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Chroniques du Grand jeu

Girouette, APEC et cacahuètes

21 Novembre 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Etats-Unis, #Russie, #Extrême-Orient, #Chine

Le grand jeu des girouettes continue suite à l'élection du Donald ; on a comme l'impression que certaines digues ont cédé. Après Barack à frites et fraü Grösse Bertha, c'est au tour du guignol en chef d'OTAN en emporte le vent. Dans un discours remarqué vendredi dernier à Bruxelles, le secrétaire général Jens Stoltenberg a déclaré sans rire :

Je crois au dialogue politique avec la Russie car c'est notre plus grand voisin. La Russie est là pour rester [sans blague...] Il est impossible que nous isolions la Russie, nous devons gérer notre relation avec elle. Il est important de garder une opportunité de dialogue politique, spécialement en période de tension.

Faut-il ressortir les déclarations incendiaires de ce triste sire il y a quelques mois ? Cela n'empêche en tout cas pas l'organisation atlantique de mener de grands exercices en Lituanie. Ils avaient été décidés au paroxysme de la tension entre l'empire et Moscou. Pas sûr que l'année prochaine, on en voit de semblables... Tout dépendra cependant de qui composera l'administration du Donald.

Au Pérou, à Lima, se tient le sommet de l'APEC (Asie-Pacifique) qui regroupe en réalité la presque totalité des principaux acteurs mondiaux. En marge du sommet, le président de la "Russie isolée" y rencontre bilatéralement les dirigeants chinois, japonais, philippin, vietnamien et péruvien. L'ours et le dragon ont évidemment discuté le bout de gras et une nouvelle visite de Poutine est prévue en Chine pour l'année prochaine.

Duterte y a enfin rencontré "son héros" Poutine et envoyé une nouvelle salve en direction des Etats-Unis et de "l'hypocrisie occidentale". Cependant, l'élection de Trump, qui a réjoui l'exalté président philippin, évitera peut-être finalement que Manille sorte définitivement du giron américain, ce qui, on s'en souvient, aurait eu de très importantes répercussions géostratégiques. Sortie ou pas, plus rien en tout cas ne sera pareil désormais...

Et puisqu'on parle des relations trans-pacifiques, le traité du même nom est pratiquement mort. Ca n'a pas l'air de beaucoup perturber l'Australie, pourtant fidèle alliée de tonton Sam, qui quitte de manière assez peu chevaleresque le Titanic US pour faire allégeance au traité de libre-échange chinois. Les paroles du ministre australien du commerce sont pour le moins piquantes :

L'Australie travaillera pour conclure un nouvel accord entre 16 nations de l'Asie et du Pacifique qui exclura les Etats-Unis.

Ô Brutus, toi aussi, mon fils...

 

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Yann 23/11/2016 18:34

Peur de rien chez Slate :
http://www.slate.fr/story/129227/troisieme-guerre-mondiale-lettonie

Observatus geopoliticus 25/11/2016 11:43

Invraisemblable de bêtise... Mais jusqu'où iront-ils ?

Observatus geopoliticus 24/11/2016 15:32

On se calme, Kevin... Ce qui est ridicule, c'est de faire le parallèle entre la MSN occidentale, dont le seul but est désormais de désinformer, et les médias russes, qui peuvent certes verser parfois eux-mêmes dans la propagande, mais qui sont généralement plus objectifs et honnêtes que leurs confrères d'Occident.

Kevin 24/11/2016 14:18

Bon, Madudu, vous avez gagné: avec certaines sources, il faut rester critique. Avec d'autres, il faut simplement se torcher le c** ;-) ca faisait longtemps que j'avais pas lu quelque chose d'aussi ridicule...

Madudu 23/11/2016 20:51

Jolie !

Les psychologues ont certainement un terme pour désigner ce comportement, lorsqu'on reproche à l'adversaire ce dont on est justement coupable.

