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Chroniques du Grand jeu

Bamba à Palmyra

25 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Journée à marquer d'une pierre blanche pour l'armée syrienne qui vient de reprendre un territoire considérable et de première importance.

Un coup d'oeil sur la carte d'hier...

... et d'aujourd'hui :

Les petits drapeaux rouges que vous voyez sont les victoires et prises loyalistes de ce jour. Toutes les routes entre Damas et Palmyre sont rouvertes pour la première fois depuis des années tandis que le territoire califal de l'EI vient en 48 heures d'être réduit de plusieurs pourcents...

Pressés sur deux fronts, les petits hommes en noir ont dû se retirer complètement de la région tandis que les rebelles "modérés" (en vert) ont aussi beaucoup perdu et voient s'envoler tout espoir de relier leurs zones. Il est vrai que ces derniers ne sont pas très nombreux et que leurs possessions territoriales relevaient plus du théorique qu'autre chose.

Ce 25 mai est peut-être un tournant de la guerre. Avec l'annihilation des poches de résistance sur leurs arrières et la réouverture de toutes les routes facilitant la logistique, les forces gouvernementales peuvent maintenant se lancer résolument vers Deir ez-Zoor et vers la frontière.

Car il se passe également des choses tout au sud, avec l'avancée le long de la frontière jordanienne (cercle rouge). Des rumeurs non confirmées font état depuis quelques jours d'un accord tacite entre Russes et Américains pour que ces derniers laissent la désormais fameuse Al Tanaf aux Syriens. En tout cas, les forces spéciales de l'ours semblent bien accompagner les loyalistes. A suivre...

Et pendant ce temps, les zones de désescalade splendidement pensées par Moscou pourrissent d'elles-mêmes. A Idlib (cercle vert), des dizaines de membres d'Ahrar al-Cham ont été tués dans un attentat perpétré par une cellule dormante de Daech. Idlibistan encore : un "émir" ouïghour a été arrêté par un groupe islamiste pro-Ankara. Et puisqu'on en parle, la petite zone turque entre Jarablous, Azaz et Al Bab, fruit de la coûteuse opération Bouclier de l'Euphrate, est témoin depuis plusieurs jours de guerres intestines qui prennent leur écot de barbus.

 

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Charles Michael 29/05/2017 07:13

Du Grand ou des petits Jeux ?

en tout cas un délicieux spectacle dans ces sommets (abimes ?) UE, NATO, G 7. Notre honorable Observatus Geopolitucus nous fera-t'il part de ses appréciations ?

Pendule de Nwton 26/05/2017 23:23

Étonnant quand même le fait que les choix et décisions des USA in fine leur reviennent en plein face. Loin des déclarations tapageuses et en ne se concentrant que sur les faits, on peut noter que soit les USA agissent de manière délibérer avec les russes au détriment de leurs alliés, soit ils ont tellement de batailles internes et de directions opposées (merci O.G pour les avoir signaler n fois) que toutes leurs initiatives finiront en bide grossier.
C'est une formidable époque, la géopolitique reine des orientations militaires (articulations stratégiques qui manquent au camp US) avec des alliés fidèles et moins frileux.
Le respect des fondamentaux et des plans clairs-précis et rationnels semblent apporter la conjonction des planètes sur le terrain syrien.
D'ici l'étape suivante, cet intermède sera exquis
Bien à vous.

Ady85 26/05/2017 13:37

Merci pour ces infos.

Je pense qu'il ne fait plus vraiment de doute quant au fait qu'Assad gagnera cette guerre, la question est surtout combien de temps cela va encore durer ?

Observatus geopoliticus 27/05/2017 15:46

@ Alaric
Pour compliquer encore un peu la donne, cher Alaric, précisons qu'il y a deux Kurdistan irakiens, qui ne s'entendent absolument pas entre eux. Si l'indépendance est proclamée et reconnue, il y a des chances que deux Kurdistan soient créés pour le prix d'un.
Effectivement, Bagdhadi a déclaré à ses ouailles il y a quelques semaines de se retirer dans les montagnes et déserts (j'en avais parlé dans un billet si mes souvenirs sont bons).

