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Chroniques du Grand jeu

Gazphyxie pour l'empire

4 Janvier 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Gaz, #Russie, #Europe, #Chine, #Etats-Unis

La débandade de l'empire en 2016 ne concerne pas que la Syrie, l'Europe (Brexit) ou sa propre tête (Trump). Moins médiatique mais tout aussi important est son revers dans le Grand jeu énergétique. La tentative d'isolement de la Russie est en échec et le réseau eurasien gazier se met en place, au grand dam des stratèges américains.

Le blog ayant sans cesse de nouveaux lecteurs, un petit rappel n'est peut-être pas inutile :

En plus d’être le pivot du monde, le point névralgique du globe, l’Eurasie est également terre de richesses, d’immenses richesses. Les soieries, le jade, les épices, les tapis persans ou le caviar ont été remplacés par les hydrocarbures, pétrole et gaz, principalement en Russie et autour de la Caspienne

Aussi important sinon plus que les ressources elles-mêmes, c’est leur acheminement par les gazoducs et oléoducs et le moyen d’influence qui en découle qui cristallise les tensions et les grandes manœuvres, ce que d’aucuns nomment la géopolitique des tubes. Complétant la pensée de Mackinder, un nouvel axiome est apparu : « Qui contrôle les sources et les routes d’approvisionnements énergétiques mondiales contrôle le monde. » C’est particulièrement vrai pour les Etats-Unis dont les stratèges sont conscients de l’inévitable déclin américain : le monde est devenu trop vaste, trop riche, trop multipolaire pour que les Etats-Unis puissent le contrôler comme ils l’ont fait au XXème siècle. Du Projet pour un nouveau siècle américain des néo-conservateurs au Grand échiquier de Brzezinski, une même question prévaut en filigrane : comment enrayer ce déclin, comment le retarder afin de conserver aux Etats-Unis une certaine primauté dans la marche du monde ? La réponse, qui n’est certes pas ouvertement explicitée, passe par le contrôle de l’approvisionnement énergétique de leurs concurrents. « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival », Sun Tzu n’aurait pas dit autre chose. Et c’est toute la politique étrangère américaine, et subséquemment russe et chinoise, de ces vingt-cinq dernières années qui nous apparaît sous un jour nouveau.

Les pipelines jouent ainsi un rôle crucial, leur tracé étant la matérialisation sur le terrain des objectifs stratégiques de leur promoteur. Les tubes russes sont autant de flèches visant à percer le Rimland afin de gagner les marchés de consommation européen ou asiatique. Ceux promus par les Américains courent le long de ce même Rimland et tentent d’isoler la Russie tout en contrôlant l’approvisionnement énergétique de leurs « alliés », européens notamment, pour garder un levier de pression sur eux.

Depuis des années, la bataille est épique, la Russie tentant de déverser ses hydrocarbures sur l'Eurasie, les Etats-Unis tentant de l'en empêcher. Pas timoré, Gazprom a la folie des grandeurs, planifiant/engageant de front la construction des quatre plus grands gazoducs de la planète : Nord Stream II, Turk Stream, Force de Sibérie et Altaï :

Dans ce contexte, il est pertinent de se pencher sur les déclarations d'Alexeï Miller, le patron du mastodonte gazier, à l'occasion de ses voeux de fin d'année. Gazprom se porte bien et a produit 419 Mds de m3 d'or bleu en 2016.

Les exportations vers l'Europe sont à un plus haut historique : 180 Mds de m3 dont 50 Mds pour la seule Allemagne. Le fidèle lecteur en avait d'ailleurs eu un avant-goût. Est-ce à dire que le système impérial et sa filiale bruxelloise ont échoué à isoler la Russie de l'Europe ? Rappelons que l'équation consiste, pour les Etats-Unis, à convaincre leurs junior partners européens qu'ils n'ont rien compris et que ce qui est bon pour leurs intérêts est en réalité mauvais pour leurs intérêts. Quant aux Européens eux-mêmes, on attend d'eux qu'ils fassent semblant d'y croire...

