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Chroniques du Grand jeu

Rubicon en vue

7 Octobre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

Rubicon en vue

La tension monte, atteint des niveaux rarement vus depuis la crise des missiles à Cuba et aucun des deux joueurs ne veut plus reculer. L'ours surtout, qui semble vouloir rester droit dans ses bottes et ne plus en partir, tandis que l'aigle virevolte de-ci de-là comme à son habitude, pris entre des courants contraires et attendant le résultat de la prochaine élection qui pourrait décider du chemin sur lequel s'engagera le monde. Temps incertains que nous vivons...

Aux menaces voilées (c'est le cas de le dire) américaines affirmant que "toutes les options sont sur la table", y compris bombarder l'armée d'Assad, Moscou a fermement répondu en envoyant plus de S-300 en Syrie. Poutine ne rigole plus. Le ministère de la Défense russe non plus qui a averti que les avions US pourraient être pris pour cible. La justification est délicieusement tournée : « Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps de déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et qui les a tirés.» En clair : on vous abattra.

Ce matin, l'ambassadeur russe à Washington en rajoute une couche avec un tweet qui en dit plus long que tous les discours :

Rubicon en vue

« Les Etats-Unis se demandent pourquoi la Russie envoie des S-300 en Syrie. Parce qu'on ne sait jamais quel soutien les terroristes peuvent recevoir ». La ligne est excellente et la flèche tombe en plein mille, mettant une fois de plus les Américains face à leurs contradictions.

De leur côté, les Folamour du Pentagone sont en mode rodomontade, avertissant de la possibilité réelle d'une guerre "totale, meurtrière" avec - sans surprise - la Russie, la Chine et l'Iran. L'argument est lui aussi sans surprise et très freudien : ces méchants pays sont agressifs avec nous et veulent nous détruire. L'hôpital qui se fout de la charité... Inutile évidemment de chercher ces déclarations incendiaires dans la presstituée de l'empire : puisqu'on vous dit que l'agresseur, c'est la Russie !

Au même moment, Poutine organise un exercice de simulation d'attaque atomique impliquant 40 millions de personnes et annule l'accord de coopération sur le plutonium (logique puisque Washington n'a respecté à peu près aucune de ses obligations sur l'équilibre nucléaire depuis 15 ans). A ce propos, un analyste russe y voit un ultimatum déguisé de Vladimirovitch à Barack à frites : la coopération reprendra si Washington annule les sanctions anti-russes, paie des dédommagements (!), réduit sa présence militaire en Europe orientale ou encore abolit la loi Magnitsky. Exigences représentatives d'un changement de ton tectonique : l'aigle ne fait plus peur et Moscou lui répondra désormais du tac au tac.

Cette inquiétante escalade s'accompagne heureusement d'anecdotes plus triviales, quoique participant également à la bataille de l'information et de l'image. Ainsi, le pont de Manhattan a vu hier se déployer une énorme banderole avec le portrait de Poutine en "faiseur de paix" avant d'être retirée par la police. Diantre, après avoir, selon la doxa impériale, hacké le parti Démocrate, soutenu Trump, financé les indépendantistes texans et pris parti pour la communauté noire américaine, voilà que Vlad l'empaleur fait sa pub au coeur même de l'empire !

Campagne états-unienne, justement. Paniqué devant la possibilité que Trump arrive au pouvoir et se rapproche de la Russie, le système néo-conservateur fait feu de tout bois. L'on apprend ainsi que Clinton a reçu une semaine à l'avance les questions qu'on allait lui poser lors du premier débat présidentiel. Rien n'est laissé au hasard...

Les faucons sont en plein émoi à mesure que la date fatidique approche, balançant entre l'espoir d'une victoire hilarante et la peur d'un succès du Donald. Si le vacuum actuel, sorte de ni-ni dans lequel les branches de la pieuvre impériale se déchirent presque au grand jour, n'arrange finalement personne, l'avenir est à quitte ou double pour l'empire : la guerre (Clinton) ou le désastre (Trump). Pas de quoi affoler Moscou qui attend tranquillement l'issue...

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Eszwal 11/10/2016 14:27

Plus le temps avance et plus je me dis que les russes ont mis l'accent sur un timing parfait de leurs opérations ! Car les éléctions américaines paralysent l'action des US, ou tout du moins désunissent grandement leurs forces de cohésion.

Grognard 10/10/2016 23:58

Bonsoir Hamilcar Barca

Pour un début de réponse sur les capacités russe:
http://www.ttu.fr/otan-faire-face-deni-dacces/

Hamilcar Barca 11/10/2016 17:10

Bonjour Grognard

Merci pour ce lien très intéressant.

Deux choses: si l'affirmation «Les Russes ne font plus rire» n'est pas le fait d'un journaliste intoxiqué par la propagande US, elle est révélatrice du complexe de supériorité qui régnait dans les états-major Otanesques, parmi des officiers généraux qui pour la plupart n'ont aucun vécu de terrain. Rappelons à ce sujet que le distingué général Joseph Votel, patron du Centcom US, a pour expérience de combat un séjour à Sarajevo dans l'Ifor. Mes amis qui se sont frottés aux Soviétiques par Vietnamiens ou Irakiens interposés n'ont jamais rigolé devant la chute de la puissance militaire soviétique: ils se demandaient simplement quand et comment les Russes relèveraient la tête. Je ne connais personne dans les marines, mais je suppose que les anciens de la guerre froide devaient avoir des sentiments similaires.
Ceci nous ramène à ce que l'on écrivait les uns et les autres à propos des oppositions au sein des forces armées US entre les officiers généraux de terrain, et les faucons ayant fait leur carrière dans les bureaux.

Ensuite, et pour revenir au cas Syrien, l'attaque par l'Empire d'une enveloppe de défense couvrant quelques milliers de km2 n'a rien à voir avec celles couvrant les frontières russes. Je pense que vous en serez d'accord. La saturation des défenses russes par une pluie de missiles de croisère n'est simplement pas concevable.

Bien cordialement

Hamilcar Barca 10/10/2016 21:40

@Wilmotte Karim

Bonsoir Karim

Vous avez tout à fait raison, les S-300/ S-400 sont mobiles mais sont certainement maillés. Pour une raison très simple: si vous avez mettons 100 "hostiles" qui arrivent, chaque station va se voir attribuer un groupe d'objectifs déterminé, et éventuellement va se recaler sur les fuites. En cas de "pluie" de missiles de croisière, j'avoue que je ne sais pas le temps après déplacement qui est nécessaire pour recréer le maillage. Et pour recharger les stations.
Mais encore une fois, je ne crois pas que les S-400 soient capables d'engager des missiles de croisière volant à 50 m d'altitude.

Autre chose que nous n'avons pas évoquée, dans le cas d'une attaque par cruise missiles: faire précéder le lancement massif de ceux ci par une vague de drones lourds, inoffensifs mais épuisant les défenses ("decoys"). Seule contre mesure: dès que les radars à longue portée détecteraient une vague de bombardiers lourds, ou même d'avions multirôle, faire décoller/ ou avoir en l'air des oiseaux supersoniques capables d'aller identifier en visuel ce qui arrive.

In fine, à l'échelle d'un champ de bataille restreint comme la Syrie, je pense que le javelot est plus fort que la cuirasse.

Grognard 10/10/2016 18:20

Au sujet des citations russes des personnels de haut rang ; qu'ils s'agisse de leur ministère des affaires étrangères ou de leur ministère de la défense.
Sans prendre trop de risque, lorsqu'il s'agit de propos retransmis par RT, on peut considérer qu'ils sont fidèles à l'esprit.

