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Chroniques du Grand jeu

Bisbilles entre la blanche et la mère

5 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Europe, #Etats-Unis

Les Anciens pensaient que le destin - moïra - allouait à chacun sa part de bonheur et de malheur, de fortune et d'infortune. Celui qui désirait plus que ce que la juste mesure du destin lui avait attribué était coupable d'hybris. Les Dieux lui envoyaient alors Némésis, la déesse de la juste colère divine, pour le faire revenir à l'intérieur des limites qu'il avait franchies.

Regarde les animaux qui sont d'une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n'excitent point sa jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure.

Vladimir Poutine doit sans doute méditer ces lignes d'Hérodote. Non pas que le président russe ait fait preuve d'une quelconque démesure au cours de sa carrière géopolitique ; il a au contraire toujours su calculer subtilement, pondérer, ne pas pousser trop loin son avantage. Mais 2016 lui a apporté trop de fortune, presque à son corps défendant : élection de Trump, victoires en Syrie, Brexit, détricotage du système impérial, ralliement turc, accélération de l'intégration eurasienne... Hybris, involontaire certes, mais hybris quand même.

Facétieux, les Dieux ont frappé là où l'on s'attendait le moins : une querelle peut-être assez sérieuse vient de surgir entre la Biélorussie (la Russie blanche comme on l'appelait encore au début du XXème siècle) et la Mère Russie.

Toujours prête à se raccrocher aux dernières branches qui lui restent, la presse impériale a un instant eu le fol espoir que Minsk quitte l'Union économique eurasienne (UEEA) et l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) regroupant une partie des républiques de l'ex-URSS. En fait, la source de ces "révélations" est pour le moins controversée et le président biélorusse les a lui-même qualifiées de "hoax", rejetant clairement toute idée de départ.

Il n'est reste pas moins que la dispute, elle, est bien réelle, le moustachu Loukachenko montrant sa mauvaise humeur, retirant par exemple ses fonctionnaires de l'administration douanière de l'UEEA. Il a aussi semblé désavouer l'établissement d'une base aérienne russe à Babruysk.

Arrêtons-nous un instant sur ce point qui touche au Grand jeu américano-russe. La constitution du bouclier anti-missile US en Pologne et en Roumanie - officiellement pour contrer la "menace iranienne" (défense de rire) - est vue avec raison à Moscou comme une tentative de containment visant à rompre l'équilibre stratégique.

Ce bouclier accompagne le rideau de fer de bases établi par l'OTAN sur le front occidental de la Russie au cours de ces quinze dernières années.

Moscou a réagi en développant des missiles balistiques théoriquement inarrêtables par n'importe quel système de défense :

Ca se toise dur entre Russes et Américains, et aucun ne va baisser les yeux. A peine les remarques incendiaires d'Ash Carter connues, Moscou a répondu du tac au tac.

Le lendemain, Poutine a gentiment fait remarquer qu'en réponse au déploiement du bouclier anti-missile US en Europe de l'est, soit-disant destiné à contrer les "menaces" iraniennes ou nord-coréennes, la Russie avait fabriqué et testé avec succès des armes capables de percer tout système de défense anti-missile. De fait, cela fait déjà quelques années que la Russie est à l'oeuvre : Boulava, Topol, Sarmat, Rubezh... les nouvelles terreurs balistiques à trajectoire ondulante et autres systèmes de brouillage qui donnent des frissons dans le dos des stratèges militaires du Pentagone.

L'administration Bush voulait prendre le prétexte du trouble du début des années 2000 et de la formidable autorité morale américaine après le 11 septembre pour déséquilibrer le rapport de force avec le seul concurrent stratégique des Etats-Unis : la Russie. Raté, Georgie, play again...