Chose intéressante, le Nord Stream existant a fonctionné à pleine capacité (55 Mds de m3), ce qui fait évidemment dire à Miller que le Nord Stream II est une nécessité pour le marché européen. Là aussi nous avions vu que le projet était sur les rails, encouragé d'ailleurs par une décision pour une fois réaliste de Bruxelles :

L'UE a fait des concessions à Gazprom il y a quelques semaines en offrant au géant russe 50% de l'utilisation du pipeline OPAL, qui court du point d'arrivée du Nord Stream jusqu'à la frontière tchèque.

L'exemption d'OPAL des règles du Troisième paquet énergétique ouvre la voie à la construction du Nord Stream II, déjà dans les tuyaux comme nous l'avions montré. Cette affaire montre surtout que le soutien européen à l'Ukraine est en train de battre sérieusement de l'aile, ce qu'admet d'ailleurs une publication néo-impériale comme Natural Gas Europe.

Les voyous de Kiev risquent fort de ne plus recevoir un kopeck de frais de transit à partir de 2020 tandis que, grâce à OPAL, les Russes pourront continuer à fournir en gaz des pays bienveillants, ceux-là mêmes qui militent pour la levée des sanctions : République tchèque, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Serbie.

Sans oublier la route sud, celle du Turk Stream, plus d'actualité que jamais malgré les bisbilles en Syrie (le Parlement turc devrait incessamment approuver le projet), et qui devrait ensuite continuer vers l'ouest et remonter vers le nord : Grèce, Bulgarie (?), Macédoine, Serbie.

Plan énergético-stratégique grandiose dans lequel les tentacules d'Octopoutine prendront complètement à revers et court-circuiteront les thuriféraires excités de l'empire - Ukraine, Pologne, Roumanie et pays Baltes.

Cette décision s'accompagnait d'un extra : la possibilité pour Gazprom d'utiliser jusqu'à 90% de la capacité d'OPAL. Dans ce qui ressemble à un chant du cygne, et profitant de l'invraisemblable bric-à-brac technocratique qu'est l'UE, la Pologne a sans surprise porté l'affaire devant la Cour européenne de Justice qui vient de suspendre la décision de la Commission européenne concernant l'extra en question. Où l'on voit que le Grand jeu se déroule autant dans les envolées lyriques d'un avocat d'affaires à Luxembourg qu'au bout d'un fusil quelque part à Alep ou Donetsk...

Cette affaire semble somme toute assez dérisoire mais elle montre que le système impérial - ou ce qu'il en reste, n'est-ce pas Donald ? - n'a pas tout à fait dit son dernier mot. Pas de quoi pétrifier Gazprom en tout cas.

Le quidam n'aura sans doute jamais entendu parler de Bovanenkovo, Ukhta ou Torzhok. Et pourtant, derrière ces noms poétiques se cachent les points de départ, intermédiaire et d'arrivée du réseau de tubes visant à faire transiter vers l'ouest les immenses richesses gazières de la péninsule du Yamal située à l'extrême-nord de la Russie :

Le doublement du réseau est en bonne voie (le tronçon Bovanenkovo-Ukhta est presque terminé), permettant le doublement du Nord Stream. Pauvre Mackinder, un pas de plus vers l'intégration énergétique eurasiatique...

Car celle-ci ne concerne pas seulement le corridor nord. Le Turk Stream est sur la ligne de départ et n'attend plus que le coup de feu : les installations en amont (stations de compression etc.) sont terminées sur le territoire russe et la pose des tubes sur le sous-sol de la mer Noire devrait débuter dans la deuxième partie de l'année.

Quant au Force de Sibérie, il suit son cours et 445 km de tubes ont déjà été posés. Lors de l'inauguration des travaux, Poutine pouvait s'en targuer : "Nous lançons le plus grand projet de construction au monde. Il n'y en aura pas de plus important dans un avenir proche". Ce chantier pharaonique - 4 000 km au coeur d'une région désolée pour un coût de 50 Mds d'euros - fait suite au contrat du siècle de 400 Mds d'équivalents dollars signé en 2014 entre Gazprom et le chinois CNPC.