Pendant quelques années j'ai participé a raison de 2 journées par mois à des négociations au ministère du travail. A ce niveau les mots ont un sens et du poids.
Je lis les déclarations russes avec une grande attention héritée de cette pratique.
Il en ressort toujours le même sentiment.
Un grand professionnalisme, des mises en garde même proférées sur le style humouristique qui n'en sont peut-être que plus dangereuses pour ceux qui ne savent ni ne veulent les entendre.
Avec cela le sentiment que chaque acteur est à sa place et n'en fait jamais de trop.
L'ours russe est un animal à sang froid.

Observatus geopoliticus 11/10/2016 15:37

Tout à fait, mon cher Grognard,
les déclarations russes apportent un certain vent de fraîcheur par rapport aux discours formatés et à usage uniquement communicationnel qui sont maintenant la norme en Occident. Les Russes disent ce qu'ils font et font ce qu'ils disent, en accompagnant souvent cela d'une pointe d'humour.

Yom 10/10/2016 11:55

Notre hôte nous relaie la citation suivante du ministère de la défense russe :
« Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d'avoir le temps de déterminer les trajectoires exactes d'éventuels missiles et qui les a tirés. »

Mais la suite de la citation, lue dans un article sur RT, n’est pas moins savoureuse :

« De plus, toutes les illusions d'amateurs sur l'existence d'avions "furtifs" feront face à une réalité décevante »

Ambiance …

Hamilcar Barca 10/10/2016 16:58

Bonjour Yom et OG,

Si je puis me permettre, et pour parler d'autre chose que d'avions. J'ai rencontré l"âme russe", ayant travaillé en Sibérie (ère Poutine) et m'étant promené en URSS dans les années 80.

Pour faire bref, les Russes aiment bien l'humour noir qui déstabilise leur interlocuteur, et les guébistes (KGB) n'étaient pas en reste. J'ai pu le constater au cours d'une conversation tout à fait libre, en français (mon russe est minimaliste) et dans un avion, avec un très haut dignitaire de cet organisme, qui était ravi de voir la tête que je faisais quand il m'a fait connaître son appartenance. Et vu la manière dont les hôtesses s'occupaient de lui (et de moi par ricochet), ça n'était pas du flan!

Je m'étais étranglé avec mon verre de blanc de Géorgie quand il avait répondu: "KGB" à ma question sur son métier, et il m'avait dit: "Ah, ah, je vois ... Vous faites partie de ces Occidentaux qui croient qu'au KGB, on a des cornes et des pieds fourchus?"

:-D

Bien cordialement

Yom 10/10/2016 15:33

Je suis ébahi par la teneur « audiardesque » de cette citation, et ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion concernant des citations d’organes officiels russes relayées par RT. J’adore ce côté très direct avec toutefois une certaine élégance (qu’on ne retrouve par exemple pas chez le président philippin, pour faire le lien avec quelques affaires récentes)

Alors, je ne sais pas si cela tient à des propriétés intrinsèques à la langue russe et j’ignore également ce qui peut être perdu ou ajouté lors de la traduction. Il y a peut être tout simplement un petit génie dans les équipes de RT France. Si certains ont des éclairages à ce sujet, je suis preneur.

Observatus geopoliticus 10/10/2016 15:03

Oui, je ne voulais pas noyer le lecteur dans les citations mais la suite ne manquait effectivement pas de sel...

Jean-Pierre 09/10/2016 22:24

J'ai cru lire sur les réseaux sociaux que les
Chinois avaient envoyé en Syrie des navires de guerre , qu'en est il vraiment ?

Observatus geopoliticus 09/10/2016 23:05

Oui, il y a deux ou trois jours, une frégate chinoise aurait accosté à Tartous. Mais il semble que ce soit devenu relativement commun depuis un an.

Observatus geopoliticus 09/10/2016 21:54

Chers amis,
je n'ai pas toujours le temps de répondre à vos commentaires mais je les lis avec le plus grand intérêt. Je dois vous tirer mon chapeau (bien bas) pour la grande qualité de vos interventions. C'était l'un des buts de ce blog : attirer un public cultivé, désireux de réfléchir aux évolutions géopolitiques du monde. Eh bien, je vois avec plaisir que le pari est gagné.
Bien à vous tous !

Hamilcar Barca 09/10/2016 18:45

@Dubitatif

Bonjour Dubitatif

Un Iskander est si je ne m'abuse un missile balistique à courte/ moyenne portée. Sa présence, si elle est confirmée, aurait donc un aspect plus dissuasif (politique) que défensif (militaire). En direction de qui? Les pétro-monarchies? La base US d'Incirlik ou UK d'Akrotiri à Chypre?
Je ne vois pas par ailleurs les Russes pilonner Raqqa avec ce type d'engin.

Alors, mystère.

Bien cordialement

@Wilmotte Karim

Bonjour Karim

Difficile, la phase de descente du cruise missile pouvant s'effectuer, en cas de largage d'un bombardier, hors de portée des S-400. Ce serait donc aux Pantsyr de réaliser les destructions, mais comme je l'écris dans mon post, il ne faut pas que les défenses soient saturées. Et quelle que soit l'efficacité du système, il y aurait forcément des fuites.

Quant aux mesures/contre-mesures/ contre-contre-mesures, brouillage and Co, leur nature et leur efficacité sont parmi les secrets militaires les mieux gardés, et pas grand-chose ne transpire là-dessus. Il faut simplement noter que le système interne de guidage des cruise missiles, qui compare des données enregistrées concernant la topographie de l'itinéraire à celles que fournit le radar de suivi de terrain, parait assez peu susceptible d'être brouillé.

Bien cordialement

@ Simplet

Bonjour Simplet

Vous avez tout à fait raison, et leur présence étire l'enveloppe de défense AA au dessus de la Méditerranée. Maintenant je ne suis pas sûr que cela changerait fondamentalement les choses en cas d'attaque par missiles de croisière. Il en faudrait juste un peu plus ... et un B-52H peut larguer 20 missiles, et un B-1B 24

Quant au S-500, dont les perfs revendiquées sont époustouflantes et effectivement propres à donner des cauchemars au Pentagone, je ne crois pas qu'il y en ait en Syrie.


Bien cordialement

Wilmotte Karim 10/10/2016 19:02

Merci pour votre réponse.

Les S-400 me semble-t-il peuvent aussi être déplacé facilement.
Cela signifie qu'il faut d'abord qu'ils soient identifiés comme cible.

Ensuite, peuvent-ils lancer une partie de leurs engins et puis se redéployer avant que d'être touché?

Enfin, si les S-400 se protègent mutuellement et sont intégrés dans un système global de défense, cela devrait élargir leur capacité de réponse.

(idem je présume pour les S-300).

hoplite 09/10/2016 18:15

cher ami, que pensez vous de ceci (trouvé chez le Saker)?

