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Chroniques du Grand jeu

Et une poutinade, une !

14 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Moyen-Orient

« Le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure » disait Hérodote. Aucune homme, aucune femme ne peut prétendre à trop de chance, de beauté ou de gloire sans que les Dieux ne remettent l'audacieux pris d'hybris à sa place, avertissaient les Anciens. La sanction pouvait prendre différentes formes : foudroyage, désastre ou coup de folie.

C'est sans doute dans cette dernière catégorie qu'il faut placer la cagade du président russe. Constamment victorieux ces dernières années sur l'échiquier du Grand jeu eurasiatique, gazier ou moyen-oriental, assistant au déclin et aux fractures internes de l'empire, débauchant les uns après les autres les alliés/vassaux de celui-ci, avançant ses pions partout, participant de la dédollarisation et de la multipolarisation de la planète... Tout cela est sans doute trop et les Dieux ont placé un grain de déraison dans la cervelle de Vladimirovitch.

En avril, nous faisions part de notre...

(...) incompréhension devant une incongruité absolue. Ce blog a suffisamment démontré les talents stratégiques de Poutine pour ne pas relever l'énorme connerie - désolé, il n'y a pas d'autre mot - qu'il s'apprête à faire en autorisant semble-t-il la livraison de S-400 à la Turquie !

Certes la vente n'est pas encore faite, certes il y a des protocoles, certes la Syrie pourrait aussi en bénéficier, mais enfin... Comment avoir une seule seconde confiance en Erdogan ? Comment être sûr qu'il ne refilera pas certains secrets à l'OTAN ou n'utilisera pas les S-400 contre des alliés de Moscou ? Comme oser placer la Turquie du führerinho sur le même pied que des alliés stratégiques comme la Chine ou l'Inde, seuls pays avec l'Algérie à avoir reçu ces systèmes ? Ca nous dépasse.

Eh bien voilà, nous y sommes, c'est là que les Athéniens s'atteignirent... Selon un officiel turc - notons que Rosoboronexport, la société russe d'exportations militaires, garde le silence (de honte ?) - un accord préliminaire a été trouvé pour la livraison dès l'année prochaine de deux batteries S400 ainsi que la production de deux autres batteries sur le territoire turc, impliquant donc des transferts de technologie, ce dont même des alliés traditionnels comme la Chine ou l'Inde n'ont bénéficié. Le tout pour la ridicule somme de deux malheureux milliards et demi.

En lisant l'information, votre serviteur n'a pu s'empêcher ce cri du coeur : mais comment peut-on être aussi c.. ?!

Bien sûr, on nous dira que les protocoles seront stricts, qu'il y a plusieurs niveaux de transferts de technologie et qu'ils seront limités dans le cas turc, que rien n'est encore signé et que la finalisation définitive peut prendre une bonne année, que depuis le temps les Américains doivent maintenant de toute façon connaître les secrets du S400, que cela accélère le divorce entre Ankara et l'OTAN...

Il n'empêche, nos interrogations d'avril restent les mêmes. Comment décemment transférer ce fleuron dans les mains du sultan, qui reste un membre de l'alliance atlantique et un adversaire en Syrie ? Pour protéger la Turquie de qui ? Et que dire aux alliés historiques rabaissés au niveau d'Ankara (Chine et Inde) ou en dessous (l'Iran n'a reçu que des S300) ?

Non décidément, les grands de ce monde, même les plus brillants comme le maître du Kremlin, sont parfois pris d'égarement et aveugles à ce que commande le bon sens le plus élémentaire...

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bertrand 25/07/2017 05:07

l'internet parle couramment le russe, ca passe!

le pentagone demande des explications à la turquie qui prévoit d'acheter les s400 Russes.

https://ria.ru/world/20170724/1499086717.html

Gaztibeisa 23/07/2017 15:47

Bonjour,

est-ce qu'il ne pourrai pas s'agir d'une certaine façon de la part de la Russie (probablement avec l'accord de ses véritables alliés) de s'ingérer dans les négociations Turquo-européennes en représailles des sanctions européennes. Agitant le voile d'une "probable" (mais trés incertaine) sortie de la Turquie de l'OTAN et de l'ouverture des vannes d'un nouvel afflux migratoire très important, cela mènerait à encore plus de votes contestataires en europe. Ce faisant, la Russie range le versatile erdogan sous sa main et obtient un moyen de pression sur l'europe?

Grognard 22/07/2017 12:04

Bonjour OG,

Je passe en mode interrogatif.

Peut-on établir un lien, selon vous, entre l'annonce de l'achat de S 400, la divulgation de bases US et la manifestation qui s'est déroulée en Turquie?
Erdogan ne pense-t-il pas a tord ou a raison qu'il y a des menottes US derrière cette manif?

Enfin s'il vous reste un peu d'encre combien de temps va-t-il pouvoir continuer à pratiquer l'épuration à grande échelle sans fragiliser son propre pouvoir?

LaurentK 19/07/2017 17:21

Un nouveau élément montrant que la Turquie s’éloigne de l'OTAN à grande vitesse: l'agence de presse turque Anadolu a publié la location de 10 bases US en Syrie avec pour certaines d'entre elles le nombre de soldats qu'elles abritent (ainsi que des soldats français pour certaines d'entre elles...)

Version francaise: http://aa.com.tr/fr/politique/les-etats-unis-installent-dix-bases-en-syrie-pour-soutenir-le-pkk-pyd-/863605
Version anglaise: http://aa.com.tr/en/americas/us-increases-military-posts-supporting-pkk-pyd-in-syria/863895
Dans la version anglaise du site, il y a aussi une carte pour ceux qui ont du mal à lire: http://aa.com.tr/en/info/infographic/6521

Pas certains que cela ait un réel impact sur le terrain (ou alors peut-être pour des fractions vraiment très mal informées...) mais il va devenir de plus en plus difficile pour les congrès américain de faire comme s'il ne savait pas qu'il y a des soldats US en Syrie. Comme je ne me souviens pas qu'il ait autorisé une guerre contre la Syrie, cela va faire tache.

Accessoirement, le même problème va se poser a l’assemblée nationale française.

Grognard 20/07/2017 14:28

Bonjour LaurentK,

"
Accessoirement, le même problème va se poser a l’assemblée nationale française."

Mon cher vous êtes d'un optimisme indéracinable.

Nerouiev 19/07/2017 09:46

Je me demande si à terme une alliance Russie/Turquie ne serait pas la future défense de notre vieux continent en lieu et place de l'Otan rempli de casseroles.

LaurentK 21/07/2017 02:55

Je suis en effet probablement très optimiste sur ce coup... :-)

Furax 18/07/2017 10:33

Sur l'affaire des S300 et S400, j'ai lu récemment un article qui montrait que ces missiles ne sont qu'une des composantes des systèmes de defense anti-aérienne russes. Tout aussi importants sont les lance-roquettes intelligentes qui servent les batteries de S300 et S400 et qui sont bien plus en mesure de saturer le ciel.

N'oublions pas aussi que de nouvelles générations de S apparaissent assez vite.

Autrement dit je pense que la Russie ne risque pas grand chose à fournir ces systèmes à la Turquie, par rapport aux gains d'un rapprochement stratégique.

Jordi 17/07/2017 17:41

Difficile à comprendre

Ceci dit la Turquie est une puissance, est si Poutine souhaite réchauffer ses relations avec elle il doit bien lui faire de vrais cadeaux (et pas du second choix). Erdogan semble fantasque, mais c'est un dirigeant déterminé et décidé à vendre cher son soutien.

Par ailleurs, en cas de guerre civile en Turquie, les S-400 seront bien peu utiles face à des indépendantistes kurdes aux forces aériennes modestes

Grognard 17/07/2017 14:06

Peut-être avons nous fait collectivement une erreur de perception.

Comme écrit plus tôt par OG cette affaire était déjà dans les cartons.
Ce n'est donc pas un scoop a proprement parlé et cette option a été intégrée par les différents acteurs.
Une partie de la combinaison qui ouvre le coffre ou se trouve la bonne réponse est turque puisque c'est de là que vient l'annonce.
Au lieu de se demander ce que la Russie attend en retour (ce qu'il ne faut pas exclure non plus) ne faudrait-il pas se demander ce que les turcs veulent signifier aux US a court terme en plus d'une capacité défensive moins dépendante?

Accessoirement n'oublions pas que quelques soient les capacités des S 400 comme tout vecteur c'est sa dotation en munitions qui au final compte.

Jeves 17/07/2017 13:58

Re-bonjour,

L'article dont le lien suit offre un récapituilatif bienvenu concernant ce programme turc, y compris les raisons de l'échec de l'option chinoise.
En clair, ... rien n'est clair !

Cordialement

Jeeves

http://www.opex360.com/2017/07/17/la-turquie-veut-cooperer-avec-le-consortium-franco-italien-eurosam-pour-sa-defense-aerienne/

Observatus geopoliticus 17/07/2017 15:42

@ Jeeves
Comme quoi, le "toupisme" d'Erdogan a gagné toute la direction turque.
Article extrêmement intéressant et avouons-le rassurant s'il se confirme car, en lisant entre les lignes, il se pourrait que l'affaire des S400 soit seulement un moyen de faire monter les enchères vis-à-vis du consortium franco-italien.
En tout cas, cela montre une chose : le sultan est un partenaire totalement imprévisible qui retourne sa veste selon les variations de température.
Bien à vous, cher Jeeves

Yvano 17/07/2017 12:15

Bonjour,
Merci pour votre blog.
Tout système informatique peut être bridé voire contrôlé par son concepteur.
Au-delà des bénéfices diplomatiques à court-terme aisés à imaginer, cette vente permet surtout aux Russes de s'inviter dans le système de défense turc et d'obtenir un surcroît de puissance stratégique à moyen terme dans la région. Le F-35 américain a été développé sur le même concept de vassalisation informatique de l'utilsateur. Bref il s'agit du bon vieux classique cheval de Troyes. Il serait d'ailleurs étonnant que les Turcs tombent dans le panneau.
Cdlt,

YpLee 18/07/2017 08:57

"Commercialement, ce serait suicidaire pour les futures ventes d'armements russes à des pays tiers."
ça ce fait déjà : en Suisse par exemple, les FA-18 sont soumis à un étrange protocole : un code doit être reçus chaque semaine de la NSA pour activer le super GPS du guidage :p
Mais ils (les us ... ) pourraient en fait éteindre complètement les engins.
http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/10075220

Observatus geopoliticus 17/07/2017 15:44

@ Yvano
" Tout système informatique peut être bridé voire contrôlé par son concepteur."
Commercialement, ce serait suicidaire pour les futures ventes d'armements russes à des pays tiers.
Cordialement

Jeeves 17/07/2017 09:18

Bonjour à tous,

Pour répondre à Bertie, il est clair effectivement qu'Ankara s'entête à refuser toute solution d'origine occidentale..

