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Chroniques du Grand jeu

Nord Stream II sur les rails ?

28 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Gaz, #Europe, #Russie

C'est le genre de petite nouvelle banale qui passe totalement inaperçue, pas même digne d'être évoquée dans les fils de dépêches des journaux. Et pour une fois, je ne les en blâme pas, car seuls les initiés peuvent comprendre la portée de l'information sur notre Grand jeu énergético-eurasiatique.

Une première livraison de tubes est arrivée dans la presqu'île de Rügen, sur la côte baltique de l'Allemagne, et il y en aura désormais 148 par jour, acheminés par trains spéciaux (chaque tuyau mesure en effet 12 mètres et pèse 24 tonnes). Vous l'avez compris, il s'agit des composants du Nord Stream II qui devraient commencer à être assemblés au printemps prochain.

Ainsi, même si aucune décision officielle n'a encore été prise, ou du moins annoncée, le doublement du gazoduc baltique semble bien parti. Comme nous l'avions prévu, la grosse Bertha a tendance à mettre de l'eau dans son gewürztraminer dès que certains intérêts teutons sont en jeu :

La perspective du doublement du Nord Stream - Nord Stream II pour les intimes - rend les pays de la "nouvelle Europe" (© Bush) chaque jour plus émotifs. L'on se rappelle les réactions hystériques lors de la construction du gazoduc à la fin des années 2000, l'inénarrable Radoslaw Sikorski, pillier néo-conservateur des Affaires étrangères polonaises, comparant même le projet au pacte germano-soviétique ! Rien que ça... Malgré l'opposition résolue des Etats-Unis, utilisant leurs créatures baltes et polonaises afin de couper l'Europe de la Russie, l'Allemagne de Schroeder avait mis tout son poids dans la bataille pour faire passer le tube.

Une demi-décennie plus tard, on prend presque les mêmes et on recommence, mémère Merkel ayant remplacé papi Gerhard. Pourtant, dame Angela aura d'abord tout fait pour crier au grand méchant ours russe. Russophobie réelle, chantage à l'or allemand entreposé à la FED américaine et dont on ne sait plus trop s'il existe encore, chantage de la NSA sur la jeunesse peu reluisante de la possible informatrice de la Stasi, ou tout cela à la fois ? Mémère a en tout cas tout fait pour torpiller le South Stream devant fournir le gaz russe aux Balkans.

Jamais à court de ressources et sachant parfaitement jauger le poids de chaque acteur européen, Moscou a fait contre mauvaise fortune (abandon des amis balkaniques qui s'étaient eux-mêmes mis dans la panade en entrant dans l'UE) bon coeur et fait à l'Allemagne une proposition que Berlin ne pouvait refuser. Comme nous l'écrivions en septembre :

"Moscou assure ses arrières en doublant le Nord Stream. Grande intelligence de Poutine qui parie sur l'égoïsme allemand ; la mère Merkel est toute pleine de paroles grandiloquentes sauf quand l'économie de son pays est en jeu. Avec le doublement du tube baltique, l'Allemagne deviendra le hub gazier d'une grande partie de l'Europe, renforçant encore sa mainmise économique sur le Vieux continent. De quoi faire réfléchir la chancelière..."

C'est maintenant tout réfléchi ; mémère ne minaude plus devant la possibilité de faire de l'Allemagne la plateforme énergétique du Vieux continent. Mais c'est là que réapparaissent nos petits geignards de la "nouvelle Europe", jamais à court de critiques acerbes contre la Russie et son gaz mais ne dédaignant visiblement pas les confortables frais de transit de ce même gaz russe. Le beurre et l'argent du beurre, comme toujours...

