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Chroniques du Grand jeu

Suites syriennes

12 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

A tout seigneur, tout honneur. La sensationnelle percée loyaliste sur la frontière irakienne est consolidée et différentes milices pro-gouvernementales et/ou chiites affluent. Qassem Soleimani, l'Arsène Lupin du Moyen-Orient, s'est même payé d'une visite surprise dans la zone :

Où l'on voit d'ailleurs le visage de quelques Hazaras chiites d'Afghanistan, semble-t-il. Le puissant général iranien y a rencontré des officiers de l'armée syrienne, des Unités de Mobilisation Populaires irakiennes et du Hezbollah. Arc chiite, quand tu nous tiens ; de quoi donner quelques sueurs froides à Tel Aviv et à Riyad...

A noter que de modernes T90 russes apparaissent sur les vidéos, ce qui indique la priorité que Damas et plus généralement le 4+1 donne à ce nouveau front :

Selon certaines sources rebelles, les loyalistes auraient d'ailleurs déjà avancé contre Daech le long de la frontière :

Game over pour les proxies US, ensablés dans leur coquille vide et qui commencent d'ailleurs déjà à sentir à l'étroit. C'est avec un sourire ironique que les Dieux de la guerre accueillent la nouvelle d'une bataille rangée entre les gardes-frontière jordaniens et un petit groupe de rebelles qui a essayé de passer en force à... Al Tanaf ! Amman qui, fortement cornaquée par Washington, ne voyait pas d'inconvénients à laisser des combattants passer en Syrie est apparemment bien plus pointilleuse quand les "modérés" font le chemin inverse...

En parlant de loups qui s'entre-dévorent, les zones de désescalade concoctées par Moscou ont exactement ce rôle : saucissonner le barbuland est une grande tradition russe et les événements récents ne font pas exception. Dernières perles en date :

  • dans l'Idlibistan, l'ingrate Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda) a déboulé sur un groupe de l'ASL qui lui avait pourtant fourni moultes armes US dans le passé. Si un accord bancal de cessation des hostilités vient d'être conclu, nul doute qu'il volera en éclat dès le prochain coup de fusil.
  • Dans la nordiste Al Bab, théoriquement occupée par les Turcs rappelons-le, le dernier clash inter-rebelles a fait une quinzaine de morts. Cette ville si chèrement conquise par le sultan est le théâtre d'affrontements quasi-quotidiens. Pas étonnant dans ces conditions que des dizaines de combattants de l'opération ottomane Bouclier de l'Euphrate désertent et rejoignent les rangs de l'armée syrienne.

Mise à part Deraa où les loyalistes ont l'excuse de faire la guerre à Al Qaeda, non concernée par les accords, le cessez-le-feu tient à peu près en Syrie utile, permettant à Damas de redéployer ses troupes contre l'EI vers l'est :

En Syrie, 2016 fut marquée du sceau septentrional (Alep, Al Bab). Désormais, les regards se tournent vers l'Orient où la grande explication devrait avoir lieu cette année.

Nous y sommes. C'est une attaque générale sur plusieurs axes contre le califat daéchique :

Au nord, que de chemin parcouru depuis la prise de la base aérienne de Jirah. Les Tiger forces sont depuis quelques jours entrés dans le gouvernorat de Raqqa, en contournant Taqba tenue par les Kurdes. La descente vers le sud ressemble parfois à une promenade de santé. L'objectif est à terme de faire jonction avec la future avancée à l'est de Hama où les sukhois russes s'en donnent à coeur joie :

Les renforts se concentrent dans la région de Palmyre où l'armée grignote la base territoriale de l'EI qui fait tout de même preuve d'une très grande résilience. Le moins que l'on puisse dire est que, contrairement aux autres fronts, ça n'avance pas beaucoup à l'est de la cité de Zénobie. Or c'est principalement de là que viendra la ruée pour libérer Deir ez-Zoor, qui repousse assez héroïquement depuis des années assaut après assaut.

A moins que la ville stratégique ne soit libérée depuis l'est via le magistral blitz évoqué au début, puis la remontée de la frontière syro-irakienne et enfin la remontée de l'Euphrate, armée syrienne et UMP irakiennes main dans la main...

