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Chroniques du Grand jeu

Divina sanctio

1 Août 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Europe, #Gaz

Ainsi, le système impérial a décidé d'aller jusqu'au bout dans sa confrontation avec la Russie et l'intégration eurasienne. A l'image d'un McCain à moitié gâteux tirant ses dernières salves avant de rejoindre l'enfer, l'Etat profond de l'hégémon déclinant, désormais réfugié au Congrès américain, choisit la voie jusque-boutiste. Un grand classique de l'Histoire. C'est comme ça que les empires chutent ; c'est également comme cela que les grandes guerres commencent...

Les sanctions de Washington ont immédiatement été qualifiées par Poutine d' « illégales et extrêmement cyniques », le président russe parlant même d' « impudence » américaine. La patience de Moscou a atteint ses limites et Vladimirovitch, d'habitude mesuré, n'a pas fait le voyage pour rien :

Désormais, ce sera du tac au tac et les provocations ne seront plus laissées sans réponse. Le temps de la tolérance est passé et ce sont comme on le sait 755 vrais ou faux diplomates (combien d'espions parmi eux ?) états-uniens qui vont faire leurs valises, même si le Kremlin, magnanime, leur laisse jusqu'au mois de septembre. Bien que cette décision soit en réalité un simple retour à la parité, cela constitue la plus grande expulsion de personnel diplomatique des temps modernes. On comprend que l'ambassadeur US soit déçu...

Et ceci n'est qu'une première réponse aux expulsions hivernales d'Obama, d'autres devraient suivre afin de riposter plus spécifiquement au vote sardonique du Congrès (on parle par exemple des exportations de titane dont dépend Boeing) pour « ramener les Etats-Unis à la raison ». Car ces sanctions, dont l'objectif est double, ne trompent évidemment personne.

Il s'agit d'abord de torpiller tout rapprochement américano-russe voulu contre vents et marées par Trump, qui sera d'ailleurs obligé de signer la loi car un veto présidentiel sera facilement contourné (revote aux deux tiers) comme lors de l'affaire Obama-Saoudie. Le bill du Congrès est particulièrement machiavélique en ce sens qu'il lie les mains de la Maison blanche ; le texte prévoit en effet un mécanisme inédit empêchant plus ou moins le président américain de lever les sanctions.

Grand jeu oblige, il s'agit surtout d'intimider les Européens afin de rompre l'intégration énergétique de l'Eurasie et, en particulier, saboter le Nord Stream II. Il n'est évidemment pas anodin que ce vote intervienne au moment où la guerre syrienne est perdue pour l'empire, barrant définitivement la route aux pipelines pétromonarchiques vers le Vieux continent qui auraient permis d'isoler énergétiquement la Russie.

Union Européenne, Allemagne, France ou encore Autriche sont vent debout contre ces sanctions qu'ils jugent illégales et « violant le droit international » ; Bruxelles et Berlin menacent de répondre par des mesures de rétorsion. Nous évoquions ce bouleversement il y a un mois quand la crise était déjà dans les tuyaux :

Suite aux sanctions susceptibles de toucher des entreprises européennes impliquées dans le Nord Stream II, Berlin n'en démord pas et continue sur sa lancée :

«Nous estimons qu'il est inacceptable qu'une loi [américaine] puisse demander aux Européens de renoncer au gaz russe pour nous vendre du [gaz] américain à la place, à un prix bien plus élevé», a lancé le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel le 29 juin, en visite officielle en Russie, rapporte le quotidien allemand Handeslbatt. (...)

En outre, un communiqué commun signé le 15 juin par le chancelier autrichien et le ministre allemand des Affaires étrangères a précisé : « L'approvisionnement énergétique de l'Europe est une question européenne qui ne concerne en rien les Etats-Unis d'Amérique. C'est à nous [les pays européens] et non aux Etats-Unis de décider de qui nous livre notre énergie et de quelle façon. »

C'est nouveau, ça... Les euronouilles ont, sous pression américaine, torpillé le South Stream qui aurait pourtant rapporté des bénéfices considérables, notamment dans les Balkans ; ils ont laissé pendant des années Washington faire la pluie et le beau temps énergétique. Et voilà que soudain, le Vieux continent ouvre un oeil, affirme (dans les mots en tout cas) son refus. Quelle révolution copernicienne : trente ans de vassalité européenne volent en éclats et l'on voit des signes d'un retour aux années 80, quand les Etats défendaient encore leurs prérogatives énergétiques face aux Américains, comme dans l'affaire du gazoduc sibérien.

Que s'est-il donc passé ? La réponse tient en cinq petites lettres : Trump. Ou plus exactement son élection. L'empire n'a plus de direction, plus de centre de commande, les vassaux s'égaillent dans la nature et se retournent contre l'ancien maître. Phénomène classique.

Un retour sur ce gazoduc sibérien n'est pas inutile car il montre la gradation dans l'asservissement énergétique de l'Europe à l'empire :

Au hasard des lectures, votre serviteur est tombé sur un rapport parlementaire en date du 3 février 2016 portant sur l'extraterritorialité de la justice américaine. Dans un parallèle entre les impérialismes athénien et US, nous avions vu l'importance de la question :

Dans le domaine juridique, les tribunaux athéniens devinrent progressivement seuls compétents pour les affaires intéressant les citoyens des cités alliées qui allaient désormais à Athènes plaider leur cause. Ce transfert de souveraineté judiciaire n’est pas sans faire penser à l’évolution actuelle avec les amendes infligées à BNP-Paribas ou à la banque suisse UBS. C’est à l’époque de George W. Bush, que les Etats-Unis décidèrent que leurs lois s’appliqueraient à tous ceux qui exercent tout ou partie de leurs activités sur le sol américain, sont cotés sur une bourse américaine, y effectuent des opérations bancaires ou utilisent le dollar pour leurs opérations financières ou commerciales. Sont ainsi visées la quasi totalité des banques et des grandes entreprises mondiales, car le dollar est encore la monnaie dans laquelle se libellent la plupart des contrats commerciaux. Dans la guerre économique qui fait rage, les Américains veulent imposer leur modèle de régulation juridique et le font à travers un chantage relativement simple : si vous voulez vendre ou produire aux Etats-Unis, si vous voulez utiliser le dollar, vous obéissez à nos lois. Et vous adhérez à notre vision du monde… Ces décisions, prémices d’un droit extraterritorial appliqué par l’empire dominant, nous font en fait revenir 25 siècles en arrière.

Cette approche est bien sûr risquée car susceptible de torpiller le rôle du dollar, pilier de l'empire. Mais les Etats-Unis n'en ont cure, tellement cela leur paraît naturel, comme l'explique en introduction le rapport parlementaire en question (p. 15) :

Du point de vue défendu à Washington, la plupart des lois et pratiques que nous qualifions d’« extraterritoriales » – et critiquons en tant que telles – ne le sont pas.

Les États-Unis adoptent parfois des dispositifs délibérément extraterritoriaux destinés à sanctionner des entités étrangères, généralement des entreprises, qui se refuseraient à appliquer certaines de leurs règles, par exemple l’arrêt des « transactions » de toutes natures avec des personnes, entités ou États ciblés comme terroristes ou pratiquant la prolifération nucléaire.

Mais il est notable qu’ils ne considèrent pas comme extraterritoriales les dispositions qui justifient, selon eux, la plupart des sanctions financières infligées ces dernières années à nos entreprises ou nos banques pour des faits de corruption ou de non-respect d’un embargo économique américain : certes ces entreprises étrangères effectuaient à l’étranger les transactions ou les versements de pots-de-vin qui leur ont valu des amendes, mais comme elles ont utilisé les facilités de New-York pour compenser des opérations en dollars, ou bien y sont cotées à la bourse, cela suffisait, du point de vue qui est mis en avant, à les soumettre de plein droit à la loi américaine au même titre que des entreprises américaines. Les juristes américains soutiennent qu’il ne s’agit pas d’une application extraterritoriale de leurs lois, puisque « quelque chose » rattachait toujours les faits en cause au territoire américain. Pourtant, on le verra dans la partie du présent rapport consacrée à l’analyse juridique, ce « quelque chose » est parfois bien ténu et discutable.