Mais revenons à notre brumeux mois de novembre. Deux jours après le rappel appuyé de Poutine, un épisode amusant dans sa forme, sans équivoque dans le fond, a eu lieu. Lors d'une réunion entre Vladimirovitch et des haut-gradés russes, un document secret a été, par inadvertance bien sûr, capté par les caméras d'une télévision russe et montre le projet d'une torpille atomique capable de percer n'importe quel bouclier anti-missile américain. L'événement a été commenté par RT qui, par le plus grand des hasards, s'est penché avec forces détails sur le pouvoir dévastateur du projectile.

A moins de croire que les Marx Brothers ont envahi l'état-major russe, il s'agit évidemment d'un avertissement sans frais de Moscou à Washington : on peut vous atteindre n'importe quand, n'importe où. Le fait que les Russes aient volontairement gardé un certain flou - en projet, bientôt finalisé ou déjà existant ? - va pousser le Pentagone à dépenser, dans le doute, des tonnes de dollars pour trouver une parade. La guerre psychologique dans toute sa splendeur...

Les Russes ont également installé des Iskander dans leur enclave de Kaliningrad, court-circuitant le premier rideau otanien :

Parmi les autres réponses du Kremlin se trouve notre fameuse base de Babruysk, au plus près du "front". Les discussions ont commencé en 2013 et, sans surprise, les stratèges américains se sont cabrés. Quelques (petites) protestations ont eu lieu en 2015, sans doute liées aux habituelles et suspectes "ONG" américaines comme le National Endowment for Democracy (présence non négligeable en Biélorussie) ou l'Open Society de Soros, dont le but est de harceler les adversaires de l'empire et placer des régimes "US-compatibles". Ces manifestations, quoique franchement congrues, ont été rapportées avec lyrisme par les officines médiatiques liées aux ONG en question.

Ironie du sort : alors que l'élection de Trump met en veilleuse les menées de ces congrégations impériales, c'est Loukachenko qui, pour des raisons complètement différentes, reprend le flambeau. Et nous en revenons à la querelle entre Minsk et Moscou. Que s'est-il donc passé ?

Il y a trois niveaux d'explication. Le premier est la décision du gouvernement biélorusse de supprimer le régime de visa pour les ressortissants de 80 pays. Or il n'y a plus de frontière entre les deux Etats depuis 1997 et le traité d'Union de la Biélorussie et de la Russie, renforcé au fil des ans et notamment en mars 2015 :

La Biélorussie et la Russie respecteront dorénavant les visas décernés mutuellement par les deux pays aux citoyens de pays tiers, tout comme les interdictions d’entrée des étrangers et de sortie de leurs citoyens respectifs.

La décision unilatérale de Minsk d'accorder un régime préférentiel de visa a dû étonner à Moscou, qui a logiquement réagi en établissant des zones frontalières avec son voisin. Le Kremlin n'a certainement pas envie de voir entrer librement sur son territoire agents américains et autres sbires ukrainiens. Ne craignant visiblement pas le paradoxe ni le ridicule, Loukachenko a fulminé contre l'arbitraire de la décision russe. Comment dit-on L'hôpital se fout de la charité dans sa langue ? Que cache donc l'incohérence du président biélorusse ?

En réalité, un conflit bassement matériel sur le prix du gaz et du pétrole. Les Russes demandent que Minsk règle une partie de sa dette gazière, ce que refuse le sémillant moustachu qui souhaite porter l'affaire devant la justice. Ukraine II, le retour... Je m'étonne que la MSN n'en ait pas encore profité pour "prouver" le danger de la dépendance au gaz russe, mais ça ne saurait tarder.

Toutefois, il y a peut-être un troisième niveau d'analyse derrière les coups de menton du Biélorusse. Dans un article intitulé Comment le Kremlin est en train d'annexer inexorablement la Biélorussie, au ton forcément un peu biaisé mais généralement bien informé, le Temps donne quelques clés :

Dans les médias, l’économie, l’énergie et la sphère militaire, Moscou avance ses pions avec assurance. Malgré ses protestations véhémentes, l’autoritaire président Loukachenko a déjà échoué à protéger la souveraineté de son pays

Pour son premier voyage en Europe depuis la levée des sanctions imposées contre son régime jugé répressif, le président biélorusse Alexandre Loukachenko s’est rendu samedi dernier à Rome auprès du pape François. Histoire de distraire un pays dont toutes les routes semblent mener à Moscou.

