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Chroniques du Grand jeu

Postures, chicanes et intérêts

3 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Russie, #Gaz

Dans la longue et troublée relation entre l'Occident et la Russie, l'une des rares satisfactions de l'empire américain ces quinze dernières aura été de réussir à (partiellement) diviser le Vieux continent du Heartland eurasien.

L'acmé, mais aussi son chant du cygne, était atteint sous la triplette Obama-Cameron-Flamby, dame Merkel suivant docilement le mouvement irénique. Depuis, Brexit et Trump sont passés par là, jetant le camp du Bien dans la confusion la plus totale. A une situation bien définie entre deux blocs a succédé une mêlée désordonnée faite de retournements, de séparations ou de rapprochements relatifs.

Orphelins du maître US, les euronouilles continuent néanmoins sur la lancée des sanctions contre Moscou, renouvelables tous les six mois. Réciproque russe ; Poutine a signé un décret prolongeant les contre-sanctions jusqu'au 31 décembre 2018 (pas de mollesse chez l'ours, dix-huit mois d'un coup !) Quand on sait à quel point ces mesures de rétorsion font mal aux économies européennes, on comprend mieux pourquoi la presstituée reste totalement muette sur le sujet...

Et pourtant, tout cela n'empêche pas les relations bilatérales de se réchauffer de manière assez conséquente. Nous avons déjà vu que le jupiterinho de l'Elysée surprenait son monde en plaidant un rapprochement certain avec la Russie. L'une des raisons que nous évoquions était la suivante :

Autre motif de dégel : les Russes, dont l'alliance notamment énergétique avec Téhéran, n'est plus à démontrer, sont susceptibles d'ouvrir les portes de l'Iran à Total, plus précisément de faciliter l'interminable finalisation de l'accord portant sur une parcelle du gisement gazier géant South Pars. Ce dernier, l'un des plus grands champs d'or bleu de la planète, est à cheval sur les eaux territoriales du Qatar et de l'Iran.

Bingo, l'accord a été signé aujourd'hui même :

Le groupe français Total, à la tête d'un consortium international avec le chinois CNPCI, a signé lundi un accord gazier de 4,8 milliards de dollars avec Téhéran, malgré les pressions de Washington qui envisage de nouvelles sanctions contre l'Iran.

En vertu de ce contrat d'une durée de 20 ans, le consortium investira deux milliards de dollars (1,76 milliard d'euros) dès la première étape du développement de la phase 11 du vaste champ gazier offshore Pars-Sud.

Total devient ainsi la première grande compagnie occidentale du secteur des hydrocarbures à revenir en Iran depuis la levée partielle des sanctions internationales en janvier 2016, en vertu de l'accord nucléaire signé en 2015 avec les grandes puissances, dont la France et les États-Unis.

"Aujourd'hui est un jour historique pour Total, le jour où nous revenons en Iran", a déclaré le PDG du groupe Patrick Pouyanné lors de la signature de l'accord à Téhéran. "J’espère que cet accord entre une grande société européenne, française, et l’Iran va donner des idées à d’autres sociétés de venir en Iran parce que le développement économique c’est la façon aussi d'apporter la paix", a déclaré à l'AFP M. Pouyanné. "Nous sommes là pour construire des ponts et pas pour faire des murs, nous nous développons en Iran au Qatar, aux Émirats, partout où nous pouvons le faire", a-t-il ajouté.

"Nous n'oublierons jamais que Total a été le précurseur", a pour sa part lancé le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh. Selon lui, l'industrie des hydrocarbures iranienne a besoin de 200 milliards de dollars (176 milliards d'euros) d'investissement sur les cinq prochaines années.

L'Iran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz, après la Russie, et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole, mais les compagnies étrangères restent globalement réticentes à investir dans ce pays en raison de sanctions américaines toujours en vigueur.

- Europe contre États-Unis -

En vertu de l'accord conclu avec Total, le groupe français détiendra 50,1% des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China National Petroleum Corporation (CNPCI) avec 30% et de l'Iranien Petropars (19,9%).

La signature de l'accord avec Total intervient quelques jours après une tournée du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en Europe. M. Zarif avait été reçu vendredi par le chef de l’État français Emmanuel Macron après avoir rencontré le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre italien Paolo Gentiloni.

