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Chroniques du Grand jeu

D'Ukraine et d'Afghanistan

22 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Ukraine, #Etats-Unis, #Russie, #Asie centrale

Parmi les nombreux enseignements du sommet des BRICS à Xiamen début septembre, il est une perle que nous n'avions pas rapportée. De la bouche même de Vladimirovitch :

Interrogé sur l'éventuelle décision américaine de fournir des armes létales au régime de Kiev, Poutine a répondu en termes délicieusement ambigus que les républiques autoproclamées de Donestk et Lugansk pourraient à leur tour vendre des armes sur des théâtres d'opération où les Etats-Unis sont présents. Traduction : Si vous armez l'Ukraine, nous armons les Talibans. Mauvaise nouvelle pour Washington qui a justement décidé en août l'augmentation (légère, soyons justes) du contingent militaire dans le Royaume de l'insolence...

On se demande d'ailleurs ce que ces 3 900 soldats changeront alors que la guerre afghane est plus ou moins perdue pour l'empire comme nous l'expliquions au printemps :

Peut-on imaginer une victoire talibane totale dès cette année ? Russes, Chinois et Pakistanais s'y sont plus ou moins préparés, on l'a vu. Les généraux américains sont pessimistes et, impuissants, expliquent leur défaite en accusant comme d'habitude Moscou, bouc-émissaire universel. Pour notre part, restons prudents : 2017 semble un peu juste pour voir le royaume de l'insolence tomber totalement aux mains des enturbannés. Les enclaves gouvernementales sont puissamment protégées et certaines provinces échappent encore presque entièrement aux Taliban.

Néanmoins, l'issue finale du conflit ne fait guère de doute et il sera très intéressant de voir ce que fera l'administration Trump, actuellement dans une impasse. La guerre n'est plus gagnable et coûte aux Etats-Unis 44 Mds de $ chaque année, ce qui est une hérésie pour un président obsédé, sincèrement pour le coup, par l'endettement et les gaspillages. D'un autre côté, le Donald vit par l'image et ne veut pas rester dans l'histoire comme celui qui a "perdu la guerre d'Afghanistan" et ordonné le retrait pur et simple des troupes US. Dilemme qui empoisonne chaque jour un peu plus Washington.

Le tombeau des empires a encore frappé. Après Gengis Khan (dont les hordes invincibles y avaient connu leur seule défaite et avaient dû s'y reprendre à deux fois), les Britanniques victoriens et l'Armée rouge, les Américains l'apprennent maintenant à leurs dépens...

Devant l'inexorable avancée talibane, le gouvernement afghan et son parrain américain pourraient curieusement, et en désespoir de cause, faire leur une stratégie à la Bachar. A partir de 2012, face à la montée des groupes modérément modérés et au morcellement du territoire syrien, Damas avait renoncé à assurer la sécurité sur la totalité du pays pour se concentrer sur les axes/villes importants, laissant le reste aux djihadistes qui n'allaient d'ailleurs pas tarder à s'entre-dévorer.

Cela fonctionnera-t-il en Afghanistan ? Rien n'est moins sûr... Contrairement aux "rebelles" syriens, les Talibans sont unis et mus par la certitude de leur légitimité nationale. S'ils ne reçoivent pas d'aide extérieure, Kaboul n'en reçoit pas plus (l'appui américain ne représente qu'une parcelle de l'énorme soutien irano-russe dont Assad a bénéficié). Si en plus le Kremlin - "les républiques de Donetsk et de Lugansk" pour reprendre le langage diplomatique de Poutine - menace maintenant d'armer les Talibans...

On comprend dans ces conditions que Washington se sente une soudaine envie de "coopérer" avec Moscou en Afghanistan, ce qui n'a pas manqué de provoquer les sarcasmes de la diplomatie russe :

« Les sanctions, ce sont les Américains qui les ont introduites. Vous devez les lever si vous voulez coopérer avec nous »

Quant aux livraisons à Kiev, auxquelles le Donald semble naturellement opposé, c'est le flou le plus total. Toujours pas d'armes létales avait affirmé Mattis fin août, contredit maintenant par Chocochenko mais qui parle seulement de radars de DCA et de surveillance en mer (l'abominable Poutine des neiges préparerait-t-il une invasion amphibie ?) La rencontre entre les présidents des deux pays en marge de l'Assemblée générale de l'ONU n'a pas apporté plus de réponses.

Comme si elle n'avait pas assez de problèmes, la junte post-Maïdan est d'ailleurs confrontée à une nouvelle difficulté, inattendue (ou presque) : l'inénarrable Saakachvili refait des siennes. L'ex-gouverneur d'Odessa, dépossédé de sa nationalité ukrainienne après l'avoir été de la géorgienne, poursuivi un peu partout par la justice, s'est lancé dans une croisade personnelle contre son ancien ami Poroclown. Comme au Moyen-Orient, comme partout, les pions de l'empire refluant se déchirent et l'imMonde en perd son latin :

Le danger n’est évidemment pas comparable, mais le parallèle est frappant : défié depuis trois ans sur sa frontière orientale, où les séparatistes du Donbass soutenus par la Russie sont en terrain conquis, l’Etat ukrainien a subi un nouveau coup à son autorité et à sa crédibilité, dimanche 10 septembre, à plus de 1 000 km de là, sur sa frontière avec la Pologne.

La traversée du poste-frontière Medyka-Cheguyni par Mikheïl Saakachvili, dimanche 10 septembre, relève en partie du Grand-Guignol, indissociable de la stratégie du coup d’éclat permanent de l’ancien président géorgien (2003-2013) devenu opposant au président ukrainien, Petro Porochenko. Emportant à sa suite des dizaines de journalistes, des centaines de partisans et des soutiens aussi divers que la très populiste ancienne première ministre Ioulia Timochenko ou le député libéral et réformateur Mustafa Nayyem, M. Saakachvili a joué toute la journée à cache-cache avec les gardes-frontières ukrainiens.

En train, en bus, à pied, M. Saakachvili a tout tenté pour mettre à exécution sa promesse de rentrer en Ukraine, un mois et demi après la décision des autorités de Kiev de le priver de sa nationalité et de son passeport ukrainiens. C’est finalement dans la confusion et dans un climat de violence – certes limitée – que l’opération s’est achevée, lorsque les partisans de l’ancien président ont pris d’assaut le cordon de gardes-frontières déployé face à la frontière polonaise au prétexte d’empêcher l’accès à une route prétendument minée.

L’image de ces policiers bousculés, qui a tourné en boucle sur les sites ukrainiens et étrangers, est aussi désastreuse pour Kiev que le fut la décision, fin juillet, de priver « Micha » de sa nationalité ukrainienne, accordée en grande pompe en 2015 au moment de sa nomination au poste de gouverneur de la région d’Odessa. Le prétexte invoqué, celui d’irrégularités dans son dossier, n’avait trompé personne : la décision visait à écarter un rival.

Depuis, il vilipende régulièrement le gouvernement et l'accuse, à raison connaissant le panier de crabes ukrainien, de tous les maux. A Moscou, certains sont morts de rire...