Il n'en reste pas moins que l'acqusisition de matériel chinois avaité été abandonnée, précisément car son interfaçage avec les systèmes de l'OTAN se révélait impossible, pour des raisons de sécurité évdentes..

Même s'il est vrai que la Turquie est un état indépendant, elle fait partie, comme les autres pays de l'Alliance, de son commandement intégré. Par conséquent, ses systèmes de défense participent à, et bénéficient du système de défense aérienne de l'OTAN. D'où l'absolue nécessité de pouvoir interfacer les systèmes turcs avec le systèmes de commandement et de contrôle de l'Alliance (ce qui ne signifie pas que'lle en perde la maîtrise !), ne serait-ce que pour pouvoir remplir ses obligations auprès de l'Alliance et bénéficier d'un système auquel elle cotise financièrement.

Il résulte donc d'un impératif technique une impossibilité politique de mener à bien cette acquisistoin. Comme dans le cas chinois.

Bien à vous

Jeeves

YpLee 17/07/2017 08:47

Bonjour à tous,
Je me décide enfin à poster, depuis plusieurs année que je vous lis.
Déjà milles merci pour vos analyses toujours remarquable !

Pour le sujet de ce billet :
Je ne comprend pas non plus cette décision des Russes :
Technologie ou pas, OTAN ou pas, bitogno ou pas, finalisation de la vente ou pas, je ne crois pas que cela soit important aujourd'hui.
La seul chose qui compte c'est la psychologie.
Quel signal la Russie envoie au monde ? à ses alliés ?
Et là je suis d'accord avec le patron d'ici : c'est très mauvais !
Donner (oui parce que à prix ...) un système meilleurs à un type comme Erdodo qu'à ses plus proche alliés ...
Je ne vois pas les Russes faire une transaction pareille sans le ok tacite de la Chine et de l'Iran et donc je ne vois qu'une explication : La Russie est bientôt prête avec son S-500 et en a promis l'exlu à ses alliés les plus proches.
Ce qui fait que Poutine peut mettre un pied dans la défense Turque et bien emmerder l'OTAN tout en les ménageant (ses alliés).
Sinon je ne vois pas ...

Observatus geopoliticus 17/07/2017 15:54

@ YpLee
Merci, cher ami, c'est un plaisir.

"Quel signal la Russie envoie au monde ? à ses alliés ?"
>>> Enfin quelqu'un qui me comprend ! C'est surtout ça qui est dérangeant et qu'ont fait semblant de ne pas voir des dizaines de commentateurs ici même. Ce n'est pourtant pas faute de l'avoir répété...
Filer un S400 à Erdogan tandis que des alliés intimes comme l'Iran et la Syrie se contentent de S300 et même de S200, c'est du foutage de gueule en 3D.

Maintenant, si l'article donné par Jeeves se confirme et que toute cette affaire n'était qu'une mascarade pour aider les Turcs à faire monter les enchères avec le consortium italo-français, tout est sauvé fors l'honneur...
http://www.opex360.com/2017/07/17/la-turquie-veut-cooperer-avec-le-consortium-franco-italien-eurosam-pour-sa-defense-aerienne/

Jeeves 16/07/2017 20:27

Cher OG,

Après tout ceci n'est peut-être qu'un faux évènement.
La Turquie a lancé depuis longtemps un appel d'offre pour des systèmes sol-air. Le premier s’était conclu par une victoire ... chinoise ! Inutile de dire que les Turcs avaient dû renoncer dans le mesure où il était inconcevable de connecter ce système aux systèmes de défense de l'OTAN.

Je suis prêt à parier qu'il en ira de même avec un système russe. Je vois mal l'Alliance donner les clés de son système de défense aérienne à Moscou.

Cdlt

J

jef 17/07/2017 00:09

Cher Jeeves,

Ce post et l'essentiel des commentaires envisagent la question seulement du point de vue russe. Le point de vue turque doit évidemment être aussi pris en compte. Vous rappelez à juste titre que les velléités/vacillations turques ne datent pas de l'affaire en cours. Il est d'une évidence noire que la Turquie veut un système de défense régional indépendant de celui de l'Otan. Jamais elle n'a envisagé de le coupler à celui de l'Otan!La Turquie entend rester dans l'OTAN et être la plus indépendante de lui pour ce qu'elle considère comme ses intérêts propres.

Amicalement Bertie.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:52

@ Jeeves
Hum, là nous aurions besoin d'un spécialiste en électronique militaire.
Est-il nécessaire que les deux systèmes soient connectés ? Ne serait-il pas possible pour Ankara de posséder un double système (OTAN/Russie) séparé ?
Bien à vous

ZZZ 16/07/2017 19:21

Quelques remarques (après une bonne baignade bien méritée).
-Je suis d'accord avec OG pour dire qu'Erdogan mais aussi la Turquie et précédemment l'Empire Ottoman sont sont un voisin particulièrement retors et indigne de confiance.
-Mais,j'ai une confiance quasi-illimitée envers les Russes et surtout leur chef qui est doté de qualités nombreuses et rares pour un seul homme.Par conséquent,j'ai du mal à croire à une grossière erreur d'appréciation de sa part.A titre d'exemple,on se souvient de la non-réaction russe immédiate à l'agression turque contre le Sukhoi russe (j'étais personnellement indigné). Un an et demi plus tard,cette non-réaction s'est avérée sage et avantageuse pour la Russie.A l'évidence quelque chose nous échappe.
-Il est utile de rappeler un fait géostratégique important (omis me semble-t-il des amis commentateurs) :sans le passage du détroit des Dardanelles/détroit du Bosphore,la marine russe se retrouve coincée dans la Mer Noire et la Crimée récupérée de haute lutte perd son aspect stratégique.(Mer méditerranée -dont la base de Tartous- inaccessible et donc pouvoir de nuisance turc exorbitant.Certes il y a bien des traités internationaux qui assurent la liberté de navigation mais on sait le respect qu'a l'erdogan pour le droit international).
Peut-être aussi que Poutine parie qu'en cas de désintégration de la Turquie (dont certains signes apparaissent),il serait utile d'avoir une partie du peuple turc avec soi.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:46

@ ZZZ
Mmm... puissiez-vous avoir raison. Quelques remarques :
- Après l'incident du Sukhoi, Moscou a parfaitement réagi et calibré sa réponse, ce que ce blog a souligné (il est vrai que d'autres, plus va-t-en-guerre) s'indignaient de la mollesse de la réaction russe.
- Nooooon, Erdogan ne peut toucher aux traités internationaux sur la libre circulation dans les détroits, ce serait un casus belli colossal.
Bien à vous, cher ZZZ

Bigpit 16/07/2017 19:17

Bonjour à tous,
Et merci, Observatus, pour ce blog et les commentaires de qualité que l'on y trouve.
Ce partage de technologies me laisse également perplexe. Il me vient cependant une pensée, peut être ridiculement naïve, que j'aimerais vous soumettre :
Si j'ai bien compris le principe de fonctionnement de ce système d'armes, les différentes fonctions (radar, missiles, véhicules...) sont dispersées sur le territoire et communiquent en réseau. Qu'est ce qui garantit à l'heureux acheteur que le vendeur ne pourra pas intercepter les données, voire selectionner ses propres cibles ? Auquel cas, celui qui a fait une bonne affaire ne serait pas celui que l'on pourrait croire.
Est-ce plausible ?

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:27

@ Bigpit
C'est possible mais avouez que ce serait suicidaire dans l'optique de futures ventes d'armements à des pays tiers...
Bien à vous

Euclide 16/07/2017 14:08

Bonjour Observatus,
je fais suite à votre demande d'explication du 15 Juillet à 11 h 49.
1) je me sens pas qualifié pour parler armement sur votre forum;
2) malgré mon estime pour vous, ce qui se passe au delà du Proche ou Moyen Orient m'ait complètement étrangé donc l'organisation OCS, je m'en fout. Excusez-moi le terme.
Par contre l'évolution de la Turquie sous Erdogan m'inquète.
Vous savez mieux que moi qu'il existe un conflit aux portes de l'Europe , à savoir l'Ukraine. Si la société turque ne trouve pas un équilibre, nous allons assister a une nouvelle immigration celle de l'intelligentsia " stambouliote . Ok, c'est mieux que les va nus pieds subsahariens mais l'Europe s'effondrera.
Pour moi, l'Europe a le choix entre la mort lente comme l'Empire romain en IV siécle ou un conflit plus rapide comme la guerre de 30 Ans au XVII ème siècle. C'est selon nos politicards.
.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:29

@ Euclide
Je ne sais pas de quelle "demande d'explication" vous parlez. Si c'est ma remarque vous priant de ne pas trop faire de HS... bah oui, essayons de rester concentré sur le sujet.

Ovni de Mars 16/07/2017 12:15

Le fait que cette vente n'est pas été affecté par l'incident du Sukkoï laisse quand même voir qu'il ne s'agit pas d'un coup de Poutine mais bien d'un calcul stratégique qui dépasse le caractère versatile d'Erdogan


Peut-on imaginer cette vente en rapport avec les futures négociations sur la Syrie ? les occidentaux étant un quelque peu hors-jeux, il s'agirait de se "partager le gâteau" entre Turcs, Russes et Iraniens.

Les Russes échangeraient les S400 contre un respect des frontières Turco-Syriennes de la part d'Erdogan. Pas de déstabilisation des provinces autonomes Kurdes de la part d'Erdogan

Les Russes feraient comprendre aux Iraniens qu'un rapport de forces existe, qu'eux, les Russes sont aussi en coopération avec les Turcs et qu'un équilibre doit être trouvé ne donnant pas prééminence aux Iraniens à Damas.

