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Chroniques du Grand jeu

On va miner sur la Lune

10 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie, #Chine, #Europe

Si le Grand jeu entre puissances se joue primordialement sur l'échiquier eurasien, il pourrait rapidement gagner l'exosphère et au-delà, l'espace. Les Chroniques ont la chance de compter parmi leurs lecteurs un spécialiste des questions spatiales, déjà auteur de plusieurs articles par ailleurs. Val, c'est le nom de notre honorable correspondant, nous débroussaille le chemin pour nous permettre de comprendre les enjeux à venir du Grand jeu 4.0.

*******

Fier symbole de la coopération internationale, fleuron d’une collaboration à 150 milliards de dollars, la Station Spatiale Internationale commence à refléter son âge (bientôt 20 ans) et bien qu’elle fasse encore les gros titres de temps à autres, l’intérêt que les nations participantes lui portent a plutôt tendance à vaciller ; du moins n’est-il plus aussi exclusif qu’autrefois. Avec encore peut-être une dizaine d’années d’activité intergouvernementale à son bord, elle est aujourd’hui exposée à la nationalisation des efforts spatiaux et aux nouvelles stations en développement qui menacent inéluctablement sa pérennité.

En premier lieu, les milliardaires du privé sont bien décidés à imposer leurs marques respectives. Ainsi, le SpaceX d’Elon Musk n’a pas hésité à s’installer sur le pad historique des missions Apollo à Cap Canaveral, pour fédérer le grand public autour de ses fusées réutilisables et de sa colonie martienne rêvée. Bigelow Aerospace, compagnie du déjanté Robert Bigelow, développe un habitat gonflable, actuellement en phase d’essai sur la Station et qui pose les bases d’une station privée à son nom. Le Virgin Galactic de Richard Branson a bâti un astroport dans le désert du Nouveau-Mexique et est en voie de faire du tourisme spatial de luxe une industrie à part entière. Le Stratolaunch de Paul Allen vient de dévoiler le plus grand avion du monde, destiné lui aussi à rapprocher l’espace.

En ce qui concerne les partenaires historiques du gouvernement américain, citons Orbital ATK, qui planche sur une station dans l’orbite lunaire, ou encore Lockheed-Martin, qui vise carrément l’orbite martienne pour l’établissement d’un poste avancé ! La NASA, elle, est tout à son nouveau lanceur SLS et à Orion, la nouvelle Apollo du XXIe siècle, chargée de rendre au pays sa gloire passée à partir de 2020...

Côté russe, on espère récupérer certains modules de la Station (la partie russe) pour en construire une nouvelle, plus grande, plus moderne… plus russe. Son nom : OPSEK. Une capsule habitée baptisée Fédération devrait en outre remplacer les vénérables et toujours indispensables Soyouz à l’horizon 2020. Et l’on parle vaguement de missions lunaires et martiennes, mais la communication de Roscosmos est comme celle du CNSA, l’agence chinoise : au mieux fragmentaire.

Les Chinois, parlons-en : le succès de leur programme et leurs ambitions en font un allié de poids. Ce n’est pas un hasard si Poutine a choisi l’Est sibérien pour dresser sa nouvelle capitale de l’espace, Gagarine, autour du tout nouveau cosmodrome de Vostochny. Exit le bail titanesque versé au Kazakhstan (115 millions par an, jusqu’en 2050) pour l’exploitation du site de Baïkonour, et bienvenue aux vols commerciaux russo-chinois, sans parler d’éventuelles pour ne pas dire inévitables coopérations militaires.

La collaboration entre les deux têtes de l’OCS n’est pas qu’une opération de RP, elle est quasi complète sur tous les grands sujets et l’expansion dans l’espace ne fait pas exception. Ainsi, la Chine souhaiterait une aide russe dans la construction d’une station chinoise, proposition à laquelle l’inamovible Komarov, le patron de Roscosmos, a préféré botter en touche pour le moment. La Russie n’a jamais cherché à geler les collaborations (ISS, programme ExoMars avec l’ESA, partenariat avec le CSG de Kourou pour les Soyuz-ST, sans oublier les exports de moteurs RD-180, dont les Américains sont extrêmement friands, ce qui agace en haut lieu), mais Moscou ne se lancera pas dans une collaboration à sens unique avec qui que ce soit, partenaire ou pas.

En ligne de mire, les prochains vols habités vers la Lune, puis vers Mars. Un tel achèvement ne peut en aucun cas être partagé par deux nations. Telles les missions lunaires des années 1960, les missions martiennes des années 2030 seront des efforts nationaux et le premier arrivé sera très probablement le premier servi. On imagine en outre le retentissement patriotique pour la ou les nations qui y parviendront. Russie, Chine et États-Unis sont formellement engagés dans la course, rejoints par l’ESA européenne, l’Inde et même les Émirats arabes unis.

