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Chroniques du Grand jeu

Questions sans réponses

12 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Nous n'évoquerons pas ici l'incompréhensible (doux euphémisme) accord entre Erdogan et Poutine pour l'achat de S400 par la Turquie, pour lesquels Ankara annonce avoir déjà réalisé un pré-paiement.

On sait qu'il y a deux ans, Israël s'était entraîné en Grèce à contourner le S300 dans l'optique d'une guerre contre l'Iran (on appréciera au passage la trahison grecque...) Désormais, et au vu des multiples retournements de veste du sultan, l'OTAN ou Tel Aviv seront susceptibles de piocher à loisir dans le nec plus ultra de la défense anti-aérienne russe tandis que les alliés historiques de Moscou (Iran, Syrie) se contenteront de poussiéreux systèmes moins avancés. Allez comprendre...

Mais c'est une nouvelle fois sur la Syrie que les interrogations les plus urgentes se  portent. Nous avons averti à plusieurs reprises que, malgré l'avancée gouvernementale, nous n'étions peut-être pas au bout de nos surprises. Nous sommes servis.

La dernière en date est la soudaine et rapide progression vers Deir ez-Zoor des SDF (qui rappelons-le sont des milices majoritairement kurdes mais comprenant aussi des bataillons arabes, le tout chapeauté par Washington). Aux dernières nouvelles, les SDF ne seraient qu'à 5 km de la ville.

Et là, c'est le brouillard, évidemment agrémenté de son lot d'intox comme le pseudo-bombardement d'un poste loyaliste par l'aviation US... Va-t-on vers une énième confrontation dans ce conflit qui n'en manque pas, cette fois entre Damas et les Kurdes, les deux grands vainqueurs de la guerre ? Ou au contraire assiste-t-on à un plan concocté en amont à Hambourg par Vlad et le Donald et mis en oeuvre par leur état-major respectif ? Dans le doute, présentons toutes les hypothèses :

  • L'empire contre-attaque : conflagration dans l'Est syrien

Nous avons expliqué à de très nombreuses reprises que le facteur premier de la guerre est la (re)constitution ou non de l'arc chiite, c'est-à-dire la mainmise sur la frontière syro-irakienne :

Dans notre grand jeu Qui mettra la main sur le territoire califal ? - question qui sous-tend à vrai dire tout le conflit syrien -, les loyalistes ont marqué plusieurs dizaines de points depuis un mois, pour le plus grand malheur de l'axe israélo-saoudien. Le blitz royal vers la frontière syro-irakienne a évidemment fait sonner toutes les alarmes à Riyad et Tel Aviv, permettant l'accès à la Méditerranée pour l'Iran (et même, dans le futur, pour les routes de la Soie chinoises).

Dans ce contexte, les SDF kurdisées du Rojava sont des proxies que l'empire utilise pour descendre vers le sud et tenter, non de couper car c'est trop tard, mais de réduire le corridor chiite :

Al Bukamal, bientôt le dernier bastion urbain de Daech et bataille ultime de la longue guerre syrakienne ? C'est bien possible... A moins que tout n'ait déjà été réglé par de discrets envoyés dans les couloirs du pouvoir à Moscou, Washington, Damas et Téhéran, l'on pourrait assister à une détonante convergence de l'armée syrienne, des YPG kurdo-américaines, des UMP iranisées et de l'armée irakienne. Deux contre un si l'on considère, dans le meilleur des cas pour les Américains, que l'armée irakienne restera neutre : le rapport de force n'est de toute façon pas en faveur de l'empire. Le tout face à une résistance désespérée de l'EI dont ce sera le chant du cygne. Chaud devant...

Et c'est la récente libération de Deir ez-Zoor par les loyalistes et le projet de ponter l'Euphrate (tous les ponts avaient été détruits par l'aviation américaine) pour passer de l'autre côté qui auraient fait sonner les alarmes, provoquant peut-être même la possible visite du prince héritier de Riyad à Tel Aviv.

Ainsi, l'actuelle avancée kurde serait l'ultime tentative d'un système impérial qui n'a pas lâché l'affaire et vise toujours, pour les beaux yeux des Israoudiens paniqués, à séparer l'Irak et l'Iran de la Syrie et du Hezbollah. Votre serviteur l'a expliqué tellement de fois, surtout du temps d'Obama, qu'il est inutile d'insister ; le fidèle lecteur en connaît par coeur les tenants et les aboutissants. Sauf que...

  • Entente américano-russe sur le dos de tout le monde

Quelque chose ne colle pas (plus ?) dans l'hypothèse ci-dessus et une simple carte le montre. Au printemps (avril-mai en l'occurrence), les Américains et leurs proxies avaient tout le temps du monde pour mettre la main sur la frontière syro-irakienne et couper définitivement l'arc chiite en deux alors que l'armée syrienne était encore à des années-lumière. Ils n'ont rien fait...

Pire, ils ont laissé sans bouger un orteil les loyalistes manger le territoire daéchique en Syrie centrale, couper l'herbe sous le pied des "modérés" d'Al Tanaf, progresser inexorablement le long de l'Euphrate au nord et libérer Deir ez-Zoor.

Et c'est seulement maintenant que l'empire, après des mois de sommeil, se réveillerait et déciderait que non finalement, il faut faire quelque chose ? Difficilement crédible.

D'autant plus que ce qui intéresse surtout les Israoudiens, c'est l'extrême-sud syrien (1) et la partie méridionale de la frontière syro-irakienne (2), moins sa partie septentrionale (3). Or l'on a vu que l'administration Trump avait laissé en plan Bibi la terreur et ses cris d'orfraie sur Deraa (1) et il est fortement question depuis quelques temps que la poche d'Al Tanaf (2) soit évacuée, y compris par les forces spéciales US. Dans ce contexte, on comprendrait mal que Washington ait soudain changé sa course et se mette en tête d'occuper le bout nord de l'interface chiite (3).