Bref, les Russes après avoir consolidé leurs alliances avec l'OCS, auraient maintenant la capacité d'une certaine indépendance stratégique surtout vis-à-vis de puissances telles que l'Iran et la Chine

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:32

@ Ovni
Ce n'est effectivement pas du tout impossible mais il serait "dommage" de remettre ainsi les Turcs dans le jeu après qu'ils s'en soient presque auto-exclus. Imaginez la tête des Iraniens si après tant d'efforts et de sacrifices pour sauver la Syrie, ils voient le sultan débouler comme si de rien n'était et gagner autant qu'eux...
Bien à vous, cher Ovni

E. 16/07/2017 11:16

C'est vrai que c'est tout de même difficile à comprendre. A part un deal dont on ignorerait encore le pendant turc, je ne vois pas. Il est vrai que tout le monde peut faire des c****ries, même les russes, même Poutine. L'URSS continuait bien à exporter à qui mieux mieux vers le Reich la veille du déclenchement de Barbarossa. Mais si c'est réellement une cagade, c'en est une franchement conséquente.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:34

@ E
Disons que les Russes, formidables joueurs d'échec, sont néanmoins prisonniers de leur trop grand respect des règles internationales, face à des adversaires infiniment moins scrupuleux. D'où, parfois, une certaine forme de naïveté. J'espère me tromper...
Bien à vous

Aline 16/07/2017 09:36

Lorsque le grand Bobby Fischer, lors d’une des parties mémorables du match de championnat du monde d'échecs de 1972 en Islande contre Boris Spassky, a poussé un pion à un moment et à un endroit non prévu par les théoriciens du noble jeu, on a considéré, à l’époque, que tout l’échiquier avait « vibré ».

Sur l’échiquier actuel de la géopolitique, la Russie vient de pousser un pion inattendu qui fait si durement vibrer l’échiquier que les commentaires vont dans tous les sens. On peut également faire appel à l’image des grenouilles dans une brouette : quand on met la brouette en mouvement, les grenouilles sautent dans toutes les directions.
Comme 99% des motivations politiques sont secrètes, on ne peut qu’en subodorer les conséquences. Mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit jamais d’une décision commerciale : je te vends un bidule et tu me paies tant. Il s’agit d’un donnant-donnant politique.
Qu’est-ce que la Turquie a donné, et qui est si précieux pour les Russes qu’ils ont accepté de pousser ce petit pion-là pour être sûrs de l’obtenir ? Le premier bénéfice est déjà de déstabiliser les cervelles des théoriciens de l’OTAN – alors que le bidule en question n’est toujours pas en Turquie, que pour l’instant, il s’agit d’une promesse de vente et qu’on connaît les aléas de ce type de marchandage. (Tant d’évènements imprévus peuvent survenir, n’est-ce pas, auxquels un petit coup de pouce, etc. )
Je laisse aux connaisseurs le choix de la liste possible des concessions turques, Turkstream, fin du soutien aux terroristes, centrale nucléaire, traité des Dardanelles , OTAN, etc , etc . Ce qui est sûr à 100%, c’est que le gazoduc dont les Américains ne veulent pas, sera terminé avant que les S400 soient livrés à la Turquie.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 20:39

@ Aline
Difficile de vous donner tort, chère Aline, mais le problème est que, justement, on ne voit pas trop ce que la Turquie peut offrir à la Russie...
Le Turk Stream est acté et bénéficie autant à Ankara qu'à Moscou. La fin soutien aux djihadistes modérés aussi (à moins que la situation militaire syrienne soit vraiment pire que ce que l'on pensait, mais c'est improbable).
Bien à vous

Ladoga 16/07/2017 00:40

Bonjour, bonsoir

La Grèce est équipée de S 300. Peut-être ne faut-il pas aller chercher plus loin.

Cher, voir même très cher observateur du grand jeu. Un grand merci pour votre travail.
Je vous suis depuis votre troisième billet.

Quant à la chine et l’OCS : Pas plus risqué que le Pakistan et l’Inde et de plus les routes de la soie emportent tout. Les Ouïghours ne sont pas une réelle menace pour la Chine.
Au contraire la Turquie est une pièce maitresse dans le grand jeu.

Une voie ferrée Tachkent, Téhéran, Belgrade. La macédoine est a surveillé de près.

Désolé, je suis très avare de mes mots. J’ai du mal à retranscrire mes pensées.

Bien à vous

Ladoga 16/07/2017 03:51

Oui, bien sûr. Mais c’est un petit peu comme dire que Lyon est plus important que Naples, pour nous Français. De plus faut pas croire que les Tibétains sont cool, ou plutôt ont été cool, soumis. En deux générations c’est réglé certes, grace à l’apport d’un grand nombre de Hans. Quand j’étais ado, je m’étais pas mal intéressé au Tibet, l’Hindou-Kouch d’avant 79. C’est vieux tout ça.

A mon sens, et d’après mes lectures au fil du temps, je ne perçois pas une réel menace dans cette partie du monde, connaissant les chinois. Honnêtement je préfèrerais être un opposant en Russie qu’au Xinjiang. Etre un Soros boy la bas…

Le panturquisme est un vœu pieu. Le fait de faire rentrer l’Inde au sein de l’OCS est quand même plus problématique pour la Chine, que la lointaine Turquie. Qui cependant peu bloquer une branche des routes de la Soie. Mais ça serait folie pour elle. Ça serait aller à contre sens de l’histoire. Pour le plus grand bien des thalassocraties. Qui elle n’en n’est pas une.

Comme susmentionné les Grecs ayant des S 300, je ne vois pas trop le problème de cette vente.
Ne pensez-vous pas que si les Coréens du sud s’étaient équipés de S 400, le monde serait plus sur?

Merci de votre réponse. Tous mes vœux de bonheur dans cette noble tâche qui est la vôtre de nous informer sur les grands enjeux de notre monde.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 01:23

@ Ladoga
Un fidèle d'entre les fidèles, félicitations cher Ladoga !

"Les routes de la soie emportent tout. Les Ouïghours ne sont pas une réelle menace pour la Chine."
>>> Que nenni ! Pékin est extrêmement sourcilleuse sur ses provinces rétives et le Xinjiang (beaucoup plus que le Tibet d'ailleurs) est la première d'entre elle. De plus, c'est justement par là que passent et passeront routes de la Soie, gazoducs, oléoducs...
Pour les Chinois, Kachgar est plus importante, beaucoup plus importante qu'Ankara, c'est un fait incontestable.

Bien à vous

daniel 16/07/2017 00:33

Il y a au moins un avantage pour la Russie. Le commentaire de Mattis est à prendre en compte: le matériel S400 n'est pas compatible avec les systèmes de l'OTAN. Autant avouer que le cercle de fer qui entoure la Russie est troué dans le Proche Orient. C'est une avancée stratégique en faveur des Russes, l'équivalent de la marche otanienne dans l'Est européen. On peut aussi penser que les avions russes pourraient être immunisés s'ils venaient à survoler la Turquie. C'est plus qu'un simple éloignement de l'Otan de la part de la Turquie. Quand on sait qu'une avance technologique ne le reste pas très longtemps, le bilan pour la Russie reste favorable. Imaginons même les ingénieurs et techniciens occidentaux s'exciter et perdre du temps sur un ensemble qui est déja devenu obsolète dans les labos de recherche russes, autant dire piétiner sur une voie de garage. La France a agit de même face à l'Allemagne pour protéger, et avec succès, le canon de 75 mm. Cela s'appelait un entôlage ( et est à l'origine de l'affaire Dreyfus...) Non, tout compte fait, Poutine a initié une bonne affaire, pleine de potentialités positives. Je ne peux pas terminer en disant m'étonner de la sauvagerie inhumaine de la Turquie face aux Kurdes et au silence de la presse occidentale; plus qu'une honte, un déshonneur.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 01:30

@ Daniel
"On peut aussi penser que les avions russes pourraient être immunisés s'ils venaient à survoler la Turquie."
>>> Je le pense aussi même si, pour le coup, je ne suis pas spécialiste.
Par contre, je ne vois pas en quoi ajouter les S400 aux systèmes de l'OTAN trouerait quoi que ce soit, au contraire... Et je ne vois pas non plus en quoi, je me répète, fournir son ennemi inavoué avec du matériel supérieur à ce que l'on donne à ses alliés est un gage de logique stratégique.

Concernant les Kurdes, n'oublions pas que l'Occident a placé sans rire le PKK sur sa liste d'organisations terroristes après le 11 septembre. De plus, le sultan pouvant à tout moment ouvrir les vannes des réfugiés, les euronouilles ont le doigt sur la couture du pantalon. Il est plus facile de donner force coups de menton contre la Russie...

Bien à vous, cher Daniel

Grognard 15/07/2017 21:20

@ Pendule de Newton & Gilbert_P

D'accord avec vous qu'il y a eu, au moins, information des alliés traditionnels.
Alliés qui ne sont pas "faciles" à gérer.
La Chine dont je me méfie toujours un petit peu n'hésite pas, accord de transfert de technologie ou pas, à désosser ce qu'elle achète pour s'approprier les petits secrets de fabrication,quitte ensuite à apporter des modifications de son cru.
Elle s'est dotée d'une sorte d'académie militaire qui vise à disséquer les différentes doctrines d'emploi là aussi pour se les approprier tout en les aménageant en fonction de ses besoins et de sa doctrine.
L'Inde quant à elle a passé des accords qui stipulent qu'une partie des matériels achetés à la Russie seront produits chez elle sous licence.

L'idée générale à Moscou ne serait-elle pas, si l'on compare cette partie du Moyen Orient à un chaudron de faire en sorte que la stabilité du dit chaudron et donc son équilibre repose sur plus de pieds plus ou moins égaux entre eux?

Moscou n'a peut-être - conditionnel - pas envie de voir à moyen et ou long terme un acteur régional s'ériger en potentat local.