Dans ce contexte de nouvelle ruée vers l'or, il convient de se demander quel cadre juridique est à l’heure actuelle en place pour contrôler l’expansion commerciale terrestre sur les corps célestes comme les planètes. Et à cette question, la réponse est bien mince. Oh, il existe bien un traité poussiéreux de l’ONU datant de 1967, qui interdisait à toute nation de s’approprier tout ou partie d’un corps céleste, ainsi que d’y installer une quelconque présence militaire.

Mais l’administration Obama a décidé de rouler dessus avec le Space Resource Act voté par le Congrès en juin 2015, qui invalide explicitement et unilatéralement les accords de non-appropriation. Son contenu est simple : le Président a toute latitude pour faciliter l’accès aux ressources extra-terrestres, leur transfert ininterrompu et leur libre vente par des entreprises américaines. Il va de soi que de telles opérations seront encadrées, cofinancées et/ou équipées par le complexe militaro-industriel, les enjeux étant trop immenses pour être laissés à la chance.

Comment garantir aux futures colonies minières, sur la Lune ou ailleurs, la sécurité des hommes et des équipements engagés ? À cette question aussi, la réponse est simple, typiquement américaine : on apprenait il y a seulement quelques jours la création d’un corps de Marines de l’espace au sein de l’armée américaine, sous le commandement d’un général 3-étoiles. Le Congrès est plutôt pour ; du côté de l’Air Force par contre, qui s’occupe ordinairement de ces affaires, on n’est pas du tout mais alors pas du tout content. Mais doit-on encore s’étonner des frasques de l’appareil US, prisonnier de ses annonces, annonces d’annonces et annonces d’annonces d’annonces…

Pas de réaction publique côté OCS, comme souvent. Les Chinois sont déjà sur la Lune depuis plusieurs années de toute façon, et les Russes ont toujours le quasi-monopole du marché du vol habité. Côté européen, on reste prudemment à ses petites affaires, Ariane cartonne encore et toujours (Ariane 5 vient d’effectuer le 80e tir réussi de son histoire), et le projet un peu fou de village international lunaire exprimé par le nouveau directeur de l’ESA, s’il a été reçu positivement en Chine, paraît forcément un peu candide en comparaison.

Au-delà de ces considérations politiques, et en l’absence de toute législation solide, comment éviter également la privatisation galopante qui menace à court terme d’envahir la Lune, et au-delà, Mars et la ceinture d’astéroïdes ? Derrière les géants 3.0, c’est une armada d’entreprises de toutes origines qui se précipite pour glaner une part du gâteau. Accès commercial à l’espace, télécommunications, services de fret… C’est toute une logistique qui se met en place, avec pour seul but l’exploitation totale et froidement efficace de toutes les ressources accessibles dans l’espace plus ou moins proche.

À titre d’exemple, citons les pourparlers en cours entre ARCA, ex-ONG roumaine reconvertie dans la construction de fusées aux États-Unis, et Spaceport America, l’astroport de Virgin Galactic. Ou encore le deal passé entre le transporteur DHL, Airbus et la compagnie américaine Astrobotics, dont le petit alunisseur Peregrine, récemment dévoilé au Salon du Bourget, pourrait bien devenir un véhicule de livraison standardisé. On comprend mieux dès lors la tendance protectionniste des États-Unis, qui resserrent leurs activités autour du profit strictement national, et le rapprochement Russie/Inde/Chine qui s’établit pour le bloc OCS. La bataille ne fait que commencer, et elle s’annonce âpre.

Val, juillet 2017

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jef 20/07/2017 02:08

https://www.youtube.com/watch?v=_mHJ5wYu59Y

jef 19/07/2017 23:54

A OG

The lunatic is on the grass.

Avant que vous n'effaciez ce message et le précédent, j'ai découvert avec plaisir que vous aviez quelque lien avec la revue Conflits. Je viens de me procurer (je suis lecteur au numéro) son dernier
HS.
Cette revue ne manque pas d'intérêt. En revanche, question humour.... et sans vous flattez, beaucoup d’articles sont loin, très loin,{mais on peut dire aussi qu'ils sont juste à la porte d'à côté) de pouvoir rivaliser avec les vôtres. Çà sent la Khâgne et la cothurne besogneuses.

jef 13/07/2017 03:56

Cher OG

Sépulcre blanchi, si j'ose dire, j'en étais resté au "Traité poussiéreux" de 1967...
J'apprends à la lecture de votre article l'existence du Space Resource Act.
Il ouvre effectivement - du moins en théorie - la course au premier arrivé, premier servi...et je plante mon fanion sur la première concession...et law of the apex...etc

Mais cela ne ne se passera pas ainsi. Certain. Personne ne peut être dupe de la politique des entreprises privées américaines liées à l'espace, par exemple. Elles cherchent toutes des financements publiques/militaires ...Elles videront les finances publiques en retour.

