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Chroniques du Grand jeu

Bibifoc, sultan insulté et autres nouvelles

10 Mars 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie

Coïncidence (ou pas) du calendrier, deux importants voisins de la Syrie sont à Moscou pour rendre visite au boss du conflit. Commençons par Netanyahou, arrivé hier. Bibi l'a mauvaise en ce moment, voyant l'Iran reprendre plus que jamais pied en Syrie et l'arc chiite se reconstituer. Ses déclarations délicieusement biaisées en témoignent :

Ces dernière années, nous avons vu de grands progrès dans la lutte contre l'islamisme sunnite radical porté par l'Etat Islamique et Al Qaeda.

Jusqu'ici, tout va bien...

Mais il y a la menace de l'islamisme chiite radical, pas seulement pour notre région mais pour le monde entier.

Pardon ? On ne sache pas que le Hezbollah ou l'Iran aient mis le monde à feu et à sang, faisant sauter des bombes ou égorgeant de Paris à Dhaka, de San Bernardino à Kaboul... Pauvre Bibi, tout tourneboulé par l'évolution du conflit syrien. Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, il a été pris d'une inspiration historico-eschatologique à laquelle Poutine a mis fin en le remettant gentiment à sa place :

Vladimir Poutine a invité jeudi Benjamin Netanyahu à tourner la page quand le Premier ministre israélien a évoqué la volonté ancestrale des Perses et de leurs "héritiers" iraniens de "détruire le peuple juif", le président russe estimant qu'il s'agissait là d'histoire ancienne.

Reçu au Kremlin, le Premier ministre israélien a violemment critiqué l'Iran, allié de la Russie au Proche-Orient. "Il y a 2.500 ans, il y a eu une tentative en Perse de détruire le peuple juif. Cette tentative a échoué et c'est ce que nous célébrons à travers la fête" de Pourim qui aura lieu dimanche et lundi en Israël, a déclaré M. Netanyahu au chef de l'Etat russe. La fête de Pourim célèbre, selon la tradition juive, la victoire des juifs contre un vizir de l'empire perse, Haman, au Ve siècle avant J-C.

"Voilà qu'aujourd'hui l'Iran, héritier de la Perse, poursuit cette tentative de détruire l'Etat juif. Ils le disent de la façon la plus claire, ils l'écrivent sur leurs missiles balistiques", a-t-il affirmé.

"Oui, enfin, c'était au Ve siècle avant notre ère", a répondu, ironique, le président russe. "Aujourd'hui, nous vivons dans un monde différent. Alors parlons-en", a-t-il ajouté.

L'Iran est considéré comme l'ennemi numéro Un par l'Etat hébreu (...) Benjamin Netanyahu dénonce régulièrement le soutien militaire de l'Iran au régime de Bachar el-Assad dans son conflit face à la rébellion syrienne. Dimanche, Netanyahu avait déclaré qu'il allait tenter de convaincre Vladimir Poutine d'empêcher une présence militaire iranienne permanente en Syrie.

Plus encore que Bibi la terreur, le sultan est consterné par l'évolution récente du conflit. Ses rêves néo-ottomans de percée vers le centre de la Syrie et de recomposition du pays sont morts et enterrés. Qui plus est, ses manigances dans le nord syrien ont eu l'incroyable résultat de rapprocher Russes et Américains sur le terrain, même si la nouvelle direction prise par Trump y est aussi pour beaucoup. Nous étions les premiers à en parler (nous en avions même esquissé la possibilité dès novembre), l'info commence maintenant à être reprise par certains observateurs.

La rencontre militaire tripartite turco-américano-russe d'il y a quelques jours, à la demande de la partie turque affolée des intentions de Moscou et Washington, n'a semble-t-il rien donné. L'accord entre Kurdes (donc les Américains derrière) et Syriens (donc les Russes) pour Manbij commence à se mettre en place. Des forces spéciales russes accompagnent les militaires syriens pour bien montrer à Erdogan que la partie est finie. Aiguille dans le coeur ottoman, Syriens, Kurdes et Russes se retrouvent dans la bonne humeur, entamant des danses endiablées pendant que les Turcs et leurs affidés rongent le canon de leur fusil à quelques kilomètres :

Ne manquaient que les Américains... C'en est trop pour le sultan, en plein casse-tête. Des combats ont lieu en certains points, les sbires turquisés bombardant les nouveaux arrivants, se prenant une volée de bois vert par les YPG en retour. Certains rapports non confirmés font état de la mort de 8 soldats syriens. Si c'est le cas, il va vite falloir qu'Ankara mette le holà sous peine de provoquer la colère du Kremlin.

