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Chroniques du Grand jeu

Tensions, alliances & mésalliances

5 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Moyen-Orient, #Chine, #Extrême-Orient

Tensions, alliances & mésalliances

Nous vivons des temps passionnants, quoique incertains, voire quelque peu dangereux. L'empire US devient chaque jour plus hystérique et imprévisible à mesure que son hégémonie décline. La chape de plomb tutélaire craquant de partout, les ex-alliés/vassaux s'égayent en tous sens, donnant de la planète une impression de joyeux bordel. Le pôle de stabilité se déplace lentement mais sûrement vers l'Eurasie et l'alliance sino-russe à laquelle s'agrègent l'Iran (le fameux triangle Moscou-Pékin-Téhéran) et d'autres, ce que le système impérial, lui-même divisé comme jamais, ne peut accepter et tente de torpiller.

En Syrie, le couple américano-saoudien et son caniche européen fait contre mauvaise fortune mauvais cœur. La tension semble être à son comble entre les deux grands : aux menaces voilées de Washington (le changement de position des Américain après Deir ez-Zoor est assez étonnant), Moscou répond crânement en envoyant plus de S-300, d'avions et même de navires. Le bombardement de l'ambassade russe de Damas par Al Nosra est vu comme la matérialisation de la tentative d'intimidation US et le MAE russe a beau jeu de déclarer que "c'est la conséquence des actions de ceux qui, comme les Etats-Unis et leurs alliés, alimentent le conflit en Syrie et flirtent avec les groupes extrémistes." Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'ours oblige l'aigle à tomber le masque et le double-jeu américain (soutenir les djihadistes mais pas trop tout en prétendant que la rébellion modérée existe encore) est chaque fois plus difficile à mener. D'autant plus que les barbus modérément modérés n'aident en rien le fournisseur : pas plus tard qu'aujourd'hui, un énième groupe affilié à l'ASL est passé avec armes et bagages à Al Qaeda.

Est-ce un hasard si, en ces temps difficiles, la presse de l'OTAN nous sort de son chapeau l'absurde affaire des bombardiers russes volant dans l'espace aérien international mais "interceptés" quand même au large de la Bretagne ? La volaille médiatique de service se rend-elle au moins compte que plus personne ne gobe ses ridicules scénarios ; même le public états-unien, pourtant habituellement crédule, ne croit plus ses médias de masse, c'est tout dire...

Sur le terrain, les loyalistes continuent leur avance dans Alep-est, tant au nord qu'au sud de l'enclave, tandis que les Sukhois vaporisent les djihadistes autour de la ville. Et comme ailleurs dans le pays, ça ne va pas beaucoup mieux pour les barbus, leurs sponsors s'inquiètent logiquement...

Dans ce contexte, l'étrange silence turc est évidemment intéressant. Ce que nous prévoyions - un marchandage dans lequel Moscou lâche du lest sur la question kurde tandis qu'Ankara arrête de soutenir la rébellion - semble se confirmer. Encore un "indéfectible allié" de l'empire qui prend le large, ce qui était d'ailleurs dans les tuyaux depuis le vrai-faux coup d'Etat de juillet...

En parlant d'allié en partance, la crise diplomatique philippine vaut son pesant de riz. Nous avons déjà succinctement abordé la question, il est temps de s'y pencher un peu plus longuement. Comme le Mexique ou la Thaïlande, les Philippines sont rongées par la drogue, et comme les dirigeants des pays pré-cités, le fraîchement élu président Duterte a lancé sa guerre contre les narcos. Évidemment, dans ce genre de lutte, on ne fait pas d'omelette sans casser d’œufs et le leader philippin s'est attiré des critiques indignées d'Occident.

Mais ces cris d'orfraie, curieusement bien plus sonores que lorsqu'il s'agit du Mexique ou de la Thaïlande, ont peut-être une cause plus profonde : traditionnel allié de tonton Sam, Manille joue à l'électron libre depuis quelques temps, refusant d'entrer dans le traité trans-pacifique et lançant des œillades à une grande zone eurasienne de Minsk à Manille.

