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Chroniques du Grand jeu

Histoires de lignes rouges

27 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie

Si certaines "lignes rouges" surmédiatisées sont devenues proverbiales dans le conflit syrien, il en existe d'autres moins ébruitées, dont la portée géopolitique est pourtant autrement plus importante. C'est dans cette catégorie qu'entre les sommations répétées, en vain, de Bibi la terreur.

Lorsqu'un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie a été trouvé lors de la rencontre Poutine-Trump, Tel Aviv a très vite senti le danger et s'est opposé vocalement, à plusieurs reprises, à ce "très mauvais accord". Mais aussi à la présence de la police militaire russe, car il sera désormais bien plus difficile pour ne pas dire impossible d'envoyer ses avions dans la zone. En filigrane, la ligne rouge de Nétanyahou : pas de présence iranienne ou hezbollahie près du Golan, présence sur laquelle Moscou, allié des deux bêtes noires d'Israël, serait susceptible de fermer l'oeil.

Pour ce faire, l'Etat hébreux n'a pas hésité à soutenir pendant des années à sa frontière rebelles "modérés" et moins modérés, dont Al Qaeda et Daech. Cela a été documenté par ce site et d'autres à de multiples reprises et même par la presse israélienne. Le but : repousser le plus loin possible l'axe chiite et créer une large zone tampon occupée par des djihadistes sunnites plus malléables. Et pourquoi pas, à terme, une sorte d'annexion larvée sécurisant le plateau du Golan et repoussant un peu plus loin les limites du Eretz Israël.

Game over, Bibi.

Les Russes ont commencé à se déployer dans les zones de désescalade en question - régions de Deraa, Qouneitra et Soueida - donc quasiment à la frontière. Moscou a maintenant les clés du sud-ouest syrien, la ligne rouge est restée en plan et la presse israélienne crie à l'abandon américain. Un vrai mur de lamentations.

Le toujours excellent et facétieux M.K. Bhadrakumar ne peut s'empêcher de dresser le parallèle avec un autre fameux coup de menton, qui lui aussi s'est terminé en eaux de boudin : le dossier nucléaire iranien. Hystérisation, menaces d'interventions et, au final, un autre flop retentissant. Bibi l'incompris...

 

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Antonio Lico 31/07/2017 14:17

C'est de L'Art le mouvement de Putin. Les ricans doivent bien penser avant son prochain mouvement.
quand même, il semble que la Russie a des lignes; je sais pais si son rouges, mais quand même lignes.
Biem à vous.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 11:52

@ Antonio
Comme toute grande puissance, la Russie a évidemment des lignes. La différence est qu'elle ne les crie pas sur tous les toits avec un mégaphone.
Bien à vous, cher Antonio.

Eric83 31/07/2017 08:56

La décision de Poutine d'expulser 455 "diplomates" est une excellente illustration de la maîtrise de son art de judoka : se servir, à son avantage, de la force utilisée par l'adversaire.
Seul le contexte des sanctions unilatérales US à l'encontre de la Russie permet à Poutine d'expulser autant de "diplomates" et barbouzes US : merci au Congrès et à Trump.
De plus, plusieurs pays, pourtant vassaux des US, critiquent ouvertement les sanctions unilatérales US, ajoutant ainsi à la décrédibilisation du gouvernement US et au "bordel" qui règne dans le bloc BAO.
Les vassaux US vont bientôt se retrouver au pied du mur et à devoir faire le choix de continuer à soutenir idéologiquement et aveuglément, ou non, la politique étrangère des US à l'égard de la Russie.

Charles Michael 31/07/2017 14:23

Eric,

Permettez moi un petit rectificatif:
Le personnel des ammbassades et consulats US est réduit par Putin à 455 c'est à dire exactement le même nombre que le personnel Russe aux USA. On parle de 1 200 expulsions.
Et Putin précise en plus que ceci est en réponse aux 35 diplomates Russes expulsés par Obama, idem la confiscation de deux batiments US en Russie.

jef 29/07/2017 18:22

Rectificatif: 455 au lieu de 450. Un ours décidément méchant et moqueur:

http://fr.sputniknews.com/international/201707291032444679-entrepots-ambassade-usa-moscou-musee-guerre-froide/

jef 29/07/2017 18:05

Les Russes, avec leur habituelle pondération, diront que la résolution américaine légitimant la saisie de biens diplomatiques russes aux USA était la ligne jaune à ne pas franchir.

