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Chroniques du Grand jeu

Taliban, saison 16

30 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Asie centrale, #Etats-Unis

Et c'est reparti... Le mouvement taleb a annoncé vendredi le début de sa traditionnelle offensive de printemps, comme chaque année depuis qu'il a perdu le pouvoir en 2001 suite à l'intervention américaine. En Afghanistan, comme au glorieux temps de Louis XIV, on ne se bat qu'à la belle saison, les cols et routes étant bloqués par la neige de décembre à avril.

Cette année toutefois, les Taliban ont un peu triché avec leur monstrueuse attaque sur la base de Mazar-i-Sharif qui a fait au bas mot 135 morts dans l'armée afghane il y a dix jours. Cela pourrait indiquer une stratégie plus offensive que les saisons précédentes et, de fait, les militaires étrangers et les forces de sécurité afghanes seront systématiquement visés :

« Le principal objectif de l'Opération Mansouri sera les forces étrangères, leurs infrastructures militaires et de renseignement, et l'élimination de leur appareil mercenaire interne. L'ennemi sera ciblé, harassé, tué ou capturé jusqu'à ce qu'il abandonne. »

Le seigneur de guerre Hekmatyar - qui a mangé à tous les râteliers depuis quarante ans, dont le Hezb-e-Islami a des milliers de morts sur la conscience et qui est maintenant rallié au gouvernement de Kaboul - a beau appeler à l'arrêt des combats, rien n'y fait. Les Taliban ont pris le mors et ne devraient plus le lâcher. Jusqu'à la victoire finale ?

Nous avons vu que la situation était déjà critique :

Il ne fallait pas être grand clerc pour annoncer la couleur ; la dynamique du conflit et l'histoire afghane ne pouvaient qu'aller dans le sens taliban. Le retrait officiel de l'ISAF fin 2014 ne faisait qu'entériner l'échec et ce ne sont pas les quelques 10 000 militaires encore sur place qui pourront vaincre la guérilla alors que 130 000 n'avaient pu le faire au plus fort du Surge décidé par Obama.

Les forces de sécurité afghanes payent le prix lourd : 4 600 morts en 2014,  5 000 en 2015, 6 800 en 2016. Ces pertes étaient déjà qualifiées « d’insoutenables » à moyen-terme par les généraux américains il y a deux ans. Or il n'y a aucune raison que la tendance s'inverse, bien au contraire...

Les Talibans sont à l'offensive et les seules victoires dont peut se targuer Kaboul ont lieu... au cricket. Un district stratégique - Sangin - a encore été conquis la semaine dernière malgré l'infantile sauvetage de face US ("Le retrait de Sangin était prévu de longue date") et 2017 devrait voir une attaque générale des capitales provinciales.

Récemment, une agence américaine révélait que le gouvernement central ne contrôlait plus que 57% du pays. Cela corrobore plus ou moins un rapport taleb qui, loin de tomber dans la propagande habituelle de cette mouvance, est considéré comme relativement mesuré et objectif par les observateurs. Sur les 350 districts étudiés, les Talibans en contrôleraient totalement ou partiellement entre 171 (estimation basse) et 211 (estimation haute) :

Noir : contrôle total. Rouge : 70-99%. Orange : 40-69%. Jaune : 10-39%. Vert : 0-9%.

On le voit, l'avenir est sombre pour le pouvoir à Kaboul. Les Talibans sont tellement confiants de leur reprise du pouvoir qu'ils s'engagent d'ors et déjà à "protéger" les infrastructures du pays.

Peut-on imaginer une victoire talibane totale dès cette année ? Russes, Chinois et Pakistanais s'y sont plus ou moins préparés, on l'a vu. Les généraux américains sont pessimistes et, impuissants, expliquent leur défaite en accusant comme d'habitude Moscou, bouc-émissaire universel. Pour notre part, restons prudents : 2017 semble un peu juste pour voir le royaume de l'insolence tomber totalement aux mains des enturbannés. Les enclaves gouvernementales sont puissamment protégées et certaines provinces échappent encore presque entièrement aux Taliban.