D'ailleurs ça va encore plus loin, puisqu'ils s'approprient en plus les mérites de la politique russe ^^

Eszwal 22/11/2016 15:23

Lu aujourd'hui sur Sputnik News :
"Le Congrès américain travaille sur de nouveaux projets de loi dirigés contre la politique russe et pourrait empêcher le président élu Donald Trump d'améliorer les relations entre les deux pays. "
https://fr.sputniknews.com/international/201611211028797911-congres-peut-empecher-trump-ameliorer-relations-avec-russie/

Madudu 24/11/2016 14:07

C'est vrai que les militaires russes sans uniformes sont entrés dans le pays pour martyriser les ukrainiens russophones, et non pas parce qu'il y a eu un coup d'état, des milices paramilitaires, ...

Bref, je trouve que traiter les médias occidentaux et russes de manière rigoureusement symétrique n'a pas beaucoup de sens. Ce n'est pas parce qu'il faut conserver le même esprit critique quelle que soit la source qu'il faut avoir la même opinion de toutes les sources.

Kevin 23/11/2016 22:38

Le monde et libération, c'est vrai que sur le contenu international, leur mauvaise foi est risible. M'enfin, les journaux russes qui soutiennent qu'il n'y a aucun soldat russe en Ukraine, ça me fait marrer aussi (enfin, ma pote qui a de la famille à Donetsk ne rigole pas trop, elle...). Bref, restons critique, tout en évitant de tomber dans la paranoia :)

Madudu 23/11/2016 20:57

Vous exagérez, Kevin.

Certes Sputnik et RT défendent le point de vue de la Russie et il faut rester critique quand à la présentation qu'ils font des événements.

Mais de là à les mettre au même niveau que le monde et libé, je trouve que vous exagérez. Les noms de ces torchons sont devenus des insultes, il convient de les employer à bon escient ^^

Kevin 23/11/2016 11:25

oui, c'est possible (et meme probable), mais sputnik news et RT sont autant de la propagande pro-russe que le monde, libé et le figaro sont de la propagande anti-russe... donc toujours a prendre avec des pincettes.

simplet 21/11/2016 21:01

Restons quand même prudents dans l'enthousiasme. Beaucoup de paroles, mais pas d'acte. Brexit toujours pas l'ombre d'une amorce. Fraü Milka se représente et la DB n'a pas encore fait appel à l'Etat et deutsch sparern . Fillon n'est pas encore Président et les deux aspirants projetés au deuxième tour de 2017, c'est à dire FF et MLP sont quand même très, très modérés. Ils ne claqueront pas la porte ni à l'euro ou ni l'Europe comme cela. Les pressions s'exerceront ignominieusement et tous les coups seront permis. Car si la France se libère, l'UE s'effondre. Les teutons profiteurs du système ne se laisseront pas dépouillés comme cela.Et toujours les grandes menaces économiques diverses et variées pouvant tout raser se renforcent.
On n'est pas sorti du marigot. Alors que les cafards et blattes diverses s'expriment en looping et autre tête à queue, peu m'importent, d'une manière ou une autre, leurs sacs à viande sont prêts. Le temps presse et rien ne bouge. En tout ralentissant, le "système" sème les germes du chaos sanglant.

simplet 21/11/2016 20:43

Il paraît que les astrologues chinois ont substitué deux signes, supprimé le singe (je n'en connais pas la raison) et remplacé par l'ours... dont c'est l'année, jusqu'en 2020!

theuric 22/11/2016 01:22

Ne vous en faites pas, cher simplet, je me surprends toujours de ma naïveté et de mon manque de sérieux: je n'avais pas compris la plaisanterie.
Quand à ma réponse elle est simple, des observations personnelles m'ont montré de surprenants mécanismes entre des personnalités de même signe, d'où ma réflexion sur l'empirisme.
Mais ma prudence me fait toujours revenir à la notion de causalité quand, dans le même temps, je suis stupéfié du fait qu'en science fondamentale, en physique notamment, il y a eu une pose des découvertes depuis plus de 70 ans, pose prenant fin.
En cela, je ne dis jamais que les anciens pouvaient avoir tord mais que leur inconnaissance pouvait leur faire confondre, par exemple, l'horloge avec le défilement du temps, ou dit autrement, l'horloge montre le défilement du temps mais n'en défini en rien la nature.

