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Chroniques du Grand jeu

Urgent Syrie - La frontière atteinte ! MAJ

9 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Si l'information est confirmée, c'est un séisme. Les forces loyalistes auraient doublé les rebelles pro-US et atteint la frontière irakienne, coupant l'herbe sous le pied aux plans américano-israélo-saoudiens visant à rompre l'arc chiite.

Plusieurs sources corroborent la nouvelle (ici ou ici) et le ministère russe de la Défense semble l'accréditer. Un site pro-rebelle va dans le même sens, quoique de mauvaise grâce :

Si elle est confirmée, cette offensive éclair est un coup de poignard pour Riyad et Tel Aviv et pèsera d'un grand poids dans les recompositions d'après-guerre.

Dans le dernier billet, nous nous interrogions :

Plus généralement, on peut se demander ce qu'attend l'armée syrienne pour lancer la grande offensive vers Deir ez Zoor, dans les tuyaux depuis des semaines. C'est le grand jalon de la course vers l'est et le contrôle de la frontière irakienne. Or l'avance y est pour l'instant lente, les loyalistes semblant se concentrer partout ailleurs (...)

Au sud, dans la région d'Al Tanaf justement, l'armée syrienne reprend aux rebelles pro-US des territoires qui paraissent secondaires. Certes, on comprend la logique qui prévaut : Al Tanaf est le dernier point proche de la frontière jordanienne où passent les hommes de paille américains. Ensuite, c'est la frontière avec l'Irak contrôlée de l'autre côté par les Unités de Mobilisation Populaire (UMP) chiites irakiennes. Que Damas parvienne à sceller la frontière syro-jordanienne jusqu'à Al Tanaf et les rebelles, n'ayant plus de base arrière ni de ravitaillement, disparaîtront comme neige au soleil.

M'enfin, l'urgence semble tout de même être Deir ez Zoor où l'armée syrienne vient encore de résister difficilement à une puissante attaque de Daech durant une semaine

A la lumière des événements de ce jour, on comprend mieux alors la tactique : fixer les proxies pro-US dans des combats sans intérêt près de la frontière jordanienne pour mieux les doubler beaucoup plus à l'est vers la frontière irakienne. Les Américains n'ont apparemment rien vu venir. Hannibal et Napoléon applaudissent des deux mains...

Et maintenant ? L'armée syrienne est en première ligne face à Daech. Washington et ses rebelles perdront toute légitimité s'ils l'attaquent dans son dos, s'alliant de facto et au grand jour à l'EI. Pour bien enfoncer le clou, les Russes mettent la pression depuis quelques jours et accusent les Américains de ne pas combattre les djihadistes. Le Kremlin préparait-il le terrain ? Connaissant les stratèges russes, on peut le penser. Quant à l'empire, il se retrouve dans une complète impasse...

*****

MAJ - C'est confirmé et le ? du titre est remplacé par un ! Pour la première fois depuis 2014, l'armée syrienne atteint la frontière irakienne. Le blitz a contourné les deux bases américaines et pris complètement de revers les proxies US, apparemment avec la présence de forces spéciales russes pour dissuader tout bombardement intempestif :

Désormais, la carte est celle-ci, qui change considérablement le visage de la guerre et le futur de la paix :

La jonction est faite avec les Unités de Mobilisation Populaires chiites - où l'on se rappelle la visite à Damas il y a trois semaines de l'émissaire de Bagdad et les déclarations il y a quelques jours du Premier ministre irakien évoquant la coopération avec le gouvernement syrien pour sécuriser la frontière.

Les arpents de désert occupés par les rebelles jordano-US deviennent une coquille vide. Rentreront-ils à Amman ou resteront-ils pour peser (légèrement) sur l'après-guerre ? Les Américains conserveront-ils leurs deux petites bases en territoire syrien pour ajouter de la confusion au règlement du conflit ? On voit mal l'intérêt mais avec l'empire, sait-on jamais...

L'objectif est désormais le poste-frontière d'Al Bukamal-Al Qaim sur l'Euphrate. On se rappelle que ce lieu avait été le point de parachutage par Washington d'un groupe rebelle l'année dernière, opération qui s'était soldée par un fiasco. Des rapports non confirmés font d'ors et déjà état de la retraite de Daech d'Humaymah et de l'aéroport T2. Le Hezbollah peut se frotter les mains, lui qui pourra faire passer tout ce qu'il veut d'Iran au Liban...

Tel Aviv qui pleure, Téhéran qui rit. Et que dire du grassouillet Seoud qui voit s'effondrer son monde... Corridor sunnite nord-sud : RIP. Qatar et CCG : RIP. Isolement de l'Iran : RIP.

*****

MAJ 2 - Les loyalistes ne perdent pas de temps et fortifient leurs positions nouvellement acquises sur la frontière irakienne :

La MSN occidentale est étrangement muette. Seul Le Temps suisse a évoqué hier l'importance stratégique de la zone, de manière pertinente mais avec retard et sans encore prendre en compte le blitz loyaliste vers la frontière. Sur Al Jazeera, le ton est presque favorable aux "troupes syriennes et ses alliés luttant contre l'EI" (la crise saoudo-qatarie est passée par là...) Quant à la presse de l'opposition syrienne de salon, elle fait grise mine (ici ou ici). On notera l'invraisemblable hypocrisie consistant à dénoncer le mouvement loyaliste comme empêchant la "lutte contre Daech". Ah d'accord...

De l'autre côté, les UMP auraient fait la jonction avec l'armée syrienne (pas tout à fait confirmé encore). Désormais, l'objectif est de remonter ensemble sur Al Bukamal pour étendre le contrôle sur la frontière (polygone rouge) :

 

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Bertrand 12/06/2017 00:50

Bonjour,

vous avez répondu à un message que

*le nouvel arc chiite est en fait le fameux 4+1 moins la Russie.*

des questions..
a. pourquoi moins la Russie?
b. les 4 membres de l'arc chiite sont le Hezbollah, la République Arabe Syrienne, l'Irak et l'Iran?

merci de votre future explication.

Yom 13/06/2017 09:31

Bertrand, la source de votre confusion provient probablement de la méconnaissance de ce que représente le « +1 », et même de pourquoi on parle de « 4 + 1 » plutôt que, plus simplement, de « 5 » (ou « quintet »).

Le « +1 » représente le Hezbollah dans l’alliance qui combat sur le sol syrien et la distinction est faite avec les quatre autres du fait que ce sont des états constitués alors que le Hezbollah n’est qu’une organisation. Mais son importance sur le terrain lui mérite tout de même une citation aux côtés de ces états.

