudien étaient divisés : un vrai panier de crabes...

La passe d'armes déjà complexe était rendue encore plus ardue par la confusion et les intrigues sur le terrain. Le Pakistan et le Turkménistan de notre fameux Niazov (celui qui aimait tant sa maman) furent retournés par Unocal après d'intenses séances de "persuasion". Restait l'Afghanistan où Bridas possédait encore une longueur d'avance. Ben Laden lui-même s'en était mêlé, conseillant à ses hôtes talibans de signer avec la société argentine. Mais les enturbannés du mollah Omar préféraient attendre et faire monter les enchères ; c'est à cette époque qu'une délégation talibane fut invitée au Texas et à Washington (ainsi qu'à Buenos Aires pour bien faire).

Elu fin 2000, Bush junior prit le parti d'Unocal et relança les négociations avec les Talibans, mais celles-ci butèrent sur les frais de transit exigés par les "étudiants" en théologie. Furieuse, l'administration américaine envoya un émissaire de la dernière chance début août 2001 pour rencontrer une ambassade talibane à Islamabad. C'est au cours de cette réunion qu'aurait été prononcée cette fameuse phrase : "Acceptez notre tapis d'or ou nous vous enterrerons sous un tapis de bombes". Un mois plus tard, les tours du World Trade Center tombaient et il n'était plus question de négociations ni de tapis d'or...

Mais de TAPI de gaz, il était toujours question ! Certains des principaux soutiens d'Unocal étaient installés au pouvoir (Karzaï à la présidence, Khalilzad comme envoyé spécial puis ambassadeur US à Kaboul) avec pour mission de mener le projet à bien. Toutefois, ce n'est pas pour rien que l'Afghanistan est surnommé le tombeau des empires. Quinze ans après, la guerre fait toujours rage, les Talibans contrôlent des provinces entières tandis que l'Etat Islamique a réussi à s'implanter partiellement. Dans ces conditions, faire passer un gazoduc est aussi probable que de voir le Vatican battre la Nouvelle-Zélande dans un match de rugby...

Exit, donc, la route sud-est, même si Washington et ses officines font encore semblant d'y croire. L'ours peut dormir sur ses deux oreilles. De toute façon, le gaz turkmène alimente désormais principalement la Chine (en rouge sur notre première carte). Le CAC (Central Asia-China) a été inauguré en 2009 et des lignes supplémentaires ont été ajoutées les années suivantes, pour une capacité totale de 55 Mds de m3 par an. Du moment que ça se passe au sein de l'OCS, ça ne gêne pas vraiment les Russes qui ont d'ailleurs débuté les gigantesques chantiers du Force de Sibérie et de l'Altaï, contrats monstrueux signés en 2014 et 2015. L'appétit énergétique du dragon et sa volonté de remplacer impérativement le charbon qui rend ses villes invivables sont tels que ces trois gazoducs ne se feront pas concurrence. Il se peut même qu'ils ne suffiront pas.

Afin de déjouer les plans de l'empire et ne pas perdre ses parts de marché européen, Gazprom avait pris l'habitude d'acheter d'importantes quantités de gaz turkmène. Mais à mesure que les routes soutenues par Washington (pipeline transcaspien et TAPI) se révélaient de plus en plus illusoires et que l'or bleu d'Achgabat prenait le chemin de la Chine, Gazprom a peu à peu réduit ses achats qui approchent maintenant du 0 absolu.

C'est sans doute dans ce contexte qu'il faut replacer la visite de notre ami Gurbanguly Berdymukhamedov à Moscou. En attendant d'éventuelles reprises d'achats de gaz (clin d'oeil humiliant envers les Américains), quelques projets semblent dans les tuyaux :

- L'établissement d'un corridor de transport nord-sud. Intéressant, car à mettre en parallèle avec le projet Russie-Azerbaïdjan-Iran dont nous avions parlé il y a trois mois. La Caspienne deviendrait alors l'un des points nodaux du vaste réseau de flux d'échanges eurasiatiques qui se met en place avec les routes de la Soie chinoises.

- Partenariat renforcé entre la Russie et le Turkménistan, pourtant très attaché à sa neutralité et seul -stan à ne pas faire partie de l'Organisation de Coopération de Shanghai.

