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Chroniques du Grand jeu

Clair-obscur

10 Avril 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

La poussière commence doucement à retomber, mais l'image reste toujours aussi floue et nous ne sommes pas plus avancés. Les observateurs restent perplexes, désarçonnés presque, même si à peu près tout le monde s'accorde sur le fait qu'il ne reste que deux thèses, celles que nous présentions dans notre dernier billet : entente Trump-Poutine sur le dos de l'Etat profond américain ou changement radical du Donald, finalement happé par le système impérial.

Certains sautent hardiment le pas et prennent parti pour l'une ou l'autre thèse mais, à vrai dire, sans beaucoup d'éléments en main. Pour notre part, contentons-nous pour l'instant de donner quelques pistes de réflexion...

  • Les 36 missiles manquants

C'est l'un des aspects les plus curieux de l'affaire. Les Américains, tout pleins de leur gloriole habituelle, ont affirmé que 58 des 59 Tomahawks lancés avaient touché au but et que la base était "presque entièrement détruite". En réalité, les avions syriens redécollaient de la même base quelques heures après seulement et les Russes ont démontré, preuves à l'appui (photos et vidéos de drones, cartes), que seuls 23 missiles étaient arrivés à bon port. Où diable sont donc passés les 36 autres ?

Première hypothèse : ils se sont perdus dans la nature. Même si le Tomahawk est un vieux missile, cela paraît quand même tiré par les cheveux. 39% de réussite serait une gifle pour l'armée américaine, surtout face à la redoutable efficacité du Kalibr. Et comment expliquer dans ce cas-là que les autres aient visé si juste, c'est-à-dire sur les cibles secondaires de la base ?

Deuxième hypothèse : ils ont été descendus ou détournés par les systèmes anti-missiles russes. Là, ça commence à devenir alléchant. Dans une intéressante interview, d'où transpire d'ailleurs une sorte de tranquille sérénité, des spécialistes militaires russes affirment que la défense anti-aérienne syrienne n'était pas (encore) capable de résister au barrage de Tomahawks. Si on lit entre les lignes, on a comme l'impression d'un message subliminal : c'est nous qui avons dû le faire...

Un morceau de missile retrouvé dans un jardin de Tartous pourrait indiquer que les systèmes russes sont effectivement passés à l'action (rappelons que la ville est le siège de la base navale, évidemment protégée par des Pantsir, S-300 et S-400). Or une partie des systèmes de défense n'étaient pas activés, notamment les S400 apparemment. Si rien qu'avec quelques Pantsir, et en ayant sans doute sciemment laissé passer quelques projectiles, les Russes ont réussi à dégommer plus de 60% de la salve américaine, que sera-ce maintenant que les "monstres" entrent en mode combat ?

Dans ces conditions, on comprend mieux l'assurance russe. Fin de l'accord sur la prévention des incidents dans le ciel syrien (ce qui, rappelons-le, fera de tout avion US mais aussi israélien une cible potentielle), discours assez virulent du pourtant placide Medvedev, tirs sur un drone américain par l'armée syrienne et, aujourd'hui, avertissement irano-russe très sec si Washington franchit à nouveau ce qui est maintenant qualifié de "ligne rouge" : « Désormais, toute agression, quel qu'en soit l'auteur, fera l'objet d'une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les moyens dont nous disposons pour cela ». Ambiance, ambiance...

Tout cela ne semble pas corroborer l'idée d'une entente poutino-trumpienne sur le dos du système impérial, même si certains pensent qu'il s'agit ici encore d'une collusion secrète. Voir par exemple cette thèse quelque peu iconoclaste mais néanmoins intéressante qu'un lecteur a eu l'obligeance de porter à mon attention :

En substance, il y est dit que la Russie voire même l'Iran auraient pu tester leurs systèmes anti-missile sur les Tomahawks en guise d'apéritif, Tomahawks sciemment mis à disposition par le Donald qui préfère s'en débarrasser dans une opération grand spectacle plutôt que de les démanteler. L'idée est séduisante et rejoindrait le fait qu'une partie des missiles soient arrivés à bon port sur des cibles ne gênant pas l'armée syrienne tandis que l'autre (les 36) a été détruite par les Russes. Chacun y retrouve son compte en quelque sorte. Sauf que cela ne cadre pas vraiment avec l'atmosphère générale qui se dégage de toute cette affaire...

  • Trump est mort, vive Cretinho ?

Un passionnant article du toujours très informé Robert Parry dévoile de l'intérieur la prise de décision. Il y aurait eu une vive lutte dans les hautes sphères du pouvoir et une gêne évidente parmi la communauté du renseignement, persuadée de l'innocence d'Assad dans l'événement chimique. A la Maison Blanche, un combat à couteaux tirés eut lieu entre d'un côté Steve Bannon et Jared Kushner (!) et, de l'autre, le conseiller à la sécurité nationale, le néo-con McMaster. Finalement, Cretinho s'est rangé à l'avis de la clique de ce dernier, souhaitant alléger la pression du Deep State à son égard.

Arrêtons-nous un instant sur Kushner, gendre juif orthodoxe de Trump et sioniste fervent, qui a pourtant pris le parti de son ennemi personnel Bannon et conseillé à son beau-père de tout déballer sur la Syrie : l'intox de la Ghouta et la manip de Khan Cheikhoun la semaine dernière ! Le népotique Trump n'allant pas se débarrasser de sa famille, le Jared devrait selon toute vraisemblance rester à la Maison Blanche et, s'il n'est pas lui-même récupéré, tout espoir n'est donc pas tout à fait perdu pour le futur. D'autant que Bannon et Kushner ont enterré la hache de guerre, peut-être rapprochés par l'affaire syrienne d'ailleurs.

Mais, malgré l'optimisme de certains, on ne peut que craindre que le marais ait gagné la partie, au moins temporairement. Tillerson devient franchement pesant, Goldman Sachs fait une OPA sur la Maison Blanche, certains anciens conseillers s'en mêlent (comme ce Walid Phares qui propose de créer une "Syrie libre" dans l'est une fois libéré de Daech), on prépare sans rire des sanctions contre Damas et la harpie représentante à l'ONU se comporte en Samantha Powers bis. En passant, revoyons pour le plaisir comment cette tête-à-claque s'est fait démolir sur pied à l'ONU par le représentant bolivien :

Ce bon moment ne doit cependant pas nous cacher la tendance qui se profile à Washington. Les soutiens traditionnels de Trump ne s'y trompent d'ailleurs pas : c'est une véritable hémorragie.

Des blogueurs influents l'abandonnent, des soutiens de la première heure le quittent, son retournement de veste est moqué, l'Alt-Right commence à manifester contre lui, son ami Farage s'en détache et un groupe de hackers (ou un nouveau lanceur d'alerte solitaire, on ne sait pas très bien) a même mis en ligne des mots de passe secrets de la NSA pour protester contre "la trahison de Trump". En un mot comme en cent :

L'historien John Laughland se lâche dans un article de haute volée. Extraits :

Le revirement de 180 degrés du président Trump sur la Syrie met fin à toute illusion sur sa présidence. Loin de représenter une révolution, son élection l'an dernier n'est que la énième preuve que le processus démocratique est aujourd'hui incapable d'effectuer de vrais changements dans la vie politique des grands Etats, tant les grandes lignes de cette politique sont fixées par un appareil de l'Etat qui, lui, ne change jamais (...)

La politique du chaos, qui a caractérisé l'action des présidents Obama, Clinton et Bush fils, va donc continuer, sans interruption, sous Trump. Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l'apparence d'une virilité en réalité inexistante. Avec son attaque intempestive, l'homme fort de la Maison blanche s'est montré au contraire un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de faire de lui la risée du monde. Une fois de plus, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu'il a promis. Jamais la prédiction lugubre du prince de Lampeduse n'aura été si vraie : il fallait que tout change pour que rien ne change.

Game over, Trumpie ? L'histoire récente est tellement pleine de rebondissements qu'il convient de garder un minimum de prudence. Il n'est d'ailleurs pas impossible que cet impressionnant abandon de ses soutiens les plus déterminés, ce sauve-qui-peut généralisé de sa base ne provoque en lui une réaction. Il ne peut pas ne pas savoir ce qui se passe, il ne peut pas ne pas connaître l'immense déception de ceux qui ont voté pour lui...

Mais quand bien même il reviendrait à de meilleurs sentiments, n'est-ce pas trop tard ? Il a relancé la machine de l'Etat profond et, comme nous le disions il y a trois jours, Cretinho restera désormais prisonnier de son discours. Il aurait pu dévoiler à la face du monde l'intox des "attaques chimiques" et par là-même démolir un pan entier de la rhétorique du système impérial. Cette chance unique est passée...

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Euclide 12/04/2017 02:30

La Vigie suite
Accroche " Lignes en Syrie"
Après l'attaque de cette semaine, la notion de ligne est revenue à la une des médias: ligne rouge des uns, ligne franchie par d'autres, changement de Trump. Cela amène plusieurs commentaires. Voir la suite sur La Vigie.
Selon l'auteur, le Donald est plus complexe qu 'il ne parait.

Grognard 12/04/2017 01:11

Bonsoir,

Redécoupage de la Syrie?
Quid de l'intangibilité des frontières?
Comment pourrait s'en servir le dragon en mer de Chine?
Si ce n'est pas une boite de pandore, que l'on me dise ce que c'est.

Techniquement la bulle de déni installée par la Russie sur la Syrie peut-elle oui ou non empêcher un bombardement aérien?

Quel serait la réaction des pro Trump ou ex pro Trump en cas de récidive?

J'en reviens encore une fois à mon expérience de la négociation.
On sait que pour lâcher du lest, il faut être fort.
Trump l'est-il?

Quant à Tillerson il semble qu'il souhaite franchir la barrière des espèces en prouvant qu'un éléphant peut se comporter comme un âne.

Euclide 12/04/2017 01:04

Pour OG et pour tous,
D'après le site de géopolitique La Vigie,billet de Th de la Neuvile avec comme accroche " la Syrie, la nuit des dupes cachait un coup de billard ".
1) la frappe de l'autre nuit montre le retour en force des néo-conservateurs au sein de l'appareil d'Etat américain. Ceux-ci étaient en compétition avec les isolationnistes pro russes mais ont réussi à éliminer le général Flynn puis Steve Bannon etc....
2) Trump, meme si il a été élu , n'est qu'un président symbolique dans la mesure où il ne s'est pas encore employé des leviers de pouvoir. Il a contre lui l'appareil médiatique , judiciaire et financier etc;;
3) la frappe n'a aucun impact militaire . Elle a été faite loin du front. Elle ne modifie pas le rapport de force en Syrie etc..
4) Cette frappe bénéficie particulièrement à la Russie qui a au delà des protestations d'usage a intérêt a ce que " Trump garde la face" et surtout s'empare enfin du pouvoir. Poutine peut laisser Trump répandre l'illusion que l' Amérique a gardé un pied dans la porte en Syrie etc...
5) La durée de vie d'un missile " tom" est limitée et il est plus économique de tirer que de le détruire etc.;;

mumen 11/04/2017 22:57

Bonjour,

Je ne comprends pas, hier, quand les US bombardaient les positions syriennes, c'était à chaque fois par erreur, oups, sorry, alors que tout d'un coup ils le font tout ce qu'il y a de plus officiellement et en plus en prévenant avant ! C'est quand même frappant, non ? Qui relève cette nouveauté ?

