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Chroniques du Grand jeu

Alep, la mère de toutes les batailles

13 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Etats-Unis, #Russie

Alep, la mère de toutes les batailles

Depuis que Russes et Iraniens sont massivement intervenus à l'automne dernier pour sauver le soldat Assad et son régime laïc, assailli par les hordes sunnito-pétromonarchiques à la sauce turco-US, les observateurs devinaient que la bataille d'Alep déciderait du sort du conflit.

Il fallait d'abord desserrer l'étau djihadiste autour des principales villes syriennes, ce qui a été fait durant les premiers mois. Désormais, 80% de la Syrie utile est aux mains des loyalistes, sécurisée, bunkerisée presque. Damas, Homs, Hama et Lattaquié sont presque aussi sûres que Paris ou Berlin.

La phase suivante consistait à reconquérir les territoires perdus. Si d'incontestables avancées ont eu lieu (Palmyre, Goutha, Qalamoun, nord de la province de Lattaquié, alentours d'Alep pour l'armée syrienne ; frontière syro-turque pour les Kurdes), force est de reconnaître que les djihadistes "modérés" si chers à l'Occident, et d'ailleurs armés par lui, ont offert une grande résistance. Comme le dit si bien l'excellente Caroline Galacteros :

L’ennemi [le djihadiste, ndlr] ne voit nulle perte dans sa propre mort. Il ne se sacrifie pas. Il saisit en mourant l’occasion d’échapper à l’égarement ou l’exploitation que lui propose la modernité occidentale. Nous devrions prendre bien plus au sérieux que nous ne le faisons ces argumentaires qui semblent délirants à nos sociétés ultra-individualistes mais portent une forme d’héroïsme désespéré mais agissant.

Les soldats d'Assad, comme le Hezbollah, les Iraniens ou les Kurdes, sont certes durs au mal et prêts à se sacrifier pour leur cause, mais ils ne sont pas suicidaires. Ils ressemblent de ce point de vue bien plus aux armées occidentales dépeintes par l'analyste qu'aux fous de Dieu capables de se faire sauter avec allégresse pour rejoindre leurs 99 vierges...

En additionnant Daech, Al Qaeda et Ahrar al-Cham, nous avons affaire à des dizaines de milliers de kamikazes potentiels, prêts à se lancer sur les lignes ennemies à bord de véhicules bourrés d'explosifs ou à mourir pour faire simple diversion. Rarement, sinon jamais, une guerre aura été menée dans ces conditions, ce qui explique la lenteur de la reconquista par les forces loyalistes.

Et pourtant, elles y arrivent, ce qui en dit long sur leur qualité de combattants... A ce propos, certains en Israël sont sans doute en train de suer à grosses gouttes quand ils envisagent le retour au Liban de cette génération de combattants du Hezbollah, aguerrie comme jamais au feu syrien. Si le parti de Nasrallah saigne incontestablement (1 500 morts ?), les gains matériels et l'expérience qu'il retire du conflit syrien pourraient asseoir encore un peu plus sa prééminence au pays du Cèdre.

En Syrie, donc, les loyalistes progressent un peu partout. L'abcès de la Ghouta, à l'est de Damas, ne sera bientôt plus qu'un souvenir si l'armée continue son avance. Notons que l'éradication de cette poche, lieu symbolique de la rébellion et lieu de la vraie-fausse attaque chimique de 2013 rappelons-le, serait un coup énorme porté au moral des djihadistes modérés et immodérés.

A Deir ez-Zor, l'armée résiste assez héroïquement à Daech depuis des années et continue d'infliger de sérieuses pertes aux petits hommes en noir qui aimeraient tant enfin réduire ce point de résistance et multiplient pour ce faire les offensives ratées. Dans la région de Palmyre, c'est plus serré, l'EI faisant preuve d'une réelle résilience. Les daéchiques y ont abattu un hélicoptère, tuant deux pilotes russes, il y a quelques jours et continuent de harceler les forces syriennes. Les bombardiers Tupolev ont dû entrer en action et déverser leur cadeaux sur les turbulents djihadistes afin de les assagir.