D'une capacité de 61 Mds de m3, il en livrera 38 à la Chine, le reste se dirigeant vers Vladivostok... et peut-être le Japon ou la Corée ! Grise mine à Washington.

Quant à l'Altaï, Moscou et Pékin ont signé un memorandum d'entente fin 2014 mais en sont toujours au stade des discussions. Un élément pourrait toutefois accélérer le projet : l'Inde. Russes et Indiens étudient en effet la faisabilité d'un pipeline titanesque - un de plus ! - long de 6 000 km et passant par l'Himalaya. Logiquement, ce serait la prolongation de l'Altaï vers le sud.

Ce faisant, il passerait certes par le territoire du rival chinois mais, les contraintes géographiques étant ce qu'elles sont, New Delhi n'a pas le choix. Tout gazoduc, qu'il soit russe, iranien (IPI) ou turkmène (si le TAPI devient un jour autre chose qu'une chimère), devra nécessairement transiter soit par la Chine, soit par le Pakistan. Et tant qu'à faire, le dragon est moins problématique pour l'Inde. D'autant que l'ossature de l'Organisation de Coopération de Shanghai, que l'Inde (et le Pakistan) rejoint cette année, régira davantage les relations eurasiatiques à l'avenir. Les pipelines irriguant le continent-monde parrainés par l'OCS, voilà qui aurait de la gueule...

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COMPARABANQUES 24/02/2017 06:11

Une belle façon d’aborder ce sujet

Grognard 04/01/2017 20:17

Ah ah Observatus geopoliticus je vous prend la tête dans le ruck!
(Observatus geopoliticus04/01/2017 13:42)

Puisque vous ressortez "la gonfle" prenez ça en guise d'étrennes:
https://www.youtube.com/watch?v=5xHUsEq5m6Y&list=PLD3A0536E7F322DF2
Avec un petit supplément partisan:
https://www.youtube.com/watch?v=FsHBEMWLG64
Même pas honte lol.

Grognard 05/01/2017 23:08

@ Observatus geopoliticus

Oups!

On ne chante pas à Armandie ; on rugit.
La manière mon cher la manière.

Et encore un match perdu parce qu'on ne concrétise pas nos actions et cette foutue indiscipline.
J'enrage.

Observatus geopoliticus 05/01/2017 22:44

Ha ha, excellent. A quand la remontée agenaise pour qu'Armandie chante de nouveau à pleins poumons ?

Rouget 04/01/2017 20:10

Bonjour cher OG,
Toujours un plaisir de vous lire... Je me demandais simplement si vous aviez le projet de publier un livre (le livre vous l'avez déjà en tête je suppose !) ce qui serait un délice. J'ai pu lire votre article dans Conflit mais je reste sur ma faim !
Merci pour votre travail.

Observatus geopoliticus 05/01/2017 22:47

Bonsoir cher Rouget.
Un petit éditeur m'a également contacté avec dans l'idée la publication d'un livre. Le problème est que c'est du boulot... Je le sais, j'en avais déjà publié un du temps de mes études d'histoire. C'est quelque part dans un coin de ma tête mais je ne vous promets rien.
Bien à vous

Freddi 04/01/2017 19:54

Oui cher Philoupe, je suis cela de très près mais c'est loin d'être aussi évident pour le GIEC que le forçage radiatif en moins du soleil puisse compenser celui en plus du CO2 et de CH4.
Par ailleurs, le El Niño va probablement revenir en 2017 (et cela sera du jamais vu)
Quel rapport mon commentaire avec l'OTAN?

simplet 05/01/2017 19:13

Le réchauffement ? Quoi? Obama l'a dit ! C'est la faute à Putine. Prouvé par la CIA!

