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Chroniques du Grand jeu

Tour d'horizon

21 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Ukraine, #Russie, #Europe, #Moyen-Orient

Evolutions, remous et recompositions continuent de chahuter l'échiquier du Grand jeu.

Dans la lignée de ce que nous disions, le réalisme gagne chaque jour du terrain à Washington. Certes, le Deep State n'a pas dit son dernier mot et nous mijote sans doute quelque chose de derrière les fagots, mais le momentum semble perdu. Dernier exemple en date, l'audience de l'ancien président estonien devant une commission du Congrès. Il venait, comme ses compères baltes et polonais, pleurnicher sur la légendaire "agression russe" mais, pour sa plus grande surprise, s'est fait rabrouer vertement par le représentant Républicain Rohrabacher :

Pour les non-anglophones, le député lui demande un exemple concret d'agression militaire russe. l'Estonien part alors dans une invraisemblable histoire d'un policier enquêtant sur la contrebande de cigarettes (!) à la frontière et kidnappé par le FSB russe. Pressé de donner un exemple un peu plus sérieux, le pitre se décompose et Rohrabacher commence une étonnante et honnête diatribe concernant la folie de la campagne russophobe et la responsabilité américaine dans de sales opé passées, ce qui n'est d'ailleurs pas sans nous rappeler les aveux du Donald - "Croyez-vous que nous-mêmes soyons si innocents ?"

McCain a dû en tomber de sa chaise... Johnny Follamour l'a plutôt mauvaise en ce moment. Même son acolyte Lindsay Graham commence à être fatigué des jérémiades est-européennes. Ok, on est avec vous mais dépêchez-vous de débiter vos âneries...

L'ambiance a changé à Washington sur le dossier ukrainien. Un affidé du Pravy Sektor s'est fait arrêter début mars pour trafic d'équipement militaire (aurait-il été inquiété sous Obama ?), le Congrès propose de diviser par deux son aide militaire à l'Ukraine (au grand dam de la MSN)...

Sans surprise, ce glissement est très mal vécu à Kiev où la junte est coincée. Les néo-nazis continuent leur blocus contre le charbon du Donbass et menacent de "détrôner" Porochenko. Rien ne va plus dans le Banderistan qui se déchire et le roi du chocolat préfère botter en touche et détourner l'attention en demandant sans rire à la Cour de justice internationale de condamner... la Russie (eh oui, il fallait y penser). Le coup classique pour acheter la paix intérieure mais il n'est pas sûr que ça fonctionne cette fois-ci.

Les Ukrainiens sont immensément las du paradis post-Maïdanite, excédés par la corruption rampante (notez la crise cardiaque du directeur des douanes pris la main dans le sac), Poroclown est à 12% de popularité et une nouvelle révolte des russophones des provinces du sud n'est pas à exclure (le gouverneur de Nikolaïev est paniqué, qui voit 65% de séparatistes pro-russes dans sa province).

Si les leaders du Donbass ne craignent pas l'exagération en affirmant que dans les conditions actuelles, l'Ukraine n'a plus que 60 jours à vivre, il n'en reste pas moins vrai que la situation vire au naufrage, Kiev mendiant l'aide du FMI. Explosion ou lent pourrissement ? Les paris sont ouverts. Un failed state de plus à ajouter à la boutonnière impériale...

Pas de quoi impressionner les Russes, prêts à endurer les sanctions aussi longtemps que nécessaire afin de poursuivre la même politique étrangère. Ce n'est certes pas en Occident que l'on verrait ça...

A Moscou, le temps est au beau fixe. Les bisbilles énergétiques dont nous avions parlé entre la Russie et la Biélorussie n'empêchent pas l'entière coopération diplomatique et militaire (dixit Loukachenko) ni l'établissement d'un espace commun de défense. Bien sûr, les exercices militaires de septembre, pour lesquels des tonnes d'équipement russe passent actuellement la frontière, provoquent l'hystérie habituelle à Vilnius ou à Varsovie mais, on l'a vu, les geignards n'ont plus vraiment l'oreille de Washington.

Trump et Poutine doivent regarder avec un certain amusement l'affrontement de plus en plus ouvert entre les euronouilles et le führerinho d'Ankara. Ce dernier poursuit son délire, encourage les Turcs du Vieux continent à faire cinq enfants ("vous êtes l'avenir de l'Europe") tandis que son ministre des Affaires étrangères affirme que les "guerres saintes commenceront bientôt". Ces commentaires incendiaires se sont attirés une réponse cinglante (vous devinez de quelle partie du spectre politique) tandis que les eurocrates globalistes, tétanisés et pris à leur propre piège, ont préféré regardé ailleurs. Comme de bien entendu, pas un mot dans la MSN, ça fera monter le "populisme"... Ah j'oubliais, Ankara recommence son chantage aux migrants.

Sympas, les copains de l'OTAN ! Et puisqu'on en parle, la Turquie a interrompu sa coopération avec certains pays européens partenaires de l'organisation atlantique. Entre le désintérêt de Trump et l'incendie d'Erdogan, OTAN va la cruche à l'eau...

Analysant les déboires syriens d'Ankara, nous écrivions il y a un an :

Maigre consolation pour le sultan : grâce aux réfugiés, il a pu faire chanter les Européens, véritables dindons du dindon de la farce.

Cette formule n'a jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui. Car Erdogan se prend à nouveau des bâches en Syrie et ce n'est sans doute pas un hasard si, en bon élève de Porochenko et à un mois de son référendum, il allume un énième incendie rhétorique pour détourner l'attention de ses déconvenues stratégiques.

Nous nous étions arrêtés sur les retrouvailles russo-kurdo(-américano)-syriennes à Manbij et le barrage bloquant toute avancée turque. Depuis, les loyalistes ont resserré le noeud autour de Deir Hafer même s'ils ont reperdu une partie de la base aérienne de Jirah :

On le voit, l'aventure néo-ottomane est terminée. Etalant avec gourmandise du sel sur les plaies turques, les YPG annoncent aujourd'hui que Moscou entraînera les forces kurdes et que les Russes installent une base militaire dans le canton d'Afrin ! Si le Kremlin nie vouloir aménager une nouvelle base (mais que vaut un démenti en Syrie où l'on a assisté à tant de surprises ?), la première affirmation n'est pas contestée. Ô sultan, tout est perdu fors l'honneur... Pas étonnant que la presse turque reste muette et que le gouvernement s'en prenne aux "fascistes" européens.