Mais dans les rues de la très propre et ordonnée capitale Minsk, les gens ne sont pas dupes. Beaucoup préfèrent désormais le président russe Vladimir Poutine à leur indéboulonnable leader, au pouvoir depuis vingt-deux ans. «Loukachenko n’a pas d’influence. Il n’est même pas capable de redresser l’économie», maugrée Vadim, ingénieur au chômage, réduit à être chauffeur de taxi. «Poutine, c’est autre chose. Il est le seul capable de résister à l’hégémonie des Etats-Unis.» Olga, une jeune employée des télécoms, dit également préférer le chef du Kremlin. «Le népotisme de notre président bloque le développement du pays. Je pense que nous vivrions mieux si nous ne faisions qu’un avec la Russie.»

La progression du sentiment prorusse est facilitée par «la nullité de la télévision biélorusse. Du coup, les Biélorusses regardent les chaînes russes», peste un professionnel des médias, qui tient à rester anonyme. «Leur propagande est une énorme menace pour notre sécurité nationale et même pour l’identité biélorusse. Poutine empêche Loukachenko de bloquer les chaînes russes en le menaçant de sanctions. C’est pourquoi de nombreux Biélorusses se sentent mentalement russes et admirent son dirigeant.»

[...] «La Russie contrôle déjà totalement notre secteur gazier. Avec Astravets, Moscou contrôlera le marché de l’électricité et pourra régler à sa guise la balance entre gaz et nucléaire. Son objectif numéro un est de conserver une influence énergétique en Europe de l’Est.»

Face à une domination aussi évidente, Alexandre Loukachenko tente de se rattraper sur les apparences. Il joue au patron de kolkhoze, rabrouant vertement ses ministres en public, envoyant des piques aux dirigeants russes. «La Biélorussie n’est pas le garçon de courses de la Russie», a-t-il encore vociféré le 22 avril dernier lors de son allocution annuelle devant le parlement. N’empêche qu’il prend grand soin à ce que n’émerge pas de force politique davantage pro-russe que lui. «Le président comprend qu’en cas de tension imprévue, de telles forces pourraient être plus utiles que lui au Kremlin», analyse le politologue Artiom Schreibman.

[...] La Russie a déjà truffé son petit voisin occidental de ses systèmes antiaériens et ne compte pas en rester là. «Moscou veut une base chez nous pour y déployer des bombardiers dont la tâche sera de détruire le bouclier antimissile que Washington installe en Roumanie et en Pologne», explique l’expert militaire Alexandre Alesin. Selon lui, le président biélorusse y est hostile, car il craint de voir son petit pays entraîné dans un conflit avec l’Occident, «mais il sera bientôt contraint de céder aux pressions russes». L’annexion de la Crimée, où se trouve la base navale russe de Sébastopol, a déjà montré que le Kremlin passe à l’offensive lorsqu’il perçoit le risque de basculement d’une zone militairement stratégique.

L’idée qu’Alexandre Loukachenko n’a plus de marge de manœuvre face à Moscou est largement partagée. Certains vont plus loin. «A terme, la Biélorussie sera avalée, prédit Irina Krylovitch. Les Russes avancent doucement mais sûrement, répétant le travail de sape observé en Ukraine. Cela prendra peut-être cinq ou dix ans et ce sera lié au cycle électoral russe. Loukachenko sera le premier et le dernier président biélorusse.»

Il n'est pas dit que cette dernière prédiction se réalise - la Russie ayant plutôt intérêt à conserver un Etat tampon sur sa frange occidentale - mais la tendance générale est évidente. C'est sans doute dans ce contexte qu'il faut replacer les sauts de cabri en forme de chant du cygne de Loukachenko.