Ensuite, deux conséquences notables si pas les plus essentielles, Trump est devenu le King des néo-cons aux States en perdant son électorat qui ne doit plus trop l'élire là tout de suite, et simultanément les forces défenderesses de la Syrie ont obtenu d'un seul coup une sorte de blanc-seing pour dégommer de l'israélien et de l'étasunien qui volèterait là par le plus grand des hasards comme ils le font si bien.

Tout ça était plus ou moins prévisible, non ? Trump n'est pas un type tout seul à penser dans son bureau. Il a même sans doute de bons copains très bon joueurs, bien placés dans le jeu d'échec - ou de judo. Il doit aussi bien avoir encore quelque chose comme un objectif, vers lequel il louvoierait comme un soldat ivre sous les bombes ennemies, au lieu d'être juste affublé d'un affect de gonzesse qui expliquerait tout et son contraire, non ?

Les prochaines attaques US seront-elles tout autant officielles et inconséquentes ?

la grive 11/04/2017 20:03

Pour moi, les frappes américaines sont le signe d'une escalade importante. Les occidentaux peuvent encore obtenir un découpage de la Syrie qui leur est favorable. Cependant, l'étendue de la zone rouge approche le maximum de ce qui leur est acceptable et ils vont devoir passer à la vitesse supérieure.

Le jeu ne se résume pas uniquement à une course pour reconquérir l'est du pays. Il y a des contraintes. Par exemple, il est compliqué diplomatiquement de frapper ouvertement et de manière soutenue les forces loyalistes en opération contre daesh. D'ailleurs, s'il fallait classer les cibles par ordre croissant de coût diplomatique, nous aurions :
1. les combattants de l'état islamique
2. Les forces syriennes et milices en opération contre les rebelles
3. Les forces syriennes et milices en opération contre daesh
4. Les russes
En d'autres mots, s'il est payant de taper sur daesh, il vaut mieux éviter de toucher aux russes. Quant au deuxième cas, l'attaque de forces loyaliste en zone verte, le coût dépendra beaucoup de l'offensive médiatique attenante. Les frappes punitives sur la base de Shayrat sont un exemple d'opération à bas coût, voir même payante au vu des réactions internationales. Du coup, les fronts de l'ouest ont toutes leur importance car c'est ici que les occidentaux pourront frapper les forces syriennes. Concrètement :

- Nord ouest: on s'assure que les rebelles d'Idlib ne manquent de rien. Si une intervention turc me semble difficile, une zone humanitaire n'est pas à exclure en cas d'un nouveau Khan Shaykhun.
- Sud ouest : gros soutien aux rebelles de la zone de Daraa. Eventuelle zone humanitaire si la campagne médiatique accroche bien. Eventuelles frappes Israéliennes.
- Sud : offensive aérienne et terrestre contre l'état islamique pour prendre le vaste territoire à l'est d'Al Tanf et tenter la jonction avec les zones Kurdes. Ce serait là une opération lourde (et entièrement nouvelle) mais nécessaire pour prévenir le rétablissement d'une frontière avec l'Irak.

Alaric 12/04/2017 23:20

Je pense plutôt que c'est loin d'être un front prioritaire . Les grandes villes de l'ouest (Alep , Hama , Homs Daara ... ) sont beaucoup plus importantes . Les rebelles de ce coin là ne résisteront pas à une offensive générale des loyalistes . Mais pour le moment l'armée syrienne est trop occupée par l'Idlibstan. De toute façon les soldats syriens les plus proches d'Al Tanf sont à 150 km

la grive 12/04/2017 19:33

Merci. En cherchant un peu je découvre que les forces spéciales US étaient déjà en poste sur place (côté syrien). Je comprend mieux le manque d'intérêt apparent des forces syriennes et shiites pour cette position.

Alaric 12/04/2017 14:26

https://www.almasdarnews.com/article/us-jordanian-forces-break-syria-rescue-rebels-surrounded-isis/


Franchement je vois mal la coalition se lancer dans une attaque sur l'est syrien avec les rebelles de ce coin là, qui sont trop peu efficaces . Et vu le contexte une invasion massive de soldats US au sol me semble à exclure également .

la grive 12/04/2017 12:37

Alaric, avez vous un lien sur l'intervention d'al Tanf ? J'ai rate cette info. La course pour la ville ne m'étonne pas vu l'importance qu'elle aurait dans le découpage du pays.

La conquête de l'est serait une opération de la coalition occidentale avec une FSA embarquée pour faire couleur locale.

L'occident sait se montrer très persuasif et je pense que la Jordanie plierait assez vite.

Quant aux tirs embusqués d'Israel, vu que ça ne lui coûte rien, pourquoi s'en priver ?

Alaric 11/04/2017 23:45

J'imagine que vous avez en tête l'incursion hier de forces américaines stationnées en Jordanie pour défendre les rebelles attaqués à Al Tanf .

Cependant je les vois mal organiser une campagne militaire pour reprendre Abu Kamal étant donné la faible valeur militaire des rebelles dans ce coin là de la syrie . Leurs avancées des dernières semaines face à l'EI font simplement suite à un retrait de Daesh de ces territoires proches de la Jordanie pour essayer de ralentir la progression loyaliste autour de Palmyre .

Rappelons nous que l'attaque d'Abu Kamal l'année dernière a lamentablement échoué malgré le support aérien .


En ce qui concerne Daraa (seul endroit où les rebelles ont un peu avancé dernièrement ) il semblerait que la Jordanie (qui verse les salaires des rebelles du front du sud ) ait désapprouvé cette offensive (accord avec la Russie ? )


Notons que la Russie n'hésite pas à frapper les rebelles lorsqu'ils combattent l'EI , cala rendrait toute progression difficile .

De plus la fréquence des frappes israeliennes est trop faibles pour avoir un impact sur l'armée syrienne .

Le Wookie 11/04/2017 15:49

Je me joins à la litanie de louanges sur l'excellence des articles de ce blog ainsi que la qualité des intervenants. En particulier les trois derniers billets et commentaires sont un remarquable éclairage sur la situation en cours.

Je me permets d'apporter ma petite touche modeste (et je m'excuse si cela a déjà été mentionné). S'il est à regretter que le Trump a réagi comme l'aurait fait l'hilarante, du fait de la méfiance et détestation des médias vis-à-vis du personnage la presse s'est montrée beaucoup plus mesurée, crtitique et nuancée qu'à l'accoutumée. Il y a encore du boulot, mais c'est peut-être la seule bonne nouvelle des événements récents qui au demeurant sont préoccupants...

Bien à vous tous.

Observatus geopoliticus 11/04/2017 16:59

@ Wookie
Précisément, voir la MSN se rallier au Donald, est-ce une si bonne nouvelle ? ^^
Bien à vous

Yom 11/04/2017 14:47

Une petite question qui me vient à l’esprit : supposons que des croisseurs lance-missiles de l’US Navy, voire même des porte-avions, se mette subitement à couler en Méditerrannée et/ou dans le Pacifique, sans que cela ne soit revendiqué par personne. Que se passerait-il ?

Hamilcar Barca 11/04/2017 17:44

(la suite)
aéronaval US est une machine de guerre formidable et qui plus est manoeuvre en haute mer.
Pour des terroristes de tout poil, c'est mission impossible
Reste le sous marin invisible d'une grande ou moyenne puissance, mais qui voudrait déclencher l'apocalypse nucléaire?

Hamilcar Barca 11/04/2017 17:41

@Yom
Bonsoir Yom
Vous pensez à l'explosion du cuirassé "Maine" en rade de la Havane, prétexte à la guerre hispano-américaine qui a vu pour finir les USA:
- mettre Cuba sous tutelle militaro-mafiesque pendant près de 60 ans
- confisquer Puerto Rico et les Philippines
- ett qq autres broutilles.
L'Histoire ne se répète pas mais, etc...

Qq points de repère: la Méditerranée est une nasse et il ne saurait rien s'y passer du calibre que vous citez. A moins que des extra-terrestre enlèvent le bouchon de vidange au large de la Crète et ouvre un "trou de ver" dans l'espace-temps.

Le Pacifique a une autre dimension mais un groupe a

Theoltd 11/04/2017 12:16

Bonjour OG!
Trump est vraiment un drole d’oiseau. D'un coté il était présenté comme l'anti système, mais de l'autre, des photos circulaient de lui, en grande discussion sur le bord d'une piscine, avec ses amis les Clinton. Bizarre bizarre…
59 missiles Tomahawks plus tard, il faut bien se rendre a l’evidence: Trump est un Fake. Trump est agent du systeme, comme l’etait Obama, car ce n’est pas possible autrement. Le Deep state n’a pas ramené Trump a la raison. Trump est issu du Deep State.
De meme qu'on a choisi Obama, premier président noir, prix Nobel de la Paix, pour mener plus de guerres tout en utilisant son image de black president protecteur des minorités, on a placé Trump, le président conspirationiste, pour reprendre le contrôle des electeurs complotistes de plus en plus nombreux. Et on fera encore plus de guerres. Car voyez vous, si meme ceux qui ont ete elus pour eviter la Guerre sont obligés de la faire, c’est que l’Amerique est vraiment en danger. Alors complotistes de tout poil, rangez vous a l’evidence: vos deductions compliquées ne vous detourneront pas de notre realité. La guerre est inevitable et la Russie est notre ennemi.
Aussi, il ne faut rien attendre de Trump. Tout ce qu’il fera sera (et est deja) dans la lignée de ses predecesseurs, voire mieux: Renforcement de l’Otan, deploiement de troupes aux frontieres de la Russie, attaques multiples contre la Syrie qui ne viennent que de commencer et toujours en fil rouge la destabilisation de la Russie par l’interieur, alourdissement des sanctions contre elle, et attaques recurentes contre le Rouble. Les années passent, et rien ne change.
Et tant que l’Amerique existera dans sa forme actuelle, la paix n’aura pas sa place sur la terre.

Kevin 11/04/2017 21:16

N'oubliez pas le porte-avion US qui se rapproche des côtes coréenes. Je disais déjà avant les éléctions US que la seule différence entre la politique exterieure de Clinton et celle de Trump était le nom des pays désignés comme ennemis: Russie+Iran pour Clinton, Chine+Iran pour Trump...

