Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques du Grand jeu

Bombardera bien qui bombardera le dernier

19 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Reste à savoir qui sera le rieur final... Dans le dernier billet sur la Syrie, notre interrogation ne pouvait être plus appropriée :

Se dirige-t-on vers un choc entre forces spéciales russes et américaines vers Al Tanaf ou, au contraire, une entente secrète sur le dos de tout le monde ? Mystère, mystère...

La coalition US est donc venu apporter son écot au maelstrom ambiant en bombardant hier, dans le sud, une colonne loyaliste en direction d'Al Tanaf. Premier sujet de discorde : la cible. Si tout le monde s'accorde à dire que c'était une milice chiite pro-gouvernementale, les avis divergent ensuite assez sérieusement.

La position de Washington :

Une source au Pentagone, citée par l'AFP, a précisé qu'il s'agissait d'une milice chiite, armée par le gouvernement de Damas mais agissant de manière indépendante. Toujours selon la même source, le convoi n'aurait pas répondu aux avertissements visant à l'empêcher de s'approcher trop près de forces de la coalition à At-Tanf, un camp de rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis et leurs alliés. Dans cette région les forces spéciales américaines forment et entraînent des rebelles pour lutter contre Daech.

L'insistance sur la supposée "indépendance" de cette milice, qui plus est prévenue au préalable, semble révéler en creux que Washington ne cherche pas à s'en prendre à l'armée syrienne et le fait savoir.

Mais à Damas, on n'est pas de cet avis. Le groupe en question, Saraya al-Areen, milice alaouite de Lataquié, faisait partie d'un convoi "officiel" en compagnie de l'armée et des Forces de défense nationale. Moscou n'est pas amusée et considère l'attaque comme "inacceptable". Lavrov va plus loin et accuse tacitement les Américains d'aider les djihadistes, ce qui est une évidence depuis longtemps pour le lecteur de ce blog.

La grande question est de savoir si les Russes vont désormais activer les systèmes anti-aérien contre les avions de la coalition. L'on se rappelle que, après l'affaire des Tomahawks le mois dernier, la rupture par Moscou du canal de communication visant à éviter les incidents aériens avait fortement troublé le Pentagone. Bis repetita dans les jours à venir ? Pas sûr, car on verra plus bas que c'est surtout l'Iran qui pousse à cette offensive en direction de la frontière irakienne.

L'autre question est de savoir si Trump est lui-même au courant de ce qui se passe ou si l'Etat profond a voulu lui forcer la main. On se souvient qu'il y a huit mois, des éléments insubordonnés de l'appareil militaire avaient vraisemblablement torpillé l'entente Kerry-Lavrov en bombardant "par erreur" l'armée syrienne à Deir ez-Zoor. Le parallèle avec la récente visite du ministre russe à Washington et l'hystérie qui en a découlé est assez frappant. On voudrait saboter le rapprochement russo-américain qu'on ne s'y prendrait pas autrement...

D'un autre côté, empêcher la jonction chiite à la frontière syro-irakienne a toujours été le grand but des principaux alliés de l'empire - Israël, Saoudie, Turquie, Jordanie même - et le Donald n'a jamais caché sa sympathie pour au moins l'un d'entre eux (le premier cité). Il n'aura également échappé à personne que cette attaque intervient deux jours après la rencontre Trump-Erdogan, même si celui-ci est plus préoccupé par le soutien US aux YPG kurdes.

Quoi qu'il en soit, la course pour le contrôle de la frontière syro-irakienne est le nouveau chapitre important du grand et interminable livre de la guerre syrienne et c'est évidemment dans ce contexte qu'il faut replacer ce bombardement. Et peut-être un autre d'ailleurs, si l'info est confirmée : des avions américains auraient attaqué des Unités de Mobilisation Populaire irakiennes chiites de l'autre côté de la frontière.

Le conditionnel reste de mise car, pour l'instant, un seul média irakien en parle ; de plus, le lieu évoqué ("près d'Al Boukhamal") est difficilement possible, Daech contrôlant la zone. Toutefois, cela collerait parfaitement avec le tableau général : empêcher Bagdad et Damas de reconstituer l'arc terrestre chiite. Coïncidence, cela intervient au moment même où un envoyé irakien discute avec Assad de "coopération dans la lutte anti-terroriste", c'est-à-dire évidemment de la reprise du territoire de l'EI qui sépare encore les deux pays.

