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Chroniques du Grand jeu

Dans les dents du sultan et autres nouvelles

24 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Il a beau éructer, écumer, se démener, rien n'y fait : Erdogan continue de se prendre camouflet sur camouflet.

En Irak, malgré ses menaces, les milices chiites sont arrivées autour de Tal Afar, la prunelle des yeux sultanesques, coupant d'ailleurs toute voie de retrait aux petits soldats daéchiques vers la Syrie. Impuissants devant cette offensive, les Turcs ruminent, obligés qu'ils sont de mettre de l'eau dans leur arak ; aux sommations succède un langage bien plus mesuré, le porte-parole présidentiel déclarant qu'Ankara "ne restera pas silencieuse". Ah ok...

Mais c'est en Syrie que ça chauffe vraiment, les dernières vingt-quatre heures ayant vu d'étonnantes choses. Al Bab d'abord. Les combats font rage entre les YPG kurdes et l'ASL turquisée, cette dernière attaquée sur son flanc par les premières (cercle jaune). On le voit, les "modérés" pro-turcs commencent à se retrouver dans une position ô combien inconfortable, pris en tenaille par les deux mâchoires kurdes.

La situation était déjà suffisante brûlante quand deux très grosses surprises sont tombées en ce 24 novembre (date anniversaire de l'incident du Sukhoï, ne l'oublions pas).

L'aviation syrienne a vraisemblablement bombardé les forces turques accompagnant l'ASL au nord d'Al Bab, tuant trois militaires ! La presse d'Ankara rapporte également l'info tandis que le principal parti d'opposition appelle à la retenue, ne doutant toutefois pas de la responsabilité syrienne. Diantre, voilà qui fera parler dans les chaumières de Beyrouth à Téhéran...

A chaud, les analystes se perdent en conjectures. Représailles contre les bombardements de l'artillerie ottomane sur l'armée syrienne dans le nord de la province de Lattaquié la veille ? Avertissement au sultan, lui signifiant que sa petite aventure syrienne n'ira pas plus loin ? Volonté de Damas de reprendre soi-même Al Bab ? Tout cela en même temps ? Seul le temps nous le dira.

Mais cette bombe (à tous les sens du terme) est peut-être à mettre en relation avec une autre nouvelle tout aussi surprenante : les généraux syriens ont enfin bougé dans la région d'Al Bab. Plus exactement, nous assistons, ô choc amer pour le sultan, à une opération conjointe armée syrienne-Kurdes d'Efrin (rouge à points jaunes sur la carte) en train de se diriger à toute allure vers les lignes ASL-turques et vers Al Bab :

La bonne entente entre les forces loyalistes et les Kurdes d'Efrin n'est pas nouvelle, au contraire de ce qui se passe dans l'autre partie du Kurdistan syrien où des chamailleries meurtrières ont à nouveau éclaté, à Qamishli cette fois. Si l'expédition syro-kurde continue et fait la jonction avec les YPG de Manbij, la porte se refermera au nez du sultan, comme dans le nord irakien pour cause de milices chiites. Surtout, son pire cauchemar verra le jour avec la constitution du fameux Rojava. A l'échelon supérieur, Moscou, Washington (Trump plus qu'Obama) et leurs alliés à Damas et à Hassaké se sont-ils entendus, sur le dos d'Erdogan, pour l'établissement d'un Kurdistan autonome au sein d'une Syrie fédérale ? A suivre...

Et puisque l'on parle de manoeuvres internationales, autre coup de tonnerre : des chasseurs égyptiens seraient arrivés en Syrie ! C'est ce que rapporte un journal libanais mais aussi certains sites rebelles. Est-ce vraiment une surprise ? Depuis la chute des Frères musulmans de Morsi, Le Caire s'est rangé sans ambiguïté du côté syro-russe, ce qui a d'ailleurs provoqué des vagues dans les relations egypto-saoudiennes. Le rift s'agrandit chaque jour un peu plus et, il y a quelques semaines, Riyad a même suspendu ses livraisons de pétrole à l'Egypte qui se tourne toujours plus vers l'Iran.