Ca tombe bien, Erdogan vient d'arriver à Moscou. Des premiers éléments qui ressortent, le sultan est tout miel avec le tsar : la coopération militaire avec la Russie est fondamentale... les entreprises russes ne devraient pas être sanctionnées par l'Occident... notre coopération énergétique est indépassable... des discussions de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie devraient avoir lieu sous médiation russe...

S'il espère, en contrepartie, en retirer un feu vert pour marcher sur Manbij et/ou Raqqa, il en sera pour ses frais. La route est complètement bouchée et la présence de soldats russes et américains est un message clair visant à refroidir ses ardeurs. Comment dit-on game over en turc ?

Un peu plus au sud, l'armée syrienne continue son inexorable avance contre Daech, profitant de l'épuisement des petits hommes en noir après des mois de rudes combats à Al Bab contre des Turcs tout aussi épuisés. Faire faire le sale boulot par un tiers pour venir tirer les marrons du feu à la fin de la pièce, ça aussi c'était prévu...

Il y a trois jours, les troupes loyalistes ont atteint le lac Assad pour la première fois depuis... 2012 ! Hier, c'est la base aérienne de Jirah qui est tombée, le tout sous le déluge de l'aviation syro-russe. Le territoire repris sans coup férir en dix jours (rectangle rouge) est considérable, au prix de pertes minimes :

Si l'on dézoome, on voit trois saillants prêts à se lancer au coeur du fief califal pour faire la jonction avec les Kurdes venant du nord et éventuellement les milices chiites irakiennes en provenance de l'est où le territoire de Daech se réduit comme peau de chagrin. La grande bataille contre l'EI est-elle sur le point d'être lancée ? A moins que...

Reste l'Idlibistan qui, sans surprise, s'enfonce dans le chaos inter-"modérés". Un jour après un éphémère accord passé entre Ahrar al-Cham et Tahrir al-Cham, la nouvelle fédération d'Al Qaeda, de violents combats ont déjà lieu. Damas et Moscou attendront-ils que le fruit soit pourri pour le cueillir ? Peut-être pas si l'on en juge par la nouvelle de l'envoi de combattants qaédistes près d'Alep en prévision d'une offensive des loyalistes.

L'armée syrienne est trop affaiblie par six années de guerre pour pouvoir mener de front et pleinement ces deux campagnes. Est ou ouest, désert ou Syrie utile ? Les prochains jours nous le diront...

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jef 24/03/2017 00:27

Un point que la presse MSN ne relève pas concerne l'excellente maitrise que les Russes ont de la communication militaro-diplomatique: d'un côté, des annonces franches et jamais contredites, d'autres part des actions discrètes et toujours soutenues.
L'exemple des bases russes en Syrie est exemplaire sur cette question:
La Russie déclare qu'elle n'entend pas déployer de nouvelles bases militaires en Syrie. On l'en accuse régulièrement. Jusqu'à présent à tort.
Mais discrètement (non pas secrètement) ses bases se renforcent et...
changent de statut!

J'ai encore en mémoire un papier du Saker soulignant à quel point la proximité des deux bases russes de la frontière turque fragilisait les possibilités russes d'intervention....

Vous prenez Chris l'exemple de des Kurdes. Je crois que vous en verrez l'analogie!

Observatus geopoliticus 03/04/2017 23:19

MainStream Network. Synonyme : mafia médiatique, presstituée, journaloperie...

Mundus 03/04/2017 20:01

Bonjour qu'est-ce que vous entendez par la presse MSN. J'ai souvent lu ceci sur ce site sans jamais comprendre ce que ça voulait dire. Merci!!!

Chris 20/03/2017 16:29

20 mars 2017 – Moscou va entrainer les forces kurdes YPG
http://www.romandie.com/news/Syrie-Moscou-va-entrainer-les-forces-kurdes/781649.rom
Voilà qui bat en brèche les vues sultano-occidendales...