"Fait intéressant, la semaine dernière, l’agence de presse iranienne Fars a rapporté qu’une telle attaque russe avait déjà eu lieu :

30 agents israélien du renseignement extérieur tués dans une attaque de missile Kalibr russe à Alep :

«Les navires de guerre russes ont tiré trois missiles Kalibr sur la salle des opérations de coordination d’officiers étrangers dans la région de Dar Ezza dans la partie ouest d’Alep, près de la montagne Sam’an, tuant 30 officiers israéliens et étrangers», a annoncé le service en arabe de l’agence de presse russe Sputnik, citant une source du champ de bataille d’Alep qui l’a dit mercredi. La salle des opérations était située dans la partie occidentale de la province d’Alep au milieu de la haute montagne Sam’an et d’anciennes grottes. La région est profondément insérée dans une chaîne montagneuse. Plusieurs officiers américains, turcs, saoudiens, qataris et britanniques ont aussi été tués en même temps que les officiers israéliens. Les officiers étrangers qui ont été tués dans la salle des opérations d’Alep dirigeaient les attaques des terroristes à Alep et Idlib.» "

bluetonga 09/10/2016 20:25

Un journaliste russe, Pavel Shipilin reprend cette info, et élabore sur l'hypothèse que l'événement a bien eu lieu, et qu'il était lui-même une mesure de rétorsion pour d'éventuelles pertes russes dans l'affaire de Deir ez Zor (où les USA auraient bombardé par erreur des troupes syriennes - excuse qui ne semble pas convaincre les Russes, d'ailleurs).
http://www.fort-russ.com/2016/10/is-first-secret-bloody-clash-between.html
Le journaliste suppute donc que le "premier sang" aurait déjà été versé et que l'interruption de l'accord sur le plutonium survient dans ce contexte. En tout état de cause, les occidentaux semblent bel et bien avoir perdu des agents dans le récent tir de Kalibr. Le silence bilatéral des Russes et des Américains sur ces événements, sur lequel s'interroge le journaliste, indiquerait que malgré tout les deux parties chercheraient à temporiser (en vue de négociations ultérieures?). Ou alors tout simplement, il serait trop embarrassant pour les occidentaux (Émirats et Israël compris) d'avouer leur présence aux côtés de jihadistes.

Eric83 09/10/2016 17:43

Les élections aux US sont indissociables des tensions grandissantes avec la Russie et réciproquement. Aussi, le 2ème débat qui aura lieu ce soir entre Killary et Trump risque d'être beaucoup plus mouvementé que le 1er, notamment suite aux "révélations" de ces dernières 48 heures.
Le contenu et les appréciations de ce qui risque d'être plus un affrontement qu'un débat aura des répercussions sur le bras de fer engagé par les US/Russie. Qu'en sortira-t-il ?

D'autre part, pour alimenter le débat qui anime ce fil concernant une éventuelle confrontation entre les US et la Russie, voici un lien vers une analyse intéressante de Ph. Grasset sur Dedefensa :
http://www.dedefensa.org/article/la-question-de-la-possibilite-dun-face-a-face

simplet 09/10/2016 16:58

Cher Hamilcar,
Faisant suite à votre brillante description technique, je me permets de constater deux choses:
- Vous avez fait état d'une éventuelle attaque américaine avec tout ce qu'ils ont dans le coin et le risque qu'encourt les russes de voir passer l'un ou l'autre avion ou missile au travers des mailles.
- Vous n'avez fait aucune mention en ce qui concerne les système s 300 embarqués. Il y a en assez bienleur ou en méditerranée. Encore récemment deux frégates, je crois ont été ajoutées à ce qu'il y avait. Sans compter les submersibles dont nous ignorons la présence.
Ces s 300 naval sont aussi redoutables que leurs frères terrestres.

Ne croyez-vous pas?

Sans compter les défenses S 400, P 1000 et l'éventuelle possibilité que celle des S 500 déjà mis en activité.

Tout ceci qu'à mon humble avis, les gesticulations américaines sont plus en direction de la campagne électorale qu'une menace réelle à l'encontre des russes.

supergoy 09/10/2016 14:38

Pourquoi Trump le désastre?

Kevin 09/10/2016 12:38

Bonjour,
Vous pensez qu'Hillary et les neocons bluffent quand ils parlent de clouer l'aviation russe au sol pour "sauver les habitants d'Alep" (sic)? J'ai vu plusieurs articles dans l'imMonde et des manifs et distributions de tracts dans ma ville pour empêcher Poutine et Assad de continuer leurs crimes de guerres/génocide. Est-ce que l'armée US a le pouvoir de contrer les Mig et les S400, et est-ce qu'elle en a vraiment la volonté? ça ressemble beaucoup à du bluff, mais c'est inquiétant quand même de les voir jouer à ce point avec le feu... Si un avion US est par malheur abattu en Syrie, ça va mettre le feu aux poudres... On sait que les ricains utilisent toujours ce stratagème pour commencer une guerre: "nous sommes les agressés, nous ne faisons que nous défendre". Dans ce contexte, il faudrait qu'Alep soit "pacifiée" avant qu'Hillary soit élue...

Vasco 10/10/2016 20:08

"Tout le monde pioche dans la caisse, mais tout le monde est derrière Poutine, contrairement aux dirigeants US et de l'UE qui se déchirent entre eux. Donc la politique extérieure russe (et chinoise) est beaucoup plus cohérente que la politique US/EU."

La caisse c'est bien ce qui est à l'origine de tous nos soucis géopolitiques. En attendant un changement de paradigme qui se fait attendre.

Kevin 09/10/2016 15:04

Je pense que la corruption au sein de l'administration russe (et chinoise) est encore plus systématique et flagrante qu'aux US ou qu'en UE, mais il n'y a pas de disparité idéologique. Tout le monde pioche dans la caisse, mais tout le monde est derrière Poutine, contrairement aux dirigeants US et de l'UE qui se déchirent entre eux. Donc la politique exterieure russe (et chinoise) est beaucoup plus cohérente que la politique US/EU.

bozi lamouche 09/10/2016 14:37

allez je me lance : personnellement je pense que les us ne bougeront pas ...ça blablate mais ....la vraie décision est entre les mains de Poutine : il a le curseur en main et c'est lui qui fixera les modalités de l'éventuel conflit si conflit il devait y avoir....en gros si il a intérêt à voir l'europe en lambeaux on est mal : les us sont en mesure de se défendre, pas nous...
je n'oublie pas que : les russes et les chinois ne cherchent pas la disparition des institutions internationales...
je n'oublie pas que la corruption au sein des usa est quasi-institutionnelle...
je n'oublie pas qu'il a toujours un coup d'avance...
j'ai beaucoup d'admiration pour pour ce dirigeant c'est pourquoi je le crains bien plus que les us..car les russes n'oublient pas en général.. et surtout pas ce que "nous" leur avons fait entre 1990 et 2000...
Je note que, chaque fois, Poutine a eu les prétexte nécessaire pour augmenter les capacités militaires des troupes en syrie....
bon ça ne vaut que ce ça vaut...

merci pour ces superbes articles...(

Laurent K 09/10/2016 13:54

Je n'ai pas trouvé les chiffres actuels mais en novembre 2015, la Russie avait 69 avions en Syrie (http://www.lecourrierderussie.com/international/proche-orient/2016/10/syrie-russie-bilan-an/). Aucun doute donc que les Américains aient largement les moyens de détruire ce nombre d'avions. Par contre, peuvent-ils le faire sans perte et sans représailles ?

Charles Michael 09/10/2016 09:33

Oh ! Amilcar, le char s'emballe un peu...

Une attaque massive (saturation) US pour briser la détermination Russe ? = Zero possibilité et tout le monde a compris que la Russie ne bluffe jamais.

Quelques incursions pour tester les Défences Aériennes ? c'est déjà prendre un sacré risque et nous attendrons sagement la nomination (ou pas) d'Hitlary et la passation des pouvoirs en Janvier.
Après ça votera dans les gros pays Otaneux et les feux d'artifices ne seront pas bienvenus.