Que peut faire le sultan ? Le maestro Poutine a encore frappé, plaçant chacun là où il voulait qu'il soit. Erdogan est totalement isolé sur la scène internationale : la relation avec l'Occident est définitivement cassée, la confiance durablement abîmée avec les pétromonarchies du Golfe ou Israël. La Syrie, l'Iran, l'Irak et l'Egypte sont des ennemis ou des adversaires. Qui reste-t-il à Erdogan pour exister internationalement ? La Russie...

Le Kremlin la joue fine, associant publiquement la Turquie aux progrès des pourparlers de paix (alors qu'il n'y en a aucun) et de la lutte anti-terroriste sur le terrain (alors qu'Ankara n'y est pour rien). Poutine s'attache le sultan reconnaissant et peut lui faire avaler toutes les couleuvres qu'il veut. Et si l'Ottoman est soudain pris d'idées saugrenues, les Russes ont toute une palette de possibilités à leur disposition comme il l'ont montré en novembre 2015 :

Vu l'état de l'économie turque et de la lire, pas sûr que le sultan prenne le risque...

Tout irait donc pour le mieux pour Vladimirovitch si les Dieux de la géopolitique ne nous avaient réservé une de leurs facéties dont ils ont le secret. Il y a trois jours, des avions israéliens ont effectué des bombardements près de Palmyre, information reprise dans tous les médias. Réaction furieuse de Damas qui affirme, sans doute à tort, avoir abattu un jet.

Les conspirationnistes ont leur explication toute faite : Israël aide Daech. Comme si une frappe, sous les yeux du monde entier en plus, allait changer quoi que ce soit au conflit. Absurde... Mais alors quoi ?

On sait que Tel Aviv est omnibulée par les capacités et l'équipement qu'acquiert le Hezbollah grâce au conflit syrien. Les récents rapports selon lesquels l'Iran a ouvert des fabriques d'armement sophistiqué pour le Hezb au Liban même, dans des souterrains à 50 mètres de profondeur, n'ont pas dû rassurer Bibi la terreur. Mais pourquoi Palmyre ? Si je ne m'abuse, le mouvement chiite libanais n'y était pas et ce n'est dans cette zone de combats que passeraient des convois d'armes. C'est en substance ce que confirme un officier syrien : le bombardement n'a pas visé des cibles du Hezbollah.

Pour ajouter au mystère, le ministère russe des Affaires étrangères a - chose rare - convoqué l'ambassadeur israélien. Il était convenu qu'un accord tacite existait entre Moscou et Tel Aviv "autorisant" l'aviation israélienne à faire une sortie de temps en temps pour frapper des convois d'armes du Hezbollah. Apparemment, le Kremlin n'a pas apprécié celle-ci et l'a fait savoir.

Il n'est d'ailleurs pas impossible que la pluie de Kalibr qui a été lancée par un/des sous-marin(s) russes ait eu pour but de s'assurer que le message avait été bien compris. Rappelons que ce missile n'a pas grande utilité contre les cibles mobiles de Daech mais constitue un très sûr avertissement à l'égard de forces armées constituées. Moscou marque son terrain...

Saura-t-on le fin mot de l'énigme ? Une petite hypothèse qui vaut ce qu'elle vaut : un avertissement d'Israël paniqué par la proposition d'Assad d'offrir à l'Iran une base navale en Syrie, près de la base aérienne russe de Hmeymim. Friction irano-israélienne mise à part, quel changement tectonique en perspective : l'Organisation de Coopération de Shanghai en force sur les bords de la Méditerranée.

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Peu Importe 25/03/2017 01:53

Si je peux me permettre: on dit "obnubilé", et non "omnibulé"
Merci pour vos articles.

Peu Importe 26/03/2017 22:51

@ Observatus geopoliticus
Dommage, d'autant que vous ne paraissez vraiment pas fâché avec la langue française ici, et que vos lecteurs, à en juger par la teneur des commentaires, n'ont l'air pas manchot non plus de ce côté-là.

Observatus geopoliticus 25/03/2017 12:54

@ Peu importe
Oui, je sais, mais peu de monde comprendrait cette forme qui devient de plus en plus désuète. Au risque de me faire taper sur les doigts par la vénérable Académie, je préfère user de cette forme.
Bien à vous

jef 24/03/2017 01:18

Trois choses sont sûres:
Bachard El ASSAD entend reconquérir la totalité du territoire syrien.
L' IRAN est son allié indéfectible. Question de vie ou de mort: morte la Syrie, mort le Liban et morte la RII.
La FDR joue sur l'échiquier mondial selon ses intérêts. Mais elle sait mieux que personne qu'elle ne peut perdre ces alliés...sauf à capituler devant ceux qui veulent la dépecer.

Toute autre est la question de la Turquie tiraillée entre quatre jeux: OTAN, UE, EMPIRE OTTAMAN, EURASIE.

Euclide 23/03/2017 11:00

Pour reprendre l'accroche de votre billet cher Observatus
Je pense que l'image de la France ne sortira pas grandie à la fin du conflit syrien ?

geronimo 23/03/2017 10:51

illustration hier de la situation en Europe:
-Discours d'Erdogan: "aucun européen ne pourra plus faire un pas dans la rue en sécurité" (bien sur mutisme complet des grands médias sur ce discours)
-attentat à Londres par un islamiste; Londres dont le maire est un musulman favorable à l'accueil des migrants.
Ceci dans un contexte où la coalition se sent enfin obligée d'attaquer l'EI (après Mossoul ils préparent l'attaque de Raqqa si j'ai bien compris).
je sais que ces évenements n'ont pas de liens directs et que je fais des raccourcis faciles mais je trouve le symbole assez parlant.
et bien sur grande séquence émotion qui démarre ("wearenotafraid", "prayforlondon", tour eiffel éteinte, fleurs,bougies...)

ZZZ 23/03/2017 04:05

M'enfin Observatus,des dizaines de frappes aériennes sur les troupes syriennes et alliées depuis 2011,la prise en charge médicale de Milliers de terroristes du Sud de la Syrie sans compter la capture par l'Armée syrienne de lots d'armements flambants neufs avec des inscriptions en hébreu dans certains camps des terroristes en débandade...Que vous faut-il de plus ? Ne soyons pas naïfs,la seule chose qui empêche Tsahal d'une intervention plus massive en Syrie,maintenant que les choses tournent au vinaigre pour "israel",est la présence russe depuis septembre 2015.Je vous rappelle aussi la proximité géographique des deux pays puisque le Golan appartient à la Syrie mais est illégalement occupé par "israel".
Et ce n'est pas à vous,Obsevatus Geopoliticus,que je vais faire une leçon de géopolitique.On voit bien deux camps assez distincts se dessiner dans la région avec d'un côté les émirats obscurantistes du Golfe,l'entité sioniste et le soutien plus ou moins affiché de l'Otan face à l'Axe Russie-Iran-Syrie-HezbAllah,plus le soutien diplomatique et financier chinois.(L'Irak joue sur les deux tableaux mais sa population à majorité chiite le rapproche davantage de l'Iran,tandis que le derviche tourneur turc ne sait probablement plus oû il habite). Autrement dit,le décor d'une confrontation globale est planté,ne reste plus que l'étincelle.Espérons que le dernier mouvement états-unien à Tabqa ne mette pas le feu aux poudres.On peut faire confiance au doigté russe pour essayer de désamorcer cette nouvelle crise.
PS:pour RI,vous avez raison,le meilleur côtoie le pire mais l'article que j'ai cité est bon.

