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Chroniques du Grand jeu

Ah Rabbi saoul, dites...

6 Juin 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ah Rabbi saoul, dites...

Un fidèle lecteur ayant certaines fonctions dans une grande banque centrale européenne nous propose aujourd'hui un éclairage technique sur la situation économique et financière, donc stratégique, de l'Arabie saoudite. Ce blog a souvent glosé sur l'inanité du royaume wahhabite, aussi n'est-il pas inintéressant de donner aujourd'hui la parole à une voix discordante, disons un peu moins pessimiste, sur les projets de réforme du royaume wahhabite. Merci à notre honorable correspondant Mannaus.

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Un des facteurs clés du Grand Jeu est la mainmise par ses différents acteurs sur les ressources énergétiques, massivement concentrées dans le Heartland ainsi que dans la péninsule arabique. Et force est de constater que ces dernières années, les rapports structurels évoluent au fur-à-mesure des avancées technologiques et des crises géopolitiques. Ainsi, les différents protagonistes doivent aussi s’adapter. Le cas récent de l’Arabie Saoudite mérite de s’y pencher plus en détails.

En l’absence d’un secteur privé digne de ce nom, le gouvernement est presque entièrement dépendant des revenus pétroliers afin de maintenir une certaine forme de paix sociale, et ainsi justifier le duopole politico-religieux bien austère régnant sur le pays. Pour le moment, ça tient, car les pétrodollars achètent tout, y compris le silence d’un peuple.

Leurs défis économiques sont asymétriques par rapport à ceux qui se posent de manière générale dans nos sociétés occidentales (i.e dépendance à la financiarisation de notre économie réelle aggravée par les politiques de taux d’intérêt nominaux négatifs, stagnation des taux de croissance, faible inflation, vieillissement de la population, surconsommation entraînant un endettement chronique, nourrissant à son tour artificiellement croissance et PIB, enjeux liés au fonctionnement de nos démocraties…)

L’Arabie Saoudite, elle, en est au point où ils doivent simplement mettre leur population au travail et fonder de toute pièce un tissu économique jusqu’à présent fantomatique. L’exposition aux bas prix du pétrole (qu’ils ont d'ailleurs provoqués) leur ont fait prendre conscience que maintenir une forme de paix sociale autour du consensus de la redistribution des profits colossaux de l’exportation de l’or noir deviendrait à terme impensable.

De plus, l’avenir qui s’ouvre devant eux est contraint par des enjeux bien différents, qu’il s’agit évidemment de replacer dans le contexte géopolitique : l’Arabie Saoudite doit faire face à de nouveaux acteurs et à une redistribution majeure des axes de pouvoirs dans la région (crise en Syrie, embourbement au Yémen, retrait partiel du soutien des Etats-Unis, Iran, Irak…). Si l’Arabie Saoudite veut maintenir son statut de puissance régionale, et plus fondamentalement, si la famille Seoud souhaite conserver sa main-mise sur le pouvoir, il va falloir qu’elle se réinvente. Il est effectivement temps de doter leur pays d’une véritable économie, lui permettant de pérenniser son statut de puissance régionale tout en s’affranchissant de leur dépendance au pétrole, et de se placer comme un acteur indépendant et incontournable du Moyen-Orient. Pour ce faire, elle dispose de moyens colossaux, mais les défis sont à la hauteur.

Et voilà que récemment, l’Arabie Saoudite a effectué un premier pas dans cette direction. Nous apprenions en janvier dernier la création d’un fonds souverain gigantesque. Quelles cordes l’Arabie Saoudite tente-elle de rajouter à son arc avec ce fonds souverain ?

L'on peut penser à quatre opportunités :

  1. la constitution de réserves monétaires (n’omettons pas que le fonds est nominé en dollars américains)
  2. l’augmentation de la masse monétaire (aisance de crédit, garanties pour l’émission de dette souveraine, stabilité du taux de change)
  3. l’investissement direct à l’étranger (acquisitions de parts importantes dans des entreprises étrangères)
  4. le financement des dépenses publiques, peut-être dans le cadre d’un plus vaste plan de réforme de l’économie saoudienne.

Les deux premières fonctions ont un impact géopolitique direct substantiel, car elles génèrent d’énormes flux financiers, notamment bancaires. En effet, l’Arabie Saoudite s’est mise à émettre de la dette sur les marchés mondiaux, pour des montants certes encore modestes, mais qui doivent attirer l’attention car ce sont principalement des banques américaines qui ont contracté les prêts (prêts émis en dollars donc).