L'avancée kurde fait plus sûrement partie d'un plan concerté en haut lieu et il est d'ailleurs à noter que les médias de Damas ou de Moscou se gardent de la critiquer, ce qui pourrait être une indication. C'est plus ou moins confirmé par les dires des généraux de la coalition américaine qui affirment qu'un canal de communication existe entre l'armée syrienne et les SDF afin de ne pas se marcher dessus. Officiellement, l'opération kurde vise la vallée du Khabur, le principal affluent de l'Euphrate dans la région (les hachures de la carte représentent les opérations à venir) :

A noter également les déclarations du porte-parole des SDF, Talal Silo :

"Nous avons reçu des instructions claires selon lesquelles, après l'élimination de Daech, nous n'agirons pas contre le régime [Assad] ni contre les Russes, les forces iraniennes ou le Hezbollah."

Pas de conflit donc, mais pas un mot non plus d'un éventuel retrait des Kurdes, après la disparition de l'EI, de cette région pourtant fort éloignée de la zone de peuplement kurde (l'habillage "SDF" qui permet hypocritement d'y faire participer les tribus arabes ne trompe personne). Tout cela nous laisse délicieusement dans l'expectative...

Car si notre deuxième hypothèse (plan américano-russe en amont) est la bonne, nous n'en connaissons toutefois pas les modalités ni les conséquences, et une collision est toujours possible. Partage de zones d'influence de part et d'autre de l'Euphrate ? Tentative kurde de préparer l'après-guerre et de faire monter les enchères (les principaux puits de pétrole du pays se trouvent à l'est de Deir ez-Zoor, notamment dans la vallée du Khabur) ? Retrait des SDF de la zone contre le retrait des troupes syriennes encore présentes à Hassaké et Qamishlo, en plein Rojava ?

Voire - et nous revenons ici partiellement à la première hypothèse - échange de bons procédés entre les Kurdes et les Israoudiens : amincissement du corridor chiite contre reconnaissance par Riyad et Tel Aviv du droit à l'indépendance du Kurdistan. On avait vu que la Saoudie n'y était pas défavorable (pour des raisons tout à fait cyniques d'ailleurs). Israël vient également de s'y mettre en soutenant la création d'un "grand Kurdistan".

Tout est possible et l'avenir nous réserve encore certaines quelques surprises de derrière les fagots...

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Silk 22/09/2017 21:10

Pour ma part je pense qu'on donne bien trop d'importance à la vente de S400.
En effet il doit exister nombre de variantes et les russes n'exportent pas leurs modèles à utilisation nationale (tout comme certains de leurs avions, les USA font de même).
Par ailleurs, entre les clefs de contrôle bloquant l'utilisation et la maintenance, avec le fonctionnement du S400 (qui fonctionne en coordination avec beaucoup d'autres systèmes), non seulement les S400 vendus ne peuvent se retourner contre eux, mais de plus il faut supposer 2 choses :
- les S400 vendus différent de manière importante quant à leur mode de fonctionnement.
- la contrepartie obtenue par Poutine en valait le coup (par exemple permettre à Erdogan de sortir de la dépendance envers l'OTAN pour sa défense ...)

Observatus geopoliticus 22/09/2017 22:30

@ Silk
Sur la contrepartie, bof... Sauf surprise, la Turquie ne sortira pas de l'OTAN.

ericleconte 16/09/2017 11:27

lu dans la presse ce matin : des sanctions US contre la turquie en reponse au deal des S400 avec les russes... Et si c'etait ca le plan pour finir de désarimer la Turquie de l'Otan? Tout ca au moment ou des accords sur les zones de désescalades semblent avoir leurs premiers effets sur le terrain avec l'envoi de troupes Turques et iraniennes semble t il...

fb67 16/09/2017 10:45

Bonjour à tous,

Un article intéressant sur le Diplo de ce mois, sur le Rojana.
On y sent bien toute la diversité des kurdes, comme dit maintes fois ici, les partisans de Barjani n'ont pas la cote (emprisonnés, puis très suveillés.
L'ambiance a l'air plutôt sympa, très multi-raciale, ils ne veulent pas lâcher la Syrie, mais tiennent à leur autonomie (justice, enseignement, autodéfense...) et insistent: leur alliance avec les US est tactique, et temporaire.
Bon, c'est un reportage, pas une analyse...

Bon WE

Truc 21/09/2017 14:35

@ Madudu : "ils n'auront pas de problème et tout ira bien pour tout le monde". L'histoire des kurdes et plus encore celle du siècle écoulé leur a amplement montré que selon le dicton "les seuls amis des kurdes sont les montagnes" . Le régime d'Hafez leur a été relativement clément, et il a choyé l'établissement pour Ocalan d'une base arrière pour le PKK, même si les habitants kurdes du nord de la Syrie étaient alors dépourvu de statut juridique, entre autres avanies, l'histoire des kurdes en Syrie coïncide beaoup avec celle d'une humiliation continue. Mais sous Bachar, le reapprochement avec Erdogan a nettement aggravé le sort des Kurdes dans le nord de la Syrie, Bachar laissant de plus en plus de place à des acterus politiques proches de l'AKP turque. A partir de là, que les YPG se méfient d'une prise en tenaille Erdogan / Bachar Al Assad hautement probable, et misent entre autre sur une alliance tactique US, c'est la moindre des choses

Madudu 16/09/2017 18:36

Apparemment j'ai parlé trop vite, Sakharova a démenti.

Madudu 16/09/2017 11:01

Si effectivement ils n'attendent qu'une autonomie relative à l'intérieur de l'État syrien et qu'ils se détachent des amerloques après la capitulation de Daesh, alors ils n'auront pas de problème et tout ira bien pour tout le monde.

Ils viennent de prendre quelques bombes russes près de Deir Ezzor, comme quoi ils ont quand même besoin qu'un adulte responsable leur montre les limites ^^

daniel 14/09/2017 21:32

@ Observatus geopoliticus, votre 13/09/2017 21:00 : je trépigne d'impatience pour vos infos de première main au Rojava. A suivre régulièrement https://anfenglish.com/latest-news et http://en.hawarnews.com/ j'avais repéré de nouveaux visages mais ils se gardent bien de parler des dissensions internes. Les Turcs ou associés s'essaient à lancer des infos malveillantes sur le Rojava, régulièrement démenties. Prudence, je crois. Encore une fois, merci.

zevengeur 14/09/2017 17:44

En effet, le point chaud est en ce moment à l'est de l'Euphrate au nord et à l'est de Mayadine là où se trouvent les précieux champs de pétrole syriens.
C'est à suivre de très près.
Une intéressante analyse proposée par Hanibal Genseric :
http://numidia-liberum.blogspot.fr/2017/09/un-nouveau-clash-se-prepare-en-syrie.html

Pour les S400 vendus à Eerdogan, politiquement c'est un coup dur pour les atlantistes belliqueux de l'OTAN qui sont furax.
Après on peut supposer que le Vladimirovitch ne va pas lui vendre la dernière version mais une config plus proche des S400 de 2007, hé oui ces missiles ont déjà 10 ans !
(Il n'est pas fou et sait très bien sur le Sultan va s'empresser d'en refiler un ou 2 à l'ami américain pour dépiautage).