Alaric 27/05/2017 12:28

Ca fait un moment que les rebelles et l'Ei ont cessé d'exister politiquement , faute d'effectifs suffisants pour imposer leurs volontés . Ce qui se prépare maintenant, ce sont les nouveaux confits/ points de tensions : Assad vs Kurdes, Erdogan vs Kurdes, Erdogan vs Assad , Kurdistan irakien vs Irak (ils ne rendront jamais les puits de pétrole repris à l'Ei et qui appartenaient auparavant au gouvernement central ) , guerilla de l'EI contre tout le monde (plusieurs signes et publications montrent que les leaders ont abandonné l'idée de posséder un territoire et se préparent à retourner vers les cellules dormantes et les raids dans le désert )

Observatus geopoliticus 26/05/2017 22:35

@ Ady
N'épilons pas le barbu avant de l'avoir trucidé...

Madudu 26/05/2017 08:46

Comme quoi le véritable problème auquel faisaient face les loyalistes c'était la dispersion de leurs forces sur un nombre de théâtres trop grand.

Maintenant qu'ils ont les mains libres ça dépote sérieusement !

Alaric 27/05/2017 12:22

La résilience du régime pendant toute cette guerre , et notamment le déferlement des guerriers chevronnés d'Al Quaida en 2013 et de l'EI en 2014 est proprement stupéfiante . Cependant n'oublions pas que cela s'est fait au prix de fortes pertes parmi les loyalistes et de destructions matérielles à grande échelle .

Ce qui a aidé le régime, outre un véritable soutien populaire (c'était lui ou le chaos ) c'est le manque de coordination des rebelles qui se sont vite transformés en pillards dirigés par des seigneurs de guerre , s'entre déchirant fréquemment sur fond de divergence idéologique, querelles de sponsors (il y a des groupes turcs comme la brigade du sultan mourad, des groupes saoudiens comme Jaysh al Islam , qataris comme Faylaq Al Rahman ...) .


Cette coalition hétéroclite a certes été efficace pour tuer de nombreux loyalistes , mais ils se sont montrés totalement incapables de territorialiser leurs conquêtes comme l'EI a failli le faire . L'idiblibstan est une jungle sous perfusion turque (qui en profite au passage pour annexer quelques hectares ) , de même pour le front du sud qui dépend de la Jordanie

Q'Assad soit tombé et on aurait assisté à cette expérience fascinante et terrifiante de l'effondrement complet d'un état et de ses institutions , comme on a pu l'observer en Lybie , en Irak mais aussi en russie 1917

Posadagr 26/05/2017 23:35

@ OG

Moins que par le passé très certainement ! :-)
J'ai encore à l'esprit la map de la situation catastrophique de 2013 ( article "Cap à l'est" je pense )

Observatus geopoliticus 26/05/2017 22:34

@ Posadagr
Disons que Moscou a bien cadenassé le truc : les Turcs obligent leurs protégés barbus, épuisés, à cesser le feu ; Israël est prévenu qu'au prochain dérapage, c'est la prison sans passer par la case départ...
Bien sûr, une surprise est toujours possible, mais moins qu'il y a six mois et beaucoup moins qu'il y a un an.

Posadagr 26/05/2017 19:15

Merci pour ces bonnes news OG.

Il ne faut pas être grand clerc pour anticiper une contre offensive adverse.. voire pire.. l'ouverture d'un nouveau front. [ Exemple: attentats à Damas.. nouvelle opération turque au nord (peu de chance tout de même).. bombardements US ... bombardements Isra ... attaque chimique sous faux drapeau ... un fait nouveau (cas le plus plausible) ]

C'est à celui qui anticipera le mieux et qui sera le plus fluide .. en mesure de s'adapter pour bénéficier de tout changement.

Observatus geopoliticus 26/05/2017 11:01

@ Madudu
Tout à fait, mon cher. L'armée syrienne, épuisée et dispersée, ne pouvait tout mener à la fois. Il fallait sélectionner les cibles et c'était le choix que je présentais après la libération d'Alep : vers l'ouest ou vers l'est ? Ils viennent de choisir : vers l'est.
Ceci dit, ça ne sera pas une partie de plaisir.

Pendule de Nwton 26/05/2017 00:20

Cher O.G,
Je viens de gagner mon pari avec votre billet au taquet de la situation militaire syrienne (mon fils avait prévu le post pour demain car il sait dit que la saignée serait plus profonde jusqu'à demain soir)
Même si on peut supposer que les Iraniens ont forcé la main des russes, ceux-ci savent que le camp adverse n'a pas les ouvertures nécessaires pour ouvrir un front solide.
La frontière Jordanienne et Irakienne sous coupole américaine ne compte qu'un contingent très restreint de forces valables sur le théâtre des opérations susceptibles de freiner et consolider les positions.
De plus, le nouvelle salle de coordination irako-syro-russe et affiliés coupe l'herbe sous le pied de l'arrière cour des ricains. Si les Irakiens sont sérieux, les US ne peuvent rester en sandwich.
S'il ne reste que l'Idlibstan et quelques poches de résistance Les Russes and co s'en sortent de main maitre.
Chapeau les artistes.....
Au plaisir des échanges
Bien à Vous

Observatus geopoliticus 26/05/2017 22:28

@ Michel
Moscou n'a rien affirmé de tel. La rupture de l'accord sur la prévention d'incidents a fait craindre au Pentagone que les Russes ne descendent leurs avions.
Si l'USAF bombarde l'EI (et parfois d'Al Qaeda), c'est avec l'accord de Moscou.