Là comme ailleurs, l'Eurasie est en marche et l'empire maritime n'y peut rien.

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Grognard 08/11/2016 16:33

@Observatus geopoliticus
Bonjour,
Votre réponse du 08/11/2016 14:42.

Pour continuer dans la même veine: Si l'on met en parallèle le Traité de Tilsit et le récent désamour russo-turc ; vous conviendrez qu'il est osé de dire ou d'écrire que l'histoire ne repasse pas les plats.

Comme je pense que comme le saumon l'humour est meilleur avec un filet de citron je me suis autorisé un commentaire en ce sens sur RT qui bon joueur l'a publié.
Cordialement

theuric 08/11/2016 00:39

Observatus Politicus, merci du commentaire que vous avez écrit pour Yom.
Voulez-vous que je vous dise?
Enfin non, je le dirais sans attendre votre réponse puisque vous ne savez pas encore ce que je vais dire.
J'aime, voire plus, j'adore les idées remettant en question mes propres approches par leur logique et là je viens de comprendre ce que vous entendez par heatland, hoao, c'est génial (je suis allé voir ce que peut vouloir dire le mot "heat", soit la chaleur, l'ardeur, traduisant littéralement heatland par la "région chaude", la "région de toutes les ardeur" mouai, l'anglo-américain laisse quelque peu à désirer).
Enfin bref, je vais un petit peu (beaucoup) réviser ma perception du jeu de puissance entre la Russie et l'empire U.S., tout en conservant ma base réflexive méditerranéenne, tout de même.
En un premier jet et partant de cette idée, la France en devient plus centrale que ce que je pouvais en penser, naturellement liée à une Grande-Bretagne qui, de sa perte de son empire, n'a plus ses capacités de puissance et doit donc poser un pied sur le continent.
A l'autre bout de l'Eurasie c'est la Corée qui se retrouve dans une situation similaire avec un Japon qui, à terme, se retrouvera dans une situation semblable au Royaume-Uni.
En fait, si je comprends cette logique du continent monde, qui veut le contrôler doit le tenir à ses deux bouts est et ouest, non?
C'est marrant parce que ainsi certaines périodes du XX° siècle deviennent bougrement lisibles.
D'ailleurs, dans cette logique, l'éclatement de la Yougoslavie était totalement inutile et peut-être même contreproductive, voire nocive à terme pour l'empire (ça, c'est purement intuitif, un sentiment pas encore abouti).
Il en était de même de détruire le pouvoir libyen (pour les mêmes floues raisons).
En fait, tout le bordel qu'ont foutu les américains au Proche-Orient est, à tout prendre, totalement absurde parce que inutile et se retournant déjà largement contre leurs propres intérêts.
Ah, au fait, la situation de l'économie-monde ne cesse de se dégrader et ça, ça risque de changer bien des choses.
C'est marrant parce que personne ne parle d'une désindustrialisation mondiale quand en fait, c'est ça qui se passe réellement, d'où la baisse du prix du pétrole et sa surproduction, le reste n'est que l'actuelle perte irrémédiable de valeur de quasiment toutes les monnaies, bourses et crédits compris.
Je me suis amusé, je ne sais pas si j'en ai déjà parlé ici, de calculer le pourcentage réel de chômeurs dans l'empire, en reprenant les chiffres fournis à Businessbourse et en retirant les 20% de la population n'ayant pas l'âge de travailler, j'en suis arrivé à 40% de chômeurs, rien que çà.
Non, sans blaguer, faites gaffe, parce que à un moment donné tout va s'arrêter et que plus grand chose n'est produit en France, ce qui fait que nos magasins seront vides, enfin ceux qui survivront encore, il faut bien penser à se qu'il se passe et surtout va se passer ici aussi, c'est vrai, quoi.
De mon coté j'ai compté, de réserve, au minimum trois mois de nourriture, un an de produits d'entretien pour la maison et soin du corps, trois ans de quoi faire du troc et de petits échanges, mais je n'ai pas de jardin pour un potager et deux trois poules.
Vous avez vu, même Canson vient d'être vendu, adieu papier, vendu à des italiens.
Toujours est-il que je vous conseillerais de vous grouiller fissa, parce que là ça commence à méchamment chauffer et que la globalisation peut se casser la figure à tout instant.
Enfin, le principal étant que nous puissions passer Noël pénard, le dernier avant quelque bonnes années à mon avis.
C'est vrai quoi, c'est le genre de truc duquel il est bien de prévenir ses semblables, les mettre au parfum.
Bon, d'un autre coté sa facilitera bougrement le travail des syriens, irakiens et russes, ce sera déjà ça de pris, quand aux kurdes, je crois qu'ils ne sont pas encore sortis de l'auberge.