Ensuite, les réserves monétaires sont un levier important sur le dollar, car si les Etats-Unis peuvent continuer de financer à volonté leur déficit surréaliste, c’est bien parce que le monde a besoin de dollars pour financer ses échanges. Ces derniers ont donc tout intérêt à ce que l’on continue à leur en acheter, et cela passe par convaincre leurs « alliés » qu'il est nécessaire de le faire… Ces considérations sont très probablement prises au sérieux à Washington où l'on est bien conscient des conséquences désastreuses qu’entraînerait la disparition du « privilège exorbitant » que confèrent les billets verts.

Prenons maintenant les deux autres fonctions. L’intérêt le plus évident d’une telle entreprise est bien sûr le profit que peut générer une telle machine d’investissement. Si tant est que les fonds sont gérés efficacement, les retours sur investissements (dividendes/intérêts) peuvent à eux-seuls justifier la mise en place d’un tel mastodonte ; revenus qui, hypothétiquement, assureraient ensuite la continuité de la politique de subsides conduite par le gouvernement.

Mais de nombreux autres avantages potentiels se cachent derrière ce genre de modèle d’investissement. En premier lieu, la source de revenus ainsi générés peut devenir le fonds de roulement d’un plus vaste plan de transformation nationale. Nous reprendrons ce point en détail un peu plus loin.

Deuxièmement, il est évident que ce levier financier peut se transformer facilement en un levier géopolitique ; les exemples sont légions - investissement transnationaux stratégiques (sur le modèle chinois en Afrique par exemple), mainmise sur des entreprises-clé dans certains secteurs (high-tech, immobilier, clearing, pharma, communication, médias, divertissement, matières premières …), accès aux technologies des dites entreprises etc.

L'on peut encore rajouter des arguments monétaires, comme l’augmentation des réserves de change (les marchés mondiaux étant très majoritairement nominés en dollars) permettant ainsi de stabiliser le taux de change, ou, plus agressif, de recourir au chantage à la dette (des stratégies pas tout à fait inconnues dans le registre « dollar et Amérique centrale », par exemple).

D’ailleurs les Saoudiens ne cachent pas leurs intentions et affichent ouvertement qu’ils comptent bien profiter des trois premières opportunités que leur offre la gigantesque pile d’argent que représente ce fonds. Ainsi, peut-être ce fonds serait une finalité en soi, qui, combiné avec les revenus du pétrole, permettrait de continuer à financer le gouvernement en place, et le statu quo social actuel.

Maintenant, et c’est là où les Saoudiens prennent hypothétiquement un pari fort intéressant, il se pourrait qu’ils profitent également de la quatrième de ces opportunités. Après l’annonce de la création de ce méga-fonds, le « Vision 2030 for Saudi Arabia » réapparaît sous un autre angle. Oui, oui, nous parlons bien de ce chef d’oeuvre d’illusions, authentique condensé de rébarbatifs discours sur la pseudo-modernité Made in McKinsey dont nous a gratifié la famille Seoud.

Seulement voilà, l’annonce du fonds souverain nous oblige à considérer l’éventualité que ce texte n’était pas que brassage de propagande, mais qu’il pouvait bien être la vitrine d’un projet plus ambitieux de réformes économiques. Effectivement, les fonds ainsi mis à disposition du gouvernement pourraient leur servir à financer une politique extensive d’investissements publics, qui, à la condition d’être gérés un tant soit peu intelligemment, aurait l’effet de fondamentalement restructurer leur économie.

Le procédé théorique est assez intuitif : l’Etat avance l’argent nécessaire afin de financer des industries-clé et se lance dans de grands projets en partenariat avec le secteur privé. Pourquoi avec le secteur privé ? Car cela permet, une fois l’impulsion initiale donnée, de propulser l’économie dans une spirale d’auto-alimentation, c’est-à-dire que les développements des entreprises (et donc de l’emploi) ne dépend plus directement du financement de l’Etat, mais de la demande générée à l’intérieur de l’économie.

In fine, le gouvernement bénéficie doublement de cette spirale, car il peut baisser les subsides alloués à la population saoudienne, et voit en plus progressivement ses revenus augmenter via la taxation. Sans compter la paix sociale ainsi garantie.

En résumé, l’Arabie Saoudite s’affranchirait de sa dépendance au pétrole tout en jetant les fondations d’une structure économique endogène. Cela exige d’immenses investissements, et surtout, le développement en parallèle de tout le tissu socio-économique allant de pair avec une économie fonctionnelle (i.e écoles, universités, assurances, pensions, droit du travail…) C’est une tâche substantielle, et vu l’état du pays, conduire à bien de tels changements, bien que restant de l’ordre du possible, relève aujourd’hui plutôt de la fantaisie théorique.