En tacticien hors pair, c'est le moment que choisit le Kremlin pour lancer une proposition sous forme de bombe, qui n'étonnera cependant pas le fidèle lecteur de nos Chroniques : le déploiement de casques bleus dans l'est de l'Ukraine, le long de la ligne de front. Poroclown ne s'y trompe pas, dénonçant « la volonté de la Russie de légaliser la situation et de geler le conflit à jamais ». Nous expliquions cette stratégie il y a déjà plus de deux ans, parfois dans l'incompréhension générale non seulement de la presstituée officielle mais aussi de nombre de sites d'info alternative :

11 mai 2014 : Poutine ne reconnaît pas le référendum séparatiste du Donbass

C'est l'une des clés permettant de comprendre la stratégie de Poutine en Ukraine et pourtant, elle n'est jamais relevée. Et pour cause ! Ce serait revenir sur plus d'un an de désinformation systématique de nos faiseurs d'opinion qui se rengorgent sur le "danger russe" et "l'invasion russe de l'Ukraine" (alors qu'un môme de 5 ans pourrait comprendre que si la Russie voulait vraiment conquérir l'est ukrainien, ça aurait été torché en cinq jours, certainement pas un an et demi). Comment expliquer que Poutine n'a pas reconnu le désir d'auto-détermination des séparatistes pro-russes du Donbass si l'on affirme dans le même temps qu'il cherche à annexer le Donbass ? Aïe, voilà un os pour nos propagandistes en herbe... Alors on évacue purement et simplement l'une des deux contradictions. Ce faisant, on condamne le public à ne rien comprendre à ce qui se passe là-bas.

Petit retour en arrière.

Après le putsch, le nouveau régime au pouvoir à Kiev est pro-occidental et, suivant le désir de ses parrains américains, veut prendre le chemin de l'OTAN (plus que de l'UE d'ailleurs, ce qui montre l'imbécilité des dirigeants européens, bonnes poires dans toute cette affaire). A Moscou, on tremble. Perdre la base navale de Sébastopol, verrou stratégique de la Mer noire et ouverture sur la Méditerranée, pire, voir cette base devenir américaine ! Et voir l'OTAN s'installer aux portes de la Russie, alors que promesse avait été faite en 1991 à Gorbatchev que l'alliance militaire n'avancerait pas vers l'Est. Impossible... La réaction de Poutine sera fulgurante (notons qu'il est en réaction dans toute cette affaire, pas en expansion) et se fera sur deux axes :

- récupérer la Crimée et la rattacher à la Russie.

- créer un conflit gelé en Ukraine même, paralysant Kiev et l'empêchant d'entrer dans l'OTAN.

Le premier volet est connu, inutile d'y revenir en détail. Un Khroutchev passablement bourré avait donné la Crimée à l'Ukraine d'un trait de plume, un soir de beuverie de 1954. Depuis la dislocation de l'URSS en 1991, la Russie louait (cher) la base de Sébastopol, accord qui était toujours susceptible d'être remis en question quand un gouvernement pro-US arrivait au pouvoir à Kiev. Suivant l'exemple occidental au Kosovo, Moscou a pris le prétexte (d'ailleurs réel) du droit à l'auto-détermination des peuples pour organiser le référendum de rattachement à la Russie. Apparemment, les Criméens ne s'en plaignent pas trop.

Mais c'est surtout le deuxième volet qui est intéressant. Poutine n'a aucune intention d'annexer l'est ukrainien, bien au contraire : son but était de créer un conflit gelé à l'intérieur des frontières ukrainiennes. Selon la charte de l'OTAN, un pays ayant un conflit ouvert ou gelé sur son territoire ne peut faire acte de candidature. Et ça, on le sait parfaitement à Moscou. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le cas de figure se présente. Trois pays de l'ex-URSS ont, sous la direction de gouvernements formés aux Etats-Unis, fait mine de vouloir entrer dans l'organisation atlantique : Géorgie, Moldavie et Ukraine. Moscou a alors activé/soutenu les minorités russes en lutte contre le gouvernement central, les conflits gelés dans ces trois pays (Ossétie et Abkhazie en Géorgie, Transnistrie en Moldavie et maintenant Donbass en Ukraine) les empêchant d'entrer dans l'OTAN. Ce que fait Poutine dans l'Est ukrainien n'est donc que la réplique de ce que la Russie a déjà fait ailleurs, il n'y a aucune surprise. Pour lui, il est donc hors de question d'accepter que le Donbass se rattache à la Russie, contrairement aux sornettes racontées ici et là : il le veut à l'intérieur des frontières ukrainiennes. Statut d'autonomie, armement, soutien diplomatique, aide humanitaire... tout ce que vous voulez, mais à l'intérieur des frontières ukrainiennes !

Cela explique pourquoi Poutine était bien embêté lorsque les séparatistes pro-russes ont organisé leur référendum. Il a d'abord tenté de les en dissuader, puis il a refusé d'en reconnaître les résultats.

Cela explique aussi que, contrairement à ce qu'on pourrait penser, Poutine est mal vu par les pro-russes du Donbass ainsi que par les courants nationalistes russes qui rêvent tous d'une Novorossia indépendante ou de son rattachement à la Russie.

Vladimir Vladimirovitch fait un numéro d'équilibriste, soutenant suffisamment les séparatistes pour qu'ils ne se fassent pas annihiler tout en douchant assez cyniquement d'ailleurs leurs espoirs d'un rattachement à la Russie, éliminant les leaders séparatistes indépendantistes (Strelkov, Mozgovoi, Bezner) pour les remplacer par des chefs plus enclins à se contenter d'une large autonomie (Zakarchenko, Givi, Motorola), le tout alors que Kiev (et les Etats-Unis derrière) font tout pour faire déraper la situation et que certains bataillons néo-nazis (Azov, Aidar, Tornado etc.) bombardent sciemment les civils russophones. Pour l'instant, Poutine s'en sort avec une maestria peu commune, mais seul l'avenir nous dira si l'équilibriste est finalement arrivé de l'autre côté.

Il y est arrivé... L'actuelle proposition de déploiement de casques bleus est la conséquence logique de cette brillante stratégie au long cours ; acceptée, elle ruinerait toute possibilité pour l'OTAN d'accueillir l'Ukraine en son sein et de s'étendre vers l'Est afin d'atteindre la frontière russe. La junte ukie et le Deep State impérial l'ont bien compris, qui enragent et feront tout pour torpiller le projet. Pas sûr cependant qu'ils soient en position de force face au simple principe de réalité.

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DZSon 14/10/2017 12:40

merci pour cette analyse

jef 29/09/2017 22:55

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, vient de renouveler les anciennes accusations de Rex Tillerson sur de prétendues livraisons d'armes russes aux Talibans. Moscou dément vigoureusement.
Mais je finis par me demander si l'aveuglement bien connu des Américains ne vient pas tout simplement de ce qu'ils sont prescients...

jef 30/09/2017 03:23

@ Chris.

Il ne s'agit pas d'un "prêté pour un rendu". Mais d'une leçon de réalisme.
Plutôt que d'exposer leurs soldats, les USA préfèrent distribuer leurs armes à leurs alliés du moment, y compris les moins fiables ou les plus corrompus. De ce fait; ils prennent à chaque fois le risque que ces armes tombent entre les mains de leurs adversaires. Tout arme US de pointe transférée sur le front ukrainien du Donbass finira dans les mains des experts russes. Mais pourra aussi être revendue ailleurs. Poutine fait entendre aux USA que ce sera avec sa bénédiction le cas échéant.

Chris 30/09/2017 00:40

@Jef
Ne serait-ce pas plutôt "un prêté pour un rendu" ? En allusion au rôle des Américains qui dès Juillet 1979 promouvaient les moudjahidines, ancêtres des Talibans.

jef 29/09/2017 23:00

cum grano salis.

Chris 27/09/2017 23:40

Mise en garde russe contre les forces de la coalition :
https://www.debka.com/moscow-us-backed-sdf-faces-destruction-pro-iranian-iraqi-force-crosses-syria/
"La Russie a officiellement informé les États-Unis via un canal de communication spécial que les forces russes vont frapper immédiatement US s'ils attaquent ou coïncident avec des forces de travail syriennes ou russes qui opèrent près de la ville de Deir Ez-Zour.
Toute tentative de bombardement dans les zones où se fondent les militants des forces démocratiques syriennes sera immédiatement freinée. Les forces russes supprimeront les points de tir dans ces zones en utilisant tous les moyens de destruction. "
L'Iran et le Hezbollah ont déjà établi des commandements militaires à Arnaba à seulement 6 km de la frontière israélienne du Golan.