Ady85 14/09/2017 14:34

Bonjour Observatus.

Je sais que vous n'en parlez pas mais, le contexte géopolitique peut-il s'aggraver en raison de la Birmanie ?

Chine et Inde du côté de la Birmanie, et Occident + pays musulmans du côté des Rohingyas ?

bozi lamouche 15/09/2017 11:32

bonjour
l'Arabie seoud ne représente absolument pas les pays musulmans...qui les représente d'ailleurs ??...
par contre on peut parler de l'empire et ses sbires musulmans...
cordialement

Melenchton 14/09/2017 10:25

Bonjour ô brillant géopoliticien, et d'abord merci pour ce blog formidable.
Juste une petite question : pourquoi considérez-vous la collaboration helleno-israélienne comme une trahison ? Et d'abord vis-à-vis de qui ? La grèce ne fait-elle pas comme tout le monde, c'est-à-dire suivre une politique qu'elle estime conforme à ses intérêts ?

Janusstark 13/09/2017 22:29

Pour finir, les Kurdes ont-ils intérêt à rester alliés aux perdants de cette guerre ?

Kevin 14/09/2017 13:32

Bonjour,
Je pense que les kurdes ne sont pas naifs au point de faire confiance aux ricains. Depuis le temps, ils doivent savoir que les promesses n'engagent que ceux qui y croient ;-)
A mon humble avis, ils étendent au possible la zone sous leur contrôle pour avoir le plus de poids possible lors des négociations sur l'autonomie du Kurdistan syrien. J'imagine qu'ils comptent faire comme en Irak: une autonomie de facto, et si le gouvernement syrien refuse, on prolonge la guerre civile de quelques années...

Nesho 14/09/2017 10:03

Janusstark ,

Bien sûr qu'ils vont rester alliés des US , sans eux il n'y aurait plus de Rojava .
Kobané à été sauvé par les bombardements américains .
Ils vont pas se passer d'une telle assurance vie !
La question est plus tôt quand les américains vont les trahir ?

Janusstark 13/09/2017 22:28

" Partage de zones d'influence de part et d'autre de l'Euphrate ?" … Et tolérer des proxies adverses en plein milieu d'une zone de défense exclusive Russo-Irano-Hezbollo-(Irako)-Syrienne (autant dire, dans le dos)? Avec quelles garanties de stabilité pour la région? Quelle drôle d'idée se serait de donner à Israel aux abois, un allié providentiel de l'autre côté de l'Euphrate ; aux dépends de toutes les parties du processus d'Astana ! Peu crédible.

Après tant d'efforts, la Russie ne va pas inviter à un partage de la Syrie, mais continuer à exiger le respect de l'intégrité politique et territoriale et de la souveraineté de son allié, ainsi que du droit international. Cette position est, pour la Russie, d'une importance majeure, car elle procède de sa doctrine de défense et de sa stratégie diplomatique.

La grande inconnue demeure plutôt ce que le président Syrien propose(d'ores et déjà) aux Kurdes (en marge des promesses US) ; une proposition que de toute façon, nul ne pourra refuser, Russie oblige.

Il faut bien comprendre que la Syrie fait désormais partie du sanctuaire de défense stratégique russe (ce dernier est d'ailleurs appelé à s'étendre et se consolider du côté de la Turquie, via la future intégration de celle-ci dans l'OCS). Elle s'est employée à le signifier tout au long de cette guerre, par l'emploi de moyens vraiment spéciaux et en annonçant son ancrage à très long terme sur le territoire Syrien.

bozi lamouche 15/09/2017 11:49

Globalement je pense aussi que la turquie (re)devient asiatique : la géographie ne bouge pas comme ça ! ...c'est sa vocation...
ps : "les errements" constatés depuis quelques années chez erdogan semble en avoir fait une cible de choix , pourtant les dirigeants occidentaux et leurs alliés (ceux du BAO pour faire simple) ont ils été moins cruels et plus inspirés que lui ?? ont ils moins cupides, cyniques etc ??

Madudu 14/09/2017 11:22

Je suis assez d'accord avec Janusstark, tant sur la Turquie que sur le Kurdistan.

La Turquie a le cul entre deux chaises depuis quelques temps déjà, car quoi qu'elle soit dans l'OTAN ses intérêts divergent de plus en plus des projets états-uniens dans la région.

En premier lieu, comme vous l'avez dit Observatus, la constitution d'un Kurdistan indépendant est un casus belli pour la Turquie, alors qu'il s'agit d'un projet porté par les états-unis.

Mais la constitution d'un état sous occupation militaire états-unienne n'est pas une menace pour la seule Turquie, c'en est une également pour l'Irak, la Syrie, l'Iran et de manière indirecte pour la Russie (qui a besoin pour elle-même que le Moyen-Orient se stabilise).

Il y a donc un consensus régional contre la constitution d'un Kurdistan syrien (sous domination US), aussi il ne peut tout simplement pas se faire. En tous cas, un tel état ne pourrait pas durer.

Ce que la Russie, la Syrie et l'Iran pourraient accepter c'est une relative autonomie à l'intérieur de l'État syrien de manière à maintenir l'illégalité de la présence états-unienne, et de les forcer à s'en aller.

Cette option n'est pas celle qui réjouirait le plus la Turquie, pour qu'elle se réalise il faudra lui donner des garanties solides. C'est tout le sens des rapports de force actuels à mon sens : ce que les kurdes syriens pourront mettre sur la table des négociations ira contre les garanties que la Turquie exigera (de bon droit d'ailleurs).