fb67 05/01/2017 17:57

@Madudu,

Il faut distinguer le rapport du groupe 1 (sciences) de ceux des groupes 2(conséquences) et 3 (remèdes!?!) et surtout du résumé pour les décideurs écrit par les délégués des gouvernements, qui sont du grand n'importe quoi.
Jacques Duran (pensée unique) décortique tout çà de façon remarquable, il montre que les conclusions de l'AR5 ne sont en aucun cas des annonces apocalyptiques (voir notamment http://www.pensee-unique.fr/news.html#point en date du 17/11/2014)

Quant à Meyssan, bien sûr c'est Meyssan, mais pour une fois il reste à peu près factuel dans son analyse historique, il rappelle des faits qui ne nous semblaient pas étranges à l'époque.

Bon je crois que je vais arrêter là le HS, bon réchauffement changement bouleversement chaos...climatique (rayez les termes qui ne vous plaisent pas)

theuric 05/01/2017 16:55

@Madudu,
De quelle rapidité parlez-vous?
De celle de ce réchauffement climatique anthropogénique?
Ne trouvez-vous pas étrange que ce présupposé réchauffement climatique alarmiste soit tout autant abordé par ceux-là qui, en Syrie, Libye, Afghanistan, Grèce notamment, n'ont eu de cesse que de chercher à déstabiliser le gouvernement et les peuples, et ceux qui se disent vouloir lutter contre ces déstabilisateurs?
Savez-vous au moins l'origine de cette supposition?
Et oui, je la connais, je m'en souviens, cela provient d'une double communication scientifique.
La première disant qu'il y a concordance historique entre un réchauffement climatique et la monté du taux de CO2.
La seconde, plus précise, montrant que cette remonté du taux de CO2 suivait toujours la hausse de température et ne la précédait jamais.
Voyez-vous le truc?
Saviez-vous également que notre époque est l'une de celle où ce taux de gaz carbonique est au plus bas, rarement atteinte au fil des ères et, ce, quelle que soit la température climatique de cette ère?
Et pourtant le G.I.E.C. ne semble pas aborder ce thème.
De fait, historiquement les périodes d'optimum climatique, soit chaudes, furent de celles qui virent les sociétés humaines plutôt en expansion quand, tout au contraire, celles froides furent celles où les pandémies, disettes, famines, guerres virent baisser la démographie, parfois de manière drastique.
Que vous et moi n'ayons pas en main les outils scientifiques nécessaires pour peser, en cela, en profondeur, le vrai du faux sur ce sujet, cela va de soit, en revanche il nous est loisible autant de nous instruire des faits historiques que d'observer le cheminement politique qui le sous-tend.
Ainsi est-il possible de percevoir certains événements ne pouvant que faire porter un doute légitime sur les sous-entendus que ce fameux réchauffement défend.
N'oublions pas, par exemple, ces deux journalistes météo télévisés qui furent renvoyés avec fracas de leur chaîne télés pour simplement avoir émis un simple doute sur sa validité.
J'avais lu le livre de Laurent Cabrol à l'époque, en 2008, juste après qu'il ait été viré comme un malpropre de T.F.1, et, vraiment, on ne peut pas dire que c'était de la grande provocation, c'était même plutôt prudent et posé (sur Wikipédia cette affaire est carrément tue).
Le dernier à subir le même sort, Phillippe Verdier, paraît, lui, encore plus prudent que son prédécesseur, bien que je ne peux rien dire de la teneur de son bouquin.