La riposte signée par Poutine ) est mesurée et...percutante! Au lieu d'une banale et trop mathématique application du principe de réciprocité (tu m'expulses 35 diplomates, j'en expulse 35; tu me saisis deux biens immobiliers, je fais de même ), la FDR
1) demande à leur "cher partenaire" de ramener le nombre de ses personnels à parité avec le sien ( soit 450). C'est donc quelques 700 ricains (sur les 1200 actuels) qui devront plier bagage avant le 1er septembre. Comme je suppose que le personnel indispensable pour le fonctionnement normal des services diplomatiques et consulaire atteint un chiffre incompressible de plusieurs centaines, l'"opposition" russe risque de perdre beaucoup de ses honorables correspondants Ceci pour ne relever qu'une des multiples conséquences d'une telle décision. D'autant que je ne vois guère les dits"partenaires" proposer ( ce serait d'ailleurs en vain) une augmentation des représentants russes pour sortir de cette impasse.

et 2) bloque l'accès non seulement à un immeuble mais aussi à ce que j'imagine être une véritable caverne d'Ali Baba: les entrepôts de la représentation US! A partir de lundi! Un court week-end pour déménager les trésors high tech et autres qui doivent y trainer... Les Fernandels yankee auront besoin de plus d'un baudet pour y parvenir. Et ils le feront sous l’œil attentif et malicieux du FSB.
Comme je comprends la grande déception exprimée par l'ambassadeur US et son Rex de patron.
Cet ours est décidément bien méchant.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 11:52

@ Jef
vous ferez votre miel du dernier billet, cher Jef.

Hermès Trismégiste 29/07/2017 13:59

Ce cher Bibi continuera ses caprices ..
Bonjour OG, interrogation quelque peu hors-sujet, avez vous ( ou pensez vous le faire ? ) préparé un billet sur la situation au Vénézuela ?

Observatus geopoliticus 29/07/2017 15:11

@ Trismégiste
Pas dans l'immédiat, cher Hermès. Il y a déjà tellement de billets en attente...

Charles Michael 29/07/2017 13:30

Un shampoing à la fiente de Colombes, je ne suis pas sur que ces colombins soient un excellent traitement capilaire, mais faut tout essayer.

Peut-être le coté rafraichissant aidera-t-il le cher Bibi à rester zen et voir le coté positif d'une protection Russe de proximité en plus des exhortations bellicistes en provenance de la lointaine et flétrie nation exceptionnelle.

petite réflexion sur à quoi sert le nucléaire, les bombes d'Israël, du Pakistan, de l'Inde et autres super-extras ?
- à rien !
(72 ans que je vis peinard)
- mais indispensable comme dissuasion à travers les grands espaces.

sauf pour Israël donc et ses craintes de promiscuités Hezbollesques, syriennes ou Iraniennes.

Observatus geopoliticus 29/07/2017 15:12

@ Charles
Le shampooing en question vous inspire en tout cas. Quel style !

Archange 28/07/2017 16:03

Cher Observatus,

Je vous lis depuis quelques mois et j'apprécie la grande qualité de vos articles. Je vous remercie de consacrer du temps et des efforts pour informer véritablement vos lecteurs.

Une question : pourquoi estimez-vous que la situation d'Israel s'est fortement dégradée ? En effet, la jonction des chiites irakiens et du régime de Bachar el Assad n'est que le retour à la situation qui prévalait avant le printemps révolutionnaire de 2011. Israel n'était pas particulièrement fragile ou en danger à ce moment là. La seule différence notable est le meilleur entraînement des troupes du Hezbollah. Cependant je doute que les russes laissent le Hezbollah attaquer Israel à court terme. Et sur le long terme l'aquis d'expérience de la guerre s'effrite et de devient négligeable.

la grive 29/07/2017 21:58

> Archange :"... Israel n'était pas particulièrement fragile ou en danger à ce moment là. La seule différence notable est le meilleur entraînement des troupes du Hezbollah. Cependant je doute que les russes laissent le Hezbollah attaquer Israel à court terme..."

Militairement, non, Israel n'a aucun souci à se faire et le Hezbollah n'a aucune vocation à attaquer. Pourquoi le ferait-il ? C'est plutôt du côté médiatique et diplomatique que la situation pourrait échapper à Israel. Jusqu'à maintenant le petit miracle quotidien assure un rapport d'influence et un traitement très favorable à ce qui est en fin de compte la dernière implantation coloniale du 21e siècle. Mais ce miracle ne fonctionnera plus longtemps si la région se stabilise et voit apparaître un bloc uni et indépendant qui détient un véritable poids économique et politique.

