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Chroniques du Grand jeu

L'armée syrienne à 20 km de Taqbah : l'EI bientôt coupé en deux ?

10 Juin 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ne vous attendez pas à en lire un mot dans la mafia médiatique, dont les directives sont actuellement de louer la "coalition internationale" composée des fondateurs de Daech. L'armée syrienne, avec en pointe les fameux Faucons du désert, a poursuivi son offensive aujourd'hui et ne se trouve plus qu'à 20 km de l'aéroport de Taqbah et à 60 km de la capitale califale, Raqqah.

L'armée syrienne à 20 km de Taqbah : l'EI bientôt coupé en deux ?

Rappelons que si Taqbah est prise, Daech sera coupé de ses territoires du nord et n'aura d'autre voie de communication avec eux que le lac Assad, comme nous l'avons expliqué hier.

La course à Raqqah est lancée ! Qui libérera la capitale de l'EI : les Kurdes soutenus par les Américains (mais aussi politiquement proches des Russes) ou les forces loyalistes soutenues par Moscou ? Quand on sait l'importance pour les décennies suivantes qu'a eu la course à Berlin entre Américains et Soviétiques en 1944-1945, la question mérite d'être posée.

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Furax 13/06/2016 16:55

Vos points de vue, OG et dupontg ne s'excluent pas forcément.

La seule véritable inconnue est celle du Kurdistan irakien.

Parce que s'agissant des zones de peuplement kurdes en Turquie, Erdogan n'hésitera pas à faire comme ses modèles d'il y a un siècle : nettoyage ethique voire génocide de tous ceux qui constituent une menace pour la suprématie des turcs musulmans sunnites et pour l'intégrité du territoire de l'Etat turc.

S'agissant de sunnistan syrien, qui que soit celui qui ira y vaincre l'Etat Islamique, ce territoire aura de toute façon une très large autonomie. Ces Et il n'est pas exclu que les USA et leurs amis exigent d'Assad qu'il accepte de laisser passer un gazoduc qataro-saoudien en échange d'une forme de levée des sanctions contre Assad.

Gagner ou perdre des combats, c'est une chose. Transformer l'essai lors du règlement du conflit, c'en est une autre. La Syrie reste hélas entourée par des Etats qui veulent d'une manière ou d'une autre la fin du régime et soit la fin de l'unité du pays, soit la prise en main du pays par des islamistes "modérés".

Observatus geopoliticus 13/06/2016 23:17

Bonjour Furax,
je réponds dans l'ordre :
- le Kurdistan irakien est profondément divisé et certains y prévoient même une nouvelle guerre civile.
- Erdogan ne pourra pas génocider 15 millions de Kurdes, soit 20% de la population totale de la Turquie ! Les Kurdes de Turquie sont là pour rester et c'est une épée de Damoclès éternelle au-dessus de la tête du sultan.
- le sunnistan syrien aura une très large autonomie mais ça sera quand même Damas qui décidera du passage ou non des pipelines. Le tube qatari est maintenant quasi mort et enterré.
Bien à vous

dupontg 11/06/2016 20:44

Malheureusement,j'ai bien peur que la bataille pour le passage du gazoduc soit perdue..
Le but final est sans doute de rendre independant le kurdistan et de le maintenir sous controle occidental.
Vraisemblablement la raison de debut d'installation d'une base française au nord de Kobané.
Le soutien politique des Russes risque d'etre delicat etant donné l'enjeu economique pour eux.
Assad ne pourra plus faire obstruction au quatar meme si il reprend le controle du reste de la Syrie.