Observatus geopoliticus 20/03/2017 17:07

@ Chris
Attendez, cher Chris, laissez un peu de suspense, j'en parle dans le billet qui sort dans quelques heures... Grrrrrr... ^^

Observatus geopoliticus 18/03/2017 13:02

@ Hamilcar & Jef
Je m'immisce subrepticement dans votre passionnante et épineuse discussion. Epineuse car elle dépasse la simple histoire et fait appel à des notions auxquelles on ne peut répondre avec certitude. Malgré d'évidentes transformations, les peuples restent-ils finalement les mêmes au fil des siècles ? Ont-ils une espèce d'ADN d'amitiés et d'inimitiés qui se transmet de génération en génération ? Vous le voyez, ces questions "philosophico-scientifiques" sont insolubles ; or, elles sont au coeur de votre désaccord, chers Hamilcar (quelle synthèse, chapeau !) et Jef.
Je me permettrais ici quelques remarques historiennes :
- le mazdéisme est né bien avant 1000 av JC ! On considère que la réforme de Zoroastre est intervenue entre 1200 et 800 av JC, portant donc sur une religion bien plus ancienne. Le mazdéisme est, de fait, la plus vieille religion du monde encore en activité : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_mazdeisme_la_religion_des_mages.asp
- La tolérance perse, bien réelle, de Cyrus vient surtout du fait que c'était la seule manière de conquérir et maintenir l'empire. Alexandre l'a d'ailleurs très bien compris, qui a imité en tout point le Grand roi sur ce point. Cette tolérance est-elle un trait inné au peuple perse ? Un peuple a-t-il des traits innés ? Encore une de ces questions insolubles...
- Je n'étais pas du tout au courant des réseaux parthes parmi les communautés juives, cher Hamilcar. Par curiosité, chez quelles sources retrouve-t-on cette idée ?
- Vous avez tout à fait raison de dire que de tous les souverains antiques, les Grands rois perses étaient ceux qui avaient été les plus favorables aux Hébreux. De ce point de vue, Bibi la terreur est d'une mauvaise foi certaine en cherchant à réécrire l'histoire.
- la Torah EST la Bible. Du moins, c'est l'Ancien Testament - quelques livres + quelques textes extérieurs.
Bien à vous deux.

jef 18/03/2017 01:55

@Hamilcar Barca

Tout d'abord, le plaisir de partager le retard d'un blog....!
Mais attaquons bille en tête certaines questions: vous parlez d'abord des anciens Perses et des Hébreux... Quel rapport avec les Iraniens et les Israéliens actuels? Pour ce qui concerne juste les Israéliens, il ne s'agit tout simplement pas du même peuple et de la même religion que ceux des Hébreux .
L'histoire aussi est un miroir déformant quand on l'invoque avec trop d'enthousiasme ou de conviction... Ne le prenez pas mal.
Je crois que nous partageons un même défaut: celui d'être agacé par l'ignorance. ce qui nous rend malheureusement hâtif!
Bien à vous

jef 21/03/2017 01:33

@ Hamilcar Barca.

Le passage de l'oral à l'écrit est décisif en matière de croyances... ainsi que le choix des écrits à respecter . Puis leur lecture entre interprétation traditionnelle et politique qui, d'ailleurs, fixe quels manuscrits recopier (Canon)...
Ce que l'on appelle histoire d'une religion est une reconstitution. Passionnante. Mais
très conjecturée. Ce qui me donne une règle d'interprétation: ce que nous appelons religion juive s'est fixée à une période où les tenants de cette religion se sont retrouvés de toute part attaqués: de l'intérieur comme de l'extérieur. L'interprétation traditionnelle ne pouvant pas être révoquée, les attaques (en particulier des Grecs, puis des Romains , puis des Premiers Chrétiens au nom de la rationalité ou de l'universalisme) fit de celle-ci - (non pas de la première "religion monothéiste" mais de la) première religion révélée - une religion de la Loi. Ce qui n'est pas une bonne nouvelle.
Pour résumer, le (notre) judaïsme (actuel) s'est fixé au premier siècle entre Christ et destruction de Jérusalem.
Une autre continuité est celle des peuples. Elle est plutôt rare... Trop de guerres, d’invasions, d'exterminations, de famines et autres pestes. Comment un peuple disséminé aurait-il pu 1) garder son homogénité?2) ne pas se construire son identité?
Donc zut à ceux qui considèrent que le judaïsme n'est pas moderne!