Observatus geopoliticus 23/03/2017 14:10

Eh oui, mon cher Pendule, l'éternel fanatisme des trolls incapables de se départir de leur idéologie... Ils ne viennent pas pour apprendre ou discuter, ils viennent pour marquer un point et voir leurs conceptions confirmées. Et si la réalité ne les confirme pas, si la géopolitique ne s'adapte pas à leurs idéologies, ils la change !
Ô tempora ô mores

Pendule de Newton 23/03/2017 13:46

Comme on le dit en japonais'mâ mâ' (calmos).
Cher ZZ, dans les commentaires de ce blog nous essayons de partager des conceptions, des analyses et des visions différentes cependant dans un souci de convaincre et non d'imposer avec des mots agressifs ses positions.
Dans une atmosphère agréable d'échange et de gratitude pour l'auteur du blog qui se casse le burnes pour des synthèses et un recul necessaire, nous essayons tous de garder notre calme quelque soit les évènements, prendre de la distance et présenter ses faits et que des faits (non ce qu'on veut que la réalité soit).

Vous accordez trop de pouvoirs à l'état hebreu qui certes possède des aptitudes non négligeables mais est bien loin des supers pouvoirs qu'on lui attribuent (chaque camp possède ses propres tiraillements et ses limites).

C'est un jeu de négociations et Israel veut avoir son mot à dire dans ce qui l'interesse (c'est normal et logique) et c'est la réponse de la coalition russe qu'il faut observer.

Cher O.G , la géopolitique tape au tripe si on est trop passionné ou trop moraliste. Votre réponse auréolée e fait encore rire (vive les cartes en papier en tapis volant pour l'orient et l'eurasie).
Bien à vous ZZ et O.G

Observatus geopoliticus 23/03/2017 11:31

@ ZZZ
Vous serez gentil de ne pas me faire la leçon...
1. "Dizaines" en 72 mois de conflit = un bombardement par mois ou tous les deux mois (un peu juste pour gagner une guerre, non ?)
2. Les troupes syriennes ne sont pas touchées, encore moins en situation de combat.
3. "Lots d'armement écrits en hébreux" : pourquoi pas "Made in Bibi" avec sa photo et son autographe tant qu'on y est ? Ces pseudo infos viennent de sources chiites/iraniennes bidons. Vivant dans un pays chiite juste à côté, j'en vois passer tous les jours des "infos" comme ça, croyez-moi : chaque jour, on découvre un colonel israélien/américain capturé alors qu'il commandait un camp de Daech... Depuis le temps, les Iraniens doivent avoir des milliers de prisonniers... lol
4. Les rebelles du Golan sont effectivement les seuls qu'Israël puisse aider. Mais c'est un théâtre d'opérations secondaire voire tertiaire. Les principaux fronts de la guerre sont coupés, et plusieurs fois, du Golan. Si je me casse les c.... à vous trouver des cartes à jour du conflit, c'est pas pour en faire des avions en papier. Je repose la question aux petits génies virtualistes : par où passent les armes et le supposé soutien israélien ? Par les canalisations d'eau ? Les câbles électriques ? Le vent ? Transporté par des pigeons-voyageurs ?

Silk 23/03/2017 00:56

Comme d'habitude : super boulot de synthèse pour nous faire une revue de l'Ukraine à la Syrie en passant par la Turquie et l'OTAN.
Je soulève une formulation qui induit une erreur de conclusion chez le lecteur :
Vous écrivez :
"la Turquie a interrompu sa coopération au sein de l'organisation atlantique avec certains pays européens."
Comme vous citez l'article, il est précisé dedans que la Turquie a coupé sa coopération avec des pays européens non membre de l'OTAN mais uniquement partenaire (en l'occurrence l'Autriche d'après la source). Ce qui est le droit de la Turquie, sans bloquer sa participation avec des pays membres de l'OTAN, de bloquer celle avec les"partenaires" : si les incidences sont fortes mais ce n'est pas pareil.
La nuance est d'importance.
Même si en effet cela a comme conséquence de bloquer des exercices conjoints qui devaient être faits avec d'autre pays de l'OTAN (donc événements annulés), ca se limite à mettre des bâtons des les roues de l'OTAN en signe de protestation, pas d'annuler la coopération avec des pays comme ... l'Allemagne ou les Pays-Bas (ou de manière indirecte a provoqué l'annulation "d'événements, formule à préciser, entre partenaires et membres de l'OTAN).
Je sais que préciser aurait dû pousser à expliquer les conséquences mais formuler "mettre des bâtons des les roues de l'OTAN en annulant des exercices conjoints avec des pays partenaires mais non membres provoquant l'annulation complète de certains événements" ...
Ca aurait été plus clair : c'est en allant voir la source que j'ai saisi la nuance, qui est importante quand même.
D'ailleurs je vous félicite pour vraiment beaucoup sources vos articles qui permettent vraiment un suivi de ce qu'il se passe en Syrie (ou même les déclarations turques, on sent le projet "frères musulmans" ...) : tout est sourcé, tout est vérifiable (dans la mesure de la crédibilité des sources, bien plus crédibles que nombreuses sources gouvernementales citées dans la MSN)

Observatus geopoliticus 23/03/2017 03:11

@ Silk
Très juste, j'avais lu un peu trop vite. C'est corrigé, merci.

