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Chroniques du Grand jeu

Avdeïevka d'école

3 Février 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Ukraine, #Etats-Unis, #Russie

Trump ne pouvait pas être plus dans le mille lorsqu'il a raillé la passion des sénateurs McCain et Graham pour la Troisième Guerre Mondiale. Si, depuis l'élection du Donald, Berlin a tendance à se prendre désormais pour la deuxième Washington, le système impérial expulsé du pouvoir compte également sur ses valeurs sûres en interne.

En juin 2014, McCainistan faisait un voyage express à Sofia ; le lendemain, la Bulgarie renonçait au South Stream. A la Saint-Sylvestre, il remettait ça, visitant la ligne de front ukrainienne avec son inséparable compère Lindsay Graham. Discours lyriques, "danger russe" et tout le toutim, en compagnie de l'inénarrable Chocochenko et ses monumentales 13% d'opinions favorables.

A ce titre, il est d'ailleurs intéressant de voir la défiance absolue envers la junte installée par Washington. Selon le sérieux Institut international de sociologie de Kiev, 69% des habitants n'ont pas confiance en Porochenko. Pour les autres composantes de la république bananière ukrainienne, ce n'est pas mieux. Gouvernement : 73%. Parlement : 82%. Quant aux médias, seuls 2,4% leur font confiance ! Décidément, que ce soit en Ukraine ou en Europe, et maintenant aux Etats-Unis mêmes, le système impérial a un vrai problème avec les peuples et la vie réelle...

Mais revenons à la visite du couple Follamour ; quelques semaines plus tard, le conflit reprend dans le Donbass. Coïncidence ? Seule la presstituée française prétend être dupe, comme le Fig à rot qui titrait sans rire : "L'OTAN demande à la Russie de faire cesser les violences". A Berlin, on sait à quoi s'en tenir et, surtout, on commence à le dire publiquement :

De son côté, la junte ukrainienne, paniquée devant la possible levée des sanctions contre la Russie, tente de réchauffer le conflit dans le Donbass. Chose intéressante, ce n'est pas Moscou qui le dit mais Berlin. D'après la Suddeutsche Zeitung, journal pourtant peu suspect de russophilie, le gouvernement allemand est persuadé que les provocations sont le fait de Kiev dans le but de pourrir la situation et empêcher Trump d'abroger les sanctions.

C'est évidemment le coeur du problème. L'élection du Donald a bouleversé la donne et la junte ukie se sent isolée, se raccrochant aux lambeaux mccainiens, espérant torpiller à son petit niveau le grand rapprochement russo-américain. Et aussi, tant qu'à faire, extorquer une rallonge financière occidentale, ce qu'a tout de suite grillé Poutine, en visite chez Orban.

Dans la même veine, l'OTAN en Pologne roule des épaules de manière un peu ridicule (admirez les enfantillages du général Hodges et son "message" à Moscou). Là encore, coups de menton et tentatives surannées de maintenir un niveau de tension dans cette nouvelle ère d'apaisement dont les signes se multiplient. A noter d'ailleurs que certaines sanctions administratives US contre le FSB viennent d'être assouplies. Ca ne va pas encore très loin mais cela constitue un bon indicateur de la direction que prennent les choses.

On comprend que Poroclown ait des sueurs froides... Continuera-t-il son coup de poker à Avdeïevka ? Deux autres soldats ukrainiens sont morts hier, ce qui a le don d'exaspérer toujours plus la population dont la majorité est, contrairement aux nervis néo-nazis du Pravy Sektor, profondément réfractaire à la guerre. Les milices pro-russes sont armées jusqu'aux dents, entraînées, efficaces : la poursuite des combats ne mènera à aucun avantage stratégique substantiel pour Kiev (vu l'histoire du conflit, ce serait même plutôt l'inverse).

Mais on l'a vu, là n'est pas le but recherché. D'autre part, Monsieur 13% n'a plus aucun avenir politique et donc plus rien à perdre, lui qui préside un pays exsangue et se voit lâché par ses alliés - la trahison du chien fou Saakachvili, qui s'était d'ailleurs permis une tribune très critique dans le New York Times il y a deux mois, prête encore à sourire.

Le fusible impérial tiendra-t-il longtemps et ira-t-il jusqu'au bout ?

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Chris 06/02/2017 16:08

6 février 2017 - http://www.romandie.com/news/Donald-Trump-va-rencontrer-ses-allies-de-lOtan-en-mai-Maison-Blanche/772504.rom
...ont également discuté des solutions en vue de résoudre pacifiquement la crise ukrainienne.

theuric 05/02/2017 14:44

Autant les notions de gauche, centre, droite en politique sont faciles à définir, autant d'autres notions se révèlent bien plus complexes.
Gauche et droite s'inventèrent au début de la révolution française où, pendant les états généraux, le roi, Louis XVI, demanda à ce que ceux étant en accord avec lui se plaçassent à sa droite et ceux en désaccord, sur sa gauche.
Nous pouvons donc définir cette notion comme étant la relation établie avec le pouvoir du moment, la gauche se révélant de ce fait comme étant la ou les composantes politiques des contres-pouvoirs faisant face au pouvoir de l'époque.
Aujourd'hui ce pouvoir est celui du monétarisme, c'est pourquoi nous ne pouvons que parler, à son sujet, que de capitalisme financier et non plus industriel.
(Il est à remarque que le brexit est d'essence d'un capitalisme industriel venant en confrontation du capitalisme financier, ce qui pose la question de savoir qui représente réellement la gauche en Grande-Bretagne, idée qui est, j'en conviens, quelque peut provocatrice, mais logique).
Or, il est à remarquer que quasiment l'ensemble des mouvements politiques en France et en Europe (je ne dirais pas lesquels, ne voulant pas me fâcher avec notre cher hôte) suivent, avec des différences idéologiques sommes toutes légères, l'ensemble doctrinal ad oc.
Définir comme de gauche tel ou tel parti politique officiel ne peut dès lors qu'être un oxymore en raison même de cette unité doctrinale.
En revanche, d'autres définitions peuvent préciser la position de chacun, tel que:
- la temporalité politique: révolutionnaire, progressiste, conservateur, réactionnaire, révolutionnaire (je viens de réaliser qu'il peut y avoir des mouvements révolutionnaires aussi bien progressistes que réactionnaires);
ou
-le type de gouvernance: monocratique ou monarchique, oligarchique, bonapartisme, républicanisme, démocratique, anarchisme (la différence entre républicanisme et démocratique se trouvant dans la domination du pouvoir exécutif sur le législatif ou du législatif sur l'exécutif).
Nous pouvons donc dire que jusqu'à présent et depuis des décennies, les gouvernements des pays composant l'Union-Européenne sont, à des degrés divers: de droite, réactionnaire et oligarchique.