Mais c'est évidemment à Alep que beaucoup se joue. Les groupes rebelles, désespérés d'être pris au piège, lancent attaque sur attaque, qui échouent les unes après les autres, prélevant au passage leur quota de morts. La ville des savons se transforme peu à peu en Stalingrad où chaque bâtiment, chaque rue est l'objet d'intenses combats (c'est en russe mais les images parlent d'elles même) :

Que ce verrou du nord soit repris et c'est le début de la fin pour l'insurrection djihadiste. C'est sans doute la raison pour laquelle le Hezbollah est en train de dégarnir ses autres fronts afin de se concentrer sur Alep. Bien sûr, il restera la province d'Idlib - où les chefs d'Al Qaeda et d'Ahrar al-Cham sont d'ailleurs mystérieusement assassinés les uns après les autres - mais celle-ci est isolée du reste du pays. Son seul atout jusqu'à maintenant était d'être accolée à la Turquie, mais quid désormais de la politique d'Ankara après le diplomatiquement spectaculaire rabibochage avec Moscou ?

Car derrière les combats homériques livrés sur le terrain, de non moins shakespeariennes manœuvres ont lieu en coulisses, dont nous ne pouvons esquisser que les contours, simples béotiens que nous sommes. Une chose semble évidente : la tendance est à l'alignement du "camp du Bien" sur les positions russes et non l'inverse. Un faisceau de signes indique qu'il ne s'agit pas ici d'une diversion mais bien d'un réel retournement :

  1. Pour la première fois, Kerry, peut-être accidentellement mais en tout cas publiquement, a plus ou moins mis dans le même sac Ahrar al-Cham et Jaysh al-Islam - mouvements islamistes-salafistes que Washington ne considère pourtant pas comme terroristes - et Al Nosra et Daech. Or c'est exactement ce que Moscou affirme depuis des mois. Est-ce un feu vert tacite ? Vlad, tu as carte blanche pour bombarder ces groupes, nous ne dirons plus rien. Notez le lancinant regret du néo-con Washington Post...
  2. Déjà en avril, lors d'un point presse qui avait échappé à votre serviteur, le porte-parole de l'armée US en Irak avait reconnu qu'Alep était principalement tenue par Al Nosra : "That said, it's primarily al-Nusra who holds Aleppo, and of course, al-Nusra is not part of the cessation of hostilities."
  3. Le nouveau Premier ministre turc, mielleux comme jamais, a déclaré qu'Ankara cherchait la réconciliation avec ses voisins, y compris la Syrie ! Quant aux Saoudiens, ils brillent par leur silence depuis quelques temps (leur agonie yéménite y est peut-être pour quelque chose...)
  4. Hollande admet enfin qu'Al Qaeda est un danger.
  5. La presse occidentale, habituel porte-voix de l'empire, est à peu près muette sur l'offensive syrienne alors qu'elle aurait poussé des cris d'orfraie il y a encore quelques mois. Pire, avec six ans de retard Amnésie Amnesty International dénonce les "crimes de guerre" des rebelles modérés qui ne sont soudain plus si modérés.

Bien sûr, tout ne se fera pas du jour au lendemain, on entendra encore - de plus en plus rarement - des "Assad doit partir"... Mais le changement d'atmosphère est frappant. Assiste-t-on aux prémices d'une psy-op visant à préparer l'opinion publique au formidable retournement (de veste et d'autre chose) qui se prépare, grande spécialité occidentale si l'en est ? Les néo-cons US ont-ils été mis en échec par les éléments plus modérés ? La mutinerie des diplomates et les règlements de compte au sein de l'establishment indiquent assez clairement que les Etats-Unis ont perdu le contrôle de la situation (ou l'illusion du contrôle). Le sultan a-t-il définitivement fait une croix sur ses ambitions ottomanes syriennes ?

L'avenir apportera des réponses à toutes ces interrogations. Mais il semble que les ingérences extérieures du "camp du Bien" se feront de plus en plus rares en Syrie, ouvrant la voie à la reconquête du pays par les forces loyalistes. Place au bruit des canons...

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Nibols 18/07/2016 20:57

Bonsoir,

Excellent article, bien écrit... Bravo pour votre travail, sans compter votre dont je raffole... Hihihi

Continuez ainsi.

Cordialement

Observatus geopoliticus 19/07/2016 01:24

Merci bien, cher lecteur, c'est un plaisir.

Anym 14/07/2016 15:43

Article d'une grande qualité, nous permettant de comprendre beaucoup mieux ce qui se trame en Syrie !
Cependant, n'aurait-il pas fallu préciser, au début de l'article, que le "soldat Assad", bien que laïc, est aussi un dictateur sanguinaire, qui a fait exécuter et torturer à mort des milliers de prisonniers (Affaire des photos de l'ONU...) ?