Eric83 11/04/2017 10:59

L'argument de l'émotion d'Ivanka Trump pour infléchir la position de son père est même repris en Russie.
https://fr.sputniknews.com/international/201704101030838336-russie-forces-aerospatiales-frappes-americaines/
Si c'est l'émotion de sa fille - voire la sienne également - qui a présidé, sans aucune preuve et même avec de forte probabilité de false flag, à la décision du bombardement en Syrie, alors nous sommes entrés dans l'ère de la politique/géopolitique "non-conventionnelle".
Je prends ce terme à dessein pour faire le parallèle avec la politique monétaire "non-conventionnelle" de la FED - puis de la BCE notamment - qui a mène le monde à l'effondrement économique et financier certain mais en repoussant toujours plus l'échéance.
La bête US a des blessures profondes et pour certaines potentiellement mortelles mais il semble qu'elle veuille faire beaucoup de dégâts avant son effondrement total...dont quoiqu'il en soit le reste du monde en sortira, à minima, en piteux état.

Zevengeur 11/04/2017 10:30

En synthèse, après quelques jours d'analyse avec les informations disponibles, on peut considérer que l’hypothèse la plus probable est la plus simple.
Sauf si de nouveaux éléments apparaissent, on peut dire que Trump n’est qu’un crétin redneck sans cervelle qui ne fonctionne que sur le pathos. Il balance ses Tomahawk comme des tweets !

Ce type est un danger pour le monde, et cependant avant le 04 avril, je pensais l'inverse.

Trump est l'anti-Poutine par excellence, ce dernier possède une vision globale pertinente et n'utilise la force militaire que pour des objectifs politiques clairs et rationnels.

Le futur est sombre.

Euclide 11/04/2017 08:55

@ Furax le 11 à 01.22
Votre commentaire est brillant, il pourrait etre un billet d'OG.
Le pb n'est pas si l'empire US est en déclin (en fait depuis 2007/2008 ) tous les contributeurs du blog sont d'accords mais où les signes vont'ils exprimer : contre la Chine, au Proche et Moyen Orient ou autre part , Et quels sont les pays qu'il va entrainer dans sa chute. j'espère que l'Europe occidental entamera son " Risogimento" en clair "sa résurrection " .
On peut toujours rêver pendant la semaine de Pâques. Non

Madudu 11/04/2017 22:56

Ce qu'écrit Furax (chapeau d'ailleurs) est valable quelle que soit l'hypothèse ("Trump s'est couché" ou "Trump bluff sur le dos du deep state"), ce que nous ne savons pas c'est si Trump à un plan alternatif ou s'il n'a rien d'autre à proposer, finalement, que le deep state.

Parce que l'option du deep state est une option par défaut qui ne sait pas où elle va, qui ne sait pas trouver une conclusion à une ambition impériale qui n'est plus tenable.

On ne peut lui préférer autre chose que si on et prêt à en finir d'une manière déterminée, bonne ou mauvaise, comme l'URSS l'a fait.

En URSS les élites ne croyaient plus au communisme depuis belle lurette lorsqu'elle s'est effondrée. Dans le globalistan les élites croient sans doute encore au délire méga-libérale et à la destinée manifeste du peuple élu, en tous cas plus que les peuples , qui eux n'y croient plus.

Le monde multipolaire doit être en train de se dire :

« Plus de sentier ! Abîme alentour et silence de mort ! »
Tu l’as voulu ! Pourquoi quittais-tu le sentier ?
Hardi ! c’est le moment ! Le regard froid et clair !
Tu es perdu si tu crois au danger.

Nietzsche, Le Gai Savoir, Plaisanteries, ruses et vengeances, Le voyageur

Kevin 11/04/2017 21:35

Puisque les americains ne peuvent vraisemblablemen plus gagner la partie, est-ce qu'ils n'auraient pas interêt à geler la situation, pour affaiblir la Russie? USA au Vietnam, URSS en Afghanistan, puis USA en Afghanistan et en Irak: des dizaines d'années de guerre, des milliers de morts, des milliards de dollars dépensés, la cote de popularité du gouvernement qui s'effrite...

Observatus geopoliticus 11/04/2017 16:43

Je plussoie le compliment d'Euclide sur la grande qualité de vos commentaires, cher Furax.
Quelques rapides remarques :
- attendons encore un peu de voir si le Donald s'est définitivement converti à l'empire. Tout votre discours repose sur cette hypothèse et il est peut-être encore un chouilla trop tôt pour l'affirmer.
- concernant la Corée, rappelons tout de même que ce point de fixation est, comme nous l'avons montré plusieurs fois ici, le prétexte idéal pour le système impérial de conserver ses bases à l'est de l'Eurasie. Un "effondrement du régime nord-coréen" serait pour l'empire se tirer une balle dans le pied tandis que, dans l'absolu, cela conviendrait parfaitement à la Chine. Difficile, donc, d'y voir une menace voilée de Washington à Pékin. Ce serait presque le contraire...
Bien à vous

Furax 11/04/2017 13:37

Merci du compliment, Euclide.

Pour les réponses à vos questions, nous les avons sous nos yeux.

Alors pendant sa campagne, Trump avait dit et répété que la priorité était de s'entendre avec les russes pour enfin faire la peau à tous les djihadistes du Moyen-Orient, aussi bien ceux de ISIS/Daech que des prétendus modérés d'Al Qaïda, et que la Chine était la principale menace et même l'ennemi des USA, Trump président a complètement inversé l'ordre des priorités annoncées et même des engagements pris devant ses électeurs.

Sa priorité, c'est maintenant de refouler la Russie en appuyant Al Qaïda en Syrie pour servir les intérêts de l'empire américano-wahabbite et de conclure un deal avec la Chine sur le commerce et la sécurité en Asie de l'est.

Il est inacceptable pour l'empire US que la Russie fasse échec à leurs manoeuvres en Ukraine et au Moyen-Orient et plus encore qu'elle gagne sur les 2 tableaux.Trump et ses conseillers se disent que l'endroit sur lequel la Russie est la plus susceptible de reculer, c'est le Moyen-Orient.

D'ailleurs sa tactique y est plutôt adroite. Elle pourrait se résumer par "Nous ne pouvons pas vous empêcher d'appuyer le régime syrien mais vous ne pouvez pas nous empêcher de bombarder le régime syrien. Et tant pis pour vous si vous vous trouvez par hasard sur les points d'impact de nos missiles de croisière. Nous ferons comme si vous n'étiez pas là car vous n'avez pas à y être vu que le Moyen-Orient c'est notre chasse gardée depuis 1918."

La priorité numéro 1 pour les USA, c'est de maintenir le flot de pétrodollars en provenance des pétromonarchies wahabbites/salafistes et de contrôler la principale source d'approvisionnement en hydrocarbures de l'Europe et de l'Asie.

Pour la Crimée, Trump continuera de mettre une pression forte sur la Russie en sachant fort bien que s'il y a un point sur lequel la Russie ne peut rien céder, c'est la Crimée. Et il est même probable que Trump accentue la pression sur la Russie au sujet de la Crimée. La pression qu'il a mise sur l'Allemagne et sur le reste des membres des membres de l'OTAN pour qu'ils augmentent fortement leur budget défense doit de plus en plus visiblement s'interpréter comme un message signifiant "Payez plus pour que, sous hégémonie US, nous refoulions la Russie à vos frais."

Quant à la Chine, les options me paraissent rester relativement ouvertes.
Trump semble tenter un chantage sur le mode "Faites nous des concessions commerciales ou bien on provoque l'effondrement du régime nord-coréen."
Ce qui expliquerait que la Chine ait massé 150.000 hommes à sa frontière avec la Corée du nord.

Mais je vois mal la Chine tomber dans le panneau et se faire avoir d'abord sur le commerce puis ensuite sur la Corée une fois que les USA auront comme toujours violé leur engagement.

La Chine a bien compris que la seule façon de traiter avec les USA c'était de ne pas leur céder un pouce de terrain, donc de ne surtout pas distendre les liens Chine-Russie qui enragent et effraient l'empire US, et d'attendre que l'empire s'empêtre dans ses contradictions et s'effondre sur lui-même.

Tout le monde a compris que les USA incarnaient le scorpion de la fable et donc en titre les conséquences (hormis nos dirigeants européens). Les USA ne savent jouer que gagnant-perdant. Donc on ne joue pas avec eux.

Yom 11/04/2017 00:45

J’ai pris le temps ce soir de regarder les vidéos incorporées au billet et elles sont vraiment intéressantes.

Celle du diplomate bolivien devrait être passée en boucle, car tout y est. Elle m’a permis de constater que mon castillan n’est pas si rouillé.

Observatus geopoliticus 11/04/2017 17:00

@ Yom
Claro que sí, señor !

LordMe 10/04/2017 23:21

Un lien intéressant concernant des images satellites de la base de Shayrat pris par ImageSat International, une société Israélienne, après le bombardement.

http://www.imagesatintl.com/us-strike-syria/

Observatus geopoliticus 12/04/2017 03:30

@ LordMe
Ah oui, donc ça confirmerait ce qu'avancent les Russes : 23 missiles.

LordMe 11/04/2017 19:44

@OG
Et ne vous fiez pas au texte prétendant 44 cibles répertorié, alors que les 3 photos détaillés n'en présentent qu'une dizaine. La photos d'ensemble ne permet pas d'en conclure grand chose et semble même montrer qu'une grand partie des installations est intacte.

LordMe 11/04/2017 19:36

@OG
L’intérêt n'est pas dans le texte (copié collé de l'annonce du Pentagone), mais dans les photos. Elles montrent d'une part la remarquable précision du ciblage, et d'autre part la vingtaine d'impact répertorié!!! Libre à vous d'en tirer toutes conclusions :)

Observatus geopoliticus 11/04/2017 18:43

@ Hamilcar
Nan nan, plutôt l'inoubliable "Les c... ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

Hamilcar Barca 11/04/2017 17:16

@OG
"Un bourre-pif en pleine paix?"
C'est ça?

Observatus geopoliticus 11/04/2017 17:01

@ Yom
Oui, j'ai lu ça. Décidément, Audiard n'avait pas tort...

Yom 11/04/2017 00:42

Vous exagérez à peine, cher Observatus.

Ce soir, la presse conventionnelle en ligne (de Libé à Ouest-France, du Monde à l’Express) relate que le Pentagone annonce avoir détruit « 20% des appareils opérationnels » des forces aérienne syriennes avec cette frappe de missiles.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 23:49

@ LordMe
Bof... "According to the Pentagone"... "According to the Washington Post"... 23 000 cibles ont été détruites, 36 000 systèmes anti-aérien ont été pulvérisés mais il n'y a eu que 9 morts. Ah ok... (j'exagère les premiers chiffres à dessein).
Certaines photos montrent clairement les impacts, d'autres non. La société est israélienne et Israël a tout intérêt à exagérer la portée des frappes US. Un peu comme la Syrie aurait tout intérêt à la minimiser. Dans cette affaire, il est difficile de croire aussi bien Tel Aviv que Damas.
Par contre, les Russes n'ont aucun intérêt à mentir avec le ratio 23/36. Ils ne trompent pas les Américains, ne se donnent pas le beau rôle (23 missiles ont quand même réussi à passer...) Beaucoup plus plausible.