L’adoption d’une telle stratégie relèverait d’une prise de conscience aiguë, et si effectivement ce semblant de volonté qu’est Vision 2030 mène à quelque projet concret, cela conduirait à des effets secondaires notoires : le raffermissement de la dynastie, l’affranchissement par rapport aux Etats-Unis, une force économique nécessaire si les Saoudiens veulent prétendre être une authentique puissance régionale, l’indépendance industrielle (notamment pour l’armement par exemple)… Indéniablement, cela fait beaucoup de « si », et nous ne sommes pas habitués à voir l’Arabie Saoudite nous surprendre par son ingéniosité.

Les défis à surmonter sont connus : la société saoudienne reste dominée par de nombreux paramètres structurants allant à l’encontre d’un tel projet (systèmes de lois incohérents, inégalités sociales, intégrisme religieux ultra-conservateur, système politique corrompu, système éducatif lacunaire, classe gouvernante risible…). Mais une fois bien pesé, il est probable que les plus lucides des gouvernants saoudiens s’accorderont à penser qu’il est dans leur intérêt de se réinventer un peu et penser plus loin que le pétrole comme unique source de revenus.

Peut-être que tout ceci n’est que du vent, une énième mascarade au pays de l’or noir, visant l’un ou l’autre blanchiment de réputation par des promesses fades de réformes (on sait tous ce que valent les promesses de réforme…) Mais peut-être aussi l’Arabie Saoudite a-t-elle réellement pris conscience de sa fragilité et met en marche les rouages d’un mécanisme dont nous ne pouvons, pour l’instant, que deviner les contours, mais qui pourrait bien avoir le potentiel de substantiellement modifier les rapports de force dans la région. Et même si la probabilité qu’une telle politique aboutisse à des résultats concrets est très faible, tant les obstacles semblent infranchissables, elle mérite qu’on la prenne au moins en compte comme une possibilité.

L’avenir proche nous en dira plus.

Mannaus

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Alaric 30/08/2016 14:39

L’Arabie saoudite, ce pays si bien géré qu'ils ont gâché 80% de l'eau de leurs nappes phréatiques pour faire pousser du blé en plein désert (http://www.atlantico.fr/decryptage/et-maintenant-arabie-saoudite-confrontee-disparition-agriculture-pour-avoir-abuse-ressources-en-eau-david-rigoulet-roze-2428388.html/page/0/1 ), que les djihadistes qu'ils ont financé se retournent contre eux et que leur armée ultra moderne se fait humilier au Yemen par des rebelles en sandales ...

fatie18 13/06/2016 11:45

Overblog vient de m'envoyer (il y a 10 minutes) 3 mail m'informant que j'avais reçu 3 réponses à mes commentaires alors qu'il s'agissait tout simplement de mes 3 réponses.
Ne serait-il pas possible d'insérer une pastille permettant de faire des commentaires aux commentaires, car jusqu'ici cela fait un peu brouillon. Il faut naviguer à travers tous les commentaires
pour s'y retrouver
Merci et à bientôt je range l'ordi..

Observatus geopoliticus 13/06/2016 23:08

Je crois qu'Overblog n'en est pas encore à ce degré de développement. Mais chut, ils nous lisent peut-être...

Pat 12/06/2016 12:30

Le déclin de l'Arabe Saoudite a commencé. Même le FMI l'avait annoncé. Les "idées" fusent à la tête du royaume, car il y va de leur survie.
- http://www.ridersbretons.com/#!blank-9/gllgs
et cet article de 2015 (entre autres) :
- http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-effondrement-de-l-arabie-saoudite-est-luctable-602186090

Observatus geopoliticus 13/06/2016 23:06

Pour répondre à votre dernière question, impossible tant que le wahhabisme sera l'idéologie du royaume. Or cette idéologie est intimement liée aux Seoud qui tiennent leur pouvoir du consentement des religieux. Si l'un tombe, l'autre tombe.