simplet 22/11/2016 00:07

@ Theuric,

Je vous prie de m'excuser, mais je ne comprends le sens de votre commentaire en réponse à mon intervention de 20.43 qui n'est qu'une plaisanterie, du moins je le croyais.
Pourriez vous avoir l'obligeance d'être plus explicite?
J'ose espérer ne pas vous avoir offenser.

theuric 21/11/2016 21:07

Ces choses là sont bien complexes, méfiez-vous des simplifications à outrance dues à l'esprit de magie.
L'esprit de magie consistant à ne pas considérer la causalité, soit les relations des causes et de leurs effets, comme étant valide.
Étant entendu que nous connaissons pas, loin de là, toutes les lois naturelles.
En revanche, l'observation empirique a toute sa valeur.

Eszwal 21/11/2016 17:01

Tant que le privilège dollars existe, les US continuerons a nuire... Rajouter a cela le contrôle des données, le soft power et le militarisme et vous avez tous les ingrédients d'une domination impériale.
Que fera Trump en réaction à l'action des Brics dans ce domaine ? Ne veut il pas"make America great again" ? Qu'est ce que la grandeur de l'Amérique depuis la der si ce n'est les points évoqués précédemment ? Ce que Trump fera a l'intérieur ne compte pas bcp. Par contre ses actions devront être décisives et révolutionnaires sur le plan international tellement la tendance à inverser est énorme.
Il ne faut pas oublier que les US ne tiennent que par le racket, la corruption, la violence, le pouvoir de leur monnaie et de leur armée.

Madudu 21/11/2016 22:13

Le protectionnisme, précisément ^^

Il faut aussi comprendre, je crois, que Trump n'est pas le fruit du hasard. Il est le fruit d'une époque et d'une histoire qui n'est pas terminée : le libre-échange n'est plus en mesure de se soutenir lui-même, car il a besoin d'imposer par la force des mesures qui vont contre l'intérêt du plus grand nombre, et que cette force n'est plus suffisante pour ce faire.

Le libre-échange est en faillite depuis la chute de Lehman Brothers, et l'appareil militaire n'est de facto plus suffisant depuis l'intervention russe en Syrie. Même sans Trump, d'une manière ou d'une autre, le libre-échangisme est déjà obsolète et est déjà en cours de remplacement.

Trump indique surtout que ce remplacement va peut-être se faire de manière plus pacifique que ce à quoi beaucoup s'attendaient, dont moi : Clinton et l'obstination maladive !

Eszwal 21/11/2016 21:48

Personnellement je pense que Libre échange, capitalisme sauvage..etc ne font qu'un avec la raison d'état US et que c'est pour cela que Trump aura bcp de mal a inverser la tendance. Les US dominent mais grâce à un système qu'ils ont mis en place : la mondialisation. Alors le protectionnisme, oui pourquoi pas. Reste a savoir ce qui se cache alors dans le "Make America Great Again".

Madudu 21/11/2016 21:45

"Je vous vends mes bananes, mais vous m'achetez des chaises, sinon de toute façon vous ne pourrez rien faire des devises que nous vous donnerons pour les bananes."

Évidemment, j'ai fait la boulette qu'il y avait à faire ! Que je reformule, sans me planter cette-fois-ci :

"Je vous achète vos bananes, mais vous m'achetez des chaises, sinon de toute façon vous ne pourrez rien faire des devises que nous vous donnerons pour les bananes."

Madudu 21/11/2016 21:35

Trump proposes effectivement un changement de paradigme dans la doctrine militaro-économique des états-unis, et ça n'aura vraisemblablement pas l'aspect d'une promenade de santé, clairement.

