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Chroniques du Grand jeu

L'empire contre-attaque ou le Titanic ?

6 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

Nous avons volontairement laissé passer quelques jours après la publication des Panama papers car il était évident que ce qui avait motivé ces ""révélations""" (oui, plusieurs guillemets ne sont pas de trop) allait sortir au grand jour. C'était trop beau pour être vrai : le camp du Bien était composé de blanches colombes immaculées (mis à part quelques exceptions pour la forme) tandis que les adversaires de l'empire - Poutine, Assad, les Chinois, les partis eurosceptiques - étaient cloués au piloris, souvent sur des allégations peu probantes mais dans un défoulement général de la volaille médiatique. Trop beau pour être vrai, effectivement...

On savait que la fondation Soros était derrière l'International consortium of investigate journalists (ICIJ) à la base de la publication, ce qui jette une ombre indélébile sur toute cette affaire. Wikileaks, qu'aucun plumitif occidental ne cite jamais, curieusement, va plus loin : "L'attaque contre Poutine est le fruit d'une collaboration entre l'USAid et la fondation Soros".

Pour mémoire, l'USAid, la (très) mal nommée Agence américaine pour le développement, est derrière la tentative de coup d'Etat contre Hugo Chavez au Venezuela en 2002 et traîne un certain nombre d'autres casseroles. Pas étonnant qu'aucun Américain ne soit cité par l'ICIJ, ce que le directeur de l'organisme justifie avec une hypocrisie invraisemblable :

"Nous n'avons pas l'intention de publier toutes les informations qui pourrait heurter la sensibilité d'innocents individus. Nous ne sommes pas Wikileaks, nous faisons du journalisme responsable" (ÉNORME !)

Ainsi, le gouvernement américain est directement impliqué dans ces fuites, ce qui, toujours selon Wikileaks, est un coup sérieux porté à son intégrité. Faut-il que l'empire soit désespéré pour ressortir à ce genre de tactique... Va-t-elle tout de même payer ? L'avenir nous le dira.

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Amyt 07/04/2016 19:11

Pourquoi les Etats-Unis seraient forcement derrière tout ça ? Il y a très peu de journalistes américains associés au "Panama Papers" pour commencer, et malgré le fait qu'il y ait effectivement peu d'américains concernés (des "pas connus" en tout cas), c'est peut être tout simplement parce que les étasuniens fortunés ne vont pas au Panama mais justement, comme dit précédemment, au Delaware ou au Dakota. Ce ne sont que des suppositions mais je trouve qu'il est un peu facile de jeter la pierre aux USA dès que Poutine ou Assad sont pointés du doigt...

De toute façon, cela ne change rien, les journalistes des "Panama papers" ont bel et bien prouvés que des proches de Poutine, d'Assad, du Fn, .. (et tant d'autres dont Porochenko) ont "fait" des montages financiers plus ou moins légales (le plus souvent illégales...) pour soustraire de l'argent à la Russie, la Syrie, la France, etc...(Et l'Ukraine ! ) et le garder bien au chaud pour eux. Bien que peut-être les Etats-Unis soient impliqués, les informations des "Panama papers" restent vraies, et Poutine, Assad, et le FN (et Porochenko !) ont commis là quelque chose, à mon sens, de profondément immoral et égoïste.

Pour résumé, quand bien même les USA seraient impliqués, les personnes mises en cause le sont (dans la très très très très grande majorité des cas) à raison. On pourrait juste déplorer une enquête partiale, mais cela n’enlèverait rien aux actes honteux commis par toutes les personnes impliquées.

