Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques du Grand jeu

Etonnante nouvelle

13 Juin 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Gaz

Etonnante nouvelle

D'après le site israélien Debka, proche des services et généralement bien informé, la Russie et Israël prévoient des exercice militaires conjoints en Méditerranée. Cela aurait été décidé lors de la dernière des nombreuses visites de Bibi la terreur à Moscou, il y a six jours. Stratégiquement, le Kremlin enfonce un coin supplémentaire entre Tel Aviv et Washington, dont les relations sont loin d'être exceptionnelles depuis quelques années, éloigne l'Etat hébreu de l'orbite atlantique et légitimise la présence militaire russe dans la région qui fait désormais partie du décors, comme le sable ou les dattiers.

Mais nos yeux s'écarquillent quand on apprend que, lors de ces exercices, les Russes utiliseraient leurs bases syriennes de Tartous et de Hmeimim, ce qui ne manque pas de sel étant donné que la Syrie et Israël sont en état de guerre depuis 1981 !

Cela pose évidemment quelques questions :

  • les Russes lâchent-ils Assad, le Hezbollah et l'Iran pour Israël ? Absurde. Le 4+1 fonctionne comme sur des roulettes en Syrak, les forces loyalistes n'ont jamais été aussi près de la victoire et de la reconquête d'une partie du territoire syrien : certainement pas le moment pour tout laisser tomber.
  • se dirige-t-on (très) lentement mais sûrement vers un timide rapprochement entre Israël d'une part, Damas, Le Hezb et l'Iran d'autre part, le tout sous le patronage de Poutine ? Là, ça devient intéressant... Nous avions déjà parlé du jeu gazier en Méditerranée orientale, théâtre d'ombres entre Tel Aviv, le mouvement chiite libanais et les Russes. L'hypothèse en était qu'en échange d'une participation de Gazprom dans les gisements offshore, Moscou assurerait Israël que le Hezbollah n'interviendrait pas. Et l'on apprend justement que durant cette visite, Bibi la terreur a invité les compagnies russes à participer aux projets gaziers, ce qui confirme nos hypothèses. Faut-il maintenant y ajouter un accord tacite entre Assad et Nétanyahou, quelque chose du genre Tu ne m'attaques pas et je laisse les Russes utiliser nos bases pour mener des exercices conjoints avec toi ?

Pas impossible du tout, mais l'avenir seul nous le dira.

Partager cet article

Commenter cet article

fatie18 15/06/2016 10:35

Bonjour

Outre cette série d’exercices militaires conjoints, les 2 Etats sont tous deux demandeurs d’un développement tous azimuts de leurs relations. D’une part, Israël, dont les relations avec les Etats-Unis se sont dégradées depuis l’élection d’OBAMA, et d’autre part, Poutine qui savoure le coup de Trafalgar qu’il est en train de concocter à OBAMA.
Il est clair que Netanyahu fait du pied à Poutine qui le lui rend bien. Tout d’abord en ayant fait faux bond aux Etats-Unis au sujet de la Crimée, et ensuite, en étant le second investisseur en Crimée, après la Chine. De plus, un accord de libre échange, scellant l’Union économique eurasiatique à Israël, est, semble-t-il, dans les tuyaux.
Certainement que les Etats-Unis ne doivent pas trop apprécier. Mais il est peu certain qu’Israël ose se couper définitivement des Etats-Unis, car quel que soit le ou la futur(e) président(e), il est assuré d’avoir leur soutien.

Charles Michael 15/06/2016 09:17

Les contre-sanctions Russes contre l'UE dans le domaine agricole ont fortement bénéficié à Israel et notament à sa forte minorité russo/phone/phile ce qui doit lui donner plus de poids. Particulièrement pour peut-être, soutenir une collaboration avec Gazprom.
Ce qui pourrait aller dans ce sens est le récurrent problème des tuyaux: très gros investissements et cout de fonctionement excessif si le tuyau est seulement dédié au Léviathan. En rapprochant ce défaut de compét' d'un retour en catimini d'une variante South Stream débarquant à Thessalonique... je me demande....

L'effet ricochet se produit aussi chez notre Sultan mais là il devra ramer un peu.
D'autant que le jeu US et UE avec les Kurdes Syriens et leurs pas trop amis Kurdes d'Irak va de plus enplus isoler Erdogan, à mesure qu' une "entité" YPG semblera émerger.

Il semble que seul le sort des armes, pricipalement à Aleppo et Idlib décidera et l'Iran comme les Russes ssont en pleine poussée turbo.