La Lettonie, l'Estonie, la Lituanie, la Pologne et l'Ukraine (LOL) crient au scandale et menacent d'utiliser tous les recours à leur disposition pour empêcher le doublement du Nord Stream. Là, ils risquent de tomber sur un os, mémère Merkel veillant au grain. Mein Gott, on ne joue pas avec l'économie de mein Deutschland uber alles... Encore du rififi en perspective dans les travées de Bruxelles. L'ours a déjà marqué en point en divisant à nouveau l'UE, conglomérat artificiel d'Etats aux intérêts totalement divergents. Quand au Nord Stream II, il ne devrait pas être réellement menacé vu le poids de ceux qui soutiennent le projet, mais la bataille autour du tube baltique sera intéressante.

La récente affaire du drone muni d'explosifs découvert près du gazoduc a-t-elle quelque chose à voir ? A suivre...

Ce rififi semble être derrière nous si l'on en croit l'arrivage des tuyaux sur la presqu'île de Rügen. Gazprom prendrait-il le risque de les acheter et de les acheminer sans avoir une idée assez sûre du dénouement ?

L'empire, obsédé par la perspective d'une intégration énergétique de l'Eurasie, tentera encore par tous les moyens de torpiller le projet mais ses atouts commencent à se faire rares... Et l'on catéchise plus difficilement l'Allemagne que la petite Bulgarie à propos du South Stream. Certes, notre feuilleton gazier n'est jamais à court de rebondissements, mais pour l'instant, l'image qui se dessine de plus en plus est celle-ci :

 

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Le Bigourdan 31/10/2016 15:51

Quelle pourrait encore être la capacité de nuisance de la Pologne ?

A l'origine , le projet Nord Stream 2 devait être géré par une co-entreprise comprenant Gazprom , majoritaire, et Engie, Shell, OMV, Uniper et Winterstall.

Suite à la pression de la Pologne , les partenaires de Gazprom se sont retirés en août 2016 pour ne pas être pénalisé par l'organisme de surveillance anti-monopole polonais.
Le gazoduc actuel Nord Stream 1 ne passe pourtant pas dans les eaux polonaises.

Gazprom assume donc le lancement du projet seul, au risque d'être bloqué ultérieurement.

Quelle pourrait être les possibilités légales de blocage du projet qui ne passe que par les eaux territoriales russe et allemande.Le reste du parcours se faisant par les zee (zone économique exclusive) finlandaise , suédoise et danoise sur lesquelles il n'est pas connu d'opposition à ce jour.

Quid de la position de Bruxelles ?

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:30

Le Grand jeu se joue aussi dans les salons dorés où se déroule la bataille juridico-institutionnelle. La Pologne a torpillé le joint-venture mais n'a pas voix sur le projet lui-même, soutenu par Berlin. Là, c'est le poids de la grosse Bertha au sein des institutions eurocratiques qui pèsera. Si Gazprom envoie déjà ses tubes à Rügen, la compagnie doit avoir quelques tuyaux sur la décision...

Loic 31/10/2016 12:39

Nul doute qu'on aurait fait pareil à la place des allemands.

Ah non en fait... on préfère couler nos Mistral et on préférerait saborder l'économie de notre pays plutôt que de fournir le méchant ours et froisser tonton Sam.

Yom 31/10/2016 11:05

Donc, si je comprends bien, le gazoduc pouvait passer soit par l’Ukraine et la Pologne, soit arriver directement en Allemagne via la Baltique.

Pour la France, cela ne reste t’il pas la meilleure des deux options ?

De toute façon, même en passant par la « nouvelle Europe », l’Allemagne se trouvait immanquablement sur le trajet entre la Russie et la France.

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:36

Eh oui, mon cher Yom, tout est expliqué ici : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/09/turk-stream-ou-le-maelstrom-byzantin.html
C'est la tentative US d'isolement énergétique de la Russie, s'appuyant sur les pays dits de "la nouvelle Europe", c'est-à-dire certains roquets férocement anti-russes d'Europe de l'est (j'ai bien dit "certains" car d'autres sont bien plus réalistes : Hongrie, Slovaquie, Rép. tchèque etc.)
Moscou contourne ce glacis pour joindre directement la "vieille Europe", dont les intérêts économiques sont évidemment liés à la Russie malgré la direction suicidaire prise par ses dirigeants. Mais même ceux-ci, quand on les prend par le sens du poil, sont obligés de mettre de l'eau dans leur vin (cf. Merkel)

tibidi 30/10/2016 22:09

https://fr.sputniknews.com/international/201610301028451787-fuite-documents-bundeswehr-allemagne-dependra-france/ ça n'a rien à voir, mais je trouve si drôle : une pièce d'artillerie transportée à dos de mulet par un soldat allemand prénommé ... Vincent ! bonjour les clichés ...