Bozi Lamouche 15/07/2016 22:59

@anym...quand même, qui a le plus de sang sur les mains en Syrie...?? Assad ou celui-ceux là qui allument les mèches ?
A vous lire Bachar El Assad est le plus grand dictateur de l'histoire ,lui pourtant encensé et invité aux festivités du 14 juillet par Sarko...

Observatus geopoliticus 15/07/2016 19:33

En fait, vous avez un peu raison tous les deux.
Le Baath syrien n'est certes pas réputé pour sa douceur et Maer, le frère de Bachar, est considéré même par son camp comme un psychopathe. C'est d'ailleurs pour ça que la CIA a sous-traité une partie de ses tortures à la Syrie après le 11 septembre...
Mais RR n'a pas tort quand il dit que les minorités syriennes se sentaient en état de siège (pas seulement les alaouites mais aussi les chrétiens), ce qui explique la violence de la répression. Depuis 7 siècles et Ibn Taymiyya, les sunnites syriens ne rêvent que de jeter à la mer les autres minorités, pour ne pas dire génocider... A la fin des années 2000, plusieurs signes indiquaient que les pétromonarchies sunnites préparaient quelque chose en Syrie (financement de divers mouvements, d'ONG sunnites etc.) Le but : casser à tout prix l'arc chiite, faire passer le pipeline qatari (et saoudien plus tard). Les Américains s'y mettaient aussi (révolution colorée au Liban, pression sur la Syrie...), trahissant les promesses qu'ils avaient faites au régime après la première Guerre du Golfe.
Quand ont éclaté les manifestations en 2011, Assad y a tout de suite vu (à tort ou à raison) la main des Saoudiens et des Américains. Avec la mentalité d'assiégé qu'est la sienne et celle des autres minorités, le régime a surréagi, de manière brutale. Par contre, il est faux de parler de génocide comme vous le faites, revoyez la définition du mot.

Anym 15/07/2016 18:38

@RR
Je parle du génocide de milliers de prisonniers, pour la plupart des opposants politiques. Et être un opposant politique d'Assad ne signifie pas forcément l'avoir menacé de mort, certains d'entre eux, comme je l'ai dit et ne vous en déplaise, étaient pacifistes. Le voilà le génocide.

Après quoi, vous affirmez que la maltraitance et la torture sont la norme pendant une guerre.
Tout d'abord, la mort de certains prisonniers doit être effectivement due à de la maltraitance, mais je ne vous parle pas de ces morts-là, je vous parle des morts par exécution ou suite à des tortures.
De plus, depuis quand une guerre implique-t-elle nécessairement des scènes de torture ? Depuis quand, l'état de guerre autorise et justifie l'usage de la torture ? De très nombreuses guerres ont eu lieu sans qu'aucuns des belligérants n'aient eu recours la torture.

Enfin, vous nous dites qu'Assad a préféré laisser son pays dans la guerre civile plutôt que d'abandonner le pouvoir car il ne s'agissait que de sa fuite, mais de celle de toute une partie de la population. Peut-être n'aviez vous pas remarqué que cette guerre civile, dont Assad est un des principaux responsables si ce n'est le principal, a fait fuir de chez elle la moitié de la population syrienne ?

Pour finir définitivement, la question n'est pas de savoir ce que j'aurai fait à la place d'Assad dans les mêmes circonstances que lui, mais la question est de savoir ce qu'il a fait lui. Et aucune circonstance ne peut justifier un génocide, le fait de plonger son pays dans la guerre civile pour garder le pouvoir et l'usage de la torture. Aucune.

Observatus geopoliticus 15/07/2016 18:18

Vous voyez Anym, ce n'est pas Assad qui a envoyé le camion sur des innocents hier...

RR 15/07/2016 13:25

@Anym
Vous m'avez assez bien compris, sauf que votre conclusions partent en dérapage incontrôlé.

De quel génocide s'agit-il ? Comment peut-on être menacé de mort par des pacifistes ?

Ce dont je parle, c'est la mise en prison d'opposant supposé, de la torture puis de la maltraitance dû au manque de moyen (tous les moyens sont employés dans la guerre) -> malnutrition -> Maladie -> Mort.

