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Chroniques du Grand jeu

L'Ukraine repartie pour un tour ?

12 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Ukraine, #Russie

L'Ukraine repartie pour un tour ?

Ces dernières années, un curieux balancier semblait être entré en action entre l'Ukraine et la Syrie : quand ça chauffait dans l'une, ça se calmait dans l'autre. La situation présente est inédite - tandis que la Syrie s'approche de l'heure de vérité et que les combats y font rage, la tension bondit en Crimée et dans le Donbass.

Le monde s'est réveillé avant-hier sur l'information selon laquelle des membres des services ukrainiens auraient tenté de perpétrer des attentats en Crimée. C'est suffisamment sérieux pour que Poutine l'évoque publiquement, qualifiant les actions de Kiev de "stupides et criminelles', affirmant que les deux morts du côté des forces de sécurité russes ne resteront pas impunies et annulant les discussions dites du format Normandie devant avoir lieu en marge du sommet du G20 en Chine. Kiev dément toute implication, comme de bien entendu.

S'il est difficile pour le moment de savoir exactement ce qui s'est passé, l'inhabituelle réaction de Vladimirovitch semble indiquer que l'affaire est bien réelle. Qu'aurait-il à gagner à inventer une telle histoire ? Moscou est déjà suffisamment occupé avec la Syrie pour ne pas ouvrir un second front. De plus, l'Ukraine est en train de pourrir et le Kremlin n'aura bientôt plus qu'à se baisser pour y ramasser ce qu'il voudra. Moscou n'a aucun intérêt à réchauffer le front ukrainien, ce qui explique peut-être cet article étonnamment neutre de l'imMonde (décidément, après le Figaro qui reconnaît hier que les rebelles sont des djihadistes, c'est une épidémie, passagère malheureusement).

Conséquence : Kiev décrète l'état d'alerte maximal dans l'est du pays tandis que Moscou envoie des S-400 en Crimée, créant de fait une bulle de protection au-dessus de cette péninsule stratégique et plaçant l'OTAN face à un nouveau déni d'accès. Medvedev, lui, évoque l'éventualité d'une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Alors pourquoi cette escalade qui avait déjà commencé, soulignons-le, quelques jours auparavant avec l'accroissement des forces armées ukrainiennes autour du Donbass ? Les prochains jours nous en diront plus mais l'invariable schéma vient immédiatement à l'esprit :

  1. Les vassaux européens de l'empire renâclent et remettent à nouveau en question les sanctions anti-russes qui coûtent beaucoup à l'Europe.
  2. Les Américains activent leur bras ukrainien pour torpiller le semblant de rapprochement russo-européen.
  3. Les sanctions seront renouvelées, en traînant des pieds, par les vassaux sous pression.

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Louis 15/08/2016 16:47

Bonjour,
La réaction de Poutine, comme vous l'avez dit, est plutôt inhabituelle. En effet, il a intérêt à ce que les Européens arrêtent les sanctions et là, il leur donne une "bonne raison" de les prolonger en réagissant de cette manière. Mais bon, si ce que les Ukrainiens auraient fait s'avérait être vrai, on peut quand même comprendre sa réaction. Et c'est peut être aussi parce que les prochaines discussions sur la prolongation (ou non) des sanctions de l'europe envers la russie sont tout de même assez éloignées (si je ne me trompe pas?), que pour l'instant cela importe peu pour le moment.

Louis 16/08/2016 17:57

Oui, effectivement de toute façon, Poutine devait réagir il ne pouvait pas, comme dit Grognard "faire le mort" en quelques sortes, et puis le renouvellement des sanctions est assez lointain au final (début janvier 2017 je crois ?), les Européens auront probablement oublié cet épisode d'ici là.

Observatus geopoliticus 15/08/2016 21:53

Bonjour Louis,
loin de moi l'idée de critiquer la réaction poutinienne, on ne peut plus normale en l'occurrence. Elle semble justement indiquer que cette affaire est bien réelle.

trublion 14/08/2016 08:22

derrière, il y a les américains, comme bien souvent

Observatus geopoliticus 15/08/2016 21:53

Tout à fait, mon vieux grognard, la réaction russe est absolument normale. Le contraire eut été étonnant dans ces circonstances.

Grognard 15/08/2016 17:41

Bonjour Louis,

Je vois plusieurs raisons qui vont dans le sens de la réaction russe.
Primo contrairement au Donbass la Crimée est territoire russe ; point barre.
Secundo vis à vis de la population russe et avec les prochaines élections en visuel, il était difficile de faire le mort.
Tertio la Russie est-elle si pressée de mettre un terme aux sanctions alors que celles-ci lui permettent de conquérir des parts de son marché intérieur?