Observatus geopoliticus 08/11/2016 14:59

Cher Theuric, attention, c'est le HeaRtland (= coeur du monde), pas le Heatland ! ha ha ha
Le grand combat pour le Rimland a été prédit par Spykman : "Qui contrôle le Rimland contrôle l'Eurasie. Qui contrôle l'Eurasie contrôle le monde" (www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/10/petit-rappel-sur-le-grand-jeu.html). Le Rimland, c'est l'Europe, le Moyen-Orient, le sous-continent indien et l'extrême-Orient :
- L'empire a mis la main sur l'Europe en y installant un système cohérent (UE, OTAN, partis politiques et presse du système) mais le Heartland y soutient l'anti-système qui a le vent en poupe.
- le Moyen-Orient voit un retrait US et une poussée sino-russe. Mais attention, la zone a également sa dynamique propre qui ne coïncide pas toujours avec le Grand jeu.
- l'empire a perdu sa carte la plus importante dans le sous-continent indien (Pakistan) sans récupérer l'autre (Inde). L'Afghanistan a été un fiasco retentissant qui, je pense, a fait comprendre à beaucoup de stratèges américains que la bataille pour l'échiquier eurasiatique était perdue.
- l'empire s'est pris une énorme baffe en extrême-Orient avec la symbiose sino-russe (quelle déliquescence par rapport aux années 70 quand Washington jouait sur la rupture sino-soviétique). Tout ce que les Américains peuvent faire désormais est de créer un rideau de containment autour de l'Eurasie (Corée du Sud, Japon, Taïwan)
Bien à vous

Grognard 07/11/2016 23:14

Bonsoir,Observatus geopoliticus

D'accord avec votre réponse à Yom du 07/11/2016 22:41.
L'Angleterre ne voulait pas d'une puissance continentale à ses portes.
La manipulation via du financement des chouans se nomme aujourd'hui fals flag.

La connaissance de l'histoire est aussi une main courante.
A une époque l'Angleterre contrôlait les flux marchands ; aujourd'hui via le city ce sont les flux financiers qui l'intéresse.
De même qu'une des constantes de la politique étrangère russe est le libre accès à une mer "chaude".
On comprend de suite le poids d'un port comme Sébastopol lorsque l'on sait que le commerce maritime représente à lui seul 80% des échanges au niveau mondial.

Par extension cela permet de prendre toute la mesure du projet une ceinture une route.

Sur le temps long il y a des invariants qui sont comme de petites lucioles dans la nuit des décisions.

Observatus geopoliticus 08/11/2016 14:42

J'aime beaucoup votre expression, cher Grognard : "de petites lucioles dans la nuit des décisions". Effectivement, quel que soient les vicissitudes mondiales, on sait que les puissances maritimes n'accepteront jamais l'intégration des continents. J'ai retrouvé par hasard le discours d'un vénérable ministre britannique des Affaires étrangères du début du XXème siècle : "Il convient d'empêcher à tout prix tout rapprochement entre l'Allemagne et la Russie". Déjà...

Yom 07/11/2016 16:54

Bonjour cher Observatus et merci , encore une fois, pour ce billet ô combien utile à éclairer nos lanternes en ces temps où l’éclairage public est si gravement en panne (allusion à « la presse »).

Je profite du fait que ce billet est un de ceux[1] dans lesquels vous reprenez du recul par rapport à l’actualité, pour mieux remettre en avant le grand jeu dans sa globalité, pour vous poser une question qui me taraude depuis que je lis votre blog :

Dans l’introduction du blog (http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/le-grand-jeu-cadre-theorique.html), vous nous indiquez que la pensée géopolitique anglosaxonne s’articule autour de la notion de pivot du monde ; ce fameux heatland sibérien.

Plus loin dans l’article, vous écrivez « En plus d’être le pivot du monde, le point névralgique du globe, l’Eurasie est également terre de richesses, d’immenses richesses. ».