Pour en revenir sur la définition de la gauche, je vous remercie pleinement, Monsieur de l'Observatus Politicus de nous avoir fait observer que les frontières ne peuvent qu'être l'alpha et l'oméga de la composante de la doctrine de gauche.
Si, en effet, la gauche est l'une des composantes, ici politique, des contres-pouvoirs aux puissances d'une époque (de quelle que sorte qu'elles soient) et que ces puissances, par nature, ne peuvent que se reconnaitre en entre-soi et, ce, part-delà des frontières, la volonté de gauche de cette fermeture frontalière ne peut qu'être que l'une des mesure importantes pour réduire ces-dites puissances.

Kevin 07/02/2017 22:00

Merci à OG et Theuric pour ces précisions... :)

theuric 06/02/2017 17:11

Par nature, le pouvoir tend à l'enflement de l'égo, égo qui est une façon de métaphore pour désigner l'une des formes de nos limites naturelles.
Cette limite est, normalement, ce qui fait la part entre ce qui est à soi et ce qui est produit par soi et, d'autre part, de ce qui est et qui revient à la collectivité et est partagé en son sein.
De par cette tendance d'un pouvoir et ceux le détenant, quelle qu'en soit sa nature, de considérer comme normale que les biens collectifs, voire d'autres êtres humains devenant objets, lui appartiennent de fait, cela génère, en raison de l'instabilité que cela crée au sein des sociétés, l'apparition de contrepouvoirs pour en contrebalancer cette tendance, ce qui permet, ensuite, à la-dite société de s'auto-réguler.
C'est ce contre-pouvoir, lorsqu'il est politique, qui s'appelle la gauche.
Cette auto-régulation ne pouvant émerger que dans un périmètre précis, ce qui ce nomme des frontières clairement définies d'un pays.
Si, en revanche, les frontières se retrouvent béantes, les déséquilibres sociétaux entre les pays, ici ceux salariaux, génèreront une concurrence entre les peuples, là, leurs émoluments, ce qui permet au pouvoir, donc aujourd'hui économique, d'accumuler du pouvoir, d’amasser de plus en plus de biens, entre-autre sous forme de monnaie comme à notre époque, puisque les contre-pouvoirs, dont la gauche politique, ne sont plus dans la capacité de réguler la société.
Toutefois, il s'agit également de savoir quelle est la nature du pouvoir du moment, religieuse, politique, économique, voire, pourquoi pas demain, scientifique ou autre...
L'un des paradoxe de cette relation gauche, droite est que, si la gauche véritable prend le pouvoir gouvernemental et que ce pouvoir est politique, elle deviendra la droite.
En revanche, si le pouvoir véritable est économique, cette régulation pourra naturellement se faire, ce fut les fameuses trente glorieuses, soit environ trente ans de relative prospérité économique occidentale.
Comprenez bien, la gauche, par nature, est socialement et, surtout, économiquement régulatrice, mais cette régulation ne peut s'effectuer qu'au-dedans d'un cadre établi, soit des frontières, cette régulation étant nécessaire pour éviter que les puissances de toutes sortes, dont celles d'argent, ne prennent le pouvoir et s'accapare les richesses du pays.
Dès lors, toute béance frontalière affaiblira tous les contrepouvoirs, dont la gauche politique et les syndicats, entre-autres, par la concurrence salariale entre les peuples par exemple.
Vous remarquerez qu'il n'est pas différent d'une domination purement politique qui doit, pour pouvoir exister, générer une union pour affaiblir la puissance des états au sein de celle-ci.
J'en vois trois exemples, l'U.R.S.S., les U.S.A. et l'U.E..
Ça a pu également prendre la forme d'un empire, comme celui austro-hongrois.
Quand à "L'International", cette chanson renvoie à un processus collectif européen un petit peu complexe.
Pour faire vite, l'effondrement des religions n'avait pas éradiqué les croyances religieuses inconscientes, dont celle de l'Eden, qui était devenu celui du rêve du paradis sur terre, paradis sur terre, vous le remarquerez, qu'il est possible d'observer autant dans certains présupposés communistes que néolibéraux.
Tous deux prônant la fantasmatique fin des frontières pour libérer les Hommes du carcan des contraintes sociales et de la folie meurtrière des guerres, soit la fin autant du politique que de l'histoire (si cela ne vous rappelle rien...).
Je fini sur un moindre désaccord avec notre hôte au sujet du F.N. qui n'est pas, à mon sens, ce qu'il se dit être, loin de là, et, à mon sens, il s'agit là d'une erreur géopolitique majeur, mais ça, c'est une autre histoire...