Si l'empire pensait paternaliser le bouillant président philippin, c'est raté. Celui-ci s'est lâché en imprécations contre Barack à frites (qualifié de fils de péripatéticienne) et contre l'UE (priée d'aller "se faire foutre"). Surtout, c'est sur le plan stratégique que la donne peut changer dans des proportions considérables. Les traditionnels exercices militaires conjoints avec l'US Army seront vraisemblablement les derniers et l'on parle maintenant d'achats d'armes russes. Ce que Duterte explique avec son langage fleuri :

«Va en enfer, Obama. Si tu ne veux pas me vendre d'armes, j'irai en Russie. J'y ai déjà envoyé des généraux et Moscou nous a répondu "Ne vous inquiétez pas, nous avons tout ce que vous voulez et vous le remettrons".»

Il va plus loin et assure qu'il va revoir à coup sûr et peut-être même rompre l'alliance militaire entre Manille et Washington. Cela rappelle furieusement l'affaire ouzbèke de 2005 quand les Américains, ne pouvant s'empêcher de s'ingérer moralement dans les affaires intérieures d'un pays tiers, avaient critiqué Tachkent suite à la répression des émeutes d’Andijan. La réponse ne se fit pas attendre : ils étaient invités à quitter leur base de Karshi Khanabad dans les plus brefs délais, perdant une occasion unique de s'implanter durablement dans le Heartland.

Bis repetita sous les tropiques ? Moscou, qui a la fâcheuse habitude de récupérer un à un tous les pions perdus par l'empire, est en tout cas prêt à ramasser la mise. Pour les Etats-Unis, ça ne pourrait pas plus mal tomber alors que les Philippines occupent une place stratégique majeure dans le containment de l'Eurasie, ce au moment où Pékin montre des velléités croissantes en mer de Chine (méridionale et orientale) afin de percer le rideau et accéder au grand large.

Tensions, alliances & mésalliances

Quand on parle de géostratégie eurasiatique, Poutine n'est jamais loin... Les marines russe et chinoise ont effectué à la mi-septembre huit jours d'importants exercices militaires conjoints en - je vous le donne dans le mille - mer de Chine méridionale. Ce n'est certes pas la première fois que les deux pays organisent ce genre de kriegspiel, mais deux mois après l'arbitrage du Tribunal international de la Haye, le message est assez clair. Il en dit long également sur le développement de l'alliance sino-russe (lire encore ceci).

Se met doucement en place un duopole mondial ou l'un soutient systématiquement l'autre sur les questions qui l'intéressent stratégiquement. Pékin est derrière Moscou en Ukraine et en Syrie, Moscou est du côté de Pékin dans les mers de Chine. Et si en plus les pions de l'empire commencent à faire défection et font mine de rejoindre l'ours et le dragon, comme semble prêt à le faire Manille, où va-t-on ? C'est ce qu'on doit se demander avec lassitude dans les couloirs de Washington et de Langley...

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Grognard 09/10/2016 14:02

@ Observatus geopoliticus


"En Syrie, Pékin est réellement du côté des syro-russes et l'a fait savoir. Ils font ça à la chinoise, sans trop se mouiller, mais déclarer officiellement que la Chine entraînera les troupes syriennes, c'est prendre ouvertement parti."

D'accord avec cela toutefois je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que la Chine veut avant tout faire des affaires.
Son intérêt n'est pas la disparition du marché US.
Du moins pas tant que les fameuses route de la soie ne lui permettent pas de compenser une éventuelle perte du marché US.
La Chine a une perception du temps très éloignée de notre perception occidentale.
De plus ils ont encore un très gros paquet de bons du trésor US en caisse.
Il est certain qu'ils ne souhaitent pas que ces bons ne soient plus bons que pour faire des cornets de frites ; si j'ose dire.

Il y a un stratagème qui peut illustrer la politique chinoise:
- Tuer avec une épée d'emprunt:
Au sujet de l'ennemi nul doute ne subsiste mais quant à l'allié il est moins sûr.
Que l'on manoeuvre celui-ci pour qu'il nous débarrasse de celui-là et que sois même on ne s'en mêle pas.

Vous me direz que ce n'est pas tout a fait le cas de figure.
Ce à quoi je répondrai qu'il y a là pour l'armée chinoise l'opportunité de mettre à jours ses logiciels.

J'ai tiré ce stratagème de:
Les 36 stratagèmes
Traduits et commentés par François Kircher
Publié aux éditions JC Lattès

Je vous laisse il y a rugby.

Furax 07/10/2016 13:37

@ simplet

Un pays de vieillards soucieux de leurs rentes ne fait pas la guerre ni la révolution.
Et il ne fait pas la guerre contre une puissance nucléaire.