Le constat qu'il fait, il me semble, est que le libre-échange et les artifices déloyaux qui l'accompagnent ne servent ni les intérêts des US en tant que nation, ni ceux de sa population, mais seulement ceux de quelques privilégiés : "global spécial interest", "establishment", des choses comme ça :)

"special interest" ici veut exactement dire "intérêt particulier", celui qui s'oppose à "intérêt général".

En fait Trump veut revenir à une doctrine économique qui a toujours eu des résultats positifs, partout où elle a été appliquée (y compris aux US et en Angleterre), et qui a longtemps été le grand rival doctrinal du libre-échange et de "la main invisible du marché" : le protectionnisme.

Il s'agit de défendre à l'échelle de chaque état les intérêts particuliers des industries et des producteurs de cet état, c'est-à-dire l'intérêt général de l'économie de la nation.

L'ingrédient de base c'est le droit de douane, d'autant plus salé (ou épicé) que l'on aspire à développer la production chez soi et par soi-même. Pour ce faire il faut une frontière dont on contrôle toutes les dimensions :

-le passage des capitaux, pour contraindre ces derniers à travailler à l'intérieur des frontières du pays pour lesquels ils existent et à l'intérieur duquel ils ont été formés,

-le passage des hommes, pour que la population soit préservée d'une compétition excessive, et parce qu'il n'y a pas passage d'homme sans passage de capitaux (ils ne viennent pas pour rien et ne repartent pas sans rien non plus),

-le passage des forces armées, car une nation n'impose pas ses intérêts et son existence avec un beau sourire, mais avec le pouvoir de tuer à grande échelle.

Ces dispositions, pour des gens habitués à voler facilement les populations, a l'inconvénient de ne pas entretenir des flux de capitaux importants entre nations, et de ne pas avoir une grande latitude dans l'usage que l'on peut faire de sa monnaie (car dans ce régime tout le monde n'utilise pas votre monnaie, et aucune monnaie "universelle" ne pourrait y trouver d'usage commode).

Du coup, il faut gagner sa pitance suivant les mêmes règles que le reste de la population, sans pouvoir échapper aux contraintes que tous respectent à l'intérieur des frontières de l'état (évasion fiscale ... par exemple), et sans pouvoir en faire usage partout dans le monde.

Les états protectionnistes échangent donc entre eux des produits choisis, et mettent en place des moyens d'assurer par l'échange des devises ces flux de marchandises : entre les nations il s'agit bel et bien de troc !

"Je vous vends mes bananes, mais vous m'achetez des chaises, sinon de toute façon vous ne pourrez rien faire des devises que nous vous donnerons pour les bananes."

Ce système, complètement compatible avec l'état-nation, exclue par construction l'usage d'une monnaie universelle, le libre-échange, les grosses multinationales, le dumping social, la dépendance financière, ... bref, tous les artifices déloyaux qui accompagnent le libre-échangisme (je prends votre femme et en échange je vous donne des cacahuètes).

Voilà ce que Trump veut mettre en place, et voilà pourquoi tous les riches ne sont pas contre lui, ni tous les pauvres pour lui (immigrés illégaux...). Il veut faire exactement la même chose que ce que font les eurasiens entre eux en ce moment même, ce qui est plutôt sympathique :)