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Nour 15/06/2017 22:27

Merci à M. OG pour ses chroniques qui nous rendent la vie moins terne à force d'être noyé dans le brouhaha de la propaganda staffel ambiante... quelques rayons de soleil : la réponse de Poutine humiliant les presstituées ( " le savoir-faire d'un homme d'etat ne se mesure pas à la force de sa poignée de main " ), les excellentes putin interviews d'Olivier Stone, l'humiliant retour à une posture plus diplomatique des charognards télégraphistes de Riyad (MAE saoudien + Egypte et EAU) une fois le Qatar passé à la casserole américaine et last but not least : les euronouilles en mal de servitude qui ont retrouvé leurs gonades mâles une fois n'est pas coutume : https://www.rt.com/news/392483-germany-austria-us-sanctions-russia/ !

Pendule de Newton 15/06/2017 21:07

Cher O.G,

Et si Al Tanf ne servait qu'à établir une base et rien d'autres (pour rester au cas où et ensuite apparaître quelque part d'autres que sous couvert kurdes (car OTAN et Turquie oblige) afin de pouvoir activer une action en temps utile (avec une administration aussi éclectique tout est possible).

Les nouvelles séries de sanctions US sur la Russie tentent plus de faire plier les européens que les russes. La fragilité de l'engagement européen (intérêt allemand se retrouve en ligne de mire dans ses sanctions) à hystériser la cas russe pousse le congrès à tordre la main de la dinde afin qu'elle se mette au pas.
La salve ne fait que commencer, la Russie avait déjà anticipé cela et est tournée vers l'Asie en attendant que l'ouest retrouve l'esprit (il faut toujours avoir 02 pieds pour danser) cependant l'UE va sentir passer la brise venue de débilandia capitale.

Bien à Vous

la grive 15/06/2017 21:34

Pendule, les américains ont déjà un pied à terre à quelques minutes de là en Jordanie dont le loyer diplomatique est beaucoup moins élevé.

Pour moi, les américains ont posé discrètement leur petite carte étoilée "table réservée" sur al Tanf dès le début des festivités et personne ne s'en est plaint par faute de moyens et par amour propre.

Je reste également convaincu que le poste assurait la garde d'un trafic que Damas aurait rapidement stoppé en d'autres circonstances.

GHOZLAN 15/06/2017 16:50

Apparemment le déploiement de Missiles Us Hermes" à la base d'Al Tanef " est beaucoup plus dissuasif , car les Usa sont des expert en démonstration de force et s'il s’avère le cas contraire, leur présence dans cet endroit du sud Syrien fera l'objet de terribles représailles de la part de l'axe de résistance; et laisserons des plumes les Yankees .

Nour 15/06/2017 10:26

Bonjour à tous ! Le mystère des bisbilles aux pays des chameliers s'éclaircit : il semble qu'il s'agissait seulement d'un racket en bonne et due forme au profit de lockheed (vente de f15)... les saoudiens se sentant seuls au moment de passer à la caisse... Quelques mesures de pure forme (communication dans le bon sens au regard de la menace iranienne et toute la smala wahhabite se félicitera du changement impulsé et de la fin du financement du terrorisme...)

Observatus geopoliticus 15/06/2017 18:07

Certes, mais le mal est tout de même bien plus profond. Ce n'est pas la première fois qu'une crise éclate et celle-ci est plus grave que les autres. De plus, ça n'explique pas pourquoi l'Egypte ou les EAU s'en mêlent...

Eric83 15/06/2017 14:19

Dans le contexte de la crise dans le Golfe et la mise au ban du Qatar, y compris par Potus himself, il est effectivement paradoxal, voire illisible, que le Qatar signe avec les US un contrat de 12 milliards de dollars pour l'achat de F15. Cette crise ressemble à un formidable jeu de dupes dont les arcanes ne seront pas dévoilés aux peuples.

Ceux qui ont créé cette crise cherchaient éventuellement à faire d'une pierre plusieurs coups. Celle-ci permet notamment d'observer quelles sont les alliances qui émergent, qui se positionne ouvertement du côté du Qatar... et qui le charge.