Observatus geopoliticus 06/02/2017 12:24

@ Kevin
Vous avez cette impression car c'est l'image contre-nature à laquelle on assiste depuis quelques dizaines d'années, avec une "gauche" qui est devenue de droite et une "extrême-droite" qui est en réalité à gauche. Chacun joue à contre-rôle et plus personne n'y comprend rien (pourquoi croyez-vous que l'abstention atteigne des records ?) Mais ces quelques décennies de confusion sont une paille à l'échelle historique.
1) Gauche internationaliste est un oxymore. Je le répète, la gauche est née par et pour la frontière, c'est un fait historique. Quant à votre exemple, si l'hymne communiste a été appelé l'Internationale pour faire joli, il n'y avait pas plus nationaliste que les régimes communistes (un peu comme les Américains qui bombardent au nom de la "liberté").
2) Loi de l'offre et de la demande, tout simplement : plus l'offre de travail est grande, plus le salaire est bas donc les profits patronaux élevés. Le meilleur moyen de grossir l'offre de travail est d'importer de la main-d'oeuvre supplémentaire, CQFD.
La frontière, c'est la défense du prolétariat de chaque pays et la baisse des profits patronaux. L'abolition des frontières, c'est la mise en concurrence des prolétariats du monde entier et l'augmentation des profits patronaux.
Je me suis déjà étendu suffisamment sur ces faits, je les ai expliqués en long et en large, je ne vais pas y revenir à chaque fois... Lisez l'histoire politique d'Athènes ou de la République Romaine, tout y est déjà, la Révolution venant parachever tout cela.
Bien à vous

Kevin 06/02/2017 11:04

Bonjour Theuric et OG,

Je m'immisce dans ce débat passionant, peut-etre pour y étaler mon ignorance aux yeux de tous, mais "la gauche va de pair avec la fermeture des frontières" m'est complètement contre-intuitive: l'hymne communiste est "l'internationale", et le patriotisme/nationalisme sont des valeurs plutot traditionnelement "de droite". Aussi, l'ennemi héréditaire de l'ouvrier francais "de gauche" n'est pas l'ouvrier étranger (immigré en France ou non, qui est dans tous les cas lui-aussi percu comme une victime), mais le patron francais qui exploite et délocalise et le rentier francais qui vit de son capital et non de son travail. La lutte des classes par opposition à la lutte entre pays (je caricature un peu)...

Observatus geopoliticus 05/02/2017 18:00

"Gauche et droite s'inventèrent au début de la révolution française"
>>> Bien avant, cher Theuric. On en voit les prémices à Athènes il y a 2500 ans et surtout à Rome à la fin de la République.
La conquête romaine provoqua un afflux de produits agricoles et d'esclaves (remplacez ces termes par "made in China" et "immigrés" et vous comprendrez tout de suite l'analogie) en provenance des territoires conquis. Cet afflux de denrées agricoles et de main d'oeuvre ruina évidemment les classes populaires et moyennes romaines. Apparut alors un courant politique pour y remédier : les populares, que les oligarques appelaient déjà - je vous le donne dans le mille - "parti populiste". Comme quoi, il n'y a rien de nouveau sous le soleil... Ce courant est considéré comme l'ancêtre de la Gauche, une proto-gauche en quelque sorte, avec ses figures de proue parmi lesquelles les Gracques, tribuns de la plèbe et icônes de la gauche à travers les âges (un révolutionnaire de 1789, Babeuf, changea même de prénom et décida de se nommer Gracchus pour leur rendre hommage).
Or que disaient-ils ? "Arrêtez de faire venir esclaves et produits concurrençant et ruinant notre population". Du Le Pen ou du Trump dans le texte...
Ce débat sur le protectionnisme/l'immigration/les frontières n'a rien de nouveau ; c'est un fil rouge qui traverse l'histoire, de l'Antiquité à nos jours en passant par la Révolution française ou certaines querelles mandarinales en Chine impériale etc.

jef 05/02/2017 03:03

@ Euclide
Êtes-vous lecteur de Rémi Brague ou de Pierre Manent? Si vous ne les connaissez pas, puis -je vous recommander certains de leurs ouvrages? Philippe Nemo n'épuise pas nos sujets d'intérêts... Bien à vous, jef.

Euclide 05/02/2017 20:45

Oui jef, je connais de nom ces 2 auteurs.

jef 05/02/2017 00:12

Un dernier mot: OG a raison de relever qu'une question politique (il parle de la question des frontières et de l'immigration) n'est jamais historiquement l'apanage de la droite ou de la gauche.
1) On conviendra facilement que ces camps se renient régulièrement.La gauche se soucie-t-elle aujourd'hui de la classe ouvrière? La droite défend-elle l’indépendance nationale?
2) On conviendra que sur toutes les questions essentielles gauche et droite se divisent et se réunissent entre majoritaires et minoritaires en leur sein...Prenons le référendum sur la constitution européenne...
3) On en conclura peut-être que l'opposition gauche-droite est bien utile à ses majorités trans-partisanes.

jef 05/02/2017 13:23

@Hamilcar Barca
Merci de me signaler cet article. Je le lirai avec attention. Puis-je en retour vous recommander l'ouvrage de Raymond Aron sur la question de l'opposition droite/gauche: L'opium des intellectuels? A ne pas négliger non plus plusieurs ouvrages de Jules Monnerot qui touchent de près à ces questions. Je pense comme vous que le Rémond est un ouvrage de base sur la question de la droite. Mais il ne me satisfait guère sur le fond. Bien à vous.

Observatus geopoliticus 05/02/2017 09:46

Cela va plus bien loin que le reniement de X ou de Y, c'est le changement d'un paradigme multimillénaire. Historiquement, les deux grandes missions de la gauche et de la proto-gauche antique avant elle ont été :
- la défense des classes populaires
- l'accès du plus grand nombre à la citoyenneté (ce que nous nommons la démocratie)
Or la condition sine qua non de ces deux éléments est la frontière. Il ne peut y avoir de démocratie sans frontière ni de défense des pauvres. La frontière est intrinsèquement liée à la gauche, elle constitue son ADN, sa raison d'être. Une gauche sans frontière est un oxymore, une contradiction dans les termes.
Sans même mentionner l'inénarrable PS, quand je vois un Mélenchon se dire de gauche et servir sur un plateau d'argent l'oligarchie financière avec son ouverture des frontières, je ne peux m'empêcher de sourire. Il n'a apparemment pas tout à fait compris ce qu'était la gauche...