Concernant la relation OCS-Turquie-OTAN je suis également d'accord avec Janusstark.

Les intérêts de la Turquie vont de plus en plus dans le sens de ceux du projet eurasiatique porté par Moscou et Pékin, et l'unilatéralisme occidental a montré trop clairement qu'on ne peut faire confiance ni aux US ni à l'UE. Surtout depuis le coup d'état manqué, qui n'a pas manqué de révéler la bienveillance états-unienne à l'égard d'un changement de régime en Turquie.

Et l'OCS ne semble pas du tout hostile à ce que la Turquie change de camp, à la fois parce qu'un accès sécurisé à la méditerrannée nécessite la coopération de la Turquie, et parce que la Turquie a un pouvoir de nuisance élevé tant en Asie Centrale turcophone (Ouïghours compris) qu'au Moyen-Orient.

Le statut donné à la Turquie de membre observateur de l'OCS est une indication claire que l'OCS cherche à renforcer sa coopération avec la Turquie.

Les rapprochements actuels Turquie-Iran et Turquie-Russie vont également dans le même sens.

Par alleurs Erdogan a exprimé cette possibilité dès 2013 selon Wikipédia (article de Mai 2013 du The New Turkey, dont les archives commencent en juin 2013 ...), et a répété l'exercice en Novembre 2016 :

https://www.reuters.com/article/us-turkey-europe-erdogan/fed-up-with-eu-erdogan-says-turkey-could-join-shanghai-bloc-idUSKBN13F0CY

Le changement de camp ne manquera pas de prendre du temps, mais si la diplomatie turque maintien sa trajectoire actuelle elle est inéluctable à mon avis.

Observatus geopoliticus 14/09/2017 06:19

@ Janusstark
1- Cela fait des années qu'un partage des zones de part et d'autre de l'Euphrate est évoqué. Pas si "peu crédible" que ça... C'était peut-être la condition américaine à un arrêt du soutien aux djihadistes immodérément modérés.
2- Il a été démontré à plusieurs reprises, y compris ici, qu'Assad n'est pas le pion de Moscou et a sa propre ligne qui diverge parfois de la ligne russe. Concernant les Kurdes, Assad a freiné des quatre fers durant des années :
http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/03/rififi-autour-des-kurdes.html
3- "La Turquie intégrée à l'OCS" : c'est pas demain la veille, LOL... Personne ne veut de la Turquie, et certainement pas Pékin.

Janus, il faudrait que vous vous renseigniez un peu plus, notamment dans les billets plus anciens, avant d'asséner vos "vérités" qui n'en sont pas...

Pagol 13/09/2017 21:27

Mercredi 13 Septembre 2017, chose curieuse, de le monde au figaro, on clame la victoire de Assad et Poutine sur l'EI à Deir ez Zor. Les carottes sont vraiment cuites.

Kevin 14/09/2017 13:35

On clame la victoire ou on s'en désole? ;)

serge 13/09/2017 16:34

J'oserais deux suggestions:
- Pour l'est de Deir ez-Zoor (plutôt l'est de l'Euphrate), ce serait la possibilité d'y coller les kurdes. Accès à l'eau qui manque quand même dans le coin, sachant que la Turquie a monté quelques barrages en amont de l'Euphrate qui réduit quelque peu la dispo. Et accès à du pétrole qui compenserait les conflits, pour l'instant à bas bruit, autour de Kirkouk dans le futur "libéré" de Daesch de l'Irak. Ceci en échange du retrait de tous les kurdes basés sur la frontière syro-turque au Nord qui filent de gros boutons à Erdogan.
- Pour les S400 achetés par les turcs (avec un prêt de 400 millions de la Banque Mondiale quand même), il faut voir le contexte. Déjà pas très avancé, l'accord avec l'UE est quasi définitivement clos, Merkel (qui dirige l'UE) en ayant récemment rajouté une couche. Erdogan n'est intéressé par l'OTAN que par sa composante européenne au sens débouché de travailleurs turcs, produits agricoles turcs et investissements UE en Turquie. La synergie avec les US n'était que dans le cadre des conflits possibles à venir avec les voisins immédiats, ce qui semble se tasser vu la recomposition actuelle de la région et le recentrage fort religieux du pouvoir turc. Il peut sembler prévisible que la Turquie sorte de l'OTAN et se recadre sur tous les accords Eurasiatiques en grande évolution.

Observatus geopoliticus 13/09/2017 21:09

@ Serge
Vos points ne tiennent pas, cher ami.
1- les Kurdes syriens ne vont pas quitter leur habitat multiséculaire (voire plus) simplement pour faire plaisir à Erdogan et Washington... On ne déplace pas des populations comme ça, nous ne sommes plus au temps des rois assyriens...
2- La direction turque, comme celle de tous les pays d'Europe de l'est d'ailleurs, est au contraire beaucoup plus attachée à l'OTAN qu'à l'UE périclitante.
Bien à vous

Madudu 13/09/2017 15:09

Il y aura confrontation si les kurdes s'attaquent aux puits de pétrole, dont les premiers sont situés au Sud-Est de Deir Ezzor entre l'Euphrate et son gros affluent (le Khabour).

Ça me paraît improbable, ce serait une déclaration de guerre pure et simple, et pour gagner quoi ? Il doit s'agir d'une opération en quelque sorte conjointe avec les loyalistes dont les tenants et les aboutissants nous échappent, à nous qui ne sommes pas dans le secret ^^

Eric83 13/09/2017 14:43

Question avec maintenant une réponse : les US ont-ils armé clandestinement et dans la plus grande opacité des "rebelles"au gouvernement de Assad ? Il semble que le doute soit levé, que c'était et que c'est toujours le cas :
http://www.zerohedge.com/news/2017-09-13/bombshell-report-catches-pentagon-falsifying-paperwork-weapons-transfers-linked-orga

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:48

@ Eric
Oui, c'était un secret de polichinelle...

Janusstark 13/09/2017 14:05

C'est-à-dire que le système S400 n'est pas qu'un simple lanceur d'engin. C'est un lanceur d'engin couplé avec le système de renseignement aérospatial russe basé en Russie (satellites compris). Autant dire que plus rien des activités de l'Otan en Turquie n'échappera à la Russie ; et que la Turquie vient d'opter pour le parapluie stratégique Russe. Une énorme perte pour l'Otan. Voilà la clef de l'accord entre Poutine et Erdogan.

