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Chroniques du Grand jeu

Poutinus abracadabrus

19 Juillet 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis

Poutinus abracadabrus

Comment diable fait-il pour toujours retomber sur ses pattes ? Deux nouvelles d'importance hier, qui sont du pain béni pour le maître du Kremlin :

  1. l'armée syrienne avance dans le nord de la province de Lattaquié, près de la frontière turque, contre les djihadistes théoriquement soutenus par Ankara.
  2. Kerry a ouvert la porte à une possible exclusion de la Turquie de l'OTAN si le sultan ne respecte pas l'Etat de droit lors de sa purge !

Point commun : la Turquie. Méthode : laisser l'adversaire se lancer et lui faire une planchette japonaise. Ipon.

Résumons : il y a peu encore, l'OTAN affichait son unité tandis que la Turquie armait jusqu'à la mort les "rebelles" syriens et les laissait passer la frontière où ils voulaient. Et presque du jour au lendemain, patatras, retournement complet... Ankara semble avoir stoppé son soutien aux djihadistes (certainement l'une des conditions sine qua non de Poutine à Erdogan au rétablissement des relations). Et c'est maintenant au sein même de l'OTAN qu'il y a de l'eau dans le gaz, les deux plus gros contingents de l'organisation atlantique s'envoyant amabilité sur amabilité. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché devant un tel mouvement de bascule...

Alors bien sûr, Vladimirovitch n'est pas entièrement responsable de ce renversement, les circonstances (la tentative de putsch de vendredi par exemple) ont également leur part. Mais il a l'art de se placer de telle façon que les événements finissent toujours par jouer en sa faveur.

Il a désormais :

  • les mains à peu près libres en Syrie (à confirmer tout de même, byzantinisme moyen-oriental oblige)
  • les excuses d'Erdogan pour l'incident du Su-24 et le châtiment pour les auteurs (tiens, ce sont maintenant les deux pilotes turcs, et non plus un seul, qui sont arrêtés)
  • un prestige accru au Moyen-Orient, non seulement pour l'intervention syrienne mais aussi pour avoir fait ravaler sa fierté au sultan, peu habitué à ça.
  • une Turquie affaiblie car divisée en face de lui, où il détient maintenant plusieurs atouts (Erdogan qu'il a peut-être sauvé et qui paraît lui être redevable, mais aussi le PKK kurde).
  • cerise sur le gâteau, une OTAN divisée elle aussi, ce qui ne manque pas de sel moins d'un mois après le Brexit. Ca commence à tanguer sérieusement du côté de l'empire...

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Madudu 22/07/2016 21:04

Que pensez-vous de la manière dont est relaté le coup d'état dans cet article : http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/07/retour-sur-la-tentative-de-coup-detat.html

Elle y développe notamment que la réussite du coup d'état devait en premier lieu reposer sur l'exécution de Erdogan, condition nécessaire à la réussite du reste des opérations.

Ca colle bien à l'idée qu'un coup d'état "classique" a peu de chance de réussir en Turquie du fait de la popularité de Erdogan, et ça pourrait expliquer la réaction excessive de ce dernier : peut-être ne cherche-t-il pas à se protéger d'une récidive, ni à saisir l'occasion de devenir un bon tyran oriental à l'ancienne, mais peut-être cherche-t-il simplement à se prémunir d'une tentative d'assassinat ?

Observatus geopoliticus 23/07/2016 03:46

Merci Madudu, je connais effectivement ce site, généralement de qualité. Pour le coup (sans jeu de mot), je trouve l'article un chouilla péremptoire même s'il n'y a rien à redire au déroulement des faits. L'amateurisme domine cette affaire et la CIA a quand même une certaine expérience de coups d'envergure.
Maintenant, d'après les infos qui nous parviennent, il semble à peu près sûr que Russes et Américains savaient. les premiers ont prévenu le sultan, les seconds s'en sont abstenus.
Bien à vous

Anym 22/07/2016 16:13

Le coup d'État a échoué... Dommage, car si celui-ci avait réussi, peut-être que la démocratie aurait pu être maintenue et la Turquie serait (re)devenue partenaire fiable et stable au Moyen-Orient pour les Occidentaux (que nous sommes, j'ai l'impression que malheureusement ici beaucoup ont tendance à l'oublier).