UnLorrain 22/03/2017 21:46

@ Alaric
Merci de votre ..ben correction,ou correctif :-)
Cette expression qui dit « le coeur a ses raisons que la raison ignore » semble signifier la même chose que ce que Poutine a dit.
Un jour sur le site Contrepoint que je farfouillais frenetiquement euuh non quand même pas,je vais dire plutôt régulièrement,j'y avais lu ce billet fort intéressant,l'auteur était un nom anglo-saxon,il expliquait que le communisme ça marche,pour preuve voyez ces gens aux... US qui le pratique! Seulement..lorsque ces gens sont au nombre de ( 150 personnes,chiffre qui me semblait petit) ils savent par expérience que leur petite communauté ne peut durer,ils doivent diviser ce chiffre ( pour illustrer l article une photo,noire et blanc je crois,mais cette scène,effroyable,ou c'est TOUT l'monde a l ecossage des p'tits pois!! Ha ha ha c'est pas chiant a faire ca hein ! :-) )

Eric83 22/03/2017 21:21

La suite de règlements de comptes à Washington DC continue de plus belle. Les soupçons de Trump sur la surveillance dont il a dit avoir été l'objet avant son arrivée à la Maison Blanche semblent se révéler exacts.

http://www.zerohedge.com/news/2017-03-22/nunes-trump-transition-members-and-possibly-trump-himself-were-under-surveillance-du

michel 22/03/2017 20:13

Bonsoir,
"Europa delenda est" car las dattes sont mûres. N'est-elle toujours pas un phare, cette vieille Europe? Un phare qui ne luit plus que de faible rayons, toutefois, elle représente bien les arts, les armes, les lettres, les lois et cette luminosité, pas encore sous le boisseau, du Christ.
Erdogan, un pion, Netanyaou, un pion, le roi Seoud, un pion. Le chaudron Syro-irakien (-Ukrainien) sont des bruits de guerre( toutes proportions gardées vis-à-vis des atrocités et souffrances de ces peuples..).
Mais que fait l'Empire du dragon? Les chinoiseries ne dérange pas l'Empire de l'ours. Ah oui, c'est vrai, un soleil noir se lève en Eurasie..
amicalement

michel 22/03/2017 23:08

Mon propos est quelque peu laconique. L'Empire Ottoman termine sa course où commence l'ère industrielle du 19ème siècle. Les Rockefeller, en quelques décennies, monopolisent l'or noir et son négoce sur les USA; cela donnera le fameux procès le la Standard Oil Company. (Sherman Antitrust Act).
Des campagnes Napoléoniennes jusqu'aux "accords" de Rome, l'Europe est "redessinée".
Le Moyen-Orient connaît un climat oléagineux tout le 20ème siècle avec un ciel de traîne
teinté de regain nationaliste sur fond religieux. Cependant, un os, mis là par "hasard", Israël, fait office de zone tampon.
Le néo capitalisme américain ressemble comme deux gouttes d'eau au libéral sozialism russe; la différence est peut-être dans l'athéisme d'état et encore..
Quelle est la ligne de fuite dans tout cela?

UnLorrain 22/03/2017 19:06

@ misha
Je n'ai plus en mémoire la phrase exacte ou Poutine dit regretter le communisme et condamne le stalinisme,mais il y ce mot,communisme,ce mot va faire sortir de terre et d ailleurs,les maccarthistes,les kainkains et l UE a la remorque,haïssent ce mot,cette ideologie qui n'est pas la leur,la leur est la quelle d'ailleurs? Imperialisme? Capitalisme? Liberalisme débridé ? Mais puisque ces rhétoriques sont toujours debout,c'est qu'elles fonctionnent alors ? Clopin clopant,cahin caha,couci couca et euuh,je cherche et un autre adjectif foutrement moins amusant me viens, mortifères? Quelle est la pire ? J'ai une rhétorique a moi,ouep, plutot que le melting-pot de citoyens,le multicoloriage ne fonctionne visiblement pas ou très très mal,bien tentons un melting-pot de ces rhétoriques! De tout un peu dit le proverbe !
Excusez cher OG pour mon commentaire qui serait derechef categorier comme émétique par le campdubien! Si sentence poubelle doit s'exécuter,opèrez comme cela se doit ! :-)

Madudu 23/03/2017 11:24

https://www.youtube.com/watch?v=gpf2H8lIZjs

Il ne s'agit pas de l'originale, comme quoi déjà en 2010 on avait du mal à savoir ce qu'il avait vraiment dit la première fois ^^

Il reformule ici pour mémoire, en répondant à un plus nationaliste que lui qui voudrait voir l'Ukraine en Russie.

J'en profite pour faire remarquer qu'on trouve pas mal de discours de Poutine sous-titrés en anglais sur la chaîne youtube de "Inessa S", ça m'a été plus d'une fois utile.

silk 23/03/2017 08:29

Je crois qu'il a dit :
"
"Celui qui la regrette n'a pas de coeur, celui qui ne la regrette pas n'a pas de cerveau."
La citation est la même partout.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/20/russie-de-staline-a-poutine_3433456_3232.html#VWPiKllmeUhujfJg.99

Alaric 22/03/2017 20:32

" Celui qui ne regrette pas l'URSS n'a pas de cœur ; celui qui souhaite son retour n'a pas de tête. " aurait il dit , mais méfiance car je ne retrouve cette citation que dans les MSM

ZZZ 22/03/2017 15:17

Cher Observatus,pour terminer sur le point,à mon sens central,de savoir si le régime sioniste ne fait preuve que de pragmatisme ou s'il est question d'un soutien de long terme avec les islamistes les plus barbares comme je l'affirme,je pense que nous sommes en désaccord.Mais sachez que de nombreux observateurs avertis russe https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703201030536992-isael-syrie-politique/,nord-américain http://www.globalresearch.ca/americans-are-on-our-side-al-nusra-commander-says-us-arming-jihadists-via-3rd-countries/5580725 ou libanais http://reseauinternational.net/revelations-du-dernier-quart-dheure-de-la-guerre-en-syrie-ben-salmane-et-netanyahu-dirigent-ouvertement-le-front-al-nosra/ sont d'avis que les relations israel-terroristes islamistes sont structurelles.Par conséquent,un conflit d'ampleur entre la Russie et israel dans un avenir plus ou moins proche est hautement probable.

Observatus geopoliticus 22/03/2017 18:40

Cher ZZZ,
Israël ne s'est jamais privé de flirter avec le sunnisme radical quand ça l'arrangeait ponctuellement. Il se dit même que l'ascension du Hamas dans les années 80 fut favorisée (dans quelles proportions ?) pour faire pièce au Fatah. De là à dire qu'il y a une alliance structurelle entre Israël et l'islamisme sunnite, c'est sans doute jeter le bébé avec l'eau du bain.
Mais sur la Syrie, soyons sérieux deux minutes. On me dit "Israël soutient les djihadistes". Ok, ça passe par où ? Je sais que les sociétés occidentales deviennent de plus en plus virtuelles et déconnectées, mais enfin, le soutien matériel, les livraisons d'armes, tout ça doit quand même passer par quelque part... Il y a une réalité géographique, militaire, logistique ; les armes ne tombent pas du ciel comme la pluie ou ne passent pas par les câbles électriques... Comment diable, si tant est qu'il le veuille, Israël pourrait-il soutenir les "rebelles" d'Alep, de Raqqa ou de la Ghouta alors qu'il n'existe strictement aucune voie de communication entre Israël et ces zones ? A un moment donné, il faut redevenir sérieux deux secondes, revenir dans le réel.