Observatus geopoliticus 13/07/2017 22:01

@ Jef
Cet article est de Val, point de moi. Rendez à César ce qui est à César, cher Jef.

jef 13/07/2017 04:19

Pour le dire autrement, ne soyons pas dupe de la mythologie américaine de la frontière. Non, l'Oligarchie n'échappera pas à l' Apocalypse à venir en se se réfugiant sous des dômes martiens (je parierais plutôt pour un désert australien ou sud-américain). C'est pourquoi nous devons considérer les politiques spatiales russes et chinoises d'un tout autre œil. Réaliste. Terre-à-terre. dirais-je. C'est pourquoi je crois à la fois à leur concurrence et leur entente...

Enlil 12/07/2017 16:19

Article fort intéressant et pour le moins original, mais Val, cher Val (dont c'est un plaisir pour moi de lire les premières lignes), il n'existe pas de vallée sans montagne, et vice versa, voici donc quelques atténuations :

- La moitié de l'ISS appartient déjà et de fait aux russes, et leur projet de récupérer cette part semble inéluctable (ils l'ont construite avec leurs propres modules, qu'ils n'ont qu'assemblé les uns aux autres au fur et à mesure depuis 1998).

- Le matériel des chinois utilisé jusqu'à présent n'est qu'une copie des Mir et autres Soyouz des russes des années 1970, voire 1960 (ils ont appelé leur plagiat "Tiangong"). De même, les simples sondes envoyées sur la Lune (aucun chinois ne l'a encore foulé hormis le lapin de jade) ne sont pas des prouesses technologiques... Ils n'ont pas encore démontré leurs compétences de constructeurs, d'innovateurs, ni même de théoriciens jusqu'à présent.

- Roscosmos a, au cours des 3 dernières années été renationalisée après quelques revers (Phobos-Grunt entre autres) et est encore économiquement instable (bien que je ne doute pas de sa capacité à rebondir).

- Les initiatives privées sont pour l'instant d'une médiocrité risible, particulièrement celles d'Elon Musk, dont l'ignorance scientifique atteint chaque jour des sommets insoupçonnés (notamment l'absurde Hyperloop, voué à l'échec). Ses fusées explosent au décollage pour des problèmes de réservoirs, chose que le secteur public n'a plus connu depuis ... 1960 et les fusées Saturn ! Et son delirium de vouloir les faire atterrir comme des avions ... le public l'a déjà fait (voyez par exemple les fusées Atlantis et Columbia, dont les atterrissages se faisaient comme des avions, avec des roues). Mais monsieur Musque (ou est-ce muscle ; ce n'est certainement pas science en tout cas), nourri à la culture américaine de l'ostentatoire et du spectaculaire, veut les faire atterrir à la Tintin, debout, et sur une plateforme maritime ... Comment un tel fiasco peut sortir d'un esprit si divitial, seule l'imagination en a le secret (bien sûr, ça ne marche pas une fois sur deux...).

Les autres font des choses que les scientifiques ont résolu depuis 50 ans mais font passer cela pour des progrès de pionniers devant des parterres de journalistes spécialement convoqués et qui ont pour environnement culturel davantage les ragots tabloïdesques que la physique appliquée. Tout cela n'est un espoir que pour les agents de réclame.

- Les projets de colonisation d'autres astres me parait excessivement lointains et hypothétiques. Une simple promenade sur les terres du Seigneur de la guerre nous mèneront au moins en 2050 (hypothèse optimiste). L'astre des nuits, si proche, n'a plus connu la pointure de nos chaussures depuis 1972...

- Même les projets d'extraction semblent très lointains. L'objet le plus lourd envoyé sur un autre astre est pour l'instant Curiosity, sur Mars, de la taille d'une voiture. On est loin des foreuses. Les retours d'échantillon de Mars sont encore à l'état de projet (et ce me parait être l'étape suivante la plus proche).

Article intéressant donc, mais dont la pertinence se fera surtout sentir dans un siècle. En attendant, profitons du fait que les sciences célestes appartiennent encore (quoique seulement en partie) à la curiosité et que ces querelles intersidérales n'ont pour l'instant de tangibilité ontologique que dans le domaine onirique.

La guerre astrale n'aura pas lieu... Du moins pas pour l'instant.

Wilmotte Karim 12/07/2017 08:27

Une fois que vous avez des systèmes déployés, il suffit d'une maintenance humaine minimale.
L'investissement est énorme, les couts de fonctionnement important.
Mais à la fin, il "suffit" de "faire tomber" les ressources.

Madudu 12/07/2017 14:00

Il vous faudra toujours un emballage très compliqué pour accompagner les ressources qui "tombent du ciel".