Hamilcar Barca 18/03/2017 08:20

@Jef

Cher Jef
Rassurez-vous, je ne prends jamais mal un "contre" quand il est émis dans les conditions qui prévalent sur ce blog.
Et puis on a le même surnom "in the real life" :-)

Vous m'intriguez: vous excipez de la différence entre le judaïsme des Israéliens actuels et celui des Hébreux de l'Histoire. Je veux bien croire que cette religion a évolué, comme les avatars du zoroastrisme actuel (la religion parsi) par rapport à ce que l'on découvre dans ce qui reste de l'Avesta.
Mais la Torah actuelle diffère-t-elle si profondément de ce que la Bible rapporte dans l'Ancien Testament ?

Je n'ai jamais eu la Torah entre les mains. Mais au cours de mes études secondaires, j'ai du travailler de longues semaines (j'avais été puni pour une grosse bêtise) sur un exemplaire de l'Ancien Testament qui présentait sur 4 colonnes le texte initial en hébreu, puis la traduction grecque, puis la latine et enfin la française.
Je ne connais pas l'hébreu, mais les "sauts" traductionnels entre la v. grecque et la v. latine étaient saisissants, et je vous laisse imaginer les différences entre la v. grecque et la v. française.

Voilà. Si vous pouvez éclairer ma lanterne, j'apprécierai.

Bien amicalement

Hamilcar Barca 14/03/2017 19:11

@Tous
Bonjour,
Je suis en retard d'un blog, la faute à OG qui commente plus vite que je ne réfléchis.
Les relations entre les Perses et les Juifs, et parfois le royaume ou l'Etat d'Israël, couvrent près de 2500 ans.
Globalement, elles ont été amicales et ont perduré à travers les siècles, en raison du contexte politico-religieux de l'Empire Perse, puis de celui de leurs successeurs, les royaumes parthes. A ce stade, il est obligatoire, pour la compréhension historique de ce phénomène, de parler brièvement du zoroastrisme.
Cette religion est née vers 1000 AvJC, et elle est donc contemporaine de l'émergence du judaïsme. Le zoroastrisme n'a rien à voir avec son avatar nietzschéen et straussien ("Also sprach Zarathustra"). Cette religion non pas monothéiste mais di-théiste (le combat éternel du Bien et du Mal) a tiré les élites perses vers le haut: l'Homme est libre et doit choisir son camp, et se battre dans ce camp. Et on fera les comptes à la fin des temps.
Hérodote avait dit des élites perses: "Ce peuple qui ne ment jamais". Venant d'un Grec antique, c'est l'hommage du vice à la vertu. Autre aspect de la morale zoroastrienne, en un temps où Assyro-Babyloniens massacraient et réduisaient en esclavage tout ce qui se trouvait sur leur route: la tolérance vis à vis des peuples conquis.
A partir des premiers Achéménides et de la fin de la déportation des Juifs à Babylone, il y a eu ensuite quelques hoquets. Cambyse 1er était fou, et Xerxès 1er plus près des Assyriens que de ses racines perses. Les Juifs, comme les autres peuples de l'Empire, en ont souffert.
Mais ils ont pu mesurer les différences entre leurs suzerains lorsque Alexandre ("Iskander le maudit Grec") a d'abord détruit l'Empire Perse puis, ayant eu l'idée de mourir d'éthylo-paludisme, laissé l'Empire à ses généraux.
Les Juifs sous les dynasties hellénistiques ont été écrasés dans leurs aspirations politiques et aussi religieuses (relisez l'histoire des Maccabées sous les Séleucides), situation qui a perduré sous les Ptolémées (autres hellénistiques) et qui ne s'est pas vraiment arrangée avec l'arrivée des Romains. Voir la destruction du Temple par Titus, et ce qui l'a précédé.
Pendant ces siècles suivant la chute de l'Empire Perse, les Juifs et quelques autres peuples comme les Arméniens de l'époque ont continué à faire le lien entre l'Orient et la Méditerranée Orientale, voire Occidentale. Et la diaspora imposée par les Romains a accentué ce phénomène. Dans le monde antique, il y avait d'importantes colonies juives de Ctésiphon, une des capitales parthes, jusqu'à Cadix.
Et les Juikfs trouvaient que dans tous ces suzerains, les Perses avaient été probablement les meilleurs. Sentiment entretenant les liens entre les Parthes indo-européens et les Juifs sémites ... mais bien différenciés par leur histoire et leur religion des autres Sémites de la région.
Ces liens occultes mais réels étaient si forts que lorsque le prédécesseur de GW Bush, l'empereur Trajan, s'est mis en tête d'affronter - une fois de plus - les Parthes, notamment à propos de l'Arménie, et a promené ses légions vers 117 jusqu'à l'actuelle Bassorah, il a du faire demi-tour. Car les Parthes avaient activé leurs réseaux juifs, lesquels avaient déclenché des émeutes et rébellions dans tout l'Empire.
La conquête islamique de la Perse n'a pas changé grand' chose à la tolérance des rois de ce pays vis à vis des minorités, qui au cours des siècles ont toujours trouvé refuge - notamment les Arméniens fuyant les persécutions turques - auprès des clans seigneuriaux de ces contrées. Les tapis Bakhtiar arméniens noués au point turc au lieu du point jufti traditionnel perse, en sont encore un exemple actuel.