Attitude typique d'un empire nombriliste pour lequel les territoires lointains - l'Europe en l'occurrence - doivent naturellement suivre la voie du centre et s'y conformer. Or, cela n'a pas toujours été le cas... En p.119 est rapportée l'affaire du gazoduc sibérien :

Au début des années 1980, la France et l’Allemagne étaient entrées en négociation avec l’URSS pour accroître la fourniture de gaz soviétique à l’Europe occidentale, ce qui passait par la construction d’un gazoduc depuis le gisement d’Ourengoï en Sibérie. Un consortium fut alors constitué, comprenant plusieurs filiales européennes d’entreprises américaines.

Cependant, l’administration américaine était décidée à bloquer un projet qui renforçait la dépendance européenne aux hydrocarbures soviétiques et devait amener des devises à l’URSS. Suite à l’instauration de la loi martiale en Pologne en décembre 1981, le président Ronald Reagan décréta des sanctions économiques contre l’URSS, notamment dans le secteur énergétique, qui s’imposaient également aux filiales américaines à l’étranger. Cela n’empêcha pas la signature du contrat avec les Soviétiques et la Communauté européenne réagit aux pressions américaines par des mesures radicales, comme la réquisition des entreprises qui prétendaient appliquer les sanctions américaines ou la menace de poursuites pénales contre elles.

Après une phase de grande tension, où les États-Unis révoquèrent les licences d’exportation de certaines entreprises européennes, l’évolution de la situation politique (avec la libération de M. Lech Walesa en Pologne) permit un apaisement : les États-Unis levèrent leurs sanctions et rétablirent les licences européennes suspendues.

Sous la Guerre froide, le Grand jeu énergétique, déjà... Mais ce qui frappe, c'est évidemment la réaction furieuse du Vieux continent. La construction européenne, projet américain dès le départ, n'en était qu'à mi-chemin dans les années 80 : CEE non fédérale, institutions sans réel pouvoir, Etats qui avaient encore leur mot à dire etc. Bref, une Europe qui, si elle s'était engagée en catimini sur le chemin de ce qu'elle allait devenir, à savoir une simple succursale états-unienne, n'était pas encore suffisamment intégrée pour suicider les intérêts européens au profit de tonton Sam. Sur l'événementiel de la méchante passe d'armes euro-américaine lors de cette affaire de gazoduc, on pourra lire ceci

Les choses changent partiellement la décennie suivante (p. 119-120) :

En 1996, le Congrès avait adopté les lois dites Helms-Burton et d’Amato-Kennedy qui sanctionnaient délibérément les entreprises non-américaines qui auraient certaines activités économiques à Cuba, en Libye et en Iran. Ce qui était encore la Communauté européenne avait là-aussi réagi vivement (de même que d’autres pays pourtant très liés aux États-Unis, comme le Canada). La réaction européenne avait comporté :

– l’adoption d’un règlement interdisant aux citoyens et entreprises communautaires de se conformer à ces lois (voir encadré infra pour plus de détail) ;

– une saisine de l’OMC (procédure non aboutie car abandonnée) ;

– la recherche d’une solution politique négociée.

De fait, la réaction européenne avait été efficace : lors du sommet Communauté/États-Unis du 18 mai 1998, les deux parties étaient parvenues à un accord sur la levée des procédures contre les entreprises européennes qui étaient dans le viseur de l’administration américaine (notamment Total pour ses investissements en Iran) et des dispositifs durables de dérogation au profit de ces entreprises, en échange d’engagements européens de principe (tels que tenter de dissuader l’Iran d’acquérir des armes de destruction massive).

Nous sommes alors en plein apogée de l'empire US, après la chute de l'URSS et avant le retour de la Russie et de la Chine. Le traité de Maastricht a été approuvé, l'euro et l'Europe fédérale sont dans les cartons, le noyautage systématique des institutions européennes par Washington commence. Si les pays du Vieux continent se défendent encore, c'est avec un seul bras...

Et nous en arrivons à nos années 2010. L'UE n'est plus que le faire-valoir de l'empire qui peut également, deux précautions valent mieux qu'une, se reposer sur ses hommes de paille à la tête des Etats : les fameux partis dits "de gouvernement" (UMPS en France, CDU-SPD en Allemagne etc.) passés au moule des Young leaders (...)

Aujourd'hui, ce château de cartes est en péril et ce blog l'a suffisamment documenté ces derniers mois, ce qui ne démonte apparemment pas les jusqu'au-boutistes. Les vassaux de l'empire tentent-ils un dernier baroud d'honneur avant que l'inévitable principe de réalité ne revienne en force ?

Il est revenu... Après l'acmé impérial 1996-2016, qui portait déjà en germe son déclin, nous voilà rendus au début des années 80 et à l'affaire du gazoduc sibérien, quand les Européens défendaient encore leurs intérêts.

L'élection de Trump, le Brexit mais aussi la défaite du "camp du Bien" en Syrie ont envoyé d'immenses ondes de choc et le château de cartes ne tient plus qu'à un fil. L'on assiste d'ailleurs à l'autodestruction, "au carré" si l'on peut dire, de l'unité impériale. Après l'intronisation du Donald à la Maison blanche, l'on a en effet un temps considéré Berlin comme la deuxième Washington dans un remake de L'empire hors les murs, avec Frau Merkel dans le rôle de régente. Une sorte d'alliance Congrès US + euronouilles face à l'axe Trump-Poutine. Or, c'est cette alliance même qui est aujourd'hui elle aussi en train d'éclater avec le vote du Congrès et la rébellion européenne contre celui-ci !

Il est encore trop tôt pour savoir si les dirigeants européens résisteront aux faucons états-uniens ou s'ils feront une Tisza, du nom de ce premier ministre hongrois qui, en 1914, s'opposa aux velléités guerrières de la partie germanique de la double monarchie d'Autriche-Hongrie avant de céder, avec les conséquences que l'on sait pour le monde et pour son pays, amputé des deux-tiers.

Mais la recomposition tectonique à laquelle nous assistons laisse de toute façon rêveur. Pour résumer très schématiquement en trois dates (respectivement, il y a un an, six mois et aujourd'hui) :

  • Congrès + Maison blanche + UE     VS     Moscou
  • Congrès + UE                                  VS     Moscou + Maison blanche
  • Congrès                                           VS     Moscou + Maison blanche + UE

Le constat est terrible pour le système impérial... Le plus piquant est de voir à la fois le Donald et les Européens, qui ne s'apprécient guère, c'est bien connu, suivre chacun de son côté le même mouvement de rapprochement avec la Russie.

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Euclide 04/08/2017 16:37

@ caracole

Vous pouvez lire aussi le blog " Sans a priori" du 1 er Aout archivé 2047. avec comme titre : Vénézuela en crise . 10 articles récents pour faire sa propre opinion.

gebe 04/08/2017 15:23

@ caracole

Je vous conseille pour le Vénézuela le site suivant : http://www.les-crises.fr/

Caracole 04/08/2017 15:05

Bonjour OG,
J'ai vu quelques mentions du vénézuela dans les commentaires.
Est-ce qu'un article un peu plus détaillé est en préparation ?
Merci!

Barteleby 04/08/2017 01:00

Bonsoir O.G,

merci pour tous vos articles, allez-vous consacrer un petit billet à la bataille des jured Ersal, où la Résistance Islamique vient d'expulser anosra du Liban définitivement et libérer en prime 5 de ses prisonniers chez icelle dans l'Idlibistan ? Bien à vous.

Jimoni 03/08/2017 18:26

La politique étrangère demande de la cohérence, mauvaise période pour les États-Unis, c'est dommage de se diviser autant sur des questions aussi importantes. Après... tant pis pour eux !

Eric83 03/08/2017 10:22

Las, le gouvernement russe a manifestement décidé de signifier la fin de la récréation au gouvernement US. Les propos de Medvedev attaquent frontalement et lourdement Trump, le Congrès et "l'establishment" US.
Le gouvernement russe est-il à ce point convaincu que Trump sera destitué ou ce coup de pied dans la fourmilière est-il destiné à un autre objectif ?

https://fr.sputniknews.com/international/201708021032503377-russie-usa-guerre-commerciale-medvedev/
http://www.zerohedge.com/news/2017-08-02/russian-pm-medvedev-us-just-declared-full-blown-trade-war-russia

Eric83 03/08/2017 09:51

«Poutine devrait remercier le Congrès», estime un journaliste de Forbes.
Ouaaah, un journaliste de Forbes qui ose un article lucide sur les conséquences négatives des sanctions US à l'encontre de la Russie mais aussi de l'Iran.

https://fr.sputniknews.com/international/201708021032499689-forbes-poutine-congres-sanctions/
https://www.forbes.com/sites/wadeshepard/2017/08/01/russia-and-iran-partner-up-as-the-us-turns-its-back/#1a13eb9c5f63

Observatus geopoliticus 03/08/2017 10:38

@ Eric
Pas si étonnant, cher Eric. Forbes a toujours été bien plus honnête que la MSN traditionnelle, par exemple sur la crise ukrainienne. Dans plusieurs billets passés, vous trouverez des articles de cette revue en liens-source.