Michel 26/05/2017 21:01

(Question au sujet de la réponse)
Ben justement, Moscou n'a-t-il pas affirmé qu'il y avait une interdiction aux avions US et autres de s'aventurer en Syrie sans leur accord. Pourtant US bombarde des villages et des convois sans que Moscou réagisse ?

Observatus geopoliticus 26/05/2017 11:04

@ Pendule
Ha ha, votre fiston va m'en vouloir...
Tout à fait, cher Newton : vu sur la carte, le territoire des rebelles au sud paraît conséquent. Mais ce sont des arpents de sable tenus par un nombre restreint de combattants. La seule chose qui pourrait empêcher les loyalistes de remettre la main sur tout la zone serait une intervention aérienne américaine.

Kevin 25/05/2017 23:09

Bonjour,
Mossoul sur le point de tomber, Rakka complètement encerclée, contre-offensive ratée à Deir-Ez-Zor, le shitslamic state est foutu. La grande question est de savoir ce que va ressortir de la conférence de Yalta version 2017, au cours de laquelle Russie et USA vont se partager le gâteau syrien (si ce n'est pas déjà fait)...

Alaric 30/05/2017 00:40

ça bouge beaucoup en ce moment ... les milices chiites avancent a toute vitesse en irak et ont atteint la frontière syrienne tenue par les YPG . Ils promettent d'avancer vers le sud (vers Al Qaim, tout près d'Abu Kamal ) et de se coordonner avec l'armée syrienne uniquement .

Pendant ce temps les YPG kurdes font leur possible pour empêcher l'armée syrienne d'entrer dans le gouvernorat de Raqqua en leur coupant la route ( en plus de la méfiance naturelle des kurdes envers Assad, on sent la très forte pression US )

Des rumeurs font état de la préparation d'une grande offensive de l'armée syrienne pour expulser l'Ei du gouvernorat de Hama , tandis que les opérations autour de Tanf devraient se poursuivre

la grive 29/05/2017 12:56

Tiens, je pensais plutôt l'inverse et que la bataille pour l'Euphrate serait facilitée par la fermeture de la frontière jordanienne. Cette ligne salafiste est le dernier lien pour l'état islamique, que ce soit dans l'est Homs, la province de DeZ mais aussi dans l'Anbar et le Nineveh irakien.

Est-il compliqué d'ouvrir une piste en plein désert ? Je ne me rend pas bien compte. Ce serait un pari risqué mais dans le cas d'une riposte, ça exposerait une nouvelle fois la mauvaise foi des occidentaux.

Alaric 29/05/2017 11:56

Je pense que c'est difficilement faisable dans un futur proche . Il faudrait étirer à l'extrême les lignes de ravitaillement et c'est trop dangereux tant que l'axe Deirezzor - Abu Kamal sur l’Euphrate est sous contrôle de l'EI des deux côtés de la frontière


tanf était le poste frontière parfait, loin de l'ei, avec une vraie route carrossable

la grive 28/05/2017 20:41

J'aurais pensé qu'il y a plus discret comme canaux de communication entre belligérants.

Que se passerait-il si les syriens et irakiens tentent la jonction à l'extérieur du périmètre interdit ?

Alaric 28/05/2017 19:55

J'ai du mal à trouver des infos fiables là dessus mais il semblerait qu'il y ait de violents combats entre les rebelles et l'armée syrienne dans cette région (gouvernorat de suweida ) .

Les USA auraient largué par avion des messages d'avertissement aux loyalistes leur interdisant de s'approcher plus d'Al Tanf :
https://www.facebook.com/HammurabisJustice/posts/1426850690714961

mais la source est à prendre avec des pincettes

la grive 28/05/2017 09:53

Alaric, vous pensez que les américains jetteraient l'éponge alors qu'ils viennent tout juste de renouveler leurs voeux avec Riyad ? C'est un coup à perdre la dot de 110 milliards. Je les voient plutôt mettre la pression sur leurs confrères hésitants lors de la réunion de l'OTAN d'avant hier.