Observatus geopoliticus 29/07/2017 15:09

@ Archange
En fait, Téhéran a une politique extérieure pragmatique et partiellement a-religieuse depuis longtemps. Dans les années 90, l'Iran a soutenu l'Arménie chrétienne contre l'Azerbaïdjan pourtant chiite comme lui !
Si les Iraniens poussent parfois les chiites (Syrie, Yémen, Irak), ils sont aussi tout à fait capables de soutenir des pays très éloignés de leur tradition religieuse.

Archange 28/07/2017 20:39

Cher Observatus,

Merci de votre réponse. J'ignorais totalement vos points 1 et 3. J'apprécie aussi l'immense ironie de voir les chiites, Iran en tête, oeuvrer pour le salut des chrétiens en Orient. Je ne sais point s'ils le font par conviction ou pour conserver de bonnes relations avec la Russie. Enfin la roue de l'histoire tournant, je ne serai pas surpris si dans un an ou deux les euronouilles contribuent à la reconstruction de la Syrie. Car après tout ils ne sont pas à un revirement près.

Observatus geopoliticus 28/07/2017 17:16

@ Archange
Bonjour, cher Archange. Vous posez effectivement d'excellentes questions qui me permettent de faire un point que je souhaitais depuis un certain temps.
Ce blog a vu le jour en 2015 et a donc pris le conflit syrien en cours afin d'en faire la narration. Depuis cette date, les divers groupes djihadistes "modérés" et ceux qui les soutiennent pour des raisons diverses (USA, Saoudie, Qatar, Turquie, Israël, euronouilles) sont sur le reculoir devant l'inexorable montée en puissance du 4+1 (c'est-à-dire l'arc chiite + la Russie).
Evidemment, si l'on revient au début de la guerre en 2011, la victoire du 4+1 pourrait paraître comme un simple retour à la normale et non une défaite du camp autoproclamé du Bien. Un match nul en quelque sorte. Sauf que...
1. Avant 2011, l'arc chiite n'existait en réalité qu'à moitié et nous avons décrit ici les manigances d'Assad qui laissait passer les djihadistes en Irak dans le but d'y fixer les Américains, mais dont l'effet collatéral a été d'endommager sérieusement l'arc chiite justement. Désormais, c'est terminé. Assad, sauvé par le Hezbollah, les milices iraniennes et irakiennes, est revenu de ses vieilles lunes et la solidarité est quasi totale entre Damas, Bagdad, Téhéran et le Hezb. De ce conflit sortira un nouvel arc chiite, véritable cette fois, consolidé, aux fondations puissantes.
2. Concernant plus précisément le Hezbollah et Israël, le mouvement libanais a acquis une expérience et surtout des armes dont il n'aurait jamais pu rêver auparavant (nous en avons parlé dans un billet ce mois-ci ou le mois dernier). Son intervention a également été une excellente opération de RP, il a été vu comme le sauveur des chrétiens syriens. Ce n'est pas parce que la presstituée occidentale n'en parle pas que les gens ne sont pas au courant...
3. Ajoutons que dans le contexte actuel de course contre la montre et d'inévitable déclin, toute non-victoire de l'empire est synonyme de défaite. Les pipes pétromonarchiques ne rejoindront jamais l'Europe, c'est fini, et la tentative US d'isoler énergétiquement la Russie (l'une des raisons de cette guerre syrienne) a échouer. D'où la réaction pour une fois virulente des euronouilles devant les nouvelles sanctions anti-russes votées par le Congrès, ce qui fera l'objet du prochain billet.
Bien à vous

ZZZ 28/07/2017 14:28

L'incapacité totale à éviter le déploiement des contingents russes dans le Sud syrien ainsi que la pantalonnade sioniste en lien avec le dispositif de sécurité retiré complètement à Jérusalem/Al Qods démontrent une certaine faiblesse du régime d'occupation assez rare pour être soulignée.Il faut revenir aux années 2000 et 2006 (défaites contre le HezbAllah et retraits pitoyables) pour voir une telle déroute.Ajoutons-y les affaires judiciaires qui cernent de plus en plus étroitement le "bibi" et voilà l'exécutif "israélien" dans de sales draps.
Sinon d'accord avec Rouget selon qui le régime sioniste a eu tort de faire des Chiites un ennemi irréductible.Ils ont beau être minoritaires en Islam,ils sont capables,coriaces,bien organisés et ne manquent pas de courage.Et c'est un Sunnite qui l'écrit.

Yom 28/07/2017 10:54

Wow ! La lecture de cet article, comme d’autres précédemment, me laisse un goût persistant et récurrent d’échec dans l’application des techniques d’organisation de la connaissance aux sujets politiques.

Je m’explique. Je suis, de formation et de profession, concepteur et développeur de systèmes d’information et de programmes informatiques. Je suis donc, après deux décennies d’expérience, assez au fait de certaines techniques d’organisation systématique de la connaissance. Comment des notions comme des définitions peuvent être mises en relation logique pour aboutir à des déductions sûres, qui deviennent de nouvelles définitions à leur tour combinables à d’autres définitions pour permettre de nouvelles déductions logiques …

Dans toutes les disciplines humaines revêtant une dimension technique, on aboutit, tôt ou tard, à un « état de l’art ». Qu’il s’agisse de mécanique, d’électronique, de chimie, nous disposons aujourd’hui d’industries performantes capables de produire un large panel de produits couvrant un large éventail d’applications avec une grande fiabilité à reproduire les mêmes résultats.

Mais l’informatique, curieusement, semble échapper à ce phénomène de maturation qui touche les autres secteurs techniques de l’activité humaine. La compétence est assez mal répartie, je trouve, entre tous les informaticiens du monde. C’est non seulement vrai pour des informaticiens travaillant pour des employeurs différents, chaque boîte ayant sa propre culture technique, mais ça l’est parfois également au sein d’une même entreprise.

On trouvera toujours des programmeurs pour réinventer l’équivalent informatique de la roue, ignorant qu’elle existait déjà. Chaque jour qui passe voit la création de nouveaux langages de programmation sans que cela réponde à la découverte de nouveaux concepts fondamentaux dans l’art d’organiser la connaissance. De temps en temps, on voit une « nouvelle technologie » dont on s’aperçoit (mais nous sommes peu à le faire) qu’il ne s’agit que de la résurrection sous une nouvelle forme d’une technologie passée de mode une ou deux décennies plus tôt et jugée ringarde jusqu’à ce qu’on lui trouve un nouveau nom marketing (ainsi, le « client/serveur » des années 80 est à ranger au muséum d’histoire de l’informatique, mais rien n’est aussi « cool » aujourd’hui que de faire exactement la même chose « en HTML5 »).

Bref, au bout de 60 ans d’histoire de l’informatique et de perfectionnement des techniques d’organisation de l’information, on devrait aujourd’hui disposer d’un état de l’art, d’un socle robuste de techniques éprouvées dont l’application devrait faire consensus. Mais ce n’est pas (suffisamment) le cas.

Quel rapport avec l’article ?

C’est que, au moins pour partie, les systèmes de décision, au premier rang desquels les systèmes de décision politiques, s’apparentent furieusement à des systèmes d’organisation de la connaissance et à des programmes informatiques.

On nous dit, pour justifier certaines décisions en matière de politique internationale, qu’il s’agisse de soutenir les uns ou de bombarder les autres, que certains états et certaines organisations soutiennent le terrorisme quand d’autres le combattent. Il y a même des listes noires officielles de ces états et organisations.

Mais il semble, pour le moins, que ces listes soient établies de façon très très (très) subjective.

Or même le programme de déduction le plus rudimentaire pourrait établir la chaîne logique suivante :

1) Al Qaeda est indiscutablement une organisation terroriste, consensus facile à établir sur la base d’attentats sanglants comme ceux du World Trade Center ou de Charlie Hebdo.

2) Daesh est indiscutablement une organisation terroriste, consensus facile à établir sur la base d’attentats sanglants comme ceux du Bataclan, des terrasses de Paris, de l’aéroport d’Istanbul, de la boîte de nuit d’Orlando …

3) Un pays qui apporterait un soutien logistique à ces organisations, et ce d’une façon documentée par sa propre presse, devrait **automatiquement** se retrouver ajouté à la liste noire des pays soutiens du terrorisme et figurant donc parmi les prochains à bombarder.

Cela devrait être tellement indiscutable, car relevant de la logique pure, qu’on devrait pouvoir mettre même un BHL devant l’évidence.

De même, depuis le temps que l’Homme fait de la politique avec des ramifications sur des sujets comme l’économie ou la diplomatie, on devrait aujourd’hui disposer d’un socle de connaissances sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, plutôt que de laisser le règlement de ces questions à l’idéologie.

Et entendons-nous bien, en matière d’idéologie, ce ne sont pas forcément ceux qui prétendent s’en détacher qui en font le moins.

BichFriz 31/07/2017 10:10

Aaah nous touchons un point sensible ! Je reconnais ici le discours de l'informaticien confiant dans sa discipline, imaginant que le monde vivant s'organise comme un ordonnanceur :)

Si je vous dis cela c'est que mon métier a moi est d'appliquer l'informatique, tout spécialement a ... la biologie ! Une sorte d'interface informaticien/biologiste... Autant vous dire que ce sont deux mondes que tout oppose.

Je puis dès lors vous assurez que si vous vous penchez sur le vivant et que vous essayez d'organiser ou d'inferer de la connaissance dans ne serait-ce qu'une fraction du monde vivant, vous allez vite vous arracher les cheveux !

Le vivant ne répond pas aux règle de l'informatique, pas encore, le fonctionnement des cerveaux humains non plus et tenter d'introduire une logique binaire dans les relations humaines, politiques, géopolitiques ou autres, c'est se créer beaucoup d'ennuis pour au final n'y plus rien comprendre.

serge 28/07/2017 16:47

Je rebondis sur votre double approche. Je suis, de mon côté, immergé depuis 4 décennies (pas fini cause histoire bête de trimestres...) dans l'informatique, plutôt soute type Réseaux-Systèmes et Sécurité, de l'industriel type findus aux centres de calcul intensifs. c'est la seule industrie, devenue stratégique puisque inclue dans tous les process, qui soit totalement immatérielle, même si derrière il y a de stupides plaques de composants. Ceux-ci étant remis en cause tous les 18 mois (loi de Moore), c'est du jetable. Et comme ce qui les meut est sans vrai risque (pas de fuite nucléaire, pas de mélange explosif, pas de phytosanitaire agressif...), il est très tentant, et c'est ce qui se passe depuis des décennies, de remettre en cause régulièrement leur efficience. Plein d'écoles dans plein de pays ont des cursus sur ces sujets.
J'oserai dire que le terrorisme, c'est pareil. Bien que un peu plus létal, son efficience est sans arrêt remise en cause. Et pour cela, les commanditaires (puisque un terrorisme est censé être une action de pression sur la ou les sociétés dans lequelles il sévit) doivent régulièrement les actualiser, que ce soit en technique, en profondeur, en mode opératoire ou en doctrine. Le sujet de référence n'a que peu d'intérêt, qu'il soit ethnique, politique, commercial, mafieux ou autre comme on a pu le constater avec la RAF, l'ETA, l'IRA, le GIA, les FARC, Action directe, etc... La létalité restant un facteur secondaire puisque, même bien saignant, le pourcentage de pertes est ridiculement bas vs la population ou l'économie.
L'important est la notion d'état non stable. Autant, tous les 5 ans (au max) vous devez avoir modifié profondément votre système d'information pour rester "compétitif", autant vous devez avoir une société qui soit également "souple", pas seulement en terme économique mais en terme social (accueil, partage, diversité) et politique (il y a des perdants). Ceci amenant la pression suffisante, régulière et multiforme sur les individus permettant d'éviter qu'ils se projettent trop loin, des fois qu'ils aient des idées...

Jimoni 28/07/2017 14:02

Le problème est de vouloir faire d'une activité humaine une science exacte. Il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises décisions en soi, mais des décisions prises dans des circonstances particulières qui répondent à des objectifs. Si je prends l'exemple d'une activité humaine qui me tient à coeur, la stratégie, certaines manoeuvres qui semblent efficaces en soi (attaque de flanc) sont parfois dangereuses (problèmes de logistique). La géopolitique, c'est la même chose. On ne peut pas appliquer un schéma type de décisions pour répondre à un objectif (comme la lutte contre le terrorisme) car il faut d'abord agir selon les circonstances.

Par ailleurs, on pourrait très bien dire qu'il y a des "constantes", que certaines situations se répètent. Certes, certaines situations se ressemblent mais sont tout de même différentes (ne serait-ce qu'une différence de temps) et il faut donc les traiter différemment.

Enfin, il n'existe jamais "une" façon de faire mais "des" façons de faire.

Le seul socle de connaissances qu'on peut établir doit être analytique : définir des événements (guerre, traité), décrire des territoires, etc. Il ne doit pas être directif sous peine d'être inutilisable.

Ainsi, si on reprend le schéma de "comment vaincre le terrorisme", on peut aboutir à un paradoxe. Il est parfois utile de soutenir des organisations terroristes pour lutter contre d'autres terroristes. Cela ne semble pas "logique", mais le contexte peut expliquer ce choix.

Henrietta 28/07/2017 12:15

Bonjour,
Votre réflexion se tient si l'on part du principe que nos dirigeants politiques servent le bien commun. Malheureusement, c'est loin d'être le cas...

Je suppose que dans votre imaginaire, tout comme dans celui de bcp de personnes en occident, le terrorisme est une arme de groupuscules faibles s'opposant à de puissants états, n'est-ce pas ? Malheureusement, ce qui était vrai pour la plupart de nos terroristes européens (IRA, ETA... etc), ne l'est absolument pas s'agissant du terrorisme islamique.

Cela va peut être vous choquer, mais le terrorisme islamique est une arme des USA. Ils l'ont créé dans les années 80 pour combattre indirectement l'URSS en Afghanistan, et depuis, ils l'utilisent aussi bien pour sanctionner tout dirigeant qui ne se soumet pas à leur volonté, que comme prétexte d'ingérence et d'intervention pour s'emparer des ressources d'un pays.

Puisque c'est une arme en sous main qui est essentiellement financée par le biais de leurs alliés du Golfe, ce n'est pas trop difficile de cacher cette réalité aux populations naïves. Et puisque c'est une arme non discriminante qui ne frappe essentiellement que des civils innocents, et qui vous pète à la gueule régulièrement (WTC, Marathon de Boston... etc), cela fait deux fois plus de prétextes d'aller héroiquement la combattre chez les autres. Et puis dans les tous les cas, civils ou soldats, c'est toujours les prolos qui trinquent. C'est tout bénef pour nos élites. ^^

Rouget 27/07/2017 22:56

Un excellent article sur les tensions entre Israël et le Hezbollah http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/07/israel-us-lebanon-syria-russia-islamic-state-hezbollah-idf.html

Et surtout ce dernier paragraphe : "There are now those in Israel who confess to the sin of committing a "substantial historic mistake" in its early days by choosing to engage the Shiites in conflict rather than accepting them and forming an alliance with them, just as Israel did with the Druze. "The Shiites are a minority and are considered heretics by the Sunnis, just like the Druze and the Yazidis," a senior Israeli military official told Al-Monitor on condition of anonymity. "They did not understand this yet in 1948 [Israel’s Independence War] and again in 1982 [First Lebanon War]. Instead of reaching out to the Shiite population in Lebanon and offering them some kind of arrangement, which would include mutual defense, we have turned them into our enemies. We will come to regret this for generations, because the way that the Shiites perceive the region and their status in Islam makes them much more disposed than the Sunnis to cooperate with us. We can only consider changing course once the Iranian Revolution is over." Then he added, "but no one knows when that will be.""

En effet. C'est terrible. Des décennies perdues, des millions de vies pour des politiques sur lesquelles on se retournera sûrement un jour, plus loin dans l'avenir pour se dire collectivement : « Pourquoi ? »

Et sinon un autre pour défier quelques idées :) http://www.eurasianet.org/node/84491

michel 01/08/2017 13:07

Bonjour,
Oui, en parcourant un peu le site, un article sur Saakashvili m'a fait sourire.. Cependant, la vision manichéenne d'une Chine ante-moderne avec sa route de la soie idyllique, ne paraît pas satisfaisante. Et l'on ne peut honnêtement écarter le fait que le pouvoir chinois se sert de cette "glorification" pour appuyer son "one belt, one road" dans les esprits.

Observatus geopoliticus 01/08/2017 11:49

@ Michel
Attention, Eurasianet.org est un site néo-con très connu dans le milieu, il convient de prendre ses "infos" avec des pincettes et c'est un euphémisme...

michel 30/07/2017 09:34

Bonjour,
Oui, que de souffrances et Pourquoi? Le pouvoir, telle une herbe qui brûle au soleil?

Votre deuxième lien, Rouget, interpelle pour le moins. Je crois lire en filigrane (rouge?), peut-être suis-je dans l'erreur, que l'auteur démontre certaines arguties quant à la route de la soie et au concept d'heartland.
J'en suis convaincu, la vérité éclatera au grand jour, après de nombreuses errances et tribulations.
Amicalement

Observatus geopoliticus 29/07/2017 15:15

@ Rouget
Tout à fait, cher Rouget. Ce n'est pas seulement Israël, c'est l'Occident tout entier qui semble être du mauvais côté de la barrière au Moyen-Orient. Il paye quotidiennement son alliance contre-nature avec les pétromonarchies fondamentalistes sunnites.