Charles Michael 27/09/2017 20:28

Ami du soir, Bonsoir

Une nouvelle sur BBC a retenu mon attention:
En Arabie Saoudite les femmes auront maintenant l'autorisation de conduire.
Peu commentée, vaguement considérée comme une avancée de la si juste cause sociétale féministe.

Plutot que commencer des spéculations, me remémorant un article (asia Times ?)sur le rôle pivotal détermiant dans ce Grand Jeu du KIngdom of saoudi Arabia (KSA) voici en lien un article South Front sur les coulisses du KSA:
https://southfront.org/a-cluster-of-change/

Euclide 27/09/2017 00:28

" Dans tous les cas, ce sont des périodes tendues et exaltantes" dixit notre ami le Pendule de Newton.
Est-ce un nouveau congrès de Vienne ou un nouveau Yalta ?
En tout cas où est 'elle l'Europe occidental dans tout çà ? Je vous le demande !
Mise à part les affaires industriels. Aujourd'hui, c'est jour de deuil pour l'industrie française. Alstom crée en 1928 passe sous la bannière allemande et les ex Chantiers de l'Atlantique sous pavillon italien. Comme sous Louis XV on a encore travaillé pour le roi de Prusse. Ca m'écoeure
Il serait temps que l'Europe ( enfin, formés par les pays qui comptent ) ait une vision stratégique et diplomatique. Bon Dieu !

Pendule de Newton 27/09/2017 00:54

Cher Euclide,
A dissocier la politique économique de la géopolitique, à choisir des dirigeants biberonnés au lait OGM US, à se fondre dans une utopie que l'on peut tout gommer pour devenir un seul peuple sans colonne vertébrale....Le résultat ne peut être que ce démembrement lent, minutieux et systématique des leviers de pouvoirs que sont les entreprises industrielles.
Pour l'Europe avec un peu de réalisme et moins d'espoir, ce n'est que le début. L'Allemagne défend son chasse-gardé et les élections vont encore faire plier l'UE sur les orientations allemandes ( ce qui est tout à fait normal ).
A ne pas avoir de visions claires, une lâcheté dans l'action et rêver du nirvana sans regarder le présent (le martien ou jupitérien en est un exemple palpable). Voila le mal car poser le problème oblige à prendre les décisions idoines (USA, Yémen, Syrie, Russie et ses sanctions qui ne freinent que les sots..)
Bien à Vous

Pendule de Newton 26/09/2017 19:58

Bonjour à tous,
C'est un réel plaisir de vous lire et de partager avec vous nos réflexions. Le grand jeu se transforme d'un jeu d'échec à un jeu de dames où les pions se raccourcissent avec des enjeux stratégiques.

Concernant le coup de sang, en Syrie, cela était à prévoir et le fait de penser que les US ne joueraient pas cette carte était impensable (connaissant leur sens aiguë de la responsabilité et d'être un bon perdant).

Cependant permettez-moi de souligner un point qui n'a pas été soulevé dans les échanges : le choix opérationnel russe en Syrie à ce stade de l'évolution de la guerre. En assurant la jonction avec Der- Ezzor, il savait les mouvements US et Kurdes vers le nord de la vile afin de couper la route vers les zones pétrolières. Sauf si cela fait partie d'un deal secret, il aurait fallu un appui plus massif et constant aérien pour délimiter la zone non permise d'accès sur la zone de l'Euphrate. Concernant, l'incident à Idlib, les russes savent très bien le maelstrom de groupuscules qui s'y trouvent ainsi que les fournitures d'armes, et même si les US ne sont pas derrière le fait d'envoyer du personnel russe dans une zone non sécurisée est un appel du pied à faire quelque chose (sauf si cela était un appât tendu).

Soit les russes se sentaient un peu trop en excès de confiance (et là les mouvements aériens massifs plaident en ce sens comme réponse aux agressions subies), soit ils ont fait une mauvaise estimation de la situation ou tout simplement c'est un deal avec de temps en temps des écueils (car quelque soit les plaintes diplomatiques, les russes n'ont pas coupé le canal de discussion).

Dans tous les cas, ce sont des périodes tendues et exaltantes.

Bien à Vous

Nour 26/09/2017 16:29

Bonjour cher scrutateur et je vous prie de donner une attention proportionnelle au QI de leur auteur aux commentaires injurieux qui me précèdent. Une analyse d'Andrew Korybko expliquerait la vente des S400 au sultan Culbuto : https://orientalreview.org/2017/09/18/russias-s-400s-will-protect-turkey-kurdish-air-force/ . Merci pour vos chroniques au nom des 99 % des lecteurs qui connaissent leur chance. Les 1% restants ne méritent pas qu'on les mentionne.

Observatus geopoliticus 26/09/2017 17:24

@ Nour
La chasse d'eau a été tirée et le troll évacué, pas de souci.
Merci pour ce lien, cher Nour. J'y vois cependant des objections assez criantes :
- la Turquie ne s'est pas alignée sur l'axe Moscou-Pékin-Téhéran, ou alors partiellement. Le sultan a simplement réalisé que la guerre en Syrie était perdue et, plutôt que de continuer à perdre ses billes, a préféré retourné sa veste au bon moment. Ankara reste (et restera) dans l'OTAN, Ankara soutient les Frères musulmans partout où ils sont... Une alliance véritable et entière avec la multipolarité eurasiatique est impossible.
- même de son éventuelle future base rojavienne, l'aviation US n'attaquerait jamais un membre de l'OTAN.
- l'article ne prend pas non plus en compte l'intense opposition entre le KRG d'Irak et le Rojava. Régulièrement, peshmergas barzaniens et YPG/PKK se tirent dessus.
Bien à vous

Charles Michael 26/09/2017 15:23

Par une tacite pudeur nous parlons peu ici du rôle ou absence de rôle de cette bonne vieille Europe réunie et d'accord pour exhiber ses désunions et différences.
Pourtant dire que l'Europe a un long et turbulent passé dans les affaires du monde, est un euphémisme. Il est clair cependant que les etats européens sont globalement des bébés MacDo s'abritant encore sous les ailes de l'Oncle Sam.

La ré-élection médiocre de Frau Merkel pourrait la pousser à une crispation et passivité accrue. Tout lasse même les guerres et menaces nucléaires, mais l' argent reste l'argent et bien peu à ma connaissance ne s'en lasse ni de s'en détourne.
A la fois nerfs de la guerre et in finae but de la guerre, pour Dieu et pour l'or, pour le Pétrole et pour l'American dream, si le butin vous échappe récompense de tants d'efforts, une bréche est ouverte.
Et avec la dédollarisation en phase d'accélération, ce tapis vert du Grand jeu pourrait ouvertement devenir les champs Catalauniques des Nouveaux Barbares Hégémoniques.

Une petite prédiction d'un think tank honorable, bien que très, très UE-Système:

http://geab.eu/crise-systemique-occidentale-2017-2019-le-dieu-dollar-contre-la-grande-tentation-du-petroyuan/
Il est possible que cette façade unioniste

Observatus geopoliticus 26/09/2017 17:27

@ Charles
Merci pour ce lien, cher ami. Le GEAB est effectivement des plus pertinents et bien que je le consulte régulièrement, je ne le cite pas assez dans mes billets.
Bien à vous

ZZZ 26/09/2017 12:14

OG,si le Saker exagère (ce dont je doute),qu'en est-il du "pondéré" et excellent Moon of Alabama qui titre rien moins que le "CENTCOM déclare la guerre à la Russie" ? http://www.moonofalabama.org/2017/09/syria-us-centcom-declares-war-on-russia.html#more
Ne parlons pas de PCR et autres analystes du même acabit http://www.paulcraigroberts.org/2017/09/25/washington-initiated-military-conflict-russia/.
Je maintiens que la situation est grave,qu'elle a été provoquée par l'administration US -indépendamment du locataire de la Maison-Blanche et que les choses peuvent dégénérer à tout moment.