Nous ne remercierons jamais assez ceux qui nous ont donné la bombe. C'est une assurance vie hors pair.

simplet 07/10/2016 15:09

Cher Furax

Si c'est l'Allemagne que vous évoquez comme pays de vieux, je crois que ce sont bien là des fantasmes de la presse française dont vous vous faites le chantre.
Ce pays est redevenu un danger depuis la réunification. Beaucoup de jeunesse revanchardes à l'Est et peu de rentiers qui eux, se trouvent à l'Ouest et âgés comme vous dites.
De quelle manière cela nous tombera dessus, je n'en sais strictement rien.
Mais je suis persuadé que De Gaule avait une fois de plus raison.
J'espère que nous nous trompons, mais sans beaucoup d'espoir.
Je ne peux qu'abonder dans votre sens pour une guerre non nucléaire. Pour la simple raison que le pays victime serait inexploitable pendant longtemps. Par contre, il y a différentes manières de faire la guerre à commencer par les agressions économiques. C'est déjà en cours. Nous avons dépassé le stade du seuil de la pauvreté. Nos voisin sont encore arrogants à ce sujet. Bientôt, ils seront eux aussi mis devant leurs problèmes économiques. Leur seule solution sera "der grosse Deutchland". C'est à dire la conquête. de quelle manière, je n'en sais rien.

simplet 07/10/2016 12:20

Quelques réflexions, non pas affirmations donc, soumises à vos commentaires et critiques :

Un des évènements contribuant à la fin de Rome était la capacité des Prétoriens à faire ou défaire un empereur. Aux US, cela me semble être en devenir, Sauf que nous n’avons pas encore de garde prétorienne désignée. Pour le moment, plusieurs départements sont sur le taf.

Les actuelles agitations des pieds nickelés des états major US se situent dans la mouvance de la miss TENA senior qui semble cependant doucement sombrer. Les efforts de propagande semblent n’avoir que peu d'effets sur l’électorat dont 98 millions de crèves la faim et le reste barmans ou gangsters ethniques, très peu anglo-saxons. Et aussi malgré des alliés de poids tels que Gouguel, La fenêtre et la Pomme réunis en cette occasion. Qu’arrivera-t-il si Donaldo la houppette est élu. Guerre civile ? Assassinat d’un troisième président ? Fumette généralisée ? Piqouse à la chaîne ?

Cette campagne pèse sur le monde. Particulièrement sur la Syrie. Les menaces des Rangers administratifs du Pentagone qui font suite à celles de la police politique (Praetorius le centurion d’Astérix?) prêtent à rire sauf que cet humour n’est pas compris dans le moment Putine.
Celui-ci a fort à faire avec sa politique intérieure. Ses ennemis libéraux seraient renforcés si la tremblote venait à surgir le 8 novembre. Eurasia serait bousculé par ses derniers aux profits de leurs frères démo-niaques yankees.
L’axe US-Israël-Arabie-Quatar + un Sunnistan en gestation avortée pour le moment, ne sachant plus où faire passer leurs pipe-lines contre ceux de l’axe Eurasia allié à l’axe shiite en position favorable pour le moment. Leur tuyaux à gaz ont semble-t-il plus d’espoir de voir le jour.

Quant à l’EU que l’on classe alliée des US, il serait plus juste de dire que l’alliée est frau Milka teutonne. Etant la reine de l’UE économiquement parlant, elle écrase toutes les petites oppositions. Rien n’est plus fragile. Il suffit d’une étincelle telle que celle de la DB ( däs bank) ou de Commerz et adieu VW, Benz, deutch-euro fort… Juncker au pilori et le reste en stage à Soligen, capitale du couteau. Les nôtres tâteront du Laguiole marque déposée.
Quoiqu’il en soit, on retrouve une alliance patriciens us et allemands éternellement nationalistes de l’avant 1939.
Je redis ma crainte : Les Germains nous retomberont un jour dessus. C’est dans leurs gènes. Ce ne sont pas les branlées à répétition qui les arrêterons, ils en sortent à chaque fois plus fort. Nous nous sommes toujours en convalescence. Faut dire qu’on est fortement aidé par ceux qui nous guident.