Je souligne « En plus ». Ce ne sont donc pas directement les richesses du sous-sol russe qui en feraient le pivot du monde ?

Mais alors, pourquoi le heartland serait-il, lui spécialement, le pivot du monde ? Pourquoi pas, par exemple, la Méditerannée qui se trouve au croisement de l’Europe, l’Asie et l’Afrique (continent dont on nous dit par ailleurs qu’il est si riche en dépit du niveau de vie moyen de ses habitants …) ? Je ne cite la Méditerannée que comme exemple. J’aurais aussi pu prendre le sous continent indien pour d’autres raisons liées à sa situation géographique.

Autre question, pourquoi le heartland resterait-il le pivot du monde à l’heure où l’Homme a domestiqué les mers, les airs (peut être pas à un niveau économiquement compétitif ?) et bientôt l’espace ?

A terme, est-il envisageable que des innovations techniques, notamment dans le domaine de la production d’énergie ou du transport, rendent caduque cette notion de pivot du monde ; où est-elle au contraire amenée à perdurer pour des raisons indépendantes et immuables ?

Ou est-ce « tout simplement », que cette notion de pivot du monde n’a pas de raison objective d’exister mais que comme les impérialistes anglosaxons font une fixette dessus ça lui donne la même existence qu’une sorte de prophécie autoréalisatrice ?

Pour tout vous dire, je lis avec le plus grand intérêt vos explications sur les affaires géopolitiques du monde. Mais dans l’état actuel des choses, je dois me contenter d’admettre cette théorie du pivot du monde comme on admet un axiome en mathématiques. J’y vois le signe génant que je n’ai pas complètement compris cette notion, que j’ai du manquer quelque chose …

---

[1] : Il me semble avoir remarqué que vous publiiez cycliquement quelques billets très liés à l’actualité sur le terrain, que l’on pourrait appeler des billets « nez dans le guidon », agrémentés tous les quelques billets de billet de « remises en perspective globale » ou encore de « prise de recul ». Je ne sais si vous le faite consciemment ou non, mais dans tous les cas, cela me semble être une formule « gagnante ».

Observatus geopoliticus 08/11/2016 14:28

Tout à fait, cher Yom. Le Heartland en soi n'a aucune utilité sauf d'être le pivot du continent-monde, partant, du monde. J'avais fait l'année dernière un utile rappel : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/10/petit-rappel-sur-le-grand-jeu.html
Voyez la carte : le Heartland russe et l'empire maritime US se battent pour le Rimland (Europe, Moyen-Orient, sous-continent et extrême-Orient). Le premier souhaite le convier au grand mouvement d'intégration eurasiatique ; l'empire veut au contraire l'en dissocier et est prêt à tout pour ce faire.

Yom 08/11/2016 09:33

Merci beaucoup pour cette réponse. Je vais pousser encore un peu si vous me le permettez. C’est que j’ai à cœur de bien comprendre, dans le détail, de quoi il retourne. J’ai également dans l’idée que ces précisions peuvent être profitables à d’autres que moi.

Je comprends donc qu’il y a quelque chose d’immuable qui fera récessairement du continent la source de la puissance géopolitique ; que l’on pourrait résumer par la conjonction de faits suivante :

1. La puissance géopolitique découle de la puissance économique (le « nerf de la guerre », Sun Tzu appelant à contrôler les ressources de l’adversaire pour contrôler l’adversaire lui-même …).

2. Or l’économie se fait par et pour une population (des producteurs et des consommateurs).

3. Or la réalité biologique d’Homo Sapiens, animal terrestre, fait qu’il habite les continents. Donc continent = population = économie = puissance.

Cependant, il me semble qu’une grande partie de la population mondiale habite près des côtes. D’ailleurs, quand vous mentionnez le fait que l’Eurasie pèse les trois quarts du PIB mondial, c’est essentiellement du rimland (Europe, Chine, tigres asiatiques, Inde, Japon) qu’il s’agit et non du heartland. Ces populations, essentiellement côtières, pourraient donc, dans l’absolu, être desservies soit par des flux maritimes, soit par des flux terrestres (mettons de côté les flux aériens, que j’imagine non compétitifs pour les volumes d’échanges dont il est question à cette échelle).