Arrivant à l'époque actuelle, les relations suivies entre la dynastie des Pahlevi et l'état d'Israël étaient dans le droit fil de cette amitié millénaire. Le Shah et l'état d'Israêl avaient un ennemi commun - et historique - les pays arabes voisins.
Les libtars des années 70, Carter aux USA et l'accordéoniste en France, ont eu la peau du Shah, mettant à la place un régime islamiste chiite certes, mais intégriste de la plus belle eau.
Cela ne vous rappelle rien?
Ce qui n'a pas empêché Israël, durant la guerre Iran-Irak, de renseigner abondamment la république islamiste, contre l'ennemi arabe.
Mais, pour d'autres raisons, Israël a vu aussi des extrémistes prendre les manettes, après avoir éliminé Begin.
D'où l'opposition féroce actuelle. Cependant:
- comme disait Lénine, il est difficile de contrer les "pesanteurs historiques"
- l'Orient a connu des situations bien plus compliquées
- les concetés accumulées dans la région par l'empire et ses affidiés idéologiques, magistralement contrées par la Russie et l'Iran, ne peuvent que faire douter Israël
- et comme me disait une collègue iranienne: "Ca dure depuis des siècles ... Israël sera toujours l'ami du Grand Roi!"

Bien à vous

jef 14/03/2017 00:59

@ UnLorrain

Comme vous, dans des tranchées de 14-18, j'ai mesuré mes épaules d'homme fait à leur hauteur et songé à ces poilus qui, courbés, les parcourraient en courant. Pour sauver leur vie, leurs camarades, leur patrie.
Peu de mots historiques sont...historiques! Celui de Péricard l'est. Et quel mot pour commander ses hommes!!!

Eric83 12/03/2017 17:00

Après la Suisse - hors-UE - l'Autriche, l'Allemagne, les Pays-Bas, c'est au tour du Danemark d'annuler la visite, le 20 mars, d'un membre du gouvernement Turc, en l'occurrence celle...du 1er Ministre.
Là, c'est quand même du lourd, le torchon brûle nettement entre la Turquie et l'UE.
Flamby va se prendre une remontée de bretelle...
En parlant de Flamby, je ne résiste pas à vous faire partager le "commentaire" - humiliation conviendrait mieux - de la 1ère Ministre Polonaise à son égard :
"Je suis supposée prendre au sérieux le chantage d'un président dont le taux de popularité est à 4% et qui ne sera bientôt plus président ?".
Un grand Merci pour ce moment.

Observatus geopoliticus 12/03/2017 20:20

Mon cher Eric, j'en parle justement dans le nouveau billet !

Euclide 12/03/2017 03:22

Digression à propos de la visite du ministre des Affaires étrangères turque aux Pays- Bas.
selon le site " Zone militaire- Opex360.com"
Depuis la fin de la Guerre Froide ( soit 27 ans environ ) les Pays Bas ont gravement négligé leurs forces armées. Ils en sont à fusionnés certaines divisions blindées avec l'Allemagne.

Comme le dit un contributeur" de Bob62" .
Ce qui est terrible, c'est que malgré les voyants passant tous à l'orange concernant les dangers en constante évolution , beaucoup de pays d'Europe, ne semblent pas s'en rendre compte.
Malheureusement, ce n'est pas en mettant la tete dans le sable qu'on évitera le danger etc...

Alaric 12/03/2017 06:09

Je ne comprends pas trop cette récente alerte à la hausse des budgets militaires . Les Pays Bas sont un petit pays qui n'a pas de raison de se battre avec ses voisins directs et qui se ferait de toute façon laminer par ceux ci en cas de guerre .