Théroigne 15/07/2017 19:28

Cher Observatus,
Avez-vous observé que ce n'est pas le Kremlin qui annonce ce mirobolant développement mais un ambassadeur turc ? Supposez qu'en parlant de ces choses comme si elles étaient faites, cela lui donne du poids pour négocier quelque chose ailleurs avec quelqu'un d'autre... Pourquoi le Kremlin le démentirait-il ? Pour le plaisir de lui casser son coup ?
Si ce n'est pas en caractère ni en situation, ce n'est pas.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 19:56

@ Théroigne
Cela fait des mois que les négociations durent et j'ai cité un de mes billets du mois d'avril qui évoquait la chose. Les médias russes en ont déjà parlé plusieurs fois, l'agence Tass aussi. Ce n'est pas quelque chose qui est sorti comme ça du chapeau de l'officiel turc en question...
Bien à vous

Pendule de Newton 15/07/2017 18:00

Cher O.G, Chers Lecteurs,

Permettez-moi avant d'apporter ma pierre à la qualité des analyses, d’observations et de possibilités soulevées, de vous faire remarqué la convergence dans lequel émerge le cadre de réflexion sur les actions du Kremlin. Ce blog produit une homogénéité d'esprit dans une hétérogénéité des profils (un maître de cérémonie "Himself" et des lecteurs plus tranchants de plus en plus).

De l'oeuvre de Stone :
- "Ma philosophie de la vie me vient du judo. Le principe essentiel est ce qu'on appel : La voie de la souplesse. On peut et on doit être souple. Parfois, il faut savoir cédé seulement si cela vous accorde la victoire"
- "Notre culture ^politique nous interdit de tomber dans les jugements à l'emporte pièce"
- "Ce qui m’intéresse c'est le processus de décision...analyser les relations sur 25 30 ans"


Le protocole d'accord sur la gamme de S avec la Turquie rentre dans un jeu encore plus subtil, selon moi:
- L'octroyer au Turc a dû être discuter entre russe et chinois : volet OCS pour éviter les incompréhensions avec ses partenaires stratégiques
- Il est primordial pour les russes que la Turquie reste membre de l'OTAN tout en développant les liens avec elle : pièce (même si elle est instable) pouvant être utile si certains mouvements de l'alliance se mettent à l'oeuvre.
-Les russes analyse dans le temps le fait qu'une Turquie tisser dans une toile d'accords et de protocole de partenariats bien imbriqués serait difficile à rompre même si un après Erdogan venait à pointer son nez.
-Caresser dans le sens du poil Erdogan car il faudra régler la question Idlib/YPG qui seront intimement liée.
-La gamme de S qui sera livré au turc est une étape dans la capacité russe à réaliser certains objectifs militaires dans un théâtre d'opérations (système S400 qui pourrait être utilisé en synergie dans l'infrastructure turc d'où une possible entrée du cheval de Troie dans le système ). Avec la malice russe, c'est une hypothèse loin d'être farfelue(la capacité technique et technologique russe est plus en avance que celle des USA surtout concernant les protocoles de maillage ).

La matriochka est à l'oeuvre car si par contre elle résulte d'une action trop négligée alors la Russie en paiera le prix.

Bien à Vous

Madudu 15/07/2017 22:42

En attendant la Turquie ne fournit plus les modérément modérés, comme quoi il n'était pas nécessaire de faire un caca nerveux à l'occidentale :p

Observatus geopoliticus 15/07/2017 20:12

@ Gilbert
Bonjour Gilbert et bienvenue. Je copie-colle la réponse que j'ai écrite à Simplet plus bas, car c'est un point important que je n'ai pas eu le temps d'aborder dans le billet :

Les Russes sont évidemment des joueurs d'échec qui calculent plusieurs coups à l'avance, mais ils sont aussi parfois prisonniers un peu naïvement des convenances et bonnes manières internationales.
Un exemple : après l'incident du Sukhoi en novembre 2015 et devant le soutien turc aux barbus modérément modérés, beaucoup s'attendaient à ce que Moscou ouvre les vannes d'armement vers le PKK. Paniqué, le sultan aurait immédiatement cessé tout soutien aux barbus et serait même venu à Canossa mendier, à genou, la clémence de l'ours. On a attendu et puis... rien ! On pourrait également citer les multiples provocations aériennes américaines ou même israéliennes plus récemment, au-dessus du ciel syrien.
Face à la perversité de ses adversaires, la direction russe paraît souvent beaucoup trop "gentille", refusant de répondre au vice par le vice. C'est ce qui fait sa force (respect profond dans les chancelleries qui ne s'y trompent pas) mais aussi parfois sa faiblesse.
J'espère me tromper mais je crains que l'on ait affaire à quelque chose de ce genre dans le cas présent.

Bien à vous

Gilbert_P 15/07/2017 19:49

Tout d'abord bonjour à tous et félicitations soutenues au maître des lieux: votre travail est remarquable et attendu avec impatience: on sent l'historien passionné ...... et passionnant à lire: la subtile dose d'humour qui rend la perception des choses plus "fine" est appréciée par beaucoup d'autres lecteurs également.
Je profite, pour ma toute première intervention, d'un thème pour lequel vous émettez quelques doutes quant à la pertinence de la décision de Moscou.
Disons tout de suite qu'au vu du succès engrangé par le Kremlin dans sa gestion de la politique étrangère (et nationale également, mais ce n'est pas notre sujet), il est difficile de concevoir que le pari (osé?) de fournir une arme d'une telle avancée technologique n'ait pas fait l'objet d'une très mûre réflexion, ni d'une consultation préalable des "clients" ou "alliés" traditionnels.
J'aurais, dès lors, tendance à me rapprocher de l'opinion défendue par "Pendule de Newton" en cinq points.
À l'appui de cette vision du cas "S400" , me vient à l'esprit la réaction très embêtée de "Mad Dog Mattis" qui n'apprécie visiblement pas la démarche turque:
https://fr.sputniknews.com/international/201707151032238453-s400-otan-turquie-incompatibilite/
Ce n'est certes pas suffisant pour en tirer des conclusions trop fermes, mais ce me semble être un élément qui va dans le sens de "Pendule".
Salutations à tous.

XXX 15/07/2017 15:21

Poutine travaille à ce que la Turquie quitte l'Otan.
Erdogan sait que ce sont les Américains qui avaient décidé de sa mort lors du coup d'état. Il sait que l'Otan est une 5ème colonne dont il doit se méfier. Il prépare une sortie de l'Otan et une réorientation de ses alliances vers l'Est.

Occulus 15/07/2017 14:26

C'est vrai

Mais pour le "fun" si je puis dire ainsi. On vend ses S400, histoire d'emm..... l'OTAN, bon puéril c'est sur mais bon après tout on a vu pire comme bêtises, cf les mistrals

Quand à l'attaque de saturation, le paiement des S400 rembourse largement le cout des 100 missiles.

J'arrête mes délires, plus sérieusement, n'oublions pas que les russes, sont les créateurs des matriochkas. Donc, nous ne voyons que la première, voire la deuxième, mais quid des autres. Je pense que la c'est un peu de ça qu'il s'agit.

Nous ne sommes pas dans conciliabules au Kremlin, ni dans les négociations. Donc, il ne nous reste que la spéculation :-)

bluetonga 15/07/2017 14:22

Supposons que les Russes ont vendu aux Turcs des systèmes qu'ils savent connus de leurs adversaires, peut-être mêmes subtilement modifiés pour induire en erreur les techniciens de l'OTAN qui ne manqueront pas de les étudier (dans une logique de reflexive control), et informatiquement plombés pour s'assurer que leurs nouveaux propriétaires n'en feront pas mauvais usage.

De ce point de vue, les Russes ne courent pas de grands risques. Même, ils ont glissé un petit coin symbolique supplémentaire dans l'alliance qui les encercle.

Il faut probablement étudier la question sous l'angle d'Erdogan. Qu'a-t-il à gagner dans cette affaire? Il pense qu'il va être bombardé par les Syriens? Les Kurdes? Les Grecs? Ou les alliés d'hier qui viennent de lui faire un petit croc-en-jambe avant de s'excuser? Le Sultan ne baisse pas la garde, il vient de décider une nouvelle purge de 7000+ fonctionnaires, dans l'armée, la police, les ministères, il interdit aux députés allemands de visiter la base de Konya... A mon avis, les S400, c'est surtout une manière pour lui de rappeler à ses amis occidentaux qu'aucune alliance n'est éternelle, et que la Turquie a son propre agenda.

Observatus geopoliticus 16/07/2017 01:38

@ Bluetonga
Voilà qui pourrait faire sens, effectivement. Sauf que pour le coup, ce serait jouer un très sale tour au sultan qui, réalisant la supercherie, couperait tout lien, annulerait le Turk Stream et recommencerait à fournir les barbus syriens. Ce n'est pas du tout ce que Moscou souhaite.
Côté turc, cela fait près de dix ans qu'on cherche un système SAM. Il y avait eu la possibilité chinoise avant que l'OTAN ne mette le holà. Avant donc la guerre syrienne, le vrai-faux coup d'Etat de l'été dernier etc.
Bien à vous, cher Blue

Bozi lamouche 15/07/2017 13:40

Bonjour
Les occidentaux ont voulu liquidé Erdogan et sa famille ...Poutine lui a sauvé la vie...c'est si difficile à comprendre ? La Turquie est asiatique : la géographie reste la base de la géopolitique .
L'UE a débuté ses négociations avec la Turquie dans les années 60...vous croyez vraiment que les turques attendent qui que ce soit de l'Occident !!!?

bozi lamouche 16/07/2017 12:18

bonjour
tout d'abord, je tenais à vous dire que ça reste formidable de pouvoir échanger avec vous, c'est un réel honneur...comme je l'ai déjà écrit personnellement, vous êtes ma source principale !! je ne fais donc qu'interpréter avec mes outils vos éclairages...!! merci encore.

Sue le sujet : je ne parle pas des américains mais des occidentaux ....et je me contentais de vous citer :
:"Répétons-le, une implication directe des Américains semble exclue (leurs services sont autrement plus professionnels, on l'a vu à Kiev). Toutefois, les connections entre le frère ennemi d'Erdogan et l'establishment impérial sont bien réelles : CIA, commandement US d'Incirlik et même Clinton "...
Que Poutine lui ait sauvé la mise est à peu près admis...la encore je pourrai vous citer (même article : le coup de jarnac...).
Pour ma part j'ai simplement acté que la Turquie a basculé... et que tout part du false flag russe dans cette histoire d'avion....((et aussi dans "ce piteux coup d'état" !!! mais je vous en avais déjà fait part)...
si je déroule je constate que la turquie entrée (ancrée) dans le giron de la russie ça fait effectivement des questions des interrogations pour ceux qui en doutent et bien des grincements de dents chez les autres...