Ah, oui les S-300 installés en Syrie, sur les bases Russes uniquement, sont la version améliorée , je vous laisse chercher les références et spécifications.
Quant au F-22 invisble, oups, les furtives nouveautés sont devenues très visibles.

Madudu 09/10/2016 22:46

Ils sont de très bonne qualité en générale, en effet, mais pas suffisamment néanmoins pour que vous ayez le droit d'épargner votre peine ici !

:p

Hamilcar Barca 09/10/2016 14:51

@Madudu
Merci de ce lien vers le site "the saker" que je ne connaissais pas.
Si tous ses articles sur la Syrie sont de ce niveau, je vais m'épargner la peine d'écrire ici!
:-)

Madudu 09/10/2016 13:07

Un article pour compléter les interventions de nos chers connaisseurs :)

Il me semble qu'il vous rejoint.

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-contre-la-syrie-les-deux-parties-se-dirigent-vers-un-plan-b

Hamilcar Barca 09/10/2016 11:24

Bonjour Charles et merci de votre commentaire

Je n'ai fait qu'envisager les possibilités "techniques" qu'avait l'Empire de percer les défenses air-sol russes mises en place en Syrie, et sans doute n'ai je pas clairement précisé que les conséquences politiques de telles actions les rendaient actuellement peu probables.

Autrement dit, je suis d'accord avec vos conclusions :-)

Bien cordialement

dupontg 09/10/2016 00:57

J'ai l'impression que si des avions F35 dit "furtifs" sont detectés et abattus comme des mouches par les systemes S400 ,c'est l'action lockeed martin qui va s'effondrer avec eux...et ce projet sera definitivement enterré ,ce qui va semer une sacrée discorde parmi les pays participants...dejà que le Canada avait contacté boeing pour echanger des promesses de F35 contre de vrais avions F18..

Furax 08/10/2016 21:34

Hamilcar, votre 3ème hypothèse me paraît trop schématique.

Vous oubliez de la séquencée. Les bombardiers lourds ne sortent de leur planque que quand les américains ont acquis la maîtrise du ciel. Sinon, leur signature radar est tellement énorme qu'ils se font dégommer bien avant d'être à portée de bombardement ou de tir. Je rappelle que le B52 a 60 ans. Le B1 a 30 ans (en fait 40).

Quant au B2, malgré son coût de 2,2 milliards de dollars l'unité, il n'est furtif que sur le papier et dans les films hollywoodiens : les radars français l'avaient repéré et suivi pendant la guerre du Kosovo. Ne doutons pas une seconde que les radars ont considérablement progressé depuis 17 ans.

Pour compléter l'équation, je dirais que l'armée américaine s'est enfermée et enferrée dans une impasse conceptuelle : le technologisme. Faire des machins toujours plus gros, toujours plus complexes, toujours plus coûteux, et qui plus est inadaptés aux conditions de la guerre moderne.

Ils se placent ainsi dans une situation asymétrique à leur détriment.

Car les gros machins lourds mais peu nombreux finissent toujours par être saturés par des petits machins souples et nombreux. Une dizaine de Kalibr et glouglouglouglou ... y a plus de 6ème flotte.

Et cela, les experts du Pentagone ne l'ignorent pas. C'est pourquoi leurs rodomontades bellicistes sont très inquiétantes.

Car de 2 choses l'une.

Soit ce sont des simagrées d'un système politique malade et schizophrène.

Soit ce système politique malade et schizophrène entend vraiment faire la guerre d'une manière dont il croit qu'il peut la gagner, à savoir par une attaque préventive nucléaire.

Wilmotte Karim 09/10/2016 16:58

Les S-400 ne peuvent-ils abattre des "Tomahawk"?

Si la portée d'interception est de 400km, ce n'est pas non plus la portée de repérage.

Par ailleurs, je doute que les troupes russes permettent à des forces spéciales de diriger le tirs sur les systèmes anti-aériens.

Enfin, il faudrait connaitre en détail les capacités de brouillage russe (les "Tomahawk" et les drones sont très pratique... sauf si votre adversaire est en mesure de bloquer vos communication et contrôle l'espace aérien...)

Hamilcar Barca 09/10/2016 11:35

Bonjour Furax et merci de votre réponse,

La portée des missiles de croisière "Tomahawk" emportés par les bombardiers lourds US est de ~1500 km, celle des missiles du système S-400, 400 km. Les missiles de croisière peuvent donc être largués hors de portée des défenses russes en Syrie.

Cela étant, je partage tout à fait votre avis sur la "fuite en avant technologique" qui sévit au Pentagone, et je lis avec intérêt votre analyse des secousses qui agitent l'Empire.

Bien cordialement

Hamilcar Barca 08/10/2016 17:02

@observatus geopoliticus

Le Rubicon est un fleuve bien plus large que ce que l'on peut imaginer...

Je n'ai que de faibles connaissances en géopolitique, ce qui m'a amené sur ce forum pour glaner de l'information non biaisée. Par contre, à partir des situations que vous décrivez, je peux me risquer à quelques opinions vu les forces en présence au Moyen-Orient (Syrie) et aux alentours.

Pour ce que l'on en sait, les Russes ont déployé dans et autour de leurs bases les matériels suivants: batteries de missiles S-300 et surtout S-400 (longue et très longue portée), et ensembles Pantsyr (moyenne et courte portée) qui associent des canons AA de 30mm et des missiles. Le tout forme une "enveloppe" de défense redoutable: les S-400, par exemple, peuvent engager un objectif à 400 km et à 25000 m d'altitude.

Il faut rappeler à ce stade que les Russes ont certainement la meilleure culture de la défense anti-aérienne au monde, forgée dans la protection à tout prix de leur territoire (la "Rodinya" ou Patrie). En d'autres temps et lieux, la "flak" - puisque en argot USAF, ce terme allemand est toujours utilisé - soviétique servie par les Vietnamiens a réalisé des "scores" impressionnants: plus de 400 F-105, avions d'assaut utilisés pour les bombardements du N Vietnam ont été descendus, sur 833 construits (l'appareil n'a été engagé qu'au Vietnam). Le F-4 "Phantom II" a connu des pertes équivalentes, sur l'ensemble du Vietnam.

La situation actuelle en Syrie, vue du côté de l'Empire, n'est pas sans rappeler le Vietnam: que veut-on faire? Frapper l'armée syrienne pour protéger ses alliés islamistes, ou risquer en frappant aussi les Russes une conflagration de plus grande intensité, dont on sait bien comment elle commence, mais jamais comment elle finit.
Là, mon cher OG, c'est à vous que je pose la question. Pour vous éclairer, la situation militaire se présente comme suit.
Pour pénétrer l'enveloppe de défense mise en place par les Russes, qui protège donc l'armée syrienne et ses alliés, il y a 3 options, qui AMHA et dans le cas de la Syrie, ne sont pas associables.

Premièrement, l'assaut par des avions multi-rôles US (et éventuellement pétro-monarchiques). Compte-tenu de ce que peuvent lancer un ou même deux porte-avions US, plus les monarchies, et de que j'ai écrit plus haut, c'est le carnage et la descente en flammes de ces avions, donc le risque de dérapage vers un conflit plus vaste. A vous de dire si l'Empire peut jouer ce coup là. AMHA, non.

Deuxièmement, l'assaut par des avions furtifs, capables de "frappes chirurgicales", associés à des bombardiers capables de pénétration à très basse altitude (<100m). Voir la guerre du Golfe v.1991. Ouimévoilà, les FA-117 ont été retirés du service et dorment dans des hangars, et les formidables FB-111 "Aardvark" (1991, et aussi le raid sur Tripoli en 86) ont été envoyés à la ferraille. Quant aux F-35, ils en sont encore au stade de dire "ba-be-bo-bu"... Probables qu'ils ne seront pas fichus de dire autre chose, mais ceci est une autre histoire. Option impossible.