A ce compte-là, quel avenir pour les relations entre les US et la Turquie...membre de l'OTAN ?

iznogoud 15/06/2017 03:53

Cher Newton, merci pour votre reponse.

iznogoud 15/06/2017 00:52

Cher O.G, pourquoi les Us deploient de nouveaux missiles de longue portée a al Tanf ? bien a vous ...

la grive 15/06/2017 19:55

>OG: "- pour affirmer leur présence à Al Tanaf"

C'est aussi ce que je pense. Une parade territoriale pour impressionner le rival. Comme il y a déjà du monde et tout un matos en place en Jordanie depuis plusieurs années, il fallait sortir l'artillerie au grand jour et convier la presse pour attirer l'attention. Frustrés par les évolutions récentes, ils nous font un haka nerveux.

C'est à la fois rassurant que les américains ne foncent pas tête baissée dans leur prochaine aventure et inquiétant si on commence à scénariser les escalades éventuelles.

Observatus geopoliticus 15/06/2017 18:06

Mystère... Hypothèses en présence :
- pour affirmer leur présence à Al Tanaf
- pour attaquer les forces loyalistes (bizarre tout de même qu'ils les aient alors tranquillement laisser gagner la frontière...)
- pour préparer le futur et bombarder, au nom d'Israël, les convois iraniens destinés au Hezbollah et passant pas loin de la zone

lagrive 15/06/2017 08:58

On peut se demander pourquoi déployer le système sur le sol syrien alors qu'une installation du côté jordanien assurerait la même portée ?

Pendule de Newton 15/06/2017 03:43

Cher Iznogoud permettez-moi d'y apporter ma pierre à la réflexion,
Concernant la politique américaine en Syrie et surtout depuis Trump, il faut signaler les divergences d'action entre les divers forces (CIA, Pentagone, Département d'Etat..).
A Al Tanf, c'était un mouvement tactique (mise en place d'une petite base au vue des photos pour ensuite la rendre viable si l'armée syrienne s'englue dans la bataille de Deraa).
Malheureusement pour les USA, il n'y a pas de construction stratégique derrière (incapacité à bâtir des rebelles modérés en nombre capable de faire le boulot sur le terrain) alors que cette approche guide les pas du 4+1, car cela leur permet de remonter vers Deir-Ezzor à partir de la frontière irakienne.
L'envoi des armes longue portée doit être analysé non pas en terme de stratégie (je crois que les USA ont arrête d'avoir une stratégie claire et les moyens de réaliser celles choisies) mais en termes de possibilités d'action :
-Soit les utiliser pour attaquer l'armée syrienne et là même Tillerson l'a tué dans l’œuf (http://theduran.com/tillerson-us-no-authorisation-attack-syrian-government/). S'ils le font ils se retrouveraient entourer l'armée syrienne et irakienne qui se coordonnent déjà l'action frontalière (https://southfront.org/syria-and-iraq-agree-to-boost-cooperation-and-coordination-in-border-area-video/)
-Soit pour protéger la petite base qui restera juste une coquille vide pour une présence américaine symbolique (en espérant que l'armée syrienne fera la bêtise de les attaquer et avoir enfin une justification.
-Soit comme d'habitude en Syrie, une action de communication pour le Congrès et les médias.
Bien à Vous

A. Zobbo 14/06/2017 21:52

Désolé de l'ignorance mais qu'est-ce que le 4+1 ?

A. Zobbo 14/06/2017 23:14

Merci !

Alaric 14/06/2017 22:15

Syrie - Iraq - Iran - Russie + le Hezbollah qui contrôle une partie du Liban

Une alliance stratégique rapprochée entre ces 5 acteurs au moyen orient, qui s'oppose à l'axe Arabie saoudite / Israël / etats unis

Simon 14/06/2017 12:05

Vidéo d'un convoi de combattants d'Isis fuyant "tranquillement" Raqqa en Syrie ..
http://www.zerohedge.com/news/2017-06-13/video-emerges-us-allowing-isis-fighters-escape-safely-syria

Observatus geopoliticus 15/06/2017 18:01

Difficile de dire quand et où exactement ont été prises ces photos... A Taqba, il y a eu un accord d'évacuation entre les Kurdes et Daech, un peu comme à Alep entre le gouvernement et Al Qaeda.
Ces photos ont-elles été prises à Taqba ou à Raqqa ? Impossible de le dire. Même la presse russe n'en parle pas, si je ne m'abuse.