Hamilcar Barca 05/02/2017 05:43

@Jef
Bonjour Jef
Les réponses à vos interrogations ou constatations sur l'évolution des gauches et des droites qui ont amené à la situation actuelle ont fait l'objet de plusieurs analyses.
Concernant les gauches, il faut avoior lu l'aricle magistral d'Eric Conan, publié dans "L'express" au lendemain du coup de tonnerre de 2002.
"Comment la gauche a perdu le peuple"
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/comment-la-gauche-a-perdu-le-peuple_498926.html
A mon humble avis, tout y est dit:

Concernant les droites, le PB est plus complexes, mais on ne peut que se baser sur l'ouvrage de de René Rémond, "Les Droites en France".
Sa classification est certainement pertinente, mais peut être trop compliquée. Pour moi, la droite "d'idées et de valeurs", dont le dernier représentant a été globalement le Général de Gaulle", a disparu avec l'arrivée de Pompidou, suivi de Giscard, et la prise de pouvoir par la "droite d'affaires".

Cette évolution franco-française a été précipitée par ce qui s'est passé au niveau mondial.
La révolution conservatrice américaine avec l'émergence des neo-cons a eu pour conséquences la mondialisation et la toute-puissance du capitalisme financier. Les neo-cons ont trouvé des "alliés objectifs" dans l'évolution du gauchisme soixante-huitard vers le libéralo-libertarisme, "mondialo-compatible" et, ne pas l'oublier, dans celle de l'église catholique vers une vision essentiaellement sociale et universaliste du rôle de la religion.
Il en a résulté en Occident un bloc politique, ni de droite ni de gauche, notions obsolètes, dont le motto bien connu est: "casser les nations, favoriser les migrations, et asseoir la prospérité des oligarchies qui se disent "élites" sur des masses de plus en plus paupérisées" (notamment par la destruction des classes moyennes). Marx se serait délecté à analyser cela, même si sa théorie apporte déjà bien des réponses.

En face de ce bloc, il ne reste que les tenants des peuples et des nations. Ni de droite ni de gauche, non plus. Depuis 60 ans, laminés, ridiculisés, traités de "beaufs" ou de "fachos" par l"intelligentsia". laquelle oublie une chose: l'histoire de l'humanité montre que rien n'a pu se faire en piétinant les peuples et leurs aspirations. Et que lorsque des Empires (perse, romain, etc...) leur ont ôté leur pouvoir politique, ils leur ont assuré en échange la paix et la prospérité. Ce qui n'est vraiment pas le cas aujourd'hui.

L'alliance neo-cons + libtars tient le haut du pavé depuis 60 ans. C'est "peanuts" à l'échelle de l'Histoire, et les craquements qui surviennent ici et là montrent que l'on s'achemine vers un Armageddon et une révolution en Occident. Sous l'oeil des nations (Russie, Chine, Inde) qui elles n'ont pas cédé à cette folie.

Bien cordialement

jef 04/02/2017 23:52

Pour complaire in fine à notre cher OG, il suffit de situer de la plupart des grottes préhistoriques, de mesurer leur profondeur et d'avoir visité les autres (celles qui sont facilement accessibles) pour se rendre compte qu'elles n'ont jamais été habitées.ni par les hommes de Cro-Magnon ni par les Grecs. Jamais leur fonction n'a été d'habitat. Faut-il rappeler que nous sommes avant l'agriculture et l'habitat permanent? Préciser qu'en quelques cas, nous avons devant leur entrée trace de campement?

Observatus geopoliticus 05/02/2017 09:49

C'était une façon de parler. Vous avez une soudaine passion pour l'en...... de mouche aujourd'hui ?

jef 04/02/2017 23:36

Longtemps en effet le code de Hammourabi est passé pour le plus ancien . Mais qu'importe. Ces codes marquent la naissance du politique . Pas encore du droit proprement dit. Il correspondent au despotisme.

jef 05/02/2017 12:57

Cher OG, comme souvent les désaccords tiennent aux termes employés. Sur les faits, nous nous accordons davantage. Il est exact, par exemple, qu'en Égypte le savoir a cru de façon prodigieuse et s'est organisé (j'aurais souligné le mot si je savais comment le faire). Chose qu'on sait peu, ce fut le cas particulièrement en médecine. Mais j'appelle science un savoir théorisé, systématisé. En un sens, c'est réduire à peu le miracle grec: les Grecs n'ont fait que théoriser et systématiser un savoir qu'ils ont largement hérité d'ailleurs. D'un autre côté, quel immense bouleversement de la pensée humaine.
Sur la question du droit, nous avons affaire de nouveau au même type de malentendu. Toute codification des règles en usage dans les relation inter-humaines mérite-t-elle le nom de droit? Cela dépend de ce que l'on appelle droit de toute évidence.Quand à une naissance du politique antérieure à l'existence de code, je suis franchement perplexe.
Pour en revenir aux questions politiques du moment, j'approuve à cent pour cent votre critique d'une gauche prétendant défendre la démocratie ( = gouverner dans l'intérêt de tous, ici) et nier les frontières . (A signaler un très bon Hors série de la Revue Conflits sur la question des Frontières). Que ce soit dans l'ADN de la gauche est une autre question: quid de l'internationalisme par exemple?

Observatus geopoliticus 05/02/2017 09:53

Rien à voir avec la naissance du politique qui est bien antérieure. Les codes de Ur Nammu puis d'Hammurabi relèvent du civil et du pénal. Les millions de tablettes retrouvées montrent également que les droits commercial et privé étaient très développés.
Dire que les Grecs ont inventé le droit est une ânerie.

fb67 04/02/2017 22:24

Retour en Ukraine, toujours d'actualité, et toujours aussi mal couverte par les "actualités" de la MSM, heureusement nous avons un Observateur au regard acéré..
Deux questions si vous permettez:
1 Qu'est allé chercher Chocoporo chez Mémère: un viatique? un feu vert pendant que Trump regarde ailleurs?
2 Des nouvelles de notre héroïne aux pieds nus?
Merci

UnLorrain 04/02/2017 21:51

@ OG une remarque,hs et ne le voyez pas comme lénifiant ( si ce mot a le sens de «pommade» :-)) vous utilisez plusieurs fois le terme de «biscuit»...terme utilisé aussi par un homme peu connu fin 19è siècle,Zo d'Axa,qui ecrit dans ses articles de son,ses journaux « s'embarquer sur le radeau de la Méduse?d'accord mais pas sans quelques biscuits»
Une critique d'un certain Meric(fût il Clément..hum hum) de cette époque envers Zo «le plus grand écrivain de son temps»ces hommes,remarquables,s'essayent a différentes rhétoriques,socialisme anarchisme communisme monarchisme,n'en adopteront aucune durablement,en tout cas pour d'Axa qui fuit le système en fait...ce qui me plaît et qui devrait plaire a toutes et tous c'est que de lire leurs écrits de ces marginaux est on ne peut plus plaisant,utile,comme de nos jours consulter le bon blogueur et ses brèves mais non moins précises analyses...