Observatus geopoliticus 12/06/2017 19:57

@ Bertrand
C'est pourtant pas dur à comprendre...
4+1 = Russie, Syrie, Irak, Iran + Hezbollah
L'arc chiite, c'est la même chose sans la Russie (4+1 - Russie = arc chiite)

Bertrand 12/06/2017 18:51

Bonjour,
(je sais bien que) la Russie n'est pas un pays chiite ni un pays du moyen orient.
ma question c'est pourquoi écrire nouvel arc chiite 4 +1 moins la Russie.
l'arc chiite c'est Hezbollah-Syrie-Iraq-Iran, mais pourquoi lier la Russie à cet arc chiite?

je ne vois pas la pertinence de rajouter *moins la Russie*, qu'est-ce que la Russie a à affaire avec le concept d'arc chiite?
la Russie est un partenaire stratégique pour l'Iran et la Syrie, l'accord militaire des bases Russes en méditerranée a été prolongé pour 50 ans, mais il n'y aucun rapport apparemment avec le concept d'arc chiite.

je chipote, je chipote..

Yom 12/06/2017 11:06

Oserai-je m’avancer jusqu’à dire que la Russie ne saurait faire partie de l’arc chiite au moyen orient parce que :

1) La Russie n’est pas un pays chiite.

2) La Russie n’est pas un pays du moyen orient.

Astatruk 11/06/2017 19:25

Coucou et recoucou les chuettes. (Chuettes sans le "o", pour êtres Original :-)

Donc notre pôvre Trumpiste se trumpe et se retrumpe énurmément. Quel donald, alors.... Lui qui voulait juste et rien de moins que retirer l'empire du grand jeu. C'est vraiment un âne ce trumper, non ?

Sinon c'est une bonne nouvelle assurement. En bon pessimiste je me méfie des bonnes nouvelles. Quoi schtroumpf grincheux ? Hé hô, ça va hein.....

D'ailleurs, notre Potus Donalding ne serait-il pas un schTRUMPf en fait, un schTRUMPf rateur ? Poser la question c'est.... bla bla bla.

Ps: Enlil, belle plume c'est clair. Celle-ci doublée de pertinence. La forme et le fond. C'est de l'art. Un bémol. Un brin ampoulé tout de même. Ce qui par ailleurs démontre que vous avez la lumière aux étages ^^ bise d'esprit cher Enlil.

Et communément, ziboux de chuette à vous autres. :-)

Nour 10/06/2017 23:51

Bonjour à tous et au maestro OG ! J'ai l'impression que les stratèges US ont depuis longtemps abandonner la géopolitique classique et la défense de leurs intérêts objectifs pour poursuivre un seul but pour lequel ils sont prêts à mettre tous les moyens possibles : le chaos illimité à savoir la guerre de tous contre tous dans les régions définies dans le livre " the pentagon's new map " à des fins messianiques ( bush jr et sa guerre en Irak pour réveiller gog et magog) avec avantages économiques ( plus d'argent du contribuable us pour le complexe militariste industriel, plus de vente d'armes aux chameliers, plus de migrants déstabilisateurs chez les vassaux européens, plus de pays à reconstruire et moins de pays stables susceptibles de produire et de concurrencer les économies de l'otan élargie)..

Observatus geopoliticus 11/06/2017 21:01

@ Nour
L'empire du chaos... dans les zones qu'il veut déstabiliser. Mais globalement, l'empire suit un plan bien précis qui est de diviser l'Eurasie, maintenir le pétrodollar et garder alliés et vassaux sous le joug.
Bien à vous, cher Nour

Grognard 10/06/2017 22:59

@ la grive

Désolé de vous décevoir je n'ai aucune idée de ce que nous réservent les prochaines semaines.
Actuellement nous assistons à des mouvements militaires.
Ce qui se passe en coulisse est tout aussi important.
Certains considèrent, ce qui n'est pas faux, que pour gagner la guerre il faut identifier le ou les objectifs de l'adversaire pour ensuite l'empêcher de les atteindre.
Comment cela va-t-il se traduire sur le terrain?
Quelle est la "pensée stratégique" dominante?
Surtout, surtout c'est le terrain qui commande a tous les protagonistes.
On peut aussi le dire autrement sous forme d'une addition:
gagner la bataille de la reconnaissance
+ gagner la bataille du renseignement
+ gagner la bataille de la psychologie
= capacité à influencer le processus de décision de l'adversaire.
Voilà qui ne nous avance pas beaucoup.

samuel 10/06/2017 19:21

Bonjour,

A la vue de toute cette crise occidentale, comme à la lecture des derniers événements que vous pourriez nous apprendre. Je ne peux m'empêcher de me dire, que le monde n'est pas encore sorti de la guerre ou de toute cette fausse paix actuelle dans les sociétés actuelles.
J'aimerais me tromper, et cela malgré toute la qualité des analyses géostratégiques venant de vous ou de vos lecteurs les plus calés, si je puis m'exprimer ainsi.
Nous pourrions alors avancer ou craindre que le pire est encore à venir, surtout à travers les premières variables humaines ou générales selon la loi de Murphy. J'avance cela, car du coté de l’Euphrate d'autres éléments pourraient se reproduire ou s'aggraver, surtout dans le même temps ou les dernières évolutions de la guerre.
Je pourrais ajouter autre chose, mais là je pense que je sortirais du cadre de vos analyses, et si malheureusement c'était le début de la troisième selon les chroniques du grand jeu mondial.
Qui peut encore s'imaginer qu'il y aura des vainqueurs à la fin, seuls des fous peut-être sous la terre
ou dans des bunkers peuvent encore s'imaginer cela à travers les nouvelles armes de destruction.
Certes, il peut bien se produire ici ou là quelques avancées majeures ou mineures, mais sur le fond nous savons bien que le monde n'est pas encore sorti de la merde avec les nouvelles tendances contre les sociétés plus traditionnelles.
De plus, voyez à travers chaque nouvelle défaite de leur part, comment ils s'y prennent afin de pouvoir disposer d'une main œuvre bon marché, sans doute afin de pouvoir continuellement semer le chaos à distance dans les sociétés. Luttent-ils bien tous contre le mal derrière les claviers, on aimerait les croire. Certes, on pourrait avoir l'impression d'assister à un changement des plaques, mais voilà il faut pas trop se leurrer. Puis j'ai de la peine, car la Syrie n'est plus qu'un champ de ruines alors comment toutes ces choses pourront-elles moins arriver ailleurs ? Et comme vos analyses pourraient les remplir de confusion ou d'autre chose, se mettront-ils encore à crier, à bas celui qui n'est pas avec nous en matière d'information !
Voilà surtout le tableau, alors je vous le demande, jusqu'à quand vous permettront-ils de s'exprimer si les choses devaient plus ou moins empirer ou évoluer temporairement. Pourquoi tant de tumulte parmi les peuples ? Pourquoi les nations sont peu différentes à travers une telle marchandisation ? Pourquoi les peuples projettent des choses vaines ? Ne méprisons pas les prophéties, car nous pourrions encore nous apercevoir que les hommes n'évoluent guère à travers tant d'illusions médiatiques.