Cette double censure, à huit ans d’intervalle, ne vous paraît-il pas suspect?
A moi si.
Que je vous raconte une petite histoire.
J'ai fait parti, un court moment, des jeunesses communistes et ce qu'offrait le P.C. à ses jeunes recrues c'était un cours d'économie appliquée, naturellement orientée, ce qui était logique.
Quelque quarante années plus tard, j'avais rencontré des jeunes du W.W.F. et, je l'avoue par provocation mais aussi par curiosité, leur avais demandé si ils connaissaient le nom de dix arbres les plus communs ou de dix oiseaux.
Ils m'avaient répondu qu'ils en étaient incapables, bon, je suivit cela en leur montrant qu'ils ne pouvaient pas défendre réellement la cause de la nature sans en connaître un minimum des fondements scientifiques.
Comment voulez-vous que je puisse avoir une quelconque confiance en une organisation politique, ce qu'est le W.W.F., comme celle portant sur l'écologie, si celle-ci ne dispose pas, en son sein, de ce minimum de formation théorique et pratique sur ce qui fait la base de son idéologie?
Quand bien même cette formation serait orientée, ainsi que chaque écolo sache ce qu'est le chips dont est tiré le gaz et le pétrole pour pouvoir en parler, serait le moins que nous pourrions en attendre.
Et il en est de même de ceux qui nous gouverne et que nous élisons, non (qu'un ministre de l'éducation fasse des fautes de français montre le peu de cas que nos représentants font des connaissances et des savoirs)?
Mais, que ces jeunes commencent à se questionner et à s'instruire de toutes ces choses et il y a de fortes chances que beaucoup quitteraient les-dites organisations, ne croyez-vous pas?
Il est facile de clamer des slogans, tout le monde peut le faire, surtout quand la masse propagandiste ne laisse à personne le temps de respirer, il en est autant de la Syrie que du réchauffement.
En revanche, tenir des propos hors du cadre officiel ou/et populaire est bien plus ardu, tout simplement parce que l'on se retrouve seul, j'en sais quelque chose.
Mais ce n'est pas le contraire qui pose le problème, le strict inverse d'une idéologie reste, quoi qu'on en dise, de même nature que celle-ci, comme il en fut du communisme face au capitalisme.
Non, ce qui emmerde tout le monde c'est celui qui perçoit les choses de manière différente.
Qu'il ait en cela tord ou raison, le problème n'est également pas là, mais qu'il ait juste un discours discordant, ça c'est réellement déstabilisant pour la majorité des gens.
Ce qui pose de sérieuses questions sur la nature de la censure.
Que je vous dise, tout ce qui m'intéresse c'est la réalité et non pas la vérité, la réalité étant ici de concevoir ce qui est dans le moment présent (moment qui reste à définir) par l'observation empirique, la compréhension de soi et de ceux avec qui j'échange, en m'instruisant de tout ce que je peux, tout cela en sachant que je ne peux connaître, comme chacun d'entre nous, que très peu de choses sur chaque sujet, qui peut dire tout ce qui concerne une simple pomme?
Quand à la vérité, elle est le sens que nous donnons à ce que nous percevons et vivons, en cela je peux dire que ma recherche de la nature de la réalité est ma vérité.
Ce qui est, ma foi, un beau paradoxe, non?