Observatus geopoliticus 11/06/2016 21:38

Oulah, non. Regardez la carte : par où voulez-vous que passe ce gazoduc ?
En Syrie, il devra traverser deux parties :
- d'abord le sunnistan. Or c'est le régime qui reprendra cette région, c'est à peu près sûr maintenant.
- ensuite, le Kurdistan syrien qui balance entre Russes et Américains.
En Turquie, il devra traverser les zones de peuplement kurde, c'est-à-dire le territoire du PKK qui fait sauter pipeline sur pipeline depuis quelques mois.
Trois régions dont deux et demie sont/seront hostiles au projet. Le gazoduc qatari est presque mort et enterré maintenant.

theuric 11/06/2016 15:57

Il se passe des choses très étranges en France en ce moment, stratégies syndicale novatrice, étasunien, depuis peu sur notre sol, participant à une attaque de voiture de police par des gauchistes, le: "Nous ne demandons rien", de Monsieur Lordon, les paroles "malheureuses" de Monsieur Macron, visite de Monsieur Tsipras à ce dernier après avoir été voir Monsieur Mélenchon, ces quatre événements paraissent anodins mais elles sortent du cadre de la dynamique habituelle de cette sorte de situation.
C'est la différence qui fait la différence.
Certes, cela peut ne rien vouloir dire et pour savoir ce qu'il en est il va falloir attendre que de nouveaux éléments surviennent pour s'en faire une idée plus claire.
Mais cela me fait tout de même penser à un jeu de déstabilisation, quoi qu'il en soit, restons attentif, ces joueurs, si ils existent, me paraissent un petit peu trop discret à mon goût.

theuric 11/06/2016 16:29

Excusez-moi, j'ai fait erreur sur le bonhomme, je ne parlais pas de Monsieur Tsipras mais de Monsieur Varoufakis, ce qui change tout.

L'ours 11/06/2016 01:09

"Daesh prend l'eau" et les rats vont quitter le navire! Et...se disperser...

Observatus geopoliticus 12/06/2016 18:33

Mais oui, bien sûr... Le Fanta est aussi préférable au château Margaux...

Barbant 12/06/2016 14:17

Entre des terroristes et une armee etatique en guerre, du point de vu des dommages/consequences, il n'y a pas trop a tergiverser, le terroriste reste "preferable".

L'ours 11/06/2016 17:01

Oui,je crains même qu'il soit encore plus dangereux car l'amertume (due à la défaite) combinée à la rancœur, ne fera qu'amplifier l'énorme haine déjà existante. D'où l'idée de certains de (oser!) vouloir "négocier avec Daesh" (ou espérer pouvoir le faire!)

Observatus geopoliticus 11/06/2016 11:58

Oui, j'en parlais il y a quelques mois. Daech risque de redevenir ce qu'il était au départ : un mouvement terroriste extrêmement dangereux.