En Syrie, de hauts pontes étoilés égyptiens avaient rendu une petite visite à leurs confrères russes à Tartous le mois dernier et nous avions évoqué :

les exercices militaires conjoints russo-égyptiens, là encore une première du genre. Sans remonter à Nasser, Le Caire et Moscou sont en harmonie depuis plusieurs années (on se rappelle la visite pharaonesque de Poutine début 2015) et partagent la même position sur le dossier syrien. Le net rafraîchissement des relations entre l'Egypte et les Etats-Unis après 2013 a, loi des vases communicants oblige, pleinement profité à Moscou et l'on parle même maintenant d'une possible base russe en Egypte (Sisi a démenti mais...)

Suite presque logique, l'aviation pharaonique arrive en Syrie pour, selon le journal libanais, "participer aux opérations contre l'Etat Islamique tout en fournissant un soutien logistique à l'armée de l'air syrienne".

Et puisque l'on parle de bases, terminons sur les gros travaux visant à transformer Tartous en un centre naval intégral susceptible d'accueillir, selon un haut responsable russe de la défense, "des porte-avions, des sous-marins nucléaires et d'autres navires". L'ours est là pour rester, et en force, au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale...

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Alaric 26/11/2016 16:39

Bonjour OG ,
en relisant une de vos anciennes chroniques (Chant du cygne pour le califat) j'ai lu que vous évoquiez une entente entre Barzani et l'EI en 2014 , auriez vous des précisions à donner à ce sujet ? merci d'avance ^^

Observatus geopoliticus 26/11/2016 16:56

Bonsoir Alaric,
on trouve ça sous la plume de plusieurs analystes venant d'ailleurs d'horizons très différents (Kurdistan Talabani, mais aussi Irak, Kurdes syriens...) En français, Frédéric Pichon a évoqué la chose dans son bouquin sur la Syrie. Patrice Franceschi ne va peut-être pas aussi loin mais le laisse tout de même entendre :
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/08/19/31002-20160819ARTFIG00324-les-kurdes-acceptent-de-payer-le-prix-du-sang-pour-triompher-de-l-islamisme-en-syrie.php
Depuis plus de 2 ans, il n'y a eu en effet quasiment aucun combat entre l'EI et les Kurdes Barzani alors que leur ville respective (Mossoul et Erbil) se trouvent à moins de 40 km l'une de l'autre. Daech se bat contre tout le monde sauf contre Barzani... Et les peshmergas de ce dernier sont les seuls Kurdes à n'avoir strictement rien fait contre Daech, tandis que les peshmergas Talabani, les YPG ou le PKK sont tous allés au feu.
Bien à vous

Grognard 26/11/2016 00:32

Bonsoir,


@ And@rrr
Pas sur que le MO passe au second plan.
Il sera intéressant d'observer si le nouveau patron de la CIA fera rentrer ses agents dans le rang ou, si au contraire certains décident de n'en faire qu'à leur tête.

@ Domani
En fait il n'y a pas vraiment besoin de brader les rafales.
Dans ce genre de contrat vous avez une couverture qui fait en sorte que si le client n"honore pas une partie de sa créance le fournisseur sera quand même payé.
Où cela devient moins drôle c'est lorsque l'on sait qui assure la couverture des impayés.

PS: OG Pouvez-vous effacer:
au second plan.26/11/2016 00:25
Merci,

Observatus geopoliticus 26/11/2016 16:44

@ Ady
Je peux me tromper mais je crois quand même que cela provoquerait une telle révolte de l'Amérique profonde que l'establishment n'osera pas.

Observatus geopoliticus 26/11/2016 16:42

Tout à fait, cher grognard, et ça fait déjà un bout de temps que la bête échappe à son maître. Le "Deep state" est un véritable Etat parallèle. L'espoir est qu'il n'est pas homogène mais se tire dans les pattes.