Eszwal 10/04/2017 22:49

Le président trump recevait au même moment le président chinois. Beaucoup s'accordent pour dire que ce n'était pas qu'une coïncidence...

Yannshik 10/04/2017 22:31

Encore une explication est qu'il aurait pu perdre les pédales, coincé qu'il est entre ceux qui continuent de lui taper dessus à bras raccourcis, son soutien populaire qui fiche le camp et son proche entourage d'aventuriers qui a l'air de se livrer à une guerre sans merci. Il aurait "joué" au président de la république meilleur qu'Obama pour impressionner tout le monde. Taper sur la table, au hasard. Une sorte de bluff pour montrer ce dont il est capable et se faire respecter par tous.
J'ai souvent entendu dire pendant sa campagne et son accession au trône impérial qu'il n'y avait jamais vraiment cru, et tout étonné d'être là.
Alors on pourrait se demander si non seulement l'Empereur n'est pas nu mais mais si de surcroît il ne serait pas aussi impuissant; ce qu'il pourrait commencer à mal ressentir.
En espérant que non.
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2017/04/10/trump-president-fantoche-et-retour-des-faucons-5931487.html

Pendule de Nwton 10/04/2017 20:41

Bonjour,
Cher O.G,
Ce week-end mon fils était proche de la syncope. Il a passé les yeux rivés sur la tv et les réseaux tentant de guetter une logique dans ce fouillis. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui arrivait, comme si on était passé dans une autre dimension en moins de 02.
Il vient d'apprendre ses premières palpitations géopolitiques et là faut que je vous dise, rien n'a pu le libéré de se stress.
Parfois c'est dur de prendre du recul, il s'est fait des trips et suppositions exponentielles. Je lui est demandé ce qu'il en pense, après la danse des tomahawks et les discours qui s'en ont suivi:
1) Cela ne sert plus à rien de chercher à comprendre les causes où les actions du côté occidental-israélien et turc, suffit d'analyser les conséquences.
2) Analyser les réactions et contre mesures du camp russe, chinois, syriens.
3) Ne plus veiller devant la tv pour se laisser happer par la démagogie. Mieux ne jamais y mettre son coeur.

Bien à vous

Alaric 11/04/2017 17:22

J'ai 21 ans et j'ai passé mon week end à fouiller internet pour tenter de mettre du sens derrière l'attaque américaine et ses implications géopolitiques ^^ heures exaltantes et dangereuses comme dit OG

Charles Michael 10/04/2017 19:18

Oui, la poussière retombe un peu et d'après Alexander Mercouris (the Duran)T.Rex MacMaster se sont lancer dans une campagne de limitation des dégats, principalement vis à vis de la Russie (mais aussi de Bachar Al Assad). En gros revenant aux positions avant Frappes.
La tête tourne un peu.

Un vent mauvais semble se lever sur l'exceptionnelle bulle des detttes US, particuliers et entreprises, budget fédéral dépassé, cessation de paiement en vue, demande de rallonge budgétaire comme sous Obama; toutes choses coutumières.

Est-ce encore une fois l'économie ? et s'attirer les graces du Congrès ?

Grognard 10/04/2017 17:24

Bonjour à tous,

Je n'ai pas non plus d'éléments de réponse.
Pire je ne privilégie aucune hypothèse.

Ceci écrit.
Souvenez vous de la première revendication e Trump vis à vis de la Russie: rendre la Crimée.
Trump est présenté comme un négociateur habile.
Si l'on accepte ce jugement ,nous devons considérer comme volontaire une demande dont il savait que la réponse ne pourrait qu'être non.
Nous pourrions argumenter ce l'objectif était de présenter la Russie comme non coopérative.
Argument qui ne tient pas au vu de la russophobie ambiante aux USA
.L'option restante est la suivante: La Russie ayant dit non sur cette demande, il lui sera plus difficile de dire non à la prochaine.

Regardons le profil de Trump d'un peu plus prêt.
C'est avant tout un businesman.
Il est logique qu'il utilise les outils et méthodes de son terrain d'expertise.
Que fait un chef d'entreprise lorsqu'il veut lancer une OPA par exemple sur une Ets?
Il se renseigne sur la dire Ets: composition de la dite Ets ; analyse des comptes, du marché, du marché" futur potentiel et ainsi de suite.
Peut-on établir un parallèle avec les décisions politiques de Trump?
Pour le moment à l'évidence non.
Peut-être y-a-t-il une carte cachée qui viserait à placer la Russie en position délicate en Syrie avec une double arrière pensée: tenter de lui "lier les mains"sur un ou plusieurs fronts et concernant le MO ralentir la fuite de ses alliés traditionnels en direction de la Russie.

Le plus intéressant c'est ce que fera la Russie.
Je gage que le gvt russe voudra continuer à jouer avec les blancs.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:23

@ Grognard
Vous avez tout à fait raison d'insister sur l'aspect businessman de la personnalité de Trump mais cela suppose qu'il est indépendant dans sa prise de décision. Or son passé sinueux (Démocrate puis Républicain, libre-échangiste puis souverainiste) ne plaide pas pour cette thèse.
Selon un mémo d'un diplomate britannique, il se serait également fait influencer dans l'affaire syrienne par... sa fille ! http://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/ivanka-trump-donald-bomb-air-strikes-sir-kim-darroch-syria-chemical-attack-sarin-idlib-province-a7674951.html
Bien sûr, cela ne veut pas dire que la décision de bombarder n'a été prise que pour sécher les beaux yeux d'Ivanka, mais si cela a pesé ne serait-ce que pour 1%, si on en arrive là, c'est grave...

Un point fondamental que vous relevez et sur lequel je n'ai peut-être pas assez insisté : rassurer les alliés traditionnels au MO. Maintenant, si c'est une frappe (pour la galerie de surcroît) sans lendemain, seront-ils vraiment rassurés, c'est une autre question...

Zevengeur 10/04/2017 16:44

On se creuse la cervelle depuis 2 jours pour expliquer le geste du Donald, peut être est il tout simplement victime d'une crise "d'Erdoganite aiguë" ! (il parait que cela peut être contagieux)

Si c'est le cas, il est inutile de continuer à réfléchir...

Grognard 10/04/2017 20:04

@ Observatus geopoliticus

Bonjour,
(j'espère que j'ai cliqué au bon endroit!)
Vous verrez qu'a force de passer les hypothèses au tamis la vérité finira par sortir.

Dans votre propos vous mettez en exergue le côté versatile de Trump.
Je suis bien d'accord avec vous.
Si le choix d'envoyer des "tom" a pu même à minima être influencé par fifille ; alors Trump n'est pas un animal à sang froid
Cela pourrait s'avérer dangereux dans une crise aiguë.

Dans les relations internationales le volet diplomatique qui pilote les négociations voit passer des personnes de compétences différentes.
Néanmoins si vous êtes un interlocuteur coriace mais "réglo" vous aurez le respect de vos interlocuteurs.
A contrario si vous êtes perçu comme un faiseur de coups tordus ; cela marchera une fois, deux fois ; ensuite il y aura un retour de boomerang.
Cela Trump le sait ; alors pourquoi brûle-t-il ses vaisseaux?
Quadrature du cercle.

la grive 10/04/2017 18:59

Au sujet d'Erdogan, vu la tournure des événements, je pense que les rebelles d'Idlib sentent se lever un petit vent en poupe et, de fait, le moral revient au président turque qui retrouve sa place à la table des adultes.

dupontg 10/04/2017 18:40

la prise de controle de la cour supreme le 7 avril me parait pourtant l'objectif determinant et incontournable pour trump

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:27

@ Zevengeur
Ha ha ha, Erdogan aurait fait des émules. Ah ce sultan, quand même...
Plus sérieusement, notons qu'il semble jouer son va-tout dans cette affaire. Il continue à se lâcher en imprécation contre les euronouilles qui sont, je pense, désormais définitivement fixés. Il vient de trahir assez grossièrement les Russes. Si Donald le lâche, il n'aura plus personne mises à part les pétromonarchies qui avaient pourtant vu avec plaisir le putsch contre lui en juillet dernier...

Ezna 10/04/2017 15:51

C'est tout de même usant cette habitude de se baser sur Russia Insider pour appuyer la quasi totalité de vos propos..

Observatus geopoliticus 10/04/2017 17:41

@ Ezna
C'est tout de même usant, ces têtes de noeud qui ne savent pas lire...
3 liens sur 24 concernent Russia Insider. Est-ce la "quasi totalité" ? Vous avez gardé des chèvres au lieu d'aller à l'école ?

la grive 10/04/2017 13:18

Voyons les choses dans l'autre sens. Vous dirigez la politique occidentale et ne souhaitez pas voir le gouvernement syrien reprendre les territoires perdus.
Sur le plan diplomatique et médiatique le volume est déjà poussé à 10. Quant au soutien au rebelles, malgré des lignes de communication encore maintenues, les forces alliées reprennent du terrain et la débâcle est inexorable. Vous avez des forces aériennes et terrestres en place avec pour mission de combattre l'état islamique mais n'avez jamais fait mention du devenir des territoires conquis.

Que faites-vous ?

Hamilcar Barca 11/04/2017 17:22

@Furax
Remarquable
Clap-clap-clap!
:-)
Mais terrifiant ..
:-(
Très cordialement

Furax 11/04/2017 01:22

Ce qui a été mis en évidence pendant la campagne présidentielle américaine, c'est qu'il y a une division au sein du Deep State, ou plutôt qu'il y avait une crise aigüe entre les différentes tendances qui ont toujours existé au sein du Deep State.

Il n'y a pas de gorbatchévien, d'isolationniste, de pacifiste dans les grands partis, homis le libertarien retraité Ron Paul qui a tenté sa chance à la primaire républicaine de 2012 et a fait un score microscopique.

Toutes les tendances du deep State ont une conscience aigue du fait que les USA et leurs élites profitent énormément de l'empire et que cet empire repose avant tout sur la supériorité militaire et diplomatique des USA. Enlevez la supériorité militaire et le dollar perd son rôle de monnaie de réserve mondiale, les USA perdent leur droit de seigneuriage sur le reste du monde et sont obligés d'équilibrer leurs comptes. Ce serait pour eux le retour aux années 1930. Donc, tout dirigeant américain, quoi qu'il pense, essaiera de maintenir coûte que coûte ce système qui permet à son pays de vampiriser le reste de la planète.