NB : Gardez-vous de sites délirants comme Réseau International qui racontent absolument n'importe quoi et se contredisent d'un article à l'autre. J'en sais quelque chose : ces joyeux drilles republiaient mes articles (sans même m'en demander la permission) il y a un an. J'ai vite mis le holà quand j'ai vu le genre d'aberrations, oui conspirationnistes, de ce site (notamment l'avion de ligne russe abattu au-dessus du Sinaï par... vous devinez... Israël. Pourquoi, comment ? Peu importe, c'est Israël on vous dit !)

ZZZ 22/03/2017 07:19

Merci Observatus de prendre en considération les remarques des internautes mais je ne peux m'empêcher d'ajouter ceci : en tant que "conspirationniste" assumé c-à-d quelqu'un qui garde un esprit critique aussi bien vis--à-vis des media (merdiques) grand public que des media alternatifs de qualité comme le vôtre qu'"israel" n'a pas effectué UNE frappe contre la Syrie mais des dizaines depuis 2011 à chaque fois que les terroristes "modérés" étaient en difficulté."israel" a en outre soigné des milliers des terroristes du Sud de la Syrie de l'aveu même des dirigeants sionistes -et leurs photos au chevet de ces ordures font foi.Par conséquent,affirmer qu'"israel" est un allié objectif des terroristes de tout poil n'est pas une vue de l'esprit.
Je termine par rappeler l'origine du terme "complotiste" ou "conspirationniste". C'est au lendemain de l'assassinat de JFK que la CIA a commencé par taxer de complotistes tous ceux qui ont eu l'heur de mettre en doute la version officielle abracadabrantesque du meurtre du président états-unien.Bien à vous.

Observatus geopoliticus 22/03/2017 14:02

@ ZZZ
Cher lecteur, je suis parfaitement au courant du flirt entre Israël et les djihadistes "modérés" puisque j'en ai parlé dès l'année dernière : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/02/quand-le-hezbollah-profite-de-l-intervention-russe.html
Mais il faut garder la tête froide quand on analyse la situation. Les interventions irrégulières d'Israël changent-elles quoi que ce soit au conflit ? Non. Les dizaines de frappes que vous évoquez (en gros, une par mois) visent l'approvisionnement du Hezbollah. L'armée syrienne n'est pas visée et ça n'a de toute façon aucune influence sur le déroulement de la guerre.
Si le bombardement de Palmyre reste mystérieux, une chose est sûre : ça n'est pas pour aider Daech avec une bombinette, au vu et au su de tous. Et c'est là qu'interviennent ce que j'appelle les "conspirationnistes" qui, sans réfléchir, vont évidemment tomber dans de grandes généralisations absurdes : X a, à un moment donné, pichenetté Y. Y et Z sont en conflit. X est donc allié à Z... Si Israël était allié de Daech, ce n'est pas une frappe sur ce théâtre d'opérations qui aurait eu lieu, ce sont des centaines, ce que les Russes n'aurait évidemment pas permis. Ajoutons que Tel Aviv n'aurait pas non plus discrètement aidé le Hamas, sa Némésis, contre Daech dans la bande de Gaza l'année dernière...
L'officier syrien interrogé déclare que les dommages sont minimes. Quelqu'un ou quelque chose de bien spécifique était visé, mais quoi ?
Bien à vous

Grognard 22/03/2017 06:29

Observatus geopoliticus

Bonjour,

D'accord avec vous que la Russie avec Sébastopol et la péninsule de Crimée a eu ce qu'elle voulait.
C'était d'une évidence criante quand on connait l'importance du port de Sébastopol.

D'une certaine façon l'Ukraine absorbée par la Russie ne lui offrirait comme solution aucun glacis supplémentaire en ce sens intégré le Donbass ne lui en offrirait pas non plus.

Par contre soit c'est une information dont on ne dispose pas et ma question qui arrive est caduque ; je ne comprends pas pourquoi la Russie n'intègre pas les ukrainiens chez elle.
Voilà une population qui n'a pas de handicap de langue, de formation et de culture et qui lui permettrait de booster sa démographie.
Vous savez quelque chose à ce sujet?

Kevin 22/03/2017 22:56

Bonjour,
Les ukrainiens russophones sont ukrainiens malgré tout, et en Europe de l'Est, le patriotisme est souvent exacerbé. A la différence des criméens, je ne pense pas qu'ils seraient ravis d'etre rattachés à la Russie, meme si leur niveau de vie serait sans doute amelioré. Je suis asez d'accord avec Madudu, la Russie a peu d'interet stratégique a anschlusser une partie de l'Ukraine, et ca lui ferait encore plus de publicité négative sur la scène internationale. Juste un détail cependant: l'Ukraine, 2ème pays le plus pauvre d'Europe (après la Moldavie) est loin d'etre un des pays les plus pauvres du monde. Son PIB est comparable à celui de la Thailande, pas à celui du Congo...

Madudu 22/03/2017 20:34

La Russie européenne (à l'Ouest de l'Oural) n'est pas particulièrement sous-peuplée, ce sont bien les deux sibéries qui le sont.

Or les sibéries manquent avant tout d'infrastructures, car en dehors du transsibérien il n'y a pas grand chose là-bas. Ce qui demande de très gros investissements, de très gros apports de capitaux.

L'Ukraine aujourd'hui est l'un des pays les plus pauvres du monde, cela implique que si la Russie devait intégrer ce territoire il lui faudrait du même coup financer la remise à niveau de tout le pays, ce dont la Russie n'a ni les moyens ni l'intérêt car, précisément, une bonne partie de son territoire est sous-utilisée faute de capitaux.

L'Ukraine est un bourbier auquel les ukrainiens devront se faire d'une manière ou d'une autre, ils sont tout seuls dans leur misère. Les US, comme à leur habitude, enfoncent leur allié dans le bourbier et ne se font obéir qu'à coup de menaces (je devrais peut-être écrire au passé, car la nouvelle administration semble avoir changé d'optique).

L'ouverture de la Russie au Dombass en particulier répond plutôt, à mon sens, à une forme de solidarité ethnique et culturelle, car ce sont des russes qui y vivent et qui y luttent, enclavés qu'ils sont entre un pays failli et une superpuissance sur la défensive.