Surtout qu'il ne s'agit pas de sauver un homme qui pourrait éventuellement s'exiler, mais un clan voir une partie de la population. A partir de là, la fuite n'est plus possible, reste la guerre totale où le pire devient la norme.

Bref, pas sûr que si vous aviez été le fils de Hafez el-Assad, alaouite dans un pays à majorité sunnite qui n'a jamais été une democratie, vous ayez fait mieux.

Il n'y a qu'à voir l'Irak post Saddam et la Libye post Kadhafi.

Anym 15/07/2016 11:58

Merci observatus geopoliticus, je comprends maintenant mieux pourquoi vous aviez précisé "laïc"

RR, donc, selon vous, le fait que ce dictateur se sente menacé, justifie l'assassinat, pardon le génocide, car c'est de cela dont il s'agit, de milliers (de milliers oui) de ses opposants politiques (et pour certains pacifistes)?
Si à vos yeux, dès que quelqu'un s'oppose à vous, sa vie n'a plus grande valeur, vous êtes au mieux fou, au pire, très dangereux. En espérant avoir mal interprété vos propos...

RR 14/07/2016 23:04

@Anym
Il faut peut-être prendre en compte le fait que quand Assad a vu débarqué sur l'Irak les troupes US, il avait une petite idée que la prochaine étape ce serait lui.
Les choses se sont tassées et suite au "printemps arabes" son tour fut venu.
Ça fait 10-15 ans que le gars sent qu'il va finir comme Saddam ou Kadhafi, il joue sa peau depuis tout ce temps avec du chaud et du froid (et son armée avec) donc oui, on peut comprendre que les vies de ses ennemies n'aient pas grande valeur.

Observatus geopoliticus 14/07/2016 20:56

Certes, mais le but de ce blog n'est pas de distribuer bons et mauvais points. Le "laïc" de la phrase n'est pas un qualificatif visant à tresser des louanges à Assad, mais à expliquer pourquoi les Russes et même les Iraniens se rangent derrière lui, tandis que les Turco-américano-saoudiens soutiennent les religieux et autres djihadistes.
Vieux fil rouge ayant traversé toute la Guerre froide pendant laquelle le monde arabo-musulman était divisé en deux : le camp nassérien, laïc et socialisant d'un côté, le camp religieux, fondamentaliste de l'autre. Les Soviétiques soutenaient les premiers, les Etats-Unis les seconds. Cinquante ans après en Syrie, rien à changé.
Quant à savoir lequel des deux camps a le moins de sang sur la main... Ce qui est sûr, c'est que les premiers sont infiniment moins dangereux pour le monde que les seconds.

Bozi Lamouche 14/07/2016 16:47

@anym vous avez raison...vous êtes de quelle nationlité ? Français ? Moi aussi..mais je ne sens pas meilleur qu'un syrien et je ne sens mes dirigeants meilleur qu'Assad quand je pense au Ruanda par exemple....et la liste est longue....

MBM 14/07/2016 16:12

@ Anym
Cela va sans dire. Mais, entre nous, qui ne l'est pas? Nous aimerions tous l'être... non? Rien que pour le pouvoir de dominer, sans écarter les à-côtés. Connaîtriez-vous un dirigeant qui ne le soit pas? Le cas échéant, communiquez-moi, je vous prie, ses coordonnées et j'irai le féliciter en personne et vous enverrai un ballotin de pralines belges. Sous le costume, se cache les mêmes attributs que chez le commun; alors qu'il fut façonné chez Pierre Machin ou Chris Veaudor ou No Belalfred comme Baraq le fritier du Potomac. La Poire sans Hélène ne garde que l'amertume des corps éparpillés en Afrique sans la magie d'oses de la Belle.

Jean 13/07/2016 20:32

Papier très détaillé, merci !