S'agissant des factions au sein du Deep State, il y en a 2 :

- l'école réaliste, dont la figure de proue, celui qui a théorisé la logique stratégique, est Kissinger. C'est grosso modo l'école nationaliste classique, même si elle ne se gène pas pour conclure les alliances les plus éhontées avec les saoudiens, Mao ou quiconque peut aider les USA à établir un rapport de forces favorable à l'encontre de leur principal rival stratégique. Son idée c'est qu'il faut à tout prix éviter de se facher avec tout le monde parce que les USA n'ont plus les moyens d'être en conflit larvé avec l'ensemble des autres grandes puissances. Et donc cette faction penche pour un apaisement des tensions avec la Russie (qui avec ses 145 millions d'habitants n'est pas une menace vitale) afin de mieux faire face au grand méga-rival économique et stratégique qu'est le géant chinois (4 fois plus peuplé que les USA et les ayant déjà dépassé au plan économique en parité de pouvoir d'achat).

- l'école messianique, dont le père fondateur est moins Brzezinski, qui a certes fixé pour les USA un objectif beaucoup plus ambitieux et unilatéraliste que Kissinger partisan d'une diplomatie traditionnel d'accords, d'équilibres et d'endiguement, que les pourceaux de Brzezinski qui ont ajouté aux objectifs recommandés par Brzezinski (en gros destabiliser par tous les moyens tout rival potentiel qui commencerait à émerger, la stratégie du chaos contrôlé) la vénération pour l'usage de la force (vénération en partie intéressée seulement et répondant aussi à une véritable pathologie américaine, l'éthique de l'action et de la force).

Pourquoi un supposé réaliste adopterait-il finalement la ligne des messianiques unilatéralistes ?

Soit parce qu'il a menti sur ce qu'il était afin de se faire élire.

Soit parce qu'il a été convaincu par les messaniques unilatéralistes qu'il ne faut de toute façon rien lâcher parce qu'il sera plus difficile de faire descendre les USA de la 1ère place à la 2ème que de la 2ème à la dernière.

On peut se poser légitimement la question sur la quasi-disparition des réalistes depuis une bonne quinzaine, voire depuis une vingtaine d'années. Comment se fait-il que tout le monde mène plus ou moins la politique étrangère voulue par les néoconservateurs ?

Est-ce du à une maladie mentale collective ? Je n'y crois pas du tout. Il n'est jamais bon de mépriser le danger, l'adversaire.

Je pense qu'il y a des raisons concrètes impérieuses, des contraintes objectives extrèmement fortes qui contraignent les présidents américains à adopter au final ces politiques néoconservatrices de destabilisation du monde. Et je ne fais pas référence à une affreuse mafia qui forcerait par le chantage un président à agir contre sa volonté. Je fais référence à un constat partagé qui fait qu'au final un Obama laisse la bride sur le cou à ses bellicistes avec des résultats assez proches de ceux d'un Bush junior, à ceci près qu'Obama a reculé en 2013 sur la Syrie contrairement à Bush qui s'est jeté sur l'Irak en 2003 et qui l'aurait fait sur l'Iran en 2006/2007 si ses généraux n'avaient pas mis le holà.

Et à mon avis, cette contrainte impérieuse, c'est la fameuse théorie de la bicyclette. La puissance américaine dont les USA tirent une large partie de leur richesse est comme une bicyclette. Si elle n'avance pas en semant la pagaille ici et là pour se rappeler au bon souvenir des petits pays, si elle ne fait pas dérailler les rivaux en devenir, elle tombe.

Ils continuent parce que sinon, leur système n'a plus de cause qui puisse le maintenir et s'effondre. Ce serait certes un jeu à somme globale positive pour le monde entier que ce système s’effondre mais ce serait un jeu à somme très négative pour les USA.

Ou bien, vu sous un autre angle, complémentaire, de toute façon personne ne peut avoir confiance dans les USA. Depuis plus de 2 siècles, les USA ont violé un tel nombre d’engagements que personne ne peut plus leur faire confiance. Il n’y a de toute façon plus les bases de confiance qui permettraient aux USA de conclure avec les autres grandes puissances un accord de recul raisonnable de l’empire, parce que tous les partenaires potentiels des USA pensent, très rationnellement au vu de l’expérience des 2 derniers siècles), que les USA sont comme le scorpion de la fable et ne peuvent de toute façon s’empêcher de chercher à détruire leurs partenaires pour les soumettre. C’est la malédiction de l’exceptionnalisme et de la destinée manifeste.

Je mets mes mots de manière très schématique sur le processus à l’œuvre, qui est certes plus complexe, mais que les stratèges russes comme chinois ont parfaitement compris. Au fur et à mesure que la puissance relative de l’empire US diminue et que ses fondements s’effritent, l’essentiel est de temporiser, de garder son sang-froid parce que la bête est blessée, malade même, et d’une maladie dégénérative incurable qui fait que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle soit rattrapée par un effondrement intérieur. C’est cette période de déclin et d’agonie qui est dangereuse parce qu’elle est propice à une fuite en avant d’une caste impériale aux abois.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:34

@ La grive
Pas de souci. Pour votre question, encore une fois : tout dépend si voulez être partie de ce système impérial. Pourquoi l'élection a-t-elle tant déchaîné les passions ? Parce que pour la première fois depuis 1945, un président US pouvait revenir à un relatif isolationnisme et sortir de ce carcan impérial sur lequel vit et prospère l'Etat profond.
Maintenant, si le Donald a été récupéré par le Deep State et se met à poursuivre les intérêts de l'empire, alors il n'y a plus de mystère et plus de surprises. La question est : est-ce la cas ? A-t-il franchi le Rubicon ?

la grive 10/04/2017 19:14

Désolé, sur internet le ton de la conversation ressort souvent plus sec que voulu.

Pour reformuler la question, oublions un instant le président américain et supposons que vous conseillez le système impérial. On vous demande quelques idées pour sauver les meubles.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:55

@ La grive
Soyez un chouilla moins direct, SVP.
Pour répondre à votre question, tout dépend si vous partagez les intérêts du système impérial. C'est justement là le noeud du problème et de nos supputations. Si le Donald s'est converti en président de l'empire et du Deep State, s'il a abandonné son isolationnisme, alors il n'y a plus de questions à se poser. Il fera comme Bush, Obama, Clinton...
Mais s'est-il réellement converti ? C'est ça et seulement ça que nous essayons tous d'élucider.

la grive 10/04/2017 18:45

Et connaissant les intérets et les enjeux, vous agissez comment ?

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:32

Lapsus très révélateur en effet, hé hé...
Les intérêts du système impérial US dans la région, on les connaît tous. Toute la question est de savoir si le Donald s'est définitivement impérialisé et a succombé à l'Etat profond. Si oui, c'est reparti comme en 40 et il n'y aura aucune surprise : politique à la Hillary/Obama/Bush...

Kevin 10/04/2017 14:36

Lapsus révelateur: j'ai mis Israel dans la liste des états Sunnites ;-)

Kevin 10/04/2017 14:36

Tout à fait d'accord!
Quels sont les interets diplomatiques US dans la région? Briser l'arc chiite pour contenter leurs alliés sunnites (Turquie, membre de l'OTAN qui se rapprochait de Moscou, Qatar, A-S, Israel...)? Leurs interets économiques: Faire main-basse sur le pétrole syrien? Leur interet militaire: tester les systèmes anti-missiles russes? Quel est l'interêt de Trump plus particulièrement? Eradiquer Daesh pour booster sa côte de popularité (Obama a tué Ben Laden en 2011, j'imagine que ca a pu contribuer à sa réelection en 2012), passer pour un mec moral (lui qui voulait tuer les familles des terroristes l'année dernière) qui n'accepte pas qu'on gaze des beautiful babies (par opposition à ce dégonflé d'Obama)? Montrer que c'est lui le patron et qu'il n'est pas à la botte de Poutine? Faire plaisir au deep state pour enterrer la hache de guerre?

Henrietta 10/04/2017 12:45

Bonjour,

Dans quelles mesures ses actions lui permettent-elles de réduire les capacités de nuisance du deep state ? Et si c'était ça la clé pour comprendre les actions de M. Trump ? Après tout, il n'a que le titre de POTUS, et on sait bien ici qu'il a toutes les peines du monde à être réellement aux commandes...

Puisqu'une purge du système façon Erdogan n'est certainement pas possible légalement (quand bien même, encore faudrait-il avoir les juges avec soi), que lui reste t-il comme options en dehors d'un faux coup d'état, d'une guerre civile, ou de traîner cette clique de bandits devant la Justice internationale ?

Peut être que prouver aux neocons l'inanité de leurs ambitions en démontrant l'infériorité de l'armement US était la solution la moins coûteuse et la plus immédiate ?

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:42

@ Yom
Une chose qui pourrait cadrer avec votre "scénario rocambolesque" : la publication dans le Huffington Post, canard pourtant très impérial, d'un détonnant article accusant Al Qaeda d'être à l'origine du demi false flag de Khan Cheikhoun : http://www.huffingtonpost.com/entry/syria-chemical-attack-al-qaeda-played-donald-trump_us_58ea226fe4b058f0a02fca4d
(Merci à Alaric qui a été le premier à donner le lien)
@ Henrietta
Une "purge" aurait tout de même été possible s'il avait dévoilé l'intox de l'attaque chimique, la couplant avec l'intox de la Ghouta en 2013, avec toutes les preuves à l'appui. C'était ce que souhaitaient Bannon et, plus étonnant, Kushner. Cette révélation (qui pour nous n'en est bien sûr pas une) aurait fait des vagues très loin dans le Deep State. Enquête officielle, audition publique de responsables du renseignement...

Yom 10/04/2017 16:13

Personnellement, je fais partie de ceux qui n’ont jamais fondé d’espoirs significatifs sur Trump. Aussi, ce qui suit n’est pas l’expression de mon opinion personnelle, mais la restitution de ce que j’ai compris des raisonnements de ceux qui veulent y croire.

1. Le bombardement donnerait au deep state un os à ronger, ce qui relacherait (momentannément) sa pression sur Trump.

2. Dans un scénario, que je trouve personnellement rocambollesque, Trump pourrait tabler sur des conclusions des enquêtes en cours favorables au régime syrien pour ensuite se retourner contre ses services de renseignement et limoger les responsables officiellement pour des faits d’incompétence (« vos mauvais renseignements ont eu des conséquences, alors dégagez bande d’incapables ») plutôt que des divergeances stratégiques (« vous, néocons interventionnistes, devez faire place à ma nouvelle politique isolationniste »).

GEBE 10/04/2017 11:21

Est ce la confirmation de l'hypothèse N°2

34 des 59 missiles Tomahawk interceptés.

http://reseauinternational.net/frappes-us-les-missiles-tomahawk-auraient-bel-et-bien-ete-interceptes-video/

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:47

Moui enfin... On n'y voit pas grand chose et ça pourrait tout aussi bien être des hologrammes créés sur ordinateur. Cette "vidéo" constitue difficilement une preuve, ni dans un sens ni dans l'autre.

Madudu 10/04/2017 14:40

Moi !

(je ne crois pas aux évangiles ^^)

Dubitatif 10/04/2017 13:28

Ou n'ont existé que dans le ''discours propagande'' US.
Levez la main ceux qui prennent encore à ce jour la parole Us pour parole d’Évangile.