UnLorrain 30/10/2016 10:36

En effet,remarquable billet, j'oubliais de saluer lors de mon premier commentaire,je le fais ici.
L'accès a votre blog me fut donné chez un autre excellent blogueur,hoplite que je visite assidûment.
Cela dit mon comm ne sera qu'une simple...levée de bouclier! ;-) si j'en crois la définition de cette expression par Dutourd : Une entreprise sans effet ( comprendre sans doute dans le sens d'entreprendre a faire une chose)
Ps: je tentais ( l'exégèse ?) de cette expression du fait qu'un de vos remarquables commentateurs l'utilisait.Theuric peut-être.
Dominique,humble rustique roulier :-)

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:38

Merci, cher ami lorrain. Je plussoie : les commentateurs de ce blog sont remarquables.

simplet 29/10/2016 20:23

Faudrait pas perdre de vue que l'ami Putine est un homme avisé et qu'il aura donc recommandé à ses plombiers de poser un robinet stop de sécurité. De préférence, loin de la frontière. Dès fois que der deutsch Milka aurait des fuites ou autres velléités. Traduction: maximus russian hominem tient l'Europe pas les roubignoles.

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:39

Ha ha, excellente expression.

theuric 29/10/2016 15:00

Voilà qui change complètement les équilibres au seins de l'Europe et de l'Union-Européenne.
La Russie s'est mise l'Allemagne dans sa poche, de ce fait elle l'a stabilisée, cette seule puissance européenne plus à même de contrecarrer les folies bruxelloises, même si Mère Merkel a ses chaleurs avec ses réfugiés (avez-vous remarqué que nous ne parlons plus d'immigrés, ah la neuvlangue eurobéate).
En fait, entre ce gazoduc du nord européen et celui de Turquie, monsieur Poutine a mis la main sur ce qui fut les deux empires centraux, la Germanie et l'Autriche-Hongrie, joli coup double.
Cela en calmant l'agressivité de la Pologne, des pays Baltes et Scandinaves, moins, peut-être, la Norvège, proche, paraît-il, du Royaume-Uni.
Je vous avoue ne pas avoir vu venir ce coup là, chapeau l'artiste.
Dorénavant il y a trois blocs au sein de l'U.E., l'est composé des Balkans et des anciennes gravitations austro-hongroises, un grand nord avec au centre l'Allemagne et l'ouest européen composé de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Espagne et du Portugal, en cela la position de la Grèce et de l'Italie ne pouvant pas, pour l'instant, être assurée.
Hi, hi, hi, ça me fait presque penser à ce qu'était l'Europe en 1910.
Le royaume de sa très gracieuse majestés (ça m'amuse d'écrire ça) ne peut pas ne pas reprendre ses vieilles habitudes, soit s'allier au pays européen le plus faible, ici la France, et foutre le merdier chez les plus puissants, la Germanie (ce qu'il y a de pratique avec l'Angleterre c'est qu'il est possible de lui trouver tout plein de synonyme) et l'Union-Européenne.
Ce que la perfide Albion sait très bien faire.
Chez nous, vu l'équipe de bras cassé qui nous gouverne, hormis un Hollande qui aura tout compris mais ne dira rien et en fera encore moins (bel exploit)(dire que je fus comme ça d'antan), nous naviguerons à vu comme un bouchon balloté au gré du vent et des marées.
En fait, tout cela forcera ces quatre pays ouest-européens, plus tard, à se tourner à l'international et à recomposer leurs liens anciens, parfois même très anciens, commonwealth pour le Royaume-Uni, Amérique-du-Sud pour l'Espagne et le Portugal et vers l'Afrique pour la France.