De ce que je comprend, il s’agit donc d’une lutte entre une faction qui voudrait que les flux économiques soient maritimes (anglosaxons avec leurs importantes flottes marchandes et militaires) et une autre qu’ils soient continentaux (Russie avec ses gazoducs, Chine avec son projet de nouvelle route de la soie).

L’importance du heartland lui est donc conférée, si je comprends bien, moins par la richesse de son sous-sol que par le fait qu’il deviendrait le point de passage des flux économiques continentaux qui concurrenceraient les flux maritimes ; c’est bien cela ? Le heartland serait alors en quelques sortes « l’océan continental ».

Surtout, détrompez-moi si ce n’est encore pas cela. Mais cette explication répondrait bien à ma question sur « pourquoi cette fixette sur le heartland ? ». Mon trouble venait du fait que la Sibérie ne passe pas pour un pays de cocagne et est tout sauf densément peuplée (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique et la location des terres par la Chine).

Observatus geopoliticus 07/11/2016 22:41

@ Yom
C'est toujours un plaisir de vous lire, cher ami. La phrase que vous citez est légèrement incomplète, car elle sous-entend "fabuleuses richesses énergétiques", qui s'ajoutent à l'importance primordiale du Heartland et du Rimland.
De tout temps, la richesse et la puissance se trouvent sur le continent, quel qu'il soit. Celui-ci est synonyme de population (production, consommation, culture, force militaire...), d'espace (ressources naturelles, agriculture, industrie...), de centralité (pouvoir politique). Pour reprendre une expression un peu cavalière, le continent, "c'est là où ça se passe", "c'est là où il faut être".
Une puissance maritime est, par définition, en marge. Elle repose sur des activités annexes - commerce, finances - dépendantes de la vraie richesse créée par le continent. Pour schématiser, l'Angleterre par exemple n'a jamais rien produit par elle-même ; elle ne faisait que transporter des produits qu'elle acquérait en Chine, en Inde ou dans ses colonies. La vraie richesse, la vraie puissance, l'économie réelle se trouvent sur le continent et toute puissance maritime tourne autour comme une sangsue sur le corps d'un éléphant.
Que le continent vienne à s'unifier / s'intégrer / s'allier, et c'en est fini de la puissance maritime, totalement marginalisée. C'est la raison pour laquelle l'obsession de toutes les puissances maritimes de l'histoire a été de diviser le continent, d'empêcher son intégration. Athènes contre Péloponnèse, Angleterre contre Napoléon... Aujourd'hui, à plus grande échelle, USA contre Eurasie.
L'Eurasie est ce que les géopolitologues appellent le continent-monde. Elle représente les 2/3 de la population mondiale, les 2/5 de la superficie habitable de la planète, les 3/4 du PIB mondial... Imaginez que ce monstre planétaire s'unifie ou du moins s'intègre, forme une grande alliance de Brest à Vladivostok : c'est la fin définitive, non seulement de l'hégémonie, mais même simplement de la puissance américaine. D'où les perpétuelles menées de l'empire afin de le diviser.
Et (j'en reviens à la phrase que vous citez) il faut ajouter à cela un élément supplémentaire qui n'existait pas auparavant : les fabuleuses ressources énergétiques eurasiatiques. L'empire US est donc doublement obsédé par l'Eurasie et plus particulièrement par la Russie (en tant que pivot géographique de l'Eurasie mais aussi pivot énergétique).

Vasco 07/11/2016 20:35

@Yom Je pense que cette région est un très vieux carrefour migratoire entre d''anciens berceaux de civilisations (la Mésopotamie, l'Indus ou le fleuve jaune) pour des raisons géographiques (désert de Gobi, chaine de l'Himalaya par exemple. C'est de là également qu'est parti le peuplement du continent américain via le détroit de Béring) et cela a du marquer les esprits des géopoliticiens européens de la fin du XIX siècle début du XX.

Charles Michael 07/11/2016 12:52

Tout à fait dans le sujet, la visite de Lavrov en Grèce les 2 & 3 de ce mois. Préparation de l'atterrisage du Turk Stream, prpbablement. Peu commenté dans nos gazettes.

Observatus geopoliticus 07/11/2016 14:04

Oui, j'ai suivi ça, Charles. Sans doute pour la deuxième branche du Turk Stream.