Ady85 26/11/2016 16:14

Obervatus : "En attendant Trump". Attention...cette histoire de recomptages des voix dans des états clés , ce n'est certainement pas fait pour au final nous annoncer une nouvelle fois que Trump à gagné.

Probable qu'il ne mette pas un pied à la Maison Blanche le 20 janvier.

Grognard 26/11/2016 14:51

Bonjour OG,

Les difficultés que rencontre ou rencontrera tout POTUS avec la CIA sont:
- Sa capacité à disposer de budgets occultes.
C'est une source de pouvoir non négligeable.
- C'est cette organisation qui dispose de l'habilitation de classification des documents.
Ce qui lui permet de mettre beaucoup de choses sous le tapis.

La conjugaison des deux c'est un service de renseignement qui échappe à son maître.
La nouvelle garde prétorienne?

Observatus geopoliticus 26/11/2016 12:35

A sus ordenes señor.
En attendant Trump, la CIA continue de fournir les coupeurs modérés d'Al Zinki : https://southfront.org/cia-still-supplies-tow-missiles-to-rebel-group-that-beheaded-child-near-aleppo-and-filmed-this/
Et même avec le Donald, il n'est pas sûr que ça s'arrête. L'agence de Langley semble avoir des programmes connus d'elle seule...

Yann 25/11/2016 21:54

Si je peux me risquer à un petit pronostic certainement naïf, mais tellement souhaité que tous ces gens finissent par arrêter de se taper dessus pour vivre un peu en paix ...
Il est concédé Al Bab(y foot) et Quabasin à l'ASL sultanisée, mais pas un pas de plus au sud, l'aviation syrienne y veille ! Les Kurdes de l'est et de l'ouest établissent leur jonction au sud de l'axe routier Tadif-Al Arimah. Sur quelle profondeur ? Pas important.
Les Kurdes réalisent leur projet.
Le Sultan se préserve une zone tampon qui va de Al Bab(a et les 40 voleurs) jusqu'à sa frontière, défendue par l'ASL. Il évite ainsi de trop perdre la face et fait des économies en défense gràce à l'ASL.
Le tout se stabilise sur un modus vivendi tacite de non-agression, en l'attente de négociations futures et plus définitives.
Et l'armée gouvernementale syrienne récupère des forces pour ailleurs (EI, Al Nosra et autres modérés), considérant que les Kurdes forment alors une zone tampon entre la Turquie et le reste de la Syrie.

Bon, allez hop, je téléphone à Vladimir.

Observatus geopoliticus 26/11/2016 12:40

Mon cher Yann,
les possibilités que vous présentez sont quelque peu contradictoires...
Si Rojava se constitue (au sud ou pas au sud), le sultan perd tout, car le PKK pourra désormais aller comme bon lui semble de Hassaké à Efrin.
Quant à Assad, il veut tout récupérer et non pas une portion de son territoire. Avec les Kurdes, on peut s'arranger (large autonomie) mais pas avec l'ASL erdoganienne.
Non, non, dans notre équation, il faut au minimum que l'un des trois disparaisse...

Wilmotte Karim 25/11/2016 17:23

Quand on sait que les Saouds avaient financés le coup d'état contre Morsi!
Toujours dans les bon coups, toujours pour y perdre sa chemise!

Certains ferraient mieux de se concentrer sur leur trône, s'ils veulent le conserver!

Observatus geopoliticus 26/11/2016 12:43

Oui Wilmotte, les pompiers-pyromane saoudiens sont en train de voir revenir tous les boomerangs qu'ils ont lancé ces dernières années : Egypte, pétrole etc.

