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Chroniques du Grand jeu

Le boomerang syrien

21 Novembre 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Gaz, #Pétrole, #Asie centrale, #Chine

Le boomerang syrien

Pendant que le 4+1 avance sur le terrain et que la Russie alterne gestes de solidarité avec Paris et messages subliminaux à l'OTAN (arrête-moi ça si tu peux), la partie sud-ouest de l'échiquier eurasiatique frétille.

Les quelques dizaines d'avions envoyés par Moscou ont bouleversé la donne diplomatique moyen-orientale. Rarement aura-t-on fait autant avec aussi peu... L'Iran est plus proche que jamais de la Russie, l'Irak (à qui Moscou fournit d'ailleurs de plus en plus d'armes) et l'Afghanistan veulent eux aussi monter dans le train, la Jordanie commence à lancer des oeillades appuyées, le Koweït se dit en parfait accord sur le dossier syrien, la France du néo-conservateur Hollande se rallie. Au sein même des élites dirigeantes de l'empire, l'amoureuse politique envers les salafistes créé un malaise ; ainsi, l'ancien directeur de la CIA va jusqu'à préconiser une alliance (temporaire, ne rêvons pas) avec Damas et Moscou après les attentats de Paris.

Quant aux promoteurs de Daech, ils doivent pour l'instant faire contre mauvaise fortune bon coeur, même si l'on ne peut exclure une future (mauvaise) surprise de leur part. La Turquie mange le chapeau de sa zone d'exclusion aérienne depuis que les Sukhois paradent dans le ciel syrien. Si le sultan a eu au départ quelques sautes d'humeur, menaçant de ne plus consommer de gaz russe ou de reconsidérer le contrat multimilliardaire de constructions de centrales nucléaires, il n'a en réalité que peu de marge de manoeuvre face à la Russie dont il importe 55% de son gaz et 10% de son pétrole et qui commence d'ailleurs à gentiment entourer la Turquie (Crimée, Abkhazie, alliance arménienne, présence irrévocable en Syrie). Ankara ne peut pas se permettre d'aller trop loin et Erdogan le sait bien. L'ours a toute une palette de mesures de rétorsion simples et pragmatiques, dans la veine des contre-sanctions agro-alimentaires contre l'UE, qui faisaient rire tout le monde au début avant que les Européens n'ouvrent bien grand leurs yeux devant les milliards de perte qu'elles ont généré.

Au lendemain des menaces sultanesques, Moscou a cessé d'accorder le droit de transit aux camions turcs, menaçant les exportations de la Turquie à destination de ses cousins d'Asie centrale. La Russie a également cordialement rappelé à Ankara que les contrats gaziers ou nucléaires étant signés, leur remise en question serait synonyme de milliards de compensation. De plus, Moscou a invité un haut responsable du PYD, le parti kurde syrien, véritable bête noire des Turcs car chapeautant les YPG et lié au PKK. Il a rencontré l'éminence grise de Poutine pour le Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, et participé à une conférence sur les perspectives d'établir une coalition anti-Daech. Message subliminal à Erdogan : tu bouges une oreille, on arme les Kurdes. Le sultan en a avalé son loukoum de travers... Il peut bomber le torse tant qu'il veut pour sauver la face, il est dans la nasse russe.

Le boomerang syrien

Et l'on apprend maintenant que finalement, oui après tout, le Turk Stream risque bien de voir le jour alors que Gazprom n'en a d'ailleurs plus vraiment besoin depuis le doublement du Nord Stream. En décembre 2014, après l'annulation du South Stream pour cause de blocage par les hommes de paille US à Bruxelles et Sofia, le Kremlin était dans la position inconfortable du demandeur lorsqu'il proposa le Turk Stream, dépendant ainsi du bon vouloir d'Ankara. Onze mois plus tard, Vladimir "abracadabra" Poutine ayant une nouvelle fois retourné les choses à son avantage, c'est maintenant la Turquie qui se retrouve dans la position du solliciteur.

Il est vrai que les pipelines passant par les zones kurdes en guerre ont du plomb dans l'aile et que le sultan est en pleine dispute pétrolière avec l'Irak. Et comme l'or noir de Daech ne coule plus à flots depuis les bombardements russes et - ô doux miracle - américains, la Turquie risque bientôt d'avoir de petits problèmes d'approvisionnement énergétiques...