Il faut d'abord donner l'impulsion nécessaire à l'extraction de la ressource du champ gravitationnelle d'où elle est issue (celui de la Lune par exemple) ; ensuite il faudra amortir l'accélération à l'approche de la Terre ; protéger l'intégrité du paquet pendant sa descente ; assurer un atterrissage pas trop violent en un point précis où l'on puisse récupérer le paquet ; acheminer le paquet depuis cet endroit nécessairement isolé jusqu'aux installations qui la valoriseront.

Après quoi rebelote, il faudra renvoyer un paquet vers la source extraterrestre ; lui donner l'impulsion pour s'extraire du champ gravitationnelle de la Terre ; assurer son intégrité pendant cette phase d'ascension ; assurer l'atterrissage pas trop loin de la source ; etc.

Sans compter l'extraction de la ressource elle-même in situ, l'acheminement de tous les matériaux nécessaires à l'installation des infrastructures, la couverture maladie pour les BAC + 15 dont on réduira la durée de vie en bonne santé de quelques décennies, etc.

Bref, c'est pas demain la veille que le bilan du truc en énergie et en capitaux sera positif ^^

Madudu 11/07/2017 20:09

La plupart des commentateurs semblent partager l'idée qu'il n'y aura jamais d'exploitation économiquement viable d'une ressource extra-terrestre, et je suis complètement d'accord.

Par contre il y a des enjeux stratégiques énormes autour de la protection des infrastructures types satellites, qui ont paraît-il pris une telle importance dans la logistique de l'information qu'à l'occasion d'une guerre certains pourraient être tentés de faire péter les moyens dont les autres disposent pour se défendre.

Est-ce qu'il ne faut pas plutôt comprendre les courses technologiques ayant trait à l'espace comme le début d'une course aux armements dans une dimension nouvelle qui vient s'ajouter à la terre, aux océans et aux airs ?

SanKuKai 11/07/2017 14:14

Bonjour,

Sans prosélitisme, Il est interessant de constater que dés qu'un candidat aux présidentielles Francaises évoque l'espace (J. Cheminade, F. Asselineau), les journalistes le traitent comme s'il était fou.
Ce bel article prouve que les fous ne sont peut-être pas du coté du micro que l'on croit.

Observatus geopoliticus 13/07/2017 22:03

@ Jef
C'est noté pour la prochaine fois que je repasse sur les quais de Seine. Pour l'instant, c'est plutôt les quais du Tigre ou de l'Euphrate et il n'y a pas beaucoup de bouquinistes... ^^
Bien à vous

jef 13/07/2017 04:53

Cher SanKuKai,

je vous recommande chaudement la lecture de Dreadful Sanctuary du cher Eric Franck Russel, paru chez CLA sous le titre de: Le sanctuaire terrifiant. Cheminade et Asselineau sont de toute évidence des Nor-Man...

PS. A OG, au cas où vous ne connaîtriez pas cet auteur je vous recommande particulièrement Guêpe et Plus X... (à chercher chez les bouquinistes).

Euclide 11/07/2017 09:36

Je pense que j'ai mal rédigé mon post d'hier de 16 h 33.
Je voulais dire que la conquête de l'espace risque d'être encore un terrain de jeu militaire pour les grosses puissances habituelles (USA, Russie, Chine, Inde, Japon et UE) .
Au niveau humain, je ne sais pas ce que cela peut apporter une colonisation de l'espace.
Une chose qu' OG ne parle pas ou a peut etre parlé , c'est que les nouvelles technologies utilisent beaucoup de "terres rares" et non renouvelable .
Et où se trouve t 'elle ces terres rares ? Et ben , elles se situent en Chine. De là, que la Chine crée un embargo . On est chocolat.

fb67 11/07/2017 15:07

Pour une fois, je vous trouve un peu dur avec l'europe: Galileo çà marche, Gaïa est un superbe projet, Ariane marcha pas si mal, etc...

Bon on n'a pas encore la légion étrangère là-haut, mais comme déjà évoqué plus bas, quand on va dans l'espace, çà rapporte médiatiquement, mais çà coute un bras ou deux!

Jb²o 11/07/2017 11:08

L'UE? Si seulement... Même pas foutue de copier le GPS.

E. 11/07/2017 09:32

Il n'y a qu'une guerre froide 2.0 pour relancer la course à l'espace. L'incitation économique seule ne peut y suffire et pour cause: l'espace est et restera totalement inexploitable jusqu'à ce que le prix des matières premières explose dans des proportions hiroshimaesques. En revanche des considérations du type "on peut maintenant risquer une guerre sur Terre, on a une colonie sur Mars/Europe/Nebiru et pas eux"...pourquoi pas.

E 14/07/2017 09:42

Cher OG,
Oui, c'était le sens le mon post: la course à l'espace repart mais uniquement parce que la guerre froide, voire tiède, a repris. Mais il va falloir que les rêveurs se mettent une fois pour toute dans la tête qu'on est coincés à perpétuité sur le vaisseau Terre.