Ces quatre mousquetaires ne pourront pas se tourner pleinement vers la Russie, ni de ce fait vers la Chine, ne leur restera plus, si je puis dire, que l'Inde, l'Australie, le Japon et le Brésil.
Ceci en prenant en compte le fait que le pays d'outre Manche (ouf, un nouveau synonyme) aura rapidement besoin de ses voisins et ne supportera pas l'hégémonie germanique.
En prenant en compte aussi le fait que les États-Unis-d'Amérique se retrouve, lors de ces actuelles élections, en plein désarroi, pas seulement économique, loin s'en faut, bien que déjà fort mal en point, j'ai calculé sur mon blog que le nombre de chômeur y serait d'au-moins 40%, une paille (un de ces quatre, je vais faire la même chose pour notre doulce France, pays de la poule-au-pot et de la récurrence des élites décrépites).
il y a aussi les petites incartades de l'hyllarante clintonnienne, diffusées sur internet, qui, de ce que je viens d'en lire, déstabiliserait quelque peu le doux pays de Tonton Sam, le F.B.I. en rouvrirait même le dossier qu'il se dit.
Sans compter l'industrie mondiale, les bourses, les monnaies, les banques qui continuent de péricliter et là c'est vraiment, pour le coup, le radeau médusien.
Enfin, bref, cette histoire de tuyauterie russe est pour nous du pain béni, ça va forcer les britanniques à flinguer, ou simplement achever l'Union-européenne, ça va aussi torpiller les accords commerciaux outre-Atlantiques, refermer la Germanie sur elle-même et ses proches voisins, nous obliger à nous tourner vers les lointains horizons, et franchement nous en avions besoin et enfin à nous démerder seuls avec nos proches voisins sans que nous ayons à nous encombrer de bons et gentils conseils, d'où qu'ils proviennent.
En fait, tout cela est parfait, je ne saurais en dire plus, enfin, presque.
Oui, bon, je sais, je suis bavard, gamin on m'avait surnommé Pipelette, et encore, j'écris et ne parle pas, mais que voulez-vous, le monde est si vaste et mystérieux, et il y en a tant à dire...

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:40

Ne nous emballons pas, cher Theuric, et je rejoins Grognard : rien n'est joué encore et on ne peut pas affirmer que Moscou a mis Berlin dans sa poche...

Grognard 30/10/2016 23:32

Bonsoir theuric,

Intéressant votre propos sur les blocs.
En fait si les "dirigeants" si mal éclairés (mais que fait EDF ; à moins que vous ne préfériez que l'on écrive que s'ils ont couché à l'église, ils n'ont pas volé le St Esprit).
Je postule depuis longtemps que la construction européenne aurait du s'appuyer sur 3 piliers, l'europe de l'ouest, les pays de la CEI et ceux de la mittle europa justement.
Au-dessus là on pouvait mettre une instance de régulation et d'harmonisation.

Par contre lorsque vous écrivez:
"La Russie s'est mise l'Allemagne dans sa poche"
Là j'avoue que je suis beaucoup plus réservé.
Je n'ai pas mis les pieds de l'autre côté du Rhin depuis belle lurette.
Alors disons que je vous accorde une sorte de bénéfice du doute.
Le teuton étant ce qu'il est: chat échaudé........

Euclide 29/10/2016 13:50

Erratum : je voulais dire que personne ce crèpre le chignon sur ce site
Encore merci..

Euclide 29/10/2016 13:45

Mon cher Observatus.
Ce qui est à souligner sur votre blog ou forum est que personne ce crépage le chignon comme sur d'autres forums. Ce qui prouve une certaine maturité des participants.
Au passage, vous ne subisse pas le changement d'horaire en France ?