Téhéran cherche à renforcer les relations avec l'Union européenne, face à une administration américaine hostile. "Malgré l'hostilité déraisonnable des États-Unis, l'UE reste engagée à l'égard de l'accord nucléaire et de l'entente constructive" avec l'Iran, avait écrit M. Zarif dans un tweet.

L'histoire ne dit pas si les Russes ont facilité la transaction, mais quand on connaît les excellentes relations entre Moscou et Total d'une part, Moscou et Téhéran de l'autre, il est probable que nos prédictions ont tapé une nouvelle fois dans le mille.

Toujours est-il que ce glissement de Macron inquiète la journaloperie néo-conservatrice française. Après le Nouvel Oups, c'est au tour de Libernation de pousser les hauts cris et de se prendre la tête à deux mains. "Si vous soutenez Assad, vous soutenez le terrorisme". Ah ok...

Gaz un jour, gaz toujours. Nous avions vu il y a déjà longtemps que frau Milka pouvait atteindre des niveaux d'hypocrisie fort conséquents lorsque ses intérêts sont en jeu :

Dame Angela aura d'abord tout fait pour crier au grand méchant ours russe. Russophobie réelle, chantage à l'or allemand entreposé à la FED américaine et dont on ne sait plus trop s'il existe encore, chantage de la NSA sur la jeunesse peu reluisante de la possible informatrice de la Stasi, ou tout cela à la fois ? Mémère a en tout cas tout fait pour torpiller le South Stream devant fournir le gaz russe aux Balkans.

Jamais à court de ressources et sachant parfaitement jauger le poids de chaque acteur européen, Moscou a fait contre mauvaise fortune (abandon des amis balkaniques qui s'étaient eux-mêmes mis dans la panade en entrant dans l'UE) bon coeur et fait à l'Allemagne une proposition que Berlin ne pouvait refuser. Comme nous l'écrivions en septembre :

"Moscou assure ses arrières en doublant le Nord Stream. Grande intelligence de Poutine qui parie sur l'égoïsme allemand ; la mère Merkel est toute pleine de paroles grandiloquentes sauf quand l'économie de son pays est en jeu. Avec le doublement du tube baltique, l'Allemagne deviendra le hub gazier d'une grande partie de l'Europe, renforçant encore sa mainmise économique sur le Vieux continent. De quoi faire réfléchir la chancelière..."

C'est maintenant tout réfléchi ; mémère ne minaude plus devant la possibilité de faire de l'Allemagne la plateforme énergétique du Vieux continent.

Suite aux nouvelles sanctions votées par le Sénat à la mi-juin et susceptibles - si elles reçoivent l'assentiment de la Chambre puis de la Maison blanche, ce qui est loin d'être le cas - de toucher des entreprises européennes impliquées dans le Nord Stream II, Berlin n'en démord pas et continue sur sa lancée :

«Nous estimons qu'il est inacceptable qu'une loi [américaine] puisse demander aux Européens de renoncer au gaz russe pour nous vendre du [gaz] américain à la place, à un prix bien plus élevé», a lancé le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel le 29 juin, en visite officielle en Russie, rapporte le quotidien allemand Handeslbatt. (...)

En outre, un communiqué commun signé le 15 juin par le chancelier autrichien et le ministre allemand des Affaires étrangères a précisé : « L'approvisionnement énergétique de l'Europe est une question européenne qui ne concerne en rien les Etats-Unis d'Amérique. C'est à nous [les pays européens] et non aux Etats-Unis de décider de qui nous livre notre énergie et de quelle façon. »

C'est nouveau, ça... Les euronouilles ont, sous pression américaine, torpillé le South Stream qui aurait pourtant rapporté des bénéfices considérables, notamment dans les Balkans ; ils ont laissé pendant des années Washington faire la pluie et le beau temps énergétique. Et voilà que soudain, le Vieux continent ouvre un oeil, affirme (dans les mots en tout cas) son refus. Quelle révolution copernicienne : trente ans de vassalité européenne volent en éclats et l'on voit des signes d'un retour aux années 80, quand les Etats défendaient encore leurs prérogatives énergétiques face aux Américains, comme dans l'affaire du gazoduc sibérien.