Observatus geopoliticus 26/09/2017 17:15

@ ZZZ
Vous maintenez ce que vous voulez, c'est votre vie... Moon of Alabama a toujours été aussi pessimiste (sinon plus) que le Saker et je l'ai expliqué vingt fois (semblez pas être un lecteur très attentif, vous...) Ce site, excellent par ailleurs, a été plusieurs fois pris en défaut, ce que j'ai également relevé à moultes reprises.
Quant à la situation, elle n'a jamais cessé d'être grave, ce qui est plutôt normal dans un pays en guerre. Mais elle est moins grave que pendant les années Obama où le démembrement de la Syrie était à l'ordre du jour tandis que l'empire soutenait ouvertement et massivement Daech et autres rebelles modérément modérés. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Posadagr 26/09/2017 08:01

Merci pour l'article cher OG.
Toujours pertinent

Sansdoute 26/09/2017 18:40

J'attire votre attention sur un autre article à ce sujet, cette fois par le très réaliste Elijah Magnier https://elijahjm.wordpress.com/2017/09/26/les-kurdes-en-irak-et-en-syrie-nouveau-chaos-entrainant-une-redefinition-des-frontieres-au-moyen-orient/

Alaric 26/09/2017 01:01

Toujours excellent cher OG, mais cet article m'amène à la réflexion suivante : " Si vous armez l'Ukraine, nous armons les Talibans. " Certes mais les Talibans sont contrôlés par les services secrets Pakistanais , et le Pakistan n'est il pas un pays aligné sur les USA ?

L'adhésion du Pakistan à l'OCS en 2015 venait il entériner une rupture totale du Pakistan avec les Etats Unis, transformant au passage une fausse guerre d'Afghanistan ("nous luttons contre les talibans en Afghanistan tout en les finançant et les armant via le Pakistan " ) en une vraie ("nous luttons contre les talibans soutenus par les Pakistanais qui ne sont plus nos alliés " ) ?

Ou cet adhésion du Pakistan à l'OCS est elle seulement une politique économique sans lien avec la vassalité du pays aux Etats Unis ?

Observatus geopoliticus 26/09/2017 17:35

@ Alaric
Les choses se sont compliquées ces dernières années, cher Alaric.

"les Talibans sont contrôlés par les services secrets Pakistanais"
>>> Ce qui était une évidence il y a quinze ans ne l'est plus tout à fait. L'ISI garde forcément des contacts mais il serait téméraire d'affirmer qu'il contrôle encore le mouvement taliban qui s'est lui-même hétérogénéisé.

"le Pakistan n'est il pas un pays aligné sur les USA"
>>> Plus vraiment non plus. Elle est loin l'époque où Islamabad et Washington marchaient main dans la main. Ces dernières années, le Pakistan s'est aligné sur la Chine, a continué à entretenir des liens avec l'Iran (au grand dam de l'empire), est entré dans l'OCS...

Bien à vous

la grive 26/09/2017 13:21

Bonjour Dubitatif. c'est surtout l'interrogation : "au fait, pourquoi on est là ?" qui pourrait remettre en cause l'engagement américain en Afghanistan. A moins de menacer directement le confort des troupes retranchées derrière les fortifications de leurs bases, je ne pense pas qu'un soutien au taliban perturbe le projet initial. Ou alors on parle de pantsirs, de smerchs et des opérateurs pour les faire tourner.

Dubitatif 26/09/2017 12:08

@ La grive Salut
Hypothèse probable, ayant fait l'expérience du coût humain suite à l'armement des talibans par les USA, les russes savent les conséquences de ces pertes humaines dans l'opinion publique américaine qui pourrait même, peut être, amener à remettre en question leur présence dans ce pays.

la grive 26/09/2017 10:16

Il y a toujours une prémisse à toute discussion sur la guerre en Afghanistan qui entraîne des problèmes de logique. Cette prémisse implicite est que l'occident est engagé dans le pays parce que le pouvoir en place était 1. méchant et 2. dangereux.

Après seize ans de guerre, personne ne peut prétendre sérieusement à une motivation humanitaire au conflit. Même en faisant abstraction du coût humain, de la dévastation du pays, du nombre de réfugiés (dont la minuscule partie qui cherche à venir chez nous nous embarrasse tellement), il faut admettre que ce serait bien la première fois que nous nous soucions du bien-être de populations à l'autre bout du monde au point de nous engager dans une guerre sans fin.

Quant au côté dangereux des Talibans, la simple image de Ben Laden assis en tailleur dans sa grotte est sensé nous glacer le dos et évoquer, j'imagine, des craintes d'attentats dans nos petites vies tranquilles. Evidemment, l'idée de combattre en Afghanistan pour prévenir le risque terroriste chez nous est ridicule une fois articulée à haute voie. Et d'autant plus aujourd'hui quand on connaît le lien de l'occident avec les groupes salafistes impliqués dans les guerres en Libye, en Syrie, Irak et Liban.

Pour revenir à notre sujet, il faut se poser la question : est-ce que les américains souhaitent quitter le pays ? Si la réponse est oui, alors pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt (en 2001 par exemple) ? Mais si au contraire un objectif premier est de maintenir un état de guerre permanent dans le pays et prévenir sa stabilisation et son intégration économique et politique dans la région, dans quelle mesure un projet d'armer les talibans viendrait gêner les objectifs américains ?

ZZZ 25/09/2017 12:13

HS mais inévitable,jetez un oeil OG sur cette dernière livraison du Saker.Vous serez édifié sur la complicité criante des militaires US avec les terroristes de Daesh,la non-fiabilité des officiels états-uniens et la dangerosité de la situation actuelle avec l'assassinat du lieutenant-général russe en Syrie.L'heure n'est plus aux réjouissances.
http://thesaker.is/very-dangerous-escalation-in-syria/

Observatus geopoliticus 25/09/2017 19:50

@ ZZZ
Article exagéré, comme souvent chez le Saker qui nous annonce la fin du monde chaque semaine. Il suffit de voir les vidéos des combats entre Daech et les SDF dans la région de Deir ez-Zoor...
Par contre, il y a eu un retournement des tribus liées à l'EI il y a deux ou trois semaines par l'envoyé spécial Brett mac Gurk, ce qui pourrait expliquer la "facile" avance kurde vers Deir ez-Zoor aux dates correspondantes.

bozi lamouche 25/09/2017 18:45

bonjour
barzani jusque il y a peu était très proche des turcs :alors tout est jouable : souhaite-t-il rejoindre la turquie puisqu'il est l'ennemi juré du pkk... ? est-il juste "manipulé" pour prolonger le conflit ?? le tout sur fond de crise américano-nord- coréenne...? vivement la prochaine chronique !! difficile d'y voir clair !! merci .
cordialement

Dubutatif 25/09/2017 13:59

@ ZZZ
L'actualité galope à toute vitesse. Je crois bien que nous y sommes sauf si les bombardements terrestres et aériens syriens et russes sont des Fakes. Dans le cas contraire, c'est effectivement la réponse russe à l'assassinat du LG et de ses 2 Col par les ricains planqués derrière Al Quaeda, son clone ou son frère bref un des proxy terroristes ricaines.

L'arrivée sur la rive est de l'Euphrate des syriens et russes tombe à point nommé pour empêcher le projet d'un remake du Vietnam et de la Corée. En tout cas je l'espère.

Il reste toujours aux Ricains la possibilité de forcer la nature pour peu que les kurdes s’arque-boutent sur leur rêve d'indépendance auquel cas la guerre mondiale d'officieuse va devenir officielle. Wait & see.

daniel 25/09/2017 09:11

@ jef : votre 23/09/2017 20:15
@ Pendule de Newton : votre 23/09/2017 17:38

2 réflexions semblables, auxquelles j’adhère.
Les USA sont un désert de la pensée politique, remplacée par des préjugés que l’on peut seulement qualifiées de fous. En particulier, leur anti-slavisme primaire est consternant.