Observatus geopoliticus 13/07/2016 20:57

Merci à vous, Jean

MBM 13/07/2016 17:32

Quelle offense de comparer les Béotiens à la plèbe malformée ! Ou alors vous soutenez la propagande de cette conception-du-monde impérialiste que défendaient les Athéniens antiques (après la XIXème dynastie, les Hittites, Babyloniens, Assyriens, Perses, Chinois, Lagides) Romains, Omeyades, Abbassides, Seldjoukides, Mongols & Cie et autres épigones modernes successifs : Romains, Germains, Carolingiens, Hispaniques, Français, Bataves, Anglo-saxons. Que cette propagande ait encore cours 2500 ans plus tard est étonnant et révélateur de la grandeur spirituelle et culturelle de cette région : berceau des muses, d’Hésiode, Pindare, Plutarque. La Béotie est le réceptacle de la fondation culturelle de Thèbes (cordialement copiée de la cité égyptienne qui fut alliée à Byblos durant un millénaire) par Ogygos le Sidonien qui installa une colonie phénicienne avec dans ses bagages la légende de Cadmos à la recherche de sa sœur Europe qui voudrait qu’elle fut enlevée par Zeus avec le subterfuge du déguisement taurin (symbole totémique des peuples à l’ADN J2 : Sumériens, Minoens, Troyens, Phéniciens, Carthaginois, Andalous) ; l’abjad (alphabet consonantique) qui déboucha sur le livre et les alphabets modernes de l’Occident mais avant tout sémitique tel l’hébreu et par la suite l’arabe sans omettre l’artisanat notamment de l’ivoire (spécialité détenue sans concurrence par les lapidaires de Phénicie) et les temples de Delphes et de l’oracle consulté par tout le monde antique dans son ensemble. Tout cela s’éloigne indéniablement de l’image de brutes ignares guerroyant aux côtés des Spartiates contre Athènes, à contrario témoigne des germes de civilisation à venir. Je ne vous tiendrai aucunement rigueur d’une comparaison avec les Seldjoukides, je vous en louerais :)). Mais l'exaltation dépourvue de dignité révèle le militant même/de surcroît sous couvert d'humilité en vous incluant dans cette catégorie.

Observatus geopoliticus 13/07/2016 20:54

Décidément, cher ami, vous êtes inextinguible ha ha ha. Me voilà donc le suppôt de l'impérialisme athénien, le tigre en papier du Parthénon, l'éminence grise du retors Périclès...

Dubitatif 13/07/2016 14:45

Ghouta : Les russes semblent négocier une reddition qui ne dit pas son nom avec les rebelles du Jaysh Al-Islam pour toute la poche de la Ghouta et c'est parait il en bonne voie.

Est ce à dire que tous les rebelles vont se rendre? Jaysh Al-Islam est il le seul groupe rebelle de la
Ghouta? En tout cas, si cela s'avérait, ce sera un coup de maitre.

Par contre l'évacuation d'al Nusra de yarmouk vers Idlib et de 2000 autres en prévision des environs de al-HaJar al-Swad, étonnant et pas cool.

Observatus geopoliticus 13/07/2016 21:00

Peut-être que Jaysh, composé d'Al Nosra mais aussi d'Ahrar al-Cham sent le vent venir (je parle du lâchage des USA) et préfère négocier maintenant.
Mieux vaut Al Nosra à Idlib qu'à Yarmouk : une seule région à reconquérir et non deux.

Byblos 13/07/2016 13:56

L'auteur cite Caroline Galacteros : «L’ennemi [le djihadiste, ndlr] ne voit nulle perte dans sa propre mort. Il ne se sacrifie pas. Il saisit en mourant l’occasion d’échapper à l’égarement ou l’exploitation que lui propose la modernité occidentale».

Ceci ne manque de vérité. Mais cette motivation est surmultipliée par les effets du captagon fourni massivement par les parrains saoudiens :

http://www.slate.fr/story/108933/prince-saoudien-beyrouth-captagon

Observatus geopoliticus 13/07/2016 21:01

Ah cette fameuse histoire de l'aéroport de Beyrouth. Il se dit d'ailleurs que la sécurité liée au Hezbollah aurait joué un rôle dans cette sombre affaire, d'où la crise piquée par les Seoud (suppression de l'aide militaire etc.)

Francois 13/07/2016 10:40

Superbe analyse, un grand merci
La solution progresse doucement mais surement, les usa tournent casaque et doivent se dire qu'au final Poutine leur sauve bien la mise en fermant la boite de pandore moyen-orientale. Après il doivent le faire en ménageant leur immense orgueil...
C'est intéressant ces assassinats de leaders qaedistes et shamistes, le calife aurait-il remis en marche les hashashins (désolé pour l'orthographe) ?
Très bonne journée

Observatus geopoliticus 13/07/2016 12:01

Merci à vous, cher ami.
Oui, ces assassinats sont bien mystérieux et il est impossible pour l'instant d'en indiquer la provenance : soit Daech (votre comparaison avec les Assassins est excellente), soit peut-être plus sûrement les services secrets syriens.