Troisièmement, le tir massif de missiles de croisière 1) à partir des navires du CBG "VIth Fleet" en Méditerrannée 2) plus de sous-marins d'attaque en Méditerranée 3) plus des B-1 décollant des bases du Golfe Persique et des B-52 décollant de Diego Garcia.
AMHA, imparable. Une pluie de missiles de croisière saturera les défenses AA russes de Syrie et il y aura forcément des fuites. Cette option présente l'avantage d'un coût militaire (perte de vies humaines) nul mais d'un coût politique élevé, les Russes n'ayant d'autre alternative que d'encaisser ou de se livrer à une escalade (frappes sur les navires US ou, si possible, sur les bombardiers stratégiques).

Barack à frites osera-t-il? Je parie un Caram' Bar que non. Par contre, si le conflit syrien perdure après les élections US, la gâteuse parkinsonienne entourée de faucons sera capable de tout.
Là se joue AMHA l'issue de la partie de poker en cours. A moins que Vladimir qui ne joue pas au poker mais aux échecs ait un argument en réserve, mais personnellement je ne vois pas.

Hamilcar Barca 09/10/2016 14:09

@Observatus Geopoliticus

Bonjour OG et merci pour votre commentaire "politique" qui répond aux questions que j'avais posées dans mon post.

Bien cordialement et au plaisir de lire votre prochain billet.

@Madudu
Bonjour Madudu et merci pour votre appréciation.

Votre remarque sur mon schéma d'emploi des options d'attaque aérienne est tout à fait fondée, mais j'avais écrit celui-ci en pensant au coût politique d'une action US sur l'armée syrienne.
Ce que je lis dans les commentaires pertinents des autres contributeurs de ce blog suggère fortement que ces options restent à ce jour du "tableau noir" et qu'on peut raisonnablement penser que l'Empire ne s'y risquera pas.

Bien cordialement.

@Grognard
Merci de votre commentaire.

Effectivement, j'ai quelques vieux amis anciens haut gradés des forces aériennes de trois pays de l'OTAN, mais malheureusement pas dans l'Armée de l'Air française. Comme de surcroît celle-ci communique très chichement à l'international, je resterai coi si jamais nos avions sont impliqués plus avant dans l'histoire moyen-orientale :-)

Je lis votre post sur le faible risque d'une confrontation USA / Russie en Syrie et, comme tout un chacun, je veux croire qu'elle ne surviendra pas, eu égard aux risques de dérapage que tout le monde connait. Mon post ne faisait donc que lister les aspects techniques d'une telle confrontation et, à me relire, je trouve que sa dimension militaire renforce le peu de probabilités d'un choc USA/ Russie à propos de la Syrie.

Pour rester dans ce risque de conflit entre l'Empire et ses opposants, il n'est pas inintéressant de savoir que, dans les revues anglo-saxonnes d'aviation militaires que je lis, les faucons USAF du Pentagone n'hésitent pas à clamer haut et fort que l'Empire doit se préparer à une guerre avec la Chine *, mais aux dernières nouvelles aucun ne parlait d'aller se chicorner avec les Russes pour la Syrie. Comme ce sont des mensuels, il y a forcément un grand décalage entre la conception du n° et sa diffusion, ce qui ne permet pas de prendre en compte les évènements trop récents.

* évènement AMHA hautement improbable vu la puissance de l'arme financière détenue par Pékin, mais tout est bon pour tenter d'inquiéter l'électeur et faire grimper les budgets défense, n'est-ce pas?

Bien cordialement.

Dubitatif 09/10/2016 12:35

@ Hamilcar Barca

Il me semble qu'un Iskander aurait été pris en photo à l'insu de son plein gré à Hmeimim

Grognard 09/10/2016 07:24

Bonjour Hamilcar Barca,

Vous avez vos entrées chez les "gonfleurs d'hélices"?
Vos scénarios sont cohérents mais ce sont des scénarios de riches.

Il reste une option mince je le reconnais mais à ne pas négliger.
Si contrairement à ce qu'ils annoncent les russes ont dans certaines conditions la possibilité d'identifier les cocardes de l'avion?
Je ne parierai pas sur le contraire.

Madudu 08/10/2016 18:49

Vous êtes vraiment impressionnant !

Vous dites que ces trois options sont exclusives les unes des autres, du coup je dois n'avoir pas tout compris.

Pourquoi n'est-il pas possible pour les états-uniens de procéder d'abord à la 3e option, puis à la 1ère ?

Observatus geopoliticus 08/10/2016 18:36

Cher Hamilcar, c'est toujours un régal de vous lire.
L'hypothèse la plus dangereuse est, me semble-t-il, un false flag : un avion humanitaire habillé en avion de combat que les Russes descendront, donnant un prétexte magnifique aux faucons impériaux. Cela pose toutefois plusieurs questions :
1- Barack à frites osera-t-il ?
2- Quelque Folamour galonné prendra-t-il sur lui d'envoyer cet avion, désobéissant au commandant en chef ?
Ensuite, il y a évidemment les retombées politiques et diplomatiques. Pour la première fois de son histoire, l'opinion publique américaine s'intéresse à ce qui se passe en dehors de ses frontières et elle est massivement contre toute aide aux rebelles. Les faucons, qui jusque-là profitaient de l'ignorance crasse des citoyens US pour faire leurs petites magouilles, doivent maintenant tenir compte de ce facteur. Risquer une guerre nucléaire pour défendre Al Qaeda, avouez que ça passe très mal et même le plus goebellsien des propagandistes aura fort à faire pour vendre la chose... Si l'hilarante est élue, pas sur qu'elle risque sa place dans l'histoire pour ça.
Bien à vous

Grognard 08/10/2016 14:32

@ Observatus geopoliticus

"Reste à savoir si l'hystérie occidentale a un but uniquement communicatif (sauver la face devant les opinions publiques et calmer les Folamour qui font pression derrière) ou si, effectivement, elle prépare le chemin à la guerre."

Je pencherai plus pour l'agitation médiatique pour le moment tout du moins.
L'essentiel étant aujourd'hui de comminiquer.

Quant à préparer l'opinion à la guerre ; alors là ce serait une toute autre histoire.
Dans une telle hypothése je parierai sur des manifestations monstres au moins en Espagne et en Italie sur une sortie de l'OTAN.
C'est une chose d'envoyer un corps expéditionnaire au moyen orient ou ailleurs et attaquer une puissance nucléaire avec une riposte garantie.

En ce sens les exercices programmés en Russie sont à emploi:
- valider un protocole
- montrer à la population russe que son sort est pris en compte dans l'équation
- également faire savoir aux populations des pays alliés des USA et aux USA eux même que les russes sont sur leurs gardes.

J'imagine que cela doit cogiter très fort au niveau des commandements opérationnels des unités ayant la capacité de délivrer des frappes.
Tous les galonnés ne sont pas assez cintrés pour vouloir entraîner leur pays dans une guerre pouvant avoir des retombées définitives.

Jehan 08/10/2016 12:39

Votre article fait du bien à lire ! Depuis la rupture du cessez le feu et le retrait des Etats-Unis des négociations l'impression de dégradation sérieuse de la situation est vraiment palpable, et les nouvelles venant de chaque camp montre bien que l'idée d'une guerre est, au moins dans les discours, accepté comme une éventualité possible. Evidemment, les seules évocations de cette situation dans nos médias subventionnés se limitent aux "bombardements russes des civils d'Alep" et autres accusations de "crimes de guerre".