theuric 11/06/2016 00:20

Bon, oublions les journaux français, de toute façon, vu la puissance du dogmatisme des journalistes qui y élisent domicile, ils ne pourrons pas comprendre se qu'il se passe, même si c'est devant leurs yeux, et interpréteront toujours les événements suivant leurs convictions, c'est à dire de travers (ça leur devient un réflexe pavlovien).
En fait, cette situation est des plus intéressante pour comprendre, en ce type de cas, le fonctionnement psychologique individuel et collectif, d'autant plus quand il s'agit d'un corps de métier se représentant lui-même comme faisant parti de l'élite.
En fait, peu ou prou, ils font parti de la classe-moyenne intermédiaire à haute, celle-là même qui, pour le reste de cette classe sociale, est en passe de rejeter l'Union-Européenne et tout ce qui y est lié.
N'oublions pas que les peuples juge d'abord les élites à leur propre assiette et aux possibilités de les remplir ainsi que de l'existence d'un ascenseur social.
Si cet ascenseur descend et que les assiettes se vident, il faut s'attendre à quelques débordements.
Et puis ici c'est la France, n'est-ce pas?
En fait, j'ai l'impression que tout le monde s'est piégé, des U.S.A. à la Turquie, du gouvernement français à l'équipe Junker (je franchis allègrement quelques milliers de kilomètres pour le plaisir, allons donc chercher des liens là où ils sont infiniment distendus, bien qu'en son centre il y a tout de même l'empire U.S., tout de même).
Donc, j'ai l'impression que tout ce beau monde commence sérieusement à s'affoler, sauf Monsieur Macron qui me fait penser à un chien fou dans un jeu de quille, enfin, en France, je l'imaginerais difficilement en Syrie (moi non plus je ne m'y verrais pas, faut dire).
Il faut dire que là-bas aussi ça à l'air de s'affoler sec, du-moins si j'en crois Sputnik (pas celui qui s'était envoyé en l'air avant que ne naisse), il s'y dit, donc, que ça commencerait à déserter du coté de chez E.I..
Bon, là-bas il y aura encore des combats mais les extrémistes sunnites seront bientôt balayés, ce n'est plus qu'une question de temps.
Non, pour revenir à un petit peu à du sérieux, je crains plutôt pour les kurdes, coincés entre la Turquie, l'Iran et la Syrie, cette dernière qui voudrait bien reconquérir entièrement son territoire, ce qui est compréhensible.
En fait, ce type, Monsieur Erdogan, n'a fait qu'agir à l'encontre de son peuple et de son pays, je dis ça parce que ces kurdes, voyant que du coté iranien il ne peuvent pas vraiment bouger, que la Syrie fera tout pour éviter qu'il y ait un Kurdistan syrien, sauf si la Turquie reprend du poil de la bête, auquel cas un Kurdistan frontalier serait un bon état tampon du style Belgique entre l'Allemagne et la France, ne restera plus qu'à instaurer un Kurdistan Turque.
D'autant plus que je soupçonne les grecs d'avoir conserver le secret désir de se récupérer Constantinople, personne ne le dira, personne même n'y pensera, sauf de temps en temps, une rêverie, comme ça, en passant.
Enfin , je dis tout ça parce que, me semble-t-il, ce n'est pas encore fini pour les kurdes, eux qui se trouvent à la frontière de la frontière, le verrou du verrou, entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, et proche, si proche du canal de Suez.

Observatus geopoliticus 11/06/2016 18:43

Ah d'accord, je parlais seulement des djihadistes sunnites dans le conflit syrien en ce moment même. Bien sûr, sur le temps long et avec la décrue saoudienne, le sunnisme militant aura du plomb dans l'aile.

theuric 11/06/2016 14:25

Je ne suis pas un optimiste béa mais me dis juste que la situation économique mondiale continue à se dégrader à tout va et les séoudiens ne vivent que grâce au pétrole sans avoir l'organisation de l'Iran, sans compter sur la situation épouvantable des U.S.A., plus du tiers de ses habitants en âge de travailler sont au chômage et les entreprises s'y ferment à la vitesse grand V.
Quand à l'Union-Européenne, elle se dégrade au même rythme (y'a pas à dire, ce mot, au scrable, c'est du nanan) que l'empire U.S..
En fait, l'Union-Européenne et Al Qaeda sont un petit peu frère de sang, non?

Observatus geopoliticus 11/06/2016 11:55

L'orchestre jouait encore quand le Titanic était en train de couler ^^
Par contre, cher Theuric, je ne suis pas aussi optimiste que vous sur la disparition des extrémistes sunnites. Comme je l'ai dit à François plus bas, le reflux de Daech profite pleinement aux djihadistes "modérés" d'Al Qaeda et Ahrar al-Cham.

Francois 10/06/2016 23:09

Merci pour cette bonne nouvelle. Daech prend l'eau de tous cotés, sans lui, les autres groupes terroristes ne feront pas le poids, la fin de la guerre pourrait être assez proche ;-)

Observatus geopoliticus 11/06/2016 11:53

Mmm... Je ne serais pas aussi optimiste que vous. Le reflux de Daech profite à plein aux djihadistes requalifiés de "modérés" par la machine à propagande occidentalo-saoudienne. C'est autour d'eux que se jouera le sort de la Syrie.