Néanmoins, l'issue finale du conflit ne fait guère de doute et il sera très intéressant de voir ce que fera l'administration Trump, actuellement dans une impasse. La guerre n'est plus gagnable et coûte aux Etats-Unis 44 Mds de $ chaque année, ce qui est une hérésie pour un président obsédé, sincèrement pour le coup, par l'endettement et les gaspillages. D'un autre côté, le Donald vit par l'image et ne veut pas rester dans l'histoire comme celui qui a "perdu la guerre d'Afghanistan" et ordonné le retrait pur et simple des troupes US. Dilemme qui empoisonne chaque jour un peu plus Washington.

Le tombeau des empires a encore frappé. Après Gengis Khan (dont les hordes invincibles y avaient connu leur seule défaite et avaient dû s'y reprendre à deux fois), les Britanniques victoriens et l'Armée rouge, les Américains l'apprennent maintenant à leurs dépens...

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Monertov 01/05/2017 10:41

Que font les américains en Afghanistan ? Au delà ,peut être, des inévitables considérations géopolitique que nous décrypte si bien OG,comment ne pas s'interroger sur cet aspect ?
1-https://fr.wikipedia.org/wiki/Narco-économie_en_Afghanistan
2-https://www.topsante.com/medecine/addictions/drogue/la-consommation-d-heroine-aux-etats-unis-atteint-un-niveau-alarmant-612004
3-https://sensiseeds.com/fr/blog/grandes-banques-blanchiment-dargent-et-argent-de-la-drogue/

Je n'hésite pas à mettre ces liens en rapport également avec ,plus près de nous, l'indépendance du Kosovo arrachée à la Serbie et la création là bas de l'une des plus grande base militaire sur le sol européen,Camp Bondsteel .Et lorsque l'on sait que la mafia albano-kosovare a la main mise sur le trafic d'héroïne en Europe ........

Zuglub 01/05/2017 00:30

On entre pas si facilement en Afghanistan...

Amusant, d'ailleurs : Alexandre le Grand, lors de sa traversée de l'Hindu Kush, a vu pour la première fois la lassitude s'installer dans son armée. C'est là qu'il arrêta sa campagne contre les réfugiés hellènes, les soldats survivants de la conquêtes de l'Hellade par son père Philippe, et qui continuaient à défier le fils en soutenant les Perses puis tous les clans montagnards qu'ils pouvaient trouver pour espérer tuer le tyran macédonien. Ceux-ci sont allé finir leur vie en Chine. Alexandre descendit vers l'Inde puis retourna en Perse.

Quelques millénaires plus tard, la clique de sectes protestantes qui se disent les héritiers des Grecs passaient aussi faire un tour dans ces montagnes. Et là aussi y subirent une cuisante défaite qui s'étala dans le temps long et la lassitude. Une défaite qui marqua sans doutes leur déclin et des divisions internes violentes.

Kaboul est officiellement le tombeau des empires côtiers, le cœur de l'Earthland, un point imprenable du monde comme l'est Moscou. C'est décidé, quand la Troisième Guerre mondiale éclatera, je me louerais une grotte afghane. Ce sera sans doutes le seul endroit sûr, avec les Îles Kerguelen.

Hamilcar Barca 04/05/2017 22:21

@Delta
"autant aller sous les tropiques"
Il y a une histoire célèbre sur ce thème. Un Américain qui se projetait dans le futur, vers la fin des années 30, s'était dit:
"- la montée des dictatures et la mollesse des démocraties européennes rendent une guerre inévitable
- comme lors de la précédente, les USA vont se joindre aux Brits
- l'Europe va s'embraser et que va-t-il arriver ensuite?
- où puis je me retirer, loin de tout?
- le Pacifique est immense, il y a des dizaines d'archipels et des milliers d'îles quasi-inhabitées
-celle là devrait convenir".
Guadalcanal

LMD3014 03/05/2017 22:50

Selon certain historiens, Alexandre avais payé un chef politique de l'Inde 1000 talents d'or pour sa loyauté contre certains chefs rivaux. Il s'agit de l'équivalent de 1 milliard de dollars. 30 tonnes d'or, ou encore 60 chariots plein de trésor. Alexandre a considéré ce genre de dépenses insoutenables et décidé de retourner pour regrouper son armée. Par contre les Américains ont sûrement dépensé beaucoup plus avec un résultat moindre... et ils continuent d'essayer les mêmes tactiques!