ZZZ 10/06/2017 19:03

Oui excellentes nouvelles susceptibles de changer le cours de cette cruelle et interminable guerre.Cette offensive-éclair est un coup de génie de l'Axe de la Résistance secondé par les Russes.
En parlant de Russes que penser de cet article très inquiétant de PressTV qui rapporte des propos d'un sénateur russe selon qui les Etats-uniens se préparent à attaquer Damas ? http://presstv.com/DetailFr/2017/06/09/524750/Damas-bientt-bombard.Cette annonce est-elle correcte ? Si oui est-elle vraisemblable (compte tenu de l'équipe de barjots au Pentagone) ? Est-elle en relation avec le dernier mouvement de blitzkrieg des militaires pro-Damas ?

Observatus geopoliticus 12/06/2017 20:03

Je replace ici la réponse de ZZZ :

@O.G.
"L'article parlait d'une INTERVENTION MILITAIRE US DIRECTE par bombardements massifs sur Damas suivie d'une attaque terrestre par la frontière jordanienne (avec la participation de militaires anglo-saxons) pas d'une offensive menée exclusivement par les bras cassés de "rebelles modérés" formés par les US.La question se pose au vu du fiasco subi par les Etats-uniens en Syrie a fortiori avec la prise de la frontière Syrie-Irak par les pro-Damas.Le mad dog Mattis et autres Mc Master peuvent perdre patience et vouloir "régler le problème" par eux-mêmes."

@ZZZ
Une invasion militaire directe, ça se prépare pendant des mois, ça demande un flux d'équipement, de ravitaillement. Ces milliers de militaires occidentaux, d'avions et de tanks seraient arrivés en Jordanie ni vu ni connu ? Les satellites russes surveillent la région 24H/24...

Observatus geopoliticus 11/06/2017 20:52

@ ZZZ
Certes, il ne faut jamais dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau" m'enfin... Cet article m'a assez fait rire, dois-je avouer.
Les "rebelles" prêts à déferler sur Damas le couteau entre les dents sont les mêmes qui se sont pris une gifle dans le désert du sud. De grandes terreurs, comme on peut le constater...
Et au fait, comment passent-ils de la frontière jordanienne à Damas ? Par télétransportation ?

Pendule de Newton 10/06/2017 15:58

Cher O.G.,
Là votre réactivité montre toute l'importance stratégique des évènements en cours dans l'évolution de la guerre (arigatô de nous en tenir si près informé)
Si àces développements on y rajoute le sommet de l'OCS, les implications géostratégiques s'enchainent à un rythme soutenu. On assiste à un changement des plaques, l'histoire du futur se fait dans le présent.

Mon fils vous passe ses salutations et vous souhaite aussi un bon séjour culinaire (thé, dolmas et surtout les friandises en forme de saucisse des bazars...)
Bien à vous

carrelli 12/06/2017 13:25

Un seul mot: Vive Bachar al Assad...

Observatus geopoliticus 10/06/2017 20:36

@ Pendule
Tout à fait, mon cher Newton. Je sens une moquerie en creux de mon manque de réactivité habituel pour répondre aux message ha ha ha...
L'histoire du XXIème siècle est en train de s'écrire maintenant, sous nos yeux. C'est absolument passionnant.
Amitiés au fiston (je penserai à lui au prochain dolma...)

Grognard 10/06/2017 12:43

@la grive
09/06/2017 20:32

Bonjour,

Ce n'est pas forcément une bonne idée d'amalgamer une milice dans une armée régulière.
L'efficacité nécessite que ces deux types d'unité combattent à l'identique.
Dans le cas contraire on va vers plus de pertes humaines.

Concernant les renforts c'est un sujet assez vaste.
Dans un premier temps il faut considérer la composition de la force.
Par exemple une unité du génie peut modifier la donne en préparant le terrain pour que l'infanterie se protège, le camouflage est aussi une arme en soit.
L'armée régulière dispose-t-elle d'une artillerie capable "d'encager" son infanterie et quelle est son allonge.
Quant aux renforts en unités combattantes il n'est pas forcément utile de les faire monter en première ligne.
Dans un rapport du faible au fort (notamment en effectif) il est plus judicieux de les prépositionner en deuxième échelon à équidistance de temps et non pas kilométrique de points susceptibles de nécessiter un renfort.
Cela vous évite aussi de diviser vos forces.
C'est ce qu'avait fait Bonaparte lors de la première campagne d'Italie.

la grive 10/06/2017 20:14

Merci pour ces précisions Grognard. Vous voyez comment les prochaines semaines ?

Madudu 10/06/2017 10:23

Voilà de quoi donner du noir à broyer à ceux qui voient la défaite partout ^^

Voilà donc qu'Observatus est actuellement en Irak ! Il me semble que c'est la première fois que vous donnez votre position, cher observateur :)

Pour que cet arc chiite prenne une forme durable et soit pleinement opérationnel sur le plan diplomatique et militaire, il lui faut un habillage légale. Que pensez-vous des possibilités qui existent pour cet "habillage" ?

-Une organisation régionale type OCS/OTAN ?

-De simples accords bilatéraux ?

-Pas d'autre habillage que la parole diplomatique et l'état général des relations diplomatiques entre les états de l'arc ?

Plus particulièrement, est-ce que Sadr laisse transparaître un projet bien défini qui donne de la cohérence à ses positions vis-à-vis de l'Iran et de Assad ?