Observatus geopoliticus 11/07/2017 12:58

@ E
Mais la guerre froide 2.0, nous y sommes depuis un certain temps, je crois l'avoir suffisamment démontré sur ce blog. Effectivement, du point de vue strictement économique, cette course à l'espace n'aurait aucun sens. Stratégiquement par contre...
Bien à vous

Spacedreeeeeaaam 11/07/2017 03:26

Le problème c'est que l'espace fait trop rêver ce qui lui donne des envies d'exploration, d'exploitation, d'expansion à la façon colon Américain (pas étonnant que les Américains soient les plus idéalistes dès qu'on parle d'espace) complètement irréalistes.
Suffit de voir cet engouement pour mars. Pourtant mars, qui semble être une des planètes les plus hospitalières qu'on est pour l'instant découverte est un peu l'équivalent du sahara déplacé en antarctique sur lequel on aurait versé de l'arsenic et pour finir mis dans l'espace (quasiment pas d'atmosphère ni de champs magnétique bloquant les radiations solaires.). Un vrai paradis, je comprends pas pourquoi il y a si peu de club med au milieu du sahara, à tchernobyl ou sur la banquise arctique si mars est si fantastique.

L'espace fait rêver, a nourris l'imagination de nombreux auteurs de SF. Mais c'est l'endroit le plus hostile que l'homme n'a jamais visité. C'est pas la découverte du continent Américain, verdoyant, avec de la terre fertile à perte de vue.

Et quand déjà on regarde l'implantation de l'homme dans les zones hostiles sur terre...

Observatus geopoliticus 11/07/2017 13:02

@ Rêve d'espace
"L'équivalent du sahara déplacé en antarctique sur lequel on aurait versé de l'arsenic"
LOL, excellente formule.
Je pense que personne n'envisage sérieusement une colonisation de Mars. Par contre, c'est la course entre grandes puissances pour y arriver qui nous intéresse ici. Avec évidemment le lot de nouveautés techniques (donc à terme terrestrement militaires) que cela engendrera.

Alaric 11/07/2017 02:13

Sans vouloir passer pour un rabat joie :

J'ai toujours du mal à croire à ces prospectives technophiles qui me paraissent assez délirantes . Envoyer des hommes en orbite coûte déjà très cher , pour un gain économique et scientifique inexistant . La sonde Osiris rex par exemple , lancée en 2016 , a coûté presque 1 milliard de dollars, mettra 7 ans à ramener au maximum 2 kg (probablement beaucoup moins ) d'échantillons sans valeur économique .

Cette sonde pesait 2,1 tonnes au décollage dont 1,3 tonnes rien que pour le carburant (de l'hydrazine ) et ramènera donc au mieux 0.001 % de charge utile par rapport à sa masse de décollage .

Saturn V , la fusée qui mettait en orbite les vaisseaux lunaires , avait l'un des moteurs les plus puissants jamais créé par l'homme (une puissance de 120 centrales nucléaires maintenue pendant 165 s ) : elle permettait , à un coût délirant, de ramener une centaine de kilogrammes d'échantillons lunaires (et des astronautes vivants ) , là encore un rendement d'une faiblesse extrême .

Une autre difficulté serait de localiser ces supposés affleurements de minerais /métaux ultra précieux sur la Lune, avec juste quelques astronautes sur place .


On a du mal à résoudre beaucoup de problèmes plus immédiats même dans les pays les plus développés : érosion des sols, résistance aux antibiotiques, espèces invasives ... et on voudrait nous faire croire que les chimériques "mines lunaires " permettront de continuer à fabriquer des millions de batteries d'iphone quand les stocks chinois de terres rares se seront épuisés ?

fb67 11/07/2017 21:28

@OG: je le savais, le titre c'était vous!

@Alaric: ces dames étasuniennes ont dépensé autant en cosmétiques pendant la course à la lune que la NASA (ordre de grandeur)

Observatus geopoliticus 11/07/2017 12:55

@ Alaric
C'est un peu de ma faute, cher Alaric. Comme souvent, j'ai cherché un titre facétieux pour faire un bon mot. En réalité, l'extraction minière n'est qu'un détail (de plus, extrêmement difficile à mettre en oeuvre comme vous le dites) de cette course à l'espace qui, elle, est bien réelle.

Alaric 11/07/2017 11:27

- entre 10 000 et 40 000 euros le kilogramme en orbite, je comprends pas trop votre blague sur le maquillage m'enfin ...