Madudu 05/01/2017 14:24

Vous ne voyez aucune contradiction entre ce que publie le GIEC et ce que publie "Pensée unique" ? Quand à Voltairenet, ... Meyssan en plus.

Vous mélangez toutes sortes de choses non-miscibles, du bon grain et de l'ivraie !

Les scénarios proposés par le GIEC sont extrêmement alarmistes, ce n'est ni plus ni moins que du jamais vu (en terme de rapidité). Alors je ne sais pas ce qu'il vous faut pour être alarmé ^^

Si on met cette composante des changements à venir dans leur contexte ça devient juste l'enfer sur terre : épuisement des ressources énergétiques fossiles, épuisement des sols (surtout dans les pays déjà mal en point), chamboulement total de la géopolitique mondial, crise financière imminente, ... !

Freddi : le El Nino de cette année a déjà été très impressionnant, c'est à lui que nous devons la pire récolte depuis bien des décennies en France (trombes de flotte au printemps suivies, subitement, par une sécheresse qui n'est même pas encore terminée).

Il paraît que le Golf Stream a même renoncé, pendant un temps, à passer par le Golf !

fb67 04/01/2017 22:21

Et pour un historique de la 3question climatique":

http://www.voltairenet.org/article163379.html

Bon c'est du Meyssan, mais pas trop "complotiste" pour une fois

fb67 04/01/2017 22:03

Un petit conseil: arrêtez de lire libé et le monde, et d'écouter la MSM!
Lisez donc le GIEC dans le texte, il est beaucoup moins alarmiste (on peut trouver le dernier rapport en français
Et puis il y a internet: un site super: pensée unique (tout un programme!) malheureusement plus à jour depuis juillet dernier, mais il y en a d'autres

Pour l'OTAN il est déconseillé qu'ils chatouillent trop les russes, sinon coupure du robinet

philoupe 04/01/2017 17:42

Le soleil semble définitivement en panne , avec 2 années d'avance sur la fin de cycle , va pas faire chaud les 20 prochaines années, Donc Freddi pas d'inquiétude pour le réchauffement, il faut prié que les Russes ne coupe pas le gaz et éviter de les narguer, si vous pouvez prévenir les Otanistes ce serait une bonne chose!
http://www.swpc.noaa.gov/communities/space-weather-enthusiasts

Freddi 04/01/2017 14:31

Merci pour votre site que je consulte avec avidité depuis plusieurs mois.
Concernant ces grands projets gaziers que je trouve sur le plan géopolitique intéressant, je ne peux toutefois pas m'empêcher d'y voir une terrible schizophrénie au regard de l'obligation vitale de sortir rapidement des énergies carbonées vs dérèglement climatique.
Toute la planète joue au Monopoly sans se rendre vraiment compte que l'on va au désastre.
Cela fait froid dans le dos que nos gouvernants soient aussi stupides sur le moyen terme.
Continuons à faire joujou pendant que notre Planète s'apprête à nous rendre la pareil
Bonne année à vous et encore merci pour ce blog très intéressant

Grognard 04/01/2017 09:26

Bonjour Observatus geopoliticus,

Vous commencez l'année en fanfare!
Ne pas se prendre les pieds dans tous ces tubes est un tour de force.

Pour que la multi polarité prenne tout sons sens et du même coup provoque une adhésion large dans les populations ; je crois qu'il sera nécessaire que la compétition soit remplacée par la collaboration.
Il s'agit là d'un changement complet de paradigme.
Il me parait corrélé à la nécessaire redistribution des ressources.

Comme dans la dynamique de groupe une fois ce mouvement amorcé, ceux qui n'adhéreront pas suivre se feront éjecté.
Le processus est parfois violent.

Observatus geopoliticus 04/01/2017 12:22

Merci, cher Grognard.
"Ne pas se prendre les pieds dans tous ces tubes est un tour de force."
>>> Et encore, vous avez de la chance que certains aient disparu : South Stream, Nabucco...
Reconnaissons toutefois l'inventivité des concepteurs qui varient les plaisirs avec ces noms poétiques (c'est beaucoup moins le cas pour les oléoducs). Comme Pepe Escobar, Brzezinski ou Poutine, je suis accro aux pipes et leur doux nom ont bercé mes années...

Charles Michael 04/01/2017 09:24

Et bien ça parle ressources gazo-pétrolière aujourd'hui:

Matthieu Auzanneau, blog Oil Man indépendant, hébergé par l'Immonde; mais le seul à valoir de braver l'extrème souiillure de cette propagande de référence.

http://petrole.blog.lemonde.fr/2017/01/03/le-moment-de-verite-22/

Freddi 04/01/2017 20:53

Et en complément, je conseille à tous de lire son excellentissime livre "OR NOIR la grande histoire du pétrole" qui aborde cette géopolitique du pétrole depuis l'antiquité jusqu'à maintenant.

Observatus geopoliticus 04/01/2017 12:58

Merci pour le lien, Charles, et pour la pub que vous y avez faite pour les Chroniques hé hé ^^
Je ne sais pas si nous sommes vraiment au moment de vérité ; la date du pic pétrolier est sans cesse repoussée (on avait dit 2000, puis 2006, 2016, maintenant 2025) et de nouvelles réserves sont découvertes.