Dans cette logique, il me paraît clair, les manoeuvres diplomatiques de ces derniers jours du côté occidental n'ont d'autre but que de chercher à accumuler les motifs d'accusation et les éléments à charge à l'encontre de la Russie afin de pouvoir les appliquer aux opinions publiques occidentales désinformées le moment venu. En effet, quelle personne sérieuse pourrait croire à la sincérité du projet de résolution français à l'ONU, quand on voit quels propos a tenu JM Ayrault avant sa rencontre avec S. Lavrov à Moscou ! On aurait voulu obtenir un veto russe qu'on ne s'y serait pas pris autrement. La Russie a d'ailleurs bien vu la manoeuvre, puisqu'elle s'est empressée de lancer son propre projet de résolution concurrente. Au passage, cela confirme si besoin en était que la diplomatie française est totalement téléguidée par l'américaine, utilisée comme relai bien pratique quand le besoin s'en fait sentir.

La guerre a souvent été par le passé un commode dérivatif aux problèmes intérieurs, en particuliers économiques, et Dieu sait que nous sommes concernés par la question aujourd'hui ! Si la Russie a de nombreuses cartes en main à présent, elle ne doit pas faire l'erreur de trop acculer l'Empire, car il semble que de nombreux responsables US, y compris dans l'armée maintenant, semblent estimer que leur pays aurait moins à perdre dans une confrontation avec l'Ours et ses alliés que dans un renoncement irrémédiable à son influence au Moyen Orient (et donc sur le Monde, puisque vous nous rappelez justement l'importance cruciale de cette région à travers les pages de ce blog). Je pense que Poutine fera le nécessaire, son efficacité diplomatique n'est plus à prouver, c'est seulement la période du climax des tensions qui s'annonce qui m'inquiète, quand on sait aujourd'hui de quelle façon le Monde est passé à un cheveu de la catastrophe nucléaire en 1962 ou encore en 1983. Ne reste donc plus qu'à espérer qu'aucune tête brûlée, dans l'un ou l'autre camps, dans un bureau ou dans un bunker, ne cherchera à frotter l'allumette au pied de cet amoncellement de barils de poudre.

Eric83 08/10/2016 14:43

@ jehan et observatus
Au vu des informations qui nous sont délivrées, notamment sur ce site, la Russie réagit lucidement mais fermement et sans chercher l'escalade, aux invectives et agressions des US et de ses sbires.

A l'inverse, les US provoquent et sanctionnent la Russie et cherchent manifestement l'escalade en la poussant à la "faute". Nombre d'interventions médiatisées récentes de hauts-gradés US favorisent clairement l'escalade militaire.

Dans ce contexte de tension croissante, les dernières déclarations US concernant un "hacking" de la Russie du système électoral US me semble d'une grande gravité.

La propagande anti-russe va crescendo depuis des mois et une atteinte au vote, sacrilège dans "la plus grande démocratie du monde" - "savamment" médiatisée même si elle est totalement fausse - peut/pourrait faire avaler au peuple américain que ces "cyberattaques" pour fausser les élections US conduisent le gouvernement à se défendre... en agressant militairement la Russie.

A l'inverse des conflits au Proche-Orient, les élections US touchent personnellement chaque citoyen et à mon sens, les US en train, par ce biais, de manipuler l'opinion publique pour lui faire accepter un conflit militaire avec la Russie. ( Comme, par exemple, en 2003, les allégations sur l'Irak ou en 2011, celles sur la Libye ).

Sur le volet politique intérieure des US, un hypothétique, mais médiatisé, "hacking" de la Russie du système électoral US - absolument invérifiable par le peuple américain - pourra servir d'argument pour contester le résultat des élections si Trump arrivait en tête le 8 novembre. Après ???

Observatus geopoliticus 08/10/2016 13:13

Vous parlez d'or, cher Jehan. Et il est rassurant de voir que le public éclairé ne se laisse pas prendre au bourrage de crâne médiatique.
Reste à savoir si l'hystérie occidentale a un but uniquement communicatif (sauver la face devant les opinions publiques et calmer les Folamour qui font pression derrière) ou si, effectivement, elle prépare le chemin à la guerre.
Très cordialement et au plaisir de vous lire.

Ady85 08/10/2016 11:23

Observatus : Que penses-tu d'une info que je vois circuler depuis hier (pas sur les médias mainstreams bien sur), selon laquelle les Spestnaz seraient présents au Yémen depuis cet été, et qu'ils auraient tirer un missile contre un bateau de la marine Emirati ?

Ady85 08/10/2016 12:11

OK merci pour la réponse.

Ca vient du site de Meyssan. Je me méfie un peu avec ces infos en général..

Observatus geopoliticus 08/10/2016 12:03

Bonjour Ady,
ces dernières années nous ont appris que tout était possible mais, personnellement, je n'y crois pas. On note depuis quelques mois un rapprochement certain entre Moscou et Riyad, notamment sur la question du gel de la production pétrolière pour faire remonter les prix. L'accord OPEP d'il y a quelques jours est en fait un accord Russie-Arabie saoudite : http://oilprice.com/Energy/Energy-General/The-Resurrection-Of-Putin-What-It-Means-For-The-Oil-Markets.html
Est-ce que Poutine prendrait le risque de faire capoter cela en envoyant des forces spéciales au Yémen, et pour défendre quel intérêt stratégique en plus ? Ca paraît invraisemblable.

Louis 08/10/2016 10:21

On ne comprend pas bien, dans vos articles par ailleurs très intéressants, quel est l'intérêt des Etats-Unis à mettre le boxon au Moyen-Orient.

Récemment vous révéliez la présence probable d'officiers israéliens dans les rangs des 'djihadistes modérés'. Ceci ne serait pas étonnant : ils ont dit et redit ces vingt dernières années qu'ils souhaitaient abattre les Etats forts de la région, seuls à même de les inquiéter ou de les concurrencer.

C'est même leur principale objectif depuis les attaques des Etats voisins qui auraient pu faire disparaitre l'état d'Israël entre 1946 et le début des années 70.

La Syrie d'Assad était un article de choix. L'Irak de Saddam également.

Pour cela, on ne s'étonne guère qu'ils se servent de leurs extraordinaires relais aux Etats-Unis (voir http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/03/la-charge-de-netanyahou-contre-la-politique-d-obama-envers-l-iran_4586828_3218.html ou https://www.federalreserve.gov/aboutthefed/bios/board/fischer.htm).

Mais quel est l'intérêt des Etats-Unis à foutre le boxon dans la région ? Quel but précis recherchent-ils ?
Une guerre, ça coûte cher, c'est risqué.
Vous parlez tout le temps des Etats-Unis mais vous n'explicitez pas vraiment cela sur votre blog.

Grognard 08/10/2016 13:59

@ Observatus geopoliticus
Bonjour,
J'ajouterai que pour les USA c'est aussi une question du sacro-saint leadership.