Observatus geopoliticus 16/07/2017 01:43

@ Bozi
En plus de lui sauver les fesses, Moscou lui fait cadeau du meilleur SAM du monde par dessus le marché (sans doute pour le remercier de s'être laissé sauver la vie). Ouais, c'est difficile à comprendre, ne vous en déplaise...

NB : et non, les Américains ne sont pas derrière le putsch de juillet. La CIA est autrement professionnelle, on l'a vu en Ukraine. Qu'ils aient laissé faire, c'est possible. Mais ce ne sont pas eux qui ont organisé ce putschinho complètement amateur.

calal 15/07/2017 13:29

le gain pour les russes amha:faire sortir les musulmans sunnites de la sphere d'influence occidentale. le gain pour les turcs: acces au marche chinois a l'energie russe. sur le plan symbolique et religieux,erdogan pourrait se voir en grand chef des croyants sunnites. les russes ont montrer qu'ils defendent leurs allies musulmans chiites et ont construit une grande mosquee en russie. les occidentaux imposent la gay pride partout ou ils sont. les us perdent leur legitimite morale de democratie vu les attaques contre trump (le gorbatchev americain voir le eltsine americain?) . les imams dans tous les pays musulmans se mettraient ils a envier le pouvoir politique des ayatollahs chiites iraniens? se disent ils que ce grand califat n'est pas une si mauvaise idee,si ce sont eux les nouvelles elites?

Charles Michael 15/07/2017 18:41

@ Grognard et Blue Tonga

sur le Saker je parlais surtout des réactions* sur son site trop va-t''en guerre, tendance Douguin, cela étant je n'y vais plus tellement.
mais il a fait du bon boulot sur le MH17 en particulier.

* j'essaye tjrs de lire un maximum des réactions, ici bien sur, mais aussi sur MofAlabama et SST

je ne vois pas de différences sensibles dans nos appréciations, et surement partageons les mêmes inquiétudes et espoirs.

Charles Michael 15/07/2017 12:45

Suite votre réponse @ Eric
Observatus geopoliticus15/07/2017 11:16

Je suis d'accord avec tous vos points y compris et surtout la notion de Gambit

Revenant briévement sur mon post où je parlais du pessimisme de Putin vis à vis des possibilités de trouver un accord avec les US:
ettectivement Putin et lavrov ont inlassablement essayé, au risque de paraitre faible pour certains type The Saker.
mais en même temps Putin parlant de la précédente équipe Kerry-Obama les avait considérés comme incapables d'agrément, la formule russe employée était d'ailleurs plus directe du style not agreement capable.
le flip-floping du Donald et son inconsistence pourrait bien avoir déjà produit la même désillusion (si illusion il y a eut)spécialement dans l'interminable comédie tragique du Russian gate.

Grognard 15/07/2017 14:43

@ Charles Michael,

Bonjour,

Vous écrivez: " Putin et lavrov ont inlassablement essayé, au risque de paraitre faible pour certains type The Saker."
Ce propose peut se comprendre de différentes façons ; selon moi en tout cas.
Ne m'en veuillez donc pas si ma lecture ne va pas dans le sens que vous avez voulu lui donner.
Si j'ai bien compris la prose du Saker, il nous explique qu'en Syrie sur un plan strictement militaire face aux moyens sur zone de la partie adverse, la Russie, n'est pas en position de force.
C'est exact.
Ne confondons pas le force et la puissance.
L'une résultant de l'utilisation et de l'optimisation de l'autre.

Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur le fait que la Russie ne veut pas la guerre et qu'elle ne souhaite pas non plus être entrainée dans une course aux armements.

Souvenons nous que dans les entretiens accordés à O. Stone à un moment Poutine indique en substance que l'industrie d'armement russe fait mieux pour moins cher.

Nous pouvons certainement également nous accorder sur le fait que la confiance du gvt russe est plus "stratégique" que réelle et cela ne date pas d'hier.
Parler de stratégie n'a à mes yeux que peu de sens.
(Il est vrai votre honneur que pour moi la stratégie n'est qu'une bouffonnerie.
Le mot stratège désigne soit le général en chef soit le chef des opérations de théâtre.
Le terme se stratégie est lui bien plus récent. Il est né sous le Ier empire, sous l'influence du "courant jominien". Une des définitions - croyez moi il y en a et certaines sont gratinées - On peut s'accorder sur le fait que la tactique se situe au niveau de la/des bataille(s) et que la stratégie qui inclurait la/les bataille(s) se situe au niveau de l'étage politique.
Pour être précis les adeptes de la stratégie devrait non seulement préciser: à quel penseur ils font référence par exemple Clausewirz ou Liddell Hart pour ne citer qu'eux ; mais également à le pensée stratégique de tel ou tel pays.

Pour en revenir à nos moutons qui ne sont pas des agneaux V. Poutine, on ne prête qu'aux riches se projette à un horizon disons d'une génération.
Je pense que le soucis actuel de la Russie est d'atteindre ses objectifs politiques au moindre coût.
Essayons d'avoir à l'esprit que:
- vendre un système d'arme revient à couper l'herbe sous le pied à un concurrent ; voir tant que le contrat n'est pas conclu à l'obliger à revoir ses prix ce qui rendrait l'opération moins juteuse.
- La Turquie n'est qu'un des échiquiers sur lesquels joue le gvt russe. Etant entendu que chaque échiquier peut être affecté d'un exposant différent qui n'est pas forcément identique pour chaque acteur.

Je crois que la Russie joue la montre.
De mémoire il me semble que du côté de Washington certains pensent que la fenêtre d'opportunité pour tenter quelque chose contre la Russie se refermera en 2020.
A l'appui de mon propos souvenez vous il y a quelques jours avec quelle rapidité lors du renouvellement des sanctions contre la Russie V.¨Poutine a lui aussi prolongé les contre mesure ; c'est un signe.
- N'oublions pas non plus les fameux transferts de technologie. Regardez en Corée. La France a vendu sont TGV en acceptant des transferts de technologie ; on voir le résultat aujourd'hui.

Dernier point que l'armée ne dispose aujourd'hui que de S300, c'est plutôt bon.
En effet il est infiniment plus délicat d'attaquer une rampe de S400 sous drapeau russe que syrien.

bluetonga 15/07/2017 14:33

J'avais cité l'autre jour un article du Saker US fustigeant au contraire tous ceux, particulièrement en Russie, accusait Poutine et le Kremlin de mollesse et de naïveté face aux Occidentaux. L'argument du Saker était que justement toute la subtilité était pour les Russes d'éviter l'escalade et la confrontation directe, à l'issue plus qu'incertaine et dommageable pour le complexe tissu d'alliances multiples concocté aux cours des dernières années. Au contraire, cette zone de limbes dans laquelle l'incohérence de la politique extérieure US confine le jeu géopolitique international convient bien aux manœuvres du Kremlin qui va butiner toutes les alvéoles et consolide ses alliances. Comme le disait le Saker, jugez de l'efficacité de la réaction six mois plus tard : les Turcs on joué la provocation en abattant un Sukkhoi, quelle est la situation aujourd'hui? Les Américains et les Européens ont joué la carte du regime change en Ukraine. Où en sont-ils aujourd'hui?

janusstark 15/07/2017 11:02

C'est simple : le S 300 ou 400 ne sont pas des systèmes autonomes comme de simple katouchas. Ils ne fonctionnent que reliés au réseau de surveillance satellitaire et radar Russe positionné au dessus et dans de leur zone d'exploitation. Le déclenchement de ces systèmes ne peut se faire que via le commandement Russe, en gros. Leur déploiement en Turquie signifie en fait que la Turquie se place officiellement sous le parapluie (l'œil) de la FdR. La technologie innovante de ces systèmes ne réside pas essentiellement dans les lanceurs, mais dans les systèmes de guidage qui eux sont bien au chaud en Russie. De plus, il y a S(300)400 et S(300)400. Les transferts de tech ne seront pas si facile. Par ailleurs, le déploiement d'unités secrètes de protection et de mise en œuvre accompagneront sans aucun doute ces systèmes.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:14

@ Janusstark
Certainement pas. Sauf erreur de ma part, le S400 est un radar panoramique qui n'a aucun lien avec la surveillance satellitaire.

Eric83 15/07/2017 10:46

La vente par la Russie de S400 à la Turquie semble défier le bon sens élémentaire. En effet, Erdogan a démontré depuis de nombreuses années sa versatilité, sa duplicité...et qu'il n'est donc pas raisonnable de lui accorder sa confiance. Ce d'autant plus que la Turquie est membre de l'OTAN qui n'a de cesse de provoquer la Russie.
Nous avons souvent dit que Poutine et La Russie jouent aux échecs quand d'autres jouent au poker, notamment les US.
A mon sens, la Russie a appâté la Turquie en lui offrant une pièce - qui plus est compte tenu du prix "dérisoire" de cession des S400 - et Erdogan, très naïf joueur débutant aux échecs s'est jeté sur cette pièce "offerte".
Cependant, la Russie a déployé son jeu, elle contrôle la partie et ce "sacrifice" ou ce "faux pas" n'en est pas un. Je suis convaincu que l'avenir plus ou moins proche - Poutine raisonne sur le temps long - nous apportera la réponse du réel gain - au delà du financier - pour la Russie de ce "sacrifice" offert à la Turquie.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:16

@ Eric
Certes mais... quelle est donc la contrepartie à long terme de ce gambit ?
Sortie de la Turquie de l'OTAN : improbable.
Entrée dans l'OCS : (très) improbable.
Quoi alors ?
Bien à vous, cher Eric

Zebulon 15/07/2017 09:29

Bonjour
@Madudu
La locution "Rien de trop" traduit en fait (littéralement) le grec "Mèdén agan", qu'on donne souvent comme le véritable sens du "connais-toi toi-même".
Amitiés

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:36

@ Zébulon et Madudu
Oui, il y a deux formules, pas une. Les deux sont d'ailleurs complémentaires = reste à ta place, petit humain.
Nous en parlions dans les commentaires d'un billet précédent à propos de l'humanisme et de l'environnement.
Bien à vous deux

Madudu 15/07/2017 10:28

J'avoue ne connaître qu'approximativement les parentés des différentes locutions grecs qui sont passées à la postérité ^^

Mais votre remarque m'a beaucoup surpris car j'ai toujours entendu dire que sur le fronton du temple de Delphes étaient deux des locutions les plus connus des grecs de l'antiquité, que l'on traduit respectivement, en général, par "connaît-toi toi-même" et "rien de trop".