Les difficultés des grassouillets cheikhs saoudiens sont d'un autre ordre. Les alliés fondamentalistes de l'Occident n'ont certes pas à craindre un quelconque retour de bâton suite à la vague d'attentats dont ils sont à l'origine. Si un Bush au sommet de sa forme avait continué à caresser Riyad après le 11 septembre made in Saoudie, ce n'est pas l'insignifiant binoclard de l'Elysée qui changera quelque chose. L'Occident continuera à se pâmer devant la fabrique à djihadistes.

Mais les Seoud se sont engagés dans une voie bien périlleuse et ont perdu leur gambit pétrolier sans avoir avancé d'un iota en Syrie. Leurs alliés pétromonarchiques du Golfe commencent à trouver le temps plus que long, Oman ne mâchant pas ses mots à propos du comportement "irresponsable" de Riyad quant au prix du pétrole. Pire, la politique saoudienne ne marche pas :

Le boomerang syrien

La part de marché saoudienne (et iranienne) en Asie ne fait que diminuer depuis cinq ans au profit de la Russie et de l'Irak. Quand on a conscience du rapprochement spectaculaire entre Moscou, Badgad et Téhéran ces derniers mois, de l'alliance russo-sino-iranienne, des très forts liens pétroliers entre l'Irak et la Chine, de la prochaine levée des sanctions et de l'entrée de l'Iran dans l'OCS qui raviveront ses exportations, se dessine l'image d'une Eurasie énergétique intégrée, marginalisant de plus en plus l'Arabie saoudite, donc les Etats-Unis. Avec la Russie (1ères réserves de gaz au monde et 5èmes de pétrole), l'Iran (2èmes réserves de gaz et 3èmes de pétrole) et l'Irak (4èmes de pétrole), l'Asie, locomotive de l'économie mondiale, n'a plus besoin d'autres sources.

Mais revenons à nos chameaux... Non seulement les Seoud voient avec horreur et incrédulité la Syrie leur échapper mais ils ne savent plus comment sortir du fiasco yéménite. Nous avions annoncé il y a plusieurs mois que la campagne pétromonarchique se transformerait en bourbier. Nous y sommes. Tandis que les troupes de la coalition saoudo-émiratie patinent devant les montagnes du centre du pays, Al Qaeda et Daech, frères jumeaux du wahhabisme, avancent dans leur sillage. Pour une fois que l'ImMonde fait de l'information, donnons-lui la parole :

La deuxième bataille d’Aden a-t-elle commencé ? Trois mois et demi après l’expulsion des rebelles houthistes de la ville portuaire, à l’extrémité sud du Yémen, les djihadistes d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), la branche la plus dangereuse du réseau fondé par Oussama Ben Laden, abattent leurs cartes au grand jour. Après avoir participé aux combats pour libérer la deuxième ville du Yémen de l’emprise des houthistes (des rebelles zaïdites, une branche minoritaire du chiisme, issus de tribus du nord du pays), ils profitent de l’absence du gouvernement, toujours en exil et dont les troupes sont reparties combattre plus au nord, pour imposer leur loi. « Ils avancent à toute vitesse, s’alarme Maha Awadh, la directrice d’une ONG féministe, jointe sur place par téléphone. Ils menacent, ils assassinent, et personne ne réagit. Les militaires saoudiens et émiratis, qui ont contribué à libérer la ville des houthistes, sont retranchés dans leurs bases, dans le port et l’aéroport. On ne les voit jamais dans les rues. » Selon des résidents cités par l’AFP, le drapeau noir d’Al-Qaida flotte sur le commissariat de police de Tawahi, un quartier d’Aden, où les extrémistes ont organisé des parades militaires.

Attendez, attendez... Al Qaeda dans la Péninsule Arabique - ceux-là même qui ont cartonné Charlie Hebdo - a donc participé aux combats d'Aden aux côtés des Saoudiens. Ca, pour une surprise... On m'annonce dans l'oreillette que Valls, qui vient de joyeusement signer des contrats à Riyad, va déposer, hilare, une gerbe sur la tombe des satiristes.

