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Chroniques du Grand jeu

OTAN ne pas aller trop loin

19 Juin 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Europe, #Russie

OTAN ne pas aller trop loin

Les Etats-Unis font feu de tout bois en ce moment. Nous reviendrons en détail sur cette inquiétante évolution, peut-être due à la perspective de l'élection de Trump et la fin de l'âge d'or de l'interventionnisme. Toujours est-il qu'en Europe de l'est, l'OTAN prend un ton offensif et multiplie les provocations à l'égard de Moscou sous couvert, bien entendu, de lutter contre "l'agression russe" (défense de rire).

A tel point que cela a entraîné - fait extrêmement rare - une cinglante critique du ministre allemand des Affaires étrangères contre l'organisation militaire dont il fait pourtant partie. Frank-Walter Steinmeier s'est lâché contre le "bellicisme" de l'alliance atlantique :

"A l'heure actuelle, on ne doit pas aggraver la situation par le cliquetis des armes et une rhétorique guerrière. Celui qui pense que les parades militaires symboliques de chars à la frontière Est de l’OTAN favorisent le climat de sécurité, se trompe".

Paroles de simple bon sens mais qui mettent au jour de profondes fractures au sein du bras armé US entre les hystériques balto-polonais soutenus par les Anglo-saxons et la "vieille Europe" un peu plus réticente à servir de chair à canon.

Ces déclarations font suite à l'étonnante réaction du Premier ministre bulgare le 16 juin. Boyko Borissov est pourtant un bon petit soldat du système impérial, formé aux Etats-Unis, ayant torpillé le South Stream sur demande US et contre les intérêts de son pays. Mais jeudi dernier, il s'est opposé tout net à la création d'une flotte otanienne de la Mer noire et a exclu la participation de Sofia.

Deux désaveux en deux jours pour l'OTAN, c'est ce qui arrive quand on pousse le bouchon trop loin.

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fatie18 21/06/2016 11:31

Bonjour

Si l'on essaie de prendre un peu de recul par rapport à la série d'évènements auxquels nous assistons depuis ces dernières années, force est de reconnaître que nous vivons un remake de la Guerre Froide. La bonne vieille guerre froide, que nous croyions morte et enterrée. Une sorte de Guerre Froide 2.0
Tout y est : opposition entre le bloc atlantiste et la Russie, menaces tonitruantes, montée aux extrêmes et même, tout au moins jusqu'ici, gestion des crises en-dessous du seuil nucléaire.
Il semble que le retour de la Russie post-communiste sur la scène internationale, en tant que grande puissance, et la restauration de son appareil militaire coïncident avec ce regain de tension, une sorte d'emballement, si l'on en juge par la série de crises ouvertes qui se succèdent et dont les développements à venir présagent de nombreuses complications : crise ukrainienne, manoeuvres des pays de l'OTAN en Pologne, projet de déploiement des blindés de l'OTAN dans les pays baltes et de défense anti-missiles en Roumanie et en Pologne, survols agressifs de navires américains par des chasseurs russes.
Ce qui signifie que nous assistons par la même occasion à une sorte de retour, en grande pompe et à une vitesse Grand V, de l'Histoire, la vraie, l'histoire au sens classique du terme. Celle qui avait été enterrée par FUKUYAMA.

fatie18 22/06/2016 02:07

Bonsoir Observatus
Comme vous le savez cela ne fait pas longtemps que je suis les chroniques, je ne connaissais donc pas l'existence de cet article, dont je vous remercie d'avoir noté l'url et qui m'a l'air fort intéressant et fort instructif. Certainement qu'il y a des enseignements à tirer de la guerre du Peloponnese. Et je suis sure qu'il doit y avoir d'autres pépites de ce genre.
Je ne peux pas le lire maintenant car je suis déjà en retard de 2 ou 3 articles à lire absolument, surtout le dernier yéménopause. Mais je le garde sous le coude pour les vacances qui ne sauraient tarder. A lire sous un parasol, à la playa, face à la grande Bleue.
En faisant défiler le mois de juillet 2015, j'ai pu remarquer qu'Erdogan était vraiment votre tête de turc préférée.

Observatus geopoliticus 21/06/2016 16:18

En bon intellectuel, Fukuyama était à l'ouest, ce qui ne surprendra pas.
Grand jeu ou Guerre froide 2.0, c'est du pareil au même. Rien de nouveau sous le soleil, l'éternelle opposition entre puissances maritime et continentale existait déjà il y a 25 siècles : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/07/guerre-du-peloponnese-et-guerre-froide-2-0.html
Bien à vous

Clara 20/06/2016 11:32

Le titre est excellent !

MBM 20/06/2016 19:03

@ Lithan
Observation de Montaigne : "De même que notre esprit devient plus fort grâce à la communication avec les esprits vigoureux et raisonnables, de même on ne peut pas dire combien il perd et combien il s'abâtardit par le commerce continuel et la fréquentation que nous avons des esprits bas et maladifs".