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UnLorrain 09/02/2017 12:53

Comme ça parle de SNLE en commentaire j'ai ce souvenir,un reportage TV,c'était lors du deuxième septennat de la plaie Mitterand ou peu après je suis plus sûr(ce que je suis sûr par contre de cette période c'est de cette scène a la tv,une manif,un homme portant cette pancarte «j'ai voté Mitterrand je suis un con » hihihi) bon le reportage,le journaliste enquêtant découvrit que des secrets de fabriquation du SNLE Triomphant étaient vendu 7000 frs le docu par le ministre Hernu lors du premier septennat mitterandien,fait a ne pas dévoiler bien sur pour ne pas compromettre la réélection de l'administrateur en.chef.

grouik grouik 09/02/2017 02:56

Sans doute un peu décalé par rapport au sujet abordé ici,quoique...une nouvelle dramatique tombée ce matin:Givi,le légendaire patron de la brigade "Somali",Protecteur du Donbass et libérateur,avec Feu Motorola et son Bataillon "Sparta" de l'Aéroport de donetsk, est mort ce matin,suite au bombardement de la base de son bataillon...à coup de thermobarique ! ! Aprés la mort de Motorola cet automne,de Mozgovoï et Batman au printemps 16,il ne reste qu'Alexander Zaharchenko de ces hommes qui se sont levés pour défendre leur Terre....Une horreur,preuve que la visite de Mc cainistan le 31.12.16 était clair dans ses intentions..Que cet homme de Bien repose en paix.

Observatus geopoliticus 09/02/2017 10:47

Oui, je comptais en parler aujourd'hui.

Posadagr 07/02/2017 15:58

Bonjour à tous,
A l'orée d'un nouveau paradigme, les alliances traditionnelles doivent sans doute également s'adapter ou disparaitre... changer de forme.
Je me souviens de Loukachenko, qui m'avait fait forte et bonne impression..
Cela remonte à la guerre du Kosovo (le tapis de bombe otanesque sur la Serbie.. la tentative de révolution colorée n'ayant pas aboutie, l'otan arma des rebelles albanais.. cela ne suffisant pas, le tapis destructeur s'imposa..).
Si la Russie s'opposa par veto à la résolution américano-européenne pour une intervention de l'ONU en Yougoslavie, elle abandonna son frère Serbe assez rapidement lorsque l'Otan entra en jeu.. Ce qui aura été ressenti par beaucoup comme une traitrise.
Au plus chaud des frictions est-ouest à propos de l'ex-yougoslavie, Loukachenko menaça ouvertement l'occident ... "nos missiles sont pointés sur les grandes villes européennes" ... Le revers russe, faute d'une Direction et de moyens suffisants ne permis pas de sauver la Serbie des bombes à fragmentations de l'Otan.
Le dirigeant biélorusse doit se dire qu'il a droit à une part du gâteau pour les efforts consentis depuis plus de 20 ans... c'est un point de vue. D'un autre côté, après avoir été longtemps très adulé, se voir prendre la vedette par le grand frère russe qui s'est permis ou a été contraint de louvoyer, peut mal passer. Et cela sans prendre en compte les aspects économiques souvent prioritaires qui vont de pairs. En parlant de louvoiement.. le "laisser-faire" en Lybie en atteste en des temps plus récents.. Montrant au final sans doute un pragmatisme à toute épreuve et une haute perception de la sauvegarde de ses intérêts. Intérêts s'opposant à la vague destructrice de l'Empire dont il s'agit de se réjouir.

Observatus geopoliticus 09/02/2017 11:29

Merci à vous, cher Posadagr.
Une transcription intégrale de la conférence de presse de Louka, pfff... on n'est pas au bagne ! ^^

Posadagr 07/02/2017 22:32

Bonsoir OG,
J'en profite pour te remercier pour le travail accompli sur ce blog génial.
Oh oui et heureusement !
Il faudra sans doute de nouveau la juste mesure russe des dernières années pour régler ce problème de manière douce et négociée. Avoir une transcription fidèle en anglais ou français de la conférence de presse marathon du Louka serait plus qu'intéressant, pas gagné ^^. A suivre

Observatus geopoliticus 07/02/2017 20:39

Certes, mais la direction russe actuelle n'est pas tout à fait la même que celle de l'époque du Kosovo... ^^

Yom 06/02/2017 10:52

Peut être suis-je inconsciemment enclein à un biais anti-moustachu, mais ce Loukachenko me fait penser à un Erdogan en puissance :

- Ambitions de grandeur largement irréalistes.