Quant aux interventions extérieures il faut laisser ça aux pays de l'envergure de la Russie ou des Etats Unis. Les techniques de guerre actuelles dans les régions les plus agitées dévasteraient n importe quelle armée conventionnelle (voir Al Bab, Yémen , bourbier Afghan et Irakien pour les US ) .

Si vous voulez vraiment investir dans l'armée aux Pays Bas , ce n'est pas dans les divisions blindées , c'est plutôt dans le enseignement , la guerre informatique et les moyens policiers . On arrête pas un attentat suicide ou un piratage avec un char d'assaut

theuric 11/03/2017 20:52

Il est possible qu'une partie de ces sombres petits-bonshommes en viennent à pratiquer un dernier baroud, à se la jouer kamikaze.
Ce type de doctrine générant ce genre d'action suicidaire.

Observatus geopoliticus 11/03/2017 21:11

C'est même fort probable. Le mouvement terroriste, devenu Etat, revient à ses premières amours...

Eric83 11/03/2017 17:26

Il y a quelques jours, je postais un commentaire en demandant quand les dirigeants des pays de l'UE allait cesser de ramper devant Erdogan ?
Eh bien ces ont les dirigeants des Pays-Bas avec une mesure forte et il me semble fort rare. http://www.romandie.com/news/Ministre-turc-prive-de-visite-aux-PaysBas-Erdogan-menace-de-risposter_ROM/779466.rom

Ady85 11/03/2017 21:47

Il faut aussi voir la situation dans laquelle se trouve le 1er ministre Hollandais, qui a peur de perdre la législative de mercredi face à Wilders. Voilà pourquoi ce soudain accès de virilité face à Erdogan

Observatus geopoliticus 11/03/2017 21:13

Il n'empêche, cher Eric, que la rupture entre les euronouilles et le sultan semble consommée. Les dernières déclarations incendiaires en provenance d'Ankara semblent n'être pas passées, même pour les gobe-mouches de Bruxelles...

Eric83 11/03/2017 18:44

Désolé, je me suis enthousiasmé un peu vite.
Comme le MAE turc s'est fait refouler des Pays-Bas, il va venir...en France.
On dit merci qui, merci Flamby ! Tout simplement scandaleux.
Cependant, en regardant le bon côté, c'est que cela va encore plus diviser les pays de l'UE et accélérer le début de la fin...peut-être dès ce mois-ci avec les élections aux Pays-Bas ?
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/11/97001-20170311FILWWW00107-le-ministre-turc-refoule-aux-pays-bas-sera-a-metz-dimanche.php?pagination=2#nbcomments

Furax 11/03/2017 08:31

Et surtout, les perses n'ont jamais, absolument jamais, cherché à détruire le peuple juif. Et surtout pas il y a 2500 ans.

C'étaient les assyriens et les babyloniens (Syrie et Irak actuels) qui ont détruit les royaumes d'Israël et de Juda.

Au contraire, le 1er grand roi perse, Cyrus le grand, quasi-vénéré dans la Bible, a libéré le peuple juif de la captivité de Babylone et à restauré des institutions juives en Judée.

Observatus geopoliticus 11/03/2017 21:10

Tout à fait, Cyrus est vu comme un libérateur, ayant mis fin à l'empire babylonien. Bibi la terreur parlait d'un de ses successeurs (Xerxès, selon la Bible) qui aurait supposément pris des mesures contre les Juifs mais, comme le dit Alaric, l'historicité des "faits" rapportés par l'Ancien Testament est plus que douteuse...

Furax 11/03/2017 20:33

Alaric, c'est recoupé par des sources antiques multiples (grecques et perses), pas seulement par la Bible.

Alaric 11/03/2017 12:35

Je ne suis pas sûr de ce que j'affirme mais il me semble que ce qui est écrit dans la Bible/Torah/Coran est considéré comme d'une historicité douteuse

Madudu 10/03/2017 22:51

Si l'armée syrienne prépare vraiment une offensive sur l'Idlibistan, il faut croire que le terrain pris sur Daesh ne l'est qu'à la faveur d'un repli de ce dernier.

Sans doute les loyalistes vont-ils se contenter d'aménager de nouvelles positions plus avant coté Daesh, jusqu'à ce que Mossoul soit libérée par les irakiens. En attendant tout ce qui peut être pris sur l'Idlibistan est bon à prendre.