Yom 14/09/2017 10:57

De ce que j’en comprend, avec ces S400 déployés en Turquie, le système de défense russe global disposera désormais de capteurs au cœur même du dispositif « ennemi ».

J’imagine par ailleurs que les russes garderont, en dernier recours, la main sur un certain nombre de choses.

Cela me rappelle d’ailleurs un détail datant de la première guerre du Golfe qui m’a toujours un peu chiffonné. L’on se souvient tous des tentatives de Saddam Hussein d’entraîner le reste de la région dans le conflit en s’en prenant à Israël. Qu’Israël réponde de façon armée, et c’était la totalité du monde arabe qui devait supposément voler au secours de l’Irak.

Fort heureusement, aucun missile Scud (de fabrication russe) ne toucha Tel Aviv, mais on voyait sur toutes les télés du monde des journalistes inquiets quand il en tombait un « à moins de trois kilomètres ».

Comment ? En 1945, les premiers missiles ont été mis en service et les allemands étaient capables de toucher Londres et d’en terrifier la population avec leurs V2. Et en 1990, après un demi siècle de perfectionnement du principe du missile, les Scuds auraient été incapables d’atteindre une ville à quelques 350 km ? D’accord, cela fait plus à parcourir que le survol de la Manche. Mais enfin, la technique s’était considérablement perfectionnée depuis les bouts de ficelle de Von Braun.

Aussi, je n’aurais pas été trop surpris que l’on ait pu croiser à cette époque, dans le désert, quelques touristes russophones munis de grosses radiocommandes …

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:51

@ Janusstark
Je ne comprends pas la relation que vous faites entre le passage par les satellites russes et le fait que Moscou saura tout des activités de l'OTAN en Turquie.
Les Russes savent de toute façon déjà tout ce qui se passe en Turquie avec leurs satellites et moyens de renseignement, puisqu'ils ont apparemment prévenu Erdogan lors du putschinho de 2016...

daniel 13/09/2017 19:01

En effet, c'est de la plus haute importance pour l'Otan, c'est un trou immense dans le système de défense aérienne otaniène dit "Nadge" . En gros la défense sud de Londres ou Paris est à Naples ou plus au sud encore... Les missiles anti-missiles positionnés en Roumanie, officiellement contre la menace iranienne deviendraient borgnes. En réalité ils sont dirigés contre la Russie...
La Turquie joue gros, dans le cadre Otan. Le petit vizir d'Ankara perd les pédales, déja que son armée en est réduite à tuer du civil sans défense, kurde de préférence...

Yom 13/09/2017 14:44

Merci pour cette précision technique des plus éclairantes.

ZZZ 13/09/2017 12:40

Quelques remarques :
-S'agissant,des S-400,on note davantage un début de panique parmi les membres de l'OTAN qui voient la deuxième armée de cette organisation qui passe avec armes et bagages dans le camp adverse (Pierre Avril du Figaro parle même de retournement d'alliance) que d'inquiétudes chez Iraniens ou Syriens.Les Turcs ont réglé un acompte comme cela se fait dans ce genre de transactions.
Quant à la Grèce et connaissant sa hantise du turbulent et brutal voisin turc,il n'est pas étonnant qu'elle se rapproche de la puissance régionale sioniste.
-S'agissant des Etats-uniens,Trump ou pas Trump,il est illusoire d'attendre d'eux quoi que ce soit.Inutile de rappeler leurs tentatives continues d'encerclement et de déstabilisation de la Russie (voire les préparatifs d'une première frappe nucléaire).Ils sont passés à des méthodes illégales dignes des pires mafieux avec la mise à sac du consulat russe de San Francisco.Pour revenir à la Syrie,ils ont menacé de bombarder les troupes loyales à Damas si ces dernières franchissaient l'Euphrate et faisaient la jonction avec leurs alliés chiites d'Irak.Pire,ils continuent à armer les "rebelles modérés" de Syrie et ce jusqu'en 2020 !!!! https://fr.sputniknews.com/international/201709131033023315-usa-syrie-armes-livraison/ Comment imaginer dans ce cas un début de solution avec un tel "partenaire".A mon avis,il faut voir le changement de pied des US par l'hystérie de netanyahou qui a mobilisé tous ces relais à Washington (il se rend bientôt à NY pour l'Assemblée générale de l'ONU oû il va sans doute nous gratifier d'un de ses discours paranoïaque,apocalyptique et ridicule dont il a le secret) suivi de son allié séoudien.
-Ce n'est pas que la Séoudie et le Sionistan ne sont pas défavorables au Kurdistan mais ce sont bien ces deux lurons qui sont dès le départ les parrains du Kurdistan pour affaiblir et morceler leurs adversaires syrien,iranien mais aussi turc et irakien.
-Enfin l'Axe "chiite" n'en est pas un puisque la majorité écrasante de l'armée syrienne est composée de sunnites.Il faut parler d'Axe de la Résistance (certes à tonalité chiite avec l'Iran,une bonne partie des Irakiens,les Alaouites de Syrie et le HezbAllah largement chiite).
Pour conclure,les évènements s'accélèrent et risquent de tourner mal,très mal.

Nesho 13/09/2017 12:23

Bonjour OG ,
Ca devient de plus en plus passionnant et compliqué à suivre .
Erdogan va t-il vraiment acheter les S-400 ? simple chantage ou les turcs sont ils vraiment désespérés à ce point . Les russes vont ils pouvoir contrôler leurs transferts de technologies , à voir l'article du Figaro d'aujourd'hui .
Comment la Turquie si dominante dans la région à pu s'affaiblir à ce point .
A tout miser sur Daech et Co c'est la banqueroute pour Erdogan .
J'espère qu'à Moscou ils savent ce qu'ils font .

Observatus geopoliticus 13/09/2017 21:05

@ Nesho
Sur votre dernière phrase, j'ai un doute, cher Nesho...