Maintenant qu'Erdogan est en train de s'accaparer tous les pouvoirs et se détourne de nous, les Occidentaux, il est aussi temps pour nous de nous détourner de lui et de la Turquie (du moins tant que ce fou-furieux sera au pouvoir...) et d'interrompre définitivement les négociations pour l'entrée de la Turquie de l'UE et peut-être même de l'exclure de l'OTAN (En effet, à quoi bon avoir un allié qui n'est pas fiable ? La sortie de la Turquie doit être une opportunité)
Il faut avoir une ligne claire et intransigeante.

Cependant une autre option pourrait être possible... un deuxième putsch (toujours contre Erdogan et réussi cette fois...). Mais cela m'amène à cette question : Est-ce que la population turque soutient réellement Erdogan, malgré sa dérive autoritaire ? Car si c'est réellement le cas, un deuxième putsch serait inenvisageable et ne resterait que la première option, une ligne intransigeante vis-à-vis de la Turquie.

UltimaRR 22/07/2016 18:49

Bonjour,

Il est encore difficile de savoir ce que visait réellement à établir les militaires putchistes. Si, comme le clame Erdogan, ils appartenaient à cet "Etat parallèle" de Fetullah Gülen que l'on retrouve principalement dans les diverses administrations de l'Etat et l'Armée (figurant parmi les cibles de ses purges actuelles), pas sûr que la démocratie fût maintenue... Plutôt un renversement des forces en places qui aurait donner un peu plus d'air aux Américains dans la région (en torpillant le rapprochement récent avec la Russie ?), voire aux Européens (gestion des migrants ?).

C'est la proximité entre Akin Oztürk, général accusé d'être l'un des principaux responsables du putsch raté, et Fetullah Gülen qui pousse les autorités turques a penser que ce coup d'Etat n'aurait pu avoir lieu sans l'aval des Américains (sans pour autant que la CIA ne soit derrière). Il est en effet difficile de croire que les services de renseignement américains n'étaient pas au courant, et au regard de la réaction tardive d'Obama, n'exprimant son soutien au régime qu'aux alentours de 1h du matin, une fois le putsch kaput (alors que celui-ci avait débuté vers 22h30, la veille), on peut s'interroger sur leurs intentions.

La possibilité que le Hizmet (mouvement de Gülen) soit derrière ce putsch pourrait expliquer le fait que l'opposition et de nombreuses personnes non favorables a Erdogan se soient désolidarisés de ce coup d'Etat et aient protesté à son encontre.

Pour vous répondre, la Turquie qui s'est mobilisé contre ce putsch étaient en grande partie pro-Erdogan, l'autre Turquie ne se mobilisant que peu, voire pas du tout.

La question est désormais de savoir comment va réagir cette autre Turquie, celle de l'opposition et des minorités, à la dérive d'Erdogan et aux crimes de ses partisans les plus radicaux (nationalistes ou islamistes).

Une autre question est de savoir si les putchistes sont réellement des partisans de Gülen. Dans ce cas-là, reste-t-il, dans l'armée, une partie de kémalistes capables de répondre (deuxième putsch ?) à la dérive qui semble se dessiner ?

Traditionnellement, les kémalistes font partie de l'élite occidentalisée turque. J'ignore s'ils auraient encore le soutien d'une population et d'une société dont Erdogan n'a cessé d'exacerber l'appartenance à une communauté de croyants. Et lorsqu'on voit l'étendue des purges qui touchent près de 50 000 personnes... il semblerait qu'Erdogan cherche à se débarrasser de toute contestation possible au sein même de l'Etat.

Concernant les Occidentaux, si Washington a beaucoup à perdre dans la partie (appartenance de la Turquie à l'OTAN et influence dans la région), les Européens pourraient s'enlever une épine dans le pied en cessant de considérer Erdogan pour ce qu'il n'a jamais été. A voir si cette opportunité sera saisie.

Enfin, si l'Occident forme, à l'échelle macro-structurelle, un bloc culturel plus ou moins homogène dont les valeurs et les intérêts peuvent converger, il existe toutefois plusieurs Occidents (sous l'angle politique, et pour simplifier : E.-U ; U.E., elle-même composée d'une pluralité d'intérêts). Ce que beaucoup condamnent ici, c'est, je pense, la vassalité atlantiste de l'Union Européenne à l'égard des Etats-Unis, ou comment nos représentants défendent des positions qui vont à l'encontre de nos intérêts.

