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Chroniques du Grand jeu

La boîte de Pandore est ouverte au Yémen

11 Août 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

La boîte de Pandore est ouverte au Yémen

Certes, le Yémen, extrémité méridionale de l'Eurasie, n'est pas central dans le Grand jeu. Toutefois, la crise profonde qu'il traverse est un condensé de ce que l'on peut trouver à plus grande échelle ailleurs : opposition USA/Russie, Iran/pétromonarchies, sunnites/chiites, le tout saupoudré d'Al Qaeda et d'Etat Islamique... Cocktail explosif !

Nous avions laissé ce pays au moment où les Houthis chiites contrôlaient Aden qu'essayait de reprendre infructueusement la coalition pétromonarchique. Depuis, les Houthis ont reculé et perdu la deuxième ville du pays. L'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis y ont débarqué des centaines de chars Leclerc pour repousser les rebelles :

Les Saoudiens ont également, dans un silence à peu près général, envahi le pays par le nord, ouvrant un second front. La manoeuvre vise à prendre la capitale Sanaa en tenaille et faire reculer les Houthis "hérétiques" vers leur bastion du nord :

La boîte de Pandore est ouverte au Yémen

Si la Russie (plutôt favorable aux Houthis) et les Etats-Unis (très favorables à la coalition pétromonarchique) n'interviennent pas autrement que diplomatiquement, l'on peut se demander ce que fait l'Iran alors que ses protégés sont sur la défensive. L'arrêt du soutien de Téhéran était-il une condition de l'accord sur le nucléaire ? Les Iraniens préfèrent-ils utiliser toutes leurs ressources pour sauver Assad en Syrie ? Mystère, mystère...

Toutefois, si les Houthis ont clairement reculé, la situation est loin d'être dramatique pour eux. Il suffit de regarder une carte pour s'en convaincre. Les chars saoudiens et émiratis ont avancé comme dans du beurre sur terrain plat mais, comme pour le Tour de France, c'est maintenant que les choses sérieuses commencent : la montagne. Les défilés seront autant d'embuscades pour les colonnes de chars ; dans les espaces confinés, la supériorité matérielle devient toute relative.

Pour compliquer encore les choses, Al Qaeda et l'EI font des leurs. Le mouvement de feu Ben Laden (dont le père était yéménite, rappelons-le) est implanté depuis très longtemps dans le pays, notamment dans l'est, et extrêmement actif (Charlie Hebdo en sait quelque chose...) Il y a deux mois, jouant une fois de plus avec le feu, l'Arabie saoudite a envoyé des armes à Al Qaeda pour lutter contre les Houthis. Profitant du chaos, l'organisation terroriste a pris trois villes il y a quelques jours. Une nouvelle fois, Saoudiens et Emiratis (et Etats-Unis à distance !) se retrouvent dans le même lit qu'Al Qaeda, organisation qu'ils disent combattre par ailleurs. Je t'aime, moi non plus... Pas sûr par contre que les Emirats Arabes Unis, qui n'avaient jusqu'ici jamais été ambigus dans leur lutte contre le groupe djihadiste, soient très heureux à l'idée de voir cet encombrant allié contrôler leurs arrières.

Enfin, le vaudeville manquerait de piquant sans l'inénarrable Etat Islamique qui fait son apparition dans la péninsule. Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître : attentat dans une mosquée au QG des forces spéciales saoudiennes à Abha, tout près de la frontière avec le Yémen. 17 morts. Le pompier-pyromane de Riyad s'est encore brûlé les doigts...

Entre les Houthis qui vont leur faire connaître l'enfer dans les montagnes et Al Qaeda et l'EI qui vont leur chauffer le derrière, les troupes saoudo-émiraties seraient bien avisées d'ouvrir l'oeil et le bon. Bourbier en perspective ?

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DD 24/08/2015 16:23

C'est probablement vrai, l'avenir le dira, c'est sur les tanks dans les montagnes yéménites c'est pas ça ! Cf: période de 62/70 ou l'armée égyptienne n'a jamais pu vaincre ces mêmes Zaydistes Royalistes