Observatus geopoliticus 02/11/2016 13:42

Je ne puis qu'être d'accord avec vous, cher Euclide. Commentateurs de haute volée, courtois, pertinents. Que demande le peuple ?

LMDB 29/10/2016 10:12

Remarquable article, comme d'habitude.
Une précision néanmoins : le gewürztraminer teuton s'écrit avec un un tréma sur le "u", l'alsacien n'en a pas... mais ça ne veut pas dire moins bon.

Kevin 29/10/2016 11:56

Le truc amusant, c'est que le gewürztraminer est un vin alsacien mais le cépage est d'origine... italienne! Du village de Tramin, dans le Tyrol italien (germanophone). "Gewürz" signifiant épicé en allemand.

Observatus geopoliticus 29/10/2016 11:17

Ah, je me disais aussi. A moins qu'Angela ne veuille reprendre l'Alsace-Lorraine, elle boira donc du gewürztraminer...
Merci, c'est corrigé.

Euclide 29/10/2016 08:14

@ Zuglub
Ok, vous en avez sous le pied des connaissances énergétiques que vous expliquez très bien dans votre post Mais vous semblez oublier que l'agrochimie actuelle est à la base de pétrole depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.
En clair, l'Europe est dépendant du pétrole jusqu'à la nouvelle révolution agrobiologique. Et combien de temps, cela prendra ? Car, si la technique des OGM est géniale, elle n'est pas au point.
Quant' au gaz, mise à part le chauffage ou la cuisson , à quoi sert' il ?

Zuglub 29/10/2016 14:27

C'est vrai pour le pétrole, merci de me le rappeler.
Pour ce qui est du gaz...

Madudu 29/10/2016 13:36

Au temps pour moi, vous avez raison cher Simplet !

Je me demande d'où je tiens ça, et je n'ai jamais pris la peine de vérifier ... mea culpa.

simplet 29/10/2016 13:13

@ Madudu

Agros signifie champ en grec ancien, étendu à la campagne, nature en général et est l'origine du mot latin ager.

wawa 29/10/2016 13:08

rappel de chimie :
CH4+H20 => H2 + CO2
.
H2+N2 => NH3
.
NH3 + O2 => HNO3
.
HNO3 + NH3 => NH4N03 (ENGRAIS)
.
en mieux expliqué:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A9d%C3%A9_Haber
HNO3 + TOLUENE => TNT (EXPLOSIF)

wawa 29/10/2016 12:59

@zorglub
"Mais vous semblez oublier que l'agrochimie actuelle est à la base de pétrole depuis la fin de la 2ème guerre mondiale".

les pestcides et les tracteurs sont certes a base de pétrole, mais les engrais azoté sont fabriqué a partir du gaz naturel. et c'est pas des petits volumes. Le gaz nat c'est pas que chauffage et cuisson, c'est aussi la bouuffe

rappel de chimie :
CH4+H20 => H2 + CO2
H2+N2 => NH3
NH3 + O2 => HNO3
HNO3 + NH3 => NH4N03 (ENGRAIS)
HNO3 + TOLUENE => TNT (EXPLOSIF)

Madudu 29/10/2016 11:58

Le méthane (CH4) sert notamment à produire le plus important de tous les intrants agricole, l'ammonium (NH4⁺), à partir du N2 de l'air. Le méthane fournit à la fois l'énergie et l'hydrogène.

A partir du NH4⁺ on produit ensuite les autres composés azotés de synthèse, comme l'urée ou les nitrates.

Avec du gaz on peut aussi, tout simplement, produire de l'électricité. C'est avec elle qu'on fait tourner toute l'industrie, quand même ! Sans compter tout le reste. D'ailleurs le gaz permet de gérer en partie les énergies dites renouvelables, qui sont une petite salo---rie sur un réseau électrique à cause de leur intermittence.

Le secteur agricole en France n'est pas plus dépendant du pétrole que le reste de l'économie. Il en a besoin, comme le reste de l'économie, pour les transports et la mécanisation en plein-air. Exactement de la même manière que dans la construction, par exemple.