Observatus geopoliticus 10/06/2017 11:37

@ Madudu
Cher Madudu, pas forcément besoin d'un habillage légal. Cet arc chiite a déjà existé officieusement après 2003, même si Assad ne jouait pas toujours le jeu (envoi d'insurgés sunnites en Irak pour y fixer les Américains et éviter une invasion de la Syrie, mais dont l'effet annexe a été de mettre les chiites irakiens au supplice...)
Le nouvel arc chiite est en fait le fameux 4+1 moins la Russie.

la grive 10/06/2017 08:38

La partie n'est pas finie pour les occidentaux. Sur le front médiatique et diplomatique ils ont une longueur d'avance et l'avantage du terrain. Dans leur communiqué du 8, les américains justifient leur dernières frappes en présentant les forces syriennes comme une menace à la coalition et sa mission de lutte contre l'état islamique. En cadrant le sujet de cette manière, ces attaques ne leur posent aucun cas moral. Mais de toute manière, l'info est restée absente des médias occidentaux. Tout le monde s'en fout.

Donc au final, qu'est-ce qui empêche les occidentaux de frapper de nouveau ? Qu'est-ce qui les empêche de conquérir de nouvelles positions (au hasard, la base de T2 par exemple) ? Tant que le camp syrien ne progressera pas sur le front diplomatique et médiatique, les occidentaux auront le champ libre.

Observatus geopoliticus 11/06/2017 20:54

@ Kevin
Ahhhh les pièges de Bratislava...
Nazdrowie, nasdravi, nazdarovie, cher Kevin.

Kevin 10/06/2017 23:58

Vous ne croyez pas si bien dire, cher OG. En weekend dans la belle ville de Bratislava, j'ai dégusté quelques spécialités locales... Nasdravi! ;-)

Kevin 10/06/2017 20:33

Je viens de lire votre reponse au commentaire d'enlil, qui rend ma question caduque ;-)

Observatus geopoliticus 10/06/2017 20:27

@ Kevin
??? Qui donc a écrit qu'Assad s'opposait fermement à l'entrée des milices irakiennes en Syrie ? Il l'appelle de ses voeux au contraire et des milliers d'Irakiens combattent déjà à ses côtés. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, mon cher Kevin... ^^

Kevin 10/06/2017 20:15

Bonjour,
Question naïve: est-ce vraiment inconcevable pour les irakiens de franchir la frontiere syrienne "pour lutter contre daesh"? Vous avez écrit qu'Assad s'y opposait fermement, mais ils peuvent passer outre... Serait-ce un casus belli s'ils s'en prennent uniquement a daesh?

la grive 10/06/2017 20:12

>OG: "Si les Américains passent outre et bombardent quand même les forces loyalistes en train de combattre l'EI, ce serait extrêmement grave, un véritable acte de guerre sans aucune excuse - donc un fiasco en terme de RP."

Je suis entièrement d’accord sur l'importance de la com dans ce conflit. Je crois également que l'occident la maîtrise à merveille et que, en combinaison avec sa puissance diplomatique, il s'est permis dans le passé des actes de guerre d'un autre niveau qu'une attaque sur un check-point syrien en plein désert. Quand l'oncle sam débarque dans le quartier pour péter le nez de l'insolent qui lui fait de l'ombre, dans le monde bien-pensant on juge la sentence justifiée et on se bouscule pour panser le petit poing meurtri.

J'ai toujours pensé qu'un game over pour les occidentaux en Syrie serait annoncé par une une démolition franche et gratuite de tout ce qui tient encore debout suivi d'un retrait rapide et ordonné.

Observatus geopoliticus 10/06/2017 11:14

@ La Grive
Dans cette guerre syrienne, tout est une question de RP (relations publiques), le "combat contre Daech" étant le prétexte universel pour avancer ses pions dans les recompositions d'après-guerre. Pour les Turcs, ça voulait dire lutter contre les Kurdes et empêcher la jonction du Rojava ; pour l'empire, ça voulait dire harceler Assad et placer ses pions pour couper l'arc chiite...
Quand les forces loyalistes s'entêtaient il y a quelques jours à avancer sur Al Tanaf au lieu de se diriger contre Daech (à 90° et 50 km à l'est), les Américains avaient un prétexte en or pour les bombarder : "Allez combattre l'EI au lieu de nous mettre en danger à Al Tanaf". Ce n'est pas pour défendre les Américains mais il est difficile de leur donner tort sur ce point précis...
Maintenant que les loyalistes ont doublé les proxies US, atteint la frontière irakienne et sont en première ligne contre l'EI, les Américains ont perdu tout prétexte de les bombarder. Leurs rebelles sont enfermés dans une poche inutile et ont perdu l'excuse de la "lutte contre Daech". Quant aux deux petites bases US, elles sont devenues des coquilles vides.
Si les Américains passent outre et bombardent quand même les forces loyalistes en train de combattre l'EI, ce serait extrêmement grave, un véritable acte de guerre sans aucune excuse - donc un fiasco en terme de RP. En six ans de conflit, ils n'ont jamais osé s'en prendre ouvertement aux loyalistes ; les quelques fois que c'est arrivé, c'était toujours très ponctuel et accompagné d'une excuse toute faite : Deir ez Zoor ("on s'est trompé de cible"), vers Al Tanaf ("vous nous menacez")...
Si les loyalistes laissent tranquilles les proxies jordano-US dans leur petite poche inutile et ne donnent pas de prétexte aux Américains, je ne vois absolument pas ces derniers oser une conflagration générale sans la moindre justification possible. Ils ont perdu tout prétexte de s'en prendre à l'armée syrienne dans le sud, ça ressemble à un game over.
La seule option qui leur reste pour réduire au maximum le corridor chiite le long de la frontière serait de faire avancer les YPG kurdes vers le sud (pas impossible même si les Kurdes sont déjà assez pris par Raqqa et par les Turcs) ou de redoubler les loyalistes en organisant une opération aéroportée de rebelles sur un point de la frontière, en plein coeur du territoire de Daech (improbable).

Enlil 10/06/2017 02:16

Fabuleuse nouvelle ! Plus qu'un arc, ce me semble davantage être une mâchoire qui se referme sur sa proie.

A ce sujet, deux menues questions, cher Scrutateur, dont vos réponses, si vous en avez le loisir, me laisseront débiteur à l'égard de votre diligence tel le camp du bien à l'égard des seoud (mais en vertueux et sans vénalité) :

1) Pensez-vous que le statut des sunnites va évoluer après le conflit ? (rôle politique diminué (voir totalement supprimé) dans le pays, éventuelles migrations ou purges (ce que je ne souhaite évidemment pas, mais qui semble avoir eu éphémèrement lieu entre kurdes et arabes dans le nord...) ). De ce que j'ai compris, l'Irak est d' 1/3 sunnite et de 2/3 chiite pour ce qui est de la population, hors kurdes (Je ne suis pas sûr de ces chiffres...).