Sinon, pour les divertissements, on peut penser à un championnat de décapitation. Quel bourreau sera médaille d'or ?

fatie18 13/06/2016 09:41

Bonjour Pat
Déclin, survie : je trouve votre appréciation bien catégorique.
Vous citez le FMI pour appuyer vos dires, mais ni le FMI ni les nombreux experts qui défilent sur les plateaux télé n’ont pu prévoir la crise de 2008, alors, le déclin ou la survie de l’AS… Les conclusions du FMI ou de la BM, comme celles de nombreuses O I, soit, décrivent une réalité que tout le monde peut constater à l’œil nu, soit, décrivent des tendances qui se concrétiseront ou pas, quand elles ne sont pas tout simplement polluées ou orientées au moyen de considérations politico-idéologiques.
Les Saoudiens viennent pour la première fois, de prendre conscience de la nécessité et de l’urgence de réformer en profondeur leur pays, comme le décrit l’article ci-dessus. Le plan Saudi Vision 2030, mis au point par le Prince MBS, qui jouit d’une grande popularité auprès de la jeunesse, n’est pas un programme économique stricto sensu, il recouvre également des aspects socio-culturels, ce qui est une nouveauté pour le pays.
Si les aspects économiques ont reçu un accueil plutôt favorable : pour ne pas répéter ce qui a été déjà dit dans l’article, j’ajouterai juste que l’indice Tawadul de Riyadh a gagné 2,53% à l’annonce du Plan. Celui-ci s’appuie sur l’hypothèse d’un prix du pétrole à 30$/baril, ce qui signifie que l’AS retient le scénario d’une faiblesse durable des prix du pétrole, qui correspond à sa politique récente de maintien de parts de marché, au détriment d’un renforcement des prix du brut,
Tout autre pourrait être l’accueil qui pourrait être réservé aux autres réformes qui risquent de déstabiliser une société ultra conservatrice et même au sein de la famille royale, puisque le Plan institue des règles de transparence et s’attaque à des privilèges considérés comme définitivement acquis.
De surcroît, le Plan prévoit une augmentation de la participation des femmes au monde du travail et évoque la nécessité de plus de divertissements, sans que l’on sache encore, ce que recouvre le terme de divertissement.
Il faut citer l’investissement judicieux de 3,5 Milliards$ dans la société UBER. UBER est déjà présent dans 5 villes saoudiennes, où environ 80% des passagers qu’il transporte sont des femmes, ce qui facilite leur accès à l’éducation et à l’emploi. Les femmes ne pouvant pas conduire et les transports en commun ne sont pas développés.
La question que l’on peut se poser à ce stade, est la suivante : l’AS sera-telle capable de mener à bien une telle révolution culturelle qui remet en cause le mode de vie de toute une société ? La balle est désormais dans le camp de la société saoudienne.

fatie18 09/06/2016 10:16

Bonjour
serait il possible d'avoir la traduction du titre de l'article ou au moins sa signification.
Merci d'avance

Pat 13/06/2016 10:48

Bonjour fatie 18,
Oui effectivement j'ai cité le FMI comme j'aurais pu citer "l'im Monde" .... c'était avec une pointe d'ironie. D'ailleurs le FMI soutient ce plan de réformes : - http://fr.euronews.com/2016/05/19/arabie-saoudite-le-fmi-soutient-le-plan-de-reformes/
avant d'annoncer, pourquoi pas, le contraire dans quelques temps. Ce sont bien tous ces "experts" confondus (guillemets ironiques) , surtout en salade, qui (nous partageons ce point de vue) naviguent au gré du vent (voire des vents ... les leurs).
N'oublions pas que ce sera toujours le citoyen qui paiera pour les erreurs des institutions financières ... etc. ...
Comme le précise cet article de nombreux défis sont à surmonter ..... comme sociétaux par exemple . Bref s'adapter à son époque.

fatie18 13/06/2016 09:50

Merci pour votre réponse.
En fait, rabbi cela veut dire mon dieu en arabe, saoul, je ne voyais pas ce que cela pouvait dire, peut-être un prophète de la Bible.
ah mon dieu saoul dites
Observatus, les voies de votre humour sont impénétrables

Observatus geopoliticus 09/06/2016 18:35

Arabie saoudite ^^

betelgeuse 08/06/2016 12:01

Tout est déjà dans "le monde d'hier" de Zweig, grand visionnaire et admirable "synthétiseur" de l'esprit et de l'évolution de ces temps révolus.

La bascule est rapide, unexpected, le ciel était bleu comme à Sarajevo, quand l'archiduc est tombé sous les balles, ou le tsunami a submergé la Thaïilande il y a dix ans....