- oui oui de la même manière que la réduction du budget de la défense des états unis ne permettrait pas de résoudre les problèmes du pays

fb67 11/07/2017 08:05

Bon il faut raison garder: j'ai entendu dire que le coût de la lune était du même ordre que les produits de beauté des état-uniennes, quand on voit le résultat, y a pas photo!
Et économiser sur l'espace ne servirait sûrement pas à traiter les problèmes "sérieux"

Avez-vous suivi l'odyssée de Cassini près de Saturne? çà aide à vivre, non? et à oublier les marines dans l'espace?

fb67 10/07/2017 22:34

Bonsoir à tous
Une occasion de lever le regard, chic!
Hélas ce sont les mêmes acteurs que sur le plancher des vaches... avec les méga$ qui vont avec.
Très bel article qui met tous les acteurs en perspective, merci OG!

Une remarque en passant, c'est déjà parti: Osiris Rex, robot de la NASA, voyage en ce moment vers l’astéroïde Bennu, d'où il nous ramènera des échantillons en 2023 si tout va bien.
Les hommes là-haut c'est pour la gloire, pas pour le bizness, par contre les satellites tueurs, c'est déjà opérationnel.
Et l'image du titre, c'était le premier livre que j'avais choisi (je ne savais pas lire)

fb67 11/07/2017 07:34

Bonjour OG,
Je félicite Val bien sûr, et je vous remercie de l'avoir invité!

fb67 10/07/2017 23:44

Un lien pour le robot "minier"
http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20160906.OBS7528/exploitation-miniere-la-ruee-vers-les-asteroides-commence.html

Observatus geopoliticus 10/07/2017 22:44

@ fb
Nooooon, ce billet n'est pas de moi, félicitez Val.
Il est assez logique que les principales puissances terrestres soient les plus en pointes dans la conquête spatiale.

MBM 10/07/2017 17:18

C'est marrant parce que je viens de voir Turandot de Puccini avec sous-titrage en français, et dans la 20ème minute, j'ai pu y lire "Putin Pao, la lune est là!". Collaboration Russes et Chinois déjà entrevue par le compositeur italien du début du 20ème siècle? Puccini, un visionnaire méconnu ? Il y a de ces coïncidences.

Observatus geopoliticus 10/07/2017 22:46

@ MBM
Ha ha, magnifique coïncidence.
Un plaisir de vous relire, cher MBM.

serge 10/07/2017 17:06

Mouais, tous ces délires de techno sont bien au-dessus de ce qui est faisable. Outre l'aspect monstrueux des financements et les antagonismes des pays (peu nombreux) ayant de vraies capacités d'envoi de missions habitées, voire avec un retour dans de bonnes conditions (et encore sans fret), c'est pas demain la veille. Juste à voir l'état physique des quelques privilégiés, longuement formés, qui reviennent des séjours dans quelque station se baladant en stationnaire, incite légèrement au doute. Qu'il y ait des "entrepreneurs" qui envisagent possiblement de faire des tunes en montant des promenades pour riches (un peu le voilier Club Med), pourquoi pas. L'effet nouveauté plus trop neuf et prix du ticket fera le reste. Il reste quand même vraiment beaucoup de problèmes récurrents à régler tant dans l'anatomie humaine que dans la protection des rayonnements, la propulsion, la reproductibilité des envois, les outils de minage, le stockage, l'emport... Quand on voit que l'on est pas fichu de savoir ce qui se passe à 8000 m de profondeur des océans terrestres, c'est pas gagné.

Madudu 12/07/2017 09:25

Dans les fonds marins il n'y a pas seulement de la vie, d'ailleurs il y en a généralement assez peu, il y aussi beaucoup de ressources potentielles.

Métaux, hydrocarbures, ...

RAMOS 11/07/2017 20:30

@ Serge
"Quand on voit que l'on est pas fichu de savoir ce qui se passe à 8000 m de profondeur des océans terrestres, c'est pas gagné."

Ben, je dirais qu'ils s'en foutent un peu, beaucoup même. Du moment qu'il y a de bonnes chances d'espérer obtenir un (très) gros retour sur investissement, la biodiversité des fonds marins, ils s'en tapent comme de l'an 40 !

https://insolentiae.com/la-premiere-mine-sous-marine-par-1-500-m-de-fond-machine-de-200-tonnes-ledito-de-charles-sannat/

Yom 11/07/2017 10:30

Songez que les concepteurs des premiers ordinateurs, à l’époque où un ordinateur incomparablement moins puissant que celui qui vous avez peut être dans votre poche (smartphone) occupait tout un bâtiment, prévoyaient qu’il n’y aurait, au mieux, jamais que quatre ou cinq ordinateurs en service dans le monde à cause de considérations de coûts similaires à celles que vous évoquez.

Pour ce qui est du transport en orbite, une hypothèse de réduction drastique des coûts que j’ai vu mentionnée à plusieurs reprise dans des ouvrages d’anticipation est celle de l’ascenseur orbitale, qui pourrait être rendu possible avec l’avènement des nanomatériaux.