Saurer 10/04/2017 11:17

A l'heure qu'il est nous devons rester encore prudents, on ne sait pas tout. Il serait étonnant que D. Trump ait plongé, comme ça, la tête première dans un piège aussi grossier. Et si c'était le contraire, que ce soit les néocons de l'Etat Profond qui se soient fait piéger ? ! ... Ce qui choque dans cette affaire, c'est la spontanéité, l'unanimité, et la rapidité des capitales occidentales, plus le Sultant et Israël, à "saluer" cette action. Tout cela est suspect, et après tout, il n'est pas impossible que ce soit eux, les suppôts de l'oligarchie, qui se sont plantés. En effet, pour l'instant, la réaction de Vladimir est plutôt mesurée. Dès lors, attendons la suite avant de condamner définitivement D. Trump.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 18:51

@ Saurer
S'il a plongé, c'est évidemment en pleine connaissance de cause comme semble le démontrer l'article assez définitif de Robert Parry. A Washington, tout le monde sait que l'attaque chimique était ne manipulation.
L'empressement des alliés au MO est effectivement troublant. La relative prudence des euronouilles (une fois n'est pas coutume) également.
Eternel théâtre d'ombres...

Scytales 10/04/2017 10:57

Bonjour,

OG, votre hypothèse n°1 est tirée par les cheveux et ne repose que sur des affirmations qui relèvent du "brouillard de guerre" (59 missiles tirés, 58 qui portent selon les US, 23 qui portent selon les Russes) volontairement entretenu par les deux parties.

Vous êtes aveuglé par votre fascination pour quelques dispositifs techniques russes, en particulier les missiles sol-air qui, quelles que soient leurs qualités, qui sont effectivement grandes, ne sont que des dispositifs techniques. Ils ne sont pas infaillibles, ils peuvent être mal employés et ils ont leurs limitations. Et par-dessus tout, il y en a très peu en Syrie, essentiellement pour assurer la protection des bases militaires ruses. Ces équipements ne sont pas des deus ex machina qui peuvent renverser une situation ou un rapport de force qui est très largement défavorable aux Syriens et aux Russes sur le plan militaire.

Observatus geopoliticus 12/04/2017 03:29

@ Scytales
Je l'ai déjà expliqué cent fois...
Un camp avance un seul chiffre invérifiable et ne fournit rien. Quand il veut se justifier, il se trompe de quantificateurs (Matis : 20%... heu non... 20 avions).
L'autre camp montre images de drones, photos, vidéos, cartes etc. où l'on voit une vingtaine d'impacts.
Conclusion ?
NB : gardez-vous de votre petit air moral à deux kopecks au vu de votre précédent passage... D'ailleurs, vous devez une réponse au suffète, non ?

Scytales 11/04/2017 19:59

Pardonnez-moi d'insister, mais il n'y a, à l'heure actuelle, en ce qui concerne le déroulement de l'attaque américaine, que deux informations certaines : d'un côté les Américains affirment avoir lancé 59 missiles dont 58 ont fonctionné et d'une autre côté les Russes affirment que 23 missiles ont atteint des cibles sur la base aérienne syrienne.

Il n'existe à ma connaissance, mais si vous en avez, je serais le premier intéressé à en prendre connaissance, aucune confirmation ou infirmation de ces affirmations, notamment de la seconde.

Or, le cœur de la première partie de l'article spécule que l'affirmation des Russes est exacte et toutes les hypothèses sont échafaudées dessus.

Il s'agit d'un biais qui disqualifie le raisonnement.

Hamilcar Barca 10/04/2017 22:22

@Scytales

Bonsoir
Ma formation et mon parcours ont été ceux d'un scientifique universitaire.
Quand une personne, dans un congrès ou ailleurs, conteste violemment un orateur ou auteur sur le mode: "Je ne suis pas d'accord car moi je pense que ...", on l'invite courtoisement à "exposer les data" qui pourraient soutenir son assertion.

D'où la liste de questions à laquelle vous avez eu droit et qui est restée sans réponse.
Je veux bien croire que vu votre niveau de web-activité dans le domaine militaire comparé à celui dans la hi-fi, vous ayez d'autres préoccupations.

Je réponds donc à votre place:
- surface de la Syrie: 185 180 km2
- surface d'importance dans le conflit actuel: je vous la fait à 50%, ce qui est généreux.
Soit 90 000 km2 (300 X 300)

- enveloppe du système S-400 (varie selon les missiles)
* maximale: 400 km (rayon) x 185 km (plafond)
Au cas où vous l'auriez oublié: surface du cercle = 3.1416 X r2
Soit, surface contrôlée : 160 000 x 3.1416 = 502 656 km2
* minimale: 120 km (rayon) X 30 km (plafond)
Soit, surface contrôlée: ~45240 km2
Conclusion: les batteries de S-400 positionnées autour des bases russes de Tartous et Hmeimim contrôlent aisément tout l'espace aérien syrien "utile".

- enveloppe du système Pantsir (défense rapprochée)
* Pantsir-S1: 30 km (rayon) X 12 km (plafond)
Surface contrôlée: ~2800 km2
* Pantsir-S2: 40 km (rayon) X 15 km (plafond)
Surface contrôlée: ~4900 km2
Pas besoin d'en déployer des dizaines pour avoir un "deuxième rideau" autour des points névralgiques

- nombre de systèmes S-400 déployés en Syrie: inconnu
Servants de ces systèmes: russes sans aucun doute

- nombre de systèmes Pantsir -S1 et S2 déployés en Syrie
* autour des bases russes: inconnu
* chez les Syriens: probablement 36 Pantsir-S1; nombre de S2: inconnu.

- différence entre "renverser une situation" et "bloquer une situation": après le cours de rhétorique auquel vous a invité OG, prenez donc une rallonge en sémantique.

Serviteur.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 17:50

@ Scytales
Neuneu y'en à savoir lire ? Alors on va faire comme avec les petits enfants et on va tout reprendre depuis le début...
Qu'est-ce qu'une hypothèse ? "C'est une proposition ou une explication que l'on se contente d'énoncer sans prendre position sur son caractère véridique, c'est-à-dire sans l'affirmer ou la nier. Il s'agit donc d'une simple supposition, appartenant au domaine du possible ou du probable".
Neuneu y'en a comprendre ? Maintenant qu'il sait ce qu'est une hypothèse, Neuneu pourra consulter avec profit dans les archives les divers billets qui traitent déjà de la question et qui montrent que la quasi totalité du ciel syrien (et même bien plus) est couvert par les S400.
Pas la peine de me remercier, la leçon était gratuite...

Stef 10/04/2017 16:06

Je crains Scytales que notre hôte n'utilise pas un message chiffré pour vous répondre. J'aime bien votre technique "occidentalisante" consistant à inverser les vraies questions ("vous êtes aveuglé" etc.) et à déconsidérer la supériorité militaire russe que même les militaires américains admettent (je parle des vrais, ceux du terrain, pas ceux d'opérette qui siègent à Washington). A mon sens la seule supériorité occidentale est le nombre. Bref, pour le moment (mais pour combien de temps?) les occidentaux ont un matériel militaire médiocre mais en grande quantité et les Russes un matériel de qualité, robuste et précis mais en nombre limité, sans parler de l'encadrement humain qui n'est guère percutant en occident (tiens ça ressemble à l'inverse de ce que certains ont noté pendant la guerre froide). Enfin, pratiquement seuls les Russes ont compris ce qu'implique la guerre moderne: troupes ultra sécurisés et équipées et surtout très mobiles (le nombre n'est pas essentiel), et, par ordre décroissant d'importance, les missiles, de toutes sortes, les sous-marins, les avions, les chars, les navires... Quant aux Etats-Uniens j'ai l'impression qu'ils en sont encore aux années 90.

Hamilcar Barca 10/04/2017 13:39

@Scytales

Bonjour,

Vous "mettez à 10 m", sèchement, Observatus Geopoliticus sur la question des défenses anti-aériennes russes présentes en Syrie.

Pouvez-vous donc SVP répondre précisément aux questions suivantes, afin d'éclairer les lecteurs de ce blog:
- quelle est la surface de la Syrie, et particulièrement celle des zones "utiles" où sont concentrées les cibles potentielles pour tous les acteurs du conflit?
- quelle est l"enveloppe" des S-400 et des Pantsir?
- combien de ces systèmes ont été déployés en Syrie?
- savez-vous qui les sert, quel est leur niveau d'entraînement?
- quelle est la différence entre "renverser une situation" et "bloquer une situation"?
- les systèmes de défense AA russes présents en Syrie, une fois en mode combat, peuvent-ils donc prévenir toute nouvelle agression aérienne, avions et/ou missiles, US ou israélienne?

Merci d'éclairer notre lanterne

Francois 10/04/2017 10:47

Merci OG pour ces superbes articles, on dirait que les choses sérieuses vont bientot commencer.
Le mandate de trump était finalement de 4 mois, il devrait rejoindre le clan des lopettes de la maison blanche. Obama le prix nobel va lui offrir une jolie camisole avec son prénom.
Quelle action d'éclat : on a rarement vu une chose aussi inutile : ça n'apporte rien aux usa, ni au final aux barbus, les usa sont regardés avec encore plus de scepticisme voir de crainte par tout le monde, vu leur inconstance et leur manque de logique. Trump est totalement laché par tout le monde, ça valide l'image de gros crétin obsédé et mégalo qui lui avait taillé la presse. A moins qu'il y ait un plan caché ??? L'avenir nous le dira

Hamilcar Barca 10/04/2017 20:13

@Furax
Merci cher Fujrax de "cristalliser" (le mot est à la mode) de façon ordonnée, logique et cohérente ce que certains - comme moi - sentaient confusément mais refusaient inconsciemment de voir.
Très cordialement

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:04

@ Furax
Vous parlez d'or, cher Furax, et je crains que vous n'ayez finalement raison.
On pourrait toutefois vous objecter qu'il y a eu un réel rapprochement américano-russe en Syrie, non seulement à Manbij mais aussi à Idlib quand les avions/drones US bombardaient les mêmes cibles. Ce rapprochement, également relevé par d'autres (Galactéros), est indéniable et c'est justement la raison pour laquelle le coup de sang du Donald d'il y a quelques jours en a surpris plus d'un.
Attendons encore un peu pour se faire une opinion définitive...

Furax 10/04/2017 13:27

François, pour que Trump puisse continuer sa politique, encore aurait-il fallu qu'il la commence.

Or Trump n'a jamais commencé à mettre en oeuvre une politique de coopération et de détente avec la Russie. Il a employé des mots, certes, mais entre les mots et les actes, c'est aux actes qu'il faut se fier.

Autant jai fait crédit à Trump quand il a viré Flynn pour un motif bidon et risible de la tête du conseil de sécurité nationale, parce que cela pouvait s'interpréter comme la mise à l'écart d'un personnage maladroit et partisan d'un conflit avec l'Iran, lequel conflit avec l'Iran est contradictoire avec l'objectif de s'entendre avec la Russie. Autant à la lumière des événements qui ont suivi et que j'ai rappelés en commentaire d'un précédent article d'OG, je n'ai pas le moindre doute. On a un schéma cohérent.