2) L'Iran possède une province arabe chiite (le Khouzistan, si je ne m'abuse, qui était déjà le casus belli officiel de la guerre Irak-Iran des années 1980, S. Hussein le réclamant ; officieusement, pas besoin de dire que c'est infiniment autre, vous connaissez sûrement le sujet mille fois mieux que moi). L'Iran, donc, pourrait-il avoir des velléités d'annexions, ou de révolutions fomentées de l'extérieur ?

Ces questions ont en commun la fameuse et labyrinthique recomposition qui suivra la guerre. Leur particularités, étant miennes, sont que j'ai probablement un point de vue un peu "ringard" ou peu informé en maniant des concepts peut-être d'un autre temps (annexions, mouvements de populations...). Mais un néo Sykes-Picot me parait si palpable que je me demande si cela pourrait se produire, ces temps semblant posséder des similitudes avec d'autres qui semblaient révolus.

Peut-être divagué-je. Peut-être aussi ces questions sont trop vastes pour un commentaire. Aussi fins-je celui-ci en vous remerciant non seulement pour ce bon billet (comme à votre habitude), mais aussi pour la bonne nouvelle. Leur rareté exige qu'on les savoure à leur juste valeur, tout autant que celle du messager.

Santé, cher OG.

Observatus geopoliticus 10/06/2017 11:58

@ Enlil
Quelle plume, cher ami ! Pour répondre succinctement à vos questions :
1) Ce conflit n'est pas que sectaire. Une bonne proportions de sunnites syriens (la bourgeoisie urbaine) supportent également Assad. Je ne pense pas qu'il y ait de grandes purges/mouvements de population.
A Bagdad par contre, les attentats daéchiques contre les chiites commencent à excéder la population et les milices chiites des UMP veulent prendre en charge la sécurité de la ville : http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/06/iraq-security-baghdad-operations-command-pmu.html
Si c'est le cas, la désunnisation de la capitale irakienne continuera...
2) Les activités subversives de la CIA soutenant les Ahwazi arabes du Khouzistan ou les Baloutches de l'autre côté du pays ont commencé dès après l'invasion de l'Irak en 2003 : http://www.newyorker.com/reporting/2008/07/07/080707fa_fact_hersh/
C'était la grande affaire de l'administration Bush.
C'est désormais beaucoup plus compliqué. Les Iraniens ont créé tout au long de ces années une zone tampon de 60-70 km en Irak, le long de leur frontière commune, visant à contrôler les allées et venues et faire de l'Iran une forteresse. Jusqu'à l'attentat de Téhéran il y a trois jours, ça avait plutôt bien marché. Toujours est-il que les Américains, si tant est qu'ils veuillent toujours déstabiliser l'Iran, ont beaucoup moins de marge de manoeuvre maintenant.
Bien à vous, cher Enlil

A. Zobbo 10/06/2017 01:07

Ainsi, le cauchemar Israélien tel que décrit par Haaretz il y a quatre jours se serait réalisé :
http://www.haaretz.com/middle-east-news/1.793422

Merci pour votre site qu'une personne m'a fait découvrir hier soir (et je lui en suis reconnaissant).
Français résident en Irak ? Voila qui est singulier !

A. Zobbo 10/06/2017 01:59

D'accord sur tous les points. La presse Française est particulièrement déplorable, elle est devenue "l'organe officiel du parti" sous différents titres.

Observatus geopoliticus 10/06/2017 01:31

@ A.Z
Déjà que l'article était pessimiste il y a quatre jours, imaginez ce soir...
Ceci dit, la lecture de la presse israélienne est toujours source d'intérêt et je la recommande vivement. Si la prise de parti est évidente, le ton y est incroyablement libre comparé à la MSN occidentale. L'info est abordée de façon directe, brute, sans circonvolutions.
Parmi les pépites d'aujourd'hui dans Haaretz :
- Why ISIS Is Thanking Trump for His Response to Its Terror Attack on Iran
http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.794567
(article presque pro-iranien !)
- As an American Jew, I Celebrated Israel's 1967 Victory. Now I'm Protesting the Occupation
http://www.haaretz.com/israel-news/six-day-war-50-years/.premium-1.794628
Bien à vous

Lithan 09/06/2017 23:21

Et dire que tout ce grand bourbier au Moyen-orient à peu ou prou commencé dans les bureau feutré de la Maison Blanche sous l'ère Bush....

https://www.youtube.com/watch?v=zJaBJtRoK2k&t=490s

Après, comment se terminera toute cette histoire ? Bien malin qui peux le dire...
Personnellement, je suis assez convaincu que la frontière entre la Syrie et l'Irak sera un nouveau Mur de Berlin au centre du nouveau Grand Jeu. La Syrie est d'ors-et-déjà plongée dans les bras de l'axe Moscou-Téhéran. L'Irak sera une colonie U.S comme s'était prévu depuis longtemps... qui vivra verra....

Observatus geopoliticus 10/06/2017 15:25

@ Alaric
Si je plussoie votre idée générale, cher Alaric, sur l'opinion publique et la politique étrangère, je me dois d'apporter quelques menues précisions :
- Abadi est moins un soutien à Assad et plus généralement à la cause chiite que ne l'était Maliki. Certes, il est plutôt favorable à Damas, c'est indéniable, mais il s'intéresse avant tout à son pays.
- Pour compliquer encore les choses, il y a en réalité deux Kurdistan irakien, pas un. En gros : Erbil-Barzani-PDK vs Sulaymaniyah-Talabani-PUK. Si le "Kurdistan Barzani" est effectivement soumis à Erdogan et critique vis-à-vis du Rojava (des combats éclatent même régulièrement entre des peshmergas barzanistes et des milices proches des YPG), le "Kurdistan Talabani" y est bien plus favorable et a envoyé des volontaires.

Alaric 10/06/2017 15:10

@ Zobbo

Notez que je n'ai pas parlé de pays, mais de gouvernement . Abadi soutient Assad sans restrictions . Quant aux kurdes irakiens , leurs sentiments ont bien peu d'importance, tant que Barzani est soumis à Erdogan .