Léa 10/07/2017 18:35

J'abonde dans votre sens. En parfaite néophyte, je ne savais pas les dangers auxquels s'exposent les humains en goguette dans l'espace, alors j'ai lu. Oulah ! Les seules ondes gamma plein pot ont de quoi refroidir n'importe quelles ardeurs exploratrices. Ou alors, il faut de la protection solaire puissance 100 000 000. Ensuite, il y a la fonte musculaire garantie, sans compter tout le reste dont vous parlez.
Ce n'est pas pour demain, tout ça.

Euclide 10/07/2017 16:33

Merci à Val pour cette projection de la conquête des étoile mais................dans le film space-opéra de 1968 du réalisateur Stanley Kubrick appelé " 2001 l'Odyssée de l'espace " figure un satellite tueur .
Comme dit l'autre " la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens "

Chris 10/07/2017 16:09

Ces prochaines colonisations annoncées font froid dans le dos, car elles éclairent crûment la paranoïa humaine de l'accaparement des ressources par tous les moyens possibles... où que ce soit ! Je suis contente d'arriver au terme de ma vie, très fatiguée par tout ce que j'ai vu, entendu, lu et vécu. L'espèce humaine n'aura de repos que lorsqu'elle parachèvera son auto-destruction.

Observatus geopoliticus 12/07/2017 11:58

@ Madudu
Très intéressant, cher Madudu. Et ça rejoint un peu ce que nous disons. L'humanisme de la Renaissance a effectivement inversé l'ordre des choses, pour le meilleur mais aussi pour le pire...

Madudu 11/07/2017 19:56

À ce propos, de la manière dont on situe l'homme et dont on se situe soit-même dans la nature, j'ai trouvé les conférences d'Olivier Rey très intéressantes.

Il explique qu'à l'origine de la modernité se trouve, entre autre, une inversion entre individu et communauté dans l'ordre de qui défini qui.

Au moyen-âge l'individu est ce que l'on obtient lorsqu'on divise une communauté en plusieurs morceaux jusqu'à ne plus pouvoir diviser, c'est ce qui est obtenu au terme de la division.

Dans cette optique l'individu n'existe qu'en tant que morceaux indivisible de la communauté, on ne peut rien dire de particulier à son propos sans parler d'abord des ensembles auxquels il appartient, il n'a pas d'existence propre.

Et d'ailleurs certains proposeront que l'individu n'est pas un unique exemplaire d'humain, mais un couple ou une famille car c'est le couple ou la famille qui constituent l'élément le plus petit d'une communauté, la cellule, étant entendu qu'un seul exemplaire ne peut se reproduire seul.

Pendant la modernité, pour Olivier Rey, l'individu devient subitement ce qui définit l'ensemble. L'ordre est donc inversé, on ne dira plus que l'individu est un élément de la communauté, on dira que la société -nouveau nom donné à l'ensemble- est une réunion d'individus.

C'est donc l'individu qui dicte désormais sa loi à l'ensemble, on parle des ses intérêts particuliers comme le moteur et le déterminant principal de l'ensemble, la société.

Le rapport au reste des choses dans lesquelles nous nous situons connaît du même coup le même renversement, et désormais toutes choses qui entourent les individus ne sont plus qu'à leur disposition, c'est l'intérêt de l'individu qui doit seul décider de ce qui advient des forêts, des astres et des animaux.

Il y a probablement bien des choses à redécouvrir du monde médiéval, pour sortir de l'enfer aux bonnes intentions qui s'appelle depuis des siècles maintenant "modernité", "ce qui est récent", "ce qui succède au passé", "ce qui voudrait échapper à l'histoire", ...

Observatus geopoliticus 11/07/2017 12:47

@ Yom
Moui enfin, la Bible est (comme souvent) assez contradictoire sur le sujet. D'un côté, on lit que l'homme peut utiliser les animaux, de l'autre que ces derniers ont une âme et doivent être sauvés (cf. Noé).
Toujours est-il que l'homme du Moyen Âge est infiniment plus respectueux de son environnement que l'homme moderne. Il se considère comme un être vivant parmi d'autres, peut-être légèrement supérieur mais à peine. D'où ces incroyables procès d'animaux tout au long du Moyen Âge : on considère l'animal comme un être à part entière qui est seulement privé de la parole. Aussi lui adjoint-on un avocat qui le défend devant le tribunal. Les juges condamnent ou relaxent l'animal, vu comme un être qui mérite un procès équitable. Ca nous paraît complètement loufoque aujourd'hui mais c'était tout à fait normal à cette époque.
Ajoutons aussi le respect craintif envers les forêts, peuplées d'êtres légendaires comme elfes et fées et où l'on n'entre pas de manière anodine... Alors bien sûr il y a des exceptions, comme le défrichement du bassin parisien entre les Xème et XIIIème siècles sous la pression de la forte croissance démographique. Mais la nature reste un espace de légende et de rêverie que l'on respecte totalement.
D'une certaine façon, les hommes du Moyen Âge pensent de la même façon que les Grecs anciens ("Reste à ta place"), les religieux ou les écologistes actuels : l'Homme n'est qu'un élément parmi d'autres et a toujours quelque chose au-dessus de lui (Dieu, nature...) qui doit le forcer à l'humilité (l'hybris était le pire crime chez les Grecs).
La rupture provoquée par la Renaissance et l'humanisme qui l'accompagne est donc totale, tectonique. Désormais, l'Homme est placé au centre de tout, il devient une finalité en soi et supérieur à ce qui l'entoure... Porte ouverte au saccage de l'environnement que l'on connaît depuis quelques siècles.