Trump a lâché Flynn pour un motif qui ne le justifiait aucunement. Tous les présidents élus et leurs collaborateurs, et même tous les candidats avant leur élection, prennent contact avec les officiels étrangers. Il aurait dans ce cas fallu tous les poursuivre en Justice depuis plus d'un demi-siècle. La réalité du limogeage de Flynn est telle que nous l'a décrite officiellement la Maison Blanche, parce que Flynn a caché une partie de sa démarche au vice-président Pence qui n'a pourtant aucun pouvoir exécutif et qui, quoiqu'accessoirement chrétien fondamentaliste, se trouve être un néoconservateur pur et dur.

Bref, aucun des actes de Trump depuis qu'il a été investi président n'est en conformité avec ce qu'il a annoncé et laissé espérer pendant sa campagne électorale.

D'ailleurs, chronologiquement, les actes d'hostilité de l'administration Trump contre la Russie a commencé dès le 2 février 2017, avant même que Flynn soit viré du NSC. C'est le 2 février que Nikki Haley, ambassadrice US à l'ONU nommée par Trump, a ouvert le tir en reprenant la rhétorique des Nuland et Powers à propos de la Crimée.

Et même, dès le 11 janvier 2017, avant même l'investiture de Trump, Tillerson, lors de son audition au Sénat en vue d'obtenir un vote de confirmation pour sa nomination comme secrétaire d'Etat, avait adopté une ligne dure sur la Crimée. Certes, à l'époque, on pouvait valablement émettre l'hypothèse que Tillerson baratinait délibérément un congrès dominé par les néocons pour obtenir sa confirmation et qu'ensuite il les enverrait promener. Mais depuis, on a pu constater qu'il a fait des affirmations contradictoires et qu'aucun acte visant à réaliser les promesses de rapprochement des USA avec la Russie n'avait été engagé.

Encore une fois, je le répète, Trump a eu le temps de rencontrer une bonne dizaine de chefs d'Etat ou de représentants de chefs d'Etat étrangers depuis son investiture. Il n'a même pas encore convenu d'une date pour rencontrer Poutine.

Quant à Hillary, vous aurez relevé qu'alors qu'il agitait de temps en temps la perspective d'une réouverture de l'enquête pour les multiples violations de la loi par Clinton comme secrétaire d'Etat et via les activités de sa fondation, il n'en a rien été.

Je suis bien forcé de conclure que Trump a juste employé tous les arguments possible pour se faire élire contre Clinton mais qu'au delà de la rivalité personnelle et de la volonté de vaincre à tout prix l'adversaire qui caractérise tous les grands fauves politiques, il n'y avait pas du tout l'opposition politique de fond radicale que Trump a prétendu pendant sa campagne.

C'est ce qu'on appelle le casse du siècle : le plus gros depuis que Wilson s'est fait réélire en 1916 sur un slogan en faveur du maintien des USA hors du conflit qui déchirait alors l'Europe.

Francois 10/04/2017 11:44

Pourquoi pas, mais se faire retourner au bout de 2 mois et faire exactement ce qu'il repprochait à Hillary... Je pense que s'il était si habile il aurait continue sa politique en se jouant du Deep state, mais bon l'avenir nous le dira.

Furax 10/04/2017 11:17

François, vous auriez tort de prendre Trump pour un crétin. D'autant plus que Trump a déjà prouvé qu'il n'était pas un crétin mais qu'il était très habile. Il ne faut pas confondre d'une part un crétin avec d'autre part une personne cultivant la pratique du contre-pied, de l'effet surprise, du mensonge.

Trump ne peut pas, dans cette affaire, avoir été trompé par des renseignements erronés.

D'une part parce que pendant sa campagne et pendant les 2 premiers mois de sa présidence il a régulièrement dénoncé les mensonges de ses propres services de renseignement.

D'autre part parce que ces mêmes services de renseignement semblent avoir refusé de cautionner la thèse d'une attaque chimique russe ou syrienne. C'est même la raison pour laquelle ils n'ont pas participé à la réunion de crise où le bombardement de la Syrie a été décidé.

Les 2 hypothèses les plus vraisemblables sont les suivantes.

Soit Trump a trompé tout le monde depuis le début et n'aspirait qu'à chausser les bottes de Reagan et de Bush père, à servir le lobby militaro-industriel, pétrolier, et partageait les vues des stratèges destructurateurs poursuivant jusqu'à l'obsession les objectifs théorisés par Mackinder.

Soit Trump n'avait pas de vision très arrêtée sur ce point pendant sa campagne, y allant à l'instinct, et finalement retournant sa veste une fois élu, parce que les lobbies précités l'ont convaincu (ou contraint) qu'il fallait poursuivre la politique des impérialistes néocons et qu'on le laisserait en échange prendre des mesurettes anti-immigration et anti-libre-échange pour donner quelques satisfactions à son électorat populaire sur la scène intérieure.

Et je penche pour la seconde hypothèse car Trump avait il y a déjà très longtemps (en 1987) exprimé des vues favorables à une entente avec l'URSS/Russie.

Eric83 10/04/2017 10:27

Comme vous le dites, OG, nous sommes encore en plein brouillard sur les raisons profondes de ce qui apparaît comme une décision aussi irrationnelle que déraisonnable.

Bien que je ne sois plus vraiment optimiste sur la volonté de Trump de s'opposer aux néocons-Deep State, je pense que l'intervention militaire US laisse encore la place à une hypothèse qui permettre d'y croire.

Trump a dû, d'après les diverses informations que vous nous soumettez, faire un choix et il a accepté l'option bombardement militaire chère aux néocons-deep state.

Quelques heures plus tôt - je ne retrouve pas l'article que j'avais lu - Killary avait exhorté Trump à intervenir militairement et depuis l'intervention militaire, c'est un concert de louanges médiatiques MSM concernant cette intervention.

Pour "se faire en pleine lumière" et en même temps les néocons, le Deep State, Killary et les médias MSM sans oublier l'Intelligence Service, Trump a la possibilité non seulement de laisser faire mais de d'encourager une ou plusieurs enquêtes indépendantes afin que la lumière soit faite sur la véracité ou non de l'attaque chimique par l'Etat Syrien.

Comme il s'agit à 99,99% d'un false flag, la vérité permettra à Trump de se dédouaner car il a pris une décision erronée à cause de renseignements US erronés, comme avec les ADM en Irak.
Il regagnerait ainsi une crédibilité auprès du peuple US ainsi que sur la scène internationale.

L'autre conséquence de l'intervention militaire US, et qui se retourne contre les velléités belliqueuses des néocons, est l'avertissement russo-iranien sur le fait que cette intervention a franchi une ligne rouge et que si d'aventure les US recommençaient, un conflit direct pourrait éclater. Sauf à vouloir déclencher une guerre mondiale, les interventions US en Syrie risquent de se faire rares et ciblées sur l'EI.

De plus, l'avertissement russo-iranien est aussi valable pour tous les acteurs qui ont immédiatement soutenu les US après l'intervention militaire, au premier rang desquels la Turquie et Israël.

Au final, les Syriens avec les Russes ont maintenant l'argument de "la légitime défense" pour abattre tout appareil qui violerait cet espace aérien. L'intervention US a coûté la vie à quelques Syriens mais les "gains" militaires et politiques pour l'axe syro-russo-iranien sont substantiels...et inversement proportionnels aux "pertes" des partisans US de la guerre et de leurs vassaux.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:14

@Eric
Possible, cher Eric, tout est possible en ces temps incertains... Ceci dit, la ficelle d'une "révélation" tardive remettant tout en cause me paraît un peu grosse. Le Donald serait taxé d'incompétence notoire, accusé d'être capable de partir en guerre sans avoir une idée de ce qui se passe sur le terrain.

LBP 10/04/2017 09:58

Merci beaucoup à OG et à tous les contributeurs pour ces analyses et débats si riches.

Une hypothèse que je ne crois pas avoir vue trop développée: Est-ce que l'un des objectifs de ces frappes, au moins secondaire, ne pourrait être simplement de tester les défenses de l'adversaire ? Plusieurs incursions "mystérieuses" de l'aviation israélienne au cœur de la zone contrôlée par Assad, irait également dans ce sens. En vue de la préparation d'un plan d'intervention plus vaste?

Autre chose, même "Le Monde" parlait dans un de ses éditorial en ligne vendredi de la possibilité de bombardement d'un stock d'arme chimique au sol (que bien sûr Assad aurait choisi sciemment de bombarder LOL). Les "rebelles" ne sont t'ils pas en train de protéger leurs stock de munition en y plaçant des armes chimiques, les rendant ainsi "non bombardable" ? Un bouclier humain puissance 10 en quelque sorte...

Kevin 11/04/2017 09:29

@OG: oui,bien sur que je vous permet :-)
Lu ce matin dans l'immonde: "Les responsables du Pentagone estiment que des armes chimiques pourraient toujours se trouver sur la base aérienne. Mais la frappe aérienne a délibérément évité de frapper les bâtiments de stockage supposés de ces armes pour éviter la dispersion de produits mortels, a expliqué lundi un porte-parole militaire américain."

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/04/10/frappe-en-syrie-le-pentagone-affirme-avoir-detruit-20-des-capacites-aeriennes-du-regime_5109113_3222.html

Ils ne venaient pas de dire que c'était impossible que le gaz ait été stocké par les rebelles et dispersé par une bombe conventionnelle?!?

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:27

@ Kevin
"Si on lui enroulait une bobine de cuivre autour de la taille avec 2 aimants autour, ses voltes faces incessants pourraient alimenter la Turquie en électricité !"
Ha ha ha ha ha, excellentissime. Je la ressortirai à l'occasion dans un billet si vous le permettez.

@ LBP
Il est évident que les inénarrables modérés placent leurs stocks chimiques ou non-chimiques près les populations civiles, ce depuis des années.
NB : Je plussoie une nouvelle fois sur la qualité des commentaires qui apportent beaucoup à ce blog.

@ Furax
Sur la livraison aux djihadistes, je rejoins LBP. On ne lance pas un Tomahawk comme ça, il faut une plateforme de lancement et surtout un système de guidage (stations radar ou satellite). Bref, ce n'est pas demain la veille qu'on verra des Tomahawks aux mains des barbus syriens.

Furax 10/04/2017 17:38

LBP, si jai employé les termes "atterrir mystérieusement", c'était une métaphore pour indiquer que les Tomahawks manquants auraient en fait pu non pas être tirés mais être sortis des stocks pour livraison aux "djihadistes modérés" des succursales d'Al Qaïda en Syrie afin qu'ils s'en servent plus tard.

Je sais bien qu'un missile n'est pas un avion ni un hélicoptère ni un drone.