Euclide 04/02/2017 17:27

Pour vous Madudu
Tout en élevant le débat et en étant hors sujet par rapport à l'Eurasie., je vous répondrai qu'est-ce que l'Occident selon Philippe Nemo, professeur à l'ESCP-EAP.
" L"auteur voit dans la culture occidentale , non le produit du hasard et de la nécéssité , mais une construction de l'esprit , structurée en cinq moments clés:
1) l'invention de la Cité et de la science par les grecs
2) l'invention du droit , de la propriété privée, de la " personne " et de l'humanisme par Rome,
3) la révolution éthique et eschatologique de la Bible: la charité dépassant la justice , la mise sous tension eschatalogique d'un temps linéaire, le temps de l'Histoire;
4) la révolution papale des XI -XIII ème siècles qui a choisi d'utiliser la raison humaine sous les deux figures de la science grecque et du droit romain réalisant ainsi la première véritable synthèse entre " Athènes" , " Rome" et " jérusalem"
5) la promotion de la démocratie libérale accomplie par ce qu'il est convenu d'appeler les grandes révolutions démocratiques ( Hollande, Angleterre, rtats Unis, France, puis , sous une forme ou une autre , tous les autres pays de l'Europe occidentale) etc..... qui a permis d'engendrer la Modernité;
En clair , qu'elle est le lien entre " le salaire pour tous ", l'immigration etc bref toute l'idéologie de goooooooche Réponse la culture catho.

Conclusion: Va t'on continuer à devenir des carpettes pour les States ou la Chine ou autres pays ?

Wilmotte Karim 05/02/2017 12:47

@Observatus geopoliticus

Juste une remarque sur la gauche et l'immigration:
- La gauche défend le droit à des papiers pour les gens sur le territoire.
Des gens, donc des travailleurs, sans papiers sont taillable et corvéable à merci.
Ils peuvent être utilisé en remplacement de travailleur lambda et contribuent à renforcer drastiquement la pression sur les travailleurs dans les fonctions peu qualifiée.

- Les gens de gauche ont un problème conceptuel avec le fait d'ériger des barrages aux frontières, absolument pas étanche, mais dont le franchissement est particulièrement meurtrier.

Ce que la gauche ne veut pas en terme d'immigration, c'est l'importation volontaire, de travailleur. Quand la Belgique va chercher des Marocains et des Turcs après avoir pris des Italiens. Quand la France de Sarkozy prétend qu'elle va avoir une "immigration choisie".

Et même là, une fois sur le territoire, ils doivent avoir les mêmes droits sociaux que les autres, la même protection. Car l'expérience montre que chaque faille est exploitée (et une population sans droit est une faille).

Enfin, la gauche ne veut pas à tout prix opposer les travailleurs entre eux. Il existe des divergence objective qu'il ne sert à rien de nier. Mais il existe plus de proximité entre un travailleur immigré et un travailleur français qu'entre un travailleur français et un patron du CAC 40!

fb67 05/02/2017 10:48

Le premier nombre irrationnel connu, racine carrée de deux, était déjà approximé avec une très bonne précision en Mésopotamie.(écrit sur une tablette, je n'ai plus la date en tête)
Ça représente la longueur de la diagonale d'un carré, objet très concret

Observatus geopoliticus 05/02/2017 10:04

Pour la Mésopotamie, les historiens parlent effectivement de pré-science, mais pas pour l'Egypte où, dans les Maisons de vie (sortes de CNRS avant l'heure), les savants étudiaient et conceptualisaient les problèmes, ce dans différents domaines disciplinaires. Le nombre "pi", par exemple, y apparaît, ce qui prouve un état avancé de théorisation mathématique. Ce n'est pas pour rien que les grands savants grecs faisaient tous le voyage d'Egypte : Hérodote, Pythagore, Thalès...
Comme souvent en histoire, les Grecs reprendront ces éléments, les amélioreront et les systématiseront scientifiquement.

jef 04/02/2017 23:27

A propos des sciences antiques, gardons-nous de croire en leur distinction avant leur théorisation. Seule cette dernière le permet. C'est donc à bon droit que nous faisons remonter au Grecs la naissance des sciences. Des sciences mais pas du/des savoir(s).

jef 04/02/2017 23:14

Ce qui a dépassé historiquement le simple village/regroupement familial ou tribal n''est pas la cité au sens politique (oriental, puis grec) mais le regroupement cultuel (ce serait le moyen terme). En tout cas, toutes les traces archéologiques que nous avons de rassemblements préhistoriques permanents et ayant nécessité des moyens incommensurables avec ceux d'un village de l'époque sont de ce type. D'où l'origine religieuse des plus anciennes royautés.

fb67 04/02/2017 22:15

@OG: merci pour cette mise au point, Jaurés et Gilgamech vous en sauront gré!

Observatus geopoliticus 04/02/2017 20:33

@Euclide
Je ne suis pas contre les discussions historiques, encore faut-il avoir un minimum de connaissances...