Eric83 04/01/2017 09:17

Le tiers des importations de gaz de l'UE provient de...Russie. Dans ce contexte, l'UE a-t-elle une solution alternative en cas de rupture des approvisionnements de gaz par la Russie ?
Il est donc clair que les jérémiades et invectives des olibrius comme Juncker, Merckel, Tusk, Schultz ou encore Hollande doivent en faire sourire - voire franchement rigoler - plus d'un au Kremlin, à commencer par Poutine.
Nous sommes vraiment gouvernés par des incompétents et des inconséquents.

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:00

Bien sûr, et cette part ne fera que monter à l'avenir avec l'épuisement des ressources norvégiennes. Les autres sources (Qatar, Turkménistan, Azerbaïdjan) sont illusoires comme ce blog l'a montré à plusieurs reprises.
Aussi, les euronouilles sont-ils pris dans un terrible dilemme : plaire au maître américain et se tirer une balle dans le pied en essayant toutefois de ne pas trop se suicider.

Euclide 04/01/2017 08:13

2 esprits se rencontrent à 1 jour d'intervalle.
Hervé LE BIDEAU site ' Propos d'un ancien du SDECE" et notre serviteur Observatus.
Titre du billet de l'ancien espion " Les conséquences de l'échec américain en Syrie ". Comme suite d'après lui, il faut s'attendre à une déstabilisation de la péninsule arabique et en particulier au Yémen.

Come dit un commentateur de ce blog ( jean) " L'année 2017 , devrait plus calme " . Tu parles Charles !

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:06

@ Euclide
Voici le lien de l'article en question : http://hervelebideau.canalblog.com/archives/2017/01/03/34759181.html
Je ne peux toutefois pas être d'accord lorsqu'il affirme que l'un des objectifs de la politique US au Moyen-Orient depuis 50 ans était un prix élevé du baril. En réalité, les objectifs ont varié. Dans les années 80, Washington a poussé l'Arabie saoudite à ouvrir les vannes pour, au contraire, faire chuter vertigineusement les cours et ruiner l'URSS. Dommage collatéral : l'Irak de Saddam, endetté jusqu'au cou par la guerre Iran-Irak, qui s'est vu obligé d'envahir le Koweït.

Charles Michael 04/01/2017 03:53

Bonne Année donc, et très bon début pour le Grand Observateur (OG en latin).

Petite addition: Rossneft aurait vendu 19% de son capital au Quatar, celui-ci en retour aurait abandonné son soutien aux coupeurs de têtes modérés. Sans doute aussi un très astucieux moyen de réconcilier beaucoup de monde et à terme peut-être de faire passer ce funèbre projet de gazoduc à travers la Syrie.
Le Quatar a d'immense ressources en gaz,l'Iran aussi, l'AS pas beaucoup.
(La France importe environ 30 % d'Algérie, 16 de Russie, 15 du Quatar, + divers )

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:15

Oui, on avait parlé de tout cela en décembre : prise de participation du Qatar, T. Rex et possible levée des sanctions... Semble rester sur le carreau l'Arabie saoudite.

Charles Michael 04/01/2017 07:12

@Hamilcar Barca,

Salutations et merci à mon tour pour les précisions sur le deal avec le Quatar et les liens avec le T Rex.
Le gaz naturel liquéfié (LNG) a l'amusant avantage de pouvoir servir à faire rouler voiture et poids lourd (comme vous savez) et en produisant beaucoup moins d'émanations polluantes que le pétrole.
Ayant de gros doutes sur la solution voiture électrique, marginale, compliquée, chère, batterie à changer tous les 5 ans, réseau de bornes d'alimentations, etc... j'ai depuis longtemps pensé qu'Anne Hidalgo (rien à voir avec nos Fiers Hidalgos) comme les Ecolos devraient en faire la promotion..

La conversion des voitures au LNG couterait environ 400/500 €.