Jean 14/06/2016 19:12

Ce que ce blog prévoyait :
"Le président turc Recep Tayyip Erdogan a adressé un message à son homologue russe Vladimir Poutine à l'occasion de la fête nationale russe, premier contact officiel de ce niveau connu après des mois de fortes tensions."
AFP

theuric 14/06/2016 16:00

Cet approche entre la Russie et Israël se sentait venir depuis longtemps, il en est de même de la Grèce, de la France et de la Grande-Bretagne, mais de ces deux derniers, chut, il faut le taire.
Des deux tendances U.S., impériale et isolationniste, la seconde reprend du poil de la bête, La présence de Monsieur Trump le montre et le démontre.
Il n'y a pas que dans la population étasunienne qu'elle devient majoritaire, cela ne peut que percoler au sein même des élites U.S. politiques et économiques.
D'ailleurs je soupçonne Tonton Sam d'en avoir marre de cette U.E. qui, à tord ou à raison, lui paraît le tirer vers le fond, Monsieur Trump ne disait pas autre chose quand il disait que les européens devraient maintenant pouvoir se défendre eux-mêmes, il ne disait pas tout mais il disait quand même.
Ainsi, jusqu'à quel point les Etasunis ne se sentent pas obligés en Ukraine et dans les alentours, eux si légalistes?
Mer Noire, Marmara, canal de Suez et détroit de Gibraltar, voilà les intérêts de la Russie qui, également, se devraient d'être les nôtres.
Pour Israël, ses intérêts lui commande de se tourner vers ce qui gravite autour de l'Iran et la Russie, ainsi que l’Égypte, sa place hautement stratégique l'obligera à régler ses problèmes d'avec les palestiniens, d'une façon ou d'une autre, même si cela lui nécessitera du temps.
Je le dis et le répète, la France est dorénavant au cœur de l'Union-Européenne, que nous le voulions ou non, et chaque événements qui s'y passe laisse des traces dans tout le pourtour du bassin méditerranéen.
Croyez-vous vraiment que toutes les bizarreries qui y arrivent ne sont pas pris en compte par nos voisins proches et lointains, sauf pour les imbéciles, légion dans notre union.
Faiblesses maladives des U.S.A., de l'Arabie-Séoudite et de la Turquie, montée en puissance de la Russie et de l'Iran, désagrégation de l'Union-Européenne, Maghreb en voie de stabilisation, même si les difficultés économiques en plombent les pays, voilà ce que Israël et la Grèce ont compris.

Rouget 14/06/2016 14:37

Reste à savoir comment, dans le deuxième cas, l'Arabie Saoudite va réagir au nouveau placement d'Israël...

Furax 14/06/2016 13:19

Je pense surtout qu'un pays fait autant que possible la politique de sa géographie et de sa démographie.

Or, là où il peut y avoir une divergence allant jusqu'à une forme de rupture entre Israël et les néocons américains, c'est qu'Israël ne peut pas vouloir de guerre entre les USA et la Russie. 20% de la population israëlienne est d'origine russe.

Je trouve que faire des manoeuvres communes russo-israëliennes au même moment où l'OTAN prépare un simulacre de manoeuvres aux frontières occidentales de la Russie, c'est un message très très clair.

Et à plusieurs titres :
- les armées israëlienne et russe ne sont pas rachitiques et ne sont pas des tigres de papier.
- Israël ne participera pas à un conflit avec la Russie et entend nouer des liens de coopération stratégique plus étroits que jamais avec la Russie.

Accessoirement, cela éclaire sous un autre jour les déclarations de Trump comme quoi il faut soutenir Israël.

Certains y dénonçaient une contradiction par rapport à ses propos sur les palestiniens où il appelait à de la neutralité.

En réalité, la cohérence globale apparaît enfin : alliance avec la Russie et Israël pour faire face aux vrais grands risques actuels :
- conjurer une 3ème guerre mondiale voulue par les néocons,
- stabiliser le Moyen-Orient.

Olga 14/06/2016 08:14

Décidément Monsieur Poutine n'a pas fini de nous surprendre mais il sait très bien ce qu'il fait et pour cela je lui fais confiance. Obama, la sorcière clintonienne et leur staf de néocons du Pentagone doivent manger leur chapeau ! Pas de doute, Monsieur Poutine sait mener sa barque mais aussi se faire respecter sans pour autant mener des guerres incessantes et dévastatrices. La vraie force d'un chef d'état est de savoir se faire respecter sans avoir en s'en servir. Chapeau Monsieur Poutine, votre discernement et votre sagesse en géopolitique sont en train de porteur leurs fruits. Le peuple russe a bien de la chance mais ne dit on pas que l'on a le président que l'on mérite. Nos tafioles de politiques français (de gauche comme de droite) feraient bien d'en prendre de la graine car ils ont oublié depuis longtemps que pour être respecté il faut être respectable.....