Furax 08/10/2016 12:02

Cher Simplet, c'est un fait établi par de nombreuses statistiques tout ce qu'il y a de plus officielles et incontestables. Cela fait plus de 40 ans que le taux de fécondité allemand oscille entre 1,3 et 1,4 enfant par femme. Dans peu de temps, la France redeviendra plus peuplée que l'Allemagne, ce qui n'avait plus été le cas depuis les années 1860.

Cela ne nous prémunit pas contre tout risque de conflit mais cela le réduit énormément. Surtout à l'âge de l'armement moderne et de la bombe atomique.

Et d'ailleurs, l'Allemagne nous fait la guerre : la guerre économique, de manière flagrante depuis une quinzaine d'années. L'Allemagne a fait le choix de saigner à mort les industries des autres pays européens.

Cela doit faire partie de l'inconscient collectif germanique. Ils ont une mentalité de barbares pillards. Ils ont toujours fait cela depuis plus de 2000 ans, depuis les cimbres et les teutons. Le seul moment où on a eu la paix avec eux, et où l'Europe a connu son apogée, c'est quand l'Allemagne était tellement divisée et morcelée qu'elle n'a plus été capable de projeter sa puissance et son obsession destructrices contre ses voisins, grosso modo du début du 13ème siècle au milieu du 19ème siècle.

Évidemment que de Gaulle avait raison. Sur les anglo-saxons, sur l'Allemagne, sur la Russie, sur la décolonisation (même s'il a commis la faute de ne pas protéger les pieds noirs et les harkis et de ne pas les aider à se réinstaller en France), sur l'Europe, sur l'armée, sur l'huile et le vinaigre.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 16:16

Mon cher, j'aurais envie de paraphraser les Inconnus : quand on voit ce qu'il y a (vos écrits) et quand on voit ce qu'on se tape (la presse mainstream)... ^^

Loic 07/10/2016 09:38

Bonjour,

"Pékin est derrière Moscou en Ukraine et en Syrie" => assez timidement quand même. Après ça ne change rien au fait que l'ours et le dragon cherchent évidement à renforcer leur coopération pour faire contrepoids à l'alliance US-UE qui en plus vacille ces derniers temps.

Pour le reste, de la même façon qu'on ne devrait pas tout le temps suivre les américains dans leurs choix désastreux, il faut rester critique envers Moscou aussi, en Syrie comme dans d'autres affaires, eux aussi ont leurs responsabilités.

J'entends parler de 3ème guerre mondiale dans les commentaires, soyons raisonnables, qu'auriez-vous dit en pleine période de guerre froide avec toutes les crises ouvertes (Berlin, Corée, Cuba...) qu'il y avait ?

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:08

Pas tout à fait, Loïc, et je rejoindrais Madudu sur plusieurs points.
En Syrie, Pékin est réellement du côté des syro-russes et l'a fait savoir. Ils font ça à la chinoise, sans trop se mouiller, mais déclarer officiellement que la Chine entraînera les troupes syriennes, c'est prendre ouvertement parti.
Quant à la critique de Moscou en Syrie, je ne vois pas trop. Si leur stratégie les mène dans le mur et la Syrie avec, n'ayez crainte que je le mentionnerai avec des haut-parleurs. Ce n'est pas le cas actuellement je pense...
Bien à vous

Madudu 07/10/2016 12:47

Pékin et Moscou sont bels et bien solidaires en terme de diplomatie, même si pour le moment chacun mène ses affaires de manière autonome et dans son coin (à quelques exercices militaires près). L'accord tacite entre les deux étant juste qu'ils ont assez de problèmes comme ça, qu'ils ne se tirent donc pas dans les pattes.

Il ne faut pas idéaliser, c'est vrai. Mais il faut aussi justifier ses propos, qu'ils aillent dans un sens ou dans l'autre. En l'occurrence vous dites que Moscou et Washington sont tous les deux responsables de la guerre en Syrie, ce qui est faux.

Ce sont les US qui ont entrepris une manoeuvre illégale de déstabilisation de la Syrie par la force. La Russie n'a fait que réagir, et aujourd'hui elle est la seule force étrangère en Syrie à respecter le droit national et international. Restez donc critique Loic, mais à bon escient :p

Pour finir, bien qu'étant manifestement considéré ici comme un optimiste, je ne trouve pas que la comparaison que vous faites entre la situation actuelle et celle de la guerre froide serve votre propos. Il est connu désormais que le monde est passé à plusieurs reprises à deux doigts d'un conflit thermonucléaire entre l'URSS et les US lors de la guerre froide, il s'agissait d'une menace bien réelle.