Que s'est-il donc passé ? La réponse tient en cinq petites lettres : Trump. Ou plus exactement son élection. L'empire n'a plus de direction, plus de centre de commande, les vassaux s'égaillent dans la nature et se retournent contre l'ancien maître. Phénomène classique.

Un autre exemple nous est donné par le Royaume-Uni "brexité". Les gouvernements successifs de Sa Graisseuse Majesté n'ont jamais été atteints de russophilie, c'est le moins que l'on puisse dire. Historiquement, ce sont même les Britanniques qui ont légué aux Etats-Unis leurs conceptions géostratégiques et leur sacro-sainte détestation de la Russie.

Les "amabilités" entre Londres et Moscou n'ont jamais cessé et seront encore monnaie courante pendant longtemps. La dernière en date, amusante, a eu lieu il y a quelques jours à propos du nouveau porte-avion de la Royal Navy. Aux fanfaronnades quelque peu infantiles du ministre de la Défense Fallon, assurant que les Russes étaient "jaloux" du navire, le général Konachenkov a provocativement répondu que le HMS Queen Elizabeth représentait "une cible de grandes dimensions". Ambiance, ambiance...

Et pourtant, derrière les coups de menton et autres déclarations incendiaires, nous assistons là aussi à un discret mais réel rapprochement énergétique. Gazprom négocie actuellement pour augmenter ses livraisons d'or bleu au Royaume-Uni. Depuis 2005, Londres est importateur net de gaz et cette dépendance ne fera qu'augmenter dans les années à venir :

Certes, les quantités évoquées sont pour l'instant relativement mineures (à l'heure actuelle, 13% du gaz consommé dans le pays vient de Russie), mais c'est la tendance qui compte. La Norvège, qui entame ses dernières réserves de gaz, est une solution provisoire derrière laquelle se profile l'ours. Et l'on commence d'ailleurs déjà à parler du Nord Stream II et d'un possible raccord vers les Pays-Bas puis l'Angleterre...

Derrière les rodomontades d'usage, le principe de réalité. Encore et toujours.

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jef 05/07/2017 14:10

Cher Pendule, vous touchez une fois de plus votre bille!

Pour résumer votre post, disons qu'il n'y a plus des élites (intellectuelles, sociales,politiques, économiques) mais une élite, que nous pourrions nommer l'oligarchie, face à un troupeau d'individus, d'isolats.
Et c'est pourquoi le temps des complots est dépassé (il y en a et il y en aura encore car le passé a la vie dure). Nous sommes entrés dans l'ère de la domination globale. Et c'est tout autre chose (annoncée pourtant depuis longtemps).
Est-ce la fin de l'Histoire?
On pourrait le croire.
Mais il est absolument sot de désespérer en (géo-) politique, n'est-ce pas, cher Scrutateur?

jef 07/07/2017 18:15

Cher Pendule,
Parler d'une entrée dans l'ère de la domination globale signifie tout simplement que les moyens et les conditions de celle-ci se mettent en place: collusion de toutes les élites et mondialisation de celles-ci dans de nombreux pays et révolutions oranges/cinquième colonne dans d'autres, contrôle (et guerre pour ce contrôle) des médias et surveillance généralisée (y compris par la suppression de l'argent liquide), multiplication des lois liberticides, affaiblissement moral, intellectuel et physique des populations dans de très nombreux pays...etc. Jamais, me semble-t-il, les conditions n'ont été aussi favorables et les moyens efficaces pour satisfaire le désir de domination globale de quelques uns.
Maintenant nul ne sait ce qui sera et les" quelques uns" sont peut-être en effet bien sots de croire qu'ils imposeront cette domination globale à laquelle ils travaillent avec acharnement...

Pendule de Newton 05/07/2017 21:51

Cher Jef et Cher O.G.,

Les Hommes qui dominent ont toujours pensé qu'ils peuvent tordre l'histoire. Ce n'est qu'une vision de leur esprit (emprisonné dans leur faste et leur pouvoir limité dans l'espace).
L'histoire comme la nature suit pour tous les êtres le processus d'anthropie (il n'y a que le sot qui croit encore à la domination).
Tout passe et se transforme en un cycle perpétuel (il n'est jamais trop tard, jamais fini car la vie est pleine de surprise)
Il surgira toujours de quoi modifier une situation.