Mondran 25/11/2016 14:34

Même si les événements quotidiens sont parfois un peu obscurs, les tendances générales se dégagent. C'est là que l'on voit la cohérence ou l'incohérence des actions conduites depuis 5 ans par les uns et les autres. Poutine n'est sans doute pas un génie, mais il a de la constance, une analyse pragmatique de la situation et l'habilité nécessaire pour se préserver toujours des possibilités d'actions. Tout ce qui manque aux USA et à l'Europe. Quand à Erdogan, l'hubris est souvent bien mauvaise conseillère. Il aurait pu gagné beaucoup dans cette crise et il risque maintenant fort de presque tout perdre.
Pour nous européens, malheureusement, il ne va nous rester que la gestion dramatique des conséquences (l'afflux de réfugiés) dans des sociétés déjà au bord de la rupture et une éviction sans doute profonde des marchés de la reconstruction quand celle-ci aura lieu ... Terrible.

Olga 25/11/2016 14:22

Ah ! Cet ours russe, quel stratège ! Franchement, j'en reste baba. C'est du sur mesure et tout se goupille à merveille. Quant à Erdogan, j'étais bien sûr que Poutine lui gardait un chien de sa chienne. Décidément, la vengeance est bien un plat qui se mange froid. Erdogolum va en faire l'expérience et n'a pas fini de le payer.

Loic 25/11/2016 13:51

Ahah cette fameuse alliance kurdo-syrienne que j'évoquais, elle semble enfin se mettre en place même si ça restera marginal. Piège mortel pour les barbus de Daesh et l'ASL turque.

Le sultan doit effectivement être en mode panique en ce moment, il doit regretter le temps où il pouvait soutenir l'essor territorial daeshique.

And@rrr 25/11/2016 11:56

Merci encore pour cette analyse sur la guerre en Syrie.
Les jeux sont fait rien ne va plus , avec l'éléction présidentielle qui approche ,les enjeux au M.O passeront au second plan dans les médias.

Votre blog me permet de m'informer en temps réel.
Merci et bonne continuation .

Observatus geopoliticus 26/11/2016 12:44

Merci à vous, cher lecteur, c'est un plaisir.

Yom 25/11/2016 10:06

Il y a encore quelques mois, nos « élites » OTANisées, quand leurs journalistes apprivoisés les interrogeaient sur l’envoi de troupes au sol pour faire son affaire à Daesh, répondaient qu’il fallait laisser les « puissance régionales » s’occuper de cela (à raison). Sans doute avaient-ils en tête de « bons clients » comme l’Arabie Saoudite et la Jordanie.

Ils ne s’attendaient probablement pas à la tournure qu’ont prise les évènements, en Syrie mais aussi au Yemen, tombeau des illusions sur les capacités des forces terrestres saoudiennes (le matériel à la pointe de la technologie, ça ne fait pas tout sur le terrain). A la place ils auront Syrie, Iran, Irak iranisé et donc, bientôt peut être, Egypte en voie de renasserisation.

Mais ça reste un peu confus tout ça. Nous n’aurons probablement le fin mot de l’histoire que quand nous apprendrons, peut être à la grande stupéfaction de certains, quels sont les accords secrets négociés par les kurdes syriens et avec qui. Mais si ce qui semble se dessiner se confirme, cela nous promet de la dissonance cognitive en quatre colonnes (mais sans doute pas à la une) quand il faudra à nos journaleux expliquer au quidam que, finalement, les « fiers combattants de la liberté » kurdes jouent main dans la main avec « l’axe du mal » du « boucher de Damas ». Va t’on apprendre qu’eux n’étaient finalement pas si gentils ou que lui n’était finalement pas si méchant ?