1) La cité a été inventée en Mésopotamie trois millénaires avant les Grecs (sans en avoir toutes les composantes politiques il est vrai). Pour ce qu'on appelle les sciences, idem + Egypte... Les mathématiques, la médecine, la classification des espèces etc. tout cela est apparu sur les bords du Tigre, de l'Euphrate et du Nil bien avant les Grecs, qui les ont théorisées et améliorées.
2) Pareil pour le droit. Tout honnête homme connaît le code Hammurabi, édicté à Babylone à une époque où les Grecs vivaient encore dans des grottes... Et encore, ce code n'était-il pas le premier en Mésopotamie.

NB : une petite remarque sur l'immigration que vous dites de "goooooche". En réalité, la gauche, la vraie (pas celle qui sévit depuis quelques dizaines d'années) a toujours défendu l'idée de frontière. Celle-ci est même une création de la gauche afin de mieux défendre les classes populaires et moyennes. De la proto-gauche athénienne et romaine en passant par les révolutionnaires de 1789, Jaurès ou encore le PCF dans les années 70, la gauche a toujours été opposée à l'immigration et a toujours défendu l'idée de frontière et de protectionnisme.
A l'inverse, ce sont les oligarques de l'Antiquité, les aristocrates de l'Ancien-régime puis le grand capital du XIXème et pour finir les banksters - en un mot, les riches ou la droite - qui tentent depuis des siècles d'abolir les frontières. Est-ce un hasard si les "No Borders" et compagnie sont financés par Soros ?
C'est depuis qu'elle a abandonné l'idée de frontière que la gauche occidentale n'est plus la gauche et que les classes populaires sont massivement passées au FN en France, Trump aux USA...

Madudu 04/02/2017 20:16

Votre vision de l'Europe me paraît complètement auto-centrée.

Les protestantismes ont joué un rôle important dans la genèse des régimes parlementaires, dans l'histoire des sciences et dans l'histoire des représentations politiques.

D'ailleurs l'héritage grec n'est pas l'exclusivité du monde catholique, nous l'avons même pour partie redécouvert par des documents issus du monde musulman.

Le monde orthodoxe a aussi joué un rôle important dans l'histoire des idées occidentales, par ses mathématiciens, par sa littérature, par le "communisme" appliqué, par son apport au fondement de la pédologie (Dokoutchaïev), par les travaux franchement visionnaires de Mendeleïev, etc, j'en oublie des wagons !

Sans compter que cette partie du monde orthodoxe qu'est la Russie est fort jeune, elle ne fait que commencer dans sa production d'idées et de représentations. Pour l'illustrer, on peut citer Poutine et la multipolarité évidemment (et plus largement sa diplomatie), mais aussi Perelman qui a dernièrement démontré la conjecture de Poincaré (excusez du peu !), ... !

Bref, nous nous sommes éloignés du thème de ce blog. D'autant plus que les intérêts géopolitiques ne coïncident pas franchement avec les aires de répartition des différentes religions, ou avec celles des différentes structures familiales (cf les travaux de Todd, encore un pas-très-catho qui a développé une pensée sur laquelle l'occident construira, à n'en pas douter).

Euclide 04/02/2017 09:27

Cher theuric
la "zone euro" est décédée le 13 juillet 2015 en refusant d'aider la Grèce à cause de l'intransigeance de l'Allemagne en refusant l'étalement de la dette sur plusieurs années.

Pour rester dans le thème de ce blog.
Les questions sont les suivantes : si Donald arrete de financer l'OTAN, est-ce que l'Europe va t'elle prendre conscience de sa vulnérabilité de son territoire face à l'islamisme radical ainsi qu'à cette nouvelle de colonisation non armée mais dangereuse qu'est l'acceptation de l'immigration incontrolée. La réponse est au Vatican. Pour les stratèges sous Benoit XVI( pape européen) la réponse était claire. Oui au mystère de la foi mais chaque religion dans sa zone d'influence. Avec le pape François ( jésuite et argentin ) la géostratégie est différente. Le message est le suivant : vu la chute démographique de l'Europe, il faut la dynamiser dans le reste du Monde. Très bien, sauf qu'elle entre en conflit direct avec la religion musulmane qui vise aussi à l'universalisme. D'où un choc culturelle mondial.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Observatus geopoliticus 04/02/2017 20:02

Je dirais même plus : au final, l'OTAN c'est l'islamisme radical, puisque les chefs de l'un et l'autre sont comme les deux doigts de la main. Les pays de l'OTAN sont les meilleurs alliés de l'Arabie saoudite et du Qatar, les pays de l'OTAN (et parfois l'organisation elle-même) ont soutenu les moujahidines afghans contre les Soviétiques, les Tchétchènes contre les Russes, les Kosovars contre les Serbes...

Madudu 04/02/2017 12:02

Je rejoins Wilmotte Karim, l'OTAN n'a pas grand chose à voir avec la politique migratoire et la sécurité intérieure de ses pays membres.

Je ne vois pas non plus en quoi le pape est amené à jouer un rôle quelconque dans une Europe presque entièrement déchristianisée, et pas entièrement d'origine catholique.

Le "choc des civilisations", pour moi, est une erreur de lecture digne du meilleur stratège états-uniens. Une erreur grossière, donc.

Wilmotte Karim 04/02/2017 11:26

"si Donald arrête de financer l'OTAN, est-ce que l'Europe va t'elle prendre conscience de sa vulnérabilité de son territoire face à l'islamisme radical"

??? En quoi l'Otan est une protection?

- soit vous parlez de groupe comme l'EIL, et ils ne sont PAS des menaces sérieuses pour les armées occidentales.
- soit vous parlez de groupe terroriste: on contre le terrorisme non à coup de tapis de bombe mais à avec du renseignement, de l'infiltration, des écoutes ciblées, des opérations de police.
- soit vous parlez du mouvement politique qui touche des fractions mineurs des populations occidentales (principalement immigrée, mais même là, ils ne semblent pas avoir une majorité absolue): cela se règle par la politique, la cohésion sociale, etc.

Qu'est-ce que l'Otan vient faire là dedans? A part contribuer à tuer de 2 à 6 millions de personne en Afghanistan, Irak et Pakistan (donc, non compris le Yémen ou la Libye), et donc à servir sur un plateau les éléments de propagande nécessaire aux islamistes?