Eric83 14/06/2017 13:04

Cher OG, quel est votre sentiment sur cette vidéo effectivement troublante mais que rien ne permet, à l'internaute lambda, de situer dans le temps et dans l'espace ?
Info ou intox ?
Bien à vous.

iznogoud 14/06/2017 05:09

Chapeau cher O.G pour votre blog .

Chris 13/06/2017 21:42

Le beau temps pourrait bien se gâter :
http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/12/russia-warns-us-against-attacks-on-syrian-forces/
La coalition dirigée par les États-Unis permet aux militants du groupe terroriste de l'État islamique de quitter Raqqa au lieu de les tuer ... La coalition dirigée par les États-Unis entre en collusion avec les meneurs de l'ISIS qui abandonnent leurs colonies sans se battre et se dirigent vers les provinces où le gouvernement syrien Les forces sont actives ... La force russe en Syrie voit dans les militants de la région de Raqqa quitter la ville et ses banlieues sans entrave. Au début de juin, les terroristes d'ISIS ont quitté les localités peuplées à 19 kilomètres au sud-ouest de Raqqa, n'offrant aucune résistance et se dirigeant vers Palmyra.
La situation est très explosive
Traduction en français sur : http://reseauinternational.net/la-russie-met-en-garde-les-etats-unis-contre-toute-attaque-contre-les-forces-syriennes/

Observatus geopoliticus 14/06/2017 01:05

@ Chris
Oui, ça fait un bout de temps que ces accusations fleurissent, j'en parlais déjà il y a deux semaines si je ne m'abuse. Difficile de faire la part du vrai et du coup de pression psychologique...
Ceci dit, il est totalement faux de dire que Daech se retire sans combattre, sauf en des endroits perdus d'avance (Tabqa). A Raqqa, les combats actuels sont assez féroces.

Pendule de Nwton 13/06/2017 20:59

Cher O.G,
La capacité de ce général druze à tenir avec les moyens du bord terrestre la ville de Deir-Ezzor est sans nul doute d'une résilience rare.
La guerre en Syrie aura révélé la naissance de grands généraux et surtout d'une armée reconstruite en pointe dans la région (s'ils arrivent à bien gérer la question des milices, des sociétés militaires et des locaux).
Bien à Vous (or sujet, la photo des lapins crétins est à classer parmi les meilleurs, même eux fuient devant la débilité. Les lapins crétins sont tout sauf débile).

Observatus geopoliticus 14/06/2017 01:09

@ Pendule
Il est clair, cher Newton, que la garnison de Deir ez Zoor aura largement mérité ses médailles quand la ville sera libérée. C'est le plus long siège de la guerre (4 ans !)

serge 13/06/2017 17:46

La Russie (par la voix du commandant des forces russes en Syrie, le général Sergey Surovikin) a averti les Etats-Unis que les forces gouvernementales syriennes ont l’intention d’avancer sur Al-Tanf et qu'il n'est pas question d'empêcher les forces syriennes de contrôler la frontière du pays avec l’Irak.
source Réseau International et XINHUANET

Observatus geopoliticus 14/06/2017 01:12

@ Serge
Ca me paraît une intox.
D'abord parce que les Russes cherchent au contraire à faire baisser la tension dans le sud, ce dont s'est félicité le Pentagone lui-même.
Ensuite parce que ce serait la plus grosse connerie tactique de l'année. Quel intérêt possède Al Tanaf maintenant ? Aucun. Tout ce qu'une offensive sur la ville provoquerait serait une réaction américaine et une attaque de Daech dans le dos. Absurde...

Chris 13/06/2017 17:15

Quand la vérité sort du bois !
http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/201706/13/01-5106988-syrie-forte-baisse-de-lusage-darmes-chimiques-par-lei-en-2017.php
"À titre de comparaison, il y a eu «13 accusations dans les six mois précédents, concentrées dans la province d'Alep. Toutes les autres accusations enregistrées en 2017 l'ont été en Irak: neuf dans la ville assiégée de Mossoul et une près d'al-Azim dans la province de Diyala» (centre-est).
Selon ce centre d'analyse, Mossoul était le centre de production d'armes chimiques de l'EI.