Cordialement.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:26

Attention à ne pas confondre dirigeants et peuples, Anym. Un Hollande qui fait la politique américaine et saoudienne, une Merkel qui fait la politique turque, sont-il occidentaux ?
On évoque effectivement de plus en plus un éventuel deuxième putsch car, à force de virer tout le monde, le sultan se fait beaucoup d'ennemis en ce moment...

Grognard 22/07/2016 00:49

Avec un peu de recul c'est l'Iran qui fait la meilleure "affaire".
Il apparait de plus en plus comme la future puissance régionale capable se stabiliser le MO.
La démographie lui permet d'envisager à terme la réalisation du croissant chiite.
A part Israél c'est le seul pays qui dispose d'une véritable industrie de défense.
Il ne va pas tarder à intégrer les BRICS.

La Turquie a raté la marche.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:27

Oui sur tous les points sauf la démographie. Le taux de natalité iranien est extrêmement bas, presque au niveau des pays européens.

Henrietta Croce 21/07/2016 11:09

Bonjour,

Je ne pense pas qu'on puisse dire que Poutine retombe sur ses pieds après chaque pirouette. Je crois plutôt qu'il ne fait pas de pirouette du tout, et donc qu'il ne peut que rester sur ses pieds, dont les fondations sont les plus solides de toutes. Après tout, que fait-il à part prôner une ligne claire, s'appuyer sur le droit, et sur des principes extrêmements forts qui ont été longuement maturé par nos ancêtres ?

Seuls ses adversaires font des pirouettes. Tous ces gens qui se rêvent en sultan, calife, et autres conquérants dominateurs, qui pensent révolutionner le monde et le remodeler à leur image, et qui se cassent immanquablement la gueule parce qu'ils soufflent le vent en pensant pouvoir s'appuyer dessus tout en évitant la tempête... Erdogan et bien d'autres seraient bien inspirés de regarder du côté de la Grèce, et de se rappeler qu'il y a 2500 ans, on y savait déjà que l'hubris était l'un des plus grands péchés humain.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:30

Tout à fait d'accord, Henrietta. "Retomber sur ses pieds" est une expression, mais les Russes ne font effectivement pas de pirouettes. Ils sont simplement du bon côté de la barrière et attendent tranquillement que les fruits (de leurs efforts) tombent dans le panier.
J'en avais d'ailleurs parlé ici : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/11/moscou-ou-la-technique-du-rhinoceros.html

Charles Michael 21/07/2016 06:47

Bonjour,

le ''fracas'' en Turquie est bien passionnant; mystère et confusion sur le Coup, tentative réelle ou pas sur la vie du Sultan; cercle des putchistes comploteurs infiltré, manipulé, CIA + Guellen ou piège Byzanthin.
Considérant le désordre dans l'exécution et la faiblesse des moyens j'ai opté depuis les premières heures pour une fable du genre: Le chat guette la souris comme Observatus.

L'annonce importante (?) d'un état d'urgence de 3 mois a été bien décevante pour les scénaristes de la dramatisation. On peut y voir une jolie ironie considérant le vote en france (minuscule obligatoire) pour prolonger de 6 mois l'Etat d'Urgence.

Les supputations sur l'étreinte Erdoga-Putin et nouvelle entente Russo-Turque doivent rester prudentes. Putin a la faiblesse (ou pas) de croire dans les vérités de situation, il agit à la fois avec prudence et une habile rapidité comme la récupération en douceur de la Crimée, les contre-sanctions ciblées contre les agricultures européennes et l'intervention en Syrie.
Bien évidement, Putin doit rigoler un peu, caresser son South Stream, et attendre l'évolution de la relation US-Erdogan.
Pour P.Lang le blocus de la base d'Incirlink avec 90 bombes tactiques propriété US est le problème majeur: électricité toujours coupée, garnison US en quasi-arrét de rigueur, silos assiègés ou les vivres (l'eau aussi ?) et le pétrole pour les générateurs viendront bientot à manquer.

Erdogan réclame l'extradition de Gullen; bien dur pour Obama de céder, pratiquement impossible d'envoyer des secouristes récupérer ces 90 otages. Les sortir de Turquie serait aussi agrandir d'une façon très visible le fossé entre les deux (seules) arméées les plus costaudes de l'OTAN.