Si les Américains persistent à vouloir remplacer Daech par leurs hommes de paille et couper l'axe Damas-Bagdad, ils prennent le risque d'entrer en collision directe avec l'Iran, ce dont s'inquiète jusqu'à The Atlantic. C'est en effet la politique de Téhéran, non de Moscou, de reconstituer l'arc chiite et la poussée loyaliste vers la frontière est plus d'obédience perse que russe.

Que fera Poutine ? On a vaguement l'impression que les chiites lui ont un peu forcé la main sur ce coup (c'est aussi ce que laissent entendre des officiels US qui n'ont peut-être pas tout à fait tort pour une fois). Le Kremlin doit être pris dans un certain dilemme : impossibilité de lâcher ses alliés mais risque sérieux d'escalade.

Les Américains ne sont pas mieux lotis. Les groupes rebelles soutenus par Washington restent ce qu'ils sont ; personne n'a oublié le fiasco de 2015 et il n'y a guère de raisons de croire que la cuvée 2017 soit beaucoup plus efficace... Face à une attaque résolue des forces loyalistes, la survie de ces groupes dépendra entièrement de la protection aérienne dispensée par les Etats-Uniens. Au risque de pour ces derniers d'être happés, de s'impliquer bien plus avant dans le conflit syrien (ce que la nouvelle administration avait juré de ne pas faire) et de se heurter de plein fouet aux Russes.

Cruel dilemme qu'on a visiblement compris à Damas et à Téhéran. Loin d'être découragée par le bombardement d'hier, l'armée syrienne envoie des renforts dans la zone et continue d'avancer en direction d'Al Tanaf. Quant au Hezbollah, il y aurait redéployé 3000 de ses combattants. Chaud...

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

michel 23/05/2017 23:12

Bonsoir,
Beaucoup d'espoir. Oui, beaucoup d'espoir. Ces visages ont de l'espoir.

Pendule de Newton 21/05/2017 02:48

Petite conjecture à la turque!!! Et si les USA se sont trouvés dépasser pa l'avancée de l'armée syrienne au sud et décider de les freiner pour rapatrier les forces-matériels et documents de l'autre côté de la frontière d'ici que les l'ASA et l'Irak avance fermement..
Les USA ont laissé l'ASA avancée dans la zone de suweida ce qui les place en position de tenaille. Mais bon dans ce jeu de poker menteur on ne sait jamais
Bien à vous

Alaric 21/05/2017 02:26

Il est difficile d'y voir clair dans cette bataille pour le désert syrien . Tous les camps se livrent comme d'habitude à une guerre de l'information et beaucoup d'intox circulent .
En plus des rapports non confirmés de l'arrivée de forces spéciales norvégiennes (!) à Al Tanf, l'EI aurait, dans le même temps, en toute tranquillité , mené un raid du côté irakien du poste frontière et détruit un campement militaire . Cela aurait donc eu lieu à quelques kilomètres des forces spéciales américaines ...

Pour compliquer le tout une source loyaliste minimise l'avancée de l'armée sur la route d'Al Tanf . En revanche la percée loyaliste dans le gouvernorat de Suweida est confirmée

Pendule de Nwton 20/05/2017 20:13

Vous avez le chic de mettre les points là où il faut et les tofs toujours de bon ton (La ligue des oubliés sur la photo Qatar-Jordanie et surtout l'UE-GB organiserons un sit-in pour juste être sur la photo de famille, et si vous n'y prenez garde vont créer les amis fidèles originaux des amis de la Syrie).

Tout le monde à son agenda mais beaucoup agissent par tâtons (USA & co).Les Russes et associés leur ont amicalement forcés la main et ils essaient de se raccrocher sur les dernières fenêtres d'action possible (ce qui est normal quand on sait qu'ils sont d'un naturel jusqu'au-boutiste.

Le conflit de la frontière dépend de la clé de voûte irakienne. Si la mobilisation irakienne est inflexible, Washington n'aura d'autres choix que de revoir ses plans.Et pour ça, compter sur la qualité de la diplomatie iranienne pour aiguiller là où il faut.