Furax 07/10/2016 05:24

@ Madudu

J'aimerais avoir votre optimisme et votre foi dans la rationalité humaine.

Mais j'ai un gros doute s'agissant de la classe dirigeante US faite de neocons et de faucons libéraux.

Ces gens ne sont ni rationnels, ni raisonnables.

Ce sont des joueurs de poker qui appliquent la stratégie du fou. Collectivement ils constituent une entité psychopathe qui pourrait bien préférer se suicider en entraînant le monde avec elle qu'accepter de rentrer dans le rang.

Les dirigeants russes ne font jamais rien inutilement. S'ils ont organisé un gigantesque exercice de protection civile sur scenario d'incident nucléaire, c'est parce qu'ils pensent vraiment qu'il y a un risque que les cinglés criminels de Washington la déclenchent.

Charles Michael 06/10/2016 20:58

Précisions sur mon commentaire de ce matin.

Après lecture donc de ce résumé il devrait être clair pour tout un chacun que :
- la Russie ne présente aucune menace pour l'Europe
- l'Otan n' aucune réalité militaire et sert de gardien des soumis volontaires Bruxelleux compatibles qui vont se goinfer du F35 , je rigole
-supplément: Le Grand marché n'a pas de pétrole ni gaz suffisant et dépend et dépendra soit du Moyen Orient soit des ressources Russes et ses pas les USA importateurs de 8,5 millions de baril jour et + qui vont vous le fournir.

Et quand on parle pétrole on retourne vers la Syrie, pas riche mais stratégique. Les crétins néo-cons et borgists vocifèraient des rêves humides de frappes par scud et autres. Les Russes renforcent leurs défences anti-aériennes.

@Honnête?
vous avez manifestement quelques métro de retard,une éducation à refaire; mais d'abord laissez tomber vos merdias et autres C dans l'R.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:14

Cher Charles, le jeu des Etats-Unis est précisément de convaincre les Européens de se tirer une balle gazière dans le pied. On mesure le degré de noyautage de l'Europe par Washington quand on voit le niveau de la schizophrénie énergétique européenne. Dans un billet de l'année dernière, j'avais mentionné que Gazprom conseillait à ses négociateurs de lire "50 nuances de Grey" pour tenter de comprendre l'esprit masochiste des eurocrates.

Honnête? 06/10/2016 19:51

Vous qui prônez l'honnêteté journalistique, la simple analyse des faits, l'honnêteté aurait été de dire que l'interception des bombardiers a réellement eu lieu.

En voici la preuve : http://www.defense.gouv.fr/air/actus-air/la-posture-permanente-de-surete-aerienne-en-action

Vous préférez cependant vous enfermez dans votre posture idéologique pro-russe. Lorsque des bombardiers russes volent si loin de la Russie c'est tout simplement de la provocation, de l'agressivité. Le fait que les journaux français relaient cette information n'a rien d'une quelconque propagande. La propagande aurait été de cacher ou de maquiller cet incident.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:10

Hamilcar, vous avez eu la bonté de répondre en 3D ce que j'avais la fainéantise d'écrire. Carthage vous en sait gré !

Hamilcar Barca 07/10/2016 09:50

@Honnête?
Je ne sais si vous êtes honnête, mais une chose est sûre, vous êtes un ignorant. Et comme tous ceux de ce calibre, vous vous empressez de réciter le catéchisme copieusement distribué par les MSM.

Toutes les forces armées du monde, et donc les aviations militaires, font des exercices. Vous comprenez le principe, ou bien suis-je obligé d'expliquer plus avant?

En ce qui concerne les aviations militaires, le lieu des exercices est conditionné par le type de l'appareil. En France, nos Rafale et Mirage 2000 font de l'entraînement au vol à basse altitude au dessus du Massif Central ou des Alpes, et des exercices de tir par exemple au dessus du golfe de Gascogne. Lorsque l'on survole le territoire national, on ne rencontre pas d'aéronefs militaires étrangers.
Il en va différemment lorsque les exercices concernent des avions d'un type que seuls les USA et la Russie possèdent, les bombardiers stratégiques à très long rayon d'action. Leurs exercices les amènent forcément dans l'espace aérien international, et souvent au plus près des espaces aériens de pays étrangers. Pourquoi? Pour tester les défenses, les types de radars d"en face", la rapidité de réaction, etc... Et bien sûr le pays côtoyé fait décoller ses intercepteurs, ce qui est une excellente occasion de faire un entraînement "IRL" comme diraient les jeunes. Cela permet aussi de "peindre" au radar, d'enregistrer les signatures.... et de faire des photos d'oiseaux qui, comme le B-1 américain ou le Tu-160 objet de cette prose, sont rarement vus.