Au gui l'an neuf 13/09/2017 11:23

Passionnant comme d'habitude, mais découvrir que le tenancier du blog est un lecteur de la collection "Nous Deux", c'est aussi troublant qu'un trou noir ;-)

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:48

@ Au gui
Ha ha, non, j'ai juste trouvé cette image sur la toile et elle correspondait bien au thème.

Jimoni 13/09/2017 10:14

Tout cela est fort intéressant. Quand j'ai vu l'avancée des FDS vers la vallée de l'Euphrate, je m'étais fait la réflexion que ce n'était pas logique et que cela n'annonçait pas forcément une confrontation immédiate entre l'armée syrienne et les forces kurdes. En tout cas, que ce soit en Irak ou en Syrie, on sent que le projet de Kurdistan autonome présente une éventuelle occasion pour certains intéressés d'imposer leurs vues. On verra bien ce qu'il en adviendra.

Observatus geopoliticus 13/09/2017 21:04

@ Jimoni
Pour compliquer encore les choses, les Kurdes syriens sont ennemis de Barzani qui propose le référendum du 25 septembre sur l'indépendance du Kurdistan irakien.

Yom 13/09/2017 09:18

Tout ceci est très intéressant, à défaut d’être limpide (ça ne l’est jamais dans cet orient mystérieux).

La question que je me pose, c’est celle de la mise en place, par les mouvements compliqués que vous nous rapportez, des rapports de force pour la vraie guerre qui devrait finir par péter : celle entre l’Arabie Saoudite et l’Iran (et leurs alliés respectifs).

Je suis persuadé qu’elle finira par se déclencher que la guerre de Syrie lui aura été ce que la guerre d’Espagne a été à la seconde guerre mondiale (toutes proportions gardées).

Kevin 14/09/2017 19:49

Je ne suis pas spécialiste du monde musulman non plus (notre hôte aurait sans doute des choses beaucoup plus intelligentes à dire sur le sujet), mais les iraniens après les coups d'états successifs, les guerres civiles, la guerre contre l'irak, l'embargo US, sont fatigués de la violence et l'image qu'ils m'ont donné est celle de gens aspirant juste à vivre paisiblement. Ceux que j'ai rencontrés détestaient leur gouvernement mais adoraient leur pays. Ils se disaient prêt à mourir pour défendre l'Iran, mais je pense pas du tout prêt à mourir pour d'obscures raisons religieuses, géopolitiques, etc et qui n'ont que faire de statuts prestigieux et de lieux saints. Là encore, j'utilise un tout petit échantillon qui n'est peut-être pas du tout représentatif, et je parle de mon ressenti personnel...

Yom 14/09/2017 18:16

J’entends vos réponses. Mais qu’est-ce qui vous empêche d’envisager que le démarrage de cette guerre puisse se faire à l’initiative de l’Iran plutôt qu’à celle de l’Arabie Saoudite ?

Je ne suis certainement pas un spécialiste du monde musulman, mais j’ai cru comprendre que :

- L’Arabie Saoudite est officiellement investie du rôle de gardien des lieux les plus saints de l’Islam pour les musulmans du monde entier.

- Que cet état de fait ne découle pas simplement du fait que ces lieux se trouvent sur son territoire. En principe, ce statut prestigieux doit se mériter et peut lui être contesté.

- Que l’Iran, justement, le lui contesterait volontier. Ce d’autant plus qu’une série de défaites militaires humiliantes pour les Séoud viennent jeter le voile (si j’ose dire) sur leurs mérites à conserver ce statut.

Kevin 14/09/2017 13:55

Bonjour,
Vu que les cheikhs en blanc ne sont pas foutus de venir à bout du Yemen malgré leurs beaux F-16 et autres gadgets hors de prix, je ne donne pas cher de leur peau s'ils s'en prennent à l'Iran et ses 80 millions d'habitants. Saddam n'a pas réussi à leur prendre le moindre km2 de territoire en 8 ans de guerre, je ne compte pas sur les saoudiens pour faire mieux (sauf en signant des chèques en blanc à l'oncle Sam ;)

Observatus geopoliticus 13/09/2017 21:02

@ Yom
Vision intéressante comme toujours, cher Yom. Il me semble cependant qu'avec les fiascos syrien et yéménite (et même la crise qatarie), les Seoud ont sacrément mangé leur chapeau ces derniers temps et sont peut-être revenus de leurs vieilles lunes illusoires...
Bien à vous

daniel 13/09/2017 09:00

Merci cher Observatus pour cette fresque passionnante. Et en effet , beaucoup de questions et peu de réponses.
Je suis un franc partisan des Kurdes syriens (Rojava pour faire court). On ne devrait pas négliger leur dévotion envers Ocalan/Bookchin et leur sincérité quant à leurs objectifs internes. Une base de leur idéologie est l'anti-étatisme, notion périmée. En clair, ils ne réclament pas un Etat. Ils ne veulent pas faire éclater la Syrie. Et leur principal allié arabe, la tribu des Shammar s'y oppose absolument. Ils réclament une autonomie interne multi-ethnique dans une Syrie dé-arabisée fédérale. Quand à la question des relations entre Kurdes de Syrie et USA, il s'agit bien entendu de transactions entre égaux. Sur le terrain, il est bien plus conforme à la réalité de considérer que les Kurdes se servent cette minable armée US. Ils l'ont enrôlée à leur service, à charge de revanche, bien entendu. Deir Ez Zor et plus à l'est, où les Kurdes n'ont rien à faire, n'est qu'un gage... Encore une fois merci, cher OG. Bien à vous.