Les deux locutions ne sont pas confondues, et quoi qu'elles se rejoignent par certains aspects elles ont chacune leur fond propre.

Après quelques (petites) recherches il s'avère que nous nous trompons tous les deux. Ça nous apprendra à faire les malins !

"Médèn agan", traduit en latin par "Ne quid nimis", renvoie au "rien de trop".

"Gnỗthi seautόn", traduit en latin par "Nosce te ipsum", renvoie au "connaît-toi toi-même".

Quand au "Pan metron", je ne sais d'où il sort exactement, du coup ^^

calal 15/07/2017 09:17

j'aurai tendance a voir la turquie comme un "risque" pour les pays europeens. un systeme de protection antimissile,anti aerien pourrait "enhardir" erdogan et l'encourager a monter le ton face a merkel,voir aux francais et a leur dissuasion nucleaire. lors de la derniere campagne electorale,des listes "egalite et justice",grosso modo "pro-erdogan" etaient presentes. bref,ca serait du diviser pour regner ou tout du moins diviser pour affaiblir un monde occidental vieillissant.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:37

@ Calal
C'est effectivement un "dommage collatéral" supplémentaire possible de cette étrange affaire.

Petite lili 15/07/2017 09:16

Bonjour,

Ne pensez vous pas que de grands changements sont en cours, qui aurait pu croire, il y a 30 ans que les ex pays de l'Est passeraient sous commandement de l'OTAN.

Qui pensait, il y a un an, que le Qatar se rapprocherait de l'Iran un allié de la Russie. Qatar banni de la coalition menée par les US, les Saoud, juste aprés le passage de Trump en A.Saoudite.

Sans doute, malgré vos articles bien documentés et trés bien écrit, il y a des informations que vous ne connaissez pas, car pour cet article vous supposez que les alliances d'aujourd'hui sont celles de demain.

Cordialement, un visiteur régulier.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:26

@ Petite lili
Il y a évidemment des éléments cachés que nous ne connaissons pas, je le répète à peu près à chaque billet au risque de lasser ^^. L'un des objectifs de ce blog est justement de les anticiper pour voir la "grande image". Or dans ce cas précis, on ne voit rien qui puisse justifier cette décision...

Occulus 15/07/2017 09:09

Bonjour,

Les russes ne sont si naïfs que l'on peut le croire, ils n'oublient jamais le long terme. ET même si tel était le cas, n'oubliez pas qu'ils savent ensuite assener un coup la ou ça fait mal e on l'on ne s'y attend pas.

Mais, bon un S400 a une portée de détection de 500 km environ plus une portée des missiles supérieure à 100km. Bon et qu'est ce qu'on le russes en missiles de croisières ? des Kh 101, Kh 55, Kh 555 et autres Kalibr.

Portée minimum de ces missiles largement supérieure à 1000km. Vecteurs, bateaux, sous marins et autes TU 22M. Même pas besoin de sortir du pays car Sebastopol Ankara 550 km, Sebastopol Istanbul 600 km.

Ok, réponse les S400 peuvent détruire ces missiles, hum pas dans le cas d'une attaque de saturation.

Désolé pour toutes ces données, mais qui apporte le gaz en Turquie, qui envoie ses touristes en masse sur les plages d'Antalya, qui fait travailler les entreprises du BTP turques sur son territoire ?

Donc, il y a de quoi mettre dans la balance en faveur de la Russie sans compter les possibles "vices" cachés des S400.

Je me rappelle le film Octobre rouge, on Alec Baldwin dit: les russes n'agissent jamais sans un plan. Il y a toujours quelque chose derrière avec eux, pas forcement sur le court terme, ils ont la vision du temps long.

Crucis 15/07/2017 13:54

Et quid si ces S400 sont de faux S400 qui ont un truc que les russes peuvent trafiquer à leur guise???

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:42

@ Occulus

Sauf que dans ce cas précis, on cherche encore quel plan ça peut bien être... Qu'a à gagner Moscou de cette transaction, ridicule sur le plan financier, énorme sur le plan stratégique ?

" Ok, réponse les S400 peuvent détruire ces missiles, hum pas dans le cas d'une attaque de saturation."
>>> M'enfin, pourquoi leur vendre des S400 si ça obligera à recourir ensuite à une attaque de saturation pour mettre en échec ces mêmes S400 ? C'est kafkaïen votre truc, cher Occulus...

Euclide 15/07/2017 08:53

Ce qui est sur, c'est que la parenthèse kémaliste est terminé depuis 15 ans. C'est à dire une ouverture vers l'Occident et ses valeurs.
Ce qui est à prévoir, c'est que la Turquie va se refermer sur elle même. La population européanisé d'Istanbul va souffrir. Dans ces conditions, je ne suis pas prêt de découvrir un jour la Cappadoce. Le général de Gaulle n'a jamais considéré la Turquie comme faisant partie de l'Europe. Il n'a jamais dit que l'Europe s'étendait de l'Atlantique à l'Euphrate ou au Tigre mais à l'Oural
Je suis d'accord avec Obsevatus, pour dire que le sultan est particulièrement retords.

Quand je pense que l'Allemagne a cassé un des rare projet politique intelligent de Nicolas Sarkozy en voulant créer une Union pour la Méditerranée. Celle-ci avait pour but de développer des partenariats de développement économique pour endiguer la déferlante des va nus pieds du pourtour Méditerranéen ou de l'Afrique noire qui nous subissons.
Fin de parenthèse non Eurasienne.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:43

@ Euclide
Quel est le rapport avec le sujet qui nous occupe, cher Euclide ?

Shazada 15/07/2017 02:34

Chers tous,
A travers le cout politique de la livraison potentielle de S400 à la Turquie je prêtais juste une stratégie à Poutine ET à la chine qui va bien au-delà du simple "Erdogan". Fut-il admis comme Calife en son pays en ce moment, la Turquie est un pays clé a bien des égards et l'inscrire dans la logique d'opportunités à venir que représente pour elle et pour le Qatar le Club de Shanghaï Et vice versa, n'est pas qu'une affaire de "gérant actuelle, la vision doit se faire dans le temps et en profondeur. Encore une fois la Turquie ne sera pas éternellement gouvernée par Erdogan et en bon joueur d'échec, Poutine sais en tenir compte.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 11:47

@ Shazada
Pourquoi la Chine ? Je le répète, les multiples critiques d'Erdogan contre Pékin à propos du Xinjiang n'ont pas été oubliées et ont torpillé toute entrée future de la Turquie dans l'OCS, organisation dont le mantra est "Pas d'ingérence dans les affaires intérieures de ton voisin".
Le sultan est un "ingéreur" né et il peut attendre longtemps son admission à l'OCS...

Observatus geopoliticus 15/07/2017 01:30

Bonsoir à tous,
j'ai lu avec attention vos commentaires toujours intéressants. J'ai commencé à répondre à certains mais il serait peut-être plus judicieux de faire une toute petite mise au point.

- Il ne faut évidemment pas prendre au premier degré mon laïus sur l'hybris et la mythologie qui a pour but d'apporter une touche culturelle. Poutine n'a bien sûr pas été pris d'un coup de folie et ce n'est pas une foucade de sa part. Il est simplement, me semble-t-il, en train de commettre une erreur stratégique monumentale sur ce coup, du moins à l'échelle locale.
Il faut bien comprendre que, du fait de leur respect général des règles, les Russes sont parfois pris en plein délit de naïveté face à des adversaires vicieux qui, eux, ne respectent pas ces règles. Ca agaçait même Oliver Stone dans ses entretiens : "Mais pourquoi ne réagissez-vous pas plus fortement ? Pourquoi continuez-vous à les appeler partenaires ?"
On ne peut exclure que la direction russe croit sincèrement à la bonne foi d'un Erdogan apaisé, ce qui est une colossale erreur de calcul.

- Plusieurs lecteurs parlent de la future séparation de la Turquie d'avec l'OTAN et de son entrée dans l'OCS. Première chose : je peux me tromper mais je ne vois pas Ankara quitter pour rien les bénéfices qu'elle retire du parapluie otanien. Deuxième chose : personne n'acceptera la Turquie du sultan fou au sein de l'OCS et certainement pas la Chine qui a encore en mémoire les soutiens répétés d'Erdogan aux turcophones du Xinjiang contre Pékin (www.revueconflits.com/le-nouveau-grand-jeu-bonus). Déjà que l'OCS est en train d'avaler un gros morceau avec l'entrée simultanée de l'Inde et du Pakistan, si Erdogan y entre avec ses gros sabots, c'est la mort programmée de l'organisation.

- Certains parlent des S500 et même des futurs S600. Là n'est pas le problème, le S400 vendu à la Turquie est un système défensif qui ne menacera pas la Russie. Le problème réside ailleurs : fournir le meilleur système SAM du monde à un ennemi tandis que les amis se contentent de S300 (Iran) ou S200 (Syrie). A un prix ridicule (la Pologne va acheter des poussiéreux et inefficaces Patriot pour 7 Mds d'euros). Avec le danger (même si sur ce point il y a effectivement des protocoles, des versions export incomplètes ou des "bitoniaux") des transferts de technologie et que ces S400 se retournent un jour contre des avions syriens, irakiens voire, pourquoi pas un jour, russes.
On peut retourner la chose dans tous les sens, ça reste stratégiquement absurde. Espérons que personne n'en paye les conséquences dans quelques années...

Bien à vous tous et merci pour tous vos commentaires enrichissants.

Olga 15/07/2017 16:52

Voilà un petit exemple de ce que la Russie de Poutine veut faire passer. Cela peut paraître anodin mais ne l'est pas et peut petit à petit faire basculer les choses.

https://fr.sputniknews.com/societe/201707121032196728-80-personnes-chaine-humaine-sauver-famille/

Redonner de l'humanité à l'humanité ce que les démons du mondialisme se sont évertués à détruire.

Olga 15/07/2017 16:29

Cher Observatus,

Cet article, bien que les avis divergent, est très intéressant car chacun donne son sentiment, ses pistes de réflexion et c'est très enrichissant. Très néophyte en géopolitique, je me permets de donner mon humble avis et de vous dire comment je le sens.