Lithan 20/06/2016 16:09

OTAN-cule aurait été bien plus rigolo :)

Jean 19/06/2016 22:13

Ils commencent à ouvrir les yeux, pas trop tôt

Chris 19/06/2016 12:51

L'attitude de la Bulgarie se comprend d'autant mieux (pas seulement l'image touristique !) que son voisin, la Roumanie, vient d'installer le bouclier ABM US, faisant du pays une cible de choix. Mikhail Vaeli, ambassadeur de Russie à Copenhague, a récemment déclaré que tous les pays qui rejoindront le système antimissile américain en Europe deviendront automatiquement les cibles des missiles balistiques russes.

Le message a été reçu ! Les US construisent un nouveau "mur" avec ardeur... Complètement frappés !

Pierre Bourdon 19/06/2016 09:10

Nous approchons de la fin de manda d'Obama et son maître à penser sur le plan géopolitique est le vieux sénile Zbigniew Brzezinsk, peut on penser ou espérer que le prochain chef d'État américain s'éloigne de sa politique étrangère ? Pour Trump, je crois que oui, Clinton, c'est mois sûr.

MBM 19/06/2016 23:25

A condition d'encore croire qu'un élu à un poste clé puisse s'y asseoir "démocratiquement". Il existe, ce que l'on apprend que trop
rarement, qu'un candidat passe devant une sorte de commission
officieuse pour être submergé de questions sur sa crédibilité en
tant que candidat et ses aptitudes pour la gestion formelle du
poste sollicité car pour le côté technique on lui adjoindra
d'autorité une équipe qui aura à répondre de l'administration
durant son mandat devant cette si discrète commission. C'est lors
de cet interrogatoire à huis clos qu'il apprend le rôle exact qui
lui sera assigné et sur la primauté de son talent pour interpréter
la pièce que ces scénariste/réalisateur/régisseurs ont programmé
à l'affiche. J'ignore quel peut être la composition de cette
commission mais je présume qu'il doive s'agir d'une sorte de
groupement de DHR, représentant chacun et chacune un lobby
industriel, la finance et la banque, les syndicats (notamment des
camionneurs), etc. Tous chefs d'Etat ou de gouvernement y sont
passés - même le Général dont tout le monde admire la pseudo
indépendance par rapport au Système, pourtant personne ne
s'interroge sur la volonté discrète d'être secondé notamment par
un Pompidou alors que d'aucuns se souvient volontiers que
De Gaulle tint des propos amers sur la haute finance et les
banquiers qui servaient un mondialisme totalement dérégulé et leur
origine juive pour certains - mais cela n'est pas l'apanage exclusif
des Etats-Unis mais bien du système démocratique ou tout est
scellé avant la comparution du candidat à la fonction. Dans les
régimes démocratiques, le fonctionnement est le même. Celui qui
pense que les urnes changent quoi que ce soit est crédule ou
manque de formation. Cet ordre des choses remontent à la
civilisation sumérienne qui institua, déjà trois millénaires avant
le Droit romain de l'empire, le tout premier Code civil qui
deviendra Droit romain, puis code napoléonien. Cet ordre des choses
règle les différents codes sensés maintenir les différents
équilibres entre les composantes sociales et les institutions et
entre les individus pour la stabilité de la société. On imagine donc
toute la logique qui veuille que cette stabilité ne se dérobât jamais
au Système qui stimulera incessamment l'inquiétude du dérapage. De
cette logique, nous comprenons donc que les milieux économiques et
industriels se préoccupent des politiques qui les concernent d'où
les lobbies. Le système ne peut s'effondrer malgré certains
énergumènes qui s'évertuent à convaincre la masse de son effondrement.
Le Système est unique et le restera tant que l'homme existera. Si
l'on fantasme sur au moins une réforme, c'est mal connaître la nature
humaine. Ce n'est pas très encourageant mais c'est la vie dans une
société et cela depuis l'antiquité et la première civilisation au monde
qu'engendrèrent les Sumériens. Ne nous décourageons pas, il reste l'opéra.

Furax 19/06/2016 12:07

Clinton est beaucoup belliciste qu'Obama. C'est une faucon parmi les neocons.

Si elle est élue présidente, ce sera la guerre ou bien un complot intérieur pour l'empêcher de faire sauter la planète. Ne pas oublier que les USA ont une longue tradition d'assassinat politique qui n'a été suspendue qu'au début des années 1970.

Côté Trump, c'est très clair. Il n'est pas seulement opposé aux neocons bellicistes. Ce n'est pas un isolationniste mais un kissingérien-nixonien en matière de politique étrangère. Autant dire de la bonne vieille diplomatie traditionnelle basée sur les notions d'équilibre et de négociation pour stabiliser.

J'ajoute qu'il commence à se dire que Trump pourrait se choisir comme colistier le général Flynn Flynn, ancien patron de la DIA dégagé par Obama et les neocons parce qu'il s'opposait à leurs saloperies avec les djihadistes, les turcs et saoudiens et parce qu'il est partisan d'une entente avec la Russie.