Une blague résume bien l’évolution intérieure :
Les Democrats sont devenus Republicans.
Les Republicans sont passés à l’extrême droite.
L’extrême droite et ses chapelles suprémacistes, et extrêmes libertariens, relèvent de l’asile pour forcenés.

Quand tous les pays à la remorque des USA, dont les euronouilles, vont-ils se rendre compte que ce pays malade est devenu dangereux ?

Ady85 24/09/2017 17:05

Bonjour,

Concernant le retour de Saakachvili, un nouveau maidan est-il possible afin de virer Porochenko, devenu éventuellement inutile pour l'Occident ?

Observatus geopoliticus 25/09/2017 19:52

@ Ady
Voilà qui ne manquerait pas de piment, cher Ady. Mais j'en doute...

Eric83 24/09/2017 10:34

Deux articles, sans liens apparents, sont parus à peu d'intervalle cette semaine. Cependant, au vu des actions de Soros et de son Open Society à travers le monde et notamment en Ukraine, des accointances Soros-Trudeau et de la possible fourniture d'armes létales par le Canada au gouvernement de Poroclown, ces articles pourraient bien illustrer un lien très clair.

http://www.dedefensa.org/article/le-dernier-tango-trudeau-soros
https://beta.theglobeandmail.com/news/politics/government-will-put-ukraine-on-weapons-export-list-trudeau/article36374792/

sansdoute 24/09/2017 09:56

Tout semble indiquer que les armes létales seront livrées par la porte de service des USA, nommément le Canada. https://fr.sputniknews.com/international/201709231033173697-armes-letales-canada-fournitures-ukraine/
À noter que le gouvernement du Canada est carrément russophobe, sous la coupe de son ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, d'origine ukrainienne (persona non grata en Russie en passant), pendant que Justin Trudeau multiplie les selfies.

Grognard 24/09/2017 08:50

La blague du week end:
Paris demande à Téhéran de «cesser les activités qui déstabilisent la situation régionale»
- piqué sur Sputnik -

Charles Michael 23/09/2017 19:46

Entil,
merci et je retourne vos salutations,

concernant la question kurde, en fait il y en a plusieurs, comme il y a plusieurs sorte de Kurdes et des subdivisions notament en Irak et probablement en Turquie. Galacteros vous décrit ci-dessous l'imbroglio:
http://galacteros.over-blog.com/2017/07/les-kurdes-sortent-le-grand-jeu-en-irak-a-leurs-risques-et-perils.html?utm_sourc

Sur Erdogan, la Turquie, on en a beaucoup parler ici.
sujet sensible, voir ulcérant.

Pendule de Newton 23/09/2017 17:38

Chers O.G et lecteurs,

Bien à vous, de retour des vacances, je vois que le grand jeu ne se repose jamais.... Je reprends d'abord mes marques avant de replonger dans ce labyrinthe sans nom où la classe diplomatique commence à devenir un désert de réflexion côté US....
Au plaisir de vous retrouver tous.....Un salut de mon fils
Cordialement

michel 24/09/2017 00:33

Bonjour,
Oui, du désert de la diplomatie ou de la politique des grands espaces- Quand bien même les relations tendraient au conflit, les princes de ce monde paraîtraient toujours naïfs, en apparence.
Quand les cloches sonnent, soit l'office commence, soit la messe est dite.
Faites vos jeux ou sortez du jeu: mon choix est fait
Ave

jef 23/09/2017 20:15

Votre post ("désert de la réflexion") m'a fait réfléchir à ceci que dans de très grand pays les ministres des affaires étrangères sont d'une insuffisance abyssale ou le deviennent. Ben Johnson en Angleterre.... Des Juppé, Kouchner, Fabius en France.... Et quand ils ne sont pas en dessous de tout (Kerry, Tillerson), on devine leurs ailes rognées.
Je n'arrive pas à le comprendre. Est-ce la faillite de la pensée en Occident? La diplomatie exige de PENSER, nom de Zeus!
PS. Si je puis me permettre, votre retour fait du bien. J'attends aussi ceci d'Alaric. J'aimerais beaucoup avoir son avis (toujours stimulant) sur ce qui se passe le long de la frontière syro-irakienne.

Enlil 23/09/2017 17:25

Sans en vouloir à vos chevilles davantage, cher Scrutateur, toujours un aussi bon article, merci.

Surtout, c'est franchement fascinant de voir la subtilité et la finesse de la ligne menée par Poutine, je comprends l'incrédulité de certains ; elle parait parfois si retorse et complexe qu'elle semble irréelle, alors que c'est ainsi même que le talent stratégique se signe.

PS insignifiant à l'image de son auteur : je crois peut-être être l'un des rares engoncés dans le carcan hexagonal en ces lieux, au coeur de son transept même (la ville lumière, qui par nombre de ses hôtes pseudo cervelles professionnelles n'a jamais autant calomnié de par son nom l'instrument de Shamash-Utu). Néanmoins ce citadin connait le site cité par Charles Michael, très agréable, aussi le salué-je par ce scriptum.

Sachant que vous nous avez approximativement indiqué votre séjour terrestre, je trouve cela être la moindre des choses. D'ailleurs, heureux de savoir que les opérations dans ce coin semblent aller plus vite que prévu et les petits hommes en noir détalent assez vite.

Peut-être une idée de futur article : cela est-il lié au proche référendum kurde ? Quelle semble être la position de Poutine à ce sujet ? Le sultan de gouttière me semble préparer un mauvais coup... Peut-être que Poutine attend/prévoit cela...

Encore merci cher Scrutateur.

Melenchton 23/09/2017 15:46

@ OG

Bien le bonjour, pas grand chose à dire sur votre billet, juste que j'ai en souvenir les articles dithyrambiques du Point et du JDD lorsque saaka est devenu gv d'odessa, chez qui ils voyaient le sauveur de l'ukraine. S'ils n'arrêtaient de voir en Moscou une main "étrangère" (sic) agissant en Ukraine ça ne les dérangeait pas d'y vénérer un géorgien comme le sauveur. D'ailleurs pas plus tard qu'hier j'ai croisé dans le cadre de mes activités professionnelles un ukrainien qui au détour de la conversation strictement pro me précisa que "russie et ukraine sont un même pays qui portent un nom différent"

Charles Michael 23/09/2017 10:44

ceci est presque (presque, hein?) un message personnel pour le très honorable Observatus geopoliticus:
J'aurai tendance à faire porter les contestations de certains et l'absence d'autres à un reflet des soucis et inquiétudes , pour tout dire désarroi et fixation suite à l'extraordinaire pagaille des esprits en France sur les problèmes français, la disparition des certitudes partisannes et de fait la comtemplation du Grand Vide ou, à la réflexion, du trop-plein.

En guise de thérapie de groupe voici un lien sur un de ces articles désopilants sur le JSF ou F-35, tellement furtif que personne ne le voit voler.
http://www.dedefensa.org/article/jsf-le-simulacre-devenu-bouffe-avatar

Observatus geopoliticus 23/09/2017 14:22

@ Charles
Tous les lecteurs ne viennent pas de France, mon bon Charles. En ce moment, ceux qui me tiennent la jambe ont plutôt tendance à avoir leur adresse électronique terminant par @yandex.com
M'enfin, ainsi va le monde...
Bien à vous

Vincent P. 23/09/2017 01:17

Bonjour,
Je profite de ce premier commentaire pour vous remercier chaleureusement pour vos brillantes analyses et synthèses, qui ont singulièrement éclairé ma passion pour la géopolitique : la compréhension de ce qu'est le Grand Jeu fut une fulgurance grâce à laquelle soudain, tout fît sens !
J'attends chacun de vos articles avec une douce impatience, comme une sorte de friandise au goût toujours délicieux, que je dévore avec un plaisir chaque fois renouvelé : vous saluerez s'il vous plaît votre plume de ma part ! (je me réserve de saluer l'esprit qui la guide: mes respects !)