Euclide 03/08/2017 09:02

Lu dans la presse que l'Iran estime que l'accord passé avec les 5 grandes puissances sur l'accord du nucléaire est " violé" pat le nouvel embargo .
Ca va swinguer dans le Golfe Arabo-persique.

Lithan 03/08/2017 00:27

Article intéressant. Du bon boulot comme d'hab !
Néanmoins, je serai rassuré si ce n'était pas vous Loup Bureau, ce journaliste indépendant arrêté en Turquie pour "terrorisme" après avoir passé quelques temps avec les Kurdes d'Irak.
Bien à vous.

Observatus geopoliticus 03/08/2017 10:46

@ Lithan
Soyez rassuré, tout va bien. Courage à ce Loup Bureau qui a frayé avec les YPG syriens (non irakiens), héros pour le monde entier, "terroristes" pour Ankara.

Yannchik 02/08/2017 21:47

"Au hasard des lectures, votre serviteur est tombé sur un ..."
Si j'ai bien suivi, vous êtes enseignant, alors je dis merci au Maître (et au serviteur si il vous plait) pour cet historique lumineux.

Trouvé çà qui m'a fait hurler de rire :
http://www.dedefensa.org/article/quand-lavrov-plaisante

Observatus geopoliticus 03/08/2017 10:49

@ Yannchik
Merci à vous, cher ami.
Oui, le sémillant Sergueï ne résiste jamais à la possibilité de faire un bon mot. Un grand diplomate à l'ancienne...

jef 02/08/2017 21:29

@ Tous.

Vous êtes autrement avertis que je ne le suis mais je me demande si nous ne commettons pas le même type d'erreur que ces forcenés de la sanction en raisonnant trop étroitement en termes de contre-sanctions et de rétorsions.
Pourquoi, pour prendre l'exemple du titane, la Russie perdrait-elle un marché? Peut-elle ainsi raisonner dans le contexte d'une guerre économique qui va voir les USA l'affronter en même temps que la Chine et l'Europe? Ne faut-il pas plutôt chercher une riposte sinon dans un front uni vis-à-vis de l'Empire du moins dans une certaine convergence? Par exemple, devant l'OMC?

Et puis, nous n'avons pas envisagé l'aspect financier et monétaire. Il y a sans doute dans les cartons, comme dirait l'ami Grognard, des mesures dont l'annonce a pu être retardée...

jef 03/08/2017 15:50

La traduction française du lien donné par Gilbert_P:

http://lesakerfrancophone.fr/ce-que-nous-reserve-la-nouvelle-administration-trump

Gilbert_P 03/08/2017 15:15

ne s'agirait-il pas de ceci:
http://www.zerohedge.com/news/2017-01-21/pepe-escobar-heres-how-trump-presidency-will-play-out
??

Observatus geopoliticus 03/08/2017 10:48

@ Bertrand
Auriez-vous un lien vers cet article qui m'avait échappé, cher Bertrand ?

Bertrand 02/08/2017 22:18

si je me souviens bien, Pepe Escobar a expliqué fin 2016 qu'une partie du deep state et du complexe militaro-industriel soutenait Trump pour que politiquement Trump arrive à rapatrier les industries vitales d'un point de vue matériel militaire délocalisées en Chine depuis des années..

Kissinger est prétendument du coté de Trump. mais je n'en suis pas certain..

Bertrand 02/08/2017 14:18

l'organisation de coopération de Shanghai voit déjà deux de ses membres se menacer d'une guerre.
ce ne sont que des déclarations, mais..

https://www.rt.com/news/398315-china-threat-india-war-doklam/

Grognard 04/08/2017 22:55

Bonsoir Bertrand,

Regardez qui fait bouillir la marmite de chaque côté.
Ici un colonel, là un général à la retraite.
Autant dire des 3éme couteaux.

Je crois que le premier objectif recherché est d'éviter la politique du fait accompli.
La seconde est de flatter la fibre nationaliste sur laquelle les 2 régimes s'apuient lorsque cela les arrange.
Inde et Chine ont trop conscience que l'OCS est la meilleure solution pour régler ma question du leadership régional pour que l'un d'eux fasse le pas de trop.

Observatus geopoliticus 02/08/2017 14:40

@ Bertrand
Oui, je voulais en parler depuis quelques semaines déjà. Prochain billet ?

Hamilcar Barca 02/08/2017 13:15

@Observatus Geopoliticus
Mon cher OG
J'ai lu avec une attention particulière ce billet qui analyse les convulsions agitant le 2ème cerveau * de l'Empire, à savoir le Deep State, et les projections que l'on peut en tirer.
* l'autre étant la Maison Blanche: comme pour tout organisme atteint de gigantisme, le fonctionnement de l'Empire a plusieurs centres moteurs. Pensez aux Diplodocus (un cerveau dans le crâne et un autre dans la queue) et à la façon dont ils ont fini.

Je mettrai mon grain de sel sur 3 points de votre exposé.
Le premier concerne le choc en retour de sanctions décidées par une bande d'excités +/- manipulés (voir plus bas), si les Russes se fâchent vraiment. Vous citez une possible "guerre du titane", métal qui a pris une place incontournable dans la métallurgie moderne. Comme vous le dites justement, l'industrie aéronautique, et surtout la militaire, en est une grande consommatrice. Et lorsque Poutine a fermé le robinet en 2007 car GW commençait à l'ennuyer un peu trop, la sortie du 787 "Dreamliner" a pris un an de retard. Mais le titane est aussi incontournable dans la fabrication d'installations industrielles, notamment dans l'agro-alimentaire. Ce qui fait que l'Allemagne est le premier acheteur mondial de ce métal.
Quant à la production, voyez la liste des pays:
http://www.worldatlas.com/articles/top-titanium-producing-countries.html
Un embargo russe sur le titane à destination des USA serait difficlement compensé, tant pour des raisons techniques que politiques, par une hausse de la production des autres pays. Il frapperait au coeur l'Empire dans un de ses fleurons, l'industrie aéronautique, dont on peut être sûr que le puissant lobby s'agiterait comme un diable dans un bénitier.
Il n'y a pas que le titane: sans passer en revue tous les métaux et minerais stratégiques que produit la Russie, on peut citer:
- les diamants industriels, indispensables - entre autres - à l'industrie pétrolière: la Russie en est le 1er producteur mondial devant l'Australie; mais les diamants russes sont d'une qualité très supérieure à celle des australiens;
- le platine, indispensable entre autres à la fabrication des pots catalytiques: là, l'impact d'un embargo russe serait moindre, mais ferait à tout coup flamber les cours
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_platinum_production
Et le consommateur US paierait sa voiture plus cher
Etc, etc.

Le deuxième point concerne les réactions européennes et surtout allemandes. J'ai découvert avec intérêt ce rapport de 2016 sur les activités bancaires. AMHA, je pense que le monde politique n'a pas bougé devant les avanies infligées à ce secteur, car son fonctionnement est à tout le moins opaque. Par contre, l'extension de la loi américaine aux entreprises du secteur industriel est une arme pointée sur le coeur de l'Allemagne. Ces entreprises allemandes ont besoin de la Russie pour vendre, mais aussi pour acheter. Il n'y a pas que les hydrocarbures (voir plus haut).
Je ne pense pas que les politiques allemands, Frau Merkel en tête, éperonnés par leurs industriels, acceptent ce diktat. Ca va certainement chauffer!