Pendant ce temps en UE land LeMonde (à l'envers) suppute les chances d'une entrée de la Turquie en leur sein(s) flasque(s). Surréaliste.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:33

Qu'en quelques mots, vous résumez bien la situation, cher Charles.
Un petit point de désaccord toutefois : je ne crois plus au Turk Stream. Chat échaudé craint l'eau froide : Poutine n'a aucune confiance en Erdogan, leur rapprochement n'est que tactique. Je vois mal Moscou dépendre de l'hurluberlu d'Ankara pour un gazoduc d'importance stratégique.

Rouget 20/07/2016 22:46

Poutine aurait-il prévenu Erdogan du coup ?

http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13950430001452

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:35

C'est effectivement une possibilité. Cela peut même être plus byzantin que ça. Moscou sait que le sultan prépare un faux coup d'Etat mais l'avertit tout de même pour se faire bien voir.

Jean 20/07/2016 09:07

Erdogan est-il vraiment un partenaire fiable pour Poutine? Au vu de cette dépêche de l'AFP, on peut se le demander
"L'armée turque a bombardé des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak pour la première fois depuis le putch avorté contre le régime du président Recep Tayyip Erdogan, tuant 20 militants, a annoncé aujourd'hui l'agence Anadolu.
F-16 de l'armée de l'air ont frappé tard mardi des positions du PKK kurde dans la région de Hakurk, a annoncé l'agence progouvernemntale, cinq jours après une tentative de putsch lancée par un groupe de militaires rebelles, dont certains de l'armée de l'air."

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:38

Cher Jean,
l'armée turque a toujours été férocement anti-kurde, plus encore qu'Erdogan. La politique d'Ankara ne changera jamais vis-à-vis du PKK, à moins d'y être forcée par les circonstances.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:36

Tout à fait d'accord, Yom.
L'armée turque, que l'on présente sous un bon jour (laïque), est encore plus férocement anti-kurde qu'Erdogan.

Yom 20/07/2016 09:36

Un revirement en Turquie, même pour une girouette déboussolée comme Erdogan, ne saurait aller jusqu’à faire la paix du jour au lendemain avec les séparatistes kurdes.

Sa base électorale et les soutiens qu’il lui reste dans l’armée ne le lui pardonneraient pas. L’antagonisme est trop grand grand et installé depuis trop longtemps.

S’il lache les rebelles syriens co-sponsorisés par l’Arabie Saoudite et accepte du bout des lèvres de se rabibocher avec la Syrie d’Assad, c’est déjà beaucoup.

Domani 20/07/2016 08:34

Mardi 19 juillet, sur la 5 émission C dans l'air consacrée au coup en Turquie. Pas un seul des soi-disants experts n'a évoqué la possibilité d'un coup monté, il n'y a que Gulen pour en parler dans un des reportages ! Litanie de poncifs et analyse sérieuse, que des lieux communs de café du commerce. Le pire étant l'autoproclamé expert des questions de défense JD Merchet qui d'un air professoral et suffisant comme à son habitude se ravit que le "putsch" ait échoué, et bien sur pas un mot sur les têtes nuc US... Entre ce crétin et l'insupportable Ravanello c'est un véritable concours à qui relayera la doxa officielle et la pensée dominante... Bref l'exact opposé de véritables analystes. Qui plus est je crois qu'au delà de la désinformation qu'ils ont ordre d'asséner aux masses, ils sont aussi totalement incompétents, bien plus intéressés par les allés du pouvoir que par les théâtres d'opérations. Heureusement que des blogs comme le votre existent... Grand merci, continuez !

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:39

Merci à vous, Domani.
Oui, il est devenu à peu près inutile de lire ou regarder les médias occidentaux désormais. Si je le fais encore, c'est simplement pour prendre le pouls du système et non pour les "informations" elles-mêmes.

Yom 20/07/2016 09:29

Il y a encore quelques années, j’étais un fidèle téléspectateur de C dans l’air ; plus aujourd’hui. Je ne saurais dire si c’est la qualité de l’emission qui a baissé ou si ce sont mes yeux qui se sont ouverts à certaines réalités sur le rôle des média de masse en France.