Observatus geopoliticus 17/06/2016 14:42

Pas totalement d'accord avec vous, Furax.
- Attention à ne pas confondre gaz et pétrole. Pour l'Europe, les alternatives gazières n'existent pratiquement pas, comme je l'ai suffisamment démontré sur ce blog.
- Le but géostratégique ultime de Moscou est de constituer le trait d'union entre Europe et Chine dans une Eurasie intégrée, pas de choisir l'une au détriment de l'autre.
Bien à vous

Furax 17/06/2016 10:39

Zuglub, pas besoin que la Russie nous coupe le gaz pour que l'UE se casse la figure. Ce serait dommageable pour la Russie comme pour nous, enfin surtout pour l'Allemagne, grande consommatrice de gaz russe (ce qui lui rabattrait son caquet). L'offre russe est par ailleurs assez rapidement substituable. N'oublions enfin pas que le marché de l'énergie fossile est en dépression. Il y a surabondance d'offre par rapport à la demande. Et avec les perspectives de développement cela ne va pas s'arranger. C'est aussi pour cela que l'Arabie saoudite a augmenté son offre. Elle voulait certes faire baisser les prix pour nuire à la Russie et à l'Iran, mais aussi parce que c'est une stratégie rationnelle de chercher à vendre tout de suite un maximum de pétrole à bas prix si on pense qu'à l'avenir le monde va se détourner du pétrole.

Enfin, le but géostratégique de la Russie à long terme, c'est de s'unir avec l'Europe, pas de s'unir avec le monstre chinois. 700 millions de gens de culture européenne de Lisbonne à Vladivostok, cela vaut mieux que 140 millions de russes face à 1,3 milliard de chinois.

Mais pour cela, il faut que le vampire américain soit forcé de sortir d'Europe, l'obliger à retourner dans son cercueil d'outre-atlantique où il redeviendra une simple très grande puissance périphérique, celle qu'il n'aurait jamais du cesser d'être sans les événements guerriers du 20ème siècle.

C'est aussi pour cela que les néocons font monter la tension et souhaitent un conflit avec la Russie : pour maintenir à tout prix leur hégémonie sur l'Europe. Leur hégémonie politico-stratégique sur l'Europe est une des conditions de leur richesse. Sans elle, le dollar s'effondre, l'économie américaine s'effondre dans un phénomène qui sera une réplique puissance 10 de ce qu'a connu l'économie soviétique dans les années 1980-90.

Zuglub 17/06/2016 09:40

Furax, si la Russie cesse de nous vendre son gaz, elle ira voir ailleurs. Comme dit Observatus, l'Asie est un client assez gros et n'oublions pas qu l'Afrique est un marché qui s'ouvre de plus en plus, quoi qu'on en dise. Mais je suis assez partisan que la Russie nous coupe le gaz, les "ectoplasmes eurocratiques" seraient alors bien obligé de bouger leur adipeux fessier. Puis bon, si l'OTAN continue de pousser vers l'Est, ça va bien finir par arriver. D'autant plus que les alliances russes sont tournées vers l'Asie et qu'avec l'émergence de nouveaux marchés au Moyen-Orient, Asie du Sud-Est et Afrique, on se doute que nos chers voisins vont préférer ceux à qui ils vendent des armes que ceux qui leurs infligent des sanctions et sont manipulés par l'OTAN.

Observatus geopoliticus 15/06/2016 23:15

Chacun tente de diversifier de son côté. Sauf que... ça ne pose aucun problème pour la Russie pour qui les clients sont légion (Chine, Inde, Pakistan etc.) Par contre, les ectoplasmes eurocratiques se rendent compte avec rage qu'il n'y a pas d'alternative à la Russie. La diversification, autre que dans les mots, est impossible pour eux.

Furax 15/06/2016 08:35

Zuglub, la dépendance entre Russie et reste de l'Europe est réciproque. La Russie a au moins autant besoin de vendre ses hydrocarbures à l'Europe que le reste de l'Europe a besoin de le lui acheter.

Zuglub 14/06/2016 14:36

Ouais enfin, il faut aussi penser à nous. Nous les européens.
Il est clair que les EUA ne nous veulent pas que du bien, mais de là à dire que Poutine est un poto de l'Europe... mouais.
N'oublions pas une chose ; l'Europe est le vassal énergétique de la Russie et le vassal économique des EUA. Si on devait choisir un camp, on y passerait d'une façon ou d'une autre, et on ne peut pas se permettre la neutralité vu qu'on est les plus gros consommateurs du monde et le continent ayant le moins de ressources sur son sol.
Alors c'est ça l'Europe, depuis 1947. Un terrain de jeu des Deux Grands. Et pour les populations locales, ukrainiens en tête, tant pis. Notre situation ne diffère pas tant que ça de la Syrie, à ceci près qu'on est présentable à l'ONU et au G8.

L'indépendance énergétique, financière et politique est vraiment la seule solution. Et pour ça, énergies renouvelables, sortie du capitalisme et Fédération Européenne semblent être de bons choix.