Le troisième point concerne la part revenant à Israël dans l'origine de ce bazar. Sans faire de complotisme ou exagérer le poids du lobby pro-israélien à Washington, on peut constater deux choses:
- la réponse à la vieille question: "A qui le crime profite-t-il?" est évidente, Israël ayant toujours clamé son opposition (c'est un euphémisme) à toute évolution politique susceptible - selon lui - de porter atteinte à sa sécurité. Donc l'ire US contre le Hezbollah, l'Iran et son allié Michka lui va bien, pour le moins
- depuis 70 ans qu'il existe, l'Etat hébreux s'est quand même fait une spécialité d'envoyer parfois les autres au casse pipe quand cela servait ses intérêts, procédé que l'on ne saurait sur le fond lui reprocher.
Si la Russie prend des contre-mesures affectant par exemple l'aéronautique américaine, il est fort possible que la Deep America, foncièrement hostile au lobby pro-israélien de Washington, exprime sa rogne à ses représentants au Congrès.

Bien cordialement

Hamilcar Barca 02/08/2017 18:42

@Archange

Mon cher Archange,
Tout ce que vous signalez est exact, mais vous n'en tirez pas les conclusions idoines, AMHA :-)

Tout d'abord, la métallurgie, comme la chimie lourde, se situe en amont des industries de transformation. Une perturbation sur la branche de la métallurgie qui traite des "métaux exotiques" aura forcément une répercussion en aval, mais pas dans toutes les industries de transformation, bien sûr.
Pour revenir au titane, l'impact sur l'industrie automobile serait infinitésimal, mais il n'en irait pas de même chez les géants de la chimie fine que vous citez. Les installations de l'industrie chimique sont de grandes consommatrices de titane, pour leur maintenance ou leur développement. Un embargo russe sur le titane à destination des USA ne ferait pas souffrir que l'aéronautique américaine.
Et les majors allemandes de la chimie seraient prises entre l'embargo russe et les sanctions US. De quoi les faire réagir auprès de Frau Merkel, je pense.

Enfin, je partage tout à fait votre avis sur la compensation de la pénurie d'un métal incontournable par la mise en exploitation de nouveaux gisements. Pour la chose militaire, on peut penser sans risque de se tromper que les USA ont des stocks stratégiques.
Mais, franchement, vous voyez Boeing expliquer aux clients du 787 (fait quasi exclusivement de titane et de composites): "Ah, désolés, on ne va pas pouvoir vous livrer en 2019 ... Va falloir attendre 4 ou 5 ans ...".

Bref, je ne pense pas que les excités du Congrès aient pris la dimension des contre-mesures qui pourraient être suscitées par leurs sanctions. Une réplique russe associée à une accès allemand de mauvaise humeur aboutirait donc à une situation connue aux échecs: le pat.
Ou, si vous préférez, à: "Je te tiens/ Tu me tiens/ Par la barbichette ...".
Et là, au Congrès, on commencera peut-être à réfléchir.

@Grognard
Mon cher Grognard
Vous me posez une colle très en dehors de mes champs habituels d'investigation.
Je vous avoue que je n'en sais rien, mais il doit y avoir des contributeurs de ce blog aptes à vous répondre.

Bien cordialement à vous deux

Bien cordialement

Archange 02/08/2017 15:29

Cher foudre phénicien,

Les USA ont des moyens de pression sur l'industrie allemande autrement plus efficaces que la Russie. La production nord-américaine et le marché US sont aussi importants que l'Europe pour industrie automobile et pour la chimie-pharmacie allemandes. L'achat récent de Sigma-Aldrich par Merck et de Monsanto par Bayer renforce encore l'intégration germano-américaine de cette dernière. Que pèse politiquement le travail des métaux face à l'industrie automobile et à la chimie-pharmacie ? Adoncques les allemands et les autres euronouilles avaleront la couleuvre des sanctions après quelques semaines ou mois de spectacle.

Quant au titane, l'arrêt des livraisons russes ne serait qu'une gêne temporaire. Même si le Kazakhstan et l'Ukraine les suivent, dans 3-5 ans l'accroissement des productions australienne, sud-africaine, canadienne, etc auront largement compensé le retrait russe. Ces états ont des gisements qui ne sont pas exploités car peu rentables. Ils peuvent facilement être mis en exploitation si les prix s'élèvent. Le prix du titane serait plus élevé mais cela n'est qu'une gêne.

Grognard 02/08/2017 15:24

@ Hamilcar Barca

Bonjour,

Concernant des réactions allemandes je me pose une question.
Quelle est leur réelle marge de manoeuvre?
Ou en est le gvt allemand dans la récupération de son or et peut-être plus important, les sanctions contre la deutchbank, l'affaire est-elle définitivement réglée?

Observatus geopoliticus 02/08/2017 14:38

@ Hamilcar
Ah cher suffète, vous voilà enfin de retour parmi nous, c'est un plaisir. Quelques remarques sur votre message toujours intéressant :

- Ce que vous dites sur les exportations russes est effectivement primordial. On peut d'ailleurs se demander si, en donnant jusqu'au 1er septembre, Poutine n'a pas en réalité laissé la porte ouverte aux excités pour qu'ils amendent leur décision. On imagine que certains coups de fil ont été passés à Boeing & Co pour leur dire de ramener à la raison les hystériques du Congrès...

- Je peux me tromper mais j'ai l'impression que, cette fois, les euronouilles n'accepteront pas le diktat US. Beaucoup trop d'intérêts sont en jeu...

- Je n'ai pas nié l'existence à Washington du lobby israélien qui a un poids énorme dans l'approche US biaisée du conflit israélo-palestinien. Il serait idiot de prétendre le contraire. Il a également un poids conséquent, quoique déjà légèrement moindre, dans la politique impériale au Moyen-Orient.
Mais désolé (et je ne m'adresse pas à vous ici), je ne vois pas ce que le lobby israélien vient foutre dans les sanctions anti-russes, ou le putsch ukrainien, ou les tentatives d'immixtion en Asie centrale, ou la guerre du gaz, ou l'extension de l'OTAN, ou le containment de la Chine dans les mers orientales, ou les guerres de Tchétchénie, ou les révolutions colorées, ou la guerre de Géorgie en 2008 etc. etc.
Quand je vois des sites pourtant de qualité comme le Saker expliquer tout cela par le lobby sioniste, j'ai envie de leur conseiller d'arrêter la fumette. C'est complètement ridicule... Il y a quelque chose de bien plus grand, bien plus profond ; cela s'appelle précisément le Grand jeu, les intérêts géostratégiques, la nécessité d'isoler le Heartland, de diviser l'Eurasie. Ramener cette partie d'échec colossale aux petites simagrées de tel ou tel lobby me donne l'impression de passer de Sun Tzu et Clausewitz à Paris Match...

Bien à vous, cher suffète (et n'oubliez pas votre promesse ^^)

ZZZ 02/08/2017 11:40

@OG,je suis d'accord pour dire que "quelque chose cloche" mais avec l'affirmation selon laquelle "le lobby sioniste adore le Donald".Sinon comment expliquer par exemple l'accord russo-états-unien qui permet le déploiement de troupes russes au Sud syrien sans expulsions préalables du HezbAllah et/ou de toute milice alliée à l'Iran,bêtes noires d'"israel"? Du coup "israel" ne peut plus bombarder le Sud de la Syrie comme bon lui semblait.C'est bien Trump qui a permis cela au détriment des intérêts du régime sioniste.A moins que cela soit le fait de l'incompétence crasse de Trump (ce dont je doute).
@Grognard,j'ai entendu l'acronyme MICE il y a quelques semaines de la bouche d'un agent de la DGSE qui s'exprimait dans un excellent documentaire diffusé sur FR3 (c'est assez rare de voir un programme de qualité à la télé française pour le souligner).Et oui,la DGSE devrait penser français (tout en maîtrisant un certain nombre de langues étrangères).Mais ici comme ailleurs l'influence anglo-saxonne est prégnante...

Observatus geopoliticus 03/08/2017 10:41

Je replace ici la réponse de ZZZ et la mienne :

### ZZZ ###
Mise au point à l'adresse d'OG.Je continuerai de désigner "israel" par régime sioniste dans votre forum et ailleurs car je ne suis ni neutre ni objectif mais simplement dégoûté par sa politique constamment injuste,illégale,cruelle et bestiale.Et contrairement à "la presstituée qui parle de "régime de Assad",je ne suis payé par personne pour écrire ce que j'écris.Je suis donc libre et ne transige ni avec la vérité ni avec mes convictions.Ce n'est pas dans l'air du temps mais je suis allergique au sionisme,au wahabisme et au crétinisme de la bien-pensance.(Notez que ces trois courants sont souvent alliés de circonstance). Et ce n'est pas à 42 ans que je vais développer une tolérance vis-à-vis de ces trois maux.Enfin,j'ose espérer qu'avoir des convictions n'altère pas gravement nos capacités de réflexion et d'analyse.
Bien à vous.

