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Chroniques du Grand jeu

Varia

7 Juillet 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Chine, #Russie, #Moyen-Orient, #Economie

Le "non" grec continue de faire des vagues à travers l'Europe. Chose intéressante, très intéressante même, la première chose que Tsipras ait faite a été d'en discuter avec Poutine. Peu après, Poutine a fait de même avec Lagarde (à qui il a demandé avec une certaine insistance de réduire la dette grecque) et avec Hollande. Les grandes manoeuvres ont-elles commencé ? Sortie négociée de la Grèce de la zone euro ; alliance avec la Russie et la Chine, la première apportant le gaz et la seconde l'argent ; accord d'Athènes avec ses créanciers acceptant une réduction de la dette... tout est possible et il est encore trop tôt pour dire quel chemin, homérique assurément, prendra la Grèce. Une chose est sûre : cette crise a encore plombé un peu plus l'appeal de l'Union européenne. En Serbie, ils ne sont maintenant plus que 44% à vouloir intégrer l'UE.

Juillet est souvent un mois plein de rebondissements géopolitiques. L'année dernière : sommet des BRICS à Fortaleza et création d'un système financier concurrent au FMI, crash du MH17 et sanctions occidentales contre la Russie, contre-sanctions russes... Cette année n'est pas en reste. Les "euro-sommets" organisés à la hâte pour ne pas couler font écho (inversé) à ce qui se trame ailleurs. A Ufa plus exactement où le triple sommet BRICS - Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) - Union eurasienne approche à grands pas. Passons sur le fait que la "Russie isolée" ne l'est que dans l'esprit dérangé de quelques trolls journalistiques occidentaux. Gageons même que nos médias libres [mode ironique] n'ont parleront pas. Pourtant, au contraire de l'UE, ces organisations montantes attirent. Deux derniers exemples en date : l'Afghanistan, qui a depuis un certain temps déjà tourné le dos à son "libérateur" américain, veut devenir membre de plein droit de l'OCS tandis que l'Egypte souhaite devenir partenaire de dialogue de l'organisation.

L'intégration de l'Eurasie avance, sans à-coups, par capillarité pour ainsi dire. Prenons le cas de l'Egypte, puissance clé du Moyen-Orient. En 2014, Le Caire signe un accord de libre-échange avec l'Union eurasienne, participe à la dé-dollarisation en proposant à Moscou de commercer dans leurs monnaies locales et se précipite pour remplacer les produits européens victimes de l'escalade des sanctions. L'année suivante, paf !, elle se rapproche de l'OCS. Ne manque plus que son entrée dans le club des BRICS et la boucle sera bouclée... Ce qui est vrai de l'Egypte commence à l'être de bien d'autres pays, dont certains de premier plan : Pakistan, Iran, Turquie en Eurasie ; Argentine, Indonésie, Vietnam et d'autres en dehors. Contrairement à la logorrhée lancinante que Coué ne renierait pas, c'est en réalité l'Occident qui devient de plus en plus isolé. Les principales puissances mondiales ou régionales hors bloc occidental sont toutes du côté de la Russie et de la Chine ! OCS, Union eurasienne, BRICS, nouvelles routes chinoises de la Soie... la multipolarité est en marche et ne s'arrêtera plus. Les dirigeants européens feraient bien d'ouvrir les yeux au monde réel plutôt que de se targuer de couler avec le Titanic américain.

Routes de la Soie justement. Il se pourrait bien qu'un nouveau projet voie le jour grâce au réchauffement climatique : la route polaire de la Soie ! Ce n'est pas si incroyable que ça en a l'air et le promoteur de l'idée - Rogozin - est tout sauf un clown. Comme pour les voies commerciales continentales qui se préparent, cette route du nord permettrait d'éviter à une certaine puissance maritime (ça va, Barack ?) de pouvoir couper le flux en cas de conflit. Nul doute que les Chinois vont étudier l'idée avec attention.

Le monde change, la tectonique des plaques géopolitiques se transforme à vitesse grand V. Mais nos journaux sont à l'ouest et continuent de jouer avec application leur rôle de bouffon public. Témoin, ce chef-d'oeuvre de crétinerie de Naudet, myopathe de la pensée. Je ne peux m'empêcher de le citer : "Poutine souhaite même que les Grecs sortent de l'euro, voire de l'UE" Puis, quelques lignes plus tard : "Le Kremlin rêve sans doute de se servir d'Athènes comme d'un cheval de Troie dans l'UE"

Dehors, dedans, les deux à la fois ? Pauvre petit père…La russophobie, chez certains, mène droit à l'asile.

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