theuric 21/11/2016 16:40

Je ne sais pas si, toute proportion gardé, Monsieur Trump peut être comparé à Constantin 1er ou à Aétius, le vainqueur d'Attila, si comme le premier ce sera un réformateur ou si comme le second il n'arrivera jamais à atteindre le pouvoir, assassiné avant.
Quoi qu'il en soit et quoi qu'il lui arrive, c'est déjà un personnage historique dans le sens où ce qu'il représente est bien plus qu'il n'est en réalité.
Ce nouveau président des Etasunis est un réformateurs, c'est à dire qu'il entend insuffler une dynamique nouvelle à son pays, quoi que nous puissions en penser part ailleurs.
Nous ne la connaîtrons qu'une fois les décisions prises et que leur mises en œuvres commenceront à porter leurs effets.
Si cela nous concerne, ce ne peut qu'être en raison des liens étroits, d'empire à colonie, qui nous unis, le reste ne devrait pas être notre affaire.
En plus de ces deux inconnues déjà importantes, l'effondrement en cours de l'économie-monde, tendant à une accélération régulière, va avoir des conséquences que personne ne peut prévoir, hormis, bien sûr, les ruptures d'approvisionnement, avec ce que cela comporte d'infinis problèmes, et de la qualité des politiques de reconstruction qui seront mises en place par les différents états, dépendant des hommes en place sur le moment.
Pour résumer, Monsieur Trump à trois défis à relever, sa survie, la refondation de son pays et la gestion d'une crise sans précédent.
Nous devons aussi tenir compte des tendances centrifuges se manifestant en ce moment aux U.S.A., du peu que j'en sais, et elles ont l'air de prendre de l'ampleur (de tous les français).
Enfin bref, le phénomène Trump est certes important mais ne devrait nous concerner que ce pourquoi nous avons des intérêts, soit pour notre pays et pour nous même, le reste ne pouvant avoir d'importance que pour notre seule curiosité naturelle et rien de plus, bien que cela soit d'importance mais d'un autre domaine.
Sinon cela ne peut que montrer que nous ne nous sommes pas encore affranchi de ce joug impérial.
Toute rupture de domination doit d'abord commencer par la compréhension de son essence même, pas tant de cet empire, soit du dominateur, mais bien de celle du dominé, quel qu'en soit le caractère.
Il s'agit donc pour ce dominé d'en saisir le plein sens intérieur, parce que seul cela devrait lui importer, le reste restant du domaine du dominant, c'est son problème, sauf en ce qui intéresse sa résistance à l'émancipation du colonisé nécessitant, pour ce dernier, la réaction la mieux adaptée à la situation créée par la-dit résistance.
Ainsi la place du dominant est tel que parce que le dominé a aussi la sienne propre, il s'agit donc d'une relation réciproque à intérêts commun en miroir, générant un confort à chacun de ces partenaires, même si cela mène, en réalité, à un mal-être.
C'est ce confort de la situation établie qu'il s'agit de briser, mais c'est bien parce que le dominant a une situation privilégiée sur le dominé que celui-ci se doit de faire le travail en amont sus-décrit.
C'est logique, il est difficile, pour le dominateur de se débarrasser de ses petits avantages, surtout si ils sont nombreux et juteux, quand l'asservi, lui, n'a de seul profit que celui de la confortable obéissance infantile, soit n'avoir aucune responsabilité.
Là seulement existent les intérêts de chacun d'eux et nulle part ailleurs.

theuric 22/11/2016 01:32

Eszwal,
En ce que vous dites je vous suis, c'est pourquoi j'avais souligné le fait que, dorénavant, Monsieur Trump représentait collectivement et, dès lors, historiquement, plus qu'il n'est en réalité.
Il devient, en quelque sorte, représentation symbolique.

Eszwal 21/11/2016 21:57

Theuric, je vous rejoins tout a fait sur ce que vous dites. Je ne voudrais juste pas m'emballer trop vite en ce qui concerne notre ami Donald. Trop d'exmples par le passé de président américains arrivés en sauveur qui ont déçu (Nixon, Carter, Jonhson, Obama...)