Hamilcar Barca 04/01/2017 04:48

@Charles Michael

Bonjour et merci de cette info.
Il est assez désopilant de lire l'article de "L'immonde" sur le sujet, avec le couplet habituel sur "la Russie aux abois". Et une erreur dans le nom de la compagnie en prime!
http://tinyurl.com/gn3unx8
Ce qui est plus intéressant est de voir que le Qatar rentre au capital de Rosneft via Glencore dont il est un des principaux actionnaires. Et le descriptif de cette boîte et de son histoire vaut son pesant de cacaouettes!
Si ce ne sont pas les champions du monde des coups tordus, ils n'en sont pas loin.
https://en.wikipedia.org/wiki/Glencore
Par ailleurs, qui est le partenaire #1 du Qatar pour le gaz naturel?
ExxonMobil
http://corporate.exxonmobil.com.qa/en-qa
Doit-on rappeler qui était jusqu'il n'y a pas longtemps le patron de cette compagnie?
Rex W. Tillerson, le récemment nommé secrétaire d'Etat de D. Trump.

Si ça n'est pas un deal du type: "On arrête de se taper dessus pour faire des affaires ensemble", ça y ressemble beaucoup.
L'UE, sa morale universelle à 2 balles et ses sanctions auront une fois de plus 3 métros de retard. :-(
Bien cordialement

Alaric 04/01/2017 01:12

L'altaï pourrait il passer par l' Aksai Chin annexé par Mao lors de la guerre sino indienne de 1962 ? Les temps changent

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:18

@ Alaric
C'est même uniquement par là qu'il pourrait passer si la route chinoise est choisie ! Le pipeline pourrait permettre à terme une reconnaissance définitive des frontières sino-indiennes sous l'égide de l'OCS (pourquoi pas une restitution de tout ou partie de l'Aksaï Chin ?). La paix par l'énergie en quelque sorte...

simplet 04/01/2017 00:27

Cela fait des milliers de kilomètres à haut risque. Construire, c'est bien, mais comment les protéger?
Si une nouvelle équipe de pieds nickelés modelé façon Hussein du Potomac décide de dépasser Donald, comme le souhaiteraient de nombreux zamis zélus zaméricains, cela pourrait entraîner le monde très loin.
Faut pas oublier que la Sainte Fédération Russe a encerclé toutes les bases US/OTAN à l'insu de leur plein gré, comme dirait l'Obs ou Libé. C'est dire la proximité par drones de ces cibles potentielles.
Les légions impériales occupant bon nombre de héros dotés d'un intellect complexe ou de mercenaires modérés fiables, ce risque est bien réel.
Certainement envisagé par l'équipe de Vladimirovitch.
Mais qui peut tout prévoir?
.

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:26

@ Simplet
C'est justement le coeur de la problématique : éviter les océans où l'empire maritime peut intervenir et faire fleurir les pipes sur le continent-monde protégé par les S400 et S500 et où les Américains ne peuvent rien faire (à moins de déclencher une guerre mondiale).
Quant au Nord Stream II sous-marin, une tentative impériale de sabotage serait suicidaire pour l'environnement, donc pour l'image de Washington. Même les vassaux européens se révolteraient dans ce cas.

fb67 04/01/2017 00:14

Bonsoir,

Retour aux fondamentaux!
Merci pour cette analyse limpide qu'on serait bien en peine de trouver ailleurs qu'ici. Force de Sibérie c'est la muraille de Chine! Espérons qu'il sera plus utile...

Petite question: à part le gaz russe, qu'est-ce qui circule dans OPAL? du gaz liquéfié arrivé par tanker?

Observatus geopoliticus 04/01/2017 13:42

@ fb
En hiver, sur les terrains boueux, les équipes de rugby laissent de côté les grandes envolées à l'aile pour se concentrer sur les fondamentaux hé hé.
OPAL est presque tout nouveau (terminé en 2011) et, sauf erreur de ma part, c'est le gaz russe du Nord Stream qui y circule exclusivement. Mais une partie de ce gaz ne peut être vendu par Gazprom lui-même et c'est cette part qui est l'objet de la contestation polonaise. Bref, pas de quoi fouetter un chat...