### OG ###
Conviction ou pas, justifiée ou pas, vous vous condamnez à ne pas pouvoir être pris comme une source fiable sur cette question. Libre à vous...

Observatus geopoliticus 02/08/2017 13:59

@ ZZZ
Oui, c'est la première petite "trahison" de Trump vis-à-vis d'Israël et elle intervient seulement maintenant. Or cela fait plus d'un an que le Donald se fait quotidiennement traîner dans la boue par le Deep State et sa MSN. Les deux faits ne sont donc pas corrélés.
Non, mon cher ZZZ, vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, ça ne colle pas... A moins que le lobby israélien/sioniste ne soit totalement schizophrénique, ce n'est pas lui, ça ne peut pas être lui qui est derrière l'hystérie anti-Trump.

NB : Juste un petit conseil. A titre personnel, on peut penser ce que l'on veut d'Israël, mais parler de "régime sioniste" ne donne pas une image de neutralité et d'objectivité. Vous savez, c'est comme les articles de la presstituée qui évoquent le "régime Assad" : on sait d'entrée que l'article en question sera totalement biaisé et pas sérieux. C'est la même chose ici. Que chacun essaie de mettre de côté ses préférences idéologiques/politiques pour analyser sereinement la situation...

Bien à vous

Grognard 01/08/2017 21:10

Bonjour à tous,

La première chose qui me vient à l'esprit à la lecture de ce dernier billet d'OG; c'est que les US ne savent plus ou donner de la tête, que leur attirail se limite aux sanctions (vous verrez qu'ils finiront pas interdire les Nations de commercer avec eux) et cela en ouvrant plusieurs fronts ou en entretenant plusieurs foyers.
Dans ces conditions je les vois mal faire les marioles contre l'Iran.
Au plus continueront-ils à rouler des mécaniques dans le golfe persique.

@ Madudu je suis d'accord pour intégrer le Vénézuela dans l'équation et pas seulement parce que ce pays possède des ressources d'or noir.
Quelle image de puissance projette les USA quand ils se font autant secouer dans ce qu'ils considèrent comme leur arrière cour?
On doit sourire du côté de Bejin lorsque ces même USA évoquent des sanctions.
Ai jeu de je te tiens tu me tiens par les bons du trésor cela pourrait devenir assez vite intéressant.
Puisque nous sommes dans cette partie du monde accuser la Russie et la Chine de ne rien faire contre la Corée du Nord c'est tout bonnement avoir perdu la face.
L'on sait l'importance que cela revêt dans cette partie du monde.

@ Jef je crois que la riposte aux sanctions US était dans les cartons depuis un bon moment et que le gvt russe attendait que les US lui fournissent l'opportunité de mettre un bon coup de torchon.
De plus il y a des élections en Russie l'année prochaine.
Il faut donc s'attendre à ce que le gvt russe soit moins tendre ; d'autant que je pense que V Pourine se représentera. Il ne voudra certainement pas laisser le cheval au milieu du gué.

@ ZZZ au sujet de l'acronyme MICE alors la DGSE pense mal si elle ne pense pas en français.
Comme certains de ses agents visitent ce blog...

@ Serge et Simplet Oui ce serait de bonne guerre de laisser l'arrogante Allemagne aller au casse pipe en solo.
Une façon comme une autre pour lui apprendre à elle aussi à ne pas confondre vassaux et alliés.

ZZZ 01/08/2017 19:28

@OG,ce n'est pas une surprise que je suis en désaccord avec vous.Par exemple,affirmer sans nuance que "Trump était le candidat désigné d'Israël" est exagéré.La Clinton l'était tout autant comme tous les candidats au poste de POTUS depuis des lustres.Le Saker a été constant et cohérent en disant que les électeurs états-uniens ont eu raison de voter pour Trump pour tenter de renverser l'establishment et essayer d'améliorer les relations avec la Russie mais très vite Trump a prouvé sa faiblesse envers l'Etat profond (épisode du lâchage de Flynn).
"lobby pro-israélien/sioniste n'est finalement pas si puissant que ça aux Etats-Unis, ou du moins il n'a pas voix au chapitre dans toute une série de dossiers (Russie, Ukraine, gaz, UE...)" écrivez-vous.Quel lobby est si puissant pour convaincre 98 Sénateurs sur 100 de voter contre les intérêts et la sécurité de leur propre pays si ce n'est le lobby néo-conservateur/sioniste/israélien (avec une partie du complexe militaro-industriel) ? D'autant plus que le lobby du pétrole s'arrache les cheveux à chaque sanction supplémentaire contre la Russie en relation avec l'énergie.
Au delà de la géopolitique,il y a des évènements qu'on apprend du Saker comme le fait que Poutine faisait partie de la crème de la crème du KGB.Ou encore ses délicieuses métaphores comme celle-ci :"Washington DC is starting to look like a kindergarten on LSD – something both funny and disgusting."

Observatus geopoliticus 01/08/2017 23:53

@ ZZZ
- "Par exemple,affirmer sans nuance que "Trump était le candidat désigné d'Israël" est exagéré. La Clinton l'était tout autant"
>>> Pas vraiment, l'hilarante était surtout la candidate des Saoudiens/Qataris et avait en tout cas la préférence des Palestiniens.

- "Le Saker a été constant et cohérent en disant que les électeurs états-uniens ont eu raison de voter pour Trump pour tenter de renverser l'establishment et essayer d'améliorer les relations avec la Russie mais très vite Trump a prouvé sa faiblesse envers l'Etat profond"
>>> Certes, mais ça n'a rien à voir avec ce que je dis. Au-delà de ses nombreuses qualités, le Saker traîne comme un boulet son obsession idéologique d'Israël et du lobby sioniste. Ce n'est pas une tare en soi sauf quand cela influe sur l'analyse géopolitique. D'ailleurs, on sent dans ses écrits depuis quelques mois un certain malaise, ça bat de l'aile... Il sent bien que quelque chose ne colle pas, que l'hystérie anti-Trump ne peut être le fait du lobby sioniste qui, au contraire, adore le Donald.
On pourrait aussi parler de Jared Kushner, l'idole du sionisme militant, traîné dans la boue par la MSN. Quelque chose cloche et le Saker est trop intelligent pour ne pas le voir, même s'il préfère pour l'instant botter en touche et ne pas se remettre en question.

"Quel lobby est si puissant pour convaincre 98 Sénateurs sur 100 de voter..."
>>> Le "lobby" impérial (Deep State, CIA etc.) L'impérialisme hystérique inhérent à la puissance maritime qui assiste à son déclin et voit que tout commence à lui échapper. Grand jeu, Grand jeu...

"... si ce n'est le lobby néo-conservateur/sioniste/israélien"
>>> Tautologie. Je mets en doute que les lobbies néo-con et sioniste soient les mêmes, en tout cas dans certains dossiers, et vous les regroupez quand même d'autorité sans expliquer pourquoi. En Ukraine, le lobby néo-con était aux premières loges, le lobby israélien un peu moins si l'on en juge par la position critique de la presse israélienne vis-à-vis du putsch néo-nazi...

" Au delà de la géopolitique,il y a des évènements qu'on apprend du Saker comme le fait que Poutine faisait partie de la crème de la crème du KGB.Ou encore ses délicieuses métaphores comme celle-ci :"Washington DC is starting to look like a kindergarten on LSD – something both funny and disgusting.""
>>> Je ne discute pas les autres qualités du Saker.

digger 01/08/2017 18:07

Bonjour,

Fidèle lecteur de ce blog depuis quelques années, je me permet de vous soumettre ce lien : http://www.unz.com/article/collateral-damage/ au sujet de la soumission Française ( voir le nom des auteurs de la commission d'enquête parlementaire cité dans l'article et leur scores aux dernières élections législatives)
Un hasard?...