Concernant la concurrence énergétique irano-russe, cela est logique mais doit être replacer dans une perspective de partage géostratégique car la Russie ne peut tout dominer et l'Iran a besoin du parapluie russe (accès aux organisations eurasiatiques car quoi que l'on en dise les USA ne lâcheront jamais). Un échange de bon procédé guidé par la raison et les réalités de terrain

Bien à Vous

Pendule de Nwton 20/05/2017 22:20

Ohhh oui, cher Madudu,

En plus d'être le centre d'intrigues et de marchandages digne du soukh, ce sont des évolutions et des perspectives diplomatiques de haute volée (vous avez du tout fou Erdogan ou du tout millimétré Russe: les autres se trouvent dans ce canevas) .

Bien à Vous

Madudu 20/05/2017 20:57

Cela fait d'ailleurs partie de l'originalité du projet multipolaire, le gagnant-gagnant impliquant des compromis y compris -et parfois surtout- du coté de celui qui est en position de force.

C'est beau l'Eurasie, quand même :)

RAMOS 20/05/2017 18:51

@ OG ''Et si le Kremlin ne veut pas entendre parler d'un gazoduc qatari, il n'a pas beaucoup plus envie de voir se réaliser un gazoduc iranien concurrençant Gazprom vers l'Europe...''
Sauf erreur de ma part, les Iraniens ont mis en chantier un gazoduc en partenariat avec le Pakistan qui pourrait à terme approvisionner l'Inde, pays qui charbon mis à part, ne dispose d'aucune ressource énergétique importante. L'intérêt pour l'Iran d'approvisionner le marché européen est peut-être moindre, comparer au marché asiatique qui est amené à se développer dans les prochaines années. Autrement dit les Russes et les Iraniens se partagent le gâteau en bonne intelligence.

Observatus geopoliticus 20/05/2017 18:59

@ Ramos
Oui, j'ai dû en parler une bonne cinquantaine de fois de cet IPI (Iran-Pakistan-Inde)... Il n'en reste pas moins que l'Iran est membre du carré d'as gazier et que théoriquement, il peut tout à fait exporter vers l'Inde ET vers l'Europe.
Moscou et Téhéran sont des partenaires stratégiques mais, ironie de l'histoire, en concurrence sur l'or bleu.

Caracole 20/05/2017 17:35

Bonjour OG,
J'espere entendre prochainement sur les 110 milliards de contrat des US avec l'arabie saoudite. C'est tres perturbant venant de la part de Trump qui a poussé pour réveler les 28 pages du rapport du 9/11...
D'autant que j'ai en mémoire Pierre Conesa qui rapelle qu'avec l'AS, les contrats sont toujours des contrats glissants, et au final on n'en voit jamais vraiment l'argent.
Bon weekend.

Hamilcar Barca 22/05/2017 05:38

@Caracole
Bonjour Caracole
Les contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite étaient "dans le tuyau" depuis un moment. Notamment celui de $24 milliards pour la fourniture d'avions multi-rôle F-15SA (pour Saudi Arabia). C'est le plus gros contrat d'export "monobloc" jamais autorisé par les USA. Le Congrès a traîné les pieds un moment car l'assemblage original d'élements structurels venant d'autres versions du F-15, et l'électronique embarquée "à la pointe" font que ce F-15 "export" est supérieur à ceux que possède l'USAF! Feu vert final donné en Janvier dernier.
Quant aux relations USA - Turquie, faut rappeler qu'en décembre dernier la Turquie a signé une commande d'un lot supplémentaire de F-35, livrables entre 2018 et 2022. Ce qui fera de ce pays le 3ème client de la dinde volante, derrière le RU et l'Italie.. Au passage, cette vente ne ravit pas Israêl.
En conclusion et pour abonder dans le sens de la réponse d'OG, ces faits montrent que le Deep State et le complexe militaro-industriel US continuent tranquillement leur bonhomme de chemin, et que le Donald 2.0 a probablement découvert des dossiers que Donald 1.0 ignorait durant sa campagne, et a été prié de bouffer son chapeau au son des fifrelins
Bien cordialement
PS - le Qatar a versé son obole également, en commandant 24 F-15 quasiment du même type que les saoudiens. Plus 24 Rafales et 24 Typhoons II: faut être bien avec tous ses protecteurs! :-D

Furax 21/05/2017 13:01

Je pense plutôt que ces contrats sont très cohérents avec les intérêts profonds de l'empire.