BHL doit commencer à chercher des tournures de phrases bien alambiquées pour faire mine de ne pas avoir eu tout faux à ce point, mais ça ne va pas être facile. Entartons, entartons …

Mais en ce qui me concerne, mon plus gros point d’interrogation concerne, encore et toujours depuis le coup d’état avorté, la relation entre Moscou et Ankara. Si j’étais satisfais d’une certaines désescalade depuis les sommets de tension suite à l’affaire du Sukhoï abattu (avec la perspective d’une troisième guerre mondiale entraînée par un jeu d’alliances et de déclarations de guerre automatiques qui n’aurait pas été sans rappeler celui de la première), je me demandais bien à quel point Moscou devait s’investir avec un allié aussi imprévisible et même irrationnel. Que va t’il advenir de cette relation maintenant que l’armée Syrienne bombarde les turcs en expédition extra-territoriale non mandatée ?

Il y a quelques semaines, je pensais que les kurdes seraient les dindons de toute cette farce (pas drôle pour les gens qui la vivent). Mais en fin de comptes, ce seront peut être les ottomans qui hériteront de ce privilège peu envié.

Chris 26/11/2016 20:44

Aux dernières nouvelles, Erdogan cherche un point de fuite en faisant mine de s'intéresser à l'OSC : http://lesakerfrancophone.fr/turquie-changement-majeur-de-politique-etrangere


Un chemin alambiqué pour revenir à ses revendications ottomanes ?

Observatus geopoliticus 26/11/2016 12:51

@ EllemKah
Hé hé, je cherche sur le net une caricature d'Erdogan en dindon mais n'ai pas encore trouvé. Je ne désespère pas, mais si vous trouvez un lien, ce sera avec plaisir...
Il a déjà tout perdu en voulant jouer sur tous les tableaux : sa seule force désormais est la position stratégique de la Turquie, pas sa crédibilité.

EllemKah 25/11/2016 16:54

Du même avis que vous quant au positionnement de Smeadogan (c'est Smeagol et non Gollum :D). A vouloir jouer sur un peu tous les tableaux pour se rendre nécessaire, ou bien pour essayer d'affirmer sa position, il va finir pas tout perdre, quant aux US et aux russes...

Cher Observatus geopoliticus, votre jeu de mot sur le dindon de la farce est bien senti en cette période de thanksgiving :D

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:42

Eh oui mon cher Yom, bien malin celui qui trouvera le dindon final de la farce... Que ne donnerait-on pas, n'est-ce pas, pour savoir ce qui se dit dans les corridors des grands de ce monde. La petite conversation de 4 minutes entre Poutine et Barack à frites à Lima a-t-elle accouché d'une souris ou au contraire d'un accord verbal sur le dos du sultan ?
Cependant, quelques grandes lignes peuvent nous aider : depuis des mois, Erdogan semble devoir remplir ce rôle peu envié de dindon (normal pour le dirigeant de la "Turkey" hé hé). Quoi qu'il fasse maintenant, sa politique syrienne a tourné au fiasco irréversible :
- constitution à sa frontière d'un Kurdistan - d'un seul tenant ou non, c'est ça qui se joue maintenant mais c'est finalement un détail.
- rupture avec tous ses voisins et perte définitive de confiance pour cause d'imprévisibilité.
Bien à vous

Domani 25/11/2016 10:01

Houlà ! Voilà de quoi amplifier les vapeurs de notre audacieux ectoplasme... Va t-il exiger de l'Egypte la restitution des ex-BPC russes tout juste livrés (dont, au passage, la Russie s'accapare discrètement en les équipant d'hélicoptères d'attaque KA-52...) ? Brader les Rafale égyptiens à ses amis décapiteurs du golfe ? Les paris sont ouverts...

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:32

L'ectoplasme n'ayant plus rien à perdre (ni à gagner) durant ces prochains mois, rien n'est impossible, cher Domani...