Observatus geopoliticus 01/08/2017 18:23

@ digger
Merci pour ce lien, cher ami. Il est frappant de constater que même des vassaux patentés comme Elisabeth Guiguou sont cette fois vent debout contre les menaces américaines.

serge 01/08/2017 17:55

Il reste à voir si l'Allemagne va réellement se bouger. Avec Nord stream I puis II, les allemands avaient, outre leur approvisionnement, prévu de devenir le robinet de gaz pour l'UE (au bout de ces tuyaux russes), moyen pratique de continuer à bloquer toute vélléité de départ de la zone UE (et/ou euro). Leur choix de l'atlantisme profond pour s'éviter un investissement dans la défense et leurs ventes de produits manufacturés aux US leur permettait un confort politique et stratégique pratique. Vont-ils s'arrêter aux effets de manche?
Il conviendrait que les pays ayant quelques relations difficiles avec les allemands comme les italiens et nous les laissent prendre les risques, pour une fois. Mais avec la tripotée de rigolos que nous avons pour gouverner, cela va être coton.

Yom 01/08/2017 17:49

Les USA jouent donc au jeu de l’exclusivité dans les affaires : on peut faire du commerce soit avec eux, soit avec la Russie, mais pas avec les deux.

Sans doute leur poids économique le leur permet-il. Le manque à gagner suite à une évacuation du marché américain par nos entreprises serait énorme. Et il serait probablement très loin d’être compensé par les affaires que nous ferions avec la Russie (même avec un regain avec la Chine). Je rêve pourtant que nos dirigeants en aient assez entre les jambes pour leur répondre « chiche ».

Je me pose des questions par rapport au TAFTA. Ce traité de libre échange aurait-il gravé ce rapport de force économique encore plus profond dans le marbre, en rendant illégale l’hypothèse du « chiche » ? Ou aurait-il au contraire mis des bâtons dans les roues des politiques de sanctions commerciales américaines, celles-ci devenant illégales car entravant le libre échange que, jamais ô grand jamais, rien ne doit entraver ?

António Lico 01/08/2017 16:11

La reponse diplomatique de la Russie fut irreprochable et fera certainemant doctrine.
Le Grand Jeu...bien c'est une course de longue durée.
Bien à vous.

simplet 01/08/2017 15:30

Ne devrait-on pas aussi voir cela comme une immense partie de Texas hold'em entre Trump et les néocons, plutôt qu'une partie de strip poker avec l'UE, enfin surtout l'Allemagne suivie par ses valets bredouillants et inconsistants de couleur suit generis de la Milka!
Le zozo Mac quelque chose (nono,non, pas ron..) a un cancer du cerveau, donc une grande possibilité de fils dénudés qui se touchent et produisent des étincelles. Cela ne signifie nullement que nous avons là un sénateur éclairé. Le message a probablement été introduit vers la matière pas encore trop nécrosée par les revanchards du Clinton's club. On pousse, on pousse contre les ennemis extérieurs pour perturber les alliés de l'intérieur. De là a enclenché la grande lessiveuse nucléaire...?
Quant à la comparaison des puissances opposées, cela me semble un peu ridicule, vu les capacités des uns et des autres à tout démolir de multiples fois par chacun. Il serait plutôt question de savoir qui ira le plus vite et le plus loin. Les popov's ayant pratiquement tout renouvelé, la balance de technologie la plus récente serait en leur faveur, même si les restes sont encore efficaces chez Yank's. J'aimerais ne pas avoir à vérifier.
Putin s'est lâché, ok! n'est-ce pas pour donner un p'tit coup de main à son nouveau pote?
Putin est devenu le poid décisif entre Chine et US. Si les US veulent durer encore un peu, ce sera avec l'aide du Tsar. Cela les néocons n'ont pas encore compris.

jef 01/08/2017 14:55

Nous ne serions pas sur un site de géopolitique, si vous ne consacriez, cher Scrutateur, l'essentiel de votre billet au Grand Jeu, aux forces qu'il met en jeu, aux risques qu'il présente.

Mais permettez-moi de revenir un instant sur la question strictement diplomatique: elle me semble, en effet, riche d'enseignements...et savoureuse.

1) Ce qui amuse encore et toujours est de constater la surprise et même la stupeur des adversaires de Poutine (et de la Russie en général) à une riposte qu'ils n'attendaient visiblement pas (au moins dans son ampleur et pour l'impasse dans laquelle elle les mets). Certains devaient même se bercer de l'illusion qu'il n'y en aurait aucune ou alors sans portée.
Comme on aimait à le dire dans ma jeunesse, les Meules du Seigneur broient lentement mais finement.

2) Ce qui convainc est la force des principes. En fonction du seul principe de réciprocité, l'expulsion de 70 diplomates ou personnels techniques aurait paru disproportionnée. En se référant à la parité (une autre forme de l'égalité), c'est à un nombre de dix fois supérieur qu'on aboutit. Sans que les USA puissent se plaindre (ce principe de parité est diplomatiquement reconnu ) ou riposter par de nouvelles exclusions (ou saisie de bâtiments) sauf à voir encore réduite et limitée leur représentation.

3) ce qui se savoure est que, ne s'agissant pas d'expulsion mais de réduction, la sélection des personnels à faire rentrer ou à congédier revient aux Ricains. Là,franchement, on jubile.
Nos Pieds-Nickelés seront-ils contraints à faire un croix sur le faste des Dîners de Monsieur l'Ambassadeur en congédiant le petit personnel russe si habile à ne pas renverser champagne et Rochers de leur plateau?
Ne devront-ils pas s’empoigner pour apprendre qui de la CIA, de la NSA et autres agences devra retirer le plus d'agents?
Et les équipes de l'ancien et du nouvel ambassadeur? Se crêperont-elles le chignon entre ceux à recycler et ceux à installer? Qu'en sera-t-il des missions économiques et commerciales?

Les Canards us ont fait noirci des tonnes de papier avec des hectolitres d'encre sur l'ingérence russe aux USA. La National Endowment for Democracy peut maintenant pleurer des seaux de larmes sur ce coup d'arrêt à l'ingérence de l'empire.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:44

@ Jef
Quelques remarques sur vos différents points, cher Jef :
1) Surprise de gamins capricieux et égocentriques qui s'imaginent qu'ils ont tous les droits. Cela correspond assez à la description des dirigeants/journalistes occidentaux depuis 40 ans...
3) La petite phrase de Poutine - "Nous les laisserons choisir lesquels ils veulent faire rentrer chez eux" - est délicieusement perfide. J'imagine avec jubilation le casse-tête actuel et les échanges fébriles entre le Département d'Etat et le siège de la CIA... Petit dialogue imaginaire quoique vraisemblable :
- Celui-là on le garde en place.
- Mais alors on doit retirer celui-ci. Or, nous en avons besoin...
- Retirez alors celui-là.
- Impossible, il s'occupe des visas.
- Mais lui nous donne des renseignements...

ZZZ 01/08/2017 14:35

Si je peux me permettre,je recommande la lecture de la dernière livraison du toujours excellent Saker original (en anglais).http://thesaker.is/sanctions-smoke-and-mirrors-from-a-kindergarten-on-lsd/

Posadagr 01/08/2017 18:22

On remarque à plusieurs reprises qu'on traite d'Israël, du sionisme et de leur politique comme si elle était uniforme et unidimensionnelle.. cf. Saker ... Or, elle semble être plutôt variée.. on pourrait parler au moins d'un Israël de "gauche" et de "droite"..

Pour une représentation du point de vue de sionistes de "gauche"... une belle brochette dans cette émission (Basharan, Moïsi, JD Merchet).. profondément anti bibi mais pas anti sionistes.. ^^ (Et Caroline Roux qui sue de peur que la conversation s'enflamme..)
https://www.youtube.com/watch?v=mgZVjxZBIik (C dans l'air 26-12-16)

Trump supporté par une certaine aile de "droite" d'israël (liée en partie au likoud .. en partie...) certainement.. détesté par l'aile gauche certainement aussi.

Alors qu'il est compliqué de regarder ces pseudos débats sur la télévision française, tellement ils dégoulinent de propagandes... parfois on peut y déceler des choses intéressantes... sur la video à partir de 28:56 Moïsi (qui n'est pas breton..) exprime franchement les craintes d'une partie des israéliens à l'encontre de Trump..
D'ailleurs, voir l'hystérie de bcp de médias français à l'encontre de Trump.. qu'on ne peut certainement pas caractérisés comme anti-sionistes ... (Drahi et cie).