Il fût un temps où les journalistes interviewaient des spécialistes « de terrain ». Désormais, nous voyons beaucoup de journalistes / éditorialistes s’inviter entre eux, certains ajoutant des spécialités à leurs CV pour donner le change …

Il fût également un temps où, pour organiser des émissions « de débat », on prenait le soin de sélectionner des invités qui n’étaient pas tous d’accord sur l’essentiel. Concernant C dans l’air, le biais était manifeste durant tout le traitement de la crise grecque l’année dernière. L’orthodoxie austéritaire d’un Philippe Dessertine n’était jamais trop frontablement contredite.

kevin 19/07/2016 20:49

Bonjour,
Si les russes sont derrière tout ça, je n'y comprend plus rien... ça n'aurait pas été plus logique pour les russes de faire un coup d'état réussi, pour se débarrasser d'Erdogan et recevoir en cadeau du général qui aurait pris sa place un beau gazoduc tout neuf qui traverse tout le pays?
Merci pour cet article une fois encore très intéressant.

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:43

Attention, Kevin, l'armée turque n'est absolument pas pro-russe, au contraire (traditionnellement attachée à l'OTAN, pro-américaine, anti-kurde...)

Stef 20/07/2016 00:34

J'ajouterais que les militaires turcs semblent pour le moment assez peu favorables aux russes (peut-être du fait de leurs liens de de "travail" avec les occidentaux). De ce fait, remplacer Erdogan par une militaire pourrait être ou devenir contreproductif. Ensuite, Erdogan est populaire et apparemment bien soutenu par une bonne part sa population, mais ça vaut sans doute tant que l'économie fonctionne. Or, il s'est vite rendu compte, avec les sanctions russes, que l'économie turque était très dépendante de la Russie. Ainsi, tout pousse à un mariage de raison entre Erdogan et Poutine. D'ailleurs, désormais, Erdogan est presque obligé de s'appuyer sur Poutine (et le FSB) pour survivre, ce qui l'obligera, comme l'a souligné notre hôte, à réviser sa position sur la Syrie.

Grognard 19/07/2016 23:55

Erdogan qui va encore en vouloir comme partenaire?
Tant qu'il reste sage vis à vis de la Russie, pourquoi le gvt russe n'en profiterait-il pas?
Plus tard on peut toujours assister à une transaction du genre: ok on vous laisse dégager Erdogan à condition que vous dégagiez d'Ukraine.

Rouget 19/07/2016 16:10

« Erdogan qu'il a peut-être sauvé »

C'est effectivement une possibilité...

Bozi Lamouche 19/07/2016 15:54

Qu'on aime ou pas Erdogan reprend la main...il se moque totalement de l'UE et des USA...pour rappel les premiers pourparlers entre l'Europe et la Turquie ont eu lieu dans les années 60 ....Aussi croire que les turcs courent derrière l'Europe au moment où tout le monde veut se barrer est juste drôle....!!! Il a, je pense été manipulé ces derniers mois et il s'en veut...
sale temps pour l'empire : les ogives des bases us sont à sa portée maintenant....
Je passe du coq à l'âne : Mohamed 6 a rencontré Poutine il n'y a pas si longtemps...l'agitation
diplomatique du Maroc ( émissaires en Algérie, à l'Union Africaine)... forcément Poutine n'est pas loin...y a t-il des infos ?

Observatus geopoliticus 24/07/2016 21:42

Eh oui, beaucoup de conditionnels car nous ne saurons peut-être jamais le fin mot de l'histoire.
Par contre, je ne crois franchement pas que le sultan aurait couvert la décision militaire d'abattre le Sukhoi si celle-ci avait été prise contre son avis.

bozi lamouche 23/07/2016 23:18

le pilote qui a abattu l'avion russe est issu de la base d'incirlik..
cette base militaire a été semble t-il le QG des putchistes...

il ne faudrait peut etre pas étiquetter erdogan trop vite ...dans ce jeu de dupe les usa pourrait avoir torpillé la politique d'erdogan ( avec cet avion abattu) qui s'entendait trop bien avec poutine...( il a reconnu la crimée ! le turkstream était sur les rails)...
ce dernier "même en le sachant ?" aurait profité de ce prétexte pour mener ensuite la politique que l'on sait...
beaucoup de conditionnel dans mon article, veuillez m'en excuser..

Observatus geopoliticus 22/07/2016 18:48

Oui, Erdogan a depuis longtemps fait une croix sur l'EU. Et maintenant que cette dernière commence à s'effriter...
Les ogives nucléaires ne peuvent pas être l'objet d'un chantage sultanesque, ce serait une déclaration de guerre !
Je ne peux pas vous éclairer sur Mohammed VI, à ceci près que, comme partout ailleurs, la Russie est de plus en plus courtisée : https://ledesk.ma/grandangle/mohammed-vi-joue-la-carte-poutine/