theuric 21/11/2016 20:52

@Eszwal,
Je ne dit pas que Trump serait un réformateur pour notre propre intérêt mais essentiellement pour celui de son pays.
C'est pourquoi mon texte précédent montrait la responsabilité qui nous incombe, nous, colonisés, de penser notre position de dominés.
Il y a historiquement, si je ne fais pas erreur, huit raisons pour lesquelles un peuple se débarrasse d'une domination impériale, et la plupart du temps elles se conjuguent toutes l'une l'autre:
-L'affaiblissement économique de l'empire dû à l'autophagie de son oligarchie, soit l’absorption, par elle, des richesses de sa population et de celles de ses possessions;
-L'affaiblissement militaire de l'empire, pour les mêmes raisons;
-Affaiblissement politique -idem-;
-Le prix de ces colonies rapportant moins que ce qu'elles ne coûtent-idem-;
-L'intervention d'une ou de plusieurs puissances montantes-idem-;
-Décision des colonies de se débarrasser du colonisateur-idem-;
-Recentrage du pays colonisateur sur ses terres, dû à son appauvrissement -idem-;
-Et au pire, déstabilisation du pays colonisateur telle qu'il peut en venir à se désagréger et ce, toujours pour les mêmes raisons.
Les États-Unis-d'Amérique sont dans une situation déplorable, je me suis amusé, si je puis dire, à reprendre deux chiffres fournis sur Businessbourse et, comme je l'ai déjà souligné, ai recalculé le pourcentage de chômeur qui y prévaut, une simple règle de trois suffis.
D'une population de 325 millions, moins vingt pourcent de personnes n'ayant pas l'âge de travailler, sur 102 millions de chômeurs, j'en suis arrivé à près de 40% de chômage, bien loin des 5% officiels et des 23% officieux.
La conclusion se fait d'elle-même, ce pays est exsangue et n'est plus en mesure de quoi que ce soit, sauf de la gesticulation ou de la fuite en avant, d'où la nécessité d'écarter Madame Clinton.
Une fois cela fait et au vu de cette situation U.S. déplorable, c'est à nous de nous prendre en main, le reste ne nous concerne plus, c'est leur problème, pas le nôtre!
Sauf à vouloir rester sous le giron étasunien, ce qui, là encore, est un processus historique redondant et naturel.
Mais c'est de cela que nous devons impérativement prendre conscience!
Deux pièges encore nous attendent.
Le premier consisterait à rechercher un nouvel empire de remplacement, ce que firent les anciens pays de l'est sous domination soviétique qui allèrent tout droit vers les U.S.A. sous la forme de l'U.E.€./O.T.A.N..
Le deuxième serait le délitement du pays, ce que risque l'Allemagne, beaucoup moins la France.
Par nature, les empires ne peuvent pas durer, ceci étant dû à ce que la création d'un empire nécessite l'existence d'une oligarchie, et si elle n'existe pas lors du développement impérial, celui-ci la génèrera, au-dedans comme au-dehors de cet empire.
Et elle, l'oligarchie impériale, n'existe et se développe que grâce aux richesses qu'elle tire de ses possessions nouvelles.
Dès que le-dit empire a atteint ses limites en fonction des capacités de déplacement de l'époque, à pied, à cheval, en voiture, en bateau, en avion, cette oligarchie, parce qu'elle conserve son dynamisme, commence à absorber les richesses à l'intérieur même de l'empire, celles de son propre peuple comme celui des peuples conquis.
Là commence le délitement impérial jusqu'à que cela l'affaiblisse tellement qu'à la fin il disparaisse.
Les U.S.A. furent l'empire ultime parce que les moyens de déplacement sont devenus tellement rapide qu'ils en ont conquis la planète entière, sous une forme ou une autre, dès la disparition de l'U.R.S.S. (1991) et, ce, pendant dix ans environ, pour ensuite commencer à sombrer dès l'entrée dans le XXI° siècle.
Là où commença les crises économiques les plus graves (1999), ceci expliquant cela.
Trump comme Clinton font certes parti de cette oligarchie, le premier à un coté autocratique qui me déplait, mais vouloir prendre le pouvoir à 70 ans on est soit un fou, soit un sage, en connaissant tout de même la structure idéologique des U.S.A..
Mais lui, comme tellement d'autres, ici comme là-bas, ne veulent tant pas voir l'effondrement économique qui vient qu'ici comme là-bas la plupart des responsables politiques seront débordés par un tel basculement.
Et cet effondrement de la globalisation provient des causes que j'ai montré plus haut, c'est pourquoi tant de pays se désolidarisent du dollar et, pour certains, nous les refourguent en achetant tous ce qui passe à leur porté.
L'empire n'est déjà plus, c'est cela aussi et même surtout que nous devons penser, le reste les concerne eux mais pas nous, c'est leur problème, pas le nôtre.
Notre question centrale est désormais: comment faire après la disparition de cet empire, de l'Union-Européenne, de l'euro et de toute une classe politique, journalistique et économique dominante qui ne comprend déjà plus rien à rien et qui se tiennent tous la main...
Je me répète, les affaires américaines ne nous concernent plus, d'où les crises d'hystérie de toute notre classe dirigeante jouant en interne au pays à l'américanisation outrancière, pour moi les primaires françaises ne sont que es crises d'hystéries et rien d'autre.
Point barre.
Quand bien même Monsieur Trump voulait tenter de faire se perpétuer l'empire U.S., il ne le pourra pas, C.Q.F.D.!