Hamilcar Barca 04/02/2017 09:59

@Euclide
Cher Euclide,
Vous posez effectivement la question majeure: "si Donald arrete de financer l'OTAN, est-ce que l'Europe va t'elle prendre conscience de sa vulnérabilité de son territoire face à l'islamisme radical ainsi qu'à cette nouvelle de colonisation non armée mais dangereuse qu'est l'acceptation de l'immigration incontrolée."

Mon opinion est: NON.
L'Europe, peut-être plus que les USA, est sous la coupe des libtars et leur Propagandastaffel. Et la multiplicité des étatas rend un phénomène "Trump" impossible. Quant au Vatican, il est maintenant dirigé par un jésuite sud-américain, fils spirituel des théologiens de la libération, qui tranpose simplement à l'Europe son expérience sud-américaine. Autrement dit, qui nous juge avec des a priori qui sont complètement à côté de la plaque.
Pour ces raisons, la politique actuelle que vous décrivez ne fera que croître et s'embellir, jusqu'au moment où forcément "la résistance des matériaux" va atteindre le point de rupture. Où et quand, sous quelle forme, je n'en sais rien pour l'Europe.
Pour la France, un coup d'oeil dans le rétro historique vous montre que notre pays, tout au long de son histoire récente (disons depuis le XVIIIème siècle) n'a été capable d'évoluer que par le biais de convulsions. Plus ou moins violentes ou sanglantes, du fait des blocages institutionnels et de notre classe politique. Convulsions parfois initiées par des évènements ecxtérieurs (je pense à 1945 faisant suite à la honte de 1940).
Mon sentiment est que l'instant "t" se rapproche car le peuple gronde de plus en plus, mais quand et comment l'éruption se fera-t-elle? Mystère.

Bien cordialement

theuric 04/02/2017 04:51

Ce que je crains le plus avec l'effondrement de l'U.E. serait que les banques européenne entrainent l'économie mondiale dans une faillite autant carabinée, mondialisée que retentissante.
Mais à bien y regarder, ce serait pour Monsieur Trump du pain béni, ainsi sera-t-il facile d'en reporter la faute exclusive sur une Union-Européenne disparue et de justifier, en interne, un certain nombre de mesures que, sinon, nombre de ses concitoyens ne comprendraient évidemment pas.

Observatus geopoliticus 03/02/2017 16:01

Pour en finir (temporairement) avec le discours de l'ambassadrice US à l'ONU, il s'agit de le replacer dans son contexte. Tous les observateurs ont été frappés du net changement de ton de Washington concernant l'Ukraine :
http://www.usnews.com/news/politics/articles/2017-02-01/us-flirts-with-softer-stance-on-russias-conduct-in-ukraine
http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/02/02/if-us-throws-ukraine-under-the-bus-will-moscow-reciprocate/
Le Département d'Etat ne cite même pas une seule fois la Russie dans son communiqué relatif à la flambée de violence : https://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2017/01/267379.htm

La rupture avec l'adm. Obama, qui accusait Moscou 24h/24 et 7j/7, est flagrante. Trump ne peut toutefois aller trop loin et doit (encore ?) donner quelques gages (oraux) au Parti de la guerre, d'où sans doute ce discours onusien, relativement modéré néanmoins.

Jean 03/02/2017 13:51

Que Trump soit "prudent", soit, mais il est assez incompréhensible et brouillé. Les propos de son ambassadrice sont secs et glaçants au lieu d'être plus diplomatiques sans pour autant annoncer la levée des sanctions.
PS Finalement le retour à la présentation initiale de votre site est une bonne chose ;-)

Observatus geopoliticus 03/02/2017 14:52

"secs et glaçants"
C'est le contraire. Regardez le lien que j'ai donné ci-dessous...

Eric83 03/02/2017 13:48

Et Mac Cain d'en rajouter une couche : il demande à Trump de fournir des armes létales à l'Ukraine !
https://fr.sputniknews.com/international/201702031029918049-ukraine-usa-armes-letales-fournir/

Comme cela fait du bien de voir les donneurs de leçons, Anglais cette fois-ci, se faire tanser : messieurs les Anglais, soulagez votre conscience en rendant les nombreux territoires que vous avez annexés !
https://fr.sputniknews.com/international/201702031029922776-Tchourkine-rycroft-purifier-conscience-territoires-annexes/

Chris 03/02/2017 13:11

Entre-temps afin que les Euronouilles retrouvent quelque esprit, le Donald envoie son vice-président (admirez le décalage) à Bruxelles et Munich, Mike Spencer : http://www.romandie.com/news/Le-vicepresident-americain-va-se-rendre-a-Munich-et-Bruxelles/772152.rom

L’ambassadrice US à l’ONU affirme que les sanctions seront maintenues tant que la Crimée reste annexée
http://www.romandie.com/news/Les-sanctions-contre-la-Russie-maintenues-tant-que-la-Crimee-sera-annexee-/772146.rom
Hollande, (tiens, il existe encore ce pantin !) y va de sa chansonnette européiste qui n'impressionne que lui :
http://www.romandie.com/news/Les-pressions-de-Trump-sur-lEurope-inacceptables-selon-Hollande/772235.rom
"Il ne peut pas être accepté qu'il y ait, à travers un certain nombre de déclarations du président des Etats-Unis, une pression sur ce que doit être l'Europe ou ce qu'elle ne doit plus être", a déclaré le président français à son arrivée au sommet européen de Malte, à La Valette.
Le chef de l'Etat français a également mis en garde tous ceux qui seraient tentés en Europe, notamment centrale, par des relations essentiellement bilatérales avec le président américain.
Je subodore qu'il parle de la Pologne et Hongrie.
Qu'est-ce-qu'on s'amuse !

Grognard 03/02/2017 18:33

Hé oui Chris, il faudra s'y faire.
Bonsoir,
La république de Tulle est une puissance émergente.

Ady85 03/02/2017 12:28

Observatus : Avez-vous vu l'interview d'une probable futur ambassadeur Américain auprès de l'UE à Bruxelles ?