Les OGM sont interdits en France (pour de vrai) en dehors des usages destinés à la recherche. C'est une technologie relativement limitée en réalité, qui sert essentiellement à produire des variétés résistantes à certains herbicides (le glyphosate par exemple) ou à certains ravageurs (la pyrale du maïs, par exemple).

Le problème de ces caractères monogéniques c'est qu'ils confèrent un avantage peu durable sur l'environnement : les mauvaises herbes finissent toujours par devenir elles aussi résistantes à l'herbicide, et les ravageurs contournent rapidement les résistances monogéniques (souvent en moins de 5 ans).

En plus ces caractères n'ont pas nécessairement besoin de la technologie OGM pour être obtenus (certains oui, d'autres non), il existe d'autres voies de sélection/fixation, légales en France.

Il s'agit donc d'une technologie de court terme, rien de plus. Et le "gène de résistance à la sécheresse" ça n'existe pas ! En fait la voie OGM n'a aucun intérêt dans l'amélioration des caractères agronomiques, elle ne permet que de travailler sur des choses extrêmement simples.

En passant "agrobiologique" ça n'existe pas, par convention on ne peut pas former des néologismes en mélangeant des racines grecs et latines, entre les deux il faut choisir : pur grec ou pur latin. "Ager" c'est du latin, "logos" c'est du grec (et "bios" aussi).

Quand à ceux qui se revendiquent de cette chose qui n'existe pas (les Bourguignon, pour ne pas les nommer), ils racontent n'importe quoi. Si le sujet vous intéresse cherchez plutôt du coté de Frédéric Thomas, Matthieu Archambeaud, Lucien Seguy, Paturesens, ...

simplet 29/10/2016 11:16

@ Cher Euclide,

"Quant' au gaz, mise à part le chauffage ou la cuisson , à quoi sert' il ?"
1- A dissimuler les consommateurs de flageolets.
2- Plus sérieusement, cuisson et chauffage( la base dans la pyramide vitale de je ne sais plus qui) mais aussi à produire de l'électricité, la bonne fée de l'activité économique humaine.

Zuglub 29/10/2016 01:22

Cher Observatus, j'ai tout de même un peu de mal à saisir l'ampleur des enjeux du gaz. Surtout dans un Europe qui développe -en Allemagne, c'est fou ça- des réacteurs nucléaires à fusion et où les milieux scientifiques commencent à esquisser l'ébauche de la première étape d'une pré-réflexion en amont sur l'exergie, concept novateur depuis 1873 -défense de rire- qui permettrait de révolutionner notre perception de la consommation énergétique et de réaliser des économies dont les superlatifs font défaut pour les décrire.

En d'autres termes, j'ai le sentiment que l'Europe est engagée pour les prochaines années/décennies dans la voie de l'indépendance énergétique via le nucléaire 2.0.

Ceci dit les conneries de certains écolojard qui seraient incapables d'expliquer les différences entre nucléaire à fission, à fusion et au thorium et préfèrent rassembler tout ça sous une étiquette n'aide pas. Mais bon.

De fait, si c'est effectivement le cas de figure le plus probable -et j'admet que mes opinions obscurcissent largement ma vision sur ce point- la stratégie russe est vouée au court terme. Elle s'exposerait donc à une incapacité de solidariser les baronnets derviches de la péninsule Ouest de l'Asie autour de la carotte saveur méthane. À moins que les pipes et les pipes ne soient que des tremplins à court termes qui lui permettront de générer un lever de boucliers contre la fusion/thorium comme elle l'a faite pour le gaz de schiste. Et vu comment l'Europe a préféré sauver ses parcs naturels plutôt que d'illusoirement -Michigan, ô Michigan si tu m'entends...- doper son économie, on peut raisonnablement supposer que, bien que la fusion/thorium soit le futur, le guépéou médiatique eurocrate soit capable en un tour de main de convaincre le français moyen que l'énergie du XXIIe siècle tue l'environnement, rend les enfants malformés, attire le mauvais œil et fait pleuvoir les sauterelles. Déjà qu'ils y arrivent sans problèmes sur les OGMs.