Je pense que l'histoire retiendra ici toute la mesure dont fait preuve la diplomatie russe dans cette affaire, car elle en fait preuve indéniablement.

"Pan metron" disaient les grecs, et les russes l'ont fait ^^

Grognard 22/03/2017 18:38

@ Observatus geopoliticus
Bonjour,

A "la louche" aujourd'hui la population russe c'est environ 150 millions d'habitants.
Vu la taille de la Russie n'aurait-elle pas intérêt à intégrer/nationaliser les citoyens ukrainiens qui se verraient plus un avenir en Russie que dans ce qui restera le l'Ukraine?
Comme les sanctions contre la Russie ont eu pour effet dans certains secteurs de l'économie de permettre à certaines industries russes de reconquérir des parts de son marché intérieur ; à priori cela semblerait jouable.

Observatus geopoliticus 22/03/2017 14:11

@ Grognard
Tout à fait, Moscou ne cherche absolument pas à intégrer le Donbass mais le laisser à l'intérieur des frontières ukrainiennes pur paralyser Kiev et l'empêcher d'accéder à l'OTAN. Je l'avais expliqué il y a deux ans : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/retour-sur-l-ukraine.html
Par contre, je ne comprends pas bien votre question sur l'intégration des Ukrainiens en Russie.
Bien à vous

Free Ryder 21/03/2017 23:05

Deep State n'a pas dit son dernier mot et nous mijote sans doute quelque chose de derrière les fagots, mais le momentum semble perdu.
Pas si sur qu'il ait perdu le momentum. Il faut suivre attentivement le jeu de poker menteur entre la fed et trump. L'eclatement de la bulle du marché obligataire avec toutes ses conséquences cataclysmiques me semble la prochaine étape vers le NOM. Et faire endosser la crise financiere mondiale à trump

Eric83 22/03/2017 10:36

La pyramide de Ponzi de la finance mondiale s'effondrera, c'est une certitude. Les questions sont quand, comment, à quel vitesse et quelles en seront les conséquences ?
Il m'est d'avis que même les marionnettistes du Deep State - la faction néocons- globalistes -n'ont pas de réponses précises et surtout pas sur les conséquences à l'échelle mondiale.
En cas d'effondrement financier généralisé, une grande puissance sera beaucoup moins impactée que les autres... la Russie - et oui encore elle - dont la dette publique n'est même pas de 20% et çà c'est un gros grain de sable, en plus des autres.
Dans ce contexte également, les sanctions prises par les US et l'UE à l'égard de la Russie se révéleraient un formidable atout pour la Russie qui est devenue plus autonome depuis le conflit en Crimée.

Eric83 21/03/2017 20:40

Un article de Breitbart reprenant des informations de Rush Limbaugh, un conservateur influent animant un célèbre talk-show sur une radio US, met les pieds dans le marais.
D'après lui, les enquêtes du FBI et autres manoeuvres à l'encontre de Trump sont clairement des avertissements pour le faire rentrer dans le rang. A défaut, c'est la destitution qui l'attend.
http://www.breitbart.com/video/2017/03/20/limbaugh-comey-hearing-message-trump-stop-drain-swamp-stuff-face-impeachment/
https://www.rushlimbaugh.com/daily/2017/03/20/the-comey-hearing-donald-trump-takes-continuing-incoming/

UnLorrain 21/03/2017 18:39

Et quand je su ce qu'était de la tchernomium ma consternation se mua en prostration...l Ukraine possède cette terre exceptionnellement nourricière plus que tout autre pays,a tel point nourricière selon Wikipedia qu'il est possible de mettre directement en terre sa graine que l on veut voir pousser..Vraiment,fallut il que cette terre exceptionnelle serve de ring ou d arène plutôt,pour cette confrontation qu'on pourrait appeler choc des rhétoriques entre les deux blocs..et au milieu de cela il n'y a pas une rivière qui coule mais des gens servant de punching ball.

Kevin 22/03/2017 00:08

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchernoziom

Décidement, les commentaires sur ce blog sont aussi interessants que les articles. J'y apprend tous les jours quelque chose. Je savais que l'Ukraine était surnomée le grenier à blé de l'URSS et le midwest le grenier à blé des USA, mais j'ignorais le lien entre les 2: le sol de type "tchernoziom".
Un ukrainien m'a expliqué que le drapeau national représente un champ de blé jaune sous un ciel bleu. Ca m'a rappellé la très belle chanson "fields of gold" de Sting :-)

Madudu 21/03/2017 21:41

Il ne faut rien exagérer, les tchernozems sont fertiles mais sans engrais chimique on en tire pas beaucoup plus qu'ailleurs.

Sans rentrer dans les détails, ce sont des sols de steppe (flore dominée par les graminées vivaces, qui est la végétation spontanée en climat trop sec pour les arbres) profonds, vieux et sans défaut particulier.

En pédologie on a coutume de considérer ces sols comme des anomalies heureuse, et je pense que c'est de là que vient le malentendu :

-En pédologie les vieux sols posent généralement pas mal de problèmes aux micro-organismes et aux plantes. Voir les sols ferralitiques et les podzols, qui sont acides, à complexe adsorbant très réduit, souvent très déficient en Ca, en P et en divers oligos, dont la structure est fragile, etc

-Les sols riches en matière organique, dans la nature (beaucoup moins en culture), le sont généralement parce qu'ils sont très peu propices à la dégradation (trop froid, trop sec, trop acide, trop calcaire, trop humide, ...).

Les tchernozems sont donc doublement des anomalies, car non seulement ils sont vieux mais en plus ils sont riches en matière organique. Alors qu'ils n'ont aucun des défauts habituellement associés aux sols très âgés (qu'ils sont) et aux sols riches en matière organique.

Mais comme partout ailleurs l'Azote est le principal facteur limitant, l'eau vient ensuite. On peut donc en obtenir de belles récoltes mais pas sans rien faire.

Pour autant on y récolte beaucoup moins que dans le Nord de la France, où les sols sont plus communs, quoi que bons, et où le climat est -associé aux fongicides et aux engrais chimiques- exceptionnellement propice aux céréales.

Observatus geopoliticus 21/03/2017 19:25

@ Un Lorrain
Le plus (tristement) drôle est que Monsanto est arrivé dans les bagages US, avec la plus grande complicité de la junte au pouvoir...

geronimo 21/03/2017 17:02

Bonjour,
Merci pour vos articles qui permettent de mieux comprendre la situation actuelle, et que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les médias français. Les gouvernements européens ont l'air totalement dépassés par la situation au moyen-orient, et incapables de prendre de décisions cohérentes avec le changement de cap des états-unis. Ils semblent empêtrés dans leurs contradictions et piégés par le chaos qu'ils ont pourtant créé. La vague migratoire qu'ils ont voulu imposer aux populations et le risque terroriste qui va avec leur revient en pleine figure.