Al Qaeda et Daech contrôlent de fait des pans entiers de territoire et font à peu près ce qu'ils veulent à Aden. Seul petit problème pour les pétromonarchiques : ces groupes veulent désormais le pouvoir et n'ont aucune intention de laisser s'installer le président yéménite soutenu par Riyad. Une nouvelle fois, les Saoudiens, atteints de paranoïa anti-chiite moyenâgeuse, ont joué avec le feu et une nouvelle fois, ils se sont brûlés. La brutale attaque de l'EI contre l'armée, hier, est là pour le confirmer... Le Yémen est bien parti pour être une zone de non-droit pendant de longues années, un abcès durable sur le flanc des Ben Seoud.

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Clara 22/11/2015 20:31

Il y a pourtant une chose assez incompréhensible. Selon le criminologue Xavier Raufer parmi les 50 plus hauts dirigeants de l’Etat islamique il n’y a aucun islamiste. Il s’agit essentiellement de généraux de l’armée de Saddam Hussein, le plus souvent laïques.
D'où ma question : cette infirmation est-elle plausible ? si oui, QUI et pour quelle raison nous fait croire le contraire ? Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Observatus geopoliticus 25/11/2015 00:24

Vous parlez de Paul Bremer, le vice-roi d'Irak après l'invasion de 2003.

manu 24/11/2015 20:07

"Il s’agit essentiellement de généraux de l’armée de Saddam Hussein, le plus souvent laïques. "

Je sais plus quel crétin général américain c'était, mais à la suite de l'agression de l'Irak par les américains, ceux-ci ont eu la bonne idée de "juste" limoger l'intégralité du reste de TOUT les corps d'armées irakiennes, mettant à la rue et sans revenu des dizaines de milliers de soldats, cadres, techniciens et leur famille.

Ceci explique cela, ce ne sont pas des islamiste, mais entre ça et crever de faim avec sa famille, le choix est compréhensible...

Observatus geopoliticus 22/11/2015 22:49

Bonsoir Clara.

Je ne suis pas spécialiste de la mouvance islamiste/salafiste mais il me semble que Xavier Raufer, qui n'est pas non plus spécialiste de la question, va un peu (beaucoup) vite en besogne. Daech est une scission d'Al Qaeda au Levant, organisation dont personne ne conteste l'existence ni l'islamisme. Nous avons les échanges musclés et typiquement fondamentalistes entre Zawahiri et Baghdadi : querelle au sein d'une même famille de pensée. A l'époque, Al Qaeda contrôle déjà un beau petit territoire, notamment en Syrie où le chaos s'est installé deux ans plus tôt. Daech ne fera que lui reprendre.
Au vu de la politique sectaire (et suicidaire) de Maliki, de l'accueil très favorable des populations sunnites, du soutien américano-turco-saoudien et de l'accord avec le Kurde Barzani pour prendre Mossoul, il n'est guère étonnant que Daech ait prospéré sur les décombres syrien et irakien.
L'extension du mouvement dans d'autres pays (Libye, Nigeria, Afghanistan) par l'affiliation de groupes locaux est révélatrice de son caractère djihadiste : qu'iraient faire des officiers bassistes laïcs de Saddam au Nigeria ou en Afghanistan ?? Ca n'a aucun sens... Que certains anciens généraux de Saddam aient rejoint le mouvement, d'accord. Mais affirmer que les 50 principaux de Daech sont des baassistes, alors même qu'on ne connaît pas grand chose à l'organigramme de l'organisation, paraît franchement discutable (pour rester mesuré).
A noter que l'anti-chiisme primaire et la volonté de soumettre brutalement tout mouvement concurrent existaient déjà du temps de l'Al Qaeda mésopotamienne de Zarkaoui avant 2006 ! A l'époque, Ben Laden et Zawahiri étaient déjà assez horrifiés de la violence aveugle de leur filiale irakienne et avaient envoyé des tonnes de courriers à Zarkaoui pour l'inciter à se calmer. En vain... Alors que les Etats-Unis étaient extrêmement mal embarqués dans ces années, les milices chiites (Sadr etc.) étant sur le point de s'allier aux divers mouvements sunnites (Armée islamique etc.) pour mettre les Américains dehors, c'est cette violence gratuite de Zarkaoui qui a servi de repoussoir et finalement divisé la résistance à l'occupation américaine. Je vois dans l'EI les dignes successeurs de Zarkaoui, ayant surfé sur ce que Zarkaoui n'avait pas : le chaos syrien.
Enfin, quand Raufer dit que Daech ne combat jamais l'armée d'Assad, c'est faux. Hassaké, Palmyre, Deir es-Zoor, route Homs-Alep, Alep même... Les contre-exemples sont nombreux.