Jean 25/11/2016 08:32

"L'ours est là pour rester, et en force, au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale..."
Cela risque d'énerver les Occidentaux qui pourraient chercher un quelconque prétexte pour attaquer Poutine

Zuglub 25/11/2016 00:19

On peut entendre Catherine II sautiller de joie dans sa rombe en entendant les Ottomans se faire ainsi souffleter par des Arabes (retour de flamme, quand tu nous tiens) et la Mère Russie ajouter une mer de plus à sa collection, qui plus est une aussi importante que la Méditerrannée.
D'ailleurs, avec le petit coucou de l'Égypte, c'est encore une fois l'Eurasie qui se boucle autour de l'Eurasie elle-même, dans notre XXIe où au royaume des empereurs les talassocrates sont rois. L'ami Poutine et derrière lui Shanghai a maintenant la mainmise sur toutes les frontières littorales asiatiques, exeption faite du Japon cela va de soi. La route de l'Arctique, l'Océan Indien, le Golfe Persique, la Mer de Chine et maintenant, le futur nous le dira, potentiellement Suez.

Le monde des stratèges anglo-saxon savent à quel point ce triangle de sable imparfaitement entouré d'eau est une pierre angulaire du continent-monde. Ça doit jaser sec et lancer des championnats de cris d'orfraie dans les chancelleries de la langue de Mackinder.

Observatus geopoliticus 26/11/2016 17:20

Le plaisir est partagé, cher Zuglub, croyez-le bien
La vision irénique véhiculée en France sur les Démocrates américains laisse en effet sans voix, alors qu'ils sont impliqués dans :
- bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki (Truman)
- guerre de Corée (Truman encore)
- guerre du Vietnam (Kennedy, amplifiée ensuite par Johnson)
- début du soutien aux djihadistes afghans (Carter)
- guerre du Kosovo (Clinton)
Partout et toujours, cet interventionnisme de la "nation exceptionnelle" prôné par les Démocrates, parfois pour le meilleur (Première et Deuxième guerres mondiales - Wilson et Roosevelt), souvent pour le pire (les exemples ci-dessus).
Les Républicains ne sont certes pas des anges mais, en général, plus modérés, en tout cas moins interventionnistes. C'est un Républicain qui a mis fin à la guerre de Corée et a averti du danger du lobby militaro-industriel (Eisenhower), c'est un Républicain qui a mis fin à la boucherie du Vietnam (Nixon). Trump s'inscrit dans cette lignée.
Bien à vous

Zuglub 26/11/2016 16:45

@Mmm.
Discuter avec vous est toujours un plaisir et une joie pour dynamiter les préjugés qu'on pensait être des vérités. Encore merci pour vos lumières cher Observatus, j'ai un sujet d'intérêt à creuser.

Observatus geopoliticus 26/11/2016 13:07

@ Zuglub
C'est une vision déformée de l'histoire de croire que Kennedy voulait bouleverser le système, un scénario digne du larmoyant "JFK" d'Oliver Stone... Kennedy était en réalité un vrai faucon, le véritable déclencheur de la guerre du Vietnam, le promoteur de l'élimination de Castro...
Quant à Barack à frites, mouais. Le fait qu'il soit démocrate ne parlait de toute façon pas pour lui. Contrairement à une idée reçue, les Démocrates US sont encore plus impérialistes que les Républicains. Ne pas oublier que mises à part la guerre irakienne, toutes les guerres américaines du XXème siècle ont été déclenchées par des présidents démocrates, et souvent terminées par des présidents républicains.

Zuglub 25/11/2016 23:28

Certaines théories concernant tonton DoDo indiquent que si il survit jusqu'en janvier, il sera un pion buissonnien de l'establishment. Des rapprochements avec les vrais présidents qui ont bouleversé le système comme Kennedy, assassiné et Obamachabbée qui a survécu à deux mandats et, on l'a bien vu, n'a pas été un vrai tournant réformateur intense comme il s'était vendu -le baisemain suicidaire aux Seoud dont les mains ruissellent de sang, kérozène et thermite reste, à mon sens, le plus beau vaudeville de son bimandat- tendent à supporter cette spéculation, à prendre avec des gants cela va de soi, mais qui n'est pas dénuée de fond.