Sinon à propos de des rapports avec l'Ukraine je crois me souvenir que Poutine avait parlé du développement accéléré de Novorossiisk : y a t-il lieu de penser que l'éventuelle chute de Sébastopol (ou "perte" de la Crimée) soit anticipée ? Ou bien est-ce un moyen d'apaiser les tensions avec l'Otan en s'éloignant d'Odessa ?
Qu'en est-il des tentatives impériales d'entraver via les sanctions la finalisation du pont de Kertch prévue pour 2019 ?
C'est chaud ! vivement la suite, surtout vue d'ailleurs !

Observatus geopoliticus 23/09/2017 14:20

@ Jef
Vous parlez d'or, cher Jef. La Russie ne suit pas un modèle impérial expansif mais la voie d'un retour sur soi.
NB : Le mail que vous m'avez donné ne fonctionne pas.

jef 23/09/2017 02:00

Ce qui est passionnant avec la Russie, c'est la réaffirmation d'une Puissance mondiale dans un cadre spirituel européen . La Russie se projette intérieurement ( sud et orient) et extérieurement (sud et orient). Se réinventant. Avec une profondeur oubliée chez nous, elle renoue et se pacifie avec son passé pour le faire. Elle a de nouveau une mémoire longue et des buts lointains. Elle demeure encore fragile mais ne pliera plus.

Observatus geopoliticus 23/09/2017 01:35

@ Vincent
Merci, cher Vincent.
Quant à votre interrogation sur le développement de Novorossiisk, il n'est évidemment pas question d'une perte de la Crimée qui est définitivement arrimée à la Russie. Je pense qu'il faut y voir au contraire l'importance grandissante de cette région du sud-ouest : Crimée et Sébastopol comme verrou de la Mer noire, pont de Kertch, Novorossiisk (premier port commercial de la FdR, rappelons-le), Sochi qui est officieusement en train de devenir la seconde capitale du pays (je me demande si le nombre de visites de chefs d'Etat n'est pas plus élevé qu'à Moscou), gazoducs (Turk Stream, Blue Stream)... C'est LA région qui bouge en Russie pour parler un peu trivialement, c'est là que ça se passe. Dans ce contexte, redévelopper Novorossiisk prend tout son sens.
Bien à vous

jef 22/09/2017 23:02

@ OG

Les propos de Lavrov à l'ONU et lors d'une conférence de presse à NY me paraissent d'une gravité exceptionnelle. Mis en rapport avec la situation dans (toute) la région de Deir Ez Zor, je crains qu'une crise majeure ne soit sur le point de se nouer entre FDR et USA. A moins , vous en avez souvent évoqué la possibilité, que tout ceci n'éclate comme une baudruche ( suite à des accords discrets russo-américains), laissant couchés comme blé battu quelques beaux dindons, en commençant par les kurdes et en finissant par le Deep State. Seule certitude: une page est en train de se fermer. Espérons que ce n'est pas la dernière du Grand Livre qu'est le Monde.

Grognard 23/09/2017 22:29

Bonsoir Jef,

Les propos de Sergueï Lavrov sont plus que justifiés.
Il s'agissait quand même d'une attaque lancée sur une position ou se tenaient des soldats russe.
En plus cette unité de police n'est pas vraiment une unité combattante.
Parions que dans les jours qui viennent, à la première occasion, des proxis US se feront hacher menu.
Nous sommes dans une course de vitesse.
D'un côté il y a les combats sur le sol syrien qui sont des actions visibles avec des conséquences tactiques quasi immédiatement compréhensibles ; d'un autre côté il y a des actions disons économico diplomatiques dont les effets sont plus longs à produire des effets.

Dans les illustrations, celle selon moi, qui illustre le mieux ce blog représente trois échiquiers interconnectés.
C'est là que les choses deviennent passionnantes: une riposte peut non seulement avoir une nature très différente de l'attaque à laquelle elle répond mais aussi se produire sur un terrain différent.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 23:17

@ Jef
Difficile à dire, cher Jef. Lavrov n'a certes pas mâché ses mots, toujours avec son petit air de ne pas y toucher.
Cependant, hier, la coalition US a assuré qu'elle maintient plus que jamais le contact avec les militaires russes pour éviter tout incident : https://www.rt.com/usa/404110-us-led-coalition-russia-incidents-syria/

hcgaia 22/09/2017 21:50

C est une erreur de considerer les gouvernements US et Russes comme différents de par la nationalité.
L un défend , à priori les intérèts du pays.
L autre défend des intérèts privés.
Ainsi, si la guerre en Afghanistan coute 44 milliards de dollars, ce n est pas un problème pour le gouvernement US: D une part, ce sont des dépenses payées par le contribuable, et , d autre part, cela rapporte secrètement des centaines de milliards à travers le controle du commerce de la drogue.
Les américains maintiennent juste les troupes nécessaires à ce commerce et suffisantes pour entretenir le conflit avec les talibans.

la grive 24/09/2017 20:06

hcgaia :"Ainsi, si la guerre en Afghanistan coûte 44 milliards de dollars, ce n est pas un problème pour le gouvernement US: D une part, ce sont des dépenses payées par le contribuable, et , d autre part, cela rapporte secrètement des centaines de milliards à travers le contrôle du commerce de la drogue."

Je dirais même que ça rapporte très exactement 44 milliards de dollars. Que cet argent serve à payer du kérosène qui sera cramé en deux secondes, des munitions lâchées en plein désert, un gros tas de sandwichs ou bien des projets de reconstruction qui ne verront jamais le jour, ça ne change rien au fait qu'un petit groupe de personnes s'enrichissent au détriment de l'ensemble des contribuable. La question légitime est : quelle est l'influence de ce petit groupe ?

Sur le niveau stratégique, celui du grand jeu donc, la campagne afghane se passe très bien. Ce n'est pas demain que nous verrons des camions et des pipelines traverser ce territoire d'est en ouest.

Quand on y pense, il y un point commun indéniable avec le cas de l'est Ukraine : un bloc entretien un conflit larvé permanent dans un état clé pour en prévenir son intégration dans le bloc concurrent.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:27

@ hcgaia
C'est exagéré. Les Etats-Unis - ou plus exactement l'empire américain - a des intérêts géostratégiques bien réels qu'il met en avant depuis des décennies. Diviser l'Eurasie, placer ses bases le long des routes énergétiques, tenter d'isoler la Russie etc. tout cela ne rapporte pas un dollar aux intérêts privés qui existent bien mais passent après.
Le meilleur exemple sont les sanctions anti-russes qui coulent d'abord... Exxon !

jef 22/09/2017 21:35

Bonsoir à tous.

Il me semble que la diplomatie russe est de plus en plus excédée par les impudences américaines et qu'elle est désormais résolue à y répondre très fermement. Le temps est venu, semble-t-il, de ramener "les chers partenaires" à la réalité. Que de chemin parcouru en une grosse quinzaine d'années!
PS. Le cartoon qui illustre votre article fait ma joie, cher OG.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:29

@ Jef
Eltsine doit se retourner dans sa tombe de jalousie, mon bon Jef...
Moscou ne lâche effectivement plus rien ou presque, ce qui laisse l'empire, qui n'a jamais connu une telle résistance, dans un embarras certain.
Bien à vous

Jimoni 22/09/2017 20:44

Merci pour ce délicieux article. Vladimir Poutine serait-il le Napoléon des temps modernes ?