L'opinion publique n'a quasiment aucune influence sur les décisions de politique étrangère , encore moins dans de tels pays

Du reste , pourquoi les kurdes irakiens auraient une mauvaise opinion d'Assad ? leur affection pour le rojava syrien est assez limitée . On ne peut pas vraiment parler d'un flot de volontaires kurdes irakiens pour aller se battre en Syrie par exemple (et ils ont carrément abandonné les Yezidis en 2014 )

Observatus geopoliticus 10/06/2017 01:17

@ Lithan
Envoyez-moi un MP.

A. Zobbo 10/06/2017 01:16

Cher Alaric,
Les pays sont rarement des blocs monolithiques.
Je ne pense pas que la population Kurde en Irak soit "à fond pour Assad".
Notre hôte pourra ou non confirmer ?

Lithan 10/06/2017 00:48

Merci pour vos éclaircissements ! C'est toujours plus intéressants quand cela vient de quelqu'un qui vit sur place. Par contre, qu'en est-il de l'époque du régime du parti Baas pour les Irakiens d'aujourd'hui ? Y'a-t-il une nostalgie de cette époque ou la population est complètement passé à autre chose ? Merci.

Observatus geopoliticus 10/06/2017 00:41

@ Lithan
Cher ami, j'habite actuellement en Irak donc je pense quand même connaître un petit peu la situation... ^^
L'influence iranienne est telle que ce pays ne pourra pas devenir une colonie américaine. Ceci dit, et je n'ai jamais dit le contraire, les Américains ont une réelle influence sur certaines décisions (témoin, la privatisation de l'autoroute traversant la province d'al Anbar comme l'a montré Moon of Alabama il y a une semaine). L'Irak est un cocktail assez détonnant d'influences iraniennes et américaines, - les premières prévalant tout de même sur les secondes - le tout mélangé à un nationalisme réel.
De toute façon, les UMP pro-iraniennes contrôlant les zones frontalières, le "mur de Berlin" que vous évoquez ne verra pas le jour.
NB : Bahreïn est un pays chiite sous la férule d'une dictature familiale sunnite. Les sunnites ne gouvernent pas à Bagdad par contre...

Lithan 10/06/2017 00:24

Certes, l'Irak a une forte communauté chiite et a plutôt un tropisme pro-iranien. Mais la coalition Occidentale menée par les USA y a plus de pouvoir qu'en Syrie, et je ne suis pas sûr qu'ils soient prêt à lâcher l'Irak surtout avec les milliers de milliards de dollars qu'ils ont dépensés dans cette affaire depuis 2003. Pour la prise de Mossoul, les chiites irakiens sont entraînés et supervisés par des Occidentaux. Si le simple fait religieux fait que l'Irak se tournerait automatiquement vers l'Iran, alors Bahreïn aussi serait dans le giron de Téhéran ! Et même si l'actuel gouvernement Irakien semble pro-Iranien et bien..... un gouvernement, ça se renverse... Les USA ont trop dépensés et trop misés sur l'Irak pour laisser tomber le pays comme ça. Après, bien entendu, je peux me tromper mais je serais pas aussi optimiste que vous en raison de tout ce que j'ai cité. Ou alors, je suis trop influencé par le film qu'Oliver Stone a fait sur W. (voir lien plus haut) ! :)

Observatus geopoliticus 10/06/2017 00:06

@ Lithan
L'Irak, colonie américaine ? Diantre... Iranienne plutôt, même si les Américains ont une certaine influence dans ce maelstrom. Pour compliquer encore les choses, un Moqtada Sadr est à la fois anti-américain et anti-iranien. Position nationaliste qui n'est pas isolée.

Alaric 09/06/2017 23:29

Le gouvernement irakien soutient à fond Assad ... je vois mal comment l'irak pourrait devenir une colonie américaine, le pays est sous forte influence iranienne

jef 09/06/2017 23:16

Cher OG,
je m'essaie à l'aide de vos cartes ( en particulier les deux dernières) et de votre analyse de mesurer cette avancée dont les conséquences vous paraissent à ce point énormes que vous n'hésitez pas à entonner plusieurs requiem! J'espère ne pas trop errer en supposant:
1) Que jonction étant faite, des deux côtes de la frontière on assistera à une ruée pour consolider les positions. L'armée irakienne, ses drones et son aviation ne pourront pas demeurer en reste.
2) Que l'E.I. ne pourra soutenir efficacement le poste frontière d'Al Bukamal-Al Qaim si j'interprète bien la retraite non encore confirmée que vous indiquez.
3) Qu'une opération conjuguée syro-irakienne d'envergure pourrait être très prochainement lancée contre Deir Ezzor de ce point ou corridor.
4) Que la bataille décisive après la libération ne jouera pas à Raqqa mais dans cette dernière ville.

Bien à vous et bonne soirée à tous!

jef 19/06/2017 00:01

"La "capitale de l'ei " est plutôt une expression médiatique. "

C'est ce genre de remarque qui fait le succès de ce blog. Percutant.

Alaric 11/06/2017 00:14

Il me semble que l'EI n'a jamais vraiment revendiqué Raqqua comme sa capitale, c'est juste la plus grande ville syrienne sur laquelle ils aient pu mettre la main . La "capitale de l'ei " est plutôt une expression médiatique.
Les quartiers les plus peuplés de Deir ezzor sont ceux aux mains des loyalistes et j'imagine que cette présence loyaliste était encore plus dangereuse que les kurdes , d'où la présence des leaders à Raqqua .


De façon intéressante , Mossoul était aussi très proche de la ligne de front tenue par les peshmergas , bien peu combatifs il est vrai ...

Observatus geopoliticus 10/06/2017 00:03

@ Jef
Eh oui mon cher, c'est à peu près ça.
1) Oui.
2) Oui mais l'EI résistera bec et ongles, ça ne sera pas une promenade de santé.
3) On peut imaginer un mouvement en tenaille, à partir de Palmyre et d'Al Bukamal.
4) Ca me paraît évident. Deir ez-Zoor a toujours été le centre du califat daéchique, maintenant comme du temps de sa splendeur. Personne n'a bien compris pourquoi Raqqa, très excentrée et proche de la ligne de front kurde, avait été choisie comme capitale...
Hier encore, trois forces étaient susceptibles d'arriver en premier à Deir ez-Zoor : les loyalistes, les "rebelles" jordano-US et les Kurdes. Désormais, la ville paraît promise aux loyalistes, éventuellement avec l'aide des UMP irakiennes. Ceci dit, une surprise kurdo-américaine de dernière minute n'est pas à exclure. Par contre, l'option rebelles jordano-US est terminée.
Bien à vous

jef 09/06/2017 23:19

Correction:
Que la bataille décisive après la libération d'Alep ne se jouera pas à Raqqa mais dans cette dernière ville.