Observatus geopoliticus 08/10/2016 10:30

Vous plaisantez, Louis...
Précision d'abord : je n'ai jamais parlé d'officiers israéliens parmi les rebelles, vous devez confondre avec le commentaire d'un lecteur.
Quant aux Etats-Unis, ils ne mettent pas le boxon pour mettre le boxon, ils luttent pour leurs alliés et leurs intérêts stratégiques et contre leur bête noire russe. En Syrie, il s'agissait d'aider Riyad, Doha et Tel Aviv en cassant l'arc chiite + de couper le robinet à gaz russe vers l'Europe en soutenant le méga projet qatari de pipeline devant passer par un sunnistan nouvellement créé. La Syrie participe donc pleinement du Grand jeu.
Bien à vous

bluetonga 08/10/2016 09:51

Partie de poker très serrée, qui va demander à voir le premier ? Le Saker US fournit tout un éventail de scénarios possible, du statu quo au conflit nucléaire : http://thesaker.is/russian-options-against-a-us-attack-on-syria/ Le fait est que celui qui baisse les yeux va beaucoup perdre en crédit, et que si l'Oncle Sam se dégonfle, il va pouvoir ranger son étoile de shérif du monde au fond du tiroir et retourner à son potager (conformément aux aspirations de très nombreux américains, soit-dit en passant). Mais l'oligarchie qui s'engraisse de la guerre ne l'entend certainement pas de cette oreille et il est à craindre que la nation exceptionnelle, qui ne connaît et ne respecte que la force, n'envisage aucune autre solution. Maintenant, une guerre mondiale, ça ne va certainement pas être populaire auprès du public américain, et vu leur niveau de confiance en leurs propres médias et politiques, Washington va devoir faire preuve d'imagination pour faire basculer l'opinion. Malheureusement, les spin doctors sont très doués à torcher la réalité. La recette qui risque de mieux marcher : les rouskis et les chinetoques disent qu'ils peuvent nous mettre la pâtée. C'est ce qu'on va voir. C'est le ton que prennent les déclarations officielles dernièrement.

Observatus geopoliticus 08/10/2016 10:34

C'est exactement ça : qui jettera l'éponge en premier. Mais au départ, les Etats-Unis ne sont pas obligés de demander à voir et les petites têtes washingtoniennes peuvent très bien décider de ne pas aller plus loin. Poutine trouvera un moyen d'éviter de leur faire perdre la face.
NB : J'ai effectivement lu cette excellente analyse du Saker.

Charles Michael 08/10/2016 08:05

Il est bon de garder ce ton légèrement badin face à une situation excécrable, donc Merci Observatus geopoliticus.

Je garde cependant un certain optimiste sur les risques d'escalade en Syrie et je ne vois guère de possibilités de transfert sur le front européen même sur la ligne Ukraine.
Le verbiage reprend la main; notre Hérault en tête d'affiche assis sur les genoux de Kerry, pour une motion humanitaire à l'ONU.
Ces mauvais joueurs Rouskies prétendent en proposer une autre.

tant que l'affrontement se fait à coup de motions et papelards nous sommes bien chez nous à l'ombre des bananiers.

Pendant ce temps à AlepEst, les forcenés fondent au chaud soleil...

Observatus geopoliticus 08/10/2016 10:42

Attention, vous allez encore vous faire qualifier d'optimiste incurable hé hé.
Logiquement, ça ne devrait pas déraper, mais certains événements sortent du domaine logique depuis quelques temps, tout spécialement du côté US : la réaction hystérique, le quitte ou double désespéré qu'ils montrent après avoir pourtant été pris en tort (rupture du cessez-le-feu) laisse rêveur...

theuric 07/10/2016 23:51

La Bombe économique serait, pour les Etasunis, tout autant destructeur que la bombe atomique, sachant la quantité de bons du trésor U.S. que détiennent la chine et la Russie.
En mettre une grande quantité sur le marché, c'est vrai, pas celui de Brive la Gaillarde, et le dollar s'en retrouverait occis.
D'autant plus en ce moment, où des craintes sur des banques européennes, dont la Deusche Bank, la mastodonte allemande, celle vers qui convergent bien des regards anxieux, peut-être, d'ailleurs, pour que personne n'observe la situation de celles de chez Tonton Sam, des craintes, dis-je, commencent à angoisser beaucoup d'économistes.
De l'angoisse à l'affolement, le pas n'est pas bien loin, puis de l'affolement au sauve-qui-peut général, juste un léger glissement de pied supplémentaire suffit.
Certes, notre cher Oncle Sam vota, par sa députation, que son pays ne rembourserait pas son dû, ces fameux bons, si il se retrouvait dans une situation économique critique.
Mais ce type d'annonce pourrait bien pousser les acteurs du marché, non plus celui de Saint-Flo, à paniquer, ce qui, parait-il, serait d'un lieu commun dans ce milieu, une douce habitude.
Et qui dit panique, dit l'économie mondiale en arrêt syndical et, ce, pour un temps indéterminé, en grève illimité, la globalisation heureuse.
Il est vrai aussi que les plus grands détenteurs de ces fameux bons, ce sont les séoudes, sous forme de pétrodollar, mais paraît-il qu'ils les vendent, n'ayant plus assez d'argent pour assurer leur train de vie, leur tableau de châtelain, en quelque sorte.
Et oui, même si ils auraient un petit peu augmenter leur production, le pétrole se vend moins, la désindustrialisation est passé par là.
Les autres producteurs de matières premières se trouvent tous dans une situation similaire, c'est ce qui m'a fait dire que le problème est industriel et de populations appauvries, et non pas de surproduction quelconque.
Alors, même si l'Arabie heureuse fait du chantage au dollar, les chinois et les russes pourraient en faire tout autant.
Vous voyez un petit peu où tout cela ne colle pas?
Où se situe la cassure de logique?
Parce que dès que l'économie mondialisée aura flanchée, les U.S.A. pourraient fort bien se retrouve totalement paralyses en très peu de temps, en cela quelques heures ont été possiblement pronostiqué, en fait, personne n'en sait rien.
Mais plus le temps passe, plus les déséquilibres augmentent et plus s'écourte le temps mit pour que le système flanche.
Quand à moi, je pense qu'il est même possible pour qu'internet ralentisse, voir s'arrête, vous voyez le tableau, je me suis laissé lire que les paiements par carte bancaire se retrouveraient aussi forclos.
En fait, tout est possible puisque nous nageons en plein inconnu.
Ceci pour vous expliquer les raisons qui m'ont fait me demander pourquoi les instances dirigeantes U.S. agissent ainsi à l'encontre, même pas de l'intérêt de leur population, mais bien à celui du leur propre.
Parce que, dès que toute l'économie aura flanchée, ce sera bien l'ensemble des fortunes qui n'auront pas été transformé en biens tangible, ors, terrains, habitations à louer et autres, mais seront restées sous forme de monnaie, même papier, qui disparaîtront définitivement.

Observatus geopoliticus 08/10/2016 00:04

Je ne sais pas si Overblog a un problème technique mais beaucoup de réponses à des commentaires se retrouvent au mauvais endroit. Voici donc le copié-collé du commentaire de Simplet qui suivait celui de Theuric :

Le nombre de milliards de dollars donne le tournis. Sont-ils encore vraiment en position de payer tout cela? Rien n'est moins sûr. L'équation à résoudre: tenir un dollar vivant et rester monnaie du monde. Et là, cela sent plutôt le sapin. Il n'a plus que sa réputation et les réserves de change encore importantes de certaines puissances. Beaucoup de pays se désengagent et se tournent vers d'autres valeurs tangibles. Le dollar se révèlera être ce qu'il est : un bout de papier dénaturé par la vanité et la cupidité. On peut s'attendre à tous moments à un défaut américain. Un vrai défaut, pas comme le dernier en annulant l'étalon or. Comment des sociétés capitalistes, dans un système mouru, accepteraient d'être payées avec du papier à recycler? Ces projets pharaoniques ne pourraient dès lors qu'être réalisés en temps de guerre. Réquisitionnées. Y sommes nous déjà?