Bien à Vous

Observatus geopoliticus 05/07/2017 21:05

@ Jef
La fin de l'Histoire... Les néo-cons ont essayé de nous la faire croire, à celle là... Manque de bol, c'est raté, ils avaient juste oublié que le monde ne se résumait pas à l'Occident (que décrit si bien le Pendule).
Bien à vous, cher Jef

Pendule de Newton 05/07/2017 06:38

Cher O.G. ,

En parlant de relations internationales, le petit message poétique de la Corée du Nord pour les US va être le vrai test de Trump.
Les options s'amoindrissent et la menace ne peut en aucun cas fonctionner. La Corée du Nord n'est pas l'armée syrienne (après des années de guerre ou on fabrique des false flags).

Bien à Vous

Pendule de Newton 05/07/2017 01:13

Chers lecteurs, Cher O.G,

La qualité des échanges précédents brassent un ensemble de points qui expliquent la situation occidentale actuelle.
Le système néolibéral version us a besoin de s'appuyer sur un ensemble de facteurs pour pouvoir réaliser ses visées. Ainsi,

*l'aile médiatique sert de grosse lessiveuse neuronale pour les masses. Pour y parvenir, faire passer le modèle économique des éditeurs vers un marché libéral. Or le capital (dans sa forme actuelle) phagocyte toute velléité de critiques et oriente tout le processus de production vers la réalisation de son objectif.

*l'aile politique qui ne cherche que la gloire, les privilèges et le poste garanti ne peut que se vendre au capital pour lui permettre de réduire les freins à son expansion

*La recherche universitaire s'est érodé, au fil des années, entre les conflits d'intérêts et les petites gratifications d'ego (Je vous conseil l'excellent Inside Job dont la fiche technique https://fr.wikipedia.org/wiki/Inside_Job vous donnera j'espère la force de le regarder même s'il fait 02 heures).

*Pour la société, il suffit de placer l'individu comme l'alpha et l'oméga de la société de telle sorte que quelque soit la décision prise les masses considèrent qu'individuellement il ne peuvent rien changer à la situation et qu'il est impossible que tous puissent converger vers la protestation. In fine, démotiver la société à agir en tant que corps.

Cette vision du monde engendre des dirigeants de plus en plus vides alors que les conséquences s'amoncellent .

Comme le dit Marx, "le fétichisme" est devenue la marque de fabrique.

Bien à Vous

Observatus geopoliticus 05/07/2017 21:00

@ Pendule
Et dire que le grand public doit se taper les inepties des journalopes tandis que de simples mais ô combien efficaces analyses comme la vôtre restent dans l'ombre...
Bien à vous, cher ami.

Madudu 05/07/2017 09:55

Beau résumé !

Les politiques ne cherchent pas le gloire mais les honneurs, c'est précisément le problème ^^

Comme l'écrit Nietzsche :

Tu aspires à la gloire ?
Ecoute donc ce conseil :
Renonce à temps, librement,
A l'honneur !

Glaartal33 04/07/2017 23:55

Cher Hôte, chers toutes,

Une fois de trop, à revers de ce que les meilleurs d’entre nous ici pratiquent, à commencer par le taulier, je vais passer sur le corps du plancher en « scientificité » du propos (sources, références, citations, tirs croisés, dissection, contextualisation, sérieux, exigence, rigueur, mesure, discernement, pondération blabla). Mille excuses