On sera bientôt fixé. En tout cas, tout engagement occidental contre les forces loyalistes de Syrie et d'Irak passera difficilement sans une bonne campagne de com. Pour l'instant, le calme plat du front médiatique vous donne raison mais ça pourrait changer après les élections française et britannique.

Alaric 28/05/2017 06:33

Les récents affrontements entre la FSA et l'armée syrienne près de la frontière jordanienne semblent donner tort à ceux qui pensaient à un marché entre russes et américains pour une évacuation pacifique (il se pourrait aussi que la FSA ait désobéi ) . Cela dit , même si les américains refusent de lâcher Al Tanf , la faiblesse de leurs sbires rebelles les empêchera de prendre Abu Kamal ou n importe quel autre bastion de l'EI le long de l'Euphrate , à moins d'envoyer des dizaines de soldats américains . Ils ne pourront donc pas sceller la frontière , quoi qu'il arrive .

En plus d'approcher d'al tanf par l'autoroute , les loyalistes progressent le long de la frontière jordanienne et ne pourront être arrêtés que par des frappes aériennes massives , inenvisageables sur le long terme ou si des troupes russes sont réellement dans le coin . Avec leurs arrières sécurisés par les énormes gains du 25 , les loyalistes n'ont plus grand chose à craindre .

Je pense qu'en fin de compte, les américains devront retirer leurs troupes et leurs rebelles

la grive 27/05/2017 20:15

Alaric, si je me rappelle de notre dernière discussion à ce sujet, vous m'avez fait part d'un article qui mentionnait la présence de forces spéciales occidentales basées sur al Tanf. En creusant un peu, d'autres sources rapportaient cette escarmouche avec daesh et faisaient aussi mention de ces forces spéciales, mais globalement, on ne le lisait nul part. C'est pourtant une info majeure qui explique le comportement des forces syriennes dans le sud du pays ces dernières années, et plus exactement, le peu d'intérêt manifeste pour la route Damas-Bagdad.

Damas vient de braver l'interdit en poussant vers al Tanf, ce qui a eu pour effet de dévoiler les intentions des occidentaux et de forcer (un peu) la main des russes. C'était bien réfléchi. N'empêche qu'une semaine après, l'affaire est bien oubliée dans les médias et les blindés syriens n'ont pas franchi la ligne tracée dans le sable par les américains.

D'après-vous, quels sont les options des loyalistes et des occidentaux maintenant ?

Alaric 27/05/2017 12:40

@La grive et observatus : il y a des rapports non confirmés selon lesquels la FSA aurait désobéi et attaqué les loyalistes dans le Badya syrien le 26 (sans remporter quoi que ce soit cela dit )

En passant cher grive, vous refusiez de me croire quand je vous disais que l'armée syrienne progresserait vers Tanf comme dans du beurre , on dirait bien que nous y sommes :)

Observatus geopoliticus 26/05/2017 22:30

@ la grive
Disons que les Syriens n'ont que deux bras et deux jambes... On ne peut en même temps prendre Alep, lutter contre Al Qaeda, Daech, Ahrar al-Cham, attaquer la Ghouta, résister à Idlib, empêcher les Turcs d'avancer etc.

la grive 26/05/2017 22:19

Vu l'avancée des loyalistes, je pense que les russes et américains se sont entendus sur la découpe.

On peut se demander pourquoi les syriens ne se sont pas occupés de cet axe plus tôt. D'une part ça leur auraient permis de rétablir une liaison terrestre avec l'Irak, mais surtout, ça aurait permis d'isoler l'état islamique de sa dernière ligne de communication. A mon avis, la présence des quelques barbus blonds campés à al Tanf a, jusqu'à ce jour, découragé toute tentative loyaliste de reprendre la zone.

Intuitivement, je dirais que les occidentaux ne sont pas encore prêt à lâcher al Tanf tant que le sort de Deir ez-Zor n'est pas tranché.

champoiseau 25/05/2017 23:08

Quel travail remarquable de Poutine avec les forces syriennes, et pendant ce temps l'ue avec l'O(rrible)TAN joue à se faire peur et à faire peur aux imbéciles d'occident, en montrant la Russie comme l'agresseur du monde, se sont-ils regardés dans une glace?

Observatus geopoliticus 26/05/2017 11:05

@ champoiseau
L'éternel adage, vieux comme le monde : l'hôpital se fout de la charité.