Pendule de Nwton 09/06/2017 21:13

Permettez-moi un petite réflexion, Comment peut-on donner autant de fers (cela n'en est même plus des fers) mais plutôt des ouragans d'enclumes de toutes parts.
Même le minimum de bon sens et d'analyse les manqueraient-ils autant??? Cela ressemble à un film où à un moment donné l'action de l'ennemi devient si absurde qu'il devient aussi idiot que de charger à un contre un face à une horde de katioucha
Bien à Vous

Yvan 09/06/2017 21:12

Bonjour cher O.G. et merci pour vos billets qui suivent de si près l'actualité.
Savez vous si les forces pro syriennes sont assez conséquentes dans cette bande nouvellement conquise pour résister à une contre offensive ? ( je n'ai pas d'info concernant les forces en présence).

D'autre part, en cas d'impossibilité de mener une contre attaque efficace de la part d'ISIS, croyez-vous que la coalition US puisse se risquer à renverser la table suite à cet échec et entrer ouvertement en conflit avec les russes ?

Merci pour votre avis éclairé.

Cdt,
Yvan

Yvan 09/06/2017 21:34

Merci pour votre réponse rapide.
C'est bien ce côté "game over" que je trouve inquiétant quand des fous furieux y sont confrontés. Cela réduit à néant des années d'efforts et d'investissement.
En tout cas, chapeau bas aux stratèges qui ont su mener à bien cette attaque.

yvan

Observatus geopoliticus 09/06/2017 21:17

@ Yvan
Bonsoir cher lecteur.
1) Nul doute que les renforts sont en train d'affluer en ce moment même. De toute façon, les rebelles pro-US ne sont pas très nombreux et n' "occupent" ces territoires du sud que grâce à la protection américaine.
2) Non, je ne vois pas les Américains se risquer à attaquer le contingent syrien. Ce serait désastreux, et vis-à-vis des Russes (risque de conflit ouvert) et en terme de relations publiques ("le pays qui aide ouvertement Daech").
Il semble bien que ce soit "game over" maintenant et c'est en ça que cette journée est si importante.
Bien à vous

Michel 09/06/2017 20:42

Une question pour que m'apportiez une réponse.
Les Russes ont dit que le ciel syrien était sous leur contrôle et que quiconque ne peut y entrer sans leur autorisation.
Comment se fait-il, alors, que les avions US et consorts pilonnent les Syriens sans réaction des Russes ?
Cdl

Observatus geopoliticus 09/06/2017 22:02

@ Bertrand
Merci, cher Bertrand.
Quand les Américains bombardent l'EI voire Al Qaeda, les Russes laissent passer. Il y a accord dessus.
Mais parfois, les Américains en profitent pour faire un coup bas et bombarder les loyalistes. Colère de Moscou, Washington répond "désolé, c'est poncuel" et généralement, ça se calme assez vite.
Effectivement, l'affaire de Deir ez Zoor fut grave. Là encore, les Américains sont venus avec une excuse toute prête : "Nous croyions que c'était une position de Daech". Bref, les Etats-Unis ne bombardent jamais ouvertement et clairement l'armée syrienne, ce sont des petits coups bas ponctuels dont on se rend compte après coup de la gravité.

Pendule de Nwton 09/06/2017 21:07

Cher O.G.,
Le réveil de la scuderia vous donne des ailes cabrées... Attention Flavio Briatore vous regarde du paddock........
Bien à Vous

Bertrand 09/06/2017 20:57

bonjour.
hypothèse: les Russes laissent passer ces bombardements ponctuels, les nord-américains jouent au chat et à la souris.
notre hôte vous répondra plus en détail, mais, à part
les 60 missiles de croisière balancés par le Donald le 7 mai 2017, qui n'étaient qu'un one-shot et non les prémices d'une invasion claire par l'US army,

il n'y a que l'attaque des positions en hauteur de l'Armée Arabe Syrienne à Deir Ez-zor en septembre 2016 par l'US airforce en septembre 2016 qui est un véritable acte de guerre clair.
la conséquence de ce raid aérien, c'est la situation critique de l'Armée Arabe Syrienne à Deir Ez-Zor, ils ont subi des assaults qui ont failli être critiques en janvier 2017.

le billet d'Observatus geopoliticus.
http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/09/deir-ez-zoor.html

Observatus geopoliticus 09/06/2017 20:56

@ Michel
Accord tacite entre les deux grands. L'un contrôle le ciel, l'autre fait exprès de violer de temps en temps la bulle anti-aérienne. Aucun des deux ne peut abuser de son pouvoir sous peine de conflagration mondiale.
NB : La politesse, c'est gratuit et ça fait toujours plaisir. On ne me met pas en demeure de répondre à une question, jeune homme. La prochaine fois que vous commencez un message par ces mots, ça sera la sortie de route sans passer par les stands...

Grognard 09/06/2017 19:22

Ah ah OG:

"Hannibal et Napoléon applaudissent des deux mains..."
Copié collé de la manoeuvre d'Ulm avec l'écran de cavalerie de Murat pour tromper Mack.
Les classiques ne se limitent pas à la seule littérature.

Observatus geopoliticus 09/06/2017 21:58

@ La Grive
Encore une fois, les Américains ont inventé ces zones il y a quelques jours... Moi-même qui suis ce conflit presque heure par heure, j'en ai entendu parler la première fois il y a une semaine seulement.

la grive 09/06/2017 21:27

Je sais bien qu'il n'y avait pas d'accord sur la zone d'al Tanf. Ne pensez-vous pas qu'il aurait été utile de le faire savoir à un public plus large que ceux qui suivent les nouvelles du front en direct ? Il y avait là une belle occasion d'exposer les mensonges américains.

Alaric 09/06/2017 20:50

@ la grive

cette image datée du 5 avril et montre très clairement que la zone d'al tanf n'est PAS une zone de désescalade :
https://aa.com.tr/uploads/TempUserFiles/de-escalation-zones-in-syria.jpg

ou encore celle ci du 8 mai : (ministère russe de la défense ) http://syriadirect.org/uploads/editor/source/May2017/0508escalation.png

Lavrov a déjà dénoncé comme non avenue la soit disant zone :
https://southfront.org/lavrov-denounces-us-claims-de-confliction-zone-southeastern-syria/

Observatus geopoliticus 09/06/2017 20:48

@ Grognard
Les classiques, comme les diamants, sont éternels ^^
Mon cher Grognard, vous avez raison de rappeler en creux que les Russes sont très férus d'histoire militaire ; ça peut toujours servir à l'occasion.
Il m'a d'autant moins échappé que Poutine est à Astana que j'ai ai parlé cette nuit même...