Deir Ezzor par contre devrait être un objectif crucial pour les loyalistes, s'ils veulent pouvoir gérer une vague venue de Mossoul libérée. Daesh va probablement s'y accrocher, ce n'est pas dit que les loyalistes puissent tout faire en même temps.

Il est possible aussi que les "modérés" et Daesh soient plus affaiblis qu'on ne le croit, les premiers par la division et l'anarchie, les seconds par suite d'une résistance acharnée et d'échecs répétés. D'autant plus qu'ils n'ont probablement plus les mêmes facilitées pour écouler leurs produits et pour se fournir que sous Obama.

Ce qui est clair néanmoins, c'est que l'histoire s'accélère partout et, pour le moment, toujours dans le même sens : la Russie s'impose, l'UE explose, les US se métamorphosent, ... ^^

(et, permettez que je le fasse remarquer, Asselineau est bel et bien dans la course !)

L'histoire semble prendre à revers les faiseurs de malheur, pour une fois :)

Madudu 12/03/2017 10:55

Bah ! Nous verrons bien, à l'allure où vont les choses nous sauront dans peu de temps ce qu'il en est ^^

On pourrait presque commencer à envisager la suite : après la réunification de la Syrie, sur quoi peut déboucher la nouvelle donne régionale ? Quels sont les objectifs stratégiques du croissant chiite à moyen-long terme ?

Kevin 12/03/2017 10:31

@OG:
Ha, j'ignorais ce détail qui a son importance. Ca veut dire que les US sont definitivement du coté d'Assad, meme contre les modérés d'Al quaeda... D'ou l'étrange silence des medias francais sur le conflit syrien, et l'excitation d'Erdogan, qui brasse encore plus d'air que d'habitude :)

Observatus geopoliticus 11/03/2017 23:22

@ Kevin
A noter que les Etats-Unis n'ont pas perdu de temps pour déclarer Tahrir al-Cham, la nouvelle fédération d'Al Qaeda, comme organisation terroriste. Or c'est ce groupe qui tient l'Idlibistan (avec Ahrar al-Cham).
@ Madudu
A Mossoul, les choses vont étonnamment rapidement pour l'armée irakienne. Il semble que Daech soit au bord de l'épuisement et que le moral en ait pris un coup. Bien sûr, la libération n'est pas pour tout de suite mais ça avance...

Kevin 11/03/2017 23:15

Autant d'un point de vue tactique, ca peut etre tentant pour Bachar d'achever une bonne fois pour toute Daesh qui a l'air plutot mal en point...
...autant d'un point de vue stratégique, mieux vaut en finir avec les "moderés" d'Idlib, car tant que la menace Daesh sera là, Bachar sait qu'il aura le soutien occidentaux. Daesh refusera toujours de dialoguer quoi qu'il arrive, alors que les islamistes d'Idlib peuvent au moins faire semblant de vouloir négocier, et donner le role d'agresseur à l'armée syrienne. Bachar ayant maintenant le support des kurdes (qui font le gros du boulot face à Daesh), de l'Iran, de la Russie et des US, il peut à nouveau esperer ecraser les islamistes et reprendre le controle quasi total de la Syrie, a l'exception du Kurdistan...

Madudu 11/03/2017 22:54

Ou alors il n'y a pas urgence à reprendre Deir Ezzor. Ça se passe comment à Mossoul, ça pourrait durer encore plusieurs mois ?

Observatus geopoliticus 11/03/2017 21:15

Aux dernières nouvelles, l'armée syrienne aurait massé entre 20 000 et 30 000 hommes pour se diriger vers Idlib. Info ou intox ?

Madudu 11/03/2017 01:19

Ce qui est sûr c'est que les loyalistes, qui sont sous la coupe de la stratégie russe, ne comptent pas sur la disparition spontanée de leurs adversaires ^^

La perte de Palmyre n'a pas eu d'impact important sur le déroulement de la guerre, il me semble. Il s'agissait plus probablement d'un support pour le coup de contre-communication qui a eu lieu lors de la libération d'Alep.

jef 10/03/2017 23:53

Au fond, la question est de savoir s'il faut assurer une conquête partielle ou parier sur un effondrement total de l'adversaire, attaqué tout azimut. Dans les faits, la reprise d'Alep s'est payée par la perte de Palmyre ( en laissant de côté, la responsabilité US ou les insuffisances russo-syriennes dans l'affaire). Sans doute, était-ce alors le risque à courir... Mais qu'en est-il aujourd'hui dans une situation en apparence analogue?
J'avoue espérer le plus tôt possible une défaite des ennemis de la Syrie. C'est pour cela que je crains que notre cher OG ait raison.

jef 10/03/2017 21:24

"L'armée syrienne est trop affaiblie par six années de guerre pour pouvoir mener de front et pleinement ces deux campagnes."