"Ca agaçait même Oliver Stone dans ses entretiens : "Mais pourquoi ne réagissez-vous pas plus fortement ? Pourquoi continuez-vous à les appeler partenaires ?"

J'ai l'impression que dans ce cas, Poutine agit en judoka, se servant de la force et de l'impulsivité de son adversaire pour la retourner contre lui.
De plus, comme je l'ai déjà dit, il soigne considérablement l'image de la Russie s'efforçant de ne jamais paraître comme l'agresseur. On peut dire aujourd'hui que cette stratégie commence à être payante : à force de sagesse et de patience, elle a réussi à montrer au reste du monde que les Etats Unis sont vraiment le "vilain petit canard" et elle n'a jamais ménagé ses efforts face aux provocations et aux mensonges. Ce qui d'ailleurs agace beaucoup les belliqueux qui ont tendance à perdre leurs moyens face à ce semblant de passivité. Même Oliver Stone lui-même s'en agace, en bon occidental qu'il est, habitué à une réponse physique et forte dans les conflits. Alors que la Russie de Poutine joue davantage sur la dissuasion sans pour autant faire preuve de faiblesse car elle sait montrer sa forte détermination avec à l'appui l'armement qu'il faut pour calmer le jeu mais n'en abuse jamais. Moi je trouve que c'est très fort contrairement à ce que peut penser Oliver Stone. Parfois la menace peut être bien plus efficace sans qu'il y ait échanges de coups et au moins on économise sagement ses forces. Ce sont des situations que l'on voit très fréquemment dans le règne animal et dont nous devrions plus souvent nous inspirer car les animaux sont bien moins cons que nous et savent bien mieux vivre en harmonie.

Cette attitude et cet état d'esprit me semblent être une pièce maîtresse de la politique de Vladimir Poutine. D'autre part, l'opinion publique, qu'elle soit internationale mais aussi nationale car il doit également satisfaire son électorat, est une constante importante dans ce rapport de force avec l'Occident. Elle est une donne inéluctable des gouvernements soucieux de fonder leur domination sur un minimum de légitimité apparente, quels que soient le régime et le degré réel de démocratie. Et souvenez vous que par le passé, c'est bien l'opinion publique qui a eu raison d'un certain Richard Nixon lors de la guerre du Vietnam.

« L’opinion publique est la clé. Avec l’opinion publique, rien ne peut faillir. Sans lui, rien ne peut réussir. Celui qui manipule les opinions est plus important que celui qui applique les lois. »
– Abraham Lincoln (1809-1865), 16e président américain

Quant aux S400, je ne peux me résoudre qu'un gougnafier comme Erdogan puisse rouler dans la farine le maître du Kremlin, surtout de la façon dont ce dernier lui a sauvé la mise lors du coup d'état manqué.
Erdogan est avant tout un fourbe mais n'aura jamais l'intelligence ni la trempe d'un Poutine car ici, on ne joue vraiment pas dans la même catégorie. Poutine sait très bien à qui il a à faire car Erdogan est "transparent" donc prévisible. Il n'y a qu'à voir comment il s'est comporté après le dégommage du Sukhoi. L'avez-vous déjà vu se comporter de la sorte envers un autre chef d'état ? Moi jamais et il n'a eu de cesse de se rabibocher. Le turc ne fera pas deux fois la même erreur. Erdogan craint la Russie mais en a besoin et il sait qu'il n'a rien de bon à attendre des occidentaux. De plus, Poutine est l'homme qui sait murmurer aux oreilles des musulmans, une main de fer dans un gant de velours, mais avant tout une parole sur laquelle on peut compter, chose qui n'a jamais été tenue par les occidentaux.
Vladimir Poutine est suffisamment intelligent pour ne lui accorder qu'une confiance limitée. Il va s'en servir et aura toujours le moyen de le garder en laisse sans pour autant tirer sur cette laisse car le russe est très subtile à ce jeu là. Et comme le calife proclamé a de grands rêves de grandeur, il y a sûrement beaucoup de choses que les services secrets russes gardent en réserve et dont nous n'avons pas connaissance....

António Lico 14/07/2017 21:20

Je partage votre inquietude cher Observatus.
La Turquie et le Sultan sont encore un risque. Et dans le cas de la Russie le petit sultan peut devenir un danger majeur.
Mais on sait jamais si Vlad peut avoir du jeu caché. On va en avoir du temps pour observer ce qu'il va se passer.
Bien à vous.

RAMOS 15/07/2017 13:03

"Le problème réside ailleurs : fournir le meilleur système SAM du monde à un ennemi tandis que les amis se contentent de S300 (Iran) ou S200 (Syrie). A un prix ridicule (la Pologne va acheter des poussiéreux et inefficaces Patriot pour 7 Mds d'euros)."

Le prix ridicule (c'est quasiment un cadeau) ne vous interpelle pas !

Si la Turquie à l'intention d'abattre un avion de chasse Russe, nul besoin de S400 pour cela, elle la d'ailleurs démontrée il y a quelques mois.

Donc, il y a forcément un deal, et la Turquie avant de voir arriver la livraison, doit d'abord faire une annonce (rien n'est gratuit).

A rapprocher du fait que l'Allemagne a été priée de retirer ses forces de la base aérienne d'Incirlik.

Certes, Erdogan n'est pas ''fiable'', mais on peut compter sur lui pour ne plus accorder aucune confiance ni à l'UE, ni à l'OTAN.

RAMOS 14/07/2017 23:00

La Turquie n'est pas à l'abri d'une révolution de couleur puis d'une intervention militaire de l'OTAN pour rétablir la démocratie et les droits de l'homme (voir intervention en ex Yougoslavie). Et dans cette éventualité, l'implantation de S400 a un effet pour le moins calmant.

La Russie fait tout et fera tout pour maintenir Erdogan au pouvoir, il y va de ses intérêts au moyen orient.
Mettez un pantin aux ordres comme Porochenko à la place d'Erdogan et les Russes peuvent remballer leur matériel pour repasser le bosphore.

jef 14/07/2017 20:45

Cette livraison est pour le moins risquée...Et je partage votre sentiment, cher OG, inquiétante. En revanche, je ne crois pas à une foucade personnelle de Vladimir Vladimirovich. Il y a en FDR un véritable appareil d'Etat (pour ce qui ne concerne pas les questions économiques...) et dans des ministères-clés des personnalités exceptionnelles. Et Poutine a, je crois, profondément l'esprit d'équipe (depuis son enfance et ce trait de caractère n'a pu être que renforce par sa formation kgbiste). Subséquemment, la faute ne peut-être personnelle.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:31

@ Jef
Ah mais personne n'a parlé de foucade, cher Jef, c'est simplement ce qui semble une très mauvaise décision, contre-productive et naïve, même s'il y a forcément d'autres éléments derrière. Et en dernier ressort, c'est Vladimirovitch qui donne ou non le feu vert...

simplet 14/07/2017 20:24

Et... depuis les terminaux d’Istanbul/Damas jusqu'à l'extrême est Pékin et autres îles Sakhaline, la route soyeuse et celle gazeuse, plus d'autres si affinité, sont défendues par des S400 multinationales en première ligne. Du S 500 russe en seconde. C'est à dire que toute la Mère Patrie est protégée par plusieurs lignes garnies de son propre matos.
Si l'OTAN avec ses lance-pierres n'a pas compris le message qui lui est personnellement destiné..?!?! De plus, pour les heureux bénéficiaires de cette arme, il est aussi évident qu'aucun ne pourra pisser dans les chaussures russes ou alliées sans voir se retourner contre l'incontinent, le reste des possesseurs dudit S400.
Un nouveau pacte de défense des Nations telluriques est né de fait et pas encore baptisé. Toutes liées entre elles par des intérêts réciproques et communs. A contrario de l''OTAN dont les intérêts bénéficient aux seuls US.
Sacré nom d'une pipe, quel changement en quelques temps. C'est là que reprend tout l'intérêt géopolitique que défend OG: Sea Power, Rimland, Land Power.
https://apmodels.wikispaces.com/file/view/Heartland.gif/133444481/518x313/Heartland.gif

Observatus geopoliticus 15/07/2017 20:06

@ Simplet
Les Russes sont évidemment des joueurs d'échec qui calculent plusieurs coups à l'avance, mais ils sont aussi parfois prisonniers un peu naïvement des convenances et bonnes manières internationales.
Un exemple : après l'incident du Sukhoi en novembre 2015 et devant le soutien turc aux barbus modérément modérés, beaucoup s'attendaient à ce que Moscou ouvre les vannes d'armement vers le PKK. Paniqué, le sultan aurait immédiatement cessé tout soutien aux barbus et serait même venu à Canossa mendier, à genou, la clémence de l'ours. On a attendu et puis... rien ! On pourrait également citer les multiples provocations aériennes américaines ou même israéliennes plus récemment, au-dessus du ciel syrien.
Face à la perversité de ses adversaires, la direction russe paraît souvent beaucoup trop "gentille", refusant de répondre au vice par le vice. C'est ce qui fait sa force (respect profond dans les chancelleries qui ne s'y trompent pas) mais aussi parfois sa faiblesse.
J'espère me tromper mais je crains que l'on ait affaire à quelque chose de ce genre dans le cas présent.
Bien à vous, cher Simplet.

simplet 15/07/2017 19:24

Cher OG
J'ai bien compris votre théorie et votre crainte.
Elles ne font que révéler des questions et je me fais l'avocat du diable.
Je en suis que dans l'approximation, la probabilité, l'éventuelle faisabilité, en totale conjecture.
MAIS !??
Essayons de trouver dans Erdogan ce que Putine lui a trouvé. Et pas que Putine, c'est certainement une décision russe collégiale. Tous grands calculateurs sur pied et sacrément bon sur l'échiquier
Et je reviens toujours sur l'idée de cadenasser le Caucase qui est plus dangereux peut-être qu' Erdogan. Et quid du contrôle de la mer noire ?
Ensuite que connait-on des conversations Putine- Lavrov- Erdogan? Encore une fois là aussi, conjectures, probabilités...
Surprenantes aussi les dernières déclarations US sur l'impossibilité de l'adaptation des système OTAN avec les S400. Qui essayent-ils de convaincre?