Ortograf 07/06/2016 17:23

coquille sur "embourbement", au 5ème paragraphe

Observatus geopoliticus 07/06/2016 23:48

Merci, attentif lecteur, c'est corrigé.

arlette 07/06/2016 13:21

un très bon article ça nous éclaircisse sur beaucoup de point importantes

Francois 07/06/2016 09:47

Très bon article merci, c’est intéressant. Notre époque est unique : une puissance peut tout acheter, un état riche pourrait très bien se fournir en technologie chez ses rivaux, qui creuseraient ainsi leur tombe… On voit d’ici les charognards de chez Accenture et cie arriver ventre à terre pour passer des contrats et permettre à l’Arabie S de construire ce qu’elle achète aux USA. Quelle sera la réaction des rivaux du chameau ? L’avenir nous le dira

Observatus geopoliticus 09/06/2016 18:14

A défaut d'avoir le sens du gouvernement, il avait le sens de la formule, ce qui est déjà ça...

fatie18 08/06/2016 18:58

Lenine l'avait prédit : les capitalistes sont capables de tout vendre, même la corde qui servira à les pendre.

Observatus geopoliticus 07/06/2016 23:44

Encore faut-il que le chameau avance réellement, ce qui n'est déjà pas gagné...

Bozi Lamouche 06/06/2016 20:54

Oui moyens humains évidemment importés...d'ailleurs je suggère au seoudiens de récupérer quelques centaines de milliers de syriens et de profiter de la mansuétude actuelle de hollande pour acquérir quelques boîtes françaises....après tout est possible....la base de leur réussite restant à mon avis lié à leur capacité au s'occuper de leurs propres affaires....

theuric 06/06/2016 20:47

Il est des ivresses qui laissent pantois.
Ainsi, vouloir à toute fin emprunter des dollars au moment même ou il tend à une déliquescente sur-profusion pour tenter, soit de perpétuer la paix sociale, soit pour dynamiser industriellement la société, est pour le moins insolite, il faut dire que la petite Belgique a, quand à elle, acheté des bons du trésor étasuniens pour une petite fortune.
Quand on aime, on ne compte pas, n'est-il pas?
Ou, peut-être, est-ce pour soutenir le pétrodollar que les princes séoudites se sont laissés aller à cette légère frivolité?
Bof, un crédit de plus ou de moins, au point ou nous en sommes, en somme, ce ne serait qu'une petite goutte d'eau dans cet océan virtuel d'emprunts en tous genres qui irradie une économie mondiale devenue ce bel, grand et singulier radeau de la Méduse nous bringuebalant, au gré d'un vent tournoyant, dans les méandres mystérieux d'une idéologie économique en fin d'éternité.
"Papa, dit papa, c'est loin l'Amérique?
-Tais-toi et rame!"
Ah! La pax américana, que ne ferait-on pas pour elle, et puis, c'est où, dites?

Observatus geopoliticus 07/06/2016 23:35

Excellent, cher Theuric.

Chris 06/06/2016 19:48

Oui, ça fait beaucoup de si ! Les moyens financiers sont là, mais les moyens humains ? Eux aussi importés ?

Observatus geopoliticus 09/06/2016 18:10

Ca, c'est pas faux. Les quelques étrangers vivant en Séoudie sont enfermés dans des compounds ressemblant à des camps d'internement.

MJ 08/06/2016 08:10

Oui, qui voudra bien aller vivre durablement chez les arriérés ?
pour l'instant on a qques expat, payés grassement et c'est là leur seule motivation.
pour rappel, les US avaient construit un méga cyclotron au texas, splendide mais les chercheurs n'ont pas voulu y aller.
trop bouseux les cow boys!
alors la séoudie ...

Observatus geopoliticus 07/06/2016 23:47

Que ne donnerait-on pas pour trouver le Stefan Zweig de notre temps, n'est-ce pas cher ami...

Thierry de R 07/06/2016 17:04

Tout à fait d'accord avec ce commentaire...
Le dollar ne vaudra bientôt plus rien, la bascule se produisant sans doute à la suite d'un des nombreux chocs qui peuvent mettre le feux à la botte de foin qu'est devenue l'économie de notre petite planète...Personne ne peut prédire quand cela se produira (bientôt sans doute...) . Stefan Zweig dans "Le monde d'hier, souvenir d'un Européen" décrit de façon saisissante comment la bascule s'est produite en Allemagne en 1923. Tout est question de confiance. Pour la république de Weimar c'est le décès d'un ministre des finances respecté qui a servi de déclencheur...On voit ici que la confiance est fragile, surtout quand tout le monde a plus ou moins conscience qu'il y a quelque chose qui cloche...