Observatus geopoliticus 01/05/2017 23:53

@ Zuglub
Pour être tout à fait juste avec Alexandre, la lassitude de son armée était due au fait que l'expédition dérivait toujours plus loin vers des contrée inconnues après être partie des années auparavant.
C'est surtout contre les Perses dirigés par Spitamènes et pratiquant la guérilla que l'armée alexandrine eut du mal dans la zone, pas tant contre les colons grecs.
En passant, l'endroit où les soldats ont refusé de suivre Alexandre est aujourd'hui aux alentours de la frontière indo-pakistanaise, pas très loin du Cachemire mais aussi de Dharamsala où est réfugié le Dalaï Lama. Région excitante : dans un rayon de 100km, on a le bouddhisme tibétain, Ben Laden, les Macédoniens d'Alexandre, le conflit indo-pakistanais...

delta 01/05/2017 20:18

@Zuglub

à lire l'historique du pays , le coin n'a pas l'air si tranquille pour une retraite à l'abri des bombes . Autant aller dans les tropiques , dans une zone où il fait bon et où on peut cultiver 365 jours par an .

Alaric 01/05/2017 13:09

A l'époque de Ghengis Khan , Moscou était une très petite ville . Elle a effectivement été réduite en cendres par les Mongols . Elle a aussi été prise par les Tatars en 1571 et les Polonais en 1610

Kevin 01/05/2017 11:48

Le plus compliqué va être de trouver une grotte afghane avec wifi pour suivre le déroulement de la guerre nucléaire sans avoir à sortir de sa tanière ;-)
Sinon, il me semble que Moscou a été prise, brièvement par Ghengis Kahn, puis encore plus brièvement par Napoléon (mais en ruines, car Kutuzov y avait foutu le feu). Le point commun entre russes et afghans est sans doute leur jusqu'au boutisme: plutôt réduire mon pays en cendres que le laisser à l'ennemi. J'ai l'impression que cette mentalité existe aussi entre autre dans le caucase et en Iran. Même un pays aussi minuscule que la Tchetchenie a donné du fil a fait faire des cauchemars à Staline puis à Poutine, et j'ai entendu nombre d'iraniens dire qu'ils détestaient leur gouvernement autant qu'ils adoraient leur pays.

Pendule de Nwton 30/04/2017 20:09

Cher O.G.,
Comme toutes les grandes séries, on connait plus où moins les grandes lignes de la fin. Le grain de tabasco est la version à laquelle les différents acteurs retireront leurs jetons du jeu.....

Observatus geopoliticus 30/04/2017 21:42

Ha ha excellent, Pendule. Le dilemme du Donald est précisément qu'il voudrait retirer tous ses jetons de cet Afghanistan d'ors et déjà perdu, mais sans laisser l'image de celui qui quitte la table de jeux.

delta 30/04/2017 20:03

bonsoir,

" D'un autre côté, le Donald vit par l'image et ne veut pas rester dans l'histoire comme celui qui a perdu la guerre d'Afghanistan et ordonné le retrait pur et simple des troupes US "

Je ne comprends pas trop cette perception par les gens des événements dans la mesure où il me semble que les usa n'ont jamais perdu de guerre .
Que les après guerres soient mal pensés , mal gérés par les usa il est facile de le constater aux résultats . Trump est avant tout un business man , fonctionne par objectif , par intérêt . Quel est l'intérêt de l'Afghanistan aujourd'hui ?