UnLorrain 22/03/2017 18:40

@ Observatus Geopoliticus
Oui j appris ceci sur je ne sais plus quel site,Monsanto qui radine sa science en Ukraine...veulent agrandir leur grenier les kainkains!!?? Ils ont pourtant compris que la récession est comme le développement dit durable...elle dure et il en ressort a mon avis qu'il ne sert a rien d'être au sommet d'une montagne de blé si celui ci n'est pas consommer!( j ose une métaphore,une chanson de Dio « the men of the silver mountain » trouvez la version studio ca debouche les trompes d Eustache ! :-))
@ Madudu merci pour les precisions que vous amenez...Je viens ( ahuri n'est pas péjoratif alors ke me le colle!) de lire un billet sur Agoravox,une Christelle Neant apprend dans son papier que...il y a récemment eut de découvert en Lettonie je sais déjà plus le pays hum hum, un commerce de tchernoziom,terre vendue comme du compost ( est ce si lamentable que celà parait au premier abord m'interroge..)

misha 21/03/2017 19:23

Choc des rhétoriques entre les deux blocs...?

Ou plutôt agression unilatérale?

Observatus geopoliticus 21/03/2017 18:37

@ Geronimo
Merci, cher ami. C'est exactement cela : des vassaux laissés à eux-mêmes, qui n'ont plus l'habitude de prendre des décisions et qui courent comme des poulets sans tête. Richelieu doit se retourner dans sa tombe...

Eric83 21/03/2017 13:40

Je n'ai regardé que quelques minutes le cirque médiatique - pardon, débat - organisé hier soir entre 5 "rivaux" pré-sélectionnés.
Les oreilles d'Erdogan ont dû siffler quand Fillon a dit qu'il interdirait les prêches des salafistes ET des frères musulmans et fermerait les structures les abritant.
On me dit dans l'oreillette qu'Erdogan n'a pas encore traité Fillon de fasciste et/ou de nazi mais que cela ne devrait pas tarder.

Kevin 22/03/2017 10:53

Je suis d'accord avec vous, Yom. Truc interessant à propos de Melenchon: ca m'ettonerait beaucoup qu'il ait changé d'avis sur l'UE entre 2012 et 2017, et pourtant, dans son programme en 2012, il n'était absolument pas question d'envisager une sortie de l'UE. Maintenant, c'est son plan B. Cela signifie simplement que l'electorat de gauche était encore fermement pro-UE en 2012, et un peu moins en 2017, bien qu'encore frileux. je vous parie 10€ que la sortie de l'UE immédiate et définitive sera à son programme en 2022 (sauf si Le Pen est élue dans 2 mois, ca va de soi)...

Yom 22/03/2017 09:47

> comment fera le Jean-Luc s'il veut en même temps rester dans l'UE ?

Justement, je me posais la question, non pas du « comment », mais du « et si ».

Jusque là, l’UE n’est que la façade économico-politique de l’OTAN.

Et si l’un des piliers de l’UE cessait soudainement d’être également membre de l’OTAN ? Et si, tout aussi soudainement, la Russie se trouvait un allié influent au sein même de l’UE ?

Je vois d’ici les mines dépitées : le ver est dans le fruit.

Quelles pourraient être les réactions des néo-conservateurs atlantistes ? Quel degré d’hystérie seraient-elles capables d’atteindre ?

Kevin 22/03/2017 00:29

Haha, je ne regarde jamais TF1 par conviction, mais je me doutais que la baudruche Macron ferait pschiit. Ce mec est une coquille vide et son programme aussi. La sortie de l'UE est le plan B de Melenchon au cas ou Frau Merkel rejetterais son plan A d'UE démocratique. Autant dire que la chancellière va bien rigoler...

Observatus geopoliticus 21/03/2017 18:44

Ce qui nous intéresse ici :
- Mélenchon et Le Pen souhaitent sortir de l'OTAN (mais comment fera le Jean-Luc s'il veut en même temps rester dans l'UE ?)
- Les deux mêmes + Fillon souhaitent un rapprochement avec la Russie.
Coïncidence ou pas, ce sont les trois vainqueurs du débat hé hé (la tentative désespérée de BFM & co de proclamer Micron gagnant du débat était d'un pathétique achevé).

Bozi Lamouche 21/03/2017 14:06

Bonjour Éric
Ce sont surtout les oreilles grassouillettes des émirs qui ont du siffler.
Cdlmt

pch 21/03/2017 12:47

Bonjour, merci pour ces très bons articles. En passant, pourquoi écrire MSN et pas MSM, dans les pays anglo-saxons, on parle de MainStream Media ?

Observatus geopoliticus 21/03/2017 18:39

@ Pch
On dit aussi "MainStream Networks" dont l'idée va un petit peu plus en profondeur que "Medias". Et puis, l'info qu'ils distillent est du niveau de Messenger (MSN) ^^

ZZZ 21/03/2017 11:47

"(...)quel changement tectonique en perspective : l'Organisation de Coopération de Shanghai en Méditerranée",écrivez-vous mais l'O.C.S. est en Méditerranée depuis des lustres puisque la Russie en fait partie -https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_de_Shanghai - et que la Russie dispose de la base navale de Tartous (en cours d'agrandissement et de réaménagement).

Observatus geopoliticus 21/03/2017 18:46

@ ZZZ
Je sais bien, j'ai été l'un des premiers à en parler en France... Dans l'esprit, ma formule certes peut-être un peu maladroite signifiait : l'OCS arrive en force sur la Méditerranée. Bon, je vais corriger pour vous faire plaisir.

Francois 21/03/2017 11:01

Merci beaucoup pour cet article, c'est toujours un regal de vous lire
L'explosion de l'Ukraine semble ineluctable, dans l'hypothèse d'une election post chaos du à l'effondrement, qui seraient les candidats ? Les Timochenko et cie qu'on voit habituellement ? Ou de nouvelles figures ? Les russes ont-ils des chances de placer un candidat qui apaisera les tensions avec l'est et remettra doucement l'ukraine sur la route de maman russie ? Veulent-ils se lancer dans ces sables mouvants ? Les Nazis sont-ils toujours aussi influents ? Les usa ont-ils renoncé à s'impliquer ? Cette poudrière à nos portes, garnie de têtes nucléaires et de centrales me semblent assez inquiétante...