Vos amis américains, qui sont des anges purs et radieux, emploient même une technique élaborée: on envoie vers la Russie ou la Chine un ou plusieurs bombardiers stratégiques , qui restent bien sûr dans l'espace aérien international. Et pour analyser l"émoi électronique" provoqué dans les systèmes de défense par cette approche, on envoie derrière, à 300 ou 400 km, un avion d"intelligence électronique" type Boeing RC-135 "Rivet joint", qui va engranger et analyser les données recueillies. Vous pouvez lire ici le "palmarès" de cet oiseau.

https://en.wikipedia.org/wiki/Boeing_RC-135

Comme vous l'écrit Madudu plus bas, ces interceptions, des deux côtés, sont plus que fréquentes. Simplement les Russes et les Chinois ne hurlent pas comme des putois lorsque cela se produit. Et jusqu'à l'intervention russe en Syrie et le grand déplaisir qu'elle cause à l'Empire, les Américains n'en faisaient pas non plus des tonnes.

La montée en épingle par les MSM de l'interception du Tu-160 est donc un acte de propagande délibérée, destiné à faire monter la pression, et religieusement avalé comme la parole divine par tous les néocons et libtars d'Europe Occidentale.

Observatus geopoliticus 06/10/2016 22:46

Apparemment, le p'tit père La Morale ne sait pas lire... Evidemment que l'""intervention"" a eu lieu, c'est le gagne-pain de l'OTAN. C'est aussi son gagne-pain de monter l'affaire en épingle, relayé par des médias aux ordres trop contents de crier haro sur le méchant nounours.
Suivant votre logique, quand des avions américains volent loin des Etats-Unis, c'est également "de la provocation, de l'agressivité". Je suis d'accord : que font-ils aux frontières de la Russie, que font-ils dans le Pacifique, que font-ils au Moyen-Orient ? Allez, petit père honnête, un peu de courage, j'attends votre réponse.

Madudu 06/10/2016 21:18

Votre message m'a interpellé, du coup j'ai fait une petite (vraiment petite ^^) recherche. Et en fait c'est pas nouveau, il y en a régulièrement apparemment.

Y en a eu en début d'année par exemple, sans que ça fasse tellement de bruit. Apparemment il arrive souvent que les bombardiers russes empruntent ce genre d'itinéraire pour aller en Syrie.

Il y a trace de faits semblables dans la presse en 2010 (donc avant la guerre et les tensions qui en découlent) et en 2015.

Ces interceptions ne sont pas forcément le fait de violation d'un espace aérien, et ça arrive plusieurs dizaines de fois par an en Europe comme au Canada.

Madudu 06/10/2016 17:48

Croire qu'une 3e guerre mondiale "conventionnelle", à la manière des 2 guerres mondiales (qui dans l'histoire ne sont pas franchement "conventionnelles"), peut éclater est une erreur, je pense.

Tout conflit direct conventionnel entre ces deux puissances ne peut déboucher que sur une défaite éclatante de l'armée US, ce dont l'empire ne peut pas ne pas être conscient. Car la Russie sait très bien qu'elle n'a pas l'armée qu'il faut pour passer à l'offensive, et qu'en terrain "aménagé" par les russes l'empire n'a pas l'armée qu'il faut pour s'engager contre la Russie.

La puissance militaire US n'a jamais fait preuve d'une efficacité remarquable, dans le meilleur des cas elle ne perd pas -et ne gagne pas non plus (Afghanistan, Irak, Libye, ...). Donc s'il doit y avoir un conflit direct entre la Russochinie et les US il ne peut qu'être de très très courte durée, sans escalade, ou nucléaire.