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:31

Ha ha, oui, les stratèges spykmaniens doivent se ronger les ongles à mesure que l'intégration eurasiatique se développe. Mais celle-ci, quoique irréversible, prendra du temps et l'empire tentera tout pour la torpiller, même si ses dirigeants nouvellement élus semblent penser autre chose. L'Etat profond, le fameux Deep state US, se débarrassera-t-il de Trump pour ne pas devoir assister passivement durant quatre ans à la réunion eurasienne ?

Dubitatif 24/11/2016 23:53

Oui, il semblerait que les choses se replacent dans le bon sens, celui de la libération de la Syrie.

Du nord au sud, de l'est à l'ouest, la Syrie démarrent toute une série d'opérations et d'interventions qu'il sera dorénavant très difficile à la coalition des 60 pays scélérats dont le notre et l'ONU, à arrêter.

Les chites d'Irak à l'Est qui ferment la porte à Raqqah, le Liban à l'Ouest Trump qui de son coté sifflera la fin de la récréation. Mais quid de la Jordanie et d'Israel au Sud?

Et quid surtout de l'électron libre instable et imprévisible du Nord, la Turquie? Le bombardement me parait tellement une énormité sans nom que je me demande si ce n'est pas une initiative Us via des renégats à ordre. Allez savoir tout est possible.

Il ne restera à la Syrie qu'à mettre la main dans le cambouis pour effectuer le sale boulot chez lui. Avec tact comme il le fait; la main tendu, (armistice et pardon pour ceux qui se sont fourvoyés, ou se sont fait manipulés) et la main de fer (pour les imbéciles fanatisés).

Oui il semblerait bien que la libération soit sur de bons rails. En Espérant tout de même pour la Syrie qu'elle pourra se préserver du démembrement cher à certains. Pour cette unique raison, j'attendrai avant d'encenser qui que ce soit.

Yann 25/11/2016 13:19

P't-être un rappel à l'ordre si le Sultan a un pied en deçà et un qui s'aventure au delà d'une ligne rouge ? Pour l'heure il ne semble pas avoir réagi, ni dans les médias, ni sur le terrain. De même la Syrie n'a pas l'air d'insister.
Mais bon, la journée n'est pas finie.
En attendant il passe ses nerfs sur Al Bab et les Européens.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/25/97001-20161125FILWWW00102-syrie-l-aviation-turque-bombarde-des-cibles-de-l-ei.php
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/25/97001-20161125FILWWW00100-ueturquie-erdogan-menace-l-europe.php

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:26

Avec les Saoudiens et les Qataris out, les Américains trumpisés, le sultan reste la principale inconnue. Poutine s'est-il réconcilié trop tôt avec lui ? L'avenir nous le dira...

grouik grouik 24/11/2016 21:45

En passant,puisqu'il est question des milices populaires chiites en Irak que vous citez en début de billet,une petite vid d'autopromo ds laquelle ils s'engageaient à libérer Mossoul pour Noël 2015...ce sera fait pour ce Noël qui vient..Propagande? Oui,sans doute,mais le principe de propagande est présent partout,et leur boulot de nettoyage/neutralisation d'égorgeurs modérément modéré mérite hommage,donc voici:

https://www.youtube.com/watch?v=bMsvIDlsgiM

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:21

Ah, pour une fois que notre cher Grouik Grouik ne parle pas politique ha ha... Votre vidéo me rappelle la libération d'églises syriennes par le Hezbollah : http://elterritoriodellince.blogspot.com/search/label/L%C3%ADbano

Fabien 24/11/2016 21:41

Bonjour,
Avez-vous des nouvelles concernant la situation à Alep ?
En vous remerciant.

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:17

Bonjour Fabien.
A Alep, l'avance loyaliste s'accélère : https://www.almasdarnews.com/article/syrian-army-makes-huge-advance-east-aleppo/
Pacifier tout cela sera encore relativement long mais les barbus n'ont plus aucune chance.