@ La Grive
Quelles zones de sécurité ? Apparemment, elles n'ont existé que dans les têtes américaines. Pourquoi voulez-vous que les loyalistes publient quelque chose qu'ils ne connaissent pas ?

la grive 09/06/2017 20:38

Pourquoi les loyalistes n'ont-ils pas publié un plan précis de ces foutues zones de sécurité aussitôt l'accord passé ? Un oubli ? Une clause de non divulgation ? La crainte d'avaliser des frontières définitives ? En tout cas, les américains ont profité de ce flou pour inventer leur propre zone et justifier leurs frappes.

Concernant la nouvelle avancée loyaliste, ce serait surprenant que les américains n'aient rien vu venir. Ils ont des yeux partout dans le ciel et leurs bases du coin doivent être assez bien équipées pour la surveillance.

A mon avis, une présence russe dans l'opération aurait augmenté le coût d'une attaque américaine. Ce nouvel engagement russe est significatif et la température pourrait rapidement monter selon la réaction en face.

Grognard 09/06/2017 20:13

Additif.

OG dans votre post précédent vous avez posé la question à 1000 €.
Je vous cite:
"Ayant de la suite dans les idées, les Américains ont établi une seconde base (2) en territoire syrien, à 70 km d'Al Tanaf, le long du petit bout de frontière irakienne contrôlée par leurs proxies. S'ils comptent jouer au petit jeu des 55 km de sécurité, une réponse russe s'imposera sous peine de voir cette "politique des petits pas" remonter sur toute la frontière."
Personnellement je n'avais pas de réponse.
Je ne voyais pas les forces russe sur place provoquer un affrontement direct avec des troupes US.
Il est évident que les US pratiquent la politique de la surenchère accompagnée d'un t'es pas cap.
La réponse nous l'avons.
Le chef d'état major russe le gal Valéri Guérassimov aime lui aussi jouer avec les blancs.
Je ne sais pas quel nom les Russes ont donné à cette opération.
Pour ma part je ne serai pas étonné qu'ils l'aient baptisée Sotchi.
Il ne vous a pas échappé que V. Poutine est à Astana.
La concomitance des faits n'est certainement pas fortuite.
Déclinaison d'un des 36 stratagémes: Battre du tambour à l'est pour attaquer à l'ouest?

Alaric 09/06/2017 19:03

Ils vont devoir consolider en attendant que les PMU avancent de leur côté de la frontière . Ils ne sont qu'à quelques kilomètres d'un camp américain mais l'EI semble s'être retiré de la zone . Énormes nouvelles ...

Alaric 09/06/2017 21:22

Je n'ai pas prétendu que les amerloques feraient cela, je parlais des pertes matérielles subies par les loyalistes lors des frappes et de l'organisation de l'offensive

la grive 09/06/2017 21:11

Je me suis mal exprimé. La vulnérabilité des milices n'est pas une question de compétence ou d'équipement mais d'image. Il est simplement plus coûteux de s'en prendre à l'armée régulière (surtout l'armée irakienne, officiellement soutenue par les américains). Maintenant, une bonne campagne de diabolisation baisserait encore plus le coût d'une attaque contre les vilaines milices chites.

Observatus geopoliticus 09/06/2017 20:51

@ Alaric
Je ne vois quand même pas les Américains prendre le risque énorme de perdre toute légitimité en bombardant/lançant leurs sbires contre un contingent qui est en première ligne contre Daech.
Ils l'ont fait très partiellement l'année dernière à Deir ez-Zoor et même la MSN à leur service s'en est émue. Et je ne parle même pas de la réaction qui ne pourra être que virulente de Moscou, Téhéran et Bagdad...

@ La Grive
Même réponse que ci-dessus. Quel pourrait bien être le prétexte des Américains à bombarder ouvertement une armée qui lutte contre Daech ? Le risque politique est trop grand.

Alaric 09/06/2017 20:43

Il n'y a pas que des milices dans cette offensive et les hommes du Hezbollah sont de toute façon considérés comme plus efficaces que beaucoup d'unités de l'armée régulière. Les frappes américaines ont quand même détruit du matériel assez lourd (canon antiaérien Shilka , blindé BMP, char T72 ,canon d'assaut Gvozdika ) , sur ce type de terrain plat et désertique l'aviation ne peut que s'en donner à coeur joie .

Seuls des armes type S-300 ou des contraintes politiques (spetsnaz embarqués ) peuvent arrêter l'aviation américaine .

la grive 09/06/2017 20:32

On parle d'avantage de l'avancée des PMU et de la frontière à l'ouest de Mossoul, mais il me semble que la zone rouge autour de la route de Damas s'est déjà élargie cette semaine.

Par contre, je crois que le camp des rouge risque de lourdes pertes s'il ne prend pas certaines précautions. Franchement, les unités de milices seront très vulnérables aux frappes des occidentaux. Est-ce réalisable de recomposer les unités et d'opérer sous la seule bannière de l'armée régulière ?

Pendule de Nwton 09/06/2017 18:48

Cher O.G,

Je crois bien que nous somme arrivés à un des points culminants à la fois de cette guerre mais aussi de la grande recomposition en marche dans la région.

- L'encerclement d'Al Tanf permet de la transformer en coquille vide
- Le Saoud se suicide lui même par son action sur la Qatar car il a plus à perdre que son frère tribal (il pousse celui-ci dans les bras des Iraniens qui n'en demandaient pas tant)
Si on analyse bien, l'Iran à juste sût s'asseoir et s'est laissé porté par la vague que lui a gentillement offert celui qui veut sa perte.
Préparez-vous ce n'est que le début des réjouissances
Bien à Vous

Observatus geopoliticus 09/06/2017 20:40

@ Pendule
C'est exactement ça, mon cher Newton. Quand le vent de l'Histoire va dans votre sens, comme c'est le cas pour la Russie ou l'Iran, il n'y a qu'à s'asseoir tranquillement et se laisser porter, tout en veillant quand même à ce qu'il n'y ait pas de fausses notes.
Le fiston doit être aux anges...