Observatus geopoliticus 01/08/2017 16:44

@ ZZZ
honnêtement, j'ai trouvé cet article d'une grande médiocrité intellectuelle et n'ai même pas pu le terminer. De tous les lobbies, il ne garde que le lobby israélien (?) puis nous dit que ce lobby ne concerne pas Israël (??) mais représente le lobby des néo-cons (???) Acrobaties rhétoriques pour tenter maladroitement de cacher qu'il est complètement à côté de la plaque. Incapable de se remettre en question, le Saker reste prisonnier de ses présupposés qui ont pourtant explosé en vol ces derniers mois...

Plus généralement, beaucoup de "vérités" acceptées ont été remises en cause ces derniers temps, à la surprise générale :
1. Trump était le candidat désigné d'Israël. Or Trump est couvert de boue depuis des mois par le gang Deep State/néo-cons/médias. Conclusion qu'est incapable d'admettre le Saker : le lobby pro-israélien/sioniste n'est finalement pas si puissant que ça aux Etats-Unis, ou du moins il n'a pas voix au chapitre dans toute une série de dossiers (Russie, Ukraine, gaz, UE...)
2. Les grandes majors pétrolières (Exxon par exemple) sont catastrophées par les sanctions contre la Russie qui leur fait perdre des milliards. Pourtant, personne ne les écoute et le Deep State et le Congrès qu'il a noyauté doublent la mise. Conclusion : le lobby pétrolier américain n'est finalement pas si puissant que ça...

Une seule vérité demeure, inébranlable : l'obsession de diviser l'Eurasie, donc d'isoler la Russie. Pour ce faire, le système impérial est prêt à tout, y compris à s'asseoir sur les lobbies qui lui sont traditionnellement liés.

Euclide 01/08/2017 14:05

@ Charles Michel post de 13 H 07
Ma réponse est le titre d'une chanson de 1956 " Que sera, sera" . Ce qui signifie " Arrivera, ce qui doit arriver "
Quelques experts américains considèrent le Donald comme un très grand président malgré ces déboires.
Pour le reste, prions pour que la guerre mondiale n'arrive pas

ZZZ 01/08/2017 13:13

"(...)l'Etat profond de l'hégémon déclinant, désormais réfugié au Congrès américain, choisit la voie jusque-boutiste. Un grand classique de l'Histoire. C'est comme ça que les empires chutent ; c'est également comme cela que les grandes guerres commencent..." C'est très juste à ceci près que les conflits en des temps anciens se réglaient par une plus ou moins brève guerre régionale alors qu'aujourd'hui l'arme nucléaire ne laisse personne à l'abri...
En tout cas,on sent une guerre larvée parmi les différents centres du pouvoir états-unien que le limogeage du Scaramucci,3 semaines seulement après sa nomination,ne dissipe pas. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/07/31/anthony-scaramucci-le-sulfureux-directeur-de-la-communication-de-donald-trump-limoge_5167173_3222.html
Je ne crois pas trop à une révolte des élites européistes.Elles pourraient subir ce que la DGSE appelle "MICE" pour Money,Ideology,Compromission,Ego,des moyens de pression très dissuasifs pour les dirigeants récalcitrants à la ligne de la CIA.D'ailleurs,je me demande si les difficultés actuelles de Micron (dont la dernière salve de documents fuités opportunément par Wikileaks) ne seraient pas dues à sa tentative de rapprochement avec M.Poutine...
Bref,une très bonne mise à jour par OG (en ces temps d'accélération de l'Histoire) des relations internationales entre les grandes puissances mais qui n'a rien de rassurant.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:38

@ ZZZ
Concernant la réaction européenne, je ferais la même remarque qu'à Monertov plus bas :

"Bien sûr, on sait tous ce que valent les euronouilles... Mais en l'occurrence, le Congrès attaque ici le coeur de l'économie du Vieux continent qui, sans gaz russe, retournera à l'âge de pierre. Et ça, nos petits eurocrates le savent parfaitement. Même le vassal le plus soumis finit par se rebeller quand on pousse trop.
A suivre..."

Charles Michael 01/08/2017 13:07

je note beaucoup de prévisions catastrophiques dans les réactions de mes collègues Observati.
je ne les partage pas.

Le noeux gordien de la guerre ou la paix repose entre les mains de l'Allemagne et de la France et c'est plutot sur les développements possibles de cette belle crise, made in USA, liée essentiellement aux désordre interne aux USA, que j'encouragerai mes camarades Distingués Observati d'excercer leurs larges capacités hypothético déductives.

Un fait; celui de la menace de l'UE de sanctionner durement la Pologne (suppression du droit de vote, donc de veto) sous prétexte de non respect dela doxa sociétale/démoKratique indique aussi bien une certaine répugnance à l'escalade anti-russe.
ça s'appelle faire le ménage et pourrait bien inclure un certain balayage aussi en Ukraine Kieviste.

L'UE ira-t'elle plus loin ? j'attendrai de voir.
cependant, comme les chiffres fournis précédement le montre les USA n'ont pas beaucoup et pour pas longtemps des capacités d'exportation de Gaz Liquéfiés.
Je sais, j'ai lu aussi les prévisions de BP à 2040; mais celle-ci sont basés sur des données économiques et non géologiques.
L'UE dans sa lutte contre le réchauffement, n'est pas forcément convaincue, encore moins convaincante avec son schéma Tout renouvelable/ voiture électrique. Le gaz est beaucoup moins polluant que le charbon, à fortiori que Le lignite, mais aussi que les carburants liquides, de plus pour quelques centaines d'€ les véhicules actuels peuvent y être adaptés.
Tout ça tourne au problème existentielle pour l'UE: to Gaz or not to Gaz.

La Russie, comme la Chine, sont à une décénnie maximum d'une parité militaire (hors nucléaire) avec l'Empire. Cet axe se renforce de l'Iran et autre régionaux, la Turquie est pas loin de pencher dans ce sens (les Sam 400 s'inscriraient dans ce tableau).
Laisser le temps est donc l'essence de leur stratégie.
La raison n'ayant pas prise sur les folamours, l'ironie et la fermeté assagiront-elles les crapules neo-connes. On verra après l'enterrement de MacCain ?

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:36

@ Charles
Ach, ne mentionnez pas les S-400 à la Turquie, j'ai ma boule dans le ventre qui revient...

Ady85 01/08/2017 13:05

Je pense cependant que Poutine est parfaitement au courant de la situation dans laquelle se trouve Trump et qu'il ne lui en tient pas rigueur à lui, c'est pour cela que je n'imagine pas un dérapage militaire grave de la situation entre les deux pays , notamment avec Trump à la maison blanche

Rouget 01/08/2017 11:48

Effectivement les Américains deviennent hystériques et c'est très mauvais signe... d'autant qu'ils ont les dépenses militaires les plus élevées de la planète Terre avec environ la moitié du total mondial (un fait extravagant quand on y pense) et que, s'ils perdent peu à peu de l'influence, ils ont encore de très beaux restes... surtout dans leur capacité de nuisance, pour ne pas dire de destruction.

En effet, Trump est un Président faible... mais comme Clinton l'aurait été aussi. Le pays est profondément divisé et ses élites en pleine guerre interne. La politique étrangère est à mettre en premier en regard de la politique interne, comme Tocqueville le mettait en garde sur les périls de la démocratie...

Le pire est dans doute à venir : l'Iran est dans le viseur. Si la Russie est contestée, il semble que Trump lui-même le veuille. Et ce serait désastreux. Voici, un exemple parmi tant d'autres, de la possible escalade à venir par le vieux loup Pat Buchanan, bien résumé et nourri de faits précis (la conférence parisienne sur l'Iran est lamentable...) http://www.unz.com/pbuchanan/is-iran-in-our-gun-sights-now/

Si vous pouviez nous éclairer sur ce sujet brûlant...

D'ailleurs Hubert Védrine avait un bon mot, entre parenthèses, dans la note transmise à l'équipe de Macron, sorti des fuites juste avant le second tour ! A lire, c'est très bon. https://uploadfiles.io/xfp86

PS : le système de commentaire est dysfonctionnel et plante régulièrement...

la grive 01/08/2017 20:54

De mon point de vue, les américains mènent une guerre contre l'Iran depuis plus de trente ans. Une guerre qui évolue par paliers à peu près tous les dix ans. Si celle-ci n'a pas encore pris une forme militaire, elle a tout de même un impact considérable sur le quotidien des iraniens.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:25

@ Rouget
Cela fait quinze ans que "la guerre contre l'Iran commence demain"... Sauf que, vu le fiasco irakien et afghan, même les plus hystériques des néo-cons y regardent maintenant à deux fois. Je peux me tromper mais je ne vois pas éclater une guerre ouverte.