Il dit ouvertement qu'il va falloir faire tomber l'UE, et que par ailleurs, si l'opposition à sa nomination par les Euronouilles venait à l'empêcher de devenir ambassadeur, cela serait considéré comme une déclaration de guerre à Washington.

Trump ira-t-il jusqu'à l'affrontement avec l'UE selon vous ?

Ady85 03/02/2017 12:59

OK merci. Si Trump / Bannon pouvait soutenir en sous-main les forces anti-UE sur le vieux continent, ce serait un plus important.

Si les US lâche la tour de pise qu'est l'UE, c'est fini à mon avis...

Observatus geopoliticus 03/02/2017 12:52

@ Ady
Ah le fameux Ted Malloch... Sur ce personnage haut en couleurs : https://www.rtbf.be/info/monde/detail_ted-malloch-possible-futur-ambassadeur-us-aupres-de-l-ue-persona-non-grata?id=9520278
Je ne prévois pas d'affrontement mais plutôt un abandon par Washington de l'UE qui devient de plus en plus une coquille vide. Si l'euronouilland meurt, ce sera de faiblesse et de vieillesse, pas les armes à la main.

Gieller 03/02/2017 11:03

Deux petites choses se sont passées depuis l'écriture de l'article :
- Les ukrainiens savent désormais que les militaires tués au combat sont enterrés avec les rebus médicaux et déclarés déserteurs pour éviter le paiement des frais.
- la diplomate US l'ONU vient de déclarer que les sanctions ne seront pas levées tant que la Russie serait en Crimée, ce qui va un peu à l'encontre du sens donné à l'article.

A moins que Trump ne calme le jeu en prônant le statu quo le temps de mettre de l'ordre dans la maison Amérique et que l'Europe implose toute seule...

Observatus geopoliticus 05/02/2017 18:09

Merci, Misha. Si la vidéo a disparu, il vous reste ceci à voir :
http://www.usnews.com/news/politics/articles/2017-02-01/us-flirts-with-softer-stance-on-russias-conduct-in-ukraine
http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/02/02/if-us-throws-ukraine-under-the-bus-will-moscow-reciprocate/
https://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2017/01/267379.htm

misha 05/02/2017 12:10

Un grand merci OG pour le partage de vos points de vue très éclaires.

J'étais, je suis moi même très inquiet que la diplomatie us continue de revendiquer le retour de la Crimée et les sanctions... puis je me suis dis que finalement ça devait encore faire partie du train de propagande, ...d'après ce que vous dites, destiné à masquer un subtil changement de ton!
Ce qui est dit dans l'article de russia insider en lien: "These may be incendiary words, but Haley's Russian counterpart Churkin nonetheless detected a "change in tone" from the previos ambassador Samantha Power.
You will understand why if you watch the video of the actual speech:"

Mais voilà, la vidéo est supprimée, le changement de ton reste confidentiel, apparemment il faisait déjà trop de bruit! Reste le bruit des bottes.

Observatus geopoliticus 03/02/2017 12:39

Sur le discours de Nikki Haley : http://russia-insider.com/en/trumps-un-envoy/ri18794
Le changement de ton est évident et, parfois, elle s'excuse presque de devoir dire ce qu'elle dit !
Encore une fois, Trump a déjà fait un paquet d'ouvertures à la Russie. Il ne peut pas se permettre d'aller trop vite et doit donner un peu de biscuit à moudre au Parti de la guerre sous peine de le voir se lever totalement contre lui.

Madudu 03/02/2017 11:52

Il va falloir attendre un peu pour y comprendre quelque chose je crois, pour le moment c'est l'anarchie la plus totale dans le camp états-unien ^^

J'attends et j'espère avec une certaine impatience que Trump mette de l'ordre dans tout ça, qu'on y voit un peu plus clair.

Catalina 03/02/2017 11:44

Bonjour à tous,
Il y a eu un escalade cette nuit avec des armes supérieurement destructrices et interdites, totalement par les accords de Minsk. https://www.youtube.com/watch?v=YLVH395Tt80

Jean Pierre 03/02/2017 09:41

Que penser alors des déclarations pro Ukraine de l'ambassadrice américaine a l'ONU ??? Voir sujet précédent

Grognard 03/02/2017 18:43

Bonsoir Observatus geopoliticus
en réponse à:03/02/2017 09:53

"Les sanctions ne seront de toute façon pas levées du jour au lendemain,"

Chacune des partie a au moins une bonne raison.
Dans une négociation on ne met pas tout le paquet sur la table avant d'avoir sérieusement cerner l'ensemble des débats.
Ca c'est pour le côté US.
En face tant que les Ets russe ont des parts de leurs marchés intérieurs à reconquérir ; pourquoi se presser.
Ensuite pourquoi ne pas commercer en priorité avec l'eurasie.
Ce qui fait une seconde raison qui s'équilibre avec les garanties à donner au parti de la guerre.

Observatus geopoliticus 03/02/2017 12:43

Bonjour cher Ady. Non, je ne pense pas. Sur l'Iran et la Corée du nord, Trump me semble sérieux. Il n'a jamais caché sa méfiance envers Téhéran et j'en parlais déjà il y a quelques mois. Le triangle eurasien sino-irano-russe a prospéré face à l'ennemi commun : le système impérial US. Le Donald, lui, introduit l'incertitude, voulant se rapprocher avec Moscou, s'opposant résolument à Pékin et Téhéran.

Ady85 03/02/2017 12:32

Vous pensez qu'il en est de même pour ces déclarations contre l'Iran et la Corée du Nord ?

Histoire de tenter de gagner la confiance du deep state ?

Observatus geopoliticus 03/02/2017 09:53

@ Jean-Pierre
Trump est encore en phase préliminaire, son administration passe les audiences du Congrès (T. Rex s'est fait accepter de justesse), il doit donner du biscuit au Deep State...
Les sanctions ne seront de toute façon pas levées du jour au lendemain, le War Party mine le terrain et place des obstacles.