- En mode panique quand il se trouve acculé, précisément par la réalité des rapports de forces qui devraient normalement lui faire ouvrir les yeux sur ces ambitions.

---

Sinon, le début de l’article relatant les réponses entre berger et bergère à coup d’annonces de missiles anti-missiles et de missiles anti-anti-missiles, soit l’éternelle course entre la lance et le bouclier, nous donne à réfléchir sur la question des armes secrètes.

Je suis persuadé que toutes les nations industrielles dotées de véritables armées disposent dans des cartons estampillés « top secret » de quelques joyeusetés que nous aurions du mal à imaginer. Je parles ici non seulement des USA, de la Russie et de la Chine, mais également de la France, du Royaume-Uni et peut être des deux Corées (que je ne connais pas suffisamment) …

C’est une question qui me trotte dans la tête, concernant la France, depuis que l’épisode qui avait vu le président Chirac se faire largement critiquer dans « la presse internationale » (c’est à dire, en fait, anglo-saxonne) pour avoir ordonné que soit procédé à quelques derniers essais nucléaires au moment de la signature du traité qui allait les interdire. Si je me souviens bien, ces essais étaient destinés à effectuer des mesures qui permettraient ensuite de mettre au point un laser mégajoules qui permettrait de procéder à des essais simulés une fois signé le traité interdisant les vrais.

Les dernières décennies ont été fécondes en conflits, mais jamais directement entre nations industrialisées de premier rang. Mais si un jours ça revenait à chauffer sérieusement, je pense que les pronostics des « experts » que ne manqueraient pas de faire défiler les quotidiennes de brassage d’air médiatique, comme C du vent ou 28 minutes (d’inepties), seraient assez vite contredits par des surprises sidérantes.

Chasseurs hypersoniques en service actif bien plus vite que prévu ? Frappe de missiles cinétiques depuis l’orbite ? Virus informatique paralysant à l’échelle d’une nation entière ? Essaims de nanobots tueurs ?

Hamilcar Barca 07/02/2017 13:16

@Alaric
Bonjour Alaric
Le traité de 1967 (et pas 1987, mes excuses pour la coquille) interdit la mise sur orbite, ou l'envoi dans l'espace profond, d'armes, notamment nucléaires. Ce qui répond à l'interrogation de Yom ("Frappe de missiles cinétiques depuis l’orbite ?").

Le traité ne concerne pas les missiles tirés depuis la Terre ou un mobile non satellisé (bombardier lourd, pe). Sinon les ICBM, qui rentrent dans l'espace au cours de leur trajectoire, seraient interdits.

L'IDS de Reagan était clairement une entorse à ce traité puisqu'elle prévoyait une défense anti-ICBM en orbite. Ce qui vous donne in fine raison sur la vulnérabilité dudit traité. Maintenant reste à savoir si l'un des 3 grands que vous citez va vouloir s'embarquer à nouveau dans une course aux armements ruineuse. Pour l'heure, il semblerait que non.

Bien cordialement

Bien cordialement

Alaric 07/02/2017 09:50

Un mot sur la soi disant démilitarisation de l'espace : comme tous les traités internationaux, c'est un marché de dupes puisque la Chine, la Russie et les Etats Unis ont tous procédé à des tests de missiles antisatellites pas plus tard qu'en 2015

Hamilcar Barca 07/02/2017 09:24

@Yom

Bonjour Yom,

La "force de frappe" française est constituée de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLM) et des missiles qui vont avec, emportant dans chaque ogive plusieurs bombes H.
Si je ne m'abuse, c'est le seul pan de la Défense Nationale qui ait été "sanctuarisé" dans les budgets des gouvernements successifs.
Après, difficile d'en savoir plus.