LMD3014 03/05/2017 22:38

La guerre doit être la continuation d'une politique. Dans ces deux cas, les objectifs politiques n'ont pas été obtenus.

la grive 02/05/2017 19:49

>Delta :" pour moi la guerre d'Afghanistan avec un objectif d'origine bien définit , a été gagné dans les semaines qui ont suivi l'invasion en 2001 . Par la suite , c'est une politique de transition et de maintien d'ordre qui s'enlise aux objectifs pas très clair . Mais rien à voir avec la guerre ."
C'est l'ennui des politiques dont les objectifs annoncés divergent tant des objectifs réels. Malgré toutes les contorsions de logique des commerciaux, arrive un moment où ça ne colle plus. Tout l'enduit part en grattant. C'est généralement notre foi, notre ego et surtout notre amnésie qui les sauvent. C'est le petit miracle qui fait passer la démolition ordonnée de régions entières de notre planète pour des opérations humanitaires.

Observatus geopoliticus 01/05/2017 23:57

@ Delta
A partir du moment où les Etats-Unis, malgré leurs moyens infiniment supérieurs, n'arrivent pas à leurs objectifs, c'est une défaite, CQFD.
Au Vietnam-sud, le but était de sécuriser le pays et de préserver le régime. Raté.
En Afghanistan, le but était de sécuriser le pays et de détruire l'insurrection talibane. Raté.

Hamilcar Barca 01/05/2017 23:22

@Delta

Bonsoir Delta,
C'est la conjonction de l'inefficacité - et du coût humain côté US - de la guerre d'attrition menée sur le terrain associée, on est bien d'accord, au rejet de cette guerre de conscription par l'opinion américaine qui ont fait comprendre à la Présidence US que les USA ne sortiraient pas vainqueurs de ce conflit.

Côté Viêt-cong et NVA par contre, on ne relâchait pas la pression (notamment l"offensive de Pâques") souvent avec succès. Les,Etats Unis ont donc lancé à partir d'avril 1972 l'opération aérienne "Linebacker" de bombardements massifs. Son but était de 1) couper les lignes de ravitaillements de la NVA et du VC 2) frapper les infrastructures du Nord afin d'obliger les Nord Vietnamiens à revenir à la table des négociations.
Négociations qui n'avaient pour finalité que de ménager une porte de sortie non humiliante pour les USA, lesquels laissaient tomber "de facto" le Sud.

Par contre, on ne peut dire que les Nord-Vietnamiens et le VC ont attendu 1975 pour relancer la guerre contre le Sud Vietnam: celle-ci n'a en fait jamais cessé
https://tinyurl.com/llbkqcg

Bien cordialement

Hamilcar Barca 01/05/2017 20:34

@Chris
Bonsoir Chris,
Ayant regardé et enregistré la remarquable - et longue - interview de McNamara diffusée (je crois) sur Arte il y a qq années et intitulée "The Fog of War", je me permets de ne pas être d'accord.
McNamara parle de la conduite d'une guerre "d'attrition": puisqu'il était impossible de se confronter directement avec l'ennemi et de l'écraser, il fallait l'user et générer chez lui des pertes telles qu'il serait obligé de renoncer.
Tout le monde pense bien sûr à une guerre asymétrique et à la guerrilla Viêt-cong, mais la réalité est plus complexe.
Dès le milieu des années 60, Giap pensait refaire avec les Américains ce qui avait si bien réussi avec les Français. Il y a donc eu des chocs directs, tout à fait classiques, dont le 1er et le plus fameux a été la bataille de La Drang. Après, la vallée de A Shau, etc.
Les résultats ont été mitigés pour les deux camps:
- les Nord Vietnamiens, appuyés par le Viêt Cong, ont été obligés à chaque fois de lâcher prise après des pertes colossales, dues aux nouvelles méthodes de guerre US:
* l'usage intensif des hélicos, leçons tirées de l'expérience française en Algérie (Bigeard, Jeanpierre...)
* l'appui-feu précis à partir de batteries mobiles de 105 mm, transportées par hélico, et du quadrillage géographique de la zone de combabt.
- les Américains vainqueurs ont laissé sur le terrain bien plus qu'ils ne s'y attendaient, et ont surtout compris qu'ils n'avaient pas en face d'eux des bandes de va-nu-pieds.
Le coût politique de telles batailles est vite apparu insoutenable pour le gouvernement US.