Yom 11/07/2017 10:23

Intéressante perspective que vous nous donnez là, Observatus.

J’étais pour ma part persuadé que cette mentalité d’accaparement était d’une origine judéo-chrétienne beaucoup plus lointaine, avec une certain livre indiquant que les animaux et la nature avait été mis en place par Dieu pour que l’Homme puisse en disposer et qui enjoignait à ces dernier de croître et de multiplier.

Est-ce à dire que la théorie de l’évolution des espèces aurait été moins controversée au moyen âge ? Je n’arrive pas à l’imaginer.

Observatus geopoliticus 10/07/2017 22:57

@ Chris
Vous voilà bien pessimiste ce soir, chère Chris.
J'explique souvent à mes étudiants que cet égocentrisme absolu de l'Homme, qui se croit le centre de tout et accapare toutes les ressources, est véritablement né avec... l'humanisme du XVIème siècle, valeur pourtant considérée comme éminemment positive par nos sociétés jamais à court de contradictions. Les hommes du Moyen Âge ne se seraient jamais permis ne serait-ce que la pensée de pouvoir utiliser et abuser de toutes les ressources de la nature. A l'époque, ils ne se considéraient même pas supérieurs aux autres êtres vivants, ce qui explique ces fabuleux procès d'animaux qui ont eu cours pendant des siècles.
Enfin, cette digression nous emmène bien loin... (Pour une fois que c'est moi qui fais un HS sur le billet de quelqu'un d'autre ^^)

Jimoni 10/07/2017 16:00

Génial, je venais tout juste de lire quelques passages d'un livre qui évoquaient la géostratégie spatiale. Cette lecture complète ce que je venais de lire. Par contre, comme Jb²o, je pense que c'est encore lointain, bien que des innovations apparaissent rapidement sans qu'on arrive à les voir venir. Mais comme le rappelle la fin de l'article, ce n'est que le début ! Et je sens qu'après les premières exploitations, les premiers conflits "chauds" auront lieu. Après, tout ce qu'on pourra dire dessus n'est qu'hypothétique, on sent juste les choses venir.

Un grand merci à Val :)

Jb²o 10/07/2017 15:48

Merci pour cette ouverture spatiale. Ces développements se rapprochent mais semblent encore bien lointain!
Question très naïve du béotien en la matière: d'un point de vue physique, apporter des éléments extraterrestres sur Terre en grande quantité peut-il modifier dangereusement son poids jusqu'à influencer son orbite?

Jb²o 11/07/2017 11:07

Merci Yom! Donc on s'en fout finalement. Ca fait 400 ans qu'on a répondu à ma question, et je ne savais pas...

Yom 11/07/2017 10:17

Puis-je vous suggérer d’effectuer la recherche d’une vidéo dans laquelle le physicien Etienne Klein, excellent vulgarisateur, évoque la transformation subite de notre Terre en une théière et demande à son public du jour ce qu’il se passerait (en mettant de côté l’effet d’autres corps célestes que la Terre et le Soleil, donc notamment la Lune) ?

Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, le nouvel objet, beaucoup plus léger, ne filerait pas à la dérive mais resterait sur une trajectoire d’orbite équivalente. Ca fait partie de ces lois de la physique qui sont un peu contre-intuitives, comme celle, notoirement vérifiée par Galilée, qui veut que deux objets de poids très différents tombent exactement à la même vitesse quand on les lâche (toutes considérations de portance mises de côté).

Jb²o 10/07/2017 16:14

Ouf! Merci de m'apporter cette réponse rassurante. Si je loue un vaisseau, je peux donc rapporter autant d'or que je veux, sans crainte.

vincent 10/07/2017 16:04

Des roches extraterrestres croisent l'orbite de la Terre en permanence, de la simple poussière aux gros rochers de quelques centaines de kilos. Tout ce petit monde s'évapore en plasma dans la haute atmosphère mais de temps en temps, quelques cailloux parviennent au sol. Quoi qu'il en soit, cet apport permanent est chiffré peu ou prou à hauteur de 180 000 tonnes par an, donc bien plus que tout ce qui pourrait être ramené de la main de l'homme. Ne vous inquiétez pas, la Terre ne vas pas tomber tout de suite ;)