Concernant les "surprises" possibles:
- chasseurs hypersoniques? On ne va pas se lancer dans une analyse technico-stratégique sur l'utilité de pareils bidules, mais cela ne semble pas à l'ordre du jour. A part peut-être dans les projets des Dr Folamour du Pentagone, mais probable que le coup de torchon trumpien va les faire rester sur les étagères.
- l'Espace est démilitarisé de par le traité de 1987
- véhicules sans pilote, du drone tueur au chasseur, en passant par le char de combat et le sous marin de poche: là, les projets foisonnent, dont certains sont quasi opérationnels (voir le X-47B de l'US Navy) et the big question est: "l'avion multi-rôle de 6ème génération doit-il être piloté ou pas?"
- enfin, qq chose dont la grande presse ne parle quasiment jamais: les lasers de puissance, embarqués sur des navires ou des gros porteurs, dont le développement est très avancé. Rôle: arme anti-missiles stratégiques et anti-missiles classiques (pe contre les missiles anti-navires). Résultats étonnants dans ce dernier emploi.
- quant à la cyberguerre, elle est en cours depuis un moment. Prédite d'ailleurs dès les années 70 dans l'excellent roman de John Brunner "Sur l'onde de choc"
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_l'onde_de_choc

Bien cordialement

Euclide 06/02/2017 09:05

Cher Observatus, absent partiellement ce vouiquende passé , je n'ai pas lu les réactions de mes interventions sur ce billet précédent.
En revanche, je vous demande si vous connaissez le journaliste polyglotte belge Robert Steuckers et ce que vous en pensez. Dans son blog, il a écrit un article en italien mais traduit en français par google en Juin 2016 avec comme accroche " Les fronts syriens et Dombass deux étapes d'une seule guerre ". Rubrique Europe de son blog.
Bonne journée à tous et toutes.

Vu de Varsovie 05/02/2017 19:50

Chiffres invérifiés ? Ils viennent pourtant du ministère de défense de la Fédération (http://www.zakupki.gov.ru/epz/order/notice/printForm/view.html?printFormId=29137923), même si c’est un site d’opposition qui donne le lien : http://belarusdigest.com/category/free-tags/zapad-2017

Quant à votre remarque sur ce avec quoi pensent les Polonais, je répondrai par une citation récente d’un ex-premier ministre : « On aime la Russie, on craint l’empire »

Observatus geopoliticus 05/02/2017 20:38

1) Le titre de l'article de ce journal "d'opposition" suffirait presque à discréditer la chose mais attendons de voir ce qu'il en est réellement, car les chiffres avancés préventivement pour tel ou tel exercice militaire sont souvent bidons. D'où ma remarque. Quelle que soit la taille de ces manoeuvres, elles sont la réponse à celles de l'OTAN ("les plus grandes de son histoire", vous vous souvenez ?) Sous-entendre, comme vous le faites, que les soldats russes de ces exercices vont rester en Biélorussie et l'occuper est pour le moins... amusant.
2) Je pense connaître la Pologne aussi bien sinon mieux que vous, étant né là-bas et à moitié polonais. Les "discussions", si tant est qu'on puisse appeler ainsi ce fatras informe, avec ma famille sont kafkaïennes. Poutine est le grand diable cosmique, responsable de toutes les perfidies de la terre. On m'a même affirmé sans rire qu'en Syrie, Poutine était du côté des djihadistes ! Bref, du grand délire... Actuellement, les Polonais sont en vase clos, tournant en rond dans leur bocal paranoïaque et hystérique. Il faudra encore quelques dizaines d'années avant que les esprits mûrissent, que la Pologne devienne adulte et cesse de jouer le lamentable rôle du gamin geignard se faisant passer pour une victime universelle. Lisez Gombrowicz, il avait déjà bien analysé le phénomène.