L'acmé de ce type de confrontation a été le siège de Khê-sanh, le Diên-Biên-Phu à l'envers, où la NVA et le Viêt cong ont laissé autour de la cuvette des dizaines de milliers de morts, écrasés par l'artillerie lourde US et surtout l'USAF (jour et nuit, un B-52 apparaissait toutes les 10 mn au dessus du camp retranché, plus les actions "à la demande" de tout ce qui pouvait voler, entre porte-avions et bases de l'USAF).
Giap a failli être destitué après cet échec, et la guerre s'est poursuivie sur un mode plus classique de guerrilla, menée tant par le Viêt-cong que la NVA.

Ce qui n'a pas forcément fait l'affaire du Haut Commandement US, car l'impact psychologique et le coût humain d'une guerre asymétrique sont plus élevés que ceux d'affrontements "fermés".
La doctrine de la guerre d'attrition, déjà en place depuis qq années ("search & destroy") est devenue alors l'alpha et l'oméga de la pensée militaire US.

Bien cordialement

delta 01/05/2017 20:09

@O.G.

bonsoir,

pour moi la guerre d'Afghanistan avec un objectif d'origine bien définit , a été gagné dans les semaines qui ont suivi l'invasion en 2001 . Par la suite , c'est une politique de transition et de maintien d'ordre qui s'enlise aux objectifs pas très clair . Mais rien à voir avec la guerre .

delta 01/05/2017 19:58

@Hamilcar

bonsoir,

les américains sont partis du Vietnam pour cause de politique intérieure : Vietnamisation du conflit puis " imposé la paix" au nord Vietnam = accord de paris en 1973 . Ce n'est que 2 ans après cet accord de paix et le départ des troupes américaines , que le nord Vietnam a relancé en 1975 le conflit en envahissant le sud .

Chris 01/05/2017 18:26

Selon un rapport commandé par McNamara, ministre de la Défense US dans les années 60, le but des Américains n'a jamais été de gagner une guerre mais de détruire suffisamment le pays attaqué pour qu'il ne soit plus un concurrent, ni opposant durant des décennies !

Hamilcar Barca 01/05/2017 11:15

@Delta

"il me semble que les usa n'ont jamais perdu de guerre"

Bonjour,

Les Etats-Unis n'ont effectivement jamais terminé une guerre conventionnelle par un armistice ou une capitulation. Mais pour deux conflits asymétriques majeurs:
- le premier, la guerre de Corée, s'est terminé par un "pat" et l'armistice signé a entériné cette situation qui perdure;
- le deuxième, le Vietnam, est clairement une défaite. Quant on s'oppose bec et ongles à un pays, le Nord-Vietnam, qu'on l'écrase sous les bombes, qu'on perd 50 000 soldats avant de se replier la queue entre les jambes, laisssant son ennemi envahir le terrain chèrement défendu (le Sud Vietnam) pendant 10 ans, militairement cela s'appelle une défaite. Et toutes les arguties politiques et les accords signés n'y changent rien.
C'est ce scénario qui grosso modo va se rejouer en Afghanistan.

Bien cordialement

hoplite 30/04/2017 23:49

Trump, souviens-toi de Gandamak!