Viva conseil 13/06/2017 14:13

MERCI

alioune 13/06/2017 05:38

Cela fait plus d'un an que je vous suis et je suis toujours étonné par votre touche d'humour qui marche à chaque fois. Cette guerre est à un moment critique et il sera important de connaître les intentions des généraux syriens sur la marche à suivre. l'environnement géopolitique actuel est peut être incertain mais Assad peut en profiter pleinement et en finir plus rapidement avec cette guerre. En effet avec la mise au ban du Qatar par les Seoud, Riyad s'est peut être mis a dos Erdogan ce qui permettrait aux qataris de jouer un petit rôle de médiateur. C'est à dire qu'une entente pourrait se faire entre Assad les Kurdes et les turcs et ainsi permettre aux forces loyalistes de prendre les devants dans la guerre contre daech. Je m'explique : Si les turcs se retiraient d'al Bab et obtenait en retour l'assurance que les velléités d'indépendance Kurdes se limiteront à une simple autonomie( comme c'est le cas avec le Kurdistan irakien) ce qui logiquement unifierait le Kurdistan syrien, ainsi Assad pourra continuer son offensive avec la certitude que les kurdes n'avanceront plus vers le sud a partir de Raqqa, car les kurdes bien nourris par les américains ne font que confirmer mes craintes quant au démembrement de l'état syrien qui reste toujours l'objectif principal des néocons.
Bien à vous

Alaric 14/06/2017 22:32

La russie a déjà assis son rôle d'acteur incontournable au moyen orient . La base navale russe de Tartous a été déclarée permanente par Assad il y a quelques mois

Tous les acteurs sont allés faire des ronds de jambe à Moscou (Erdogan , les Saoud,
Netanyaou , ) ou ont signé des accords/contrats avec la Russie (Jordanie, Egypte, Haftar en Lybie , Qatar ) à un moment où à un autre ces dernières années .

Et l'irak , l'iran la syrie et le Hezbollah collaborent directement avec Moscou .

Il n'y a pas d'enlisement russe en Syrie ; regardez plutôt du côté de l’Afghanistan . L'intervention russe date du 30 septembre 2015 . Deux ans après , où en est on ? les pertes russes sont insignifiantes (à comparer avec les pertes américaines en irak /Afghanistan...) , l'armée syrienne est passée de la défensive à l'offensive et la carte du conflit a changé du tout au tout .

Quant aux iraniens , ils se moquent bien de perdre quelques centaines d'hommes, d'autant qu'ils puisent aussi dans les autre pays pour trouver des combattants (Pakistan, Iraq , Afghanistan ) et que l'expérience du feu profitera aux hezbollah qui est quasiment une extension du corps des gardiens de la révolution (IRGC)

Alioune 14/06/2017 07:18

Il est clair que l'idée est tirée sur les cheveux, et que de toute façon depuis le début de la guerre c'est les russes et surtout les iraniens qui mènent cette guerre mais j'ai toujours eu le sentiment que cette guerre se terminera grace à ce type diplomatie car d'après ce que je vois, le champ de bataille donne raison aux néocons meme si la donne militaire a changé le fait que la syrie soit devenu un bourbier n'arrange aucunement moscou comme teheran. En effet si la syrie ressort très affaibli de cette guerre ça n'arrange ni moscou pour assoir son role au moyen orient ni teheran pour que l'arc chiite se concrétise

Alaric 14/06/2017 01:31

Il est probable qu'ils ne gèrent que la dimension tactique et logistique des combats , le pays vivant sous perfusion irano russe

Observatus geopoliticus 14/06/2017 01:16

@ Alioune
Merci, cher Alioune, la géopolitique est toujours plus sexy avec une pincée d'humour.
Votre message pose plusieurs questions dont celle-ci : sont-ce réellement les généraux syriens qui décident de la stratégie ? Je pencherais plutôt pour les Russes et les Iraniens...

Kevin 13/06/2017 23:26

Bonjour Alioune. Bel optimisme, mais je ne pense pas les turcs capables de se montrer aussi raisonnables... Encore que, vu la tournure récente des évenements (Iran + Turquie aidant le Qatar!), on peut s'attendre à tout...

jef 13/06/2017 00:35

Bonne soirée!