C'est un "reset" américano-saoudien. Trump mène une politique qui combine le "America first" et l'impérialisme néocon.

La signification géopolitique de ces contrats, c'est "on maintient notre alliance stratégique avec vous mais vous allez raquer davantage".

C'est cohérent avec l'appui US aux saoudiens contre les malheureux yéménites, avec l'appui US aux djihadistes de Syrie, avec les menaces verbales US contre l'Iran chiite.

Et il n'y a aucune amélioration à attendre sur ce terrain là car les USA ont un besoin structurel et vital d'attirer massivement à eux des capitaux pour faire tourner le peu qu'il leur reste d'industries exportatrices (en l'espèce, le complexe militaro-industriel) et pour financer leurs dépenses publiques. Or les pétromonarchies sunnites sont l'un des principaux centres d'accumulation de la planète, avec l'Asie émergente et elles sont le seul à ne pas savoir utiliser ces énormes réserves de capitaux pour leur développement interne. Et le hasard n'y est pour rien : les britanniques ont découpé les frontières de la région dans ce but précis : avoir des pays peu peuplés et massivement exportateurs d'hydrocarbures et de capitaux.

Le jour où ce schéma s'arrête, les USA s'effondreront (quand bien même ce schéma n'empêchera pas la chute mais ne fera qu'en retarder l'échéance) et ils ont certainement fait comprendre aux pétromonarchies que, ce jour-là, ils feront en sorte d'entraîner dans leur chute tous les vassaux qui ne les auraient pas assez soutenus.

Observatus geopoliticus 20/05/2017 18:22

@ Caracole
Cela fait partie du retournement de veste de Donaldinho, ce que l'on nomme communément Donald 2.0.
Ceci dit, tout n'est pas joué dans cette affaire. Trump ne peut pas ne pas savoir le rôle des Saoudiens dans le terrorisme et le djihadisme international, choses qu'il exècre sincèrement. Assiste-t-on à une sorte de "baiser de la mort" de sa part ?

Madudu 20/05/2017 17:31

Je ne comprends pas pourquoi les russes ont moins intérêt que les iraniens, les syriens et les irakiens à ce que la continuité Est-Ouest de ces zones de contrôle et d'influence soit assurée.

Car autrement, comment faire passer un pipeline venu d'Iran et passant par la Syrie ?

D'autant plus qu'apparemment le projet d'un Kurdistan ne plaît pas à grand monde dans la région, et qu'une voie alternative pour assurer la continuité autrement que par les territoires actuellement occupés par les kurdes de l'Est est fort bienvenue.

Ou bien est-ce que la situation est à ce point pressée qu'aux yeux des russes il vaudrait mieux se précipiter sur Deir Ezzor de peur d'y perdre quelque avantage sur le plan militaire ?

Sinon, je suis étonné du peu de réaction que cet important article suscite ^^

Yom 23/05/2017 16:54

Madudu a écrit :
« D'un autre coté la Russie a aussi intérêt à ce que l'Iran se développe économiquement »

Je ne saurais, pour ma part, être aussi catégorique.

L’essentiel de nos réflexions, jusque là, porte sur le projet d’existence même de l’Eurasie et sur les rapports de forces entre un ensemble continental plus ou moins intégré émergeant et un empire maritime en déclin (mais qui part de haut sur le plan de l’hégémonie).

Par contre, sur l’équilibre des puissances à l’intérieur de cette Eurasie en devenir, je ne me hasarderai pas à spéculer.

Jusque là, les rapports de forces économiques dans le monde pouvaient se comprendre en rangeant les différents protagonistes de l’échiquier dans trois catégories :

- Tout en bas de l’échelle, les pays qui ne font qu’exporter des matières premières non transformées. Leur position est fragile (parlez en aux vénézuéliens) et même quand ils s’enrichissent, l’avenir n’est pas forcément radieux (je prophétise, puisqu’ils aiment bien se verbe dans ce coin du monde, que l’Arabie Saoudite connaîtra un revers de puissance apocalyptique dans ce demi-siècle).