Madudu 23/09/2017 11:43

Ne serait-ce pas plutôt un anti-napoléon ?

Napoléon était un impérialiste, habité comme tout impérialiste par des aspirations démesurées et ne pouvant se satisfaire d'un territoire proportionné, légitimé par l'histoire et la géographie.

Poutine c'est exactement le contraire.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:30

@ Jimoni
C'est en tout cas le Richelieu ou le Sun Zu de notre époque.

Charles Michael 22/09/2017 19:05

Les casques Bleu de Putin seraient plutot une force de sécurité pour les observateurs de OFCE telle que les décrit Alexander Mercouris dans The Duran. Une suggestion imaginée par Kiev qui les voulaient entre les républiques rebelles et la frontière Russe, ironiquement retournée par Putin en les plaçant sur la ligne de conflit.
Peu de chances de succès mais fine maneuvre.

Dans ce grand jeu il y a bien sur le temps long.
Pour la Russie reconnaitre les républiques sécessionistes c'est aussi reconnaitre la perte du reste de l'Ukraine et en particulier celle d'avant guerre appelée Petite Russie. Un projet justement du même nom briévement évoquée par le dirigeant de Donetz.

Catarina:
Oui les Russes ont le respect de la vie et pour les Russes la vie comporte la mort; ce n'est pas pour rien que Paques est la grande fête religieuse orthodoxe.
le cynisme prété à Putin, je l'appelerai plutot calcul et l'objectif de ces calculs est le bien commun pour le plus grand nombre de Russes.
et le temps long pour que ses plans arrivent à maturité, doit lui paraitre horriblement court au rythme actuel des divers points chauds.

Onservatus Geopoliticus: grand billet est-il besoin de le dire
Non, je n'étais pas bourré mais à tracer des parallèleles les fils se sont emmélé et j'ai pondu un tricot sans queue ni tête.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:34

@ Charles
"Pour la Russie reconnaître les républiques sécessionnistes c'est aussi reconnaître la perte du reste de l'Ukraine"
>>> C'est d'une évidence absolue. J'ajouterais même que c'est la certitude de voir le reste de l'Ukraine entrer dans l'OTAN.

"Non, je n'étais pas bourré mais à tracer des parallèles les fils se sont emmêlés et j'ai pondu un tricot sans queue ni tête."
>>> Je vous charriais ^^

serge 22/09/2017 17:07

Que les russes puisssent armer les talibans, ce serait risible puisque un retour de service aux US qui l'avaient fait lors de l'occupation de l'Afghanistan par les soviétiques. Ce qui d'ailleurs avait quelque peu ravivé la flamme insurrectionnelle/tribale des occupants locaux. Et en sachant qu'il y a un paquet de siècles que tous ceux passés par la case Afghanistan ont fini par se tirer, mal en général.
Pour l'Ukraine, il me semble que Poutine joue la montre quant à son effondrement. Le fait de proposer un déploiement des casques bleus, vu le temps de négociation de cette instance pour décider quelque chose, permet d'ajouter de longs mois aux ennuis des ukrainiens. Car, même si l'OTAN ou les US en direct, sont intéressés à poser des bases sur place (comme au Kosovo ou possiblement en Arakhan dans un futur proche), le coût de maintien d'un mimimum d'Etat sur place est monstrueux, car l'échelle de taille et de population est fort différent. Surtout avec le passif de corruption locale. L'UE, dans ses affres financiers, ne pourra pas financer plus que maintenant (et encore pour le gaz), les US même avec la planche à billets de la FED ne pourra pas de même. Et aucune chance de rentré financière sur le territoire ukrainien, les routes de la soie et les gazodocs faisant un joli évitement se répercutant sur les taxes. Bref, l'Ukraine va faillir, question de temps. Reste que les ukrainiens se voient obligés de tenir sous les obus, moins cool...

Catalina 22/09/2017 16:13

Une dernière chose, je vous admire pour vos analyses très fines et sourcées, j'ai bien conscience que sur la scène géopolitique, les "sentiments" n'entrent pas en ligne de compte, cependant, cette proposition de "casques bleus", n'a pas pour seul but d'empêcher l'OTAN de s'installer en Ukkraine mais aussi d'en finir avec ce conflit qui fait des morts chaque jour, et qui malgré les accords de Minsk n'a pas connu un seul progrès. Cela va vous sembler peut-être puéril mais les Russes ont du respect pour la vie humaine, ils ne connaissent que trop bien les souffrances liées aux pertes et cette proposition va dans le sens d'en finir une fois pour toute avec ce conflit. et en tous cas avec les agressions quotidiennes et meurtres sur les civils du Donbass. D'autre part, la Russie pourrait venir nous aider et chasser l'armée ukrainienne loin des frontières des Républiques, mais cette option apporterait avec elle des milliers de morts, elle pourrait le faire sans qu'un seul pays "ennemis" ne bouge un orteil comme elle l'a fait dans des guerres qui se sont déroulées pas si loin du Donbass. mais le prix humain est bien trop élevé. Je vis au milieu des Russes et une chose qui est complètement différente de mes compatriotes français est que l'indifférence à l'autre n'a pas encore contaminé tout le monde, il faut dire qu'ici les gens sont très croyants. Cordialement, Catalina.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 16:34

@ Catalina
Quand je disais que le grand public ne pouvait/voulait pas comprendre, vous en êtes l'exemple éclairant, cher/chère Catalina, même si vous êtes du "bon côté de la barrière". Vous pouvez pinaillez sur ci ou ça, mal comprendre le contenu du texte (cf. votre premier message), ça n'y changera rien.
Quant à moi, je ne peux me permettre d'être supporter de X ou Y, ce n'est pas mon rôle. Si tout le monde aura compris de quel côté penchent généralement les Chroniques, mes analyses se doivent d'être objectives, au risque de déplaire. Il n'y a aucune vache sacrée ici, même si ça fait grincer des dents. J'avais déjà constaté la courte vue de certains avec mon billet sur la "poutinade". Comment ? J'osais porter atteinte à l'aura du virginal Vladimir ? Bah oui. Si ce blog montre souvent l'intelligence phénoménale du personnage, il n'est pas parfait, personne ne l'est. Il faudrait un peu sortir du schéma hollywoodien...

Catalina 22/09/2017 15:50

"Givi, Motorola" ont été assassinés par attentats. et ce n'est pas récent. Je comprends votre scénario mais contrairement à ce que vous affirmez, ici, les gens aiment Poutine. Ce sont les gens concernés qui en parlent le mieux, n'est-il pas ? Et pour finir, il n'y a absolument rien de certain dans votre affirmation que Poutine ne veut pas rattacher les Républiques, car bcp de choses amènent à penser le contraire. Des travaux en cours "A la fin de l’assemblée, les participants ont fondé le Comité d’intégration Russie-Donbass, ayant qualité d’association. Il a officiellement pour but de renforcer le processus d’intégration culturelle, humanitaire, économique et sociale. Officiellement, il ne s’agit pas encore d’intégration politique, mais le processus est lancé."http://reseauinternational.net/vers-un-nouveau-yalta-creation-du-comite-dintegration-russie-donbass/ et vous savez comme nous tous que la Russie travaille sur le long terme. Cordialement, Catalina

jef 22/09/2017 22:32

Chère Catalina

Dans son article, notre hôte écrit: "Après le putsch..." et devant le désir du nouveau régime "de prendre le chemin de l'OTAN, la réaction de Poutine suit deux axes. Après...Tout est là. Sur le papier, il pouvait envahir et occuper l'Ukraine ou la perdre en totalité au profit de l'OTAN ou accepter une partition. Ces trois réactions étaient attendues et souhaitées à différents degrés par les ennemis de la Russie. La création d'un conflit gelé permettait seule de sortir de ce piège. Lui seul n'insultait pas l'avenir et permettait d'espérer une réconciliation Ukrainienne, puis Russo-Ukrainienne.