theuric 12/08/2016 21:47

Oups, n'y aurait-il pas lutte intestine entre la Germanie et l'empire?
Le retour aux représailles à l'encontre de la Russie ne peut pas plaire, pour le coup outre-Rhin (j'ai pu admirer la belle nudité de Madame Merkel d'une photo d'une époque, dans sa jeunesse, où elle s'adonnait au naturisme, en vogue, parait-il, en feue R.D.A.).
Ma foi, il me semble que nos journalistes doivent ne plus savoir vers qui balancer, l'Allemagne, l'administration européenne et ce cher Junker qui a tant soif.....de pouvoir, lui qui boira jusqu'à la lie...sa chère Germanie, ou les États -Unis-d'Amérique qui se disloque doucement comme les glaces arctique au retour du soleil.
Quand à notre gouvernement, en effet, en plus de devoir faire face à une populace grognante, potentiellement rugissante, se trouve à se confronter au même trio infernal, mais en première ligne, cette fois, deux tirant la couverture à soi, ce serait encore gérable, mais trois irréductibles ennemis affichant, en publique, la plus parfaite des amitiés, ça en fait un de trop, c'est presque de la gourmandise.
Sans compter le pays de sa très gracieuse majesté tirant sa révérence de tout ce, comment dire, foutoir, qui doit commencer à affuter ses couteaux, de cet antédiluvien réflexe de ne pouvoir supporter qu'un pays européen s'arroge l'Europe en empire.
Ainsi filèrent-ils à l'anglaise (comment pouvais-je l'éviter, celle-là?) tout en en restant acteur, sacré britannique, il faut bien qu'ils s'amusent un peu aussi, non?
Pour l'instant, un point pour l'empire, l'Allemagne transpire, Junker respire, le Royaume-Uni conspire (du-moins le présumerais-je) et la France soupire.
Tout se beau monde qui s'entredéchire sous le regard ébaubi d'un reste de l'Union-Européenne devant se demander dans quelle maison de fou il se trouve, même ceux vouant au nounours russe, sinon une méfiance, plutôt une détestation historique, ce qui, vous allez le voir, évoluera avec le temps, le choix se fera entre la Russie et ce qui fut la Prusse.
Entre les deux, leur cœur balance.
Euh, entre les deux, non, là il y a déjà quatre, non cinq joueurs, six si la France ne rentre pas bientôt dans la danse pour tenter de se dégager de ce qui doit paraître un tantinet piégeant, au risque sinon de se retrouver entre tous ces marteaux et enclumes.
Il y en aurait même un septième si les polonais entraient dans la danse, et pourquoi pas huit avec l'Italie qui elle aussi doit commencer à sentir chauffer les braises de la discorde en ne voulant pas, elle aussi, en être victime.
Ce jeu trop compliqué va faire que Monsieur Poutine ne se penchera que sur le nécessaire mais pas au-delà, ça fera toujours un joueur en moins, pour le reste, il nous faudra le deviner par les petits morceaux d'informations que nous pourrions récolter çà et là, par les coups de feu que nous entendrions de ce super giga dément règlement de compte à O.K. Corral.
Ça va saigner sec, ça giclera sur les murs, le spectacle sera grandiose et nous, nous serons au milieux.

Observatus geopoliticus 16/08/2016 03:43

Ha ha ha, excellent une nouvelle fois, cher Theuric.
Vous pointez très justement du doigt un fait patent : les vassaux ne savent plus à qui obéir. Washington, Bruxelles, Berlin, Londres, Riyad ? Tout ce petit monde est peu à peu en train de prendre ses distances, laissant le vassal dans l'expectative.

Ady85 12/08/2016 21:29

Observatus,

Certain evoquent une action Ukrainienne en Octobre afin de faciliter l election de Clinton.

Credible selon vous ?

Une action militaire en Crimee serait neanmoins grave pour l'Ukraine...

Observatus geopoliticus 16/08/2016 03:40

Possible mais improuvable, cher Ady. Le problème est que la MSN US ne nous donne aucune information sur l'opinion du public américain à propos de l'Ukraine, qui peut être autant un repoussoir qu'un aimant. Tout comme, d'ailleurs, nous n'avons aucune information sur l'opinion du public français...

simplet 12/08/2016 18:39

Bonjour,
Peut-être aussi une alerte rouge des USA qui enragent contre Putine après le flirt avec Adolphe Herdog.
L'OTAN a perdu un sacré élément dans le coin avec ce nouveau grand amour.
Hollywood n'a pas encore compris qu'ils se ridiculisent de plus en plus et du coup perdent des alliés à la pelle.
Aveu d'impuissance de plus en plus mal dissimulé.
Gare aux réactions de mémère si elle est par malheur, élue.
Comme son peu d'intelligence a été évacuée avec ses dernières menstruations, les hormones de guerrier vont lui passer de la tirelire à la calebasse.

Observatus geopoliticus 12/08/2016 19:16

Ha ha ha, excellent !

Kevin 12/08/2016 18:15

Bonjour,

Concernant les articles du monde et du figaro sur la Syrie, j'ai l'impression que le virage n'est pas passager,; ils se sont sans doute rendus compte qu'ils étaient allés trop loin dans le délire anti-russe et que l'écart entre leurs articles et l'opinion publique française devenait trop important; de peur de ne plus pouvoir vendre leurs feuilles de choux, ils ont levé le pied niveau propagande...
Ce n'est que mon avis, mais je feuillette assez régulièrement le monde, et certains détails ne trompent pas, comme par exemple le terme "rebelles" qui tend à devenir "rebelles djihadistes" ;)

Wilmotte Karim 12/08/2016 19:42

En même temps, rassurez-vous, ils ne vendent déjà plus.
A part aux bibliothèques...

Observatus geopoliticus 12/08/2016 19:17

Oui, c'est un peu aussi mon impression. Mais les mauvaises habitudes ayant la vie dure, je ne croirai à un réel changement que si c'est durable.