Madudu 21/11/2016 20:52

Il n'est pas encore en poste que vous le classez déjà dans ceux qui n'ont rien fait de leur mandat ?

Il se passe des choses alors même qu'il n'est pas encore en poste, et tout indique que les états-uniens, les europe-uniens, les russes, etc, le prennent au sérieux.

Notez, cher Eszwal, que chez Observatus le vouvoiement est de rigueur.

Eszwal 21/11/2016 16:45

Hello Theuric,
si tu regardes l'histoire modernes des présidents US, beaucoup étaient présenté comme des réformateurs et, soit il n'ont rien fait (de probant, cad réformer la société américaine en profondeur), soit ils ont été assasinés. Moi je mettrais Trump dans la première catégorie...

Euclide 21/11/2016 16:29

Bonjour à tous,

Lu qu'èque part que nous dirigeons vers une nouvelle diplomatie " westphalienne" en géopolitique mondiale depuis les élections de Poutine et de Trump. De même que la Chine veut éviter une politique de confrontations.
Esperanza !

Eszwal 21/11/2016 15:20

Poutine doit être très méfiant car si Trump est moins pire que Hilary, Trump reste un américain. De plus, les paroles s'envolent, les actes restent. Pour ma part j'attend les actes de Trump. Démantèlement du bouclier anti-missiles, retrait des troupes aux frontières de la Russie, dissolution de l'OTAN..etc.

Yann 21/11/2016 12:39

Wladiminimir, mais il fait le Wladimaximum.

grouik grouik 21/11/2016 12:27

@Hamilcar Barca:Le clou du spectacle serait de voir le Duc de sablé se rappeler ses anciennes filiations Séguino-Gaullistes....J'met de suite un p'tit billet là dessus,pas grand chose à perdre,on est déja à poil! !

Hamilcar Barca 21/11/2016 12:19

@Observatus Geopoliticus
Merci OG pour ce tour du monde des retournements de veste, absolument décoiffant. Dommage qu'Overblog ne le permette pas, mais un fond sonore utilisant "L'opportuniste" de J Dutronc eût été du plus bel effet.
Notez bien que ce qui se passe en France n'est pas triste non plus.
Quant à Stollenberg, porte-flingue adoubé, après Rasmussen, des neo-cons US, faut-il qu'il ait une peur bleue pour son avenir personnel et celui de son conglomérat de crabes pour se mettre à ramper ainsi - il n'y a pas d'autre terme ... - devant le nouveau boss de Washington.
Un seul mot: répugnant.
J'espère que le futur président de la France retrouvera l'esprit du Grand Charles et nous sortira de ce b...n otanesque où nous n'aurions jamais du revenir.
Bien cordialement.

Vincent 21/11/2016 09:49

Pour continuer avec les girouettes. On pourra se régaler d'entendre des petites phrases de ci de là bien senties. Ce matin sur France Info, à propos des sarkozystes rejoignant Fillon: "l'important, c'est pas la chute mais l'atterrissage" MDR.