Ils sont très mal là aussi, les néos de que vous voulez.

Jiji 07/10/2016 21:07

On s'entraîne pour le grand choc : http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/10/07/la-16947.html

Observatus geopoliticus 07/10/2016 21:35

Oui, j'avais lu ça. Ceci dit, ils essaient leurs nouvelles bombes et il ne faut peut-être pas y voir plus que ça.

theuric 07/10/2016 19:59

Hier au soir, fumant ma cigarette, j'ébauchais, dans ces volutes de tabac, la notion de "structure doctrinale", qui serait une forme de croyance.
Ce serait le cadre idéologique, plus ou moins étroit ou vaste, autour duquel s'élaborerait la doctrine politique, religieuse, artistique, scientifique et autre..., individuelle et/ou collective, d'une personne ou d'un groupe, pouvant s'étendre à la majorité d'une société (poil au choix, nez ou pied, si ça fait rire, poêle à frire) .
Partant de cette idée, je me suis demandé ce qu'il se passerait si une situation donnée mettait au jour les limites de cette structure doctrinale.
Le déni serait, bien entendu, en première réaction, ensuite suivraient tous les phénomènes de deuil, de la colère à l'abattement, dus aux ruptures conceptuelles que cela génère (allez donc chercher des poils à génère).
Je me demande si, ce qu'il se passe dans les instances dirigeantes de l'empire, ce ne serait pas de l'ordre d'un processus de ce type, puisque pour eux c'est l'ensemble de toutes leurs croyances qui partent en ce moment en fumée (empire qui, auparavant, fit un tel tabac):
-La Russie et la Chine ne sont plus ces pays cacochymes d'antan et font montre, tout au contraire, une puissance et une vigueur inconnues il n'y a que dix ans de cela;
-Le néolibéralisme des néocons (délicieux mot) démontre jour après jour ses incohérences en plongeant les nations et les peuples dans la misère, pire même (pour eux, bien sûr), mettant en cause l'existence même du dollar et de leurs propres fortunes;
-Les populations sous leur coupe tendent à s'en libérer, chacune suivant ses habitus et à leur rythme (je ne sais pas pourquoi, mais j'aime bien écrire ce mot, peut-être en raison de son étrange complexité, et au scrabble, mazette);
-Les insignes et mortifères faiblesses des U.S.A. deviennent évidentes pour tous, enfin presque, il en est bien qui, ici et là, rêvassent encore de son Amérique à lui, plus encore aujourd'hui qu'hier à mesure que ce si bel et grand empire s'enfonce dans l’abime (pas de poil, chauve qui peut);
-Évidentes tout autant pour les oligarques éreintés de ce Tonton Sam exsangue pataugeant dans la démente exaltation guerrière d'une vieille guerre froide ne renvoyant plus à une quelconque réalité mais juste à leur tentative futile, vaine et hallucinatoire de reconduire le monde à un passé passé qui fut l'instant de leur puissance, richesse et raisonnable morale, petite morale mais morale tout de même.
C'est ce débilitant hybris dû à ce monstrueux deuil que doit accomplir cette oligarchie perdue au-dedans de sa fin de règne qui nous fait courir ces risques immenses.
C'est cela qui leur fait suivre leur dangereuse passion.
Mais je ne sais pas, mon intuition me susurre (avez-vous remarqué la drôle d'orthographie de ce mot?) que ce risque n'en serait pas vraiment un, mais juste les derniers tressaillements de la bête agonisante qu'est cet empire ultime expirant, un râle plus qu'un cri, un dernier souffle plus qu'une respiration.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 21:41

Intéressant comme toujours, cher Theuric, mais il me semble que vous oubliez une chose et qui est la raison d'être de ce blog : le Grand jeu. Il est vital pour l'hégémonie de plus en plus partielle des Etats-Unis qu'ils isolent la Russie et divisent l'Eurasie. Qu'ils s'y prennent mal, qu'ils commettent bourde sur bourde, d'accord. Mais leur logique de fond est rationnelle et je ne crois pas qu'ils faille les psychologiser à outrance.
Bien à vous

Loic 07/10/2016 19:48

Les américains ne l'ont pas fait en 2013 (la fameuse ligne rouge...), pourquoi le ferait-il maintenant ? Ils se coucheront comme d'habitude et les russes ne prennent pas grand risque à marquer leur territoire tel un matou en rut.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 21:32

Hoplite ayant répondu au mauvais endroit, je me suis permis d'effacer son commentaire et de le copier-coller ici :

"pourquoi le ferait-il maintenant ?"

peut-être parce qu'ils considèrent ("ils" désignant le parti de la guerre de l'état-profond US) peut-être que s'est ouverte une courte fenêtre de tir qui ne se reproduira pas de sitôt si Trump est élu. Clinton (dont il semble qu'elle connaissait les fameuses questions du débat un mois avant?) semble mal en point à tous points de vue et une escalade militaire avant l'élection US aurait l'avantage de mettre un Trump devant le fait accompli et l'obligation d'endosser le costume de chef de guerre (qu'il ne semble pas souhaiter) et de parer une possible défaite de Clinton et de ses faux-cons..

Eric83 07/10/2016 19:02

"Le ministère de la Défense russe non plus qui a averti que les avions US pourraient être pris pour cible".
Il semble que le recul systématique pris par la Russie permette d'apporter des réponses proportionnées mais graduelles aux invectives et agressions désordonnées US dans le conflit syrien.
Cependant, l'annonce que tout engin volant identifié comme agresseur des forces loyalistes syriennes sera détruit met la Russie au pied du mur.

J'espère me tromper mais je crains fort que les US ne "saute" sur cette "aubaine" de provoquer les Russes, de tester d'une part, si les Russes font ce qu'ils disent et d'autre part de tester l'efficacité des S300... tout en faisant porter aux Russes la responsabilité de l'escalade que les néocons auront provoquée.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 21:29

C'est effectivement le risque, Eric. Un journal moscovite en parlait d'ailleurs aujourd'hui, repris ici : http://www.independent.co.uk/news/world/europe/russia-nuclear-war-us-syria-warning-world-war-3-moskovsky-komsomolets-a7349686.html

Pierre Bourdon 07/10/2016 16:20

Il ne manque que les révélations de Wikileaks pour faire disparaître Clinton de la course

Grognard 09/10/2016 13:28

Me pire n'est jamais sur dit le proverbe.
Pourtant il est en bonne voie de se produire.
Si sieur Trump a fait fortune dans l'immobilier ; Il semblerait que sa marotte soit la cuisine vu la batterie de casseroles qu'il trimballe.
Il faudra du très lourd pour sortir Clinton de la course.

Ady85 08/10/2016 22:30

Je dis que ça fait pschiit car les révélations sont inaudibles aux oreilles des Américains, ou tout du moins de la majorité d'entre eux, car les médias US n'en parlent pas , sauf FOX NEWS.

Le seul moyen serait que Assange sorte vraiment du très très lourd afin que ça fasse changer les choses, mais pour l'instant, pas grand chose qui puisse faire basculer l'élection en faveur de Trump.

Observatus geopoliticus 07/10/2016 21:27

Oui et non, Ady. Ca vaut ce que ça vaut mais le sieur Assange a dit qu'il gardait ça pour plus tard.

Ady85 07/10/2016 18:50

Cette histoire à fait pschiit l'autre jour...