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Chroniques du Grand jeu

Le péril jaune... heu non... rouge... non plus... russe !

16 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

Le péril jaune... heu non... rouge... non plus... russe !

Le mot "guerre", lui-même, est devenu erroné. Il serait probablement plus exact de dire qu'en devenant continue, la guerre a cessé d'exister. Une paix qui serait vraiment permanente serait exactement comme une guerre permanente. C'est la signification profonde du slogan du parti : "La guerre, c'est la Paix".

Ces mots d'or de George Orwell viennent immédiatement à l'esprit lorsqu'on parcourt la machine médiatique occidentale. Dernier exemple en date : l'amusant délire CNNien sur le péril jaune... pardon, le danger russe.

Tout commence avec le constat fait par le commandant des forces navales US en Europe, l'amiral Mark Ferguson, que les sous-marins russes sont bien plus avancés et efficaces que leurs prédécesseurs et qu'ils ne sont pas tous détectés par l'appareil de surveillance américain. Notez bien la dichotomie entre les paroles relativement neutres et mesurées du chef militaire et le ton de l'article.

Amiral : "L'OTAN est vue comme une menace existentielle par la Russie. Après la fin de la Guerre froide, l'expansion de l'OTAN vers l'est et notre capacité militaire ont été ressenties comme une menace viscérale par les Russes. (...) Les sous-marins russes que nous voyons sont bien plus furtifs, ils ont des systèmes d'armement avancés et des missiles qui peuvent atteindre des cibles à longue distance. Leur opérabilité loin de leurs eaux territoriales est également meilleure".

Journaliste : "La Russie déploie agressivement des missiles balistiques et des sous-marins d'attaque en nombre jamais vu depuis la Guerre froide (...) Cette alarmante montée en puissance (...) De plus en plus inquiets du développement des sous-marins russes, les États-Unis et ses alliés de l'OTAN mènent des exercices."

Pour donner au lecteur apeuré une petite dose d'adrénaline supplémentaire est évoqué l'amusant épisode de mardi en mer Baltique, quand deux Sukhois ont fait du rase-motte au-dessus de l'USS Cook. Il est vrai que les images sont assez impressionnantes mais, même si le Pentagone était furieux, les aimables facéties des pilotes (les avions n'étaient pas armés) n'avaient pour but que de montrer légèrement les crocs : Que venez-vous faire si près de chez nous ?

Car c'est évidemment là tout le nœud du problème et la chute de l'article, cachée au milieu du texte, le confirme : "Les États-Unis pensent que le regain d'activité russe a plusieurs objectifs, notamment empêcher l'OTAN et les États-Unis d'opérer dans le soit-disant étranger proche de la Russie."

Ah d'accord... Maudits russes ! leur pays est trop proche des bases US.

Le péril jaune... heu non... rouge... non plus... russe !

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Jean 17/04/2016 22:16

"Maudits russes ! leur pays est trop proche des bases US."
Excellent !

theuric 17/04/2016 14:55

Ce qui me parais étrange c'est que je n'aie rien à dire au sujet de la Russie.
En fait, son action, pour l'instant, me paraît si logique d'évidence que je ne vois pas quoi en rajouter.
Étant entendu que je ne suis ni pour ni contre Monsieur Poutine et son pays, tout en reconnaissant la cohérence de son action, les réels chefs d'état étant si rare.

theuric 17/04/2016 14:44

Cette appétence pour les Amériques ne cesse de me fasciner, autant que ça m'agace, et cela jusqu'au plus grand des ridicules, jusqu'à la soif de leurs plus glorieuses fadaises: le rap y a conquis le monde.
Le désir de leur ressembler en une toute puissance impériale rêvée, d'être le dernier bastion d'une idéologie concentrée autour d'une pensée politique purement économique, ceci après l'effondrement du communisme, l'autre face de cette même doctrine économiste, d'un syndrome de Stockholm généralisé ou ce que je nomme la démocratisation des signes de puissance, de pouvoir et de richesse, voire un petit peu de tout cela en serait peut être bien quelques-une des causes.
Lorsque comme tout empire, celui U.S. aura disparu, une forte tentation quasiment généralisée se fera jour parmi les pays et les peuples, celui de le remplacer, or, les places seront chers et rares, chers parce que rares, en fait, il n'y en aura pas, de place de remplacement, d'ailleurs ce sera ça qui rendra impossible, rend déjà impossible une quelconque forme de gouvernement mondial.
En fait, l'une des questions qui se fera jour pour les U.S.A., lors de sa ruine, sera le rapatriement de ses troupes égayées aux quatre coins d'une planète d'une belle rondeur.
Le mercenariat, la pire des armées selon Machiavel, risquerait bien d'avoir de beaux jours devant lui.
Et le nombre des apprentis impériaux fort nombreux.

Observatus geopoliticus 18/04/2016 20:15

Quand on lit les classiques de l'Antiquité, on se rend compte que ce n'est pas très différent de l'acculturation des territoires conquis par Rome. Plus ça change...
Bien à vous