Kevin 15/09/2017 08:41

@Barteleby: vous avez raison, j'ai communiqué principalement avec des jeunes citadins qui sont allés à la fac, ont voyagé, portent des jeans Levi's et des ray-bans et boivent de l'alcool (certains diront "occidentalisés"). J'imagine que le vieux paysan au fin fond de sa cambrousse a une opinion très différente ;-)

Barteleby 15/09/2017 00:39

@Kevin
Vous avez effectivement raison d'avouer votre ignorance à propos de cet étrange monde musulman, les spécialistes sont encore plus ignorants à son propos si je puis dire que vous-même, étant donné leurs préjugés idéologiques, apprenez donc, cher Monsieur, que les combatants du Hisbollah, les soldats de l'AAS, ainsi que la totalité de la population iranienne croient que : "chaque jour est Achoura et chaque terre est Karbalae". Donc, ces gens sont prêts à mourir pour leurs lieux saints (on l'a vu par exemple au mausolée de Zaineb sis à Damas, qui a été défendu contre les takfiristes par des musulmants issus de Syrie, du liban, d'Irak...). J'en déduis que vos iraniens droitdelhommistes font partie de cette cinquième colonne intrinsèquement liée aux ambassades américaines et à ses révolutions colorées. Par ailleurs, je profite de cette occasion pour féliciter le rédacteur de ce blog pour la qualité de ses analyses, je voudrai modestement à ce propos signaler que la véritable défaite de Daech ne se situe ni à Mossul, ni à Deir-el-Zoor, mais à Jouroud Arssal-Al-kalamoun.
Bien à vous

Observatus geopoliticus 13/09/2017 21:00

@ Daniel
Le problème est que, pour en avoir quelques échos de l'intérieur, il s'en passe des vertes et des pas mures au sein du Rojava. Les grands idéaux de 2014-2015 ont laissé place à de sordides manigances/luttes d'influence/compromissions qu'il est bien difficile de démêler.
Bien à vous

sapeur 13/09/2017 07:27

La vente de missiles à la Turquie et le réchauffement Turquie/Russie ne serait pas lié à ce subit agrandissement du Kurdistan?

Madudu 16/09/2017 09:03

Que ce ne soit pas votre dernier commentaire ici cher Berteleby !

Votre dénonciation des arrière-effets d'un long conditionnement, même chez ceux qui s'en sont éloignés après coup, est salutaire :)

barteleby 16/09/2017 02:23

Bon, c'était peut-être mon second commentaire sur ce site (je préfère le silence en général) et voilà que mon innocent post, qui essayait d'expliquer la mentalité des combattants de l'axe la résistance, reçoit cette abasourdissante réponse : "J'imagine que le vieux paysan au fin fond de sa cambrousse a une opinion très différente ;-)". Le fait est que celui qui émet une telle opinion manque d'imagination et gobe quotidiennement tous les bobards modernes pour ainsi dire naturellement, il s'agit chez lui de la manifestation d'une seconde nature, artificielle et étrangère à l'ancienne humanité ; je veux dans les lignes qui suivent brièvement le prouver puis émettre d'autres considérations liées au sujet du site.
1) "Un vieux paysans" est un être obscur, réactionnaire, passéiste, inculte, peut-être même analphabète (illettré dirait Kevin, c'est à dire quelqu'un qui a appris à écrire et lire et qui l'a comme par un hasard extraordinaire oublié !) ..., etc. Un citadin est une jeune personne belle, dotée non d'un sexe dététérminé mais d'un genre qu'il choisit librement, qui possède une attestation de l'ignorance diplômée (c'est à dire un soit-disant diplôme), éternellement jeune, dont le vocabulaire se réduit à treize douzaines de mots-renouvellés chaque trimestre-, et bien sûr vêtue des fétiches que Kevin a pris le plaisir de citer, bref un vendéen qui mérite d'être exterminé par nos bons révolutionnaires humanistes et tolérants.
2) Tous les individus qui se battent en Syrie pour la sauvegarde d'icelle-indépendamment des notions spirituelles ou religieuses qui sont, je le répète, même si je dois passer pour un pauvre paysan vivant dans l'enfer cambroussien et non dans les délices mégapoliens-, essentielles pour comprendre la résistance puis la victoire d'iceux, ont un attachement viscéral à la terre, à leur terre, à leurs racines (comme les arbres), à leur culture, à leur histoire...
3) "ont voyagé, portent des jeans Levi's et des ray-bans et boivent de l'alcool (certains diront "occidentalisés")."Je suppose que quelqu'un qui refuse de porter des Levi's est coupable et que quiconque arbore ce symbole est bon et gentil ; quant à l'alcool, votre serviteur apprécie particulièrement les bourgognes et en use avec un grand excès, à ce propos, je me permets de vous signaler que les alaouites boivent de l'alcool et célèbrent les fêtes chrétiennes que presque plus personne ne remarque ici en ce soit-disant Occident. D'aprés la dosa à la mode, ce dernier se réduit à : anti-racisme+anti-homophobie+....Mais la France a au moins un millénaire d'histoire, où toutes ces sornettes n'avaient pas cours.
4)L'Histoire nous reviendra.
5)Seul le Hisbolah a infligé une reddition à Daech et il vient de récupérer son prisonnier chez ce mouvement terroriste financé et dirigé par qui vous savez. C'est l edébut de la fin des projets de ce "nouveau moyen-orient".
Bien à vous

Charles Michael 13/09/2017 04:34

Ouaip, il y a matière à réflexion(s).

Le triangle frontalier Israel-Liban-Syrie dans sa nouvelle configuration représente un sérieux problème pour Israel, surement un peu déçu (euphémisme) par la paresse US malgré les vociférations ONusiennes de Hayley.
Il y a aussi une série de similitudes avec les appréhensions Turques sur la tout aussi inadmisible création d'un Kurdistan Uni que l'arc terrestre chiite.
Si le SDF peut se comparer à l'Hezbolha le PKK c'est autre chose pour Erdogan que Gaza ou les Palestiniens Israeliens pour Bibi.
Là on touche à deux impératifs pour deux voisins de la Syrie.

Dans le ou les possibles accords US-Russie la question de l'état kurde Syro-Irakien surement discutée a presque surement été rejetée, la Rojihana syrienne est probablement resté au niveau hypothèses plutot que décisions.