Observatus geopoliticus 07/04/2016 20:14

Pas vraiment, cher lecteur.
Au départ, nous avons une source anonyme... c'est-à-dire la NSA qui, seule, est capable d'un hackage d'une telle ampleur. Les naïfs peuvent croire qu'un service de renseignement a suffisamment d'éthique pour ne pas ajouter des documents bidonnés à de réels documents : on a également le droit de croire au père Noël... Que la majorité des papiers soient authentiques, c'est certain. Mais que tous les documents le soient, c'est là que s'immisce le doute.
Ensuite, les organismes chargés de traiter et publier l'info sont de toute façon des créatures du système impérial dont le but est de renverser des régimes/gouvernements ennemis (Soros, USAid) : on peut donc être sûr qu'ils ne poseront aucune question gênante à la "source anonyme".
Enfin, les journaux chargés de publier les papiers sont les habituels portes-parole de l'euro-atlantisme qui se sont déjà fait connaître dans le passé pour mentir sans aucune vergogne et tomber dans la propagande la plus sordide. Ils l'ont encore montré il y a quelques jours en exagérant grossièrement les faits et en se jetant bille en tête sur les adversaires du système impérial. Décortiquez les articles de l'imMonde et Cie, la moitié est du remplissage ; ils rappellent le pseudo-"rapport" des services secrets au lendemain des attaques chimiques de la Ghouta (mal écrit et qui montre, entre les lignes, que c'est du bidonnage).
Donc un gros gros doute...
Bien à vous et un salut très amical à tous les lecteurs, notamment à ceux qui ont commenté le billet et dont les considérations sont fort intéressantes.

Fabien 07/04/2016 11:07

L'hypothèse d'une manipulation US, tous les esprits un tant soit peu critiques l'ont envisagée. Parmi les "exceptions pour la forme", on peut aisément concevoir que Porochenko, déjà plus qu'à moitié discrédité, soit sacrifié pour les besoins de la cause... sans compter que les ukrainiens, politiquement passifs et blasés, pourraient très bien lui passer cela!
Mais j'ai quand mal plus de mal en ce qui concerne Macri, le larbin argentin fraichement élu de Washington, qui lui a priori peu encore servir.
Au final, j'ai tendance à croire que le fameux consortium n'a rien inventé - peut-être mélangé des niveaux de responsabilité différents- mais que sa liste de révélations a été soigneusement expurgée...

Kevin 07/04/2016 10:10

Il ne faut pas oublier que le Delaware (un état américain) est le plus gros paradis fiscal au monde, donc que les US peuvent considérer le Panama comme un paradis fiscal concurrent. En finançant les "panama papers", le gouvernement US décrédibilisent ce concurrent; ils peuvent ainsi ramener beaucoup de fonds sur le territoire US...

Jean 07/04/2016 00:31

On s'en doutait un peu de la manipulation américaine. Nos médias français ont poussé un peu trop (photos de Poutine, Assad, Marine Le Pen). Cela manquait de finesse et de crédibilité

N.Ballerand 06/04/2016 22:31

Cher Ami décrypteur du jeu des grands de ce monde,
Je sollicite votre pouvoir d'analyse pour tenter une interprétation : Je ne crois pas les grands manitous de la déstabilisation politique aussi stupides : le caractère tendancieux de ces "révélations" est trop facilement évident pour être fortuit. Quel pourrait donc être l'agenda ? Après avoir fait plier la Suisse avec la mise en place de FATCA, démontrer la volonté US de déstabiliser les paradis fiscaux et leurs utilisateurs qu'ils ne peuvent contrôler ? Difficile à croire quand la volonté affichée de s'affranchir du $ pour la Russie et la Chine renforce l'attractivité de Hong-Kong, En effet, tout le monde ne sera pas fan du Delaware ! ...
J'avoue être perplexe. Avez-vous des hypothèses de votre côté?
Avec mes remerciements les plus sincères.
NB

theuric 07/04/2016 11:48

Je comprends votre perplexité, d'autant plus que là, la manipulation se montre quelque peu grossière.
Cela me fait penser à une manipulation de type trois bandes, comme au billard, où l'effet recherché n'est pas celui que tout le monde croit.
De ce fait, nous nous retrouvons face à une large plage d'incertitude avec de multiple scenarii possibles.
N'oublions pas qu'en ce moment le gouvernement U.S. est en proie de dissensions internes importantes, dont les plus visibles se passent entre son armée et la C.I.A..

Tof 06/04/2016 23:48

Cher Ballerand,
Selon moi, cette opération orchestrée par les US s'expliquent pour deux raisons:
Tout d'abord, casser le modèle fiscal panaméen pour faire rapatrier des fonds vers les paradis fiscaux américains (Delaware, Dakota...). C'est une forme de protectionisme, tel qu'on le connait chez les américains.
Enfin, cette manœuvre a une stratégie politique visant à dénoncer les "méchants" et à les décrédibiliser une fois de plus. Car Comment se fait-il qu'aucun américain ne soit cité dans ces rapports ?