Si je lis bien la carte sur laquelle s'appuie notre cher OG le saucissonnage aboutit à une pure et simple immobilisation de l'ennemi. Sa dernière tentative de sortir de la nasse aura donc été l'offensive sur Palmyre. Retranché, ayant accumulé réserves de toutes sortes (nourriture, armes et argent), pièges et otages, il peut certes tenir mais n'y parviendra moralement et durablement qu'avec un soutien matériel/humain et diplomatique extérieur. Le coût de celui-ci ne cesse de s'élever pour ses sponsors et les risques s'accroissent pour eux. C'est que le volet et le prétexte d'une guerre civile ne tient plus. La réconciliation - sous les auspices de la FDR- est réelle. En somme il n'y a plus que des envahisseurs, des mercenaires et des internationalistes du Jihad pour lutter encore et toujours contre le gouvernement ET l'Etat syriens.
Que Dieu bénisse les Séouds pour avoir ouvert cette crise aver le Qatar!

Alaric 15/06/2017 10:36

Mais vous avez tout à fait raison , l'EI "territorialisé " est condamné depuis un moment déjà (il survivra comme organisation terroriste ) et sa résistance farouche n'est qu'un baroud d'honneur .
Cependant il est encore capable de déjouer des offensives bien préparées : il semblait il y a quelques temps que les loyalistes allaient lancer une grande offensive sur ce saillant montagneux Homs/Hama pour sécuriser leurs arrières avant de foncer sur Deir ez zor .
Si on ne peut pas écarter l'éventualité d'une annonce intox destinée à faire diversion (pratique courante dans cette guerre) , force est de constater qu'il n'y a pas eu beaucoup d'avancées à cet endroit , surtout si on compare ce front à ceux de Palmyre et maintenant de la province de Raqqua (où l'armée syrienne vient de mettre les pieds pour la première fois depuis 3 ans ! )

Mais comme vous le soulignez, l'avance rapide des loyalistes sur les deux fronts cités précédemment a des chances de créer deux chaudrons : un dans le saillant Homs Hama et l'autre dans le dernier morceau du gouvernorat d'Alep tenu par l'EI à l'est de Khannasir .

On se dirige donc de plus en plus , si tout va bien malgré les rumeurs non confirmées de fuite vers le sud de djihadistes de Raqqua pour aller combattre l'armée syrienne plutôt que les Kurdes , vers un retrait de l'ei sur le long de l’Euphrate dans le gouvernorat de Deir ez Zor en Syrie et d'Al Anbar en Irak .


C'est probablement là que seront menés les derniers combats contre Daesh , car ce sunnistan de l'Euphrate constitue le coeur du califat

jef 15/06/2017 00:58

Cher Alaric,
Vous écrivez: "Je pense que ce sont les villages du saillant djihadiste Homs /Hama qui forment le coeur du dispositif de l'ei "
J'ai de suite consulté une carte (ne possédant pas la géographie syrienne sur le bout des doigts) et je crois comprendre (au moins en partie) votre réflexion: ces villages verrouilleraient les territoires encore maitrisés par EI parce qu'ils rendraient fragile toute reconquête par les forces loyalistes de ceux-ci de par la menace d'être coupées de leur base arrière. Dites-moi si je me trompe.
Mais ne sommes-nous pas à un moment où ce saillant perd de sa valeur stratégique, les offensives loyalistes pouvant opérer à partir de Palmyre et de frontière syro-irakienne? Au fond, ce verrou ne risque-t-il pas de devenir une poche et tôt ou tard un chaudron?
Par ailleurs, OG a souligné de nombreuses fois la résilience daechiste. Il n'en est pas moins évident que l'EI a perdu l'initiative sur le terrain depuis 2016: seules des interventions étrangères ont permis à certains moments des reconquêtes. Mon sentiment est qu'il est immobilisé et donc condamné(sauf interventions extérieurs) est-il illusoire? J'avoue me méfier de mes espoirs...
En tout cas, merci de vos réponses. Comme j'ai déjà eu le plaisir de le signaler à OG, la qualité des posts sur son blog est remarquable ...et un juste hommage à ce dernier.

Alaric 14/06/2017 22:45

Cher jef

C'est une bonne remarque , mais il y a tout de même 100 km entre Palmyre et Itriya et l'ei n'a que faire du sort des islamistes qui ne lui ont pas prêté allégeance .

L'ei a mené un nombre incalculable d'attaques sur cet axe Salamiyah - Itriyah - Kannasir (véritable trachée artère de la syrie loyaliste ) surtout dans la région de Khannasir .