Le sort des armes à quelques soubresauts préts va laisser progressivement la préséance à de sérieuses palabres, les narguilés seront de sortie, ou pas.

barteleby 16/09/2017 03:59

Errata et addenda
-Dans la première partie de mon post , la phrase "bref un vendéen qui mérite d'être exterminé par nos bons révolutionnaires humanistes et tolérants" se rapporte au vieux paysan obscurantiste (ou bien obscur ?) et non au citadin moderne et propre sur lui.
-Relativement à mon numéro 4, je voudrai ajouter les précisions suivantes. Après le 11/9, le but des USA était de détruire 7 pays (d'après les révélations du général Clarck lui-même), ce fût l'Afdanisthan en 2001, de l'Irak en 2003, puis la guerre contre le Liban en 2006 effectuée par l'armée -la plus morale du monde- de la seule démocratie du moyen-orient , qui n'hésite pas à complètement détruire toutes les infrastructures du Liban, tuant femmes,viellards et enfants, mais cette fameuse armée a essuyée une terrible défaite, n'arrivant pas à avancer d'un pouce ; ce fûrent les USA et les régimes arabes compradores qui sauvèrent l'entité en question en votant à la sauvette la résolutipo 1701 au conseil de sécurité de l'ONU. Ensuite on a eu droit, spectateurs assidus et crédules que nous sommes-le mensonge est la vérité, la guère, c'est la paix; disait Orwell cité de mémore-, à cette terrible et sanguinaire comédie : j'ai nommé le pseudo-printemps arabe. Avant ces événements apocalyptiques, il y a eu la partition du Soudan, dont on voit les résultats sous nos yeux, et aussi les commanditaires, toujours les mêmes. A ce propos, il me plaît d'appeler ces derniers, remplasionistes. Bon, ensuite le tour de la Lybie vînt, liquidée, détruite, lessivée et l'Afrique noire avec, bien ; puis nos démocrates et désarmés et pacifiques et torses nus face au boucher Bachar apparurent, la suite vousla connaissez, étant donné que nous vivons dans un monde transparent où l,information court si vite qu'elle arrive avant même que l'événement ait eu lieu. Mais passons. Maintenant que la carte takffériste a fait long feu et a même abouti à un véritable fiasco, que reste-t-il aux champions des droits de l'homme ? Vous agiterez la carte kurde ? A la place de ces derniers, je ne ferai aucunement confiance aux yankees, ni à leurs amis.

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:57

@ Charles
Mon cher ami, ne prenez pas mal cette question mais étiez-vous bourré quand vous avez écrit ce message ? ^^
Une fois n'est pas coutume, je n'en comprends pas la moitié...
Bien à vous

Can 13/09/2017 00:03

Chere Observatus,
Je voudrais avoir votre avis/analyse sur l'intention des Americains et des Russes consernant l'avenir de Rojava. En prenant en consideration la complexité des alliances des pays et parties conserné, je dois vous avoué que je suis un peu confus.Pensez vous qu'une prochaine entité independante pourrais y voir jours?

Merci

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:56

@ Can
Cher lecteur, je ne suis hélas pas dans le secret des dieux... L'indépendance, je n'y crois pas trop : ce serait véritablement un casus belli pour Ankara qui interviendrait certainement directement pour le coup.
Autant le sultan pourrait éventuellement accepter (et encore...) un Kurdistan irakien indépendant sous la férule de son pion Barzani, autant un Rojava YPG/PKK indépendant serait totalement inacceptable pour les Turcs.
Bien à vous

Humbert de Buttet 12/09/2017 23:38

Cher observatus, lorsque vous écrivez, en 1ère hypothèse que " provoquant peut-être même la possible visite du prince héritier de Riyad à Tel Aviv." .... je me demande si j'ai bien lu !
Car cela signifierait la fin du royaume Saoudien, dont la constitution interdit tout rapprochement (officiel, bien sûr) avec Israêl.
Qu'en dites vous ?

Observatus geopoliticus 13/09/2017 20:53

@ Humbert
Il y a bien longtemps que les Seoud ont trahi tous leurs "idéaux" (si tant est que l'on puisse les qualifier ainsi).
Bien à vous

michel 12/09/2017 23:07

Bonsoir,
Merci cher Observatus pour votre analyse sur ce qui semble confirmer que le Moyen Orient n'est pas prêt pour palabrer autour d'un feu sereinement!
Le jeu de piste est sans doute incomplet si nous considérons un dark state uniquement chez l'oncle Sam. Peut-être encore plus dark si certains dark pools sont en fait de mèche..
Les accords passés américano-israêlo-saoudien permettent-ils de croire qu'ils sont toujours dans les tuyaux?
La nouvelle donne des BRICS+ pourrait bien faire voler en éclat tous ces traités alambiqués. Qui du premier va trahir l'autre? Et pour quel gain? National, régional, mondial?
Les Kurdes paraissent être une dent du rouage, mais n'en sont-ils pas une façades comme l'est la Corée du pétillant Kim?
The geopolitik is dead, beyond the rave

michel 14/09/2017 01:31

Bonsoir,
Au risque de ne pas être lu ou de n'intéresser personne.

Quatre empires sont en présence: USA, Europe, Russie et Chine.

L’Occident (USA, Europe), à tort et à raison, sont désignés comme les responsables de la déliquescence mondiale.
La Russie, quant à elle, incarnerait l'idée de la nation conservatrice des valeurs traditionnelles "acceptables" (respect des valeurs familiales, valeur du travail, religion etc..). Qui plus est, celle-ci ne serait pas ou peu contaminée par l'effondrement moral occidental.
La Chine, et bien comment dire, est l'expression d'un communisme libéral teinté d'un pittoresque confucianisme qui a servi aux trois autres empires.

L'idéologie religieuse musulmane sur fond de guerre tribales/ethniques sert un intérêt rarement abordé: l'exaltation de démocraties laïques/athées par opposition aux théocraties/temporels-spirituels (notamment les religions du Livre: Chrétiens, Musulmans, Juifs)
Une grande majorité de Musulmans considèrent que nous sommes à la fin des temps tout comme beaucoup de Juifs et pour moindre part de Chrétiens.

Nous nous rendons bien compte que la situation économique mondiale est à l'arrêt (cf dettes nationales, virtualisation jamais vues des marchés financiers, consommation sous perfusion, etc..)

On peut considérer, comme l'on nous l'assène périodiquement, qu'une guerre relancerait l'économie en remettant les horloges(ou pendules) à zéro..
Alors dans ce cas pourquoi l'Europe se saborde-t'elle?
Pourquoi Israël est-il manipulé pour être au centre des hostilités régionales voire mondiale?
Pourquoi la Russie chrétienne orthodoxe s'allie-t'elle avec la Chine communiste?
Pourquoi le "pape" François est-il si ovationné à l'ONU?