Tant que l'on demeure dans un conflit par intermédiaires interposés les US ne disposent que d'un seul moyen de ne pas perdre, et aucun moyen de gagner :

-La Russochinie veut se débarrasser de la tutelle étrangère que constitue l'Empire, et la menace permanente qu'il fait peser sur sa stabilité politique intérieure.

-La Russochinie n'a plus de prétention impérialiste (quoi que, la Chine ?).

Le marché proposé aux alliés de l'Empire est donc simple : "tu alignes ta diplomatie sur la notre pour quelques sujets bien précis, tu défends tes intérêts comme bon te semble pour tout le reste".

Comparé à ce qui est proposé par l'Empire cela sonne un peu comme un "tu es libre, et je ne te demande rien en échange" qui ne peut qu'aller dans le sens des intérêts de chacun.

Le seul moyen dont dispose l'Empire pour limiter la désertion est donc d'être en mesure de remplacer un gouvernement par un autre quel qu'il soit, et si possible un pas trop légitime pour qu'il ne puisse se maintenir qu'avec un appui étranger. Mais ça ne permet pas de gagner quelque chose, car on ne peut pas compter sur la puissance d'un allié faible. Tout au plus, ça permet de ne pas laisser l'adversaire disposer de nouveaux alliés.

Ainsi quand le coup d'état (ou autre déstabilisation, à base de sanction économique par exemple) rate la victime devient soudainement alliée à la Russochinie, quels que soient les antécédents diplomatiques (Turquie évidemment, Iran, Syrie, ...), et si le coup d'état réussi ça ne fait toujours que rien de plus dans le camp adverse (Yougoslavie, Brésil, Ukraine, ... bientôt les Philippines ?) mais rien de consistant pour aider l'Empire.

Du coup je me dis que la menace nucléaire c'est surtout du bluff, que les US n'oseront jamais l'employer, sauf à la rigueur si leur adversaire n'est pas en mesure de riposter (quel courage !).

D'ailleurs à ce propos, on n'entend plus parler des têtes nucléaires US en Turquie et des installations "antimissile" de l'Otan en Roumanie : est-ce qu'il y a un risque de ce coté-ci pour le pouvoir de dissuasion/riposte/défense Russe ?

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:16

Je copie-colle ici le message d'Eric83, placé au mauvais endroit :


@ Madudu.

J'aimerais avoir votre optimisme sur le fait que les US ne prendraient pas l'initiative d'un conflit nucléaire.
C'est aussi manifestement l'avis des autorités russes qui ont lancé du 4 au 7 octobre - dans un silence médiatique assourdissant en France - un exercice de protection civile avec la participation de...40 millions de citoyens.

http://www.zerohedge.com/news/2016-10-03/40-million-russians-take-part-radiation-disaster-drill-days-after-us-general-warns-w
http://theduran.com/40-million-russians-prepare-nationwide-nuclear-preparedness-exercise-taking-place-in-russia/

A quand un exercice de protection civile en France ?

alaric 06/10/2016 16:12

Et notons le référendum hongrois, qui a rejeté l'ingérence UE à 98% . Même si il a été invalidé faute de nombre de votants suffisants (40% ) , il constitue une n-ième petite pique dans le flanc de l'empire ...
merci pour cet article

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:18

Les eurocrates et leurs maîtres à Washington vont décidément devenir tout à fait allergiques au vote populaire si ça continue. Un historien belge (Engels) compare d'ailleurs la situation actuelle avec la fin de la République romaine et la mise en place d'un système qui, sans certes dictatorial, n'est plus démocratique.

SanKuKai 06/10/2016 14:36

Concernant le président Duterte, une seule chose semble encore indéterminée: la couleur de la révolution qui aura lieu aux Philippines...

Aussi je lui recommande fortement de ne pas voyager en avion. Ils semblent perdre en fiabilité quand on ne se place pas du "bon coté" de l'empire.
Quelques exemples louches: Juvenal Habyarimana (Président du Rwanda), Cyprien Ntaryamira (Président du Burundy), Francisco sá Carneiro (premier ministre Portugal), Muhammad Zia Ul-Haq (Président du Pakistan), Sanjay Gandhi (Futur premier ministre Indien), Walter Reuther (Syndicaliste président d’United Auto Workers), Dag Hammarskjold (Secrétaire Général Nations Unies), John Tower (Sénateur du Texas), Paul Wellstone (Sénateur du Minnesota), Jaime Roldos Aguilera (Président de l’équateur), Omar Torrijos (Président du Panama), Eduardo Campos (Candidat à la présidence du Brésil)...

