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Chroniques du Grand jeu

Obama fier d'avoir été sauvé malgré lui par Poutine

14 Mars 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Moyen-Orient, #Ukraine

Obama fier d'avoir été sauvé malgré lui par Poutine

E-n-o-r-m-e. Une véritable pépite que vous ne trouverez évidemment pas dans nos journaux... Dans un entretien fleuve accordé au magazine The Atlantic, le président américain s'est dit "très fier" de ne pas avoir bombardé le régime Assad en 2013, au lendemain des attaques chimiques de la Ghouta. Kerry l'explique d'une phrase sibylline : "Si on avait frappé, les armes chimiques seraient toujours là et probablement aux mains de l'EI au pouvoir".

Ce fameux 30 août 2013, que tout le monde y compris dans son propre camp regarde comme une insigne faiblesse, Obama le considère comme une "libération" : libération vis-à-vis de l'establishment politico-militaire de Washington, vis-à-vis du "mode d'emploi" d'un occupant de la Maison Blanche (automaticité de la réponse militaire), mais aussi vis-à-vis des alliés envahissants qui utilisent les "muscles US pour leurs propres fins sectaires" (allo Riyad ?).

Ces déclarations remarquables appellent quelques commentaires...

  • Elles confirment ce que beaucoup d'analystes sérieux disaient : la fameuse rébellion modérée était une chimère dès 2013. Pas étonnant que notre presse saoudisée préfère garder le silence...
  • Elles confirment également ce que nous et d'autres avons montré à plusieurs reprises, à savoir que la direction états-unienne est un bateau ivre qui ne sait plus où il va. Les militaires tirent d'un côté, la CIA de l'autre, les néo-cons ont gangréné tous les échelons, y compris les cercles proches d'Obama, mais leur capacité de nuisance peut parfois être mise en échec. La description des réunions au sommet à Washington ) cette époque montre un pouvoir divisé, éclaté.
  • Elles mettent enfin en lumière la schizophrénie d'Obama (ou simplement la faiblesse d'un président américain obligé de donner, en contrepartie, des gages à l'establishment impérial) : pour remercier Poutine de l'avoir sauvé en Syrie, ce moment dont il est tellement "fier", Obama autorisera quelques mois plus tard le putsch du Maidan. C'est grave, docteur ?

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Francois 14/03/2016 21:27

La question est de savoir si ce flou artistique concernant la direction du radeau de la méduse américain est une bonne chose ou pas, sont-ils plus dangereux : vont-ils pousser au pouvoir un type vraiment dangereux ? Ou est-ce que ça va favoriser des luttes d'influence internes accompagné d'une bonne décadence. On fait une pétition pour demander la mise sous curatelle des USA ?

Observatus geopoliticus 15/03/2016 11:44

Vous posez une question très intéressante, cher ami, et que je me pose depuis quelques années déjà. J'en suis même parfois venu à me demander si la vassalité des dirigeants européens vis-à-vis de l'administration américaine n'était pas un moyen de maintenir celle-ci à flots face à ce qu'il y avait de bien plus inquiétant derrière...
Quand un empire décline, ça ne se passe jamais très bien.

Bruno 14/03/2016 20:09

Il n'est pas si faible que ça. Sa justice vient de condamner l'Iran pour les attentats du 11 septembre après avoir relaxé l'Arabie Saoudite dans la même affaire. https://beerblogsite.wordpress.com/2016/03/13/httpanonhq-comjudge-cleared-saudi-arabia-orders-iran-pay-10b-sept-11th-victims/
Ce n'est pas une blague...

Observatus geopoliticus 15/03/2016 11:51

C'était effectivement la blague du jour aux Etats-Unis. Voyage en absurdie...

theuric 14/03/2016 10:56

Dorénavant les U.S.A. ne jouent plus leur survie en tant qu'empire mais en tant que pays.
Eux qui, si souventes fois, usèrent et abusèrent des coups tordus chez leurs voisins proches et lointains, risqueraient fort de se retrouver dans un résumé cataclysmique de leurs nombreuses vilénies.
Déjà, de ses anciens alliés s'écartent d'eux comme d'antan chacun s'éloignait d'un pestiféré, jusqu'à Israël qui en vient à prendre la tangente, pour tout dire.
Certes, l'Union-Européenne lui obéit encore, surtout celle de la Communauté Européenne, mais plus par réflexe et esprit de survie, là encore, de ses élites politiques et monétaro-économiques, que par réel élan de sympathie impériale.
Même la Grande-Bretagne commence à se détourner de son anciennement puissant fils prodigue et lorgne maintenant vers la France en sentant venir la faillite de sa chère City.
Les meilleurs des fauteurs de troubles, les tchèques, polonais et hongrois, continuent leur petit bonhomme de chemin et, après, antérieurement, avoir accéléré le délitement du bloc de l'est, font de même, maintenant, avec celui de l'ouest.
En France, notre personnel politique des partis officiels, E.E.L.V./P.S/U.D.I./L.R./F.N. soit serrent des fesses, pour les plus conscients (mais combien sont-ils), soit se frottent les mains en croyant que, bientôt, ils pourrons remplacer un gouvernement plus que décrié et un Parti-Socialiste en miette.
Ceux qui serrent des fesses comprennent que, désormais, les classes-moyennes intermédiaires à hautes dites bobos, auparavant béatement liées au groupe idéologique U.E./€./O.T.A.N./U.S.A. s'en détournent progressivement et retrouvent un patriotisme que de nouveaux partis politiques offrent, tels que le M.'P.E.P. ou l'U.P.R..
L'Allemagne, elle, est au plus mal, elle qui se retrouve à se confronter à ses vieux démons d'éclatement, déjà entre ce qui fut la R.D.A. et la R.F.A., plus, peut-être, si affinités...
L'Europe du sud coule doucement sous le poids de ses dettes.
Et toutes les retraites par capitalisation risquant de disparaître, cette si vieille Europe n'étant plus peuplée que de vieux pouvant devenir pauvres...

Observatus geopoliticus 15/03/2016 11:50

Theuric,
comment pouvez-vous être aussi pertinent dans la première partie de votre message et aussi fantaisiste quand vous abordez l scène politique française et ses relations avec les Etats-Unis ? Ce blog n'est pas et ne sera jamais un blog politique, il ne s'agit donc pas ici de s'attarder longtemps dessus, m'enfin... Vous citez des partis inconnus au bataillon, vous mettez dans le même sac des partis souverainistes et des partis atlantistes. C'est un peu n'importe quoi...

Cautens 14/03/2016 18:36

Ainsi vous affirmez que les "classes-moyennes intermédiaires à hautes dites bobos, auparavant béatement liées au groupe idéologique U.E./€./O.T.A.N./U.S.A. s'en détournent progressivement et retrouvent un patriotisme que de nouveaux partis politiques offrent, tels que le M.'P.E.P. ou l'U.P.R.."
Désolé de vous apprendre que l'UPR a recueilli, lors des dernières élections, c'est-à-dire les élections régionales de décembre 2015, 189 046 voix, soit 0.87 % des suffrage exprimés. (D'après le site web de l'U.P.R., je ne suis pas allé vérifier autre part)
Quant au M.'P.E.P.(que je ne connaissais même pas...), il n'a même pas présenter de liste...
De là à dire que "les classes-moyennes intermédiaires à hautes dites bobos" se détournent des partis politiques traditionnelles pour retrouver "un patriotisme que de nouveaux partis politiques offrent, tels que le M.'P.E.P. ou l'U.P.R..", il faut quand même un peu pousser...