Jean 06/11/2016 23:16

Excellent billet (comme d'habitude) !

theuric 06/11/2016 18:29

Cher Observatus Politicus,
En ces temps obscures et incertains faits de jeux complexes s'étendant, en réalité, à l'humanité dans son entier, quand bien même seuls nos proches et un petit peu plus éloignées frontières nous sont contées, nos petites et grandes marches, donc.
En ces temps incertains, dis-je, il est bon, me semble-t-il, d'ouïr et lire, en confirmation, d'autres textes et d'autres sites venant en échos de ce que vous nous expliquez.
Or, voyez comme c'est farce, c'est sur un blog provenant des Etasunis que je peux effectuer cet exercice de conjonction naturelle pour qui comprend la nature de la politique.
Ce site est celui du Parti Socialiste américain, d'où le coté farce de la chose, plutôt d’obédience communiste à l'aune de notre perception européenne des décennies précédentes (d'avant 1991).
Il s'agit du W.S.W.S. que, sûrement, vous connaissez, qui livra un texte, mazette, écrit en langue française, décrivant, de manière très semblable à vos libellés, ce qu'il se passe en Syrak " https://www.wsws.org/fr/articles/2016/nov2016/mosu-n02.shtml ".
Leurs proses n'ayant toutefois pas cette légèreté de lettre et de plume qui vous caractérise.
Ce serait même plutôt du roboratif, faisant penser à de ces plats bons en bouche mais tendant à tendre à l'excès l'estomac et à empâter le palais, un cassoulet aux haricots trop secs par exemple (mais moins dense qu'un livre de K.G. Jung, délicieux, certes, mais aux bouchées chaque fois plus pesantes).
La prudence, en cela, étant mère de sureté, ce croisement d'informations me rassérène, ôtant en moi un doute qui, bien que léger n'en était pas moins réel.
Hormis cela, de ce menu poids souffleté de mes épaules (aurais-je un morceau de cerveau par là?), cette région, situé entre la mer Caspienne et les hauteurs himalayennes, qui fut centre de ce papier, me semble elle aussi faire parti de ces lieux complexes et entremêlés, qui, comme frontières régionales, peuvent être tout autant sujets à des tensions importantes.
Qu'un œil avisé s'y pose en connaisseur me semble en cela pour le moins censé, d'en partager les informations est là acte de démocrate convaincu (vos chevilles ne s'en porteront que mieux).
M'est d'avis que dans le futur, l'archipel des Antilles devienne, lui aussi, le réceptacle de nombreuses ambitions géostratégiques, ce vaste arc de cercle pile poil en face du canal de Panama et à l'est de l'Amérique-Centrale, s'égrainant du nord de l'Amérique-du-Sud au sud de l'Amérique-du-Nord et dont France et Grande-Bretagne détiennent une bonne part des clefs.
Parait-il même que du carburant dormirait à quelques encablures des Antilles françaises, enfin, c'est ce qu'il s'en narre, information à prendre avec toutes les pincettes du doute nécessaire (comme quoi, je n'ignore pas non plus l'importance des hydrocarbures dans cette aphrodisiaque bataille géopolitique ne faisant que commencer, raaah l'énergie, sans elle, adieu notre modernité..., avez-vous vu le rapprochement de la Chine d'avec l'Arabie-Séoudite?).
Comment voulez-vous, cher Observatus Politicus, qu'avec tout ça nous puissions nous ennuyer?

Observatus geopoliticus 07/11/2016 13:52

Impossible de s'ennuyer, cher Theuric. Dire qu'il y a des gens qui préfèrent la télé, franchement...
Le rapprochement sino-saoudien est tout relatif. Mais sur le plan financier - c'est-à-dire la mort du pétrodollar - c'est dans les tuyaux. J'en avais parlé l'année dernière.

Hamilcar Barca 07/11/2016 13:26

@Theuric
Merci d'avoir déniché cette perle émanant de l'Internationale Trotskyste et que, je pense, on n'est pas près de voir citer en France par les MSM :-)
Etant donné que les "Chroniques du Grand Jeu" ne sont pas un blog de politique politicienne, je briserai là, mais n'en pense pas moins.
Bien cordialement

simplet 05/11/2016 16:08

Et dans cette mer d'oil, que pouvez vous dire sur l'eau ? Il me semblait que là aussi, il y aurait de la bagarre. Mauvaises infos?