Eu égard à Micron / Bobobankster / Métron / Jupiterinho / petit Marquis / Meule-bien L’Emmarcheur comme on voudra, ces tout derniers temps semblent vous donner raison, Observatus geopoliticus… Bravo d’office et chapeau mi-bas… Et pourtant je ne parviens pas à ne pas percevoir que la France est refaite en semi-protectorat américain, par tous les pores sensibles, ce que m’enfoncent encore un peu plus dans l’obtus crâne certaines informations de première main droite (= sûres…), inquiétantissimes – au reste qui ne font lors qu’empeser l’axe de ce à quoi tout un chacun accède… Certes tant il est vrai sans doute que le camembert du moment a moins été oublié au frigo = se fait plus terre-à-terre (du style en effet « on balance par-dessus les moulins les (im)postures aprioriques lunaires les pieds dans le vide qui ne collent plus une goutte à quelque réalité saillante car plus guère qu’à de rares semelles louboutinisés façon « en préalable transcendantal Bachar doit s’évaporer » », ce qui passant rapporte de faire en marche du gauche sur les petites plaisanteries (et plaisantins) des deux derniers quinquennats dont les têtes de gondole / gondolées n’ont fini par trouver tête la première dans le sable que… du pétrole, tout bien noir poisseux !, s’offrant en sus le chic de donner le change d’une quelconque rupture cependant qu’on passe du Système à l’ultra-Système – qui a parlé de « poudre de perlimpinpin » déjà…), quoique justement coche toutes les cases de la tombola de l’agent dudit Système anglo-saxono-impérial à houlette (et désormais houppette…) américaine - d’où le gros lot -, ainsi que moins assaisonné que la friture à parfum d’eau de Vichy (pire politique internationale depuis…) Valls-sans-Bachar / Fafa-la-turlute / Ayraultoto / Sapin-le-sent-bien / Le Drainant / Twist-again-à-Mosco / Flamby-le-carbo &… L’Emmarcheur (ça alors, tiens, un vrai sparadrap du Capitaine Ad-Hoc…)… & toute la clique à claques, dont il faut prendre de l’élan pour soutenir qu’ils ont jamais défendu en premier lieu et dernière instance les intérêts de la France ou même de l’UERSS (pas la peine d’évoquer le peuple, dindon de la farce cosmique comme de bien entendu…), rapport auxquels – d’un point de vue français - une biquette apparaîtrait géopolitiquement stratosphérique…

C’est bien me semble-t-il la raison (primordiale) pour laquelle les Russes tentent de coincer les parties des Français dans la porte - si vous me passez la tournure diplomatique - dernière corde de rappel avant que la France ne soit abîmée dans la mise en abyme atlantique – quelques os pour l’Idéfix chinois mis à part : nul doute que la FDR y soit pour tant, qui sait pour l’essentiel dans ce South Park pour fauves géants grandeur nature… Sauf que Total Etat dans l’Etat en général et son pédégé Pouy’ tout particulièrement devraient faire très très mais alors très gaffe – ça sent l’gaz, ils jouent avec le feu ardent, l’atmosphère est saturée de vapeurs d’essence et ils viennent de craquer une allumette (sans mauvais jeu de mots aucun, jamais, c’est pas le genre de la maison, ‘va sans dire ;)) => occasion fait le larron, Olga et Observatus geopoliticus ci-devant l’exhument : RIP – requiescat in pace, non pas rest in peace B) - Christophe de Margerie, au meilleur sens du syntagme « casse-couilles » (mea maxima culpa, j’ai toujours un cilice dans ma poche :)) qui fait bon vent au brise-glace éponyme

Au risque de la dépouille symbolique, je perds-sévère diaboliquement à mettre mes billes sur l’Emmarcheur avant tout et à la fin des fins féal vassal de celles et ceux qui ont (mal)façonné sa trajectoire, qui se pourrait bien révéler celle d’une « eloise » : pour les Etats-Unis et au global l’Empire anglo-saxon (Five Eyes toussa toussa), contre l’Eurasie et la Russie en première ligne, et le IVe Reich (après le IIe, le IIe) si Frau Milka Mémère-sévère - Deutschland vs Anglo-saxons reloaded, tienstiens, on n'en finit décidément jamais avec grand-chose… => EN PLUS PROSAÏQUE, MOINS HALLUCINÉ ET MOINS DÉBILE TOUT D’MÊME - ça devrait être de l'ordre du faisable

Caute, qui vivra saura (ça change <0:))

Grand merci à tou/te/s, très admirativement

Observatus geopoliticus 05/07/2017 20:58

@ Glaartal
Ha ha ha, c'est du Jean-Edern Hallier ma parole... Pas facile d'approche mais très rétributeur.
Bien à vous, cher Glaartal.

Charles Michael 04/07/2017 20:37

Objectif G 20
et ça se passe en Europe et dans une UE de plus en plus écartelée, au Parlement ''épouvantable'' comme a gémi Juncker devant les fauteuils vides.
Scène de Cocufiage Boulevardier ou Catch à Quatre, tout se passera dans les coulisses... ou presque
va falloir sérieusement décryter.