Observatus geopoliticus 21/03/2017 19:00

@ François
Merci, cher ami. En fait, l'intérêt de Moscou n'est pas de faire revenir l'Ukraine dans les jupons de maman Russie mais de l'empêcher d'entrer dans l'OTAN en la paralysant. De ce point de vue, tout ce qui s'y passe actuellement est du pain béni.
Tout ce qui intéressait le Kremlin en Ukraine était Sébastopol. C'est fait et les Russes ne veulent rien de plus...

Yom 21/03/2017 11:22

Nadia Savtchenko ?

Yom 21/03/2017 09:43

Quand même, quel encombrant allié que cet Erdogan.

J’en viens à me poser la question suivante. J’ai été surpris quand les russes ont sauvé la mise à Erdogan en lui permettant d’échapper à un sort funeste qui aurait pu permettre la réussite du putch de l’année dernière (si c’est bien ce qui s’est passé). Mais maintenant, je me demande si les russes n’ont pas empêché un coup d’état gulleniste pour laisser ouverte la possibilité d’un futur coup d’état kémaliste qui, peut être leur conviendrait mieux à plus long terme.

La logique serait la suivante : la politique d’Erdogan consiste, en gros, à foncer à toute vitesse vers un mur en klaxonnant. C’est le terreau le plus fertile pour un renversement à terme, celui-ci devrait finir par arriver d’un côté ou d l’autre de l’échiquier politique turc, si ce n’est pas carrément la Turquie qui explose.

Les gullenistes on déguainé les premiers et, le coup eut-il réussi, leur administration aurait pu faire retomber la pression dans la chaudière prète à exploser (comme le pourrait toute administration un minimum rationnelle et raisonnable). Mais on aurait tout de même encore eu un régime islamo-machin dans la région. Peut-être que c’est cela que les russes ont voulu éviter, en attendant un (très) hypothétique réveil kémaliste/laïque …

Observatus geopoliticus 22/03/2017 14:28

Cher Yom,
intérieurement et socialement, ça ressemble au nassérisme : religion mise de côté, égalité hommes-femmes, relative laïcité... Mais géopolitiquement, pas du tout : alignement sur Washington, sur l'OTAN etc. Ajoutons la violence du kémalisme centralisateur envers les minorités, notamment kurdes.
La Turquie a des spécificités politiques bien à elle...

Yom 22/03/2017 09:40

Merci pour cette piqure de rappel sur le kémalisme (qui n’est donc pas tout à fait l’équivalent turc du nasserisme ?).

Mais ne demeure t’il pas que la « solution Erdogan » risque de ne pas être durable ?

Observatus geopoliticus 21/03/2017 19:10

Attention, chers amis, concernant la Turquie, il ne faut pas confondre les domaines religieux et géostratégiques. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi l'idée d'un gouvernement laïc kémaliste est douce à l'oreille des Européens. Mais géostratégiquement parlant, les kémalistes sont férocement pro-US (pour des raisons historiques : OTAN...), assez anti-russes et très anti-kurdes d'ailleurs. Pareil pour les religieux gülenistes.
Ainsi, du point de vue de Moscou, malgré son erratisme et même son relatif islamisme, Erdogan est un moindre mal. Et, même si cela paraît étonnant, c'est la même chose pour les Kurdes. Lors du putschinho de juillet, les Kurdes se sont immédiatement démarqués des auteurs. Pour eux, un pouvoir kémaliste ou, en l'occurrence, güleniste aurait été presque pire que celui d'Ergodan, ce qui n'est pas peu dire...

Yom 21/03/2017 17:04

@Bozi Lamouche

Non, je ne suis certain de rien. Ce ne sont là que spéculations auto-interrogatives de ma part.

En fait, j’ignore à quel point Poutine peut être impliqué religieusement (et avec quelle sincérité).

- D’un côté, il semble avoir le plein soutient de l’Eglise orthodoxe et on le voit adopter la posture du défenseur des chrétiens d’orient.

- Mais d’un autre côté, il avait déjà su se faire une place correcte dans la hiérarchie du KGB à l’époque du l’URSS. Je me fais peut être des idées, mais dit comme ça, ça sonne plutôt comme un « truc d’athée ».

Mais dans un cas comme dans l’autre, il pourrait voir un avantage à ce qu’il y ait (à nouveau) une puissance régionale laïque. Faute de pouvoir raisonnablement christianniser un pays comme la Turquie, c’est probablement encore le mieux pour les chrétiens d’orient comme pour les autres minorités religieuses (genre les alaouites, suivez mon regard).

Bozi Lamouche 21/03/2017 14:17

Bonjour Yom
Votre analyse suppose que Poutine préférerait un gouvernement laïc . En êtes vous aussi sur ? Poutine gère avec brio son pays et ses différentes composantes religieuses. Il a d'ailleurs inauguré la plus grande mosquée d'Europe il n y a pas si longtemps....
Quant au triste Erdogan il n'a plus vraiment le choix sûr beaucoup de choses...

Francois 21/03/2017 11:04

C'est vrai que la politique d'Erdogan est folle, mais le putsh a montré qu'il avait bien noyauté les réseaux concurrents et qu'il était prêt à faire un faux putsh pour se débarasser de ses rivaux. Les kémalistes, s'ils existent encore en terme de puissance politique doivent pour le moment se terrer sans bouger un orteil. A moins d'une énorme faute du sultan, je pense que le changement c'est pas maintenant , malheureusement

Fernand Naudin 21/03/2017 08:49

Cher OG
Lecteur attentif et habituellement silencieux, je profite de votre description du "failed state" ukrainien pour faire le lien avec cet article d'un autre auteur Dmitri Orrlov, "La vraie menace nucléaire", lisible en français chez le Saker.
Il décrit rien de moins que le risque d'une quinzaine de Tchernobyl en Ukraine.
Le risque n'est pas certain mais fort fort probable.
Cordialement
Fernand Naudin

Observatus geopoliticus 21/03/2017 19:22

@ Fernand Naudin
Tout à fait, cher Fernand. Ajoutons que Kiev, disons certains mouvements, jouent régulièrement un peu de ça. Si mes souvenirs sont bons, en 2015, par pure idéologie, la junte a refusé d'acheter de l'uranium russe pour se tourner vers Westinghouse. Or la qualité de l'uranium était différente et représentait un réel danger.

Francois 21/03/2017 11:07

Guerre civile, milices nazies surarmées, centrales nucléaires, corruption, oligarques, tout y est pour un scénario apocalyptique. Heureusement que les russes surveillent la zone, et sont, je pense prêts à intervenir