Observatus geopoliticus 07/11/2016 22:45

Ah oui, mais ça c'est plutôt en amont, du côté du Syr-Daria et de l'Amou-Darya. Il y a par exemple des bisbilles entre l'Ouzbékistan et le Tadjikistan à propos de l'eau du Pamir et depuis un bout de temps maintenant. Le Turkménistan, lui, est en bout de course...

simplet 07/11/2016 17:26

Non je pensais aux pays à l'est des côtes caspiennes, où cela a l'air plutôt aride et le manque d'eau tend les relations, paraît-il, assez fort. Si vérifié, cela n'aidera pas l'entente sur le pétrole.

Observatus geopoliticus 07/11/2016 13:47

Je pensais que vous alliez me parler de la langue d'oc hé hé. L'eau de la Caspienne, vous voulez dire les zones de pêche ? Hélas, trois fois hélas, l'esturgeon est en voie de disparition et le caviar avec...

Fabien 05/11/2016 14:25

Bonjour,
Je découvre la géopolitique depuis 2 ans. J'apprécie particulièrement vos billets et je me rends compte combien le monde euro-asiatique m'est peu familier, il est temps pour moi de m'ouvrir à cela. C'est donc avec un vif intérêt que je suis cela comme un feuilleton d'ailleurs. Excepté que tout cela engendre le chaos partout, mais j'aime toujours savoir pourquoi "le monde a mal". C'est une façon pour de garder la tête haute.
Bien cordialement.

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:44

Vous utilisez le mot exact, cher Fabien : c'est un feuilleton. Avec ses intrigues, ses beautés et ses trahisons, ses coups de génie et ses coups bas... Sauf qu'il se déroule à l'échelle planétaire, sous nos yeux et que la presse grand public ne le rapporte pas. Que de conséquences pourtant...
Bien à vous

UnLorrain 05/11/2016 13:25

Observatus puisque vous aimez les poèmes,allez sur litteratureaudio, d'intérêt public j'en viens a dire,vous y trouverez un enregistrement audio de la voix de Apollinaire et de son poème.
Au plaisir de vous lire.

Observatus geopoliticus 07/11/2016 13:56

C'est effectivement la meilleure image, cher Lorrain.

UnLorrain 07/11/2016 09:19

Oui Observatus la voix de Apollinaire,sa voix.
Même dans vos réponses aux commentateurs vous êtes remarquable,lorsque vous faites le rapprochement des tubes d'energies avec nos vaisseaux sanguins! Un certain Elisé Reclus fait aussi ce parallèle dans un court texte « l'histoire d'un ruisseau»(ou d'une rivière,je suis plus sûr) ces «veines et artères» rapportant les precieux nutriments a la terre,au sol.

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:50

Oui, excellent site. Avec la voix originale d'Apollinaire ? J'irai voir ça, merci.

Hamilcar Barca 05/11/2016 13:23

@Observatus Geopoliticus

Toutes mes félicitations pour cette superbe analyse qui mériterait d'être publiée dans un grand journal, si la presse française était vraiment une presse.
En tant qu'ancien rugbyman amateur, j'ai aussi très apprécié la métaphore AB vs (comment pourrait-on appeler l'équipe vaticane?). Encore que, avec un Argentin comme coach, le Saint-Siège garde un petit espoir.
:-D
Bien cordialement

Observatus geopoliticus 07/11/2016 13:49

Pienaar, McCaw. Un flanker punique, on aura tout vu... ^^

Grognard 05/11/2016 17:33

@ Hamilcar Barca
Bonjour,
"avec un Argentin comme coach, le Saint-Siège garde un petit espoir.'
Ah ah!
A condition de cacher la gonfle sous la soutane.
Un truc à cueillir des poires.
Ca les changerait de croquer des pommes.
lol

Hamilcar Barca 05/11/2016 17:08

@Observatus Geopoliticus
6 ou 7.

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:41

@ Hamilcar
Je savais bien qu'un honnête homme de votre qualité devait avoir eu quelque chose à faire avec le rugby, hé hé... Quel poste ?