Je ne gère hélas pas le système des commentaires. Mais je crois que vous devriez copier-coller ce que vous écrivez car, quand vous passez trop de temps sur la même page, elle se rafraîchit en perdant votre commentaire.

Pat 01/08/2017 11:29

Pendant ce temps :
- http://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/route-chinoise-Bhoutan-viseur-lInde-2017-07-30-1200866568
- http://lvsl.fr/etats-unis-chine-inde-risque-dune-guerre-generalisee
Quel est le jeu des USA ?

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:19

@ Pat
Le Grand jeu, facile.
Cela fait trois semaines que je souhaite évoquer cette querelle sino-indienne sur l'Himalaya, qui, pour le coup, n'a rien à voir avec l'empire US. Cela fera peut-être l'objet du prochain billet...

Vincent 01/08/2017 10:56

Du patrimoine yémenite ... ( la guerre sans nom ? )
http://www.entelekheia.fr/raids-saoudiens-pulverisent-patrimoine-yemen/

Pat 01/08/2017 22:10

@ Observatus geopoliticus
Je pense que c'est une brèche exploitable par l'empire. Mais à quelle échelle ?
J'attends votre billet sur ce sujet avec impatience
- http://french.xinhuanet.com/2017-08/01/c_136490695.htm
- http://www.presstv.ir/DetailFr/2017/07/18/528851/Tension-IndeChine-manoeuvre-militaire-de-Pkin

Monertov 01/08/2017 10:27

Un coup d'état à peine déguisé que ces nouvelles sanctions du congrès et un pas de plus vers la confrontation finale .Les dégénérés aux manettes de Washington continuent l'encerclement des frontières russes (installations de missiles Patriot en Estonie ,réactivation du conflit ukrainien avec l'envoi des nazis de Pravy Sector sur la ligne de front) et mettent en place les pièces sur l'échiquier qui mènent droit en enfer .La "rebellion " de l'Europe est une blague (nous connaissons tous les moyens utilisés pour la mettre au pas ) et il me semble que cette guerre, qui n'est pas à venir mais a déjà commencée,entre dans sa phase cruciale.Merci OG ,une fois de plus, pour votre remarquable travail .

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:16

@ Monertov
Je ne serais pas aussi catégorique sur la rébellion européenne, cher Monertov. Bien sûr, on sait tous ce que valent les euronouilles... Mais en l'occurrence, le Congrès attaque ici le coeur de l'économie du Vieux continent qui, sans gaz russe, retournera à l'âge de pierre. Et ça, nos petits eurocrates le savent parfaitement. Même le vassal le plus soumis finit par se rebeller quand on pousse trop.
A suivre...

Madudu 01/08/2017 09:53

Finalement Trump fait son job plutôt bien, l'état profond n'a jamais perdu autant en aussi peu de temps. À la fin des 4 années de son mandat ils ne seront probablement plus très loin de la mort clinique ^^

Je sais que ce n'est pas directement lié au grand jeu énergétique en Eurasie, mais c'est directement lié au déclin géopolitique de la nation esclavagiste : il semble qu'une guerre se prépare en Amérique du Sud, opposant probablement les esclavagistes par l'intermédiaire de leurs vassaux mexicain, panaméen et colombien au Venezuela, au chavisme et au tiers des réserves prouvées du pétrole mondial.

Un blog intéressant sur la situation au Venezuela : https://venezuelainfos.wordpress.com

Attention, parti-pris chaviste assumé ^^

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:12

@ Madudu
Attention de ne pas vendre la peau du néo-con avant de l'avoir scalpé, cher Madudu...
Moui, on se dirige doucettement vers une révolution colorée au Venezuela que ça ne m'étonnerait pas. En réalité, elle est déjà là depuis des années mais a rencontré un obstacle imprévu.

Charles Michael 01/08/2017 07:16

S'il n'en reste qu'un
je serai, je serai celui-là .................... là, je parle des aoutiens partis bronzer.

Article promis, article pondu et un vraiment magnifique, Merci et Félicitations à Stakanovich Observatus..

avant toutes tentations spéculatives, quelques chiffres basiques sur les choses gazeuses, quelques chiffres daté 2015 tirés de tableaux wikipedia, réduits à une comparaison US/Russie, nombre exprimés en milliards de m3:

– total réserves prouvées: Russie 48.810 > USA 9.860
– production: Russie 578 < USA 728
– consommation: Russie 391 < USA 778

En gros et très simplifié:, la Russie a 84 ans de consommation (Sans Exportater) les USA ont 12 ans de consommation (SE) devant eux.

Et les dirigeants même très euronouilles trop cuites ne peuvent l'ignorer.

note: les tableaux Wiki listent tous les pays Iran, Quatar, GB, etc...

Observatus geopoliticus 01/08/2017 17:02

@ Charles
Tout à fait, mon cher. Sous la tenure de Barack à frites, l'empire parvenait à "convaincre" les euronouilles que leurs intérêts n'étaient pas leurs intérêts. Nous avions alors atteint des sommets dans la schizophrénie de l'euroland : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/ca-gaze-o-duc-questions-reponses-sur-l-or-bleu.html
L'élection de Trump a eu le mérite de faire voler en éclat ce château de cartes et de faire revenir les euronouilles à un semblant de raison...

Euclide 01/08/2017 05:45

Bonjour OG,

N'étant pas en vacances et un peu insomniaque la teneur de votre billet correspond a celui du site " Sans a priori" du 30 juillet archivé 2044.avec comme titre " Sanctions contre la Russie par les USA ....L'Europe coince, va t'elle se rebeller ??? les réactions.
3 grands paragraphes dont le premier est : La folie de l'empire rapproche l'Allemagne de la Russie.
avec comme sous titre :
a) " Les imbéciles de de la pétaudière washingtonnienne"
b) " Le centre des affaires est, cette fois encore , une guerre de l'énergie"
c) " Ce qui nous amène à l'option nucléaire qui se profile à l'horizon " sous entendu un alignement de l'Allemagne vers la Russie et peut etre une alliance " Allemagne- Russie- Chine"
d) "Les USA la nouvelle Carthage" sous entendu l'auteur du billet estime que le congrès américain est pris de folie comme le sénat sous Carthage et qu'elle n'écoute pas le général Hannibal. pour sa pondération. et de conclure comme l'Antigone de Sophocle " que les dieux rendent fous ceux qui veulent perdre"
Bref, on frôle la 3 ème guerre mondiale .

Observatus geopoliticus 01/08/2017 23:28

@ Léa
"J'ai trouvé encore un autre élément, OG : il semble que le gaz américain, que les USA nous fourgueraient avec plaisir à la place du gaz russe, soit non seulement bien plus cher, mais aussi nettement moins abondant. D'aucuns doutent même de la capacité des USA à alimenter l'Europe du tout."
>>> Ma chère Léa, j'en parle depuis deux ans...

Léa 01/08/2017 22:48

Bonjour, Euclide et OG

Euclide, vos citations sont effectivement extraites de la traduction de l'article de Pepe Escobar cité en lien plus haut. Et oui, OG, Pepe Escobar est bien crédité en tant qu'auteur et la source, Sputnik News, est dûment citée. Heureusement...
http://www.entelekheia.fr/folie-de-lempire-rapproche-lallemagne-de-russie/

J'ai trouvé encore un autre élément, OG : il semble que le gaz américain, que les USA nous fourgueraient avec plaisir à la place du gaz russe, soit non seulement bien plus cher, mais aussi nettement moins abondant. D'aucuns doutent même de la capacité des USA à alimenter l'Europe du tout...
http://oilprice.com/Energy/Natural-Gas/The-Shale-Gas-Revolution-Is-A-Media-Myth.html

Observatus geopoliticus 01/08/2017 16:53

@ Euclide
Vous citez en réalité l'article du toujours excellent Pepe Escobar vers lequel je renvoie d'ailleurs dans mon billet :
https://sputniknews.com/columnists/201707291055991504-us-russia-sanctions-germany-trump/
J'espère que le site que vous mentionnez ("Sans a priori") a eu la courtoisie de donner sa source...
Bien à vous, cher Euclide