La question de la Foire aux Gaz Naturel par tuyaux ou méthaniers compte tenu des investissements et délais de mise en route passe outre les prix par une appréciation prospectiviste, c'est à dire de la pérennité des ressources.
Contrairement à ce que fanfaronne l'Agence Américaine de l'Energie le Pic de production en Gaz Naturel, maintenant principalement du au fracking, était prévu pendant l'administration Obama vers 2020/2022.
Sur ces sujets pétroliers/gaz la géologie en fin de compte a Toujours raison.

Maintenant il y a les raison que la raison ignore..pauvre et appauvrie Lithuanie.

Grognard 05/07/2017 19:10

@ Charles Michael
Bonjour,

"Parlement ''épouvantable'' comme a gémi Juncker"
Difficile d'être bourré h24.

serge 04/07/2017 16:32

J'espère que Total a signé ses contrats en roubles ou en yuans parce que, vu le passé des amendes américaines aux entreprises étrangères qui libellent en dollars leurs transactions avec des pays mis à l'index par les US, un tribunal de New York pourrait mettre une couche en milliards à Total. Et vu que tous ces contrats sont à minima couverts par l'Etat en terme d'assurance, ce serait une belle claque pour nos finances.
Concernant les porte-avions, il semble que les Etats aient un peu de mal à intégrer que c'est quand même un peu fini, ce genre de château-fort flottant. Outre le petit dernier US (Gérald Ford) à 17 milliard et le british à 9 milliards, la France se lancerait (avec 20 ans de retard) pour un second. Vu que le premier a coûté 2 milliard d'époque, on s'attend au pire. Quand on voit les russes sortir le Raduga Kh-22...

Madudu 04/07/2017 23:02

" tout ce qui est découvert dans le sol appartient au PEUPLE IRANIEN."

Ouah, ça c'est la classe !

GEBE 04/07/2017 22:42

Lorsque TOTAL opérait en IRAN au début des années 2000, les contrats étaient du type "BUY BACK". Cela veut dire que TOTAL réalisait le projet de A à Z techniquement et financièrement et se faisait payer en retour par du pétrole.
Je pense que c'est ce type de contrat qui a été signé.
Donc pas de transaction en Dollar.
Mais, il y a loi américaine connu sous le nom d'AMATO qui est toujours en vigueur et donc pourrait être activé.
http://www.forum-scpo.com/geopolitique/loi-extraterritotialite-helms-burton-amato-kennedy.htm
Cette loi viole le droit international mais est ce un problème pour les USA qui depuis des années viole toutes les loi internationales en voulant être les gendarmes du monde.

Une autre chose à savoir, le contrat d'exploitation de concession pétrolière, de gaz, d'uranium et ... n'existent pas en Iran au grand dam des compagnies pétrolières notamment américaines car tout ce qui est découvert dans le sol appartient au PEUPLE IRANIEN.

Madudu 04/07/2017 20:48

Il serait étonnant en effet de faire un tel pieds de nez aux états-uniens avec des dollars, à portée de leur "droit extraterritorial".

Et il serait étonnant que de telles sommes dans des projets si complexes soient exemptes de dollars.

Il doit y avoir de fameux montages derrière tout ça ^^

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:38

@ Serge
Ca vaudrait effectivement mieux pour Total... Pour l'instant, rien n'est sorti à propos des devises utilisées si je ne m'abuse.

Patakes 04/07/2017 16:24

Déplétion des champs de la mer du Nord... Avant celles d'autres champs.

Didier 04/07/2017 11:09

Bonjour,

Pourrions-nous avoir, si possible, votre vision éclairée ( un article ? ) sur la situation socio/géopolitique actuelle concernant le Vénézuela, autre point chaud majeur actuel du Grand Jeu

Merci !

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:41

@ Didier
Ah diantre, le Venezuela est tout de même excentré par rapport au Grand jeu eurasiatique même s'il participe du Grand jeu énergétique, j'en conviens. Je ne vous promets rien, cher Didier.

Eric83 04/07/2017 11:03

Le Qatar n'a manifestement pas l'intention de se laisser marcher dessus par les voisins qui lui ont fixé un ultimatum. C'est téméraire dans la situation actuelle mais cela ne va pas dans le sens d'une désescalade de la tension dans la région.

https://www.romandie.com/news/Le-Qatar-va-augmenter-de-30-sa-production-de-gaz-QP/811601.rom

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:42

@ Eric
Enième ultimatum saoudien qui fait "flop"...