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:27

Ni en avion ni en bateau...
Concernant les révolutions colorées, soyons honnêtes, l'empire les réussit dans des pays où il y a déjà une certaine contestation latente et un dirigeant dont la légitimité n'est pas toujours au beau fixe. Duterte semble bénéficier d'un tel soutien qu'il paraît difficile d'y voir réussir une opé spéciale US. A moins d'un "accident" comme vous le mentionnez.

Charles Michael 06/10/2016 11:04

Bonjour Euclide,

Je me joints à vos louanges du premier paragraphe et aussi à votre focus sur cette malheureuse Europe élargie (la décence ne me permet pas de préciser) hélas.
Vos points 1 et 2 font malheureusement partie de son destin.

Un destin commencé sous Juppé Ministre sous Chirac lorq des histoires Serbo- Kosovo, des AE pour la Lybie sous Sarko-BHL, préparrant les intentions interventionistes en Syrie. Baton retransmis presto à Hollande qui y a manifesté son caractère de larbin zèlé, espérant récuper les petites cuillères.
La Phynance si chère à Ubu suivant depuis encore plus longtemps 83 nos décrépitudes industrielles et industrieuses avec les résultats que l'on connait, y compris maintenant en Germany avec la Deutche Bank.

Le binome WallStreet et OTAN ayant tous les leviers, l'ambiance d'une marche aveugle ou en canard vers un affrontement militaire avec la Russie surpasse vos deux points (et même la 3èmè:Hitlary) parfaitement justifiés, je le répète.

La question de jusqu'où irait la neoconnerie pour ne pas céder face à l'abominable Putin, le boucher Assad et Ayatollahs Nucléaires, semble se poser ces temps-ci. Alors voyons un peu ce que pourrait faire ou accepter les culottes baissées européennes.

Les enragés certes ont été agiter leurs chenillettes aux frontières dans cette petite production Anaconda. Dans l'indifférence Russe. Par contre ceux-ci ne trouvent pas drole l'installation de missiles soi-disant de défense en Roumanie et encore moins en Pologne.

Si les démonstrations de forces conventionnelles de l'OTAN sont minables et risibles, les histoires de première frappe sont à prendre plus au sérieux; et c'est certainement ainsi que le considère la Russie.
Et je pense les US aussi.

Maintenant peut-on imaginer des titres du style: Mobilisation Nationale contre la Russie. Non, et dans aucun pays important d'Europe. Et ça aussi le Pentagone, l'Otan le savent: pas de guerre conventionnelles possible et encore moins gagnable contre la Russie.
Donc missiles.

Qui va s'amuser à envoyer de gros pétards en risquant d'être mal compris et recevoir de petits ou pas pétards nucléaires ?
Donc missiles nucléaires
sur ordre US.

On descend comment de ce train fou ?

Ady85 06/10/2016 10:50

Quelles conséquences en cas de nouveaux bombardements US sur l'armée Syrienne ?

Pensez-vous possible qu'ils aillent jusque là ?

Observatus geopoliticus 07/10/2016 22:28

C'est LA question. Si cela arrive, ça peut déraper sec.
Les Américains oseront-ils ?
Les Russes seront-ils répliquer ?

Euclide 06/10/2016 02:27

Bonjour Observatus geopoliticus,
Toujours excellent vos analyses cependant " le grand jeu" de vos topics limite " le grand échiquier" pour reprendre le titre d'une émission de jacques Chancel. Car nous les européens nous avons affaire à 2 grands défis:
1) ceux des maitres du Monde que sont certaines de banque de NY, de la City de Londres, de Shangai et de Hong Kong ainsi qu'a Tokyo.
2) .de la bombe population venant d'Afrique ainsi que les réfugiés venant du Proche Orient , nous apportant dans leurs bagages les virus appelés Daech et Al Quaida.
Par ailleurs, si Miss Univers ( Hilary) est élu, assisteront nous à une accélération de la 3 ème guerre mondiale pas encore nommés par les journaux ?

Bozi Lamouche 06/10/2016 14:29

La bombe population ? De la part d'un pays impliqué dans un génocide dans les années 90, d'un pays qui a contribué à la destruction de deux états dans les dix dernières années...
Bon à votre décharge Observatus ne traite pas de la françafrique....