La route a souvent dû être fermée temporairement le temps de repousser les combattants du califat, mais de façon remarquable l'armée syrienne a toujours réussi a la maintenir sous son contrôle .

L'ei a mené ces raids à la fois quand il occupait Palmyre et quand la ville était sous contrôle loyaliste . Je pense que ce sont les villages du saillant djihadiste Homs /Hama qui forment le coeur du dispositif de l'ei .
Malgré une offensive annoncée et de lourds bombardements russe les loyalistes n'ont pas réussi à réduire ce saillant pour le moment

jef 14/06/2017 12:52

Cher Alaric, j'avais cru comprendre que l'intérêt stratégique de la région de Palmyre (plus que de la ville elle-même dont l'intérêt est très symbolique) était pour l'EI de pouvoir lancer à partir d'elle une attaque vers Ithriyah (axe Damas/Alep) à une époque où la situation des Barbus à Alep était désespérée... Quant aux forces loyalistes, la priorité était bien alors Alep. Mais depuis le contrôle par elles de cette région est de première importance me semble-t-il.

Alaric 14/06/2017 02:12

Palmyre est une ville du désert au beau milieu de la Syrie . En aucun cas sa prise n'aurait (n'a) permis à l'EI de briser son encerclement global qui date en fait de la rupture avec Erdogan en Syrie nord (mi avril 2016) , de la prise d'Al Tanaf par les forces spéciales américaines en Syrie sud (5 mars 2016) ; et enfin de la reprise d'Ar Rutbah par l'armée irakienne dans le sud de l’Irak (18 mai 2016)


C'est aussi pour ça que la reprise de Palmyre par l'ei a beaucoup surpris les observateurs du conflit, l’intérêt stratégique était inexistant

Nour 12/06/2017 22:42

Toujours aussi excellente les chroniques ! Autre chose que les anal ease de la propaganda staffel presstituée qui se pâmoisonne devant les poignées de main du Macrooner... Devant autant de blunders du triangle puritain Washington DC / Tel-Aviv/ Riyad et de coups de Maitre côté 4+1 on se demande à quand le jeu/set et mat final... Ne supportant pas l'impuissance les trois cavaliers sans tête vont comme toujours doubler la mise (bombardements israéliens sur Damas, redoublement des exactions anti-chiites au Yémen et dans l'est de l'Arabie visant à provoquer une réaction iranienne, attentats sous faux drapeau attribués au Hezbollah...) mais les cartes et les dieux de la guerre semblent être en faveur du 4+1...

Observatus geopoliticus 14/06/2017 01:18

@ Nour
Le vent de l'Histoire souffle effectivement pour le 4+1. Ceci dit, il revient de tellement loin que la guerre n'est pas encore finie, loin de là.

Pendule de Nwton 12/06/2017 21:20

Comme d'hab cher O.G.,
Vous avez un goût exquis pour les bons mots (mon fils est tordu de rire et c'est ce qu'il adore dans vos écrits : analyse sérieuse dans un gant de franche rigolade. Diantre sans cela le monde se résumerait à ses idioties) : Arsène Lupin ,l'ingrate HTS (celui là est l'un des meilleurs jeux de mots)...
Plus sérieusement, du chemin a été fait quand on analyse la progression de la guerre depuis l'intervention russe.
Les nœuds stratégiques prioritaires ont été définis et en fonction des ressources reconquis. Toujours à l’affût de la moindre faille du camp d'en face et de sa supériorité aérienne, ils ont martelé les positions des si gentils modérés. Tout a été coordonné de telles sortes à améliorer à la fois l'art de la guerre de l'ASA et des milices, puis de perfectionner l'outil d'attaque russe. Si l'on saupoudre cela du savoir-faire iranien en guerre de contre-terrorisme et de guérilla du Hezbollah
Le feu d'artifice ne fait que commencer.
Bien à Vous

Charles Michael 12/06/2017 21:54

Oui, les objectifs stratégiques qui se dévoilent au fur et à mesure des objectifs tactiques atteints.
et en prime une diplomatie Russe qui va de l'ONU aux (mini mais nombreux) groupes récupérables sur le terrain; bien servi il faut le dire par les cranes d'os de la CIA et Pentagon et leurs contradictions et mensonges.

Chroniques du Grand Jeu ? une oasis merci O.G.