Jimoni 04/07/2017 10:45

L'article de Libération est triste. De la part d'intellectuels, on s'attend à un peu plus de réalisme. Et croire que le départ d'Assad est une condition nécessaire à la lutte contre le terrorisme est non seulement un mensonge mais irréalisable. Si la France avait voulu vraiment le voir partir, elle aurait pu, mais elle a manqué l'occasion de le faire. Comme quoi, un peu de bon sens vaut mieux qu'un bac+8.

En tout cas, merci une nouvelle fois pour cet article. Je les attends toujours avec impatience !

António Lico 04/07/2017 19:10

Mais oui cher Observatus et cher Eric83. Il semlble que L'Arabie Saudite se especialize à glisser des ultimatum avec date flottant.
Bien a vous.

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:57

@ Jimoni
Il y a hélas bien longtemps que les ""intellectuels"" et autres artistes se trompent systématiquement sur tout. De véritables boussoles indiquant le sud...
Bien à vous, cher Jimoni

Olive 04/07/2017 09:29

Mais dites-moi, le Puissant Décodex n'a toujours pas marqué au fer rouge ce site hérétique ?
Vraiment tout fout le camp !

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:43

@ Olive
Je vais finir par porter plainte pour non pastillasition...

Lecteur Assidu 04/07/2017 09:05

Cher OG,

Merci pour cet excellent article, qui permet une fois de plus aux citoyens lambdas que nous sommes de nous rendre compte de ce qui se déroule véritablement sur le plan géopolitique, au delà de toutes les pertinentes informations rapportées dans nos JT et notre presse.
Je suis heureux que vous fassiez référence à cet article assez scandaleux de Libération, d'autant plus que celui-ci a été signé par un grand nombre d'enseignants, chercheurs et doctorants en Sciences Politiques et en Histoire. À ce sujet, comment interprétez-vous le fait qu'un si grand nombre de spécialistes défendent un propos aussi caricatural ? J'étais persuadé pour ma part, pour en avoir fréquenté quelques-uns. que la quasi totalité des personnes un tant soit peu versées en géopolitique évitaient en général de tomber à un niveau d'analyse aussi simpliste. J'ai été particulièrement attristé de voir que Dominique Vidal faisait partie des signataires, lui qui a participé à la rédaction d'un livre dont vous avez cité des passages ici-même, et qui critiquait vertement le traitement médiatique du conflit au Kosovo (passage co écrit avec Serge Halimi et qui se trouvait sur le site d'un Monde Diplomatique auquel vous nous aviez renvoyé).
Vous vous demandiez en commentaire de votre précédent billet d'où provenait l'importance prise par la communication dans nos sociétés actuelles, même si j'imagine que vous avez votre petite idée. Je pense que la lecture qui s'impose pour comprendre ce phénomène a un niveau méta est La Société du Spectacle de Debord (ainsi que Les Commentaires sur la Société du Spectacle). J'avais parfois l'impression de lire le livre d'un prophète dont toutes prophéties se sont réalisées.
Par exemple ; " Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. "
Si vous avez du temps, je vous recommande aussi le documentaire The Century of the Self d'Adam Curtis. Il dure 4h, mais retrace depuis Edward Bernays et la première guerre mondiale jusqu'à 2006 la naissance, le fonctionnement et les effets de ce que les Anglo-saxons appellent les "Public Relations", et dont on voit à quel point elles deviennent omniprésentes à mesure que le siècle passe.
Bien à vous

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:48

Il convient aussi de regarder en détail la liste des signataires (ce que je ne vais pas perdre mon temps à faire). Souvent, on retrouve dans ce genre de manifeste des non spécialistes.
Je me rappelle la délirante pétition lancée contre Sylvain Gougenheim pour ""islamophobie"". On y retrouvait tous les habituels pipoteurs de France et de Navarre sauf... les historiens spécialistes de la question !
Bien à vous trois

Alaric 04/07/2017 12:43

J'ai été ulcéré il y a peu de lire dans l'éditorial d'un journal de vulgarisation scientifique une attaque décomplexée envers les beaufs fachos qui osent critiquer la sacro sainte immigration . La pénétration et l'infiltration dans tous les médias (de la téléréalité jusqu'aux publications scientifiques ) de la bien-pensance ne cessent pas de me consterner .