Rouget 05/02/2017 18:26

Si seulement cela permettra de développer la Biélorussie. Et ainsi de L'Ukraine, ce qu'aucun pays de l'Ouest ne veut vraiment, en réalité !

theuric 05/02/2017 18:00

Monsieur Loukachenko paraît s'affoler, le pauvre, lui qui croyait pouvoir louvoyer entre l'U.E., la Russie et les U.S.A. en est pour ses frais puisque seul le pays de l'ours se tient droit, quand la première périclite et la dernière se recentre sur ses bases arrières, comme tout empire en fin de cycle.
Bon ben, je sens que d'ici quelque années il nous faudra, comme dans les années vingt ou début quatre-vingt-dix, renouveler nos atlas: ça va valser sec.

Vu de Varsovie 05/02/2017 17:54

4e hypothèse : les manœuvres russes Zapad prévues ce septembre sur territoire biélorusse, s’annoncent particulièrement intenses. Info ou intox, plus de 4000 wagons auraient été loués pour transporter le matériel militaire en Biélorussie, alors qu’en 2009 et 2013 il y en avait moins de 100. Loukachenko craindrait que les soldats russes restent sur son territoire et essaie d’afficher un semblant d'indépendance.

Concernant les visas, ils ne sont valables que 5 jours et uniquement pour les étrangers arrivant a Minsk par avion : http://www.lecourrierderussie.com/societe/2017/01/cinq-jours-bielorussie-sans-visa/

Dans le même contexte, Sputnik fait des siennes en accusant la Pologne de financer des mouvements "démocratiques" en Biélorussie https://fr.sputniknews.com/international/201701161029611261-pologne-bielorussie-putsch/

Observatus geopoliticus 05/02/2017 18:19

1) Chiffres invérifiés. Quant aux soldats russes qui restent sur le territoire biélorusse... lol
2) 5 jours ou 5 mois ne changent rien. Quand un pays partage un accord douanier avec un autre et que leur frontière commune n'existe plus, il ne peut changer sans préavis de régime de visa. Comme si, au sein de l'espace Shengen, l'Allemagne décidait soudain de laisser entrer librement des ressortissants de pays pour lesquels la France demande des visas. Absurde !
3) Etant donné l'implication de Varsovie dans les événements du Maïdan, sa proximité avec le système impérial et l'histoire des putschs perpétrés par Washington, il faut être sacrément naïf pour moquer ce genre d'info qui, de plus, se base apparemment sur des chiffres officiels et des faits reconnus. Mais je sais que malheureusement, en ce moment, la population polonaise préfère penser avec ses pieds plutôt qu'avec sa tête...

Charles Michael 05/02/2017 16:46

Merci et bravo
j'avais noté une ou deux infos sur le sujet; infos qui semblaient pleines d'espoir pour un rab de désordre, pas eut le temps de m'y attarder (idem l'assassinat d'un leader de Ludansk)..

Papier sur Trump-Hitler très bon aussi, mais c'est quand même vexant pour Vlad l'Empaleur de se voir spolié de son role de Méchant Numéro 1.

lvzor 05/02/2017 20:13

"Le pitre Tusk, lui, préfère ne pas faire de jaloux : Trump, la Russie, l'islam radical et la Chine sont mis dans le même sac !"

Il est juste jaloux car THE Donald, c'est l'autre...

Observatus geopoliticus 05/02/2017 18:30

Le pitre Tusk, lui, préfère ne pas faire de jaloux : Trump, la Russie, l'islam radical et la Chine sont mis dans le même sac !
http://fr.euronews.com/2017/01/31/les-etats-unis-de-trump-une-menace-pour-l-europe

Ady85 05/02/2017 16:30

Très étonnant, je n'étais pas au courant de cette brouille.

Ces discours selon lesquels Moscou finirait par avaler Mins ne sont-ils pas un peu exagérer ?

jef 05/02/2017 16:17

Article digne de tous les éloges. Non seulement, il nous apporte des faits inaperçus jusqu'alors mais il en propose un éclairage savant et subtil à même de nous aider dans la compréhension du Grand Jeu d'aujourd'hui.