Bien à vous

Pierre Bourdon 22/11/2015 10:27

Vladimir Poutine est un Maître aux échecs, il joue contre plusieurs à la fois et mat à tout coup. L'amateur (triple jeux) Erdogan sera mat bientôt.

kaskas 04/12/2015 21:19

Salut,

Je pense que cette lecture de la situation est faite pour compromettre Assad avec l'EI par le biais du baasisme commun à la Syrie et l'Irak. Valls à même suggéré que L'EI faisait le jeu d'Assad; et donc faut considérer qu'il s'agit de la nouvelle ligne éditoriale du pouvoir.

Clara 23/11/2015 08:03

Merci pour votre explication.

Observatus geopoliticus 22/11/2015 19:08

Cher Pierre,
comme le disait Emmanuel Todd, "il ne faut jamais défier les Russes aux échecs, c'est leur sport national".

Clara 21/11/2015 20:01

On rêve ?
" Dans un courrier officiel adressé à Vladimir Poutine, Jean-Claude Juncker suggère que des liens commerciaux plus étroits soient créés entre les 28 pays de l'Union européenne et l'Union économique eurasiatique, où la Russie joue un grand rôle.

La lettre écrite après le sommet du G20 en Turquie indique l'importance accordée par Jean-Claude Juncker dans l'entretien de bonnes relations entre l'Union européenne et Moscou, lesquelles selon lui «à [son] grand regret n'ont pas été en mesure de se développer au cours de l'année écoulée». Il a lié cette offre au progrès de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu en Ukraine.
président de la Commission européenne a également indiqué qu'il avait mandaté des fonctionnaires européens afin qu'ils étudient les options offertes à l'Union européenne de se rapprocher de l'Union économique eurasiatique."
source :https://francais.rt.com/economie/10710-juncker-lettre-poutine-economie

Observatus geopoliticus 22/11/2015 19:04

C'est sûr que De Gaulle, Clémenceau, Napoléon ou Richelieu doivent se retourner dans leur tombe. Tant de siècles de lutte pour en arriver là...

interlibre 22/11/2015 01:03

Les politiciens occidentaux à la ramasse de l'Histoire.

Observatus geopoliticus 21/11/2015 21:23

Oui, j'allais en parler aujourd'hui mais j'ai finalement opté pour le boomerang syrien. Ne vous inquiétez pas, un billet sur le sujet viendra bientôt. C'est effectivement une information qui vaut son pesant d'or.

Patr 21/11/2015 19:58

"la France du néo-conservateur Hollande se rallie. " A prendre avec des pincettes même si le vent a tourné (faire confiance à un vassal n'est jamais simple). Quant à Erdogan il ne peut dicter ses conditions qu'à Merckel ou l'Europe. La Russie la bien compris. Le retour de l'Iran sur les marchés pétroliers aura un impact sur les pétromonarchies, c'est sûr. "Qui vivra, rira".
- http://journal-neo.org/2015/08/24/erdogan-s-dirty-dangerous-isis-games/

Observatus geopoliticus 22/11/2015 19:09

Oui, Patr, le Grand jeu reste de mise. C'est une lutte à mort entre l'empire maritime et le continent-monde.
Bien à vous

Patr 22/11/2015 08:37

Bonjour Observatus geopoliticus,
Il suffisait d'en parler ; "l'Occident n'a pas l'intention d'abandonner sa politique de pressions sur la Russie" selon l'agence Reuters, qui cite une source diplomatique anonyme, (- http://fr.sputniknews.com/international/20151122/1019711211/russie-occident-sanctions.html ). A force de courber l'échine, la soumission devient un réflexe.
Cordialement

Observatus geopoliticus 21/11/2015 21:21

Bonsoir Patr.
Oui, la France se rallie temporairement. Mais, pour le président le plus néo-con de la Cinquième république, c'est déjà un pas énorme.
Quant aux relations Erdogan-Europe, je me demande si le coup de grâce à l'UE ne viendra pas du sultan lui-même. Comme vous le dites très bien, il exerce une sorte de chantage vis-à-vis de Merkel et de Bruxelles, mais les peuples européens sont plus que jamais opposés à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Si les eurocrates veulent forcer la main, le château de cartes pourrait s'écrouler au terme d'une révolte ouverte de la population.
Bien à vous.