@ OG

Peut-être me jugerez-vous naïf mais mon sentiment est que nous nous approchons d'un moment de bascule. Oui, vous avez sans doute raison: l'armée syrienne est épuisée par ce conflit. Pourtant, ne serait-ce que moralement, ne peut-on espérer dans l’effondrement - dans une sorte de jeu de domino
- de ses principaux adversaires?
J'ai encore en oreille le magnifique témoignage de Michel Péricard à l'époque où il animait l'émission "La France défigurée" concernant son père: Jacques Péricard. Il soulignait l'admiration que le soldat allemand avait rendu à l'occasion au soldat français. Je n'en ai pas d'extrait mais dans la revue Hérodote (en ligne), j'ai trouvé ceci:

"Début avril 1915, sur ordre du généralissime Joseph Joffre, les troupes françaises tentent de reprendre aux Allemands le saillant de Saint-Mihiel, sur la Meuse. Dans le secteur du Bois Brûlé, le 95e régiment d'infanterie, chargé d'une manoeuvre de diversion, réussit à s'emparer d'une tranchée. Pendant qu'on la réaménage, les troupes d'assaut se retirent dans un boyau voisin pour prendre du repos.

Parmi elles figure la compagnie de l'adjudant Jacques Péricard (39 ans). Le matin du 8 avril, quand survient une violente contre-attaque allemande, la compagnie encaisse le choc. Pratiquement encerclée, elle est galvanisée par l'exhortation fameuse de son adjudant : « Debout les morts ! ».

UnLorrain 13/03/2017 15:35

@ Jef
Vous parlez de la ou j'habite..Je suis allé marcher en ce lieu il y a quelques mois maintenant,Bois Brûlé,Croix des Redoutes,il s'y trouve une partie de tranchée resté en état,très étroite,sa hauteur arrive a vos épaules. J ose,une hypothèse,la Meuse il y y eut de nombreux Saillants en fait,positions surélevée,elles étaient a acquérir ou tenir,a tous prix,le soldat occupant ces crêtes voyait venir l ennemi,risquant moins d'être attaqué par surprise,ces Saillants,crêtes( la Calonne n'est elle pas un Saillant jouxtant Verdun et longue de 20 kms au moins..) furent le lieu d intenses combats,de sacrifices.

Ca pourrait intéressé plus d'un chez notre honorable OG,concernant la Perse il y a fort longtemps...un ouvrage ou j'ai «calé» car d'un niveau trop élevé pour un humble routier comme moi ( levirat,manducation etcetc ) sorti de chez Elisé Reclus,téléchargez sur gallica l'Homme et la Terre,comment des civilisations naissent et meurent,quand la première pièce de monnaie apparaît,Reclus cite de nombreux savants,souvent des noms a consonance allemande.Je crois me souvenir que dans son ouvrage Reclus,attentif a chaques détails,précise que l'on devrait utiliser le terme de persan plutôt que perse,il explique pourquoi.

Observatus geopoliticus 11/03/2017 21:17

Très beau témoignage, cher Jef.
Effectivement, le moral a partiellement déserté les barbus, qu'ils soient daéchiques, qaédistes ou ahrar al-chamistes. Mais un djihadiste se bat avec acharnement, surtout s'il sait qu'il n'a pas de porte de sortie et qu'il va mourir...

theuric 10/03/2017 19:09

Tiens, je les avais dit verts, ils sont noirs les petits bonhommes.
Hier je suis allé faire quelques courses et ai croisé un couple dont la femme était vêtue de pied en cap.
Et là mon intuition m'a susurré: "L'intégrisme sunnite prend fin".
Je ne sais pas ce qui fait que j'ai pu avoir cette intuition mais quand elle survient ainsi sans prévenir, je peux lui faire entièrement confiance.

Chris 11/03/2017 00:50

A propos d'intuition, vous avez raison. Faites lui confiance.