Observatus geopoliticus 30/04/2017 21:40

@ Delta
"il me semble que les usa n'ont jamais perdu de guerre."
>>> Gloups. Vietnam, Corée à moitié, Afghanistan maintenant...
"Quel est l'intérêt de l'Afghanistan aujourd'hui ?"
>>> Pour le Donald, aucun (sauf l'image qu'il laissera). Pour le système impérial, l'intérêt est considérable même s'il a perdu en acuité depuis le tournant des années 2000 : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/11/sous-le-pont-mirabeau-coule-la-caspienne.html

la grive 30/04/2017 21:39

Perdu, gagné, tout est relatif. Si une majorité d'américains ont perdu un paquet de sous dans les dernières aventures militaires du pays, d'autres s'en sortent assez bien. Déjà, une recherche sommaire indique que le président a des intérets chez Bae, Boeing, Raytheon... Tout le monde n'aura pas la même perspective sur les 59 tomahawks de l'autre jour.

Enlil 30/04/2017 19:35

Interlude comique (mais malheureusement vrai) : Le halbran à la mèche dorée Donald, sur le toit du monde a cancané, sur le ton le plus sérieux : "Je suis à la fois nationaliste et mondialiste"... Miserere...

@Yannshik : l'homme qui a failli (il avait pourtant bien commencé) transformer l'Afghanistan fut le communiste Mohammed Nadjibullah, sous l'ère Soviétique. Un récent sondage au pays de l'opium a désigné sa période de gouvernement comme la meilleure (93% !) selon le peuple afghan depuis 50 ans. Il avait tenté le sécularisme, le pluirpartisme, des réformes agraires fortes, le droit des femmes...
Avant d'être assassiné par les djihadistes aux subsides occidentales.

Les mondialistes libéraux "amis de la liberté et des droits de l'homme" et leurs séides en ont décidé autrement... Miserere bis...

Le petit Massoud ne me dit rien qui vaille à ce sujet et ce pays semble livré aux mains du malheur pour un temps qui me semble s'allonger sans cesse.

Enlil 04/05/2017 01:08

Mes sentiments sont joints à votre espérance, cher LMD, et vous avez raison d'ignorer Fukuyama et Hegel (sur ce sujet seulement pour ce dernier).

Que l'histoire suive vos aruspices, cher ami !

LMD3014 03/05/2017 20:24

Dans la poussière du temps le monde change, et aujourd'hui comme hier, peut changer très vite. Les Khwarezm étaient invincibles, 50 années et rien n'a resté de leur empire. On va voir la chute des ayatollahs, des bureaucrates chinois et même des Saouds. L'histoire prend du temps, mais contraire à ce qu'un certain "philosophe" a dit, elle n'est pas finit!

Enlil 01/05/2017 09:40

Certes point de fétichisme, mais l'on ne vit pas avec les Saoud et les Ayatollahs, on survit, ce n'est qu'une farce de la vie, surtout quand on se remémore les traits de celle révolue.

Par ailleurs, nous sommes d'accord sur l'état médical de la situation, cela parait être irréversible, quels que soient les acteurs et les idéologies, le perroquet a cessé son chant. Je ne vois pas comment la situation pourrait s'améliorer, même sur le long terme.

LMD3014 01/05/2017 02:13

Il ne faut pas faire fétiche du communisme, mais il était la seule alternative au wahhabisme et au chiisme radical. Maintenant, c'est mort, et il faut savoir vivre avec les Saoud et les Ayatollahs.

Yannshik 30/04/2017 18:25

Le Commandant Massoud avait-il une chance de transformer l'Afghanistan ?
Où et que serait-il aujourd'hui s'il était passé au travers de l'attentat ?
Lui : http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Le-fils-commandant-Massoud-sort-lombre-2016-09-02-1200786162, il peut avoir un avenir ou pas ?

Chris 30/04/2017 18:45

Diplomé du King’s College, l’une des plus grandes universités britanniques, un joli formatage occidental, non ?

Chris 30/04/2017 16:17

Titre : saison 2016.
Ne serait-ce pas plutôt saison 2017 ?

Observatus geopoliticus 30/04/2017 21:36

C'est exactement comme ça qu'il faut le comprendre, cher Dupix. 2002-2017 : 16 saisons d'une interminable série.

Dupix 30/04/2017 17:07

Depuis 2001, donc saison 16 pour l'année 2017. Je le comprend comme cela en tout cas.