Clara 21/11/2015 19:57

La position plus que trouble des pays de l'UE envers l'EI ne viendrait-elle pas du fait que certains pays européens soutiendraient indirectement ces barbares ? Souvenons-nous que l’ambassadrice de l’UE, Mme Jana Hyboskova, a déclaré devant une commission que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL.».
Bien sûr, très courageusement, elle a refusé de nommer les noms des pays incriminés...

Observatus geopoliticus 21/11/2015 21:16

Bonsoir Clara.
L'Occident sous direction américaine est allié de fait avec le fondamentalisme sunnite depuis 1945 et l'accord du Quincy entre Roosevelt et Ibn Seoud. Depuis, cette idylle ne s'est jamais démentie. Et comme ces deux-là ont les mêmes ennemis - URSS puis Russie, chiites, sunnites laïcs -, le mariage se perpétue et atteint son 70ème anniversaire. Cela fait 70 que l'Occident est du mauvais côté de la barrière si l'on peut dire.
Bien à vous

Bruno 21/11/2015 19:16

Il semblerait que la politique Irakienne vis à vis des Sunnites est un peu responsable de la montée de daesh. Il faut sans doute faire attention à eux avant de s'y allier et de cautionner la création d'un autre monstre
https://beerblogsite.wordpress.com/

Observatus geopoliticus 22/11/2015 19:06

Ah pardon, cher ami, je vous avais mal compris. Vous avez tout à fait raison mais je crois que les nouveaux dirigeants irakiens, conscients des bourdes de Maliki, ne referont pas la même erreur. Abadi paraît bien plus raisonnable...
Bien à vous

Bruno 22/11/2015 09:51

Cher Observatus
Je tiens à préciser que par monstre, j'entendais la création d'un autre mouvement sunnite genre Daesh après la disparition de celui-ci (qui, à mon avis n'est plus qu'une question de mois). Je ne visais absolument pas les Chiites. Par ailleurs, je voudrais vous remercier pour votre blog, une bouffée d'oxygène dans l'étouffante atmosphère créée par les médias mainstreams.

Observatus geopoliticus 21/11/2015 21:12

Bonsoir Bruno.
La politique sectaire de Maliki est effectivement responsable du bon accueil de Daech par les populations sunnites, j'en ai parlé plusieurs fois. Mais rien n'aurait été possible sans la volonté américano-turco-saoudienne de créer et aider un salafistan dans l'est de la Syrie.
Quant aux chiites, ils se font taper dessus par les sunnites depuis quinze siècles et n'ont rien d'un monstre.
Bien à vous

Patr 21/11/2015 20:01

La Russie l'a bien compris

Eric83 21/11/2015 18:07

Ces 2 liens donnent une bonne idée des "étroites relations économiques" franco-saoudiennes instaurées depuis la présidence Hollande. On comprend surtout que l'AS est grande gagnante.
Que financent les milliards investis par les groupes du CAC 40 en AS, dont certains groupes sont les sponsors de ce second forum ?
Les relations franco saoudiennes servent qui ? Le peuple français ou les intérêts du CAC 40 dont notre Valls de pacotille se fait le VRP indécent ( ses déclarations depuis Ryad contre les salariés d'Air France) ?

http://www.ambafrance-sa.org/Second-Forum-d-affaires-franco-saoudien-Seconde-reunion-de-la-commission
http://crm.e-deal.net/medef/evenement_programme.fl?id=0001000000b58e8b&SfwID=0001000000004ce7

Observatus geopoliticus 21/11/2015 21:09

Merci pour ces liens, Eric. On commerce avec le diable, et on en est fiers en plus !