LBP 10/04/2017 14:24

@Furax, merci pour votre commentaire, mais l’hypothèse d’un atterrissage en douceur d’un Tomahawk pour une réutilisation par les barbus me semble peu crédible.

Un Tomahawk est un missile dont la seule façon d’atterrir est d’arriver au sol à 800km/h en faisant un gros BOOM. Quant à sa réutilisation par les barbus, il faudrait qu’ils disposent d’une plateforme de lancement ce que fort heureusement personne ne leur fournira jamais, du moins j’espère.... Si tel était le cas je suis certain qu’ils tomberaient tous immédiatement d’accord pour l’envoyer chez Bibi. Nous ferions mieux de nous interroger sur l’origine des armes chimiques en possession de ces gus…

Sinon j’ai beaucoup aimé l’expression « sanctuariser » leurs forteresses. Pour moi un sanctuaire est un lieu de paix et de recueillement or là nous sommes au summum de l’ignominie et de la barbarie. Votre cynisme m’aura arraché un sourire aujourd’hui.

Plus sérieusement, si les russes et les syriens ont réellement réussi à éliminer 60% d'un barrage de 60 Tomahawk et ce avec une défense antibalistique incomplète et qu’ils comptent enrichir, ça me semble être un évènement majeur. Je ne suis pas un spécialiste en la matière mais je crois savoir qu’une grande partie de la doctrine militaire américaine repose sur la suprématie aérienne. Pour la conquérir les tirs de missile balistique et les bombardements à haute altitude avec des bombardiers furtifs sur les défenses anti-aériennes sont un élément préalable clef. Cela dit je pense qu’il faut vraiment se méfier des chiffres : combien de missiles ont été réellement tirés ? Combien d’objectifs atteints nous restent inconnus ?

Cette passe d’arme entre les russes et les américains, jouée sur un terrain déserté, avec des adversaires avertis, est peut être, un moyen de savoir lequel du bouclier ou de l’épée est le plus costaud. Tout le monde aiguise ses couteaux. Un petit Guernica en somme… Encore une fois simple hypothèse.

Furax 10/04/2017 11:23

@ LBP, fort bien vu sur les 2 points.

En effet, l'envers de la médaille, c'est que le lancement des Tomahawks permet de tester les défenses du camp d'en face. Encore que il ne savent pas exactement quels missiles sol-air ont été tirés.

Je glisse au passage une hypothèse non évoquée : qu'une partie des 36 Tomahawks "manquants" aient pu non pas être abbatus mais atterrir mystérieusement et fort opportunément entre les mains des djihadistes des succursales locales d'Al Qaïda pour usage ultérieur.

S'agissant des boucliers chimiques, c'est l'évidence : les rebelles djihadistes "modérés" sanctuarisent ainsi leurs places fortes, installées au milieu des populations civiles.

Kevin 10/04/2017 10:36

D'ailleurs, la rapidité à laquelle tous les laquais des US ont réagi était absolument édifiante. Comme s'ils avaient déjà rodé leurs discours. La palme du retournement de veste revient encore une fois à Erdogan, plus schizophrène encore que son alter-ego Gollum. Si on lui enroulait une bobine de cuivre autour de la taille avec 2 aimants autour, ses voltes faces incessants pourraient alimenter la Turquie en éléctricité! ;-)

Kevin 10/04/2017 10:24

@LBP,
Si ce que vous dites est vrai, alors c'est vraiment effrayant. OG reconnaissait déjà il y a quelques semaines ne pas comprendre le bombardement de l'armée syrienne à Palmyre. Je ne suis pas partisan de la théorie du complot, mais cette histoire de gaz sarin est vraiment louche. Le timing, surtout: après l'election de Trump, les bombardements americains s'intensifiaient de facon spectaculaire contre Daesh, qu'on croyait au bord de la rupture, et soudainement, dans un revirement inexplicable, Israel et USA se mettent à bombarder l'armée syrienne...

Ali CHRIKI 10/04/2017 09:01

Excellente analyse!

bluetonga 10/04/2017 08:42

Tillerson vient de déclarer que c'est au peuple syrien de décider du sort d'Assad (RT). C'est toujours un peu flippant la schizophrénie en direct. Il ont vraiment perdu la boule ou bien ils pratiquent la confusion comme arme stratégique?

Plus ça va, et plus il apparaît évident qu'il est impossible désormais de traiter avec Washington comme avec une nation normale. Aucun accord, aucun traité, aucune palabre n'est garantie de tenir la distance. Les discours et les opinions virevoltent dans tous les sens. Quand ce pays va-t-il retrouver ses sens? Et à quel prix?

Une autre chose me frappe aujourd'hui. Les Russes, les Syriens et d'autres reprennent constamment la terminologie de la guerre contre les terroristes. Or la vraie question en filigrane est : qui sont les commanditaires du terrorisme actuel, post 9/11? Comment ce terrorisme est-il devenu possible, qui lui en a donné les moyen, qu'est-ce qui le motive? L'empoignade entre les uni- et multi-polaires s'intensifie graduellement, mais aucun des deux camps n'a jeté sa gourme et osé déclarer officiellement la guerre à l'autre. Lutte à mort dans le brouillard médiatique.

Une

Charles 10/04/2017 20:00

"la « théorie du fou » de Nixon (l’Amérique doit projeter l’impression que ses dirigeants sont imprévisibles)", in http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8468

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:40

@ Bluetonga
Je vous cite : "Plus ça va, et plus il apparaît évident qu'il est impossible désormais de traiter avec Washington comme avec une nation normale. Aucun accord, aucun traité, aucune palabre n'est garantie de tenir la distance. Les discours et les opinions virevoltent dans tous les sens"
Figurez-vous, cher Bluetonga, que c'est exactement le sens d'un article de Zero Hedge : http://www.zerohedge.com/news/2017-04-10/putin-will-not-meet-tillerson-russia-confusion-grows-over-us-policy-toward-syria
Poutine ne rencontrera pas Tillerson semble-t-il, peut-être justement parce que le discours US part dans tous les sens.

Pendule de Nwton 10/04/2017 04:03

Cher O.G et chers lecteurs,
Quel week-end!!! Cela fait longtemps que les oreilles, le cœur et le cerveau n'ont autant tourné face à la bêtise de ce monde.
Cela ouvre un nouveau cycle où les questions n'engendreront que d'autres questions, et là O.G vous avez du lait sur le feu....
Lorsque l'on ne peut démêler pour l'instant la logique des choses, penchons-nous sur les bénéfices de cette action.
1) L'axe Russe a les coudés franches en Syrie pour imposer son tempo et casser du barbu version tomahawks précis sans que les autres acteurs agissent de manière désinvolte. Les systèmes de défenses muscles sont utilisés pour freiner les ardeurs de la coalition américaine- des israéliens et trucs turbulents. L'appel avant bombardements est un signe que l'empire connait les risques réels à prendre l'ours pour une peluche.
2)La Chine vient d'observer à la fois le rouleau médiatique US mais aussi la faiblesse et l'impuissance réelle du commandement de la maison-blanche dans l'utilisation de la force militaire dans un but politique.
3)Le système est mourant et les agissements de Trump même s'ils ne débouchent pas sur le drainage du marais entraîne l'effet inverse, car précipite le deep state à perdre la raison puis à agir dans un hubris frénétique qui l'expose à l'implosion.(Mes amis à New-York pour et anti Trump pendant la campagne sont devenus tous anti et ceux pour la même raison ("sa prostitution devant l'oligarchie des whig càd brigands")
4)Au plan géopolitique, l'attaque des USA a détruit ce qui restait de sérieux à cette administration qui si elle ne prend garde se fera pousser à ses derniers retranchements face à des acteurs aussi patients et calculateurs que la Russie et la Chine voir même l'Iran.
Bien à vous O.G
P.S. J'espère que ce week-end vous (O.G et lecteurs) avez pu respirer et dormir un peu, car ce n'est que le début.

Charles 10/04/2017 19:59

"la « théorie du fou » de Nixon (l’Amérique doit projeter l’impression que ses dirigeants sont imprévisibles)", in http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8468

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:45

@ Pendule
Toujours un grand plaisir de lire vos bons mots et croustillantes pensées, cher Newton. Que pense votre fiston de tout cette affaire ?

jef 10/04/2017 01:34

Cher OG, vous vous souvenez sans doute de la grande époque des Kreminologues des années 60-80 ... Un vrai métier d'ailleurs à l'époque!

Nous avons affaire depuis peu à des Trumpinologues. Ce qui est compréhensible mais cocasse.

Ce sur quoi vous avez attiré mon attention depuis que je vous suis sur ce blog tient en deux ou trois mots: qu'est-ce que cela change? C'est la question qui déshabille et je reconnais qu'à chaque fait/événement nouveau, je me la pose désormais. Deuxième question: qui rebat les cartes? Ou pour qui rebattons-nous les cartes? Troisième question: de quoi détourne-t-on notre attention? (qu'est-ce qui avance ou se fait par ailleurs?)

La prudence et la modestie de votre dernier post forcent le respect.

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:48

@ Jef
Merci, cher ami.
Effectivement, une nouvelle spécialité devrait connaître un grand succès ces prochaines années : la trumpinologie ^^
Qu'est-ce que ça change sur le fond du Grand jeu ? Rien du tout, si ce n'est le rythme.
Bien à vous

Alaric 10/04/2017 01:12

Même la presse système se met à douter de la responsabilité d'Assad :

http://www.huffingtonpost.com/entry/syria-chemical-attack-al-qaeda-played-donald-trump_us_58ea226fe4b058f0a02fca4d

Catalina 11/04/2017 08:23

Bonjour à tous,
Je suis sans doute la moins cultivée dans les commentateurs...
;O)
Ceci dit, de mon point de vue, ce n'est pas Trump qui a ordonné l'attaque, ce ne serait pas la première fois que cela se produit au sein de l'appareil d'état américain, ils l'ont déjà fait en Syrie. Je pense que l'état profond a pris cette décision pour "casser" Trump et aussi parce qu'il a besoin( l'état profond) de prendre la Syrie pour la fédérer et y installer des groupuscules à sa botte, s'installer et rogner par "armes de masse de territoires occupés" des "états" qui laisseront le Qatar et ses alliés imposer leur infrastructure pour les matières premières. Je ne sais pas si je suis claire...

Observatus geopoliticus 10/04/2017 19:49

@ Alaric
C'est effectivement extrêmement intéressant venant de cet habituel porte-voix de l'empire.

Chris 10/04/2017 02:45

A se demander si la MSN ne réalise pas soudainement qu'on est à un doigt d'une guerre nucléaire ! Et qu'elle a une énorme responsabilité de cet état.

jef 10/04/2017 01:53

Ne plus exclure ASSAD d'un règlement de la question syrienne était d'une évidence grandissante. Avant l'horrible où de jolis petits bébés moururent. D'où une énième tentative de faire surgir du clan Assad une figure "propre". C'est chose négociable pour la sacro-sainte coalition... Ils doivent connaître que des pompistes sur la H 66