Yann 05/11/2016 13:13

A part em...nuyer les Russes et permettre aux oligarques américains de s'en mettre plein les popoches, quel est l'intérêt d'envoyer du gaz vers l'Inde ? C'est un gros consommateur, y'a un relais de prévu vers ailleurs par voie maritime, une prolongation vers l'Asie du Sud, ou encore un autre intérêt ?

Pour l'équipe de rugby du Vatican, j'ai pensé aux Gardes Suisses avec leurs hallebardes à l'arrière, mais ils sont Suisses, peuvent pas jouer. Et elle aura beau aligner un Puma argentin (un beau demi d'ouverture) ...
les miracles sont autorisés sur le terrain ?

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:40

@ Yann
L'intérêt est justement d'emm... les Russes et plus globalement les adversaires de l'empire. Les pipelines sont comme les veines du corps humain, ils irriguent le monde. Qui les contrôle contrôlent le corps planétaire.
Derrière chaque Argentin se cache un puma : attention à ne pas sous-estimer Sa Sainteté pontificale...
@ Vincent
lol

Vincent 05/11/2016 14:32

@Yann,

Pour les miracles je ne saurais dire, mais il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'eau bénite quand on connaît les allégeances des divers comités internationaux antidopage.

Olga 05/11/2016 13:00

Hé, hé ! Un travail pointu et bien fait trouve toujours récompense, cher Observatus Oeil de Lynx !
Apparemment il n'y a pas que moi qui apprécie et c'est décidément bien mérité !

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:46

Arrêtez, je ne sens plus mes chevilles ^^

Madudu 05/11/2016 12:39

Vraiment, Observatus, Bravo pour cet article, pour les autres aussi, et merci !

Je suis habituellement avare de compliments, et même je ne relève pas ceux qui me sont parfois faits (bien que je les apprécie beaucoup, secrètement), mais là je vous tire mon chapeau.

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:35

Un chapeau turkmène ou kirghize j'espère ^^.
Bien à vous, cher Madudu.

Mondran 05/11/2016 12:08

Un immense merci pour la qualité incomparable de vos articles. En plus, vous avez cet humour décapant qui les rend encore plus intéressants.
Nous vivons une époque formidable comme disait Philippe Meyer même si elle est impitoyable pour des millions de gens victimes de ce grand jeu. Grand jeu qui n'est décidément pas très drôle pour ceux qui en subissent les conséquences...
Au grand plaisir de vous lire à nouveau.

Hamilcar Barca 05/11/2016 18:05

@Mondran
"On vit une époque formidable" (1978) me ferait plutôt penser à Reiser. Et comme décapage, ça n'est pas mal non plus!
:-)
Bien cordialement

Observatus geopoliticus 05/11/2016 15:34

Merci, cher Mondran. Epoque formidable, oui, passionnante à souhait. Déclin d'un empire, apparition de nouvelles forces : l'Histoire montre que ça ne se passe jamais bien, mais ça nous donne en tout cas du matériau à étudier et même à admirer.
Bien à vous

Olga 05/11/2016 07:24

Super intéressant et indispensable pour bien comprendre l'envers du décor. Vous êtes un des rares sites à décrypter rigoureusement la face occulte de cette course aux hydrocarbures, fil conducteur de notre époque chaotique. Un grand merci pour votre rigoureuse perspicacité !

Observatus geopoliticus 05/11/2016 07:52

Merci chère Olga, c'est un plaisir. Le sujet est passionnant et dépasse le scénario de n'importe quel feuilleton. Pourquoi regarder la télé quand on peut lire de la géopolitique ? hé hé...

Alaric 05/11/2016 07:10

De même pour le lien qui dit que Zbigniew jette l'éponge ! Sinon article très instructif , l'appétit énergétique de la Chine nous enterrera tous ^^

Observatus geopoliticus 05/11/2016 07:48

Merci Alaric, c'est corrigé. Le dragon s'est réveillé... ^^

irribarria fernandez franck 05/11/2016 05:15

Bonjour,
Sur toutes ces questions de statut de la Caspienne et sur l'historique de la dispute, on lira avec profit cette excellente analyse : ce lien ne fonctionne pas. Bonne journée Frank

Observatus geopoliticus 05/11/2016 07:48

Merci Franck, c'est corrigé.