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:20

@ Catalina
Vous vous foutez de la gueule du monde, Catalina ? Etes-vous payé par les habituelles officines pour me faire chier ?
J'ai écrit et répété que POUTINE N'EST QU'EN REACTION dans le conflit ukrainien fomenté par l'empire US. Mais bordel, c'est écrit noir sur blanc et répété des dizaines de fois dans des dizaines de billets : comment se fait-il que je sois encore en train de devoir me justifier des années après à cause de neuneus qui ne savent même pas lire correctement un texte ?
Si je supprime un jour les commentaires sur ce blog, ce sera à cause de gens comme vous. Je ne sais pas ce qui se passe depuis deux mois, mais je constate que la qualité des commentaires a nettement baissé. Certains habitués ne sont plus là, ils ont été remplacés par d'autres qui ne voient pas plus loin que le bout de leur petit nez et se font un devoir de me les briser menues. Allez donc donner votre fric aux médias de la MSN plutôt que de venir troller sur un site entièrement gratuit dont l'auteur ne gagne pas un kopeck.
Du vent !

Catalina 22/09/2017 22:06

Observatus,
Je ne pense pas être du bon côté de la barrière et Poutine n'est pas mon idole, je n'ai pas d'idole et à mon âge, plus d'un demi-siècle, cela fait bien longtemps que je regarde ce monde sans avoir besoin d'en trouver une ! reste que vous n'avez pas répondu à ma question concernant votre confusion et la confusion que vous entretenez en écrivant que " son but était de créer un conflit gelé ", à croire que c'est lui qui a mené le coup d'état !!! alors oui, vous êtes très intelligent et personne n'en doute mais votre ton est pour le moins condescendant. Je ne me vois pas du tout côté grand public et l'affirmer comme vous le faites est "petit", ah ben "les riens" ça ne sait rien, n'est-il pas ? votre tirade sur Poutine comment dire? , elle vous dessert beaucoup, et je ne vois pas ce qui dans mes propos vous permet d'avancer cela, tout comme votre 'schéma hollywoodien". Je m'attendais à plus de finesse et vous vous montrez méprisant. J'ai bien conscience de votre grande culture mais cela ne vous permet pas de me rabaisser comme vous le faites. Encore une chose, le jour ou Poutine armera les Talibans, je compte sur vous pour nous le dire et s'il ne le fait pas, je compte sur vous pour le dire également.

Catalina 22/09/2017 15:27

Bonjour, je vous l'ai déjà dit, cette phrase porte à confusion " Poutine n'a aucune intention d'annexer l'est ukrainien, bien au contraire : son but était de créer un conflit gelé à l'intérieur des frontières ukrainiennes.", cela pourrait être plausible s'il avait lui-m^me fomenté le coup d'état à Kiev or, les usa l'ont reconnu, ils sont à l'origine du coup d'état. Votre formulation laisse penser que c'est Poutine qui a fomneté cela or, vous le savez bien, c'est inexact. qu'il en ait ensuite "joué", peut-être, c'est stratégique, mais je ne vois pas cet homme sacrifier des populations volontairement, il semble en tous cas, que la provocation des USA n'a pas marché, en effet, si la Russie avait réagit, et avait repussé l'armée ukrainienne cela aurait donné aux néocons us de quoi alimenter le mythe que la Russie veut l'expansion. Pour ma part, je vois une Russie coincée car ne pouvant en aucune manière mettre un terme au génocide qui se déroule chaque jour ( je suis au Donbass). C'est d'autant plus horrible que les Russes doivent regarder leurs frères se faire tuer sans pouvoir réagir. Pour ce qui est des casques bleus, il me emble que c'est Porochenko qui l'avait proposé dans un premier temps.....mais ses conditions sont inacceptables et comme l'analyse Christelle Néant journaliste à Donetsk, cela ressemble, selon le format de porochok au "scénario de la solution Croate qui a été appliqué dans la Krajina Serbe, et qui a permis de procéder à l'épuration ethnique de 200 000 serbes."https://dnipress.com/fr/posts/casques-bleus-dans-le-donbass-lukraine-veut-les-utiliser-comme-force-occupation-pour-proceder-a-une-epuration-ethnique/ Cordialement, Catalina

MBM 22/09/2017 20:18

@ Stef

J'ai l'intime conviction que Poutine ne s'est jamais intéressé aux deux républiques pour ce qu'elles aient pu laisser penser dans l'opinion internationale lors de leur création et du référendum, mais bien qu'il songe à l'Ukraine entière en faisant durer le conflit dans l'Est afin d'amoindrir l'influence des autorités jusqu'à la faillite de cet Etat, suite à quoi il reviendrait affamé naturellement dans le giron moscovite. Pour Poutine d'emblée, ces deux républiques sont en quelques sortes illégitimes et provisoires; dans sa logique, le vocable "tampon" est plus flatteur et rémunérateur pour le pays dans sa totalité que pour une petite région de l'Est. Personne ne doit oublier qu'il ne peut décemment pas encourager la dislocation de l'Ukraine quand on se rappelle, que de tous temps, il fut l'apôtre de la souveraineté des Etats et qui, suivant cette ligne de logique, contredirait inexplicablement ses interventions militaires à l'extérieur notamment en Syrie. S'il reconnaît ces deux républiques, il doit dès lors retirer ses soldats de Syrie. Par cette stratégie-là, il contrecarre les plans atlantistes qui visent justement - dans un premier temps - le rattachement de l'Ukraine au camp occidental (pour cela c'est loupé dès le début) - dans un deuxième temps en cas d'échec du premier - décomposer cet Etat en poussant certains de ces voisins à une résurgence nationaliste pour l'indépendance de plusieurs régions sur base ethnique, notamment les Polonais qui seraient très demandeurs, la Hongrie et la Roumanie, afin de pouvoir bénéficier d'un territoire central autour de Kiev pour avancer l'Otan presque aux frontières russes en proclamant unilatéralement ce nouveau territoire international soumis à l'autorité de l'ONU sur lequel les USA s'empresseraient d'y installer une base de l'OTAN. Non, Poutine ne peut se risquer à un tel scénario, d'autant qu'il ne serait plus à l'abri sur son propre territoire (immense comme un continent) de velléité d'indépendance de certains Kraï (là je crains pour l'Extrême-Orient : Primorie, Tchoukotka, république de Sakha); le gouverneur de la Tchoukotka Roman Kopine est un ami intime de Medvedev qui, si le vent tourne pour Poutine, ce dernier pourrait devenir un gouverneur pour ce nouvel Etat sous bannière US avec toutes les richesses que ce territoire recèle.

Stef 22/09/2017 16:34

Je crois que vous analysez la première phrase que vous citez dans un avenir relativement lointain. Poutine a peut-être l'intention d'intégrer à terme l'est ukrainien mais en tout cas, pour les raisons indiquées par O.G., qui sont évidentes (une fois qu'on les a lues), Poutine maintient le conflit en en limitant les effets le plus possible (et en évitant de réagir militairement pour sans doute montrer aux européens la fausse route qu'ils ont prises en soutenant les abrutis extrémistes de l'ouest ukrainien). Je crois également que c'est difficile pour lui de voir les deux républiques être ainsi soumises à des bombardements incessants (qui ne concernent néanmoins qu'une petite partie du territoire, mais il a sans nul doute expliqué sa position aux représentants des républiques et indirectement au moins à leurs habitants). Je pense que Poutine, probablement l'homme d'Etat le plus fin et intelligent actuellement, a en vue de "récupérer" l'Europe (il y arrivera à la chute des USA, chute qui ne saurait tarder) et, peut-être avant', de faire en sorte que l'Ukraine se scinde en deux parties, celle de l'est, pro russe serait comme la Biélorussie une sorte de tampon avec l'ouest. Mais c'est là une simple impression.