Madudu 04/07/2017 11:03

Étant un lecteur assidu de littérature scientifique j'ai pendant un temps, avant de découvrir que les russes ont mis en accès libre 90% de cette littérature qui d'ordinaire est payante (sci-hub), lu un assez grand nombre de thèses en français (elles sont dans le domaine publique).

Il est évident, tant au travers de l'évolution de la qualité des thèses que du reste de la littérature scientifique, que la "communauté" scientifique dysfonctionne maintenant dans toutes ses parties.

Les doctorants désormais connaissent leurs conclusions avant de commencer leurs travaux, ce sont celles que le directeur de thèse leur aura suggérées, celles dont ce dernier à besoin pour briller en société et faire valoir son "avant-gardisme" dans telle ou telle spécialité microscopique qui n'occupe que ses spécialistes.

S'il est maintenant possible de faire dire n'importe quoi à un doctorant, et plus tard aussi au chercheur qu'il sera peut-être devenu, c'est que le cursus universitaire est devenu une usine à pensées creuses et uniformes qui s'illustrent bien plus par la docilité et l'esprit de classe que par l'intelligence et la créativité.

Aussi on trouve désormais des foules de soi-disant "spécialistes" qui forment des foules de futurs soi-disant "chercheurs" qui racontent n'importe quoi dans tous les domaines, et dont la principale occupation est en fait de baragouiner en patois local des thèses faites ad hoc pour justifier l'ordre du monde, de la "conservation" des "espaces naturels" à "intérêt patrimonial" à la conception de modèles de "recherche participative" (comprendre : "faite par des gens qui ne maîtrisent pas du tout ce qu'ils font" et, surtout, des individus libres et non faussés) en passant par la promotion d'un "smart-machin" quelconque visant à augmenter la "résilience" de je-sais-pas-quoi.

Bref, il s'agit toujours de se persuader que l'on va remplacer le politique par la technique et la pseudo-science, que l'on va remplacer les sociétés par des sommes d'individus, que l'on va s'extraire de toutes les contingences matérielles quelles qu'elles soient, que l'on va repousser toujours plus loin les limites à la réalisation des désirs inassouvis, etc.

Il n'est sans doute pas très loin de nous le prochain Lyssenko ^^

Euclide 04/07/2017 08:16

Avec ce billet, le patron du blog revient aux fondamentaux de la géopolitique de l'Europe occidental et par la même celui de la France. J'en suis heureux.

Si je ne porte pas dans mon coeur la politique économique et sociale du petit Marquis ( E Macron) je reconnais qu'il me surprend dans sa vision de l'Extérieure cela change des 5 ans de Flamby en particulier pour l'agriculture française .J'ai constaté qu'il possède une bonne analyse des rapports de force en commerce extérieur. Sans doute à cause de son paysage dans une banque d'affaire en proposant à l'UE une minorité de blocage aux chinois dans le cas d'achat d'entreprises européennes. Demande rejetée , bien sur , par nos chers partenaires très libre échangiste.

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:54

@ Euclide
Etonnant, pour un Young leader. Attendons quand même de voir au-delà des mots...
Bien à vous, cher Euclide

Olga 03/07/2017 23:29

Je ne suis pas spécialiste en la matière mais je pense que le rapprochement entre l'Iran et Total fut aussi beaucoup dû au travail accompli par feu Christophe de Margerie dont la mémoire fut célébrée récemment de bien belle façon par Vladimir Poutine par l'inauguration du méthanier brise-glace qui portera le nom de l'ex PDG. Un bel hommage de l'homme du Kremlin à son ami. Ce qui prouve que l'ours sous ses airs rustres est un sentimental et qu'il est fidèle en l'amitié, ce qui de nos jours dans la caste dirigeante ne court pas les rues.......

Observatus geopoliticus 04/07/2017 18:56

@ Olga
Tout à fait, très chère, Margerie était un honorable mousquetaire de l'énergie, refusant de se plier aux diktats de l'empire. Une sorte de D'Artagnan pétrolier. Saura-t-on jamais le fin mot de son "accident" ?