- Tout en haut de l’échelle, les pays dotés d’industries « de pointe », à forte valeur ajoutée. L’Occident, le Japon …

- Entre les deux, les pays dotés d’industries « de grouillots ». Leurs industries ne sont composées que de ce que les précédents ont délocalisé chez eux pour le faire produire à vil prix ; mais au moins ont ils la perspective de « monter en gamme » et, petit à petit, d’accéder au club du haut du panier. C’est ce qui semble se produire pour la Chine.

Dans un ensemble Eurasiatique intégré, ces catégories resteront elles valables ? Ce n’est pas certain, du fait de bouleversements technologiques et/ou écologiques qui pourraient survenir prochainement.

Mais quand bien même, je ne suis pas certain de pouvoir classer correctement tous les pays qui vont participer au premier plan à cette intégration, à commencer par la Russie elle-même.

La Russie est un énorme exportateur d’hydrocarbures. Mais elle semble également dotée d’une industrie de pointe, ont le voit sur les théâtres d’opération militaires sur lesquels elle s’engage. Pour autant, le monde n’est pas innondé de produits manufacturés russes comme il l’est de produits chinois et, dans une certaine mesure, américains, allemands ou japonais.

Pour prendre mon exemple personnel, je possède de nombreux biens de consommation courante produits en France, quelques meubles suédois, de l’électronique japonaise et coréenne, tout un tas de merdouilles chinoises, un aérographe allemand dans lequel je fourre des peintures époxies américaines pour mes loisirs … mais je ne crois pas posséder quoi que ce soit qui ait été produit en Russie (même les giryas / kettlebells, d’inspiration russe, que j’utilise pour me maintenir en forme, n’y sont pas produits).

Bref, ne sachant pas prédire le rang véritable que pourrait tenir la Russie, c’est à dire son pivot, dans une Eurasie intégrée, je reconnais ma totale incapacité à spéculer plus avant sur les rapports de force globaux qui pourraient s’y dessiner à terme.

Mais nous n’en sommes pas encore tout à fait là. Nous avons un empire à contempler en train de s’effondrer … en essayant d’éviter les chutes de pierres.

Madudu 22/05/2017 19:39

D'un autre coté la Russie a aussi intérêt à ce que l'Iran se développe économiquement pour assurer sa stabilité à long terme, ainsi que pour contribuer au développement intérieur de l'Eurasie.

Dissocier en Syrie les intérêts économiques iraniens des intérêts géopolitiques russes ce serait, pour moi, un mauvais calcul de la part de la Russie.

Mais je peux me tromper.

wawa 22/05/2017 17:41

effectivement, les russes ont tout intéret à ce que le gaz de north fields/south pars n'ai pas de gazoduc a destination de l'europe, qu'il soit qatari ou perse! cela leur permet d'empecher leur isolement voulu par les US : ils tiennent ainsi les européens par les couilles en étant un fournisseur incontournable de gaz.
.
la question en corollaire : les russes ont ils vraiment intérêt à la fin de la guerre en syrie, la situation actuelle leur convient peut être parfaitement. plus ce gazoduc sera construit tard, qu'il soit chite ou sunnite plus lesreserve de gaz russes auront de la valeur!

Observatus geopoliticus 20/05/2017 18:15

@ Madudu
Bah... Certains billets attirent beaucoup de commentaires et peu de partages sur les réseaux sociaux ; pour d'autres, c'est le contraire. J'ai renoncé à comprendre le pourquoi de la chose même s'il est vrai que le blog a toujours moins de lecteurs le week-end.
Cher Madudu, les Russes ne s'impliquent pas dans les querelles religieuses intra-musulmanes. S'ils sont en général plus proches des chiites que du sunnisme fondamentaliste, stratégiquement parlant, l'arc chiite leur chaut peu.
Quant au pipeline irano-syrien, ce serait un concurrent ! J'en ai parlé plusieurs fois, notamment l'année dernière. Si Moscou et Téhéran ont le même objectif final en Syrie (la victoire d'Assad), leurs raisons sont parfois très différentes. Et si le Kremlin ne veut pas entendre parler d'un gazoduc qatari, il n'a pas beaucoup plus envie de voir se réaliser un gazoduc iranien concurrençant Gazprom vers l'Europe...
Bien à vous