Kevin 29/10/2016 12:38

@Zuglub: le seul projet de fusion nucélaire est le projet d'ITER, près de Marseille, auquel participe l'immense majorité des pays développés (UE, US, Japon, etc.). C'est un réacteur experimental, et si les essais sont concluants, la construction d'une vraie centrale à fusion pourrait débuter au mieux en 2050... Autant dire pas pour tout de suite.
Quant au Thorium, c'est un hoax. C'était l’œuvre d'un designer qui a imaginé une voiture futuriste qui fonctionnerait au "Thorium", car le nom sonnait cool. Donc pour l'instant, et encore pour longtemps, le nucléaire, c'est la bonne vieille fission, comme il y a 50 ans, mais avec une meilleure efficacité (on pourrait comparer ça aux voitures qui fonctionnent sur la même technologie qu'il y a 50 ans, mais consomment 10x moins de carburant).
Donc l'énergie alternative aux énergies fossiles et nucléaires, c'est uniquement le solaire, l'éolien, l'hydraulique et le géothermique. Donc qui contrôle les mines d'uranium et de charbon, les puits de gaz et de pétrole et leur acheminement contrôle le monde.

Madudu 29/10/2016 12:33

[...] "les milieux scientifiques commencent à esquisser l'ébauche de la première étape d'une pré-réflexion en amont sur l'exergie" [...].

Si j'en crois wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exergie

, ce terme ne renvoie qu'à un concept de thermodynamique. Où est le rapport avec vos propos ? Ce a quoi renvoie ce concept (la partie potentiellement valorisable d'une quantité d'énergie au cours d'une transformation) est déjà largement employé et connu, et n'ouvre la voie à aucune "révolution".

Au contraire, ...

Je pense que devriez davantage fouiller les sujets que vous évoquez, pour mieux en cerner les limites et les problématiques réelles. En l'état vos propos sont d'un scientisme un peu affligeant, je trouve.

Observatus geopoliticus 29/10/2016 11:21

Mon cher Zuglub,
cela fait presque des siècles (en caricaturant un peu) que les scientifiques nous disent "ça y est, j'ai trouvé une énergie alternative aux hydrocarbures". Ca fait des siècles qu'on attend...
Le gaz est maintenant encore plus prisé que le pétrole car bien moins polluant. Dans le Grand jeu, l'or bleu titille maintenant l'or noir.

simplet 28/10/2016 20:45

Un pas de plus vers la Mitteleuropa à laquelle nos meilleurs ennemis n'ont jamais renoncé ? Et la corollaire extension d'ostpolitik dont le premier pas vers l'Ukraine fût discrètement soutenu par der deutsch Milka?
C'est l'occasion. Grande-Bretagne contrainte d'isolement par le politburo européen à la solde frau Angela , France pour le moins fort affaiblie et plus attentive aux événements africains et servir les u.s. au moyen-orient pour redorer le blason du meilleur président qu'à veiller ses intérêts européens. Les conditions sont au plus haut pour le IVème Reich.

simplet 29/10/2016 00:41

Cher Madudu,
La notion de la race blanche et des undermenschen a été ajoutée par Hitler à cette idée de Mitteleuropa qui était déjà dans l'esprit de Ludendorff et je crois même avant Bismarck. Tout comme l'ostpolitik. L'extension est leur obsession, sous les conditions évoquées avant.

Madudu 28/10/2016 23:30

L'UE n'a-t-elle pas toujours été une tentative avouée de IVe Reich ?

La vieille idée d'un Empire européen de Lisbonne à l'Oural, peuplé par les seuls races blanches, toutes christianisées et seules authentiquement civilisées ...

Contre le moyen-orient, contre le judaïsme et la race juive, contre l'Asie, ... contre tout ce qui n'est pas issu de la partie occidentale de l'Empire romain, en fait.