Loic 21/11/2016 00:03

Allez encore un peu de pop-corn et de vodka pour l'ami Vladimir puisque chez nous Fillon vient de faire 44% soit 16 de plus que Juppé que la volaille médiatique (ça me fera toujours rire ça^^) avait déjà installé à l'Elysée. Mais ça doit être un bourrage d'urne des services secrets russes...

theuric 20/11/2016 23:02

Face à une rapide transformation d'une situation politique, il y a ceux qui suivent la direction du vent et ceux qui, contre vents et marées, poursuivent leur route en niant tout changement de cap.
Retourner sa veste n'est pas chose aisée, c'est même parfois dangereux, un certain Darlan en connu les risques et l'a payé de sa vie.
Désormais les plus malins, les plus intelligents et les petits profiteurs de toutes sortes et en tous lieux vont devoir faire amende honorable.
Ce sont les derniers rats à quitter le navire, les autres l'ont fait depuis longtemps, il nous sera loisir, ensuite, de voir ceux qui suivirent pour leurs propres intérêts les élucubrations impériales et ceux qui ne sont obnubilés que par cette doxa et, en doctrinaires fermés à toute autre approche idéologique, ne pourront en sortir que soit par la folie, soit lors de leur mort.
Je trouve que le Monsieur Stolternberg ait manqué de panache.
Certes, nous pouvons admirer les vigueur et rigueur toute militaire avec laquelle sa veste fut retourné, mais il y manquait ce je ne sais quoi d'élégance, un déhanché, une vêture tournoyante, un léger geste d'humilité.
Heureusement que nous auront bientôt le personnel politique et économique qui sauront, pour de nombreux d'entre-eux, marquer ce geste du sceau de l'élégance.
Ah le tournoiement de la zibeline, plus beau encore qu'un feu d'artifice.
Ce qui m'attriste tout de même c'est que certain seront d'une discrétion de sioux, nous n'aurons pas la joie d'assister à ce si beau spectacle, cachés qu'ils seront dans un trou de sourie.
Quand à Madame Merkel, entre l'Allemagne de l'est et l'élection de Monsieur Trump, j'ai l'impression que, chez elle, cet art du tournoiement vestuel lui est pleinement acquis.

grouik grouik 20/11/2016 22:26

Stratosphèrique! ! Cez serait faire insulte aux Girouettes que de les évoquer en les comparant à ces cloportes.....Ce novembre 2016 a décidément quelques effluves de novembre 1989.....
allez mon bon OG,laissez moi un dernier HS sur notre vie politique domestique avant de me botter le cul,puisque c'est interdit ici,et avec raison d'ailleurs,mais voyez-vous,l'intuition que vous et moi avons eu mardi lors de l'inversion des sondages était donc la bonne....Deux russophiles au second tour de la pésidentielle en France,donc double rasade de Vodka ce soir au Kremlin! ! ! Décidément,ce Vlad va virer Magicien d'Oz! !

Grognard 22/11/2016 04:26

Bonjour Madudu,

Peu importe que ce soit l'un ou l'autre.
Ce ne sont pas des flèches et en face ce n'est pas mieux.
Tout au plus des seconds couteaux voir des couteaux en plastic jetables.

Ce n'est pas avec des pointures de ce calibre que la France aura son mot à dire dans le grand jeu.
Il lui faudra d'abord revenir dans le jeu tout court.
Pour le moment nous sommes assis au bord de l'oued et, nous regardons la caravane de l'Eurasie.

On ne bâtit pas l'histoire avec une cohorte d'avocaillons.
Leur rôle est juste de poser le crépi.

Madudu 21/11/2016 13:25

Incroyable en effet ce retournement en faveur de Fillon, qui a apparemment complètement explosé Juppé !

Je ne sais pas comment ils ont sondé sur ce coup, mais même de très mauvais sondages ne peuvent pas dire des choses aussi contraires à l'observation. Je me demande s'il n'y a pas eu trucage des votes pour sauver l'UMP de Sarko-Juppé ^^

C'est comme si tout s'écroulait partout et en même temps pour les néo-cons. Il faut croire qu'ils n'avaient que des alliés de circonstance, et qu'en fait ces derniers n'avaient pris au sérieux ni leur idéologie, ni leurs dogmes, ni leur hystérie.

I-N-C-R-O-Y-A-B-L-E :)