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:36

@ Simplet
Ce que vous écrivez si bien est valable pour tout le monde SAUF la Turquie. Aucun problème à voir Moscou fournir ses S400 à la Chine, à l'Inde et pourquoi pas à l'avenir au Pakistan, au Kazakhstan, à l'Arménie, à l'Iran...
Mais comment faire une seule seconde confiance au sultan-tourniquet, dont on est à peu près sûr d'une chose et d'une seule : qu'il ne quittera jamais l'OTAN (trop de bénéfices à y être pour la Turquie).

simplet 14/07/2017 21:39

Les buts de l'OCS sont à présent largement dépassés. Les membres de plus plus nombreux sont passés du stylo et micro au S400. Le tout formant une ceinture d'une part face aux différentes bases OTAN, d'autre part une première ligne défendant les terres riches de Russie. Il ne s'agit plus de simples rapports de bon voisinage comme se décrit OCS, mais bien d'une union multinationale puissante. La Turquie, elle-même hésitante et par ailleurs à haut risque d'éclatement est bien le dernier maillon fermant et défendant le Caucase à haut risque terroriste. Peut-être que Erdogane en se mariant à cette union pense pouvoir mettre un terme à ses conflits internes dont les initiateurs sont à l'extérieur de la Turquie. N'oublions pas ses retournements à l'égard des Wahhabites et sa prise de position en faveur du Qatar. Peut-être même un jour des mamours avec les Perses.

Madudu 14/07/2017 20:52

"Un nouveau pacte de défense des Nations telluriques est né de fait et pas encore baptisé. Toutes liées entre elles par des intérêts réciproques et communs."

Ce pacte a un nom depuis quelques temps déjà : OCS.

Shazada 14/07/2017 19:07

Et si c'était la clé de ce deal qui semble bien nous dépasser et qui verrait Le Qatar et La Turquie quitter l'Otan pour l'une et le parapluie Américain pour les deux, s'inscrire définitivement dans la logique d'avenir que représente pour ces deux pays le Club de Shangaï et sa nouvelle route de la soie (Gaz) ? Pour le coup le deal autour des S400 en plus de prendre du sens, serait un coup de génie.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:38

@ Shazada
Sauf que, et je l'ai déjà montré dans cet article (http://www.revueconflits.com/le-nouveau-grand-jeu-bonus/), faire entrer la Turquie erdoganienne dans l'OCS serait faire entrer le loup dans la bergerie. En exagérant un peu, ce serait l'arrêt de mort de l'OCS...

Olga 14/07/2017 18:57

Aucun danger, tout est sous contrôle. Le bonhomme ne nous a pas habitué à faire n'importe quoi.
Cher OG, sur ce coup là, je pense que vous avez eu un p'tit coup de fatigue passager....

Observatus geopoliticus 15/07/2017 03:09

@ Olga
Puisque vous le dites...

christophe 14/07/2017 18:26

une guerre ça coûte cher, besoin de pognon ?

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:41

@ Christophe
Deux milliards et demi, ce sont des clous, surtout pour le meilleur système SAM de la planète. La Pologne va acheter d'antiques Patriot inefficaces pour 7 Mds d'euros !

Chris 14/07/2017 18:19

Peut-être que la crosse (clou de charpente) dans le cercueil OTAN en vaut le prix ?
Je me range aux arguments de Lusofranc, Michael, etc ...
Et puis la série S ne s'arrête pas à 400 !

Madudu 14/07/2017 17:56

Vous avez réveillé l'optimisme Observatus ^^

C'est le projet impérial américain qui est démesuré, et sa réussite qui est aujourd'hui stoppée après de longues décennies de bêtise crasse si peu sanctionnée par le cours des événements.

Le désastre tombé du ciel pour mettre un terme à l'hubris états-unienne c'est Poutine, qui réussit jusqu'ici grâce au respect le plus strict du plus connu des proverbes grecs :

Pan metron ! La mesure partout.

(traduit habituellement par "rien de trop")

Madudu 15/07/2017 10:00

Notez qu'il n'en a pas eu besoin pour descendre un avion russe, et que les S-200 en Syrie suffisent jusqu'ici à maintenir un ciel globalement propre pour les loyalistes.

Et puis la Turquie est en plein virage, elle cherche de nouveaux alliés et de nouveaux repères géopolitiques, diplomatiques, ...

Elle finira tôt ou tard par quitter l'OTAN et il n'est pas exclu qu'à terme elle rejoigne l'OCS dont elle est "partenaire de discussion" aujourd'hui.

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:44

@ Madudu
Evidemment, cher Madudu, la cagade de Vlad n'est rien comparée à l'hybris US et les auto-catastrophes qu'elle a engendrées. Mais là n'est pas la question.
On verra dans quelques années si le sultan-toupie descend un avion syrien ou irakien grâce à ses S-400...

lusofranc 14/07/2017 17:51

A ceux qui pensent que le turcutile otanien utiliserait çes S400,et autres armes vendues par la Russie de maniere inadequat,dites vous bien que les versions vendues a l'export sont differentes des originales.surtout en ce qui concerne les conduites de detections et de tirs....Et peuvent etre rendues inoperantes rapidement,et a distance,si besoin par le vendeur...
de plus les modifications que l'acheteur tenterait de faire sur les systemes,sont impossibles sans l'accord "technique " du constructeur...
Pour resumer je dirai que si le turcutile tourne ses missiles du mauvais coté du champ de bataille...ils ne fonctionneriont pas.. :-)
(Rassurez vous tout les pays exportateurs d'armements font ça...)

Charles Michael 14/07/2017 21:03

lusofranc & All,

tout à fait et c'est d'ailleurs pourquoi les ventes d'armes sont d'une portée stratégique car les pays clients sont alors dépendants des pièces et maintenances.
j'ai vu ça de près avec les Mirages pour la Grèce.

et à propos de Mirage nos ''partenaires'' européens n'achétent jamais les avions Français; pression Otan/US et pots de vins obligents.
z'ont choisi le JSF ou F 35 le sabot qui fait des bonds et coute plus cher que le Rafale.

PS: j'aime quand même l'expression du bitoniaux, hehe

Charles Michael 14/07/2017 17:15

C'est trop gros pour être aussi simple à mon très humble avis (IMHO).

Songeons d'abord à l'après Daesh en Syrak et à la certaine persistence interventioniste US.
Ce qui se profile est une partition avec l'extension des ambitions kurdes YPG à Raqqa et autour, Sud notament. Intolérable pour les Turcs.
En Irak les Kurdes de Barzani sont par contre proches d'Erdogan; mais Elbil à l' Est de Mosul est sous controle US et exploitation du même. Se rappeller que c'est dans cette région que les US sont intervenus d'urgence après l'avancée d'ISIL.
Pensons au doberman Erdogan grognant sur l'enclave Kurde d'Afrin mais tenu en laisse par les Russes.
Au Bosphore, la Mer Noire de tous les gazoducs, où les US installent leur missile en Roumanie riveraine (comme en Korée du Sud et Pologne) et l'Ukraine de Porochoko en prime salivant pour rentrer en OTAN.
Des S400 Turcs prennent un certain relief, comme contre mesure mais en terrain neutre (enfin+ou-) ils seront d'ailleurs aussi sur le chemin de l'Iran.

Plus qu'une passion Putinienne j'aurai tendance à y voir un profond pessimisme sur l'Hubris US-NATO-Israélo-Saoud, des Irrécupérables et ça fout la trouille, même à moi l'Optimiste.

Les S400 et c'est le bon coté des choses sont strictement défensifs. J'adhère assez à l'idée du Bitonniau de Léa.
Les S 500 arriveront bientot, 4/5 ans ?

IMHO, la stratégie Putin souhaite surement continuer à amasser les gains tactiques, partout, dans un concept qui demande de laisser du temps au temps.

Stef 14/07/2017 17:05

Bonjour à tous,
Je vous trouve bien pessimiste cher O.G.
Poutine est malin, très malin et c'est un stratège hors pair (et non hors paire!). Erdogan est sans doute malin aussi, il l'a prouvé au plan économique à l'intérieur de la Turquie, mais à l'extérieur il s'est montré pour le moins déraisonnable. On le considère parfois comme un chef de bande quelque peu caractériel. A partir de là, pourquoi lui confier des S400 voire une partie de la technologie correspondante?
A mon avis, si Poutine a prévu cela, il ne l'a pas fait sans l'accord ou du moins la neutralité "acceptatoire" de la Chine et de l'Iran (on ne le dit pas assez mais l'Iran a obtenu bien vite de fabriquer d'excellents missiles, non qu'ils n'en soient pas capables mais la vitesse à laquelle ils y sont arrivés laisse à penser que les Russes n'y ont pas été étrangers). Dans ce cas, cela pourrait signifier que quelque chose d'important au plan géopolitique se prépare: une sortie effective de la Turquie du monde occidental et son entrée dans le groupe Russie Chine et consorts? Je n'en serais pas étonné: les USA ont commis une erreur impardonnable pour les Turcs: aider les Kurdes et envisager plus ou moins la création d'un Etat kurde dont on sait très bien qu'il finirait pas mordre sur la Turquie actuelle. A cela s'ajoutent le coup d'Etat manqué et la position amicale des Russes lors des événements.
A l'inverse, on pourrait être tenté d'envisager l'hypothèse d'un piège machiavélique de la Turquie et des USA: un faux coup d'Etat (pourquoi l'avion d'Erdogan n'a-t-il pas été abattu par les auteurs du coup d'Etat alors qu'ils le pouvaient semble-t-il?), une fausse réconciliation avec la Russie et enfin la cerise de l'achat des S400. Je n'y crois pas beaucoup à cause de la position américaine concernant les Kurdes et aussi parce que les conséquences du coup d'Etat ont été très lourdes pour la Turquie (était-il utile d'aller si loin simplement pour obtenir des S400 alors que les S500 sont déjà au point et que les S600 sont en gestation avancée?).

Observatus geopoliticus 15/07/2017 00:57

@ Stef
Ce que vous dites est très intéressant, cher Stef, mais mais mais...
- personne n'acceptera la Turquie dans l'OCS et surtout pas la Chine soucieuse de ne pas recevoir de critiques vis-à-vis du Xinjiang.
- les Russes ont au moins autant aidé les Kurdes que les Américains (relations avec le PKK, ouverture d'une représentation diplomatique du PYD à Moscou...)
- peu importe les S500 ou S600, c'est le message envoyé qui est désastreux : "Je